corruption et armes un couple qui explique un peu les problemes de secu a mada
Sans crier gare et au moment où personne ne le soupçonnait point, Marc Ravalomanana a fait « exploser » en public une véritable bombe : « des éléments des forces de l’ordre mettent en location les armes mises à leur dotation ! ». C’était à
Toliara, la semaine dernière, quand, après avoir été à
Antsiranana, il a atterri dans cette Cité du Soleil pour mener une véritable campagne de sensibilisation sur les réformes des forces armées et sur le concept de la discipline. Sortie de la bouche d’un président de la République, de surcroît Chef suprême de l’Armée, cette révélation de taille ne peut souffrir du moindre doute. D’ailleurs, dans le dessein apparemment d’asseoir la véracité de ses dires, le Chef de l’Etat a pris le plaisir d’apporter des précisions sur sa révélation : « armes mises en location, entre 23 et 3h de la nuit » !
Jusqu’à ce jour, aucun des hauts responsables des forces armées n’a point jugé utile et nécessaire de donner suite à cette révélation présidentielle. Et il n’en pourrait autrement eu égard au fait que, quiconque dans les rangs se hasardant à soutenir ou à développer cette « attaque » portée par le président de la République, risquerait fort de recevoir la... foudre de ses pairs. Bref, la meilleure défense semble ainsi, pour tous les hommes en treillis, tirer son essence du sobriquet donné à leur corps : la... grande muette ! En d’autres termes, l’idéale position de repli est claire : se taire !
Quoi qu’il en soit, Marc Ravalomanana a eu le mérite de crier tout haut ce que tout le monde soupçonne tout bas. En effet, dans toutes ces attaques à mains armées qui, meurtrières ou non, ont décimé des familles, des villages et des villes, les armes utilisées n’ont pu provenir que d’un magasin militaire. D’ailleurs, personne n’ira croire que tous ces kalach et autres « Makarov », harangués partout par les criminels, auraient été introduits clandestinement dans le pays. En 2002 – 2003, les explications officielles, données par de hauts responsables militaires et selon lesquelles les armes - retrouvées entre les mains des civils – auraient été frauduleusement sorties des casernes dans le cadre des conflits post-électoraux, avaient encore été avalées par les simples citoyens. Mais, six ans après cette crise politique, personne n’est plus dupe pour se laisser encore être « dorlotée » par de telle assertion.
« Grande muette »...De toutes les façons, à chaque fois qu’un brigand a été abattu par les forces de l’ordre, aucune explication officielle n’a été donnée au grand public sur la provenance de l’arme, mise « soigneusement » sur sa poitrine et déclarée être la sienne. Pourquoi ? Parce que, dans les rangs de ces hommes en treillis, quelqu’un connaît l’origine de ces armes mais, pour des raisons propres à lui, il préfère se taire. En clair, il n’est point membre de la... « Grande muette » pour rien ! Quoi qu’il en soit, dans toutes les affaires meurtrières où des armes à feu ont été saisies, aucune diligence particulière n’a été menée pour démasquer celui ou ceux qui les ont mis entre les mains des auteurs de ces actes abominables.
Aujourd’hui, Marc Ravalomanana a osé lever le... cran d’arrêt pour lui permettre de faire crépiter des tirs en l’air, à titre de sommation. La prochaine fois, il mettra dans sa ligne de mire tous ces auteurs de trafics d’armes au bénéfice de tous les malfrats de ce pays mais au détriment de tous les enfants de la nation. Entre temps, il attend si quelqu’un des forces armées consent à lui emboîter le pas dans cette marche (ou charge) contre les vrais terroristes à
Madagascar. Quoi qu’il en soit, en attendant le top de cette véritable guerre à mener contre ces derniers, l’attention du grand public est rivée sur tous les étoilés des forces armées : dans leurs rangs, des éléments ont fourni, de surcroît en location pour en bénéficier des pactoles, des armes de guerre aux assassins des enfants du pays. Mais pourquoi ils n’en pipent point le moindre mot ?
Rolly Mercia
article du joural ; la verite
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