Oui, oui, oui, oui mais...
Je ne vais pas attaquer la forme, à l'inverse des commentaires précédents, mais le fond. Car s'il est indéniable que le tourisme décrit ici avec verve apporte de nombreux désagréments, il est des positions que je ne peux soutenir. Par exemple, la charge à peine latente contre la mondialisation, contre la propagation des cultures. Car enfin, combien de personnes en
France, ou rien que sur ce forum, vont à MacDo non pas pour faire semblant, mais tout simplement parce qu'ils aiment ? Ou parce que dans la "culture" du bistro Parisien il est impossible d'être servi rapidement ET à bon prix ? Serions-nous obligés, sous prétexte de vivre en
France, de ne regarder que les films de Coline Serreau et ne jamais avoir entendu parler de ces block-busters Hollywoodiens si populaires ? Alors pourquoi pas au
Laos, au
Cambodge, ou encore au
Pérou ? Pourquoi ne pourraient-ils pas, eux, importer ce qu'ils souhaitent de ce que l'occident a pu produire ? Je vois tout de suite venir l'argument du "on ne leur demande pas". C'est vrai, mais seulement en partie. Car si les gouvernement autorisent une chaîne ou une entreprise à s'installer, c'est avant tout pour une raison économique. Or, l'argent récolté va servir, on peut l'espérer du moins, aux populations locales. Sont-ils pour autant obligés de consommer les produits de ces "intrus" ? NON ! Burger King a échoué en
France, tout simplement parce que les gens n'y allaient pas. Marks & Spencer aussi d'ailleurs. Les gens, que ce soit au
Vietnam ou en
France, consomment ce dont ils ont envie.
Sommes-nous pour autant les seuls à coloniser ainsi des pays entiers ? NON ! Etant Tchèque et vivant entre la
France et ici, j'ai bien pu voir, moi, les évolutions de
Prague. Et s'il est vrai que
Prague est aujourd'hui un temple de la consommation (au grand plaisir de ses habitants), on peut aisément voir une autre source de "colons", devinez quoi.... Le
Vietnam ! L'immigration et les touristes aisés ont aussi apporté leurs propres chaussons. Il y a prolifération incroyable de marchés Viets, de locations de DVD Viets, de restaurants Viets, et ça ne fait que commencer. A tel point que dans certains quartiers, il faut littéralement savoir où aller pour se retrouver encore dans une bonne vieille hospoda Tchèque. Et que dire de cet engouement pour le Dalaï Lama, le bouddhisme si populaire dans les facs et lycées, cette fascination occidentale pour les "autres cultures" ? Ne pensez-vous pas que c'est en fait le même phénomène ? Nous ne fabriquons plus de meubles "européens", mais préférons la contrefaçon Ikea du Japonais. Tous se doivent d'avoir une salle de bains Zen. Et même, on n'utilise plus vraiment nos langues comme avant, ça fait pas assez ceci ou cela (voir l'article de Wikipedia sur
Tokyo, avec des accents inédits en langue française). Exactement le même processus que l'occidentalisation de ces pays qu'on aimerait voir figés dans le temps.
Une question : qu'est ce qui a pu pousser les "touristes" ou les "bons voyageurs" à voyager, si ce n'est pas cette mixité culturelle, et la possibilité, technologie aidant, d'en avoir au moins un avant-goût, une idée, quelque chose qui attire ? C'est sûr, si aucune information ne filtrait, on ne voyagerait pas. Je suis pourtant le premier à pester contre ces hordes immenses de Russes, de Français, d'Italiens, achetant le pire du mauvais goût et participant de plus en plus au gâchis (de mon point de vue) de pans entier de ma ville, celle où je me sens bien et que j'aime. Pourtant, nombreux sont les locaux qui s'en accomodent très bien, et les "visiteurs" qui viennent, justement pour ces nouvelles tendances. Est-ce donc unilatéralement mauvais ? Je ne pense pas. Car enfin, si on parle de "dysneylandisation" du monde, de quoi se plait-on ici ? Justement, que les attractions qu'on aimerait bien voir, car ce SONT des attractions pour nous autres, disparaissent, changent, s'adaptent ou évoluent tout bonnement. Notre beau Disneyland, de fait, devient celui des autres, de ceux qui ne recherchent pas la même chose que nous. Mais nous sommes tous bien contents de retrouver une partie du "chez eux" qu'on aimerait inchangé à deux pas de notre appartement coquet.
Tout ceci pour dire, au fond, qu'il est aisé de se plaindre, et qu'il est aisé de trouver un argumentaire pour justifier cette plainte. Le seul ennui, c'est que ça marche en sens inverse. Et puis ça me fait l'effet d'un discours universel et bien rodé du "c'était mieux avant". Tous se sont toujours plaints, quelle que soit l'époque, de maux de leur ère. Etait-ce toujours au détriment des générations futures ?