Bonjour,
Je viens de lire votre compte rendu qui m'interpelle quelque peu.
Ma dernière ballade à dos de dromadaires dans le désert de
Thar remonte à 2011.
Nous sommes partis au petit matin de la vieille ville de
Jaisalmer en jeep. Après avoir roulé environ une heure à une heure trente nous sommes arrivés au levé du jour dans un petit village à l'orée des dunes.
Je vous raconte la suite ci dessous tiré de mon livre "la chrysalide et le papillon".
Claudia, que le désert attirait beaucoup, voulait absolument faire une escapade à dos de
dromadaire. Je n’étais pas très emballé par sa proposition mais elle sut habilement me
faire changer d’avis.
Nous partîmes en jeep très tôt le matin, le soleil n’était pas encore levé. Après un peu
plus d’une heure de route, un petit village apparu, c’était de là que nous devions partir
sur le dos de camélidés irascibles et inconfortables.
De nombreux animaux attendaient le levé du jour, regroupés en troupeaux plus ou
moins denses, ruminant placidement le repas de la veille.
Deux montures sans âge nous furent confiées pour effectuer cette incursion aux portes
du Pakistan.
Le soleil se levait à peine, étirant nos silhouettes sur le sable, à la manière d’ombres
chinoises collant au relief capricieux d’un sentier ensablé.
La quiétude de l’endroit était extraordinaire. Un silence de cathédrale nous accompagna
durant tout le trajet. Les dunes se suivaient admirablement dans un enchainement de
couleurs sans cesse différentes. Un renard du désert disparu dans un creux de terrain
alors que deux magnifiques rapaces nous observaient sans bouger posés sur le sommet
d’une dune.
Au loin on apercevait parfois quelques gazelles craintives qui se risquaient à découvert
profitant un court instant de l’agréable fraicheur de l’aube pour disparaitre ensuite dans
les ravines. La balade dura toute la matinée.
Au début de l’après-midi la forte chaleur nous obligea à rentrer au village. L’état de mon
postérieur témoignait de l’âpreté de l’excursion.
Trois jours s’écoulèrent dans une douce torpeur, puis ce fut de nouveau la route et son
lot de poussière, jusqu’à Bîkaner, autre cité du désert sur la route du Pendjab.
On avait pu apercevoir, durant le trajet, quelques magnifiques spécimens d’habitants du
désert. Ce furent ces gazelles faisant la course à côté du bus, parfois pendant plusieurs
minutes, ces rapaces immobiles, attentifs au moindre mouvement dans les buissons,
prêts à fondre sur une proie éventuelle, ou ces dromadaires esseulés broutant les feuilles
tendres d’arbustes inconnus.
Nous logeâmes près du fort. La ville, par elle-même, était nonchalante et calme.
Je suis désolé pour votre malheureuse expérience.