Ciao Paheli, je suis Lupomannaro, en départ pour le
Kerala (... que j'éspère un jour sans retour). Oui, l'
Inde et l'
Italie ont des affinités, je dirais meme qu'elles sont soeures, pour contrarier la pensée commune que l'
Italie serait "cousine" de la
France ou de l'
Espagne ; s'il y a Forme et Fond, l'
Inde est racialement fondamentalement italienne, et vice versa (pardon, mais je crois aux races : à leur Animus et Anima, à leur Inconscient collectif, leurs spécificités culturelles, spirituelles et métaphysiques, comportementales, à leur Histoire, car nier la différence de l'autre, selon l'adage que celle-ci nous sépare et éloigne, c'est tout simplement le nier lui-meme, et la réaction bien humaine à cette négation donne justement ce que communement l'on nomment Racisme, et ce que je nomme "Peur de l'autre" ou Xénophobie).
Oui Yavana (:"romain" pour les keralais d'il y a 2000 ans), elles sont Soeures, et pas seulement parceque Sonia Ghandi, Lanza del Vasto, Don Bosco, Marco Polo, Péninsules aux frontières montagneuses nord, la symbolique vert-blanc-rouge/orange, la Vache sacrée et Vitalia ("pays des vaches" ancien nom de l'
Italie), avant l'acculturation chrétienne : la Trinité divine romaine, le culte des Déesses-Mères de fértilité-fécondité, le symbole phallique du Lingam et de la "Corna", le lait nourricier du Ficus-Banian de Rémus et Romulus, le fondateur Fleuve de lait Ganga-Albula ("fleuve aux eaux blanches" avant de se nommer le Tibre), l'épopée fondatrice
Mahabharata-Enéide, le Brahmane-Flamine (méme éthymologie, méme fonction), la caste-trifonctionalité sociale, l'indoeuropéanité du sanskrit et du latin celle-ci étant la langue européenne la plus proche, les ghats-bains, le sahri-toge, la séparation entre res-publica (république ou chose publique) et la chose ou vie privée (d'ou l'apparente hypocrisie) ; mais aussi le parlé-gestuel et l'expressivité du visage, l'ordre séculaire dans le chaos apparent, la passionalité de la chanson d'amour (celle napolitaine au phrasé similaire), vespa et triporteur, la lagune de
Venise et les
backwaters du
Kerala, l'omniprésence des couleurs et ses codes (l'homme porte du rose sans problématique homosexuelle), le rapport homme-femme, l'usage de la "recommandation" et pot-de-vin, l'impossible centralisation effective du pouvoir, la constance des spécificités culturelles et des langues régionales, le clan familiale, le fils enfant jusqu'à la fin, la fierté patronymique, les codes d'honneur, la virilité exacerbée, la frime souvent risible, etc... A tel point que l'on pourrait en faire un livre !
Oui, l'ailleurs est un autre içi, et il n'y a aucun mystère au fait que l'on s'entende souvent mieux avec un lointain qu'avec son voisin ; regardons l'un aprés l'autre les fims Mother
India et
Rome ville ouverte, Nargis et Anna Magnani : ces deux Mères sont soeurs dans leur passionalité maternelle, l'héroisme dans la lutte comme dans l'acceptation de son destin, les expressions corporelles et meme faciales de la douleur, le rapport conflictuel avec le religieux
J'aime l'
Inde parce j'aime l'
Italie, qu'elle me parle par un lien direct, charnel, animale ("portant un Ame"), spirituel, et sans traduction, qu'elle me parle d'une
Italie fondamentalement orientale, et devenue hélas trop européenne et ratiocinante 5sauf heureusement dans le sud), qu'elle me parle de l'Orient de mon ame et du Sud de ma culture. Non, je ne me suis jamais surpris à pleurer devant une Nature, une scène de la vie, un film ou une musique française, allemande, anglaise ou americaine, c'est comme ça, ce n'est pas un choix ou une volonté de ma part, je suis enfin devenu ce que je suis : un Animal humain, un Italien (ou un rital...avec les défauts que l'on nous prète), un sicilien (...avec tous les autres), un cul-terreux au cul propre, un masseur-magnétiseur qui ne soigne ni le sida ni le cancer ; un type qui ne réve pas de se réveiller le matin, blond, grand, surdoué, riche, passant à la télé ou montant une startup, non rien de tout cela, "neti neti", ni ceci ni cela...juste un Homo (sapiens le moins possible) fruit de l'Humus sa terre qui mature s'attendant, dans la joie partagée, à la fin de son cycle sur terre. Et ceci je le dois à l'
Inde, à sa philosophie, à celle de Shankara et au Monisme...