12e jour 19 avril
EL SALAR (Coqueza Volcan Tunupa)
La nuit fut fraîche encore une fois, enfin, pas pour tout le monde puisque nous avons eu la présence d'esprit d'installer notre tente dans la grotte où la température reste clémente.
Contrairement aux jours précédents, le vent ne s'est pas éteint durant la nuit, il continue de souffler et accentue la sensation de froid, le fait que nous soyons côté ouest n'arrange pas les choses, nous sommes à l'ombre pur un bon moment encore, si nous avions été côté Est, l n'y aurait pas de vent, du soleil et de la chaleur, mais on ne peut pas tout avoir. Pour ceux qui ont un van ou qui peuvent dormir dans la voiture, je conseillerais volontiers de dîner côté ouest et de profiter du coucher de soleil avant d'aller se coucher à l'est.
Nous ne trainons pas, le vent forcit rapidement et rend le pliage des tentes difficile.
Une espèce de nuage de poussière de sel est en train de se lever sur le salar,
alors que la veille nous avions une visibilité incroyable, ce matin l'horizon est bouché.
Le ciel reste tout bleu, mais on ne voit plus les reliefs lointains, seulement les îles les plus proches et le volcan Tunupa, ça tombe bien d'ailleurs, puisque c'est là qu'on va.
Mais avant nous repassons par Incahuasi qui nous avait déçue la veille.
Ce matin, il n'y a qu'un camping car, ils ont dormi là, ce qui confirme l'hypothèse de la veille : Incahuasi est tranquille toute la journée, sauf au coucher de soleil.
Incahuasi n'apporte pas grand chose de plus que Pescado (le premier qui me dit " mais si ! Il y a des chinchipins pas farouches très faciles à prendre en photo partout", je l'étrangle...), donc nous ne nous y éternisons pas.
Il y a une trace directe qui va de pescado à Incahuasi, une autre qui va d'Incahuasi à la rampe de Coqueza, nous la suivons donc avec ce superbe volcan en point de mire, c'est sans doute un des plus beau volcan de tous ceux que nous avons croisé, je garde une préférence pour l'Uturuncu toutefois.
(cette photo prise depuis Coqueza n'est pas de moi)
Le vent soufle de plus en plus fort et le salar prend des allures irréelles d'infinité blanche, si on garde le Tunupa en point de mire, ça va, mais si on regarde vers
Uyuni c'est tout blanc.
A Coqueza, il y a de l'eau et il faut à nouveau tremper les voitures, il va falloir bien rincer tout ça ce soir.
Le village de Coqueza semble désert, tout le monde est planqué du fait du vent qui souffle en tempête. Le musée se trouve sur la petite place du village, c'est là qu'on achète les tickets pour monter la piste qui va vers la grotte des momies, le ticket permet de pisser un coup, visiter le musée et la grotte.
Nous le ferons donc dans cet ordre.
Le petit musée n'est pas sans intérêt, il y a un jeune puma empaillé tout de traviole et quelques vestiges et objets campagnards.
La grotte est située plus haut, on y accède par une piste chaotique qui supporte mal le passage de 2 véhicules en même temps, il est tout à fait possible de monter à pied.
Il y a un parking au bout de la piste et il faut marcher un peu accompagné du gardien qui ouvre le cadenas de la grotte. Il y a là 7 momies tout juste précolombiennes, datées autour de 1300-1500 ap JC.
Il y a un petit village abandonné pas loin de Coqueza et la dame du musée m'a dit que les viscaches y sont peu farouches et se laissent approcher...comme à Incahuasi...

Mais pas à Pescado, parce qu'à pescado elles n'ont pas l'habitude des gens...

Alors on y va au village abandonné.
Mais il y a autre chose qu'il fallait savoir sur ces foutus chinchipins : ils n'aiment pas le vent...

Du coup, on en a pas vu la queue d'un.
Nous repartons en vadrouille sur le salar, à certains moments le vent a tellement forci que plus aucun relief n'est visible sauf le haut du Tunupa, c'est vraiment incroyable, compas ou GPS de rigueur comme en pleine mer.
(cette photo simplement retaillée et contrastée en post traitement a subit un pré traitement fort habile : surexposée et pas nette...)
Inutile d'aller revoir de plus près la partie inondée du salar au sud d'
Uyuni, avec le vent qu'il y a, l'effet miroir a peu de chance d'être spectaculaire, nous l'avons d'ailleurs constaté près de la rampe de Coqueza, dommage que nous ne soyons pas passés la veille comme le gps le demandait...

On aurait pu faire de très belles photos avec le Tunupa derrière.

Nous décidons donc de filer vers
Uyuni pour y casser une graine, l'avantage du salar, c'est que les distances sont très vite avalées, on y roule très vite, je me suis surpris plus d'une fois à rouler à 150, on ne se rend pas du tout compte de la vitesse et il faut vraiment faire gaffe aux autres véhicules qui peuvent arriver de n'importe quelle direction, nous n'en croiserons pas beaucoup ce jour là : 2 près de Coqueza et 2 autres arrêtés sur le salar, ce n'est qu'en approchant d'
Uyuni que nous verrons beaucoup plus d'activités : camions, bus et 4x4 qui partent vers Incahuasi.
Bon, changeons de chauffeur...
Priorité du moment, trouver une station de lavage, il n'y en a pas à Colchani, nous en trouvons une à l'entrée d'
uyuni, les voitures sont lavées au kärcher, ils commencent par le chassis après que nous soyons montés sur une rampe, un "ninja washer" s'active en dessous armé d'une lance à la puissance impressionnante, puis un comparse vient lui donner un coup de main. Le lavage complet coûte 40 bol par voiture.
Dans
Uyuni règne une ambiance d'apocalypse, le vent souffle et la poussière levée obscurcit le ciel, les habitants sont habillés comme en hiver sous le regard amusé du Che.
Ce ne sont pas les restaurants qui manquent ici, il est 14 heures et nous en trouvons un facilement qui accepte de nous servir (le menu ? Et bien, comme d'hab : pique macho, milanese, polo piquante, supitas etc...). Pendant le repas surviendra une panne de courant, peu après, des coups de feu retentissent dans les rues : les restaurateurs nous rassurent, c'est juste une façon de protester des locaux, quand on leur coupe le courant, ils sortent les flingues...décidément, Butch Cassidy a fait des émules dans ce pays...
Il est temps de reprendre la belle route d'
Oruro où gambadent des vigognes.
une piste à gauche nous conduit à l'hostal luna salada. Hôtel de standing élevé, à peu près au même tarif que
Los Flamencos mais beaucoup plus grand.
Les finitions sont de bien meilleure facture ici qu'à
los Flamencos, à la décharge du second, il est bien plus isolé. Le personnel est tout aussi prévenant ici, les chambres sont plus petites à luna salada et la vue sur le salar bien moins belle que la vue sur la laguna Helionda, surtout quand tu viens de bouffer du salar jusqu'à plus soif et que la vue est un peu bouchée. Ceci dit, la vue du lendemain matin sera bien dégagée, c'est magnifique, mais
Los Flamencos garde ma préférence.
Concernant le restaurant, match nul : la salle est superbe, le personnel impeccable, le buffet très fourni et d'excellente qualité, il en ira de même pour le petit déjeuner.
Le seul souci ici sera l'eau chaude à notre arrivée : il n'y en avait pas, mais nous l'avions à nouveau le soir et le lendemain matin.
En demi pension, nous étions à environs 80 € par personne, très cher donc.