13e jour - 20 Avril
UYUNI-ORURO320 Km 4 heures
Le vent est tombé, la visibilité est revenue sur le salar, la vue depuis l'hôtel permet de voir le Tunupa et divers autres sommets au delà de l'étendue de sel.
Le petit déjeuner est copieux, excellent, le service est toujours aussi impeccable, au moment de payer nous sont offertes, sans que nous ayons réclamé, les 2 bouteilles de vin bolivien englouties la veille. Il semble que depuis le passage d'Attila et ses récriminations justifiées, la politique de la direction soit à la reprise en main afin de redorer le blason de l'établissement.
Objectif rempli en ce qui me concerne.

C'est jour de marché à
Uyuni, nous avons décidé d'y passer la matinée et d'en profiter pour effectuer divers achats, souvenirs, bricoles.
Dans la foulée, nous déposerons Donald à la station de bus pour qu'il rejoigne
la Paz où l'attend son avion qui part tôt le lendemain.
Le marché d'
Uyuni est haut en couleurs et très peu fréquenté par les nombreux touristes qui sont pourtant nombreux en ville, nous n'en croisons pratiquement aucun !
Pourtant il y a tout pour plaire ici, entre l'ambiance, les fruits délicieux et les nombreuses possibilités de cadeaux souvenirs divers et variés.
Il faut reconnaître que ça manque un peu de tee shirt estampillés salar d'
Uyuni ou de flûtes de pan, pas de carte postales non plus, mais pas mal d'étoffes boliviennes, de bonnets, de chapeaux, de vêtements traditionnels qui sont de fait toujours portés par les boliviennes. Ce pays connait une recrudescence de fierté nationale et tout particulièrement les "indiens" ou natifs américains, les Quechua descendants des incas ou les Aymaras. Evo Morales n'y est sans doute pas pour rien.
L'ambiance du marché est excellente, comme sur tous les marchés du monde, il y a de la musique (de merde souvent, toujours cette cumbia/ragaton/boum boum qui vous casse les oreilles) mais parfois aussi des musiques traditionnelles beaucoup plus agréables à l'oreille...pas de "el condor pasa" hélas...
On rigole bien au marché et alors que nous palpions quelques étoffes, Morgane se retrouve habillée de pied en cap par la marchande écroulée de rire ainsi que ses voisines.
Ne loupez pas le marché : c'était un jeudi mais j'ignore si c'est tous les jeudis.
Nous passons à la gare routière pour déposer Donald, nous attendons qu'il ait son ticket et bien nous en prend puisque ça ne colle pas du tout : il n'y a pas de direct vers
la Paz et les connections à
Oruro risquent d'être justes, si son bus
Uyuni-
Oruro est plus en retard que le bus
Oruro La paz, il pourrait bien l'avoir dans l'os, il aurait fallu partir plus tôt, nous aurions du nous renseigner la veille glands que nous sommes !
Du coup, changement de plans : je prévoyais de prendre une piste qui coupe l'altiplano juste après Chalapata, croise la route
Potosi-
Oruro pour repartir dans la montage, passer par un bled qui s'appelle Coloma et rejoins
Cochabamba par les pistes.
On s'en pourléchait les babines, mais voilà : changement de plan, il vaut mieux aller déposer le garçon à
Oruro pour lui éviter une galère qui risque de s'avérer fort couteuse...
Nous partons donc vers
Oruro après avoir regardé rapidement les hôtels sur place, on en choisi un au pif, on vérifie leur disponibilité et on met le cap dessus.
la route qui longe le lac Popo est très belle avec le lac sur la gauche et les montagnes sur la droite, c'est une route en excellent état qui est très roulante.
Je me demande qui est le responsable de la toponymie en
Bolivie, ça devait être un sacré rigolo et il s'est lâché sur ce pays en se disant que, de toute façon, personne n'y venait, alors autant se défouler et vas-y que je te balance du Titicaca en pouffant comme un gamin et puis comme on a fait un Titicaca après la
Tupiza on met un Popo pour faire dedans !
Scandaleux ! ce type mériterait d'être interné !
Nous arrivons à
Oruro, le moins qu'on puisse dire, c'est que cette vile n'est pas super accueillante, une espèce de marécage immonde la borde au sud avec pas mal de détritus dedans et beaucoup de cabanes insalubres mais habitées...
Puis on arrive des les faubourgs qui ne sont pas très jojo non plus.
Et puis on arrive au centre ville, les rues y deviennent étroites, alors c'est le bordel et on se paume un peu, la ville est très animée, trépidante, regorgeant de jeunesse et se foutant du tourisme comme d'une guigne, d'ailleurs, ici, il n'y en a pas de touristes, ou si peu qu'ils ne se croisent jamais, même à la station de bus on en a pas vu la queue d'un (sauf quand on croisait un miroir : on en sursautait de trouille !)
Le bus part à 21 heures, après avoir déposé nos affaires au magnifiquement glauque "hostal gran
Sucre" où nous avons consciencieusement éclusé toutes nos bières restantes dans la chambre tranquillement installés sous le panneau stipulant qu'il était interdit de boire de l'alcool dans les chambres. Nous étions un peu assoiffés du fait de la panne d'ascenseur, nous encore, ça allait puisqu'on était au 2d, mais pour ceux qui étaient logés au 4e...
Et pour qu'ils sachent bien qu'on avait picolé dans leur chambre toute moche : on a mis toutes les canettes dans la corbeille de la chambre, na !
Et nous sommes partis vers la gare routière, les rues sont grouillantes de monde le soir, on ne s'y sent pas mal pour autant, il n'y pas de sentiment d'insécurité ici au centre ville, pas de bandes, pas d’agressivité, on s'affaire, on rigole, on sort...C'est bon enfant.
On mange dans un restau choisi au pif, comme l'hôtel et avec un résultat similaire : pas terrible du tout.
Et on accompagne le Donald au bus avant de retourner nous coucher.
Le lendemain matin, nous prenons le petit dej dans une salle à manger d'un kitch assez incroyable, le point d'orgue étant une fresque de toute beauté, ça a du être un hôtel très classe avant...il y a longtemps je veux dire, à cette époque où avoir une télé était un signe de luxe inouï.
Les petites dames qui vont le service, fort heureusement vêtues d'une grande blouse noire qui les couvre jusque aux chevilles, du meilleur effet à condition de travailler chez un empailleur, sont beaucoup plus souriantes que les gens de l'accueil qui se la pètent un brin : accueil froid et distant, pas d'excuses pour la panne d'ascenseur, faisant ostensiblement attendre quand vous êtes plantés derrière le comptoir parce qu'ils ont quelque chose de
BEAUCOUP plus important à faire que de vous rendre service : compulser l'écran de l'ordi en tapotant sur le clavier, ils étaient sans doute en train de laisser un post sur voyage forum ? Sinon, c'est inadmissible !
Bref : des cons...
Mais allez-y, allez-y : c'est intéressant.
Le clou du déplacement est sans doute le parking de l'hôtel qui se situe en face (quand nous avions choisi l'hôtel, le parking protégé était un critère incontournable), au sous sol d'un immeuble pas fini, des tôles ondulées obturent toutes les ouvertures, la rampe de descente est tellement raide que nous nous sommes félicités d'avoir des 4x4, les voitures 2 roues motrices présentes dans le parking y sont sans doute piégées pour l'éternité. Nous avons prié pour que tout ceci ne s'écroule pas sur nos précieux véhicoules, mais non : nous embarquons pour quitter ce triste lieu et cette ville trépidante, fatigante mais pas inintéressante qu'est
Oruro.
Il y a un grand Carnaval ici en Février qui doit valoir le déplacement, mais je ne vous recommanderais pas de vous y rendre en voiture, ni de vous arrêter au Gran
Sucre.
Pour résumer cet hôtel en quelques mots : accueil très amer au Gran
Sucre...