8 et 9 avril : C'EST PARTI !
Oui mais alors me direz vous : Pourquoi la
Bolivie ? Hein ? Pourquoi ?
Et bien, vous répondrais-je, ça ne vous regarde pas, c'est une histoire purement familiale et franchement, de quoi je me mêle ?
Non mais !?!
Bon ben voilà, ça c'est fait.
Ce fut donc la
Bolivie.
(Bon, ça ne vous regarde pas, mais nous avons décidé de cette destination assez inhabituelle pour un premier voyage en
Amérique du Sud parce qu'une de mes filles bourlingue là bas pendant 9 mois et nous avons décidé de nous retrouver au milieu du périple pendant les vacances de pâques et paf ! je vous le donne en mille : c'est tombé sur la
Bolivie ! dingue non ?)
Mais si on m'interrompt tout le temps comme ça, on est pas au bout.
Donc je continue.
Le vol fut choisI selon un critère principal : le prix. Je devais prendre 4 billets et ça monte assez vite, alors j'avais décidé d'en trouver des pas trop chers à condition que les transit ne soient pas démesurés. Les recherches m'ont permis de trouver une offre Opodo qui combinait Iberia + BOA, je relève les N° de vol dates et horaires pour aller prendre mes billets sur les sites des 2 compagnies et là, Ô surprise, impossible d'obtenir les mêmes prix, au lieu de 700€/billet, je m'en sors avec 800€/billet.
Me voilà donc poussé à prendre les billets via le voyagiste avec toutes les angoisses qui vont avec et notamment les difficultés à se faire rembourser en cas d'annulation. Mais il n'y a pas eu d'annulation.
Iberia en mode low cost c'est peu confortable comme prévu, mais les personnels sont très bien.
BOA...Boliviana de aviacion pour tout dire, c'est, comment dire ? C'est pas top...
12 heures de vol, pas d'écran, des fauteuils très moyens, place pour les jambes correcte, personnels plus que moyens et parfois franchement antipathiques, repas de mi journée et de soirée tout à fait corrects, mais alors : le p'tit dej' ! Horrible ! Du sucre à tous les étages, une crêpe archi sucrée, de la confiture, un sachet de sucre pour ceux qui n'en ont pas eu assez et, comble de l'horreur pour un gars comme moi qu'est beaucoup plus salé que sucré : du thé et du café pré-sucré et même pré-très sucré ! j'en avais la nausée...
Par contre, chose tout à fait notable : le comportement des enfants, il y en avait pas mal à bord comme souvent et bien c'est assez incroyable, mais il régnait un calme digne d'un vol du 4e âge à bord, pas de cris, pas d'exclamations, encore plus incroyable, alors qu'il y avait au moins 3 nourrissons à bord : PAS UN SEUL PLEUR ENTENDU !
Une seule explication plausible : l'absence d'écran...

Ou alors les parents boliviens sont des super parents.
15 h :
Paris-
Madrid20h :
Madrid-
Santa Cruz de la SierraLà, nous avons un peu de temps, nous récupérons les bagages et les réenregistrons, puis nous cherchons le bureau de change, le taux de change est bon ici, le hall est désert en ce petit matin, et ça tombe bien puisque pour éviter 7 % de commission supplémentaire à la commission de change, nous avons décidé de payer les 4x4 en liquide, il reste 2000 € à payer et tant qu'on y est on a décidé de faire aussi le change pour une grosse partie du voyage (aucun hôtel, gîte ou refuge n'a reçu d'arrhes, j'ai juste dit quand je suis sensé arriver), c'est donc 4000€ en liquide que nous trimballons, je rappelle que nous serons 7 pendant le voyage, mais ça fait tout de même une somme et la petite dame au guichet mettra un certain temps à tout compter. L'énorme liasse de Bol est répartie entre 4 personnes, tout comme l'étaient les euros.
8h :
Santa Cruz-
Cochabamba, on me choppe mon bagage cabine à l'entrée de l'avion, il sera mis en soute, je récupère l'ordi et l'appareil photo et j'oublie de récupérer les précieux GPS avec tous leurs Way points et traces enregistrés, ça me vaudra une petite sueur en attendant au tapis, mon bagage cabine étant sorti quasiment le dernier.
Nous retrouvons Donald, l'ami de Morgane à l'aéroport (il est arrivé via
La Paz) et prenons un gros Taxi pour nous rendre chez le loueur de 4x4 (7€ le trajet) où nous devons retrouver Camille et Antoine nos deux vadrouilleurs sud américains qui ont accepté de nous faire les courses et de nous retrouver chez Petita rentacar alias Boliviamotors.
Il n'y a pas d'adresse formelle, juste une description genre " derrière l'école bidule pas loin du boulevard machin et de la rue chose", j'ai un point GPS aussi...mais ça ne suffit pas, le taxi tourne en rond, ne trouve rien, on demande une fois, deux fois et la troisième est la bonne : le local se trouve dans une allée non goudronnée qu'on dirait inhabitée, c'est effectivement l'allée qui longe l'arrière de l'école qui donne sur la grosse avenue.
Deux grandes portes, on tape dessus et bientôt on nous ouvre.une petite cour verdoyante nous attend, juste à côté une autre cours où des mécanos s'affairent sur des 4x4, deux d'entre eux semblent nous attendre...z'ont pas l'air tout neufs ces 4x4...
Cory nous attend, grand échalas néo zélandais blond comme les blés et sourire aux lèvre, un gaillard fort sympathique.
il nous explique les voitures qui ont, je le constate au passage 160 000 km tout de même et dont le plus vieux a 22 ans...aouch...faudra faire avec...
Il nous donne une caisse de pièces mécaniques qui serviront en cas de casse, nous n'aurons qu'à les filer au mécano..si on en trouve un...ou alors, faudra changer nous mêmes.
Puis je me renseigne sur certaines pistes que je compte prendre :
Un raccourci pour couper après
Sucre directement vers le Sud pour rejoindre la route
Potosi Tarija ? Connait pas...
La piste qui part directement de Rosilias à Villazon et la jonction vers les pistes sur la cordiliera de Sama? Connait pas...
La piste qui fait le tour de l'Uturuncu ? Connait pas...
La piste qui part de la route
Uyuni oruro à partir de Chalapata pour aller vers
Cochabamba au retour ? Connait pas...
Bon...ben merci...
J'exagère un peu, Cory connaissait sans l'avoir prise la piste sud pour aller de Guadalupe à Laguna Celeste, il m'a dit qu'elle est praticable mal mal tracée et très mauvaise ce qui confirme les renseignements que j'avais obtenu ici qui me donnaient des moyennes de 10 km/h sur cette piste.
Nous vérifions le matériel de camping qui est correct et complet, je règle 500 € de trop au passage (non non, je n'ai pas oublié la virgule...

), sans m'en rendre compte puisque Camille et Antoine viennent d'arriver ce qui nous distrait des comptes fastidieux. Nous chargeons la deuxième partie des courses qu'ils sont allés faire au marché de
Cochabamba, ils avaient déjà apporté la première partie tôt le matin.
Et c'est parti, dans les rues de
Cochabamba, nous avons les talkies déjà utilisés lors du dernier
voyage en Namibie
Ils s'avèrent bien utile pour ne pas se perdre dans le trafic (raisonnable).
Notre première étape : Mizque (prononcez Misqué).
Les banlieues de
Cochabamba s'étirent sur des dizaines de km,
nous nous arrêtons dans un de ces villages qui se succèdent pratiquement sans discontinuer pour nous sustenter, milanese, pollo ou pique macho, le choix n'est en général pas énorme dans ces gargotes, mais on y mange bien et pour trois fois rien (1 à 2 €/pers).
Puis nous quittons cette suite ininterrompue de villages pour attaquer la montagne, la route est belle, mais parfois ça grimpe dur.
"C'est moi ou ils n'ont rien dans le sac?" crachouille le talkie. C'est Donald, qui a tout de même une formation de pilote de course et qui s'inquiète du manque de puissance de nos montures, il faut dire que nous nous rapprochons dangereusement des 4000.
Le problème, c'est surtout les camions, ils avancent à 10-20 à l'heure dans les côtes, nous n'allons pas bien vite nous même, mais nous parvenons facilement à les doubler.
Et puis il n'y a pas que les camions...
Nous montons sur un plateau puis descendons (pratiquement 2000 m de dénivelé) vers Mizque, petite ville sise dans une jolie vallée verdoyante, il y a pas mal d'oiseaux ici et fort colorés, y compris des perroquets.
La descente ne se fait pas sans problème puisque nous avions décidé de tester nos véhicules, nous avons donc un peu poussé à la montée (mais là, ils coincent vite en altitude) et à la descente pour voir la tenue de route et les freins. Excellente tenue de route, mais les freins à tambour ont fini par sentir franchement le crâmé et à ne carrément plus répondre en fin de descente

, m'obligeant à pomper sur la pédale pour récupérer une capacité de freinage ! Heureusement que ça ne nous est pas arrivé en milieu de descente... à partir de cet instant, nous avons cessé de jouer aux cons et avons massivement utilisé notre frein moteur.
La ville de Mizque est tranquille et plutôt accueillante.
Nous nous rendons à l'hôtel Victoria, nuit + petit dej : 800 bol pour 7, soit 16 € / personne. Il y a des douches chaudes à l'hôtel, le système est assez curieux : une grosse pomme de douche qui est en fait un chauffe eau électrique (!), je suppose qu'il est déconseillé de changer le réglage du chauffe eau quand on est sous la douche

La photo est prise sur
ce blog
elle est assez rigolote par ses commentaires et ressemble beaucoup à la plupart des douches que nous avons croisées, réparation et chatterton compris...
Nous sommes arrivés à Mizque vers 16h, nous étions partis vers 12 h et nous sommes arrêtés 1 heure environs, 3 heures de bonne route donc, mais c'est bien assez après le long voyage en avion et une longue route nous attend demain.
Nous nous baladons dans les rues,
l'activité reprend doucement et les gens sortent quelques étals, nous choisissons un restau au hasard dans la rue de l’Église, à 200 m de l'hôtel, pas celui que la patronne avait recommandé puisqu'il est fermé. Nous y mangeons très bien (le choix est un peu monotone dans ces restau : pollo, pollo piquante, pica macho et Milanese avec en plus des brochettes ici. Problème, il n'y a pas de bière !
La dame nous indique une boutique à côté où nous allons acheter à une vénérable grand mère des
Potosi et des Taquina toutes fraîches, la grand mère tacle au passage notre hôtel, nous disant que le Graziella est mieux et moins cher, ce qui m'agace un peu puisque j'avais demandé à Cory de nous réserver l'hôtel 3 jours plus tôt et j'avais suggéré le Graziella...mais je ne suis pas certain que cette vieille dame n'avait pas une dent contre la patronne du Victoria, de toutes façon, il est inutile de réserver, le plus simple est de débarquer et de choisir sur place, nous avions juste la flemme.
Le petit dej du victoria est copieux à souhait en tous cas et nous achetons de la glace avant de partir.
Nous faisons le plein du réservoir principal à Mizque, pour l'instant le bidon et le réservoir de toit restent vides, inutile de trimballer ces 120 kg supplémentaires tant que nous ne sommes pas dans le
sud Lipez.
L'étape suivante fait environs 300 km (320 en fait),
nous ne savons pas exactement où nous nous arrêterons, ce sera sans doute un bivouac après
Sucre. Je néglige les stations de
Sucre et pense pouvoir faire le plein avant de bifurquer sur la piste raccourci que j'envisage de prendre, pas de chance, pas de station sur la route entre
Sucre et la bifurcation, il nous reste 1/2 plein, mais je ne veux pas m'aventurer sur une piste dont j'ignore tout sans avoir au minimum un plein d'essence, nous roulerons donc 10 km de + vers
Potosi pour faire le plein.
En fait ce raccourci est une piste tout à fait convenable tant qu'elle longe le rio, nous le traversons sur un pont et heureusement puisque ça coule pas mal, de l'autre côté on traverse à gué quelques affluent très peu profonds puis on attaque la montée, nous passons alors de 3000 à 3500 m pour arriver sur un très beau plateau, complètement désert où nous décidons d'établir le camp.
les températures sont clémentes, environs une dizaine de degrés à la tombée de la nuit. Le matériel de camping semble correct, il n'y avait pas assez de matelas fournis, nous en avions apporté 3 de plus. Nous avons des sacs de couchage moins 10 confort et limite moins 25.
Le temps est beau depuis le matin, mais quelques nuages d'averse traînent ici ou là. L'un d'entre eux nous gratifiera de quelques gouttes : les seules que nous verrons durant ce voyage...je précise, les seules que nous verrons A L’EXTÉRIEUR de la tente.
Les crêtes voisines s'embrasent et nous passons à table non sans avoir allumé un feu de branches mortes glanées alentours.
La nuit ne fut pas simple.
Il faut dire que nous avons eu la désagréable surprise à Mizque de constater qu'il nous manquait une boite de médicaments, celle qui contenait le diamox...du coup, plus de prévention possible contre le mal des montagnes, j'ai prévu un trajet qui permet de s'acclimater, mais il y a tout de même cette première nuit à 3500 m et en plus, nous avons eu l'excellente idée de déboucher une bonne bouteille de vin Bolivien qui fut précédée de quelques bières.
Erreur...
Une heure du matin, de violents maux de tête me réveillent, une légère nausée les accompagnent, Sabine ne va pas beaucoup mieux à côté. Ibuprofène, réhydratation abondante et le problème sera réglé en 1/2 heure.
Pas une super idée l'alcool le soir pour une première nuit au dessus de 3000. Heureusement que nous n'avons pas attaqué à plus de 4000 !

Au petit matin, je constate qu'il ne faut pas se mouvoir trop rapidement, sans quoi on ébranle les parois de la tente, ce qui provoque immédiatement une averse A L’INTÉRIEUR

;
Je passe prudemment le nez par l'ouverture et je comprends : nous sommes dans un nuage, en plein brouillard, tout est complètement trempé, ça va être simple de ramasser le camp tiens !
Bon, je sors tout de même préparer le petit dej, plus aucune trace du début de soroche de la nuit.
Nous ramassons en faisant sécher les toiles de tente comme on peut.
Deux 4x4 de locaux passeront en nous faisant de grands signes, l'un d'entre eux s'arrêtera pour nous signaler une rivière un peu plus loin pour faire la toilette. On ne peux pas dire qu'ils soient hostiles aux touristes dans le coin, je pense qu'ils n'en voient tout simplement jamais.