En general, les gens qui denoncent le protocole de
Kyoto disent qu'il n'aura pas d'effet positif suffisamment grand. Il y a des sinceres, mais pour une grand partie d'entre eux, il ne s'agit que d'un pretexte pour soutenir les lobbies industriels qui souhaitent faire leur business sans reglementation, au mepris de l'environnement et de la sante humaine, tout en faisant semblant de jouer les ecolos.
Dans l'economie liberale, on rencontre souvent ce qu'on appelle les predictions auto-realisatrices. Par exemple, en bourse, on dit qu'une action va monter, alors on achete, donc l'action monte. Ici, c'est pareil : on dit que
Kyoto ne sert a rien, donc les pays pollueurs ne le signent pas, donc
Kyoto ne s'applique pas partout, donc
Kyoto est inefficace. C'est pourquoi il est absurde, voire dangereux, de denoncer le protocole de
Kyoto malgre ses defauts. Les gens qui commettent cette erreur sont en quelque sorte les "idiots utiles" des interets financiers des pollueurs, comme les communistes francais pour le regime sovietique dans les annees 50.
On le voit, l'argument de l'insuffisance de
Kyoto est un pretexte fallacieux pour le detruire, alors qu'il faudrait l'ameliorer. Et justement, c'est un argument absurde, puisque
Kyoto n'est pas une fin en soi, mais un premier pas. Il faudra aller beaucoup plus loin dans l'avenir, et reduire de 50% les emissions de gaz a effet de serre (developpement du nucleaire et des energies renouvelables, recherche pour maitriser la fusion, carburant propre, politique qui privilegie les transports en commun a l'automobile, ferroutage, economies d'energie, anti-natalisme...). Simplement, ce premier pas etait indispensable pour faire les suivants. Les predictions du genre "
Kyoto ne permet que de gagne 6 ans" sont non seulement contestees, mais en plus elles ne tiennent pas compte des mesures supplementaires qui pourraient etre prises entre-temps.
Quant a dire qu'on ferait mieux de depenser notre energie en ameliorant le sort des pauvres, il s'agit de la demagogie la plus detestable. C'est la qu'on voit qu'une certaine propagande, qui consiste a opposer ecologie et social, a bien fait son boulot. Il est bien entendu faux de dire que l'ecologie est un sport de riches. Les premiers concerné par les problemes eoclogiques, ce sont les pauvres ; ce sont toujours eux les cocus de l'affaire. En
France, qui est obligé de bouffer de la merde industrielle gorgee de pesticides parce que le bio est trop cher ? Ce sont les pauvres. Quand une catastrophe ecologique comme une maree noire a lieu dans une region, qui en patit ? Les petits commerces locaux, les chomeurs qui pouvaient vivre quelque mois de boulots saisonniers. Quand la peche productiviste aura fait disparaitre la faune marine, qui en patira ? L'emploi dans les ports de peche. Qui risque de voir son pays disparaitre avec la montee des eaux ? Les populations des arcipels, pas les nantis occidentaux. En
Alaska, avec les hausses de temperature, un village de natives va bientot devoir quitter son ile sur laquel il vivait depuis des siecles : l'ile est en train de disparaitre. Qui patit le plus de l'atmosphere des villes, rendue toxique par le regne de la bagnole ? Les pauvres, qui n'ont pas assez de fric pour avoir une residence secondaire a la campagne. Le riche, lui, il s'en fout, son fric lui permettra toujours de s'en sortir, de s'eloigner des zones trop polluees, etc... Bref, les pollutions seront, au 21ieme siecle, l'un des premiers problemes
sociaux. Mais il est vrai que reconnaitre cette realite va a l'encontre des interets financiers de quelque nantis.