dépeche de l'AFP via le journal "Jeune Afrique"
23/05/2006 12:57:16 - BAMAKO (AFP)
Mali: offensive ciblée d'ex-rebelles touaregs sur des camps militaires D'anciens rebelles touaregs ont pris mardi matin le contrôle de deux camps militaires de Kidal, dans le nord-est du Mali, et en ont attaqué un autre à Menaka (est), relançant les craintes de violences dans une région qui avait été le théâtre d'une rébellion touarègue dans les années 1990.
Plusieurs dizaines d'hommes "enturbannés", identifiés plus tard comme des ex-rebelles touaregs, ont pris par surprise vers 6H00 locales (et GMT) quelques dizaines de militaires qui se trouvaient au camp "Abdoulaye Soumaré" dans la périphérie sud de Kidal, ont rapporté des sources militaires et administratives.
Selon ces sources contactées par téléphone depuis Bamako, des coups de feu ont été tirés "avant, pendant et après" la prise de contrôle de ce camp.
"Les assaillants sont venus tôt ce matin (...) et ont tout de suite pris le contrôle du camp. Il y a avait des coups de feu, mais pas de combats visibles", a témoigné un habitant de Kidal.
Une vingtaine de militaires maliens neutralisés par les assaillants se trouvaient retenus en otage à l'intérieur de ce camp après l'attaque, a précisé sous couvert d'anonymat un officier présent au moment d l'attaque.
Deux heures plus tard, une partie de ces mêmes hommes circulant à bord de "pick-up" se sont emparés dans des conditions similaires d'un deuxième camp situé à environ un kilomètre plus à l'est, ont rapporté des sources militaires et administratives.
Aucune des sources contactées par l'AFP n'a pu préciser s'il y avait eu des victimes au cours de ces attaques, attribuées par des sources militaires à "des ex-rebelles touaregs (intégrés dans l'armée malienne) en rupture de ban".
Ces sources ont précisé que les assaillants avaient "vidé les magasins d'armes de ces deux camps", toujours sous leur contrôle à 12H00.
Selon des sources militaires, ces camps situés en bordure de Kidal comptent au total moins de 400 soldats, dont la plupart ont fui la zone.
En fin de matinée, un ex-commandant rebelle touareg responsable du camp militaire de Menaka (est, près de la frontière avec le
Niger), a mené une autre attaque contre le cantonnement voisin de la garde nationale à la tête de plusieurs centaines d'hommes, a indiqué une autre source militaire.
Le commandant Moussa Bah a "pillé les armes de son propre camp avant d'attaquer la garde nationale", a rapporté cette source.
Un témoin résidant non loin du camp de la garde nationale a fait état de combats à l'arme légère et de blessés, pour l'instant non confirmés de source militaire.
La région du nord-est malien a été le théâtre au début des années 1990 d'une rébellion armée qui a fait
plusieurs centaines de morts. La fin du mouvement avait été officiellement célébré en mars 1996 lors
d'une cérémonie dite de la "Flamme de la paix" à Tombouctou (nord).
La plupart des ex-rebelles ont intégré l'armée malienne mais plusieurs d'entre eux ont mené ces
dernières années des actions de désertion ou de rupture de ban assorties de revendications pour le
développement de leur région.
Le lieutenant-colonel Hassan Fagaga, un ex-commandant rebelle touareg qui avait ensuite incorporé l'armée, avait pris le maquis mi-février avec une poignée d'hommes armés, parmi lesquels des civils, pour exiger notamment des mesures en faveur de la région de Kidal et des ex-rebelles intégrés dans l'armée.
Il avait accepté de rentrer dans le rang mi-mars, alors que le gouvernement s'était engagé à ne pas prendre de sanctions contre lui et à étudier ses doléances, mais il n'avait pas regagné son casernement à Bamako.
Sa participation aux événements de mardi n'avait pu être établie à la mi-journée.