A la demande générale de Carmen, je continue !

Un carnet de voyages c'est évidemment pour se faire plaisir et se remémorer le voyage mais quand on le partage c'est essentiellement pour que cela puisse aider les autres voyageurs, donner des pistes, idées. Alors en voilà de nouvelles :
3ème jour :
Départ vers le nord, toujours le nord et le canyon de la Gaub, puis de la Kuiseb. On s'arrête "évidemment" faire la photo de classe devant le panneau annonçant la traversée fictive du tropique du Capricorne (que je vous épargne volontiers).
Pendant que certains grimpent pour observer le panorama du canyon en contre-bas
D'autres s'adonnent à des plaisirs plutôt étonnants et saugrenus dans ce paysage : la pétanque namibienne avec cailloux du coin
ou confectionnent des monticules artistiques (sans aucun rapport avec ce genre là)
mais plutôt ceux là, que d'autres personnes auront certainement détruit lors de leur passage ultérieur (dites-moi si elles y sont encore, au passage de la Kuiseb en haut du col !)
Comme je "connais"
Swakopmund pour m'y être rendu plusieurs fois, et que je n'y trouve aucun attrait particulier (à part manger le 'kingklip', poisson fameux de l'océan), j'ai décidé, en tant qu'organisateur, de faire l'impasse de la côte. Retrouver le côté européen, la ville pour juste manger ce kingklip ne vaut pas le détour selon moi. Je viens en Afrique et en
Namibie pour certaines raisons et surement pas pour retrouver la ville.
Donc après le canyon, on pensait tourner vers Ganab (point d'eau et faune abondante paraît-il) mais nous avons un contretemps. Un 2 ème chauffeur doit remplacer le premier (c'était prévu) mais il est en retard (il vient de Palmwag) et on doit le retrouver dans un autre secteur.
Alors direction à droite, la D1998, puis Kobo kobo hills et encore au Nord par la C32.
Et bien nous en fûmes ravis !
Je n'avais jamais autant vu de
zèbres de montagne que sur cette portion de route (D1998). Plusieurs centaines en petits groupes accompagnés d'oryx, autruches et springboks. La route est peu fréquentée et la faune peu habituée à voir passer des véhicules.
On est super bien accueillis : les phacochères nous montrent la route -pense-t-on- mais non ils cherchaient un trou dans la clôture pour s'enfuir !
Et puis soudain "
un vol de vautours, par dessus les champs, montait dans les nuages..."

(sur la musique du "chasseur de Michel Delpech), les voilà qui se posent près d'une carcasse non identifiée, même avec jumelles.
Vous n'en saurez pas plus et moi non plus ! Belle route donc avec beaucoup d'animaux. Peu après Kobo kobo hills, on rencontre notre nouveau chauffeur : échange de voiture entre eux, consignes, infos diverses...
Comme cela prend du temps, on sort du Land Rover, on cherche, on regarde, on observe... les clôtures et leur étonnante conception. Combien de milliers, millions de km de ce type là existe-t-il en
Namibie ? Question donc la réponse n'importe que peu. Mais c'est du travail d'orfèvre !
Puis on s'y prend à plusieurs reprises pour attraper un lézard (ou gecko ?) qui est bien plus malin qu'il n'y paraît, beaucoup plus que nous certainement ! Il sera vite relâché après un examen sommaire.
Cet écart dans notre route initiale (la D1998, D 1985, C28 et C32) au lieu de la route vers Ganab, et à gauche vers la C28 puis la D1903 (j'écris çà pour les connaisseurs) nous fait rallonger la route vers notre prochaine destination à savoir Wüstenquell. Il faut remonter très au nord, passer Etusis et...redescendre vers le sud-ouest.
C'est là que commencent les épisodes d'ouverture et de fermeture de barrières. A chaque propriété traversée, je descend et ouvre puis referme la barrière symbolique qui sépare les différentes fermes (NB : comme je n'ai pas de photos j'ai "empruntée" celle ci sur un blog)
La route est longue, trop longue même si l'on fait des découvertes surprenantes, comme cette mine de marbre abandonnée (et à vendre si vous êtes intéressés
minelistings.com/...-sale/namibia-marble
)
La fin du voyage est pénible...moi même je me demande "où l'on est, si on va y arriver, quelle idée d'aller par là" et tout le cortège de questions aussi "sottes que grenues"que l'on se pose quand on se sent perdus.
Le paysage évoque le plateau du Larzac, pelé, vide, austère, sec et j'en passe.
On voit toujours les panneaux rudimentaires qui indiquent la direction mais la "route" la piste, le chemin, le sentier est chaotique. Un panneau nous indique "Wustenquell 35 km !" alors qu'on doit normalement (d'après la carte) toucher au but !
On s'apercevra par la suite qu'une partie des indications était effacée : il fallait lire 35 km/h !!! la vitesse max autorisée.
En fait on arrive peu avant le coucher du soleil et c'est un petit paradis, perdu au milieu du néant, qui se mérite.
Nous dormirons là
Alors que nous avions prévu là
Nous n'avons pas pu nous payer cela mais l'avons investi quelques minutes !