Bonjour amis du voyage, du cinéma et...du
Cambodge,
J'ai vu le film hier soir...
J'avais lu le livre (livre photocopié, acheté dans une "backstreet book" sur Chang Moi-Kao road à
Chiang Mai, un achat dû au hasard car je ne connaissais pas l'histoire rocambolesque de Bizot)
Bien souvent les adaptations cinématographique d’œuvre littéraire laisse un goût de déception quand l'intensité du roman a marqué le lecteur...
Disons que sans être un très grand film, Regis Wargnier réussi son pari...de bons acteurs au rendez-vous, Raphaël Personnaz et Kompheak Phoeung qui lors d'une interview déclare: "
le film ne dit pas grand chose mais il raconte beaucoup"
Au début du livre (le Portail), Bizot relate un événement capital pour la compréhension du climat de l'époque qui n'apparait pas dans le film...le film ne peut pas tout montrer bien sûr!
Quittant Siem Rap pour Phom Penh, Bizot doit franchir en route plusieurs barrages...Le soir de son arrivée dans la capitale (Juin 1970) il est convié à un diner au siège de la Compagnie des Terres Rouges où plusieurs planteurs colons sont présents. ce soir là, Jean Lacouture de passage au
Cambodge (écrivain, journaliste couvrant la guerre du
Viet Nam, défenseur de la "révolution" Kmer) est l'invité d'honneur.
On interroge Bizot sur la situation au Nord du pays... Bizot assure que ce sont les Nord Vietnamiens qui contrôlent la région de Siem Rap...Bizot est jeune, et son discours ne pèse pas lourd face à Jean Lacouture, journaliste d'expérience à l'autorité reconnue...
Jean Lacouture, condescendant, (pour ne pas dire méprisant) jugera les propos du jeune Bizot, naïfs et victime de la propagande américaine anticommuniste...
à ce propos Bizot écrira: "
L'intelligentsia française encore rivée dans son ensemble aux clichés de la guerre du Viet Nam, voyait dans les raids de commandos menés contre l'armée gouvernementale, une rébellion populaire indépendante et spontanée..."
Bizot, bien avant d'autres avait compris la dérive "révolutionnaire" qui allait s'installer durant plusieurs années au
Cambodge!
Jean Lacouture, avec obstination, continuera d'écrire durant de longs mois, des articles n'émettant aucun doute sur la "révolution" populaire menée par et pour le peuple..à sa décharge, à droite (Giscard d'Estaing) comme à gauche, les politiciens Français saluaient et soutenaient l'offensive Kmer.
Jean Lacouture, conviendra, de nombreuses années plus tard, de son "erreur" d'analyse...
Cette perception "Française" des événements à l'époque, n'apparait pas dans le film ou peu...Douch à un moment déclare vouloir la vie sauve à Bizot car la
France est un pays "
ami"...
Le film est à voir, il interroge sur la capacité de l'homme à devenir bourreau et la part d'humanité qui peut encore animer le bourreau...
" est-ce ainsi que les hommes vivent?"
cordialement,
Alain.
marie-alain.blog4ever.com
Le Ranquet en vadrouille, une année sur la route....