Bonjour Jean-François,
J'ai gardé de très bons souvenirs et énormément de fierté de nos self-drives précédents, dans les pays d'
Afrique Australe exclusivement qui s'y prêtent mieux. C'est une forme d'appropriation du voyage dans son organisation et ses choix, la libération des sens aussi liée à la survie, je pèse le mot, qui rend cette formule particulièrement "goûtue". Cependant cette formule a aussi ses inconvénients.
Nous qui sommes plutôt "comptemplatifs" nous aimons la disponibilité à ce qui advient sur la piste et au delà sans être gêné par les "responsabilités" du self-driver que nous délèguerons bien à un tiers pour peu qu'il ait certaines compétences, empathie, disponibilité, patience, prise de risque lorsque c'est nécessaire et sans compromettre sa licence... La difficulté est de trouver cette perle rare... ne pas croire qu'une agence de voyage- a t-elle pignon sur rue- vous la fournira d'emblée.
En observant John, dans cette analyse il nous sert de contre-exemple, nous avons compris qu'un bon chauffeur peut difficilement être aussi un très bon guide. Observer le déroulé de la piste et scruter le bush ou la savane sont deux aptitudes bien distinctes. Il existe pourtant des guides-chauffeur d'exception mais je pense qu' ils sont rares. L'idée c'est plutôt d'aller vers une formule guide+chauffeur. Un tel tandem lorsqu'il s'entend et dispose des compétences requises fait merveille. J'en parle en connaissance de cause. A
Ruaha NP, nous avons expérimenté cette formule avec succès.
Mais là encore une partie du voyage échappe au voyageur qui doit de toute urgence récupérer un peu du pouvoir et l'autonomie.... qui lui est prélevée dans l'exécution du contrat passé avec l'agence. Exit donc les circuits: guide-chauffeur et guide+chauffeur, livrés clés en main et place à la coopération, la débrouillardise...la responsabilité, l'engagement (qui limite le risque de galère). En effet je pense que les traces positives, les bons souvenirs, les émotions qui vous structurent un souvenir, dépendent aussi de sa contre partie...A réfléchir donc.
Autre aspect et non des moindres, fuir autant que cela se peut, fuir donc les hébergements en dur dont le service est d'un "luxe", très relatif, pléthorique et bunkérisé. Même si beaucoup des établissements ménagent des ouvertures sur la vie sauvage Ils constituent un filtre qui "aseptise" cet engagement. Je ne dits pas que parfois....mais cela se mérite comme "Elsa kopjes" par exemple

, comme j'apprécie une bonne bière si je suis assoiffé

. Bref nous aimons qu'il n'existe entre la savane, le bush, la vie sauvage et nous même qu'une épaisseur de toile et pas "d'electric fence" qui vous enferme même si elle préserve une certaine visibilité.
Nous repartons en voyage aux
USA bientôt mais dans l'esprit d'un self-driver. Certes c'est plus facile là bas qu'en Afrique mais c'est aussi à ce que nous voulons vivre.