Delseve · 27 février 2009 ŕ 10:04 · 52 photos 43 messages · 11 participants · 10 381 affichages | | | | Ŕ: Delseve · 4 mars 2009 ŕ 9:47 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 21 de 43 · Page 2 de 3 · 3 555 affichages · Partager BoukharaAlors que, dans les autres villes, nous nous sommes installées dans des hôtels de catégories diverses, nous avons privilégié un B&B ŕ Boukhara, ville réputée en la matičre. Nous ne sommes pas déçues de notre choix : l’Emir B&B, situé en plein centre du vieux quartier juif, nous a réservé une chambre gigantesque, meublée avec goűt, les sols couverts de tapis multicolores. Le lieu est ŕ la fois traditionnel et confortable. Dans un coin, un poste de télévision détone un peu, mais comme je suis une accro ŕ l’info et que cette tv est reliée ŕ une antenne satellite, je goűte sans réserve aux chaînes d’information en continu du monde entier, dont la France. Ah, tiens, Rachida Dati est enceinte ?
On commence, comme toujours, par une promenade sans but précis dans les rues de la ville. Nous nous dirigeons peu ŕ peu vers le parc Ismaďl Samani oů, en ce jour férié, toute la ville s’est donné rendez-vous. Les enfants se jettent sur les friandises que les parents ne songent pas ŕ leur refuser ce jour-lŕ : glaces, barbapapa, sodas, etc. Nous profitons de la proximité du mausolée d’Ismaďl Samani pour visiter le bâtiment. Petit, il ne manque pas d’intéręt, de par une architecture particuličrement originale : les briques qui le composent sont placées de telle maničre que l’aspect change constamment avec la lumičre du jour.
Dčs le lendemain, nous nous attaquons ensuite ŕ la citadelle de l’Ark. C’est l’ancienne enceinte de la ville dont il ne subsiste, ŕ vrai dire, que peu de choses : des murailles impressionnantes, quelques salles transformées en musée... A cette occasion, un couple de Français nous aborde : ils ont rencontré un guide francophone qui leur a proposé une visite des alentours de Boukhara et ils souhaiteraient en partager le coűt avec nous. Il s’avčre que le parcours prévu correspond tout ŕ fait au programme que nous avions envisagé en taxi. La proposition des deux Français tombe ŕ point : pour un prix raisonnable, nous aurons en plus les explications.
Quelques mčtres plus loin, c’est un Ouzbek qui nous aborde pour nous proposer l’accčs aux murailles. Nous avions justement repéré que la vue sur la ville depuis celles-ci devait ętre particuličrement intéressante. Aprčs avoir négocié un prix qui satisfait tout le monde, le type disparaît quelques minutes pour réapparaître avec un trousseau de clés. Il nous fait passer sous un bandeau « chantier interdit au public » et nous ouvre une porte qui mčne au toit de l’Ark, non sans préciser au dernier moment « n’approchez pas trop du bord ! ». Nous comprenons immédiatement le sens de cet avertissement et de l’interdiction de la zone. Le toit pourrait avoir été bombardé qu’il n’en aurait pas pire aspect. Nous nous frayons un chemin ŕ travers les gravas et les trous béants jusqu’aux murailles elles-męmes. Effectivement, mieux vaut ne pas s’approcher du bord : non seulement il n’y a aucune protection, mais, en plus, des pans entiers de murs semblent ne tenir ŕ la forteresse que par quelque miracle. Le tout paraît extręmement fragile. Cela dit, la vue vaut largement le déplacement et les quelques soums que nous avons payés. Nous dominons toute la ville de Boukhara et le panorama est splendide.
Pour le déjeuner, nous choisissons de retourner dans une chaďkhana de Lyab-i-Haouz, au bord d’un bassin : l’endroit est assez frais du fait de cette proximité de l’eau, il est aussi extręmement vivant, fréquenté par les familles de la ville et, de surcroît, nous y avons découvert hier d’excellentes laghmans. Il semble cependant que le hasard ait bien fait les choses : plusieurs personnes nous diront avoir trčs mal mangé dans les autres restaurants autour du bassin. Déçues par d’autres lieux de restauration, nous reviendrons ŕ plusieurs reprises ici, suscitant un accueil particuličrement sympathique des serveurs, amusés que nous commandions systématiquement le męme plat.
Nous profitons de cette situation centrale pour faire un saut, aprčs le repas, ŕ la mosquée Lyab-i-Haouz : la façade avec ces deux oiseaux multicolore est magnifique. C’est la premičre fois aussi que je vois de l’art islamique figuratif (une hérésie !) et je suis complčtement séduite par le résultat. Et ce soleil au visage visiblement centrasiatique... L’intérieur du bâtiment est plus convenu, mais la porte d’entrée vaut ŕ elle seule le déplacement.
Nous allons ensuite ŕ la mosquée Khalon : un jeune type ŕ l’entrée, trčs désagréable, nous annonce le prix, complčtement indécent au regard des tarifs pratiqués ailleurs. Je lui fais remarquer qu’un groupe de jeunes touristes ouzbeks vient de rentrer sans męme sortir le moindre soum. Il me rétorque que ceux-ci sont visiblement musulmans et que le lieu leur est ouvert ŕ ce titre. Et qu’en sait-il, lui, que je ne suis pas musulmane aprčs tout ? Je sais que les étrangers payent plus cher que les Ouzbeks, mais lŕ, nous sentons l’arnaque et ressortons sur la place. On en profite pour jeter un śil ŕ la madrasa qui fait face. Malheureusement, comme celle-ci est encore en activité, nous devons nous contenter d’un bref aperçu dans l’entrée. On s’aperçoit alors que deux touristes japonais sont en train de rentrer dans la mosquée. Lorsque nous les rejoignons, ils viennent d’acheter leurs billets. Je leur demande en anglais le prix qu’ils ont payé et je fais remarquer au type de l’entrée que c’est ŕ peu prčs la moitié de ce qu’il m’avait demandé : il se justifie tant bien que mal en prétendant avoir cru que nous voulions un ticket global pour le minaret, la mosquée, le droit ŕ prendre des photos et des vidéos. Nous obtenons donc enfin un ticket ŕ un prix raisonnable.
Nous découvrons aussi, en fin de journée, le Tchor Minor pour lequel j’ai immédiatement le coup de foudre. Le bâtiment consiste en fait en l’ancien corps de garde d’un ensemble islamique qui, lui, a complčtement disparu. Mais il reste ce petit cube et ses quatre tours (je remarque qu’elles sont toutes différentes) surmontées de bulbes turquoise. Le Tchor Minor se trouve au beau milieu de petites ruelles. Un vrai labyrinthe. Mais chaque fois que vous hésitez sur la direction ŕ prendre ŕ un croisement, il se trouve un habitant du quartier pour vous indiquer la bonne direction, sans que vous ayez ŕ poser la moindre question. Il est vrai qu’ŕ part le Tchor Minor, le quartier n’est pas un haut lieu du tourisme local. Images attachées: Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. | | | Annonce · Sponsorisé | | | Ŕ: Delseve · 4 mars 2009 ŕ 14:15 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 22 de 43 · Page 2 de 3 · 3 543 affichages · Partager 2čme jour ŕ BukharaLe lendemain, direction les mosquées jumelles. L’endroit est peu fréquenté par les touristes. Une petite table devant l’entrée permet ŕ deux joueurs d’échecs de s’adonner ŕ leur passe-temps sous les yeux de quelques curieux. Lorsque nous approchons, l’un d’entre eux nous propose de visiter la mosquée. Celle-ci est en trčs mauvais état, mais la visite se révčle particuličrement agréable. Le gardien qui nous a interpellées nous fait une visite guidée des lieux : il parle certes en russe et je suis loin de comprendre tout le vocabulaire, mais il est tellement patient et expressif que nous saisissons une bonne partie de ses explications. Il nous fait découvrir les moindres recoins de la mosquée avec une gentillesse exceptionnelle. On le sent passionné et heureux de nous conter l’histoire de la ville et du bâtiment. Nous finissons sur le toit, comme d’habitude, pour prendre quelques clichés de la ville. J’ai l’impression que notre guide apprécie autant que nous cette visite si j’en crois les nombreuses tapes de sympathie qu’il nous administre. Plusieurs fois, nous aurons l’occasion de repasser non loin de la mosquée et il nous fera des grands signes amicaux.
Sur les conseils du Lonely Planet autant que de notre guide du moment, nous poussons notre balade un peu loin jusque la petite mosquée Baland, dont on a lu qu’elle était richement décorée. Le quartier par lequel nous passons est résidentiel et plutôt aisé. Comme peu de touristes passent par ici, nous faisons réellement sensation tant auprčs des enfants qui nous gratifient de « hello » que des parents qui nous saluent en souriant. Alors que nous jetons un śil ŕ l’intérieur, quelques gamins du quartier nous rejoignent. Ils nous laissent terminer la visite, non sans dissimuler leur impatience et nous interpellent dčs notre sortie pour une photo avec nous. Pourquoi pas ? S’en suit une série de clichés, d’autant que plusieurs autres se joignent au groupe. Certains font un peu les clowns, d’autres, un peu plus âgés, sont soucieux de communiquer avec les deux visiteuses exotiques que nous sommes. Nous n’avons pas envie de repartir tout de suite et nous nous asseyons sur une marche.
La communication avec les enfants s’avčre néanmoins un peu compliqué. Contrairement ŕ leurs aînés, ils ne parlent pas russe et je connais ŕ peine trois mots d’ouzbek. J’ai soudain une idée : j’avais constaté avant de partir que les nombres en ouzbek ressemblaient beaucoup aux nombres en turc. Or, c’est ŕ peu prčs tout ce que je connais en turc, mais je sais effectivement compter. Je commence donc ŕ compter en turc avec les enfants et je leur demande de me corriger en me signalant les différences turc/ouzbek. Ils sont ravis de jouer au professeur avec moi et nous nous occupons ainsi un certain temps. Je constate qu’effectivement, ŕ l’oral, les différences sont moindres. L’un des petits continue ŕ amuser la galerie avec quelques pitreries, non sans s’attirer les foudres de sa mčre, qui le surveille d’un peu plus loin. Il est vrai que nous sommes bon public et que nous rions beaucoup de ses bętises, ce qui ne l’incite pas spécialement ŕ se calmer. Enfin, un autre gamin qui s’était absenté aprčs la séance photo revient : il apporte de chez lui quelques carrés de chocolat qu’il nous offre fičrement. Ce chocolat n’est pas des meilleurs, mais nous l’apprécions réellement, ŕ la hauteur du cadeau que nous fait le gamin. Un cadeau d’enfant, mais un vrai cadeau car je doute que tous les boukhariotes s’empiffrent de chocolat...
Lorsque nous repartons, nous avons le sentiment, ŕ nouveau, d’avoir vécu une rencontre sincčre et enrichissante. En retraversant le quartier, tout le monde nous salue ŕ nouveau. Quelques adultes discutent cinéma au passage : « Alain Delon, Catherine Deneuve, Jean Reno... Mimie Mathy ». Avons-nous bien entendu ? Je m’arręte et je demande confirmation. Oui, oui, me dit-on, « Mimie Mathy » en plaçant la main comme une toise, assez bas pour qu’il n’y ait pas de doute sur la personne. J’imagine que la télévision ouzbek diffuse la série Joséphine... Ah, mondialisation, quand tu nous tiens !
Pour terminer la soirée, nous décidons de manger ce soir dans un restaurant repéré depuis la veille : il est vrai que tout est fait pour qu’aucun touriste ne le rate. Une grande banderole signale en effet que c’est le « best view point ». Je me doute bien qu’il s’agit d’un traquenard ŕ touristes, mais comme la terrasse du restaurant surplombe la mosquée Khalon et que j’ai bien envie de faire une série de photos nocturnes des bâtiments illuminés, nous nous laissons tenter.
En arrivant sur la terrasse, la premičre impression se confirme puisque nous retrouvons sur place un groupe de Suisses croisés plusieurs fois depuis Khiva, un Américain qui loge comme nous ŕ l’Emir B&B et une Espagnole du groupe rencontré au milieu du désert. Comme l’endroit est typique ! Le repas que nous attendons (trčs) longtemps se révčle l’un des plus infâmes que nous ayons mangé depuis que nous sommes arrivées. Et ce n’est pas peu dire. Cela dit, la vue est imprenable sur la mosquée Khalon illuminée. Images attachées: Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. | | | Ŕ: Delseve · 5 mars 2009 ŕ 10:20 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 23 de 43 · Page 2 de 3 · 3 511 affichages · Partager Environs de BoukharaLe lendemain, nous rejoignons le couple de Français rencontrés ŕ la citadelle de l’Ark pour un tour des environs de Boukhara avec un guide francophone. Celui-ci, bien que probablement peu enthousiaste ŕ l’idée d’emmener quatre personnes au lieu de deux pour le męme prix, fait néanmoins bonne figure. Nous nous entassons tant bien que mal dans sa petite Daewoo et en route pour le site de Bakhaoutdin Naqshbandi, le palais d'été de l'Emir et la nécropole de Tchor Bakr, soit les trois curiosités des environs de Boukhara.
Bakhaoutdin Naqshbandi est l’un des personnages les plus vénérés du soufisme. Le site qui lui est dédié est donc le point de convergence de nombre de pčlerins. Si j’ai bien compris, le soufisme n’est pas précisément encouragé en Ouzbékistan de par son caractčre fondamentaliste, mais le lieu accueille de nombreux visiteurs des pays voisins autant que des locaux. J’ai lu depuis que le courant naqshbandi peut ętre anti-occidental, mais c’est quelque chose que nous ne ressentons sur place ŕ aucun moment. Bien au contraire, alors que j’hésite un peu ŕ prendre des photos – aprčs tout, nous sommes dans un lieu de pčlerinage -, plusieurs personnes, hommes et femmes m’y encouragent. Certains prennent męme la pose pour moi.
Le palais d’été de l’émir reste quant ŕ lui assez énigmatique : mélange éclectique de styles asiatiques et européens, il accueille aussi aujourd'hui quelques commerces, ce qui ajoute encore au sentiment de confusion et de désordre général. On le comprendra, je n’ai pas été conquise. En revanche, la nécropole de Tchor Bakr se révčle réellement magnifique, avec ce côté paisible des lieux de recueillement. Nous passons d’une allée ŕ l’autre, en profitant de l’ambiance et de l’architecture.
Une bonne idée, donc, que cette petite excursion dans les environs de Boukhara. Le guide est compétent et intéressant et nous sympathisons rapidement avec Ivan et Laurence, le couple de Français qui nous a proposé de partager la voiture. A notre retour en ville, il est grand temps de déjeuner et nous décidons de prendre notre repas tous ensemble dans un petit boui-boui qui fait face ŕ la citadelle de l’Ark. Nous nous séparons ensuite pour reprendre chacun nos derničres visites dans Boukhara.
Nous nous rendons dans l’un des derniers lieux que nous n’ayons pas encore visité ŕ Boukhara, ŕ savoir la mosquée Ulug Beg et la medersa qui lui fait face. En comparaison avec les autres ensembles islamiques que nous avons pu voir les jours précédents, celui-ci est assez modeste. Néanmoins, nous trouvons un certain intéręt aux marchands du lieu : les petits commerces qui occupent les anciennes cellules proposent des articles qui changent un peu des traditionnelles échoppes ŕ touristes. Tout ça ressemble en effet ŕ une petite brocante, un marché aux puces regorgeant de souvenirs de l’ex-URSS. Ailleurs, les copies sont nombreuses, mais ici, la plupart des objets sont authentiques. Bien que je ne cherche pas nécessairement ŕ faire des achats de ce type, la balade au milieu de ce grand bric-ŕ-brac est intéressante : casquettes de l’armée rouge, montres ŕ gousset, portraits ou bustes de Lénine... Finalement, alors que je recherchais depuis un moment quelques pičces de monnaie ouzbeks – aujourd’hui, seuls les billets sont en circulation -, je trouve une série complčte, en bon état, et que j’arrive ŕ négocier pour un prix trčs acceptable. Ailleurs, les vendeurs de pičces de monnaie sont rares et ils font grimper les prix : ici, presque tous en vendent et le prix descend en fonction de la concurrence.
Nous décidons ensuite de nous poser une petite heure dans un salon de thé recommandé par le Lonely Planet : c’est un lieu ŕ touristes, mais il faut reconnaître que le patron, qui a vécu ŕ l’étranger, a réussi ŕ créer un endroit trčs agréable. On y a la possibilité de goűter plusieurs types de thés et de cafés, le tout accompagné de fruits secs et autres sucreries locales. Je me régale avec les thés que nous avons choisis : d’habitude, je préfčre le thé noir au thé vert, mais ceux-ci s’accordent particuličrement ŕ mon goűt. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de m’acheter un sachet d’un savoureux thé vert aux épices qui agrémentera efficacement mes soirées en France, avec les quelques loukoums que j’ai prévu d’acheter ŕ Istanbul.
Alors que nous terminons par une derničre visite au Tchor Minor, dans la lumičre de fin de journée, nous tombons sur une dizaine de femmes installées au bord de la route avec, prčs d’elles, de vieux landaus. Je ne comprends pas immédiatement ce qu’elles font lŕ jusqu’ŕ ce qu’une voiture s’approche : elles se jettent aussitôt sur le conducteur... avec des pains qu’elles sortent justement des landaus. Nous constaterons par la suite que la plupart des marchandes de pains utilisent ce moyen de transport pour leur marchandise. Dčs que le client approche, elles entrent dans une concurrence féroce pour remporter la vente. Images attachées: Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. | | | Ŕ: Delseve · 6 mars 2009 ŕ 12:01 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 24 de 43 · Page 2 de 3 · 3 480 affichages · Partager SamarcandeLa route qui nous mčne de Boukhara ŕ Samarcande ne présente pas un grand intéręt. Elle est cependant l’occasion de découvrir les premičres récoltes de coton.
Notre nouveau chauffeur, contrairement aux précédents, parle parfaitement anglais. De fait, la conversation peut aller au-delŕ des simples échanges que je suis capable de mener en russe. Il m’interroge notamment sur les institutions de l'Union Européenne et j’avoue qu’il m’impressionne, tant il en connaît bien les mécanismes et le fonctionnement. Au bout d’un moment, il m’explique qu’il a vécu trois ans ŕ Londres et je comprends alors ŕ la fois le pourquoi de son anglais si oxfordien et les raisons de sa maîtrise des institutions européennes.
Il nous amuse aussi beaucoup avec la musique qu’il passe dans la voiture, mélange de rock russe et de pop anglo-saxonne. Dčs que commence une chanson qu’il adore, il augmente le volume sonore de façon ŕ profiter pleinement de la musique. A plusieurs reprises, il réveille ainsi Sophie qui s’assoupit avec le ronron de la voiture.
Une fois arrivés ŕ Samarcande, il nous dépose ŕ l’hôtel de notre choix (nous nous sommes lâchées, il est vraiment superbe). Nous sommes un peu ŕ l’écart du centre, mais dans un quartier plutôt cossu. Comme il est l’heure de déjeuner, nous prenons tout juste le temps de poser nos bagages avant d’héler un taxi pour le Registan : nous comptons bien expédier le repas pour profiter dčs aujourd’hui d’un des points forts du voyage.
Volontairement, alors que le taxi nous dépose tout juste devant, nous ne jetons qu’un śil distrait aux bâtiments : nous voulons garder l’effet tout entier pour le début d’aprčs-midi. Nous mangeons donc dans un petit boui-boui juste en face, recommandé par différents guides, fréquenté visiblement par de nombreux groupes et dont les plats s’avčrent plutôt insipides, la vaisselle crasseuse et le service épouvantable. Mais c’est l’occasion de sympathiser avec les gens de la table voisine : il s’agit d’un pčre et de sa fille. Elle, la vingtaine, parle un peu anglais, mais c’est surtout avec lui que nous échangeons en russe, sur le restaurant (grrrrh...) et sur la ville. Nous faisons ensuite quelques pas ensemble jusqu’au Registan oů, enfin, je me décide ŕ regarder ce que j’ai en face de moi.
Je ne regrette pas d’avoir ménagé ce petit effet de surprise : l’impression, je crois, en est décuplée. Je suis soufflée devant tant de beauté. L’homme qui nous a accompagnées comprend que c’est la premičre fois que nous voyons le Registan. Il sourit et ne peut pas cacher sa fierté. Il a raison. Toutes les photos du Registan ne rendront jamais compte de l’effet qu’il produit en direct.
Nous consacrons toute l’aprčs-midi ŕ la visite des trois bâtiments. Sur la gauche, nous commençons par la madrasa Ulug Beg, nous poursuivons avec la madrasa Tilla Kari qui fait face ŕ la place et nous terminons par la madrasa Chir Dor, aux lions, sur la droite. Toutes les trois ont leurs particularités : Ulug Beg et son fabuleux décor d’étoiles (n’oublions pas que le souverain était un astronome émérite), Tilla Kari et son intérieur grandiose, bleu et or, Chir Dor et ses lions poursuivant des biches (encore une représentation figurative inhabituelle pour l’Islam). Nous restons un peu dans chaque cour intérieure pour nous imprégner des lieux. J’ai beau savoir que la plupart des bâtiments ont fait l’objet de restaurations parfois contestées, je ne peux m’empęcher de trouver le Registan magnifique. Les touristes sont peu nombreux. Des commerçants occupent les cellules des anciens étudiants, mais ils sont peu insistants, discutent ou boivent un verre, et il rčgne lŕ, finalement, une ambiance paisible tout ŕ fait en accord avec les lieux.
Nous ne nous attardons pas dans les échoppes. Nous y reviendrons un autre jour. Pour l’instant, j’ai une furieuse envie de monter en haut d’un des minarets de la madrasa d’Ulug Beg. La visite n’est pas prévue officiellement, mais les policiers qui gardent le lieu proposent aux touristes d’y accéder pour quelques billets. Comme je ne veux pas qu’on me propose un prix déraisonnable, j’attends nonchalamment qu’un uniforme m’aborde dans ce sens.
C’est ŕ ce moment que nous tombons sur le couple de français avec qui nous avions visité les environs de Boukhara. Ils ont rejoint Samarcande en train et comme nous, leur premičre visite est consacrée au Registan. Nous nous fixons rendez-vous pour dîner ensemble ce soir.
Alors qu’ils viennent de repartir, enfin, un policier s’approche pour nous proposer l’ascension du minaret. C’est en français qu’il nous parle : en vrai commerçant (filou ?), il connaît cette phrase dans ŕ peu prčs toutes les langues parlées par les touristes de passage ŕ Samarcande. Nous négocions difficilement ŕ 3000 soums par personne : c’est un peu cher en comparaison des autres minarets que nous avons visités, mais nous sommes ŕ Samarcande et au Registan... Il ne nous accompagne pas lui-męme. Visiblement, il fait office de rabatteur et c’est un autre policier, ŕ ses ordres, qui nous ouvre les portes du bâtiment. Nous le suivons donc ŕ travers la madrasa oů il nous guide jusqu’ŕ un premier escalier en partie éboulé en nous faisant comprendre que plus haut se trouve le minaret. Pour la éničme fois en Ouzbékistan, je peste contre ma manie de vouloir escalader les tours, les minarets et autres lieux en hauteur. Des marches, encore des marches... Mais je me dis que la vue récompensera tous mes efforts.
Nous arrivons enfin au sommet et lŕ, je déchante. Il me semblait bien que, contrairement aux autres minarets que nous avions déjŕ vus, celui-ci ne comportait pas de plateforme et d’ouverture au sommet... Ici, la vue se mérite par une ouverture pratiquée de façon peu conventionnelle ŕ travers le toit en tôle du minaret. Pour voir quelque chose, il faut sortir le corps par ce trou, sans dispositif de sécurité. Le danger n’est certes pas bien grand, mais mon vertige n’apprécie que moyennement la configuration des lieux : je prends une photo de Chir Dor vite fait avant de me réfugier ŕ l’intérieur : tout ça pour ça ! Sophie, qui n’est pas sujette au vertige, profite davantage : elle prend de nombreuses photos en s’extirpant sans crainte ŕ l’extérieur du minaret. J’en serai quitte pour regarder les photos.
Comme nous avons fixé rendez-vous aux Français prčs de la statue d’Amir Timour – c’est prčs de leur hôtel et sur la route du nôtre -, nous profitons de notre avance pour visiter le Gour Emir, tout proche, lieu oů sont enterrés justement Amir Timour et Ulug Beg son petit-fils. L’extérieur est en travaux, mais l’intérieur vaut le déplacement. Encore une coupole finement décorée.
Nous rejoignons ensuite la statue de Timour. En regardant autour de nous, nous commençons ŕ nous dire que le lieu de rendez-vous n’est pas le plus approprié pour trouver un restaurant ou męme une petite gargote. Pas męme une échoppe ou quoi que ce soit d’approchant dans le coin. Certes, il y a bien l’hôtel Président, le plus prestigieux de la ville, mais je doute que son restaurant soit ce que nous cherchons... Les deux autres nous rejoignent : chacun avec son Lonely Planet ŕ la main, nous tentons de nous diriger vers un quelconque lieu de restauration. Il est vrai que nous sommes fraîchement arrivés et que personne ne sait vraiment dans quel coin se diriger. Męme le marché est en train de fermer et nous déambulons ainsi un certain temps. Finalement, aprčs une longue marche, alors que nous arrivons trčs prčs de notre propre hôtel, nous tombons sur un restaurant recommandé ŕ la fois par le LP et par notre chauffeur de matin. Il serait l’un des meilleurs de la ville. Ce sera parfait.
Le « Platan » s’avčre effectivement trčs bien : on y trouve une vraie carte et, si tout n’est pas disponible, le choix est large et varié. Le service est professionnel, parfois trop obséquieux, mais il semble que le lieu soit fréquenté par les plus privilégiés de Samarcande. Tous les quatre, nous nous régalons réellement : quel bonheur de manger autre chose que les habituels chachliks et autres plov... Nous passons ainsi une excellente soirée. Le retour ŕ notre hôtel, qui se trouve deux rues plus loin, se fait dans le noir le plus complet : pas un éclairage public, pas une fenętre éclairée. Et dire que j’ai une lampe de poche dans mon sac ŕ l’hôtel... Images attachées: Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. | | | Ŕ: Delseve · 8 mars 2009 ŕ 12:10 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 25 de 43 · Page 2 de 3 · 2 407 affichages · Partager 2čme jour ŕ SamarcandePour notre deuxičme jour ŕ Samarcande, nous attaquons la visite de l’ensemble dédié ŕ Bibi Khanoun. Bibi Khanoun était l’épouse chinoise d’Amir Timour. Alors que le bâtiment était en construction, celle-ci se serait amourachée de l’architecte. Qu’elle ait trompé ou non Timour n’est pas certain, mais comme c’est ce qu’il a cru, tout cela s’est terminé par la mort de Bibi Khanoun. Aujourd’hui, il paraît que les travaux de restauration ont, comme au Registan, considérablement endommagé les lieux, mais mon manque de connaissances en la matičre me permet d’apprécier pleinement la visite. Je trouve notamment les coupoles extraordinaires. Les intérieurs sont en travaux et si j’en juge de l’état actuel, il y a encore du boulot. Mais cela ne nous empęche pas d’apprécier lŕ, justement, un peu d’authenticité.
Sophie tenait absolument ŕ voir le fameux lutrin ŕ neuf pieds trônant au milieu de la cour. Quant ŕ moi, avant d’arriver, je me demandais tout simplement ce qu’était un lutrin... Celui-ci, aux proportions gigantesques et qui aurait accueilli le Coran d’Osman, aurait le pouvoir de garantir la fertilité aux femmes qui rampent entre ses pieds. Personnellement, nous ne tentons pas l’expérience, mais nous le considérons néanmoins avec curiosité.
En sortant, nous nous dirigeons vers le bazar. Déception au premier abord : celui-ci est en travaux. Mais les vendeurs ont, du coup, migré dans les rues voisines, dans une ambiance plus chaotique qui ne nous déplaît pas. Nous passons devant les étals de pâtisseries – nous sommes en plein ramadan – de fruits secs, de fruits et légumes. Tout cela est appétissant et nous décidons de faire notre repas sur place : un pain, un chausson ŕ la viande, des pommes... et nous voilŕ repues.
Cela dit, je me sens un peu patraque et je ne tarde pas ŕ avoir envie de me poser plus confortablement, sur une chaise, avec des toilettes ŕ proximité, si possible. Il y a peu de restaurants ou de chaďkhanas dans le coin et nous trouvons finalement une sorte de café bondé qui devrait faire l’affaire.
Toutes les tables sont occupées, mais deux dames nous proposent de partager la leur. On commande aussitôt un thé et un coca. La serveuse est extręmement désagréable. Visiblement, elle est contrariée par notre présence. Elle revient au bout de cinq minutes pour nous annoncer qu’elle n’a pas de coca. Qu’ŕ cela ne tienne, nous prendrons toutes les deux du thé. Mais lŕ-dessus, un homme ŕ la table voisine intervient : il semble s’en prendre ŕ la serveuse et le mot « cola » revient ŕ plusieurs reprises. Quasiment tout le monde a levé le nez et suit la discussion. Il semble en fait que le café ait effectivement du coca et que la serveuse ait tout simplement refusé de nous en servir, ce qui ne choque pas que nous. Quel accueil ! En plus, lorsque je me renseigne, on me précise qu’il n’y a pas de toilettes. Je ne sais pas si c’est vrai, mais je dois me contenter de cette réponse.
L’une des dames ŕ notre table engage la conversation : ce sont en fait, comme nous, des touristes, qui viennent du Kazakhstan. La plus jeune des deux, qui semble avoir la quarantaine, vient pour la troisičme fois ŕ Samarcande. Mais c’est la premičre fois qu’elle y emmčne sa mčre, visiblement assez âgée. Elle nous explique qu’ici, tout est cher pour les Kazakhs, notamment la nourriture, Elles ont acheté des provisions au marché, qu’elles mangent ici en commandant seulement un thé. Elles ont aussi une importante provision de sucreries apportées du Kazakhstan : elles nous offrent d’ailleurs des bonbons et s’assurent que nous en avons suffisamment pour en manger un peu plus tard. On discute aussi des différences de modes de vie entre Ouzbékistan et Kazakhstan : elle nous montre nos cheveux courts, comme les siens et nous explique que, si c’est courant dans son pays, c’est trčs rare en Ouzbékistan. Męme au niveau du look général, elle passerait inaperçue en Europe. Sa mčre est habillée et coiffée de façon plus traditionnelle. Une question de génération, probablement.
Nous ne terminons pas notre thé : il a un goűt affreux et compte tenu de l’accueil trčs hostile, nous nous demandons ce qu’il peut bien contenir... Je ne me sens toujours pas mieux. Un peu plus loin, nous tombons sur un café, trčs clean, tenu par un jeune russe, avec une clientčle visiblement assez familiale. Enfin, un endroit accueillant et surtout, des toilettes ! Je peux enfin me retaper un peu, d’autant que le thé, ici, est excellent et me fait un bien fou.
Je n’en reste pas moins un peu patraque et nous décidons de ne pas entamer de grande visite dont je ne profiterais pas vraiment. Comme nous n’avons pas encore fait nos achats de souvenirs, nous décidons de repartir au Registan, non loin de lŕ, pour profiter enfin des boutiques installées dans les cellules des madrasas. Les touristes n’étant pas nombreux, nous sommes accueillis partout avec le sourire. Chacun essaie de nous vanter au mieux les mérites, qui de ses foulards en soie, qui de ses statuettes colorées... Et chacun comprend aussi que nous ne pouvons pas acheter partout : l’insistance n’est pas de mise. On jette un śil et si on ne trouve pas ce que l’on cherche, on va voir dans la boutique suivante. Nous achetons ainsi des écharpes en soie pour nos mamans respectives, des petits bols en céramiques pour les amis, quelques statuettes représentant des petits vieux... Une vendeuse nous trouve si sympathiques qu’elle nous offre des petites broches représentant des piments : il est vrai que, comme d’autres avant elle, elle semble subjuguée par mes sourcils qu’elle montre ŕ plusieurs reprises. Dans la boutique suivante, alors que je vois dans un coin une des seules pičces de monnaie que je n’ai pas encore réussi ŕ me procurer, le jeune vendeur refuse de fixer un prix et nous en offre ŕ chacune un exemplaire. Dire que c’est une pičce commémorative qu’ailleurs, on nous vend plus cher que les autres... Il nous offrira aussi de petites statuettes une fois que nous aurons effectué quelques achats. Nous sommes réellement touchées par ces petits cadeaux et les quelques mots échangés en russe avec l’un comme avec l’autre montrent qu’il s’agit avant tout de nous faire plaisir.
Nous allons terminer notre journée devant le Registan oů sont placés quelques bancs : la fin du jour sur les bâtiments est particuličrement belle ŕ voir. Nous sommes rapidement abordées par deux jeunes d’une vingtaine d’années : ils sont étudiants en langues et viennent réguličrement prčs du Registan rencontrer les touristes pour pratiquer le français ou l’anglais. Je trouve l’idée excellente. L’un des deux nous explique qu’il part dans quinze jours ŕ la Rochelle oů il a trouvé un boulot et un logement. C’est un peu la grande aventure pour lui, qui n’a jamais quitté Samarcande, sauf pour se rendre ŕ Taskhkent. Son niveau de français, en tous cas, est impressionnant : il maîtrise jusqu’aux expressions imagées et avec seulement une trčs légčre pointe d’accent. Images attachées: Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. | | | Ŕ: Delseve · 8 mars 2009 ŕ 22:12 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 26 de 43 · Page 2 de 3 · 2 384 affichages · Partager Mille mercis. C'est passionnant! Vivement la suite... 
J'ai tellement hate d'y ętre -enfin- !! | | | Ŕ: Delseve · 9 mars 2009 ŕ 13:21 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 27 de 43 · Page 2 de 3 · 2 369 affichages · Partager Troisičme jour ŕ SamarcandeNous prenons dčs le matin un taxi pour l’observatoire d’Ulug Beg qui se trouve en haut d’un colline : nous avons prévu de redescendre ŕ pied vers le centre par la suite.
L’observatoire nous déçoit un peu. D’une part, nous admirons les restes du compas gigantesque, impressionnant pour la science de l’époque, tellement en avance sur son temps et sur l’occident. Mais d’autre part... il n’y a que ça ŕ voir. Qu’ŕ cela ne tienne, nous prenons la route qui redescend vers le centre : un peu de marche ne nous fera pas de mal et nous avons dans l’idée de nous arręter sur le chemin pour visiter le tombeau de Daniel. Les commentaires sur cette visite sont mitigés, mais comme nous sommes ŕ côté et que nous avons du temps... Nous marchons un bon moment, sans rencontrer le moindre bâtiment ou site qui pourrait ętre ce que nous cherchons. Or, selon le Lonely Planet, nous étions maximum ŕ un kilomčtre et demi. Nous comprenons un peu tard que nous avons probablement pris la mauvaise route, non signalée sur le plan. Effectivement, il semble que cette quatre voies que nous arpentons pendant une heure est flambant neuve. Non seulement nous ne verrons pas le tombeau de Daniel (il faudrait remonter la colline !), mais en plus, nous avons marché sur une route sans charme et sous un soleil de plomb...
Celle-ci nous mčne néanmoins jusque la nécropole Chah-i-Zinda. Nous entrons d’abord dans le cimetičre qui jouxte les lieux. C’est assez curieux, quasiment toutes les tombes sont décorées d’un portrait du défunt, gravé dans le marbre : l’un porte son plus bel uniforme, l’autre semble regarder d’un śil bienveillant les générations futures. C’est la premičre fois que je vois ce type de cimetičre et je m’étonne que ce soit en pays musulman. Tous ces morts représentés, je trouve ça un peu flippant. Et en męme temps, la balade est fascinante, puisqu’au regard des dates, des noms et des portraits, on voyage aussi un peu dans l’histoire des républiques soviétiques...
Nos pas ŕ travers le cimetičre nous amčnent finalement ŕ l’intérieur de la nécropole. L’entrée, avec ses gardiens et vendeurs de billets, se trouve derričre nous. Je n’ai pas spécialement cherché ŕ resquiller, mais j’avoue qu’aller payer alors que je suis déjŕ dedans, c’est au-dessus de mes forces.
Le lieu est de toute beauté. Il est essentiellement consacré aux sépultures des sśurs de Timour ou aux amis et fidčles que le souverain récompensait ainsi. Comme souvent, les touristes sont trčs peu nombreux et nous rencontrons essentiellement quelques ouzbeks en pčlerinage. Il paraît une fois encore que beaucoup de restaurations ont été effectuées en dépit du bon sens. Cette fois, bien que non spécialistes, nous voyons effectivement quelques peintures grossičrement reconstituées. Néanmoins, nous réussissons quand męme ŕ nous imprégner des lieux et de l’atmosphčre pendant les deux bonnes heures que nous passons lŕ.
Aprčs la visite, ŕ une heure assez avancée pour manger, nous nous retrouvons dans le męme coin que la veille, oů il y a peu de lieux de restauration. C’est d’ailleurs une constante ŕ Samarcande prčs des lieux touristiques, ce qui, ŕ la longue, devient assez pénible si on reste plusieurs jours. Nous tentons le café russe de la veille qui servait du plov, mais il est trop tard et celui-ci est déjŕ fermé. Nous finissons dans une chaďkhana ŕ peu prčs potable qui sert notamment des laghmans. Ca fera tout ŕ fait l’affaire ! Alors que nous attendons notre commande, j’observe de ma place le patron qui se livre ŕ un étrange mančge : il verse consciencieusement le contenu d’une bouteille de vodka dans une théičre, théičre qu’il destine ŕ des clients assis ŕ l’extérieur... Lorsqu’il voit que je l’observe, nous échangeons quelques sourires moqueurs : il est vrai que nous sommes en plein ramadan et que, si les Ouzbeks sont peu pratiquants, il ne fait visiblement pas bon de boire de la vodka en terrasse ŕ cette époque de l’année...
Nous nous dirigeons ensuite vers la mosquée Khizr, la mosquée du voyageur, qui se trouve ŕ côté de la nécropole Shah-i-Zinda. Une dame d’une cinquantaine d’années nous accueille avec un grand sourire : les touristes sont particuličrement rares ici et il semble qu’en plus, nous lui soyons sympathiques. Les billets d’entrée nous sont vendus ŕ un prix défiant toute concurrence... La dame nous accompagne et commence ŕ nous donner des explications... dans un français certes hésitant, mais tout ŕ fait correct. Elle nous explique qu’elle retourne ŕ l’université depuis peu pour apprendre justement le français et pouvoir mieux communiquer avec les touristes. J’avoue que je suis toujours admirative des gens qui reprennent des études passé un certain âge et cette dame suscite la męme admiration. Lorsque nous redescendons du minaret – oui, encore un, pourtant, je m’étais juré... -, elle nous a préparé du thé, des raisins et quelques friandises locales. Elle-męme ne boit pas, ramadan oblige, mais elle nous tient compagnie en nous présentant sa fille et son dixičme petit-enfant, le seul garçon nous dit-elle... Le gamin est d’abord un peu impressionné par ces deux étrangčres ŕ l’allure bizarre, mais il s’amuse ensuite beaucoup lorsque nous faisons semblant d’ętre fusillées par son pistolet en plastique. Le moment est particuličrement agréable : la visite s’est révélée trčs intéressante et la rencontre est agréable, sincčre. Lorsque nous repartons, au bout d’un long moment passé ŕ discuter avec notre hôtesse, celle-ci nous dit de revenir quand nous le souhaitons, sans aucun billet d’entrée.
Nous finissons notre journée en repassant devant le Registan oů nous savourons la vue, dans le soleil de la fin d’aprčs-midi, en mangeant notre dernier bonbon kazakh... Images attachées: Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. | | | Ŕ: Delseve · 10 mars 2009 ŕ 0:45 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 28 de 43 · Page 2 de 3 · 2 353 affichages · Partager Tous les jours je guette une petite suite que je lis avidement dčs qu'elle parait !
C'est ŕ Chah i Zinda que j'ai eu mon coup de coeur dans ce voyage...
Je te suis pas ŕ pas mais c'est bientôt fini... peut-ętre pas ? | | | Ŕ: Mamina64 · 10 mars 2009 ŕ 12:00 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 29 de 43 · Page 2 de 3 · 2 339 affichages · Partager Effectivement, encore deux ou trois épisodes et ce sera terminé. | | | Ŕ: Delseve · 10 mars 2009 ŕ 12:10 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 30 de 43 · Page 2 de 3 · 2 336 affichages · Partager ChakhrisabzLe jour suivant, aprčs un départ matinal, nous nous dirigeons vers Chakhrisabz. La route que nous empruntons passe par la montagne et nous apprécions ce changement de paysage aprčs plusieurs jours de ville ou de désert. Nous faisons notamment un arręt au niveau d’un col qui nous permet d’avoir une vue splendide sur la vallée.
Contrairement ŕ nos habitudes, nous avons réservé ŕ Chakhrisabz une visite de la ville avec un guide local francophone. Celui-ci se révčlera tout au long de la journée plus un boulet qu’un guide... D’abord trčs en retard au rendez-vous qu’il a fixé avec le chauffeur, il ne se déplace finalement pas et c’est notre taxi qui doit le rejoindre lŕ oů il est d’aprčs quelques indications données par téléphone.
Dčs la premičre visite, le palais Ak-Saray, nous nous rendons compte que les explications de ce guide prétendument francophone sont plus qu’approximatives : d’une part, ses commentaires sont relativement rares, voire fumeux (nous réalisons qu’il invente au fur et ŕ mesure), et d’autre part, il ne maîtrise absolument pas le français, ce qui rend tous ses propos presqu’inintelligibles. Quand il ne trouve pas le mot français adéquat, il utilise volontiers son équivalent russe ou ouzbek. Dčs qu’il tient deux ou trois mots corrects, il les répčte plusieurs fois, pour ętre bien sűr que nous les comprenions. Ou plutôt, je pense, pour meubler ses explications sommaires. Quant aux questions que nous lui posons, il les ignore, vraisemblablement parce qu’il ne les comprend pas... Parfois, cependant, une ou deux phrases extręmement bien construites, presque littéraires, sortent de façon surprenante : il a visiblement appris par cśur quelques textes de propagande en faveur du régime et il nous les assčne ponctuellement avec fierté. Mais dčs qu’il reprend ses explications plus personnelles, celles-ci redeviennent laborieuses et sans queue ni tęte. Je me fatigue trčs vite de devoir me concentrer pour tenter de saisir l’un ou l’autre propos et je me dis que la visite promet d’ętre longue, trčs longue....
Avec Sophie, nous échangeons des regards navrés : nous avons rencontré tant d’étudiants francophones qui avaient un trčs bon niveau que nous nous demandons d’oů sort notre prétendu guide. Lorsque nous lui demandons si cela fait longtemps qu’il exerce cette profession, il nous explique que nous sommes seulement les troisičmes touristes qu’il accueille ŕ Chakhrisabz (tout s’explique ! Ca ne va pas durer...) et qu’il est avant tout enseignant. Enseignant ? Pas en français, quand męme ? Non, bien sűr : il semble que ce soit en russe ou en ouzbek, mais lŕ encore, les explications manquent cruellement de limpidité...
Du coup, la visite de Chakhrisabz se révčle pour nous assez quelconque : nous voyons les principaux monuments, le bazar, mais nous rongeons notre frein tant ce guide est insupportable. Nous profitons des quelques minutes qu’il nous laisse ŕ droite et ŕ gauche pour consulter les explications du Lonely Planet et du guide Olizane, mais cela ne nous console gučre de la présence de l’insupportable guide.
En quittant un des monuments et en faisant quelques pas tous les trois, je me rends compte que la vue est superbe. J’en profite pour prendre quelques photos, puis je demande ŕ Sophie de poser et au moment oů je me dis que ce serait plutôt sympa d’avoir un cliché de nous deux sur ce site, le fameux guide, comme s’il avait lu dans mes pensées, semble-t-il, s’approche en tendant la main et fait « vous permettez ?... ». Je me dis que finalement, il n’est pas si déplaisant et que c’est gentil ŕ lui de proposer de nous prendre en photo... sauf que lŕ n’est pas du tout son intention. Dčs que je réponds positivement ŕ sa question, il file se placer devant l’objectif, ŕ côté de Sophie, pour ętre lui-męme sur la photo ! Quel mufle ! Images attachées: Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. Photo postée par le membre Delseve. | | | Ŕ: Delseve · 11 mars 2009 ŕ 15:54 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 31 de 43 · Page 2 de 3 · 2 299 affichages · Partager Dernier jour ŕ SamarcandePour notre dernier jour ŕ Samarcande (et avant-dernier jour en Ouzbékistan), nous commençons par changer quelques euros. Direction, donc, la Banque Nationale d’ Ouzbékistan, non sans grogner un peu : quelques jours auparavant, en effet, nous sommes déjŕ venues et les deux employées du change ont tenté de nous escroquer de 7000 sums sur un total de 100 000 (soit 3, 50€ pour 50€). Elles ont un petit tour de passe-passe avec les billets, assez bluffant et, en tous les cas, trčs au point. Il faut donc ętre vigilant et surtout bien recompter...
Nous attendons notre tour sagement, pendant qu’un touriste allemand est lui-męme en train de changer de l’argent. Nous voyons les deux employées occupées ŕ nouveau ŕ leur numéro d’artistes et l’Allemand qui ne se méfie pas, pręt ŕ empocher les épaisses liasses de billets ouzbeks, sans męme les recompter. Nous lui soufflons de se méfier en précisant que nous avons déjŕ été entourloupées au męme endroit. Les employées, męme si elles n’ont pas tout compris, nous ont reconnues et ont bien vu que nous avons mis l’Allemand en garde. Ne pouvant pas nous refuser le change, elles nous distribuent une série de billets de 500 sums, prétextant qu’elles n’ont plus de billets de 1000. Quand on sait que le plus gros billet ouzbek, 1000 sums, vaut juste un demi euro, on comprend que changer 50 euros en billets de 500 sums équivaut ŕ se foutre du monde ! Et puis, c’est vrai que dans une institution comme la Banque Nationale d’ Ouzbékistan, les billets de 1000 sums, ça n’est pas courant... Bref, nous payons notre conseil ŕ l’Allemand. Refusant les billets de 500, nous nous retrouvons finalement ŕ l’hôtel Président, un peu plus loin dans la ville, oů on nous change la somme, sans la moindre arnaque et en beaux billets de 1000 sums...
Cette derničre journée ŕ Samarcande, nous la consacrons ŕ la ville moderne, que nous avons jusque lŕ négligée. Petite promenade d’abord sur le boulevard Navoď, avec une agréable surprise : une large rue piétonne, bordée d’arbres, avec des étudiants des deux sexes, de jeunes couples... C’est ŕ la fois une atmosphčre de ville trčs européenne, mais mâtinée néanmoins d’une ambiance toute asiatique.
Comme nous avons perdu pas mal de temps ŕ changer nos euros, il est déjŕ l’heure de déjeuner et nous nous retrouvons dans une pizzeria non loin du boulevard Navoď. Ce n’est pas vraiment typique, mais ça change des chachliks... Nous passons le repas ŕ bavarder avec un autre touriste, un Québécois qui effectue le voyage Istanbul- Pékin ŕ vélo avec un tout un groupe. C’est pour lui une journée de pause et il récupčre en mangeant pâtes et pizzas dans ce restaurant. Il nous raconte un peu son périple : son passage avorté de la Géorgie cet été alors que la Russie venait d’attaquer le pays, sa traversée du Turkmenistan escortée par la police locale... Je suis impressionnée par son itinéraire et surtout par le moyen de transport choisi. Je le suis encore plus lorsque je réalise qu’il a parcouru plusieurs zones de désert en plein mois de juillet sur ses deux roues...
Pour notre visite de la Samarcande contemporaine, je voulais aussi faire un petit tour du côté de la statue de Gagarine. Assez loin du centre, décrite par le Lonely Planet comme « l’hideuse statue soviétique », elle avait cependant retenu mon attention, notamment depuis notre visite de la station de métro de Tashkent dédiée aux cosmonautes. Aprčs une longue marche, nous trouvons rapidement la rue Gagarine, mais point de statue. Nous serions-nous mal orientées ? Nous faisons plusieurs fois le tour de la place, nous interrogeons sans succčs plusieurs passants, jusqu’ŕ ce qu’une dame m’explique que nous sommes bien au bon endroit mais que la statue n’y est pas... A-t-elle été déboulonnée, l’a-t-on emmenée pour restauration ? Nous n’en saurons pas plus, mon niveau de russe ne m’ayant pas permis de saisir la raison de cette disparition.
Un peu déçues d’avoir effectué ce trop long trajet pour rien, nous décidons de nous rapatrier sur le Registan en marchroutka, ces minibus qui font office de taxi collectif. Pour 300 sums, vous traversez toute la ville, ŕ condition que vous ayez compris oů les arręter et dans quelle direction ils vont.
Encore une fois au Registan, oui, car pour ces derničres heures ŕ Samarcande, aprčs avoir cherché Gagarine en vain, nous voulons terminer en beauté et goűter ŕ nouveau l’atmosphčre du lieu. Il ne s’agit plus de visiter, mais bien de s’installer tranquillement dans l’une ou l’autre des trois madrasas et de profiter ainsi de l’ambiance.
Alors que nous trainons dans la medersa Ulug beg, nous tombons sur Jens, l’Allemand rencontré ŕ la banque le matin męme. Dčs qu’il nous voit, il file vers nous pour nous remercier : aprčs avoir recompté, il a pu constater que les employées avaient tenté de lui subtiliser 10 000 sums (5€) sur le change de 50 dollars. Un sacré prélčvement, pire encore que le nôtre !
Il nous explique qu’il effectue lui aussi un périple ŕ vélo, cette fois de la Chine jusqu’en Iran. Contrairement au Québécois rencontré le midi, il est seul sur la route, avec tous ses bagages sur le vélo. Nous sympathisons rapidement d’autant que Jens, qui voyage seul, n’est pas mécontent de bavarder un peu. Nous passons finalement la soirée avec lui : lorsqu’il nous confie qu’il mange ŕ peu prčs la męme chose tous les jours depuis la Chine (chachliks, plov, chachliks, plov...), nous l’emmenons dans le restaurant Platan, découvert le premier jour. C’est un vrai plaisir de le voir se jeter sur les plats avec un tel appétit. Cela dit, en ce qui me concerne, męme si je n’ai pas avalé autant de kilomčtres ŕ vélo que lui, je ne laisse pas spécialement ma part non plus. | | | Ŕ: Delseve · 12 mars 2009 ŕ 11:47 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 32 de 43 · Page 2 de 3 · 2 278 affichages · Partager Retour ŕ TashkentLe trajet pour Tashkent est un peu tristounet : champs de coton et usines bordent la route. Nous avons une pensée pour Jens qui a fait ce trajet, dans le sens inverse, sur son vélo... Nous savons aussi que c’est notre derničre journée en Ouzbékistan. Retour ŕ l’Hotel Uzbekistan. Plus qu’ŕ l’arrivée, nous remarquons tout ce qui, dans cet hôtel, rappelle l’URSS. Le bâtiment, bien sűr, et son architecture tellement imposante et soviétique. Peut-ętre avons-nous la dent plus dure en fin de voyage, mais nous remarquons aussi cette fois les quatre ascenseurs rutilants dont un seul fonctionne (pour 17 étages...), les nombreux luminaires ŕ la faible lueur jaunâtre, le mini-bar vide de tout contenu (et de toutes façons, pas branché) et la télévision, d’époque semble-t-il. En revanche, les tables et les chaises de la salle du petit-déjeuner sont couvertes de tissus et de froufrous scintillants. Męme si le confort de l’hôtel reste trčs agréable, il est néanmoins assez curieux de constater le décalage entre l’image de luxe que veut donner l’ Uzbekistan et la réalité, rappelant davantage Moscou sous l’čre soviétique qu’un grand hôtel occidental... Tout semble aussi plus lent et on a vaguement l’impression que le temps, ici, s’est arręté.
Nous voulons profiter de notre derničre aprčs-midi ŕ Tashkent et nous nous laissons d’abord tenter par une sortie shopping : aprčs tout, nous sommes dans une capitale, certains centres commerciaux n’ont rien ŕ envier ŕ ceux d’Europe occidentale et on se dit qu’on peut peut-ętre faire de bonnes affaires. La tentative de shopping est vite avortée : la plupart des articles que nous trouvons sont un peu en décalage, question mode, avec les standards européens du moment et les rares articles qui nous plaisent ont des prix équivalents, voire supérieurs.
Direction donc, le bazar Chorsu pour prendre une derničre bouffée d’atmosphčre ouzbek. Nous trainons ensuite du côté du square Amir Timour oů un vieil homme, ravi de rencontrer des touristes, nous interpelle et nous rejoint sur un banc.
Depuis mon arrivée deux semaines plus tôt ŕ Tashkent, j’ai beaucoup progressé en russe. D’une part, je me suis habituée ŕ l’accent ouzbek, un peu différent de celui des cd de ma méthode d’apprentissage, et d’autre part je me suis peu ŕ peu entraînée ŕ parler davantage, ŕ faire des vraies phrases. En outre, les conversations tournent finalement toujours autour des męmes sujets : nos vies personnelles, professionnelles, la France, les personnalités françaises. Cela facilite donc grandement pour moi les conversations. J’aborde donc avec plaisir la discussion avec le vieil homme, d’autant que je réalise que je n’aurai plus d’occasion de parler russe avant un moment.
Bien vite, je me rends compte que je saisis seulement quelques mots. Aurait-il un accent que je n’ai pas encore entendu depuis notre arrivée ? Je repčre tout de męme les questions habituelles « d’oů venez-vous ? », « que faites-vous dans la vie ? » « ętes-vous mariées ? », etc. L’homme s’est installé au bout du banc, je suis ŕ l’autre extrémité et Sophie se trouve entre nous. Le vieil homme, voyant que je ne comprends pas bien ce qu’il dit, parle de plus en plus fort, en postillonnant abondamment dans notre direction : Sophie qui se trouve entre nous apprécie modérément ces copieuses projections. Je sens qu’elle s’impatiente. Mais mon interlocuteur est soucieux d’échanger et je n’arrive pas vraiment ŕ me dépętrer de cette situation.
Soudain, comme s’il avait une illumination, je le vois farfouiller dans sa poche de pantalon, chercher, chercher... jusqu’ŕ ce qu’il en sorte un dentier qu’il se colle dans la bouche. Mon problčme de compréhension n’était donc pas lié ŕ un quelconque accent ! Nous avons du mal ŕ ne pas rire. La communication devient alors légčrement meilleure. Toutefois, Sophie est lasse de recevoir des volées de projectiles humides et moi-męme, je commence ŕ me décourager face ŕ cet interlocuteur, certes trčs aimable, mais peu limpide. Une fois que la conversation se termine et que nous prenons congé, le dentier réintčgre aussitôt la poche de son propriétaire.
Nous rentrons tranquillement ŕ l’hôtel pour boucler les bagages. Aprčs une soirée tranquille dans un petit restaurant du quartier que nous avions apprécié lors de notre arrivée, nous rentrons ŕ l’hôtel. Cette nuit, nous repartons pour la France, via Istanbul, ŕ 2 heures du matin...
PS Nous avons fait, comme prévu, de gros achats de loukoums ŕ Istanbul, variété double pistache comme il se doit. Un régal avec le thé ouzbek. | | | Ŕ: Delseve · 12 mars 2009 ŕ 23:42 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 33 de 43 · Page 2 de 3 · 2 262 affichages · Partager Superbe récit. Quel dommage que le feuilleton s'arręte! | | | Ŕ: Delseve · 13 mars 2009 ŕ 10:49 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 34 de 43 · Page 2 de 3 · 2 252 affichages · Partager merci pour ce récit oů j'ai retrouvé avec tant de plaisirs les "senteurs" de ce pays qui m'a fait réver. Le loukoums d' Istanbul sont délicieux, nous avons terminé ce voyage, nous aussi par des loukoums ŕ la rose!! | | | Ŕ: Delseve · 15 mars 2009 ŕ 14:25 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 35 de 43 · Page 2 de 3 · 2 235 affichages · Partager Bonjour delseve,
Super ton récit.
Nous ferons le męme circuit, męme nombre de jours, mais en voyage organisé, au mois d’octobre.
Juste une petite question. Est-il préférable d’emmener des $ ou des Euros. Tu parles des 50E que tu as changé, mais dans un autre message tu précises que « les hôtels se négocient mieux en dollars ».
Bon WE. | | | Ŕ: Kimy6791 · 15 mars 2009 ŕ 14:36 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 36 de 43 · Page 2 de 3 · 2 233 affichages · Partager Disons que j'avais emporté des dollars changés en France pour les hôtels réservés par mail depuis la France (la somme juste donc) et dont le prix était donné en dollars. Sinon, j'ai utilisé uniquement des euros sur place que j'ai changés sans aucun problčme ŕ un taux correct.
Un seul change, c'est plus économique (euros -> dollars ou euros -> sums) | | | Ŕ: Delseve · 18 mars 2009 ŕ 10:55 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 37 de 43 · Page 2 de 3 · 2 205 affichages · Partager Bonjour,
Encore une fois merci pour ton récit.
Tu parles d'hotels réservés par Mčl, Est-ce que tu es passée par ce site www.orexca.com/ ou bien as-tu fait autrement?
Michel | | | Ŕ: Tylassin · 18 mars 2009 ŕ 11:59 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 38 de 43 · Page 2 de 3 · 2 201 affichages · Partager J'avais trouvé des listes d'hôtels avec coordonnées (fax ou mails) sur un site russe. J'ai croisé avec les commentaires sur le Lonely Planet et l'Olizane (qui eux, n'ont que les adresses et les tel) et j'ai envoyé mes demandes de prix et de dispos.
Réservation ensuite par mail. Aucun souci. Bien évidemment, on ne verse pas d'accompte et tout repose sur la parole donnée, mais nous avons trouvé les hôtels trčs réactifs et trčs pros. Certains n'ont effectivement jamais répondu, mais ça permet du coup de faire un premier tri.
L'inconvénient est que tu ne négocies pas vraiment le tarif comme tu peux le faire sur place. L'avantage, c'est que tu ne perds pas de temps sur place ŕ trouver un hôtel. | | | Ŕ: Delseve · 18 mars 2009 ŕ 12:49 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 39 de 43 · Page 2 de 3 · 2 197 affichages · Partager Et je présume que c'est en russe que ça se passe? | | | Ŕ: Tylassin · 18 mars 2009 ŕ 13:21 Re: Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaďkhanas... Message 40 de 43 · Page 2 de 3 · 2 194 affichages · Partager J'avais rédigé les fax en russe et en anglais et les mails seulement en anglais (je n'ai pas de clavier russe...).
Ils ont tous répondu en anglais, mais pas tous avec la męme facilité. | Carnets similaires sur l'Ouzbékistan: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 668 visiteurs en ligne depuis une heure! |