Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Marathon · 1 juin 2018 à 22:51 12 messages · 2 participants · 1 858 affichages | | | | 1 juin 2018 à 22:51 Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 1 de 12 · 1 858 affichages · Partager Note préalable : le sujet de cette discussion est purement technique : mes motivations et ce que ce pèlerinage m’a apporté ou non est hors sujet.
Le calendrier :
Par nécessité (= contraintes privées et professionnelles), je ne pouvais pas partir avant le 11 avril, et pour éviter le tsuyu (la saison des pluies), je tenais à avoir terminé avant le 1er juin, soit un créneau de 49 jours. Autant dire que je n’avais pas vraiment le choix des dates. Je me suis calé sur ce tableau de marche que j’ai presque respecté, totalisant 43 jours de marche du temple n°1 au temple n°1, sans passer par les temples bangai, et en allant ensuite à Kôya-san. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 22:52 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 2 de 12 · 1 856 affichages · Partager Le style d’hébergement : J’ai toujours dormi dans un hébergement «commercial », mais craignant que tout soit parfois complet, j’avais un sac de couchage et un tapis de sol léger. Ils n’ont finalement jamais servi, notamment parce que ma forme physique m’a permis de faire de très longues étapes quand je n’avais pas d’autre choix. La répartition a été la suivante, en nuitées :
17 : minshuku 9 : ryokan 8 : business hotel 5 : shukubo 5 : onsen
Les prestations des minshuku sont sans surprise : c’est toujours le même type de repas (sans être identique, toutefois) et de chambre. Ce sont généralement des hébergements très conviviaux, avec des repas collectifs qui sont les meilleures occasions de se rencontrer entre pèlerins.
Les ryokan cités dans le topoguide sont à peine plus chers que les minshuku (alors que cette appellation inclut habituellement aussi des établissements de grand luxe), avec plus de variété : j’ai eu parfois des prestations haut de gamme, une fois un établissement franchement défraîchi mais compensé par les excellents conseils de son patron. Parfois, l’accent est mis sur la convivialité entre pèlerins (comme dans un minshuku), parfois au contraire, chacun est isolé des autres.
Les shukubo où je suis allé étaient encore plus hétérogènes ; le degré zéro de la convivialité et du service étant établi par le shukubo du temple n°40, alors que j’ai eu de belles expériences dans d’autres temples.
Un business hotel, c’est purement fonctionnel : on ne voit pas les autres clients, mais c’est en revanche le seul type d’établissement où on n’a pas de contrainte horaire.
La raison d’être d’un onsen, ce sont ses bains, mais comme ils sont souvent isolés, il y a généralement une offre de restauration sur place. Certains étaient très chers, mais pas tous. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 22:53 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 3 de 12 · 1 855 affichages · Partager Le matériel :
Lourd, très lourd. Je suis marathonien, pas randonneur – on fait aujourd’hui beaucoup plus léger que mon sac à dos jamais réutilisé depuis les années 80. Par nécessité, je transportais un ordinateur, un smartphone, un appareil photo compact et un appareil photo très léger de secours. Chargeurs compris, nettement plus de 3 kg d’électronique qui a beaucoup servi. Après m’être débarrassé de quelques vêtements qui se révélaient être trop chauds (je préférais cela à devoir faire du shopping parce que j’avais froid), j’ai transporté de bout en bout 13kg, plus sur les hanches que sur les épaules. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 22:54 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 4 de 12 · 1 854 affichages · Partager Télécommunication :
Une loi japonaise de 2006 interdit de fournir un numéro de téléphone portable japonais à un non-résident, et la plupart des offres de cartes SIM data précisent que les services VOIP sont bloqués. Or j’en avais un besoin essentiel.
C’est quelque mois avant le départ qu’une discussion sur VF m’a fait découvrir www.mobal.com . Je ne connais pas les détails du montage qui leur permet de contourner la loi de 2006, mais le fait est que j’ai eu un numéro japonais parfaitement opérationnel à l’émission comme à la réception d’appels. La carte de la couverture de Mobal à Shikoku comporte beaucoup de zones blanches, mais ce sont des zones inaccessibles. Je m’en suis servi quotidiennement (voix + données), mais presque uniquement le soir. Aucun problème en phonie, un débit montant généralement insuffisant pour la vidéo avec Skype. J’ai contacté la hotline de Mobal sur leur site parce que j’avais un doute rétrospectif sur l’option que j’avais choisie : j’ai eu dans les 24h maxi des réponses claires, pertinentes et proactives. En bref, sur la base de ma seule expérience, je recommande cet opérateur. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 22:56 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 5 de 12 · 1 853 affichages · Partager Communication :
Je parle et lis le japonais, suffisamment bien pour ne pas utiliser l’anglais. Cela me facilitait beaucoup la vie, mais j’ai rencontré des pèlerins qui étaient probablement au mieux au niveau de survie de base : l’obstacle de la langue est réel, mais pas rédhibitoire.
Un patron de minshuku était très fier de son traducteur multilingue à reconnaissance vocale : il a tenu à faire un essai avec le français et le résultat était satisfaisant. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 22:57 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 6 de 12 · 1 852 affichages · Partager Topoguide
« Le » topoguide en anglais ( Shikoku Japan 88 Route Guide) est d’une qualité remarquable. Le topoguide standard japonais est très inférieur : cartographie médiocre et peu lisible, imprimé sur du papier résistant beaucoup moins bien à la pluie, référencement des hébergements que j’ai renoncé à comprendre quand je l’ai feuilleté, format plus grand donc moins maniable. Tous les pèlerins japonais me l’enviaient, et j’ai même croisé un pèlerin japonais expérimenté qui l’utilisait alors qu’il ne maîtrisait pas l’anglais. Seul handicap : il est moins souvent réédité, donc il y a des hébergements qui ont fermé depuis, et d’autres qui manquent parce que trop récents. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 22:59 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 7 de 12 · 1 851 affichages · Partager Budget :
L’hébergement était le poids lourd, d’autant que je choisissais systématiquement la demi-pension quand elle était possible (pour faire simple : partout sauf les business hotels). J’ai l’habitude en voyage de ne pas déjeuner ; la nourriture de ces demi-pensions était suffisante pour cela malgré l’effort physique à fournir.
En JPY ( Shikoku seul) :
Hébergement : 297 410 Nokyocho : 26 700 Equipement : 16 031 Alimentation : 11 065 Boissons : 3 337 Lessives : 2 650 Transport : 1 850
Total : 359 043 (Plus les offrandes dans les temples)
Equipement : c’est le « kit du pèlerin » acheté au temple n° 1 (topoguide exclu, je me l’étais procuré auparavant), et quelques petites fournitures comme de la crème solaire. Boissons : généralement achetés dans les automates au bord des routes, parfois dans les konbini
Lessives : elles étaient parfois offertes par les hébergements, quelques centaines de JPY sinon pour lave-linge et sèche-linge.
Transport : j’ai quelquefois dépassé mon hébergement, pour y revenir en train en fin de journée, et reprendre le train jusqu’à la gare atteinte la veille, de manière à faire à pied le parcours intégral. Pratique courante des pèlerins japonais, à laquelle j’aurais dû me convertir plus tôt au lieu de faire des étapes de folie à cause d’hébergements mal répartis.
Mode de paiement : 75% des dépenses étaient payables uniquement en liquide. Les cartes bancaires n’étaient acceptées que dans les business hotels (sauf un !), les onsen et pas tous les konbini. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 23:01 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 8 de 12 · 1 850 affichages · Partager Logistique de et vers Shikoku :
De l’aéroport Kansai International ( KIX) au temple n°1 :
- Bus de grande ligne KIX – gare de Tokushima : 4100 JPY
- Train local jusqu’à la gare de Bandô : 260 JPY
Le bus en milieu de matinée un jour de semaine était quasiment vide.
Du temple n°1 à Kôya-san :
- Bus de grande ligne de l’arrêt Naruto-Nishi à la gare routière d’Osaka-Namba : 3300 JPY
- Train d’Osaka-Namba à Kôya –san : 1260 JPY (sans supplément express, avec changement à Hashimoto)
Le bus à Naruto-Nishi (en provenance de Takamatsu) était presque complet, les passagers ayant réservé sur internet. En me présentant à l’arrêt sans réservation, j’ai pris sans le savoir un risque. | | | À: Marathon · 1 juin 2018 à 23:04 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 9 de 12 · 1 849 affichages · Partager Axes d'amélioration :
Globalement, je n’ai commis aucune erreur fatale ou même grave, mais si c’était à refaire :
- Je partirais hors Golden Week (donc de début mars à fin avril), ce qui me permettrait de réserver mes hébergements au jour le jour, sans risque qu’ils affichent complet, et de faire l’impasse sur le sac de couchage et le tapis de sol : économie de poids et de volume, donc aussi de poids du sac à dos lui-même. Je n’ai aucun regret à ce sujet : mes contraintes de calendrier ne me le permettaient pas cette fois-ci.
- J’investirais dans un sac à dos neuf qui serait plus léger que celui du début des années 80 qui était de bonne qualité et en bon état, mais lourd.
- Plutôt qu’une banane, j’achèterais une sacoche de pèlerin, car cela permettrait d’avoir le topoguide mieux à portée de main. Cela fait aussi un souvenir réutilisable, identifiable par les seuls initiés.
- Peut-être que j’emporterais un power bank, car la batterie du téléphone se décharge vite en mode GPS, mais en faisant attention, cela allait.
- Je remplacerais le bâton de bois par un bâton télescopique de randonneur, quitte à y apposer les formulations habituelles des pèlerins. Il serait plus léger et plus facile à rapporter en France.
- Je prendrais encore moins de vêtements, en faisant des lessives rapides quotidiennes
- Je me procurerais une sacoche étanche à la pluie pour l’appareil photo – la sacoche de pèlerin peut faire l’affaire.
- A poids égal, je remplacerais 2 jeans par 1 jean + 1 pantalon plus léger + 1 surpantalon de pluie + des guêtres.
- Je rachèterais un hakui à mi-parcours : le mien, usé et déchiré par le sac à dos, est dans un triste état.
- J’achèterai la dernière édition du topoguide du pèlerin : j’avais l’édition précédente, qui datait évidemment d’autant plus.
Mais a contrario, il y a des choix qui se sont révélés être les bons :
- Le sugegasa (chapeau conique) de taille moyenne : il protège parfaitement la tête de la pluie et son armature le rend bien ventilé.
- Un bandeau léger pour éviter le frottement du sugegasa sur le crâne
- Une serviette de taille moyenne, car celles qui sont fournies au Japon sont minuscules
- Un très petit tube de dentifrice, pour les rares fois où il n’est pas fourni à l’hébergement.
- Les sacs de congélation Ziploc de 8 litres, à double fermeture clipée : ils ont parfaitement protégé les vêtements et mon précieux nōkyōchō.
- Un T-shirt respirant de sport blanc: un seul suffisait, car cela sèche très rapidement.
- De bonnes chaussures de course à pied sur route, déjà utilisées pour les faire à mes pieds. Elles ont souffert, mais elles ont tenu jusqu’au bout. (Note pour les débutants : prendre une pointure au-dessus de votre pointure habituelle, car le pied gonfle lors de longues marches. J’ai rencontré une Japonaise qui souffrait à cause de cela. Attention aussi si vous pointez très grand : vous aurez du mal à trouver chaussures à vos pieds si elles vous lâchent sur le parcours)
- Un sac à dos de nylon très léger pour aller à un temple après avoir laissé presque tout à l’hébergement.
- Des aiguilles pour percer les ampoules aux pieds
- La carte SIM japonaise de Mobal
- Une application GPS sur téléphone : maps.me peut faire l’affaire, google.maps est beaucoup mieux
Si vous avez des questions, je m’efforcerai d’y répondre... si j'ai la réponse ! | | | À: Marathon · 15 décembre 2018 à 22:01 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 10 de 12 · 1 618 affichages · Partager Bonjour
Merci pour vos explications
Je compte faire le pèlerinage en mars prochain. Je possède le guide 88 temples (acheté en 2017) J’ai quelques bases de japonais (lecture discussion de base)
Je souhaiterais savoir comment vous avez fait pour le logement. Aviez vous réserver? Ou bien vous arriviez le jour même et vous alliez directement au logement dans l’espoir qu’il y ait des chambres de libres?
Merci pour votre réponse | | | À: Gaelinho · 16 décembre 2018 à 8:32 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 11 de 12 · 1 603 affichages · Partager Bonjour
Merci pour vos explications
Je souhaiterais savoir comment vous avez fait pour le logement. Aviez vous réservé? Ou bien vous arriviez le jour même et vous alliez directement au logement dans l’espoir qu’il y ait des chambres de libres?
Merci pour votre réponse
Bonjour,
Bonjour,
Au Japon, dans l’hôtellerie traditionnelle, cela ne se fait pas du tout d’arriver à l’improviste. Si vous essayez, vous risquez que le propriétaire prétende qu’il est fermé ou complet, même s’il est évident que c’est faux, et vous n’aurez pas de chambre. Il faut donc téléphoner à l’avance. Mais là se trouve un nouvel obstacle : quel que soit son niveau linguistique, un étranger qui cherche à réserver un hébergement par téléphone court le risque d’un refus précisément parce qu’il est étranger, par crainte d’un fossé linguistique, culturel ou gastronomique.
Bien que mon japonais soit largement à la hauteur, je ne prenais pas le risque de me griller en téléphonant moi-même, car il n’y a pas beaucoup d’hébergements possibles à chaque étape. Donc le soir (d’autres étrangers le faisaient le matin, avant le départ), je demandais à la propriétaire de l’établissement de me réserver le suivant. L’échange dont je ne perdais pas un mot était immuable :
- Allo ! C’est le minshuku X ? Ici le minshuku Y, auriez vous de la place pour une personne seule demain soir ? Il est chez moi ce soir, c’est un Français, son japonais est bon. Il prendra les deux repas, il mange de tout.
Autrement dit, le minshuku Y s’engageait sur le fait que j’étais fréquentable et que la communication serait facile. Je n’invente rien : la propriétaire d’un ryokan a convenu de la chose avec le plus grand naturel après qu’elle ait effectué pour moi la réservation du lendemain.
Pour la Golden Week, j’ai fait faire ces réservations une bonne semaine à l’avance. Je n'ai pas pu obtenir de réservation plus en avance : il y a de l'incertitude dans la progression d'un pèlerin à pied. | | | À: Marathon · 28 mai 2019 à 8:29 Re: Le pèlerinage des 88 temples de Shikoku: retour d’expérience Message 12 de 12 · 1 307 affichages · Partager Je rachèterais un hakui à mi-parcours : le mien, usé et déchiré par le sac à dos, est dans un triste état.
J'ai rencontré à nouveau l'un des pèlerins japonais avec lequel je suis resté en contact. Il m'a confié que mon hakui déchiré (mais propre !) n'avait pas été pour rien dans l'estime que j'ai souvent ressentie de la part des autres pèlerins, car il témoignait instantanément de l'effort fourni. | Discussions similaires sur le Japon: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 16 209 visiteurs en ligne depuis une heure! |