Notre seul regret, on n'a pas vu d'animaux
Pas étonnant, si tu es allé te promener dans les marchés tu as du remarquer que les laotiens mangent "tout ce qui bouge".
Nous y sommes restés un mois et demi et nous n'avons pas vu un seul animal non plu.
Si vous en avez vu autant sur les marchés, cela prouve bien que les forêts en regorgent, non ? Et donc que les Lao ne les ont pas encore tous mangés...
En effet les forêts laotiennes abondent de gibiers en tous genres (le pays possède probablement les plus riches "réservoirs" de diversité animale du sud-est asiatique continental) et les prélèvements villageois restent minimes au regard de cette abondance. Plusieurs raisons à cela : d'abord parce que, contrairement à ce que certains croient peut-être, les paysans ont peu de temps à consacrer à la chasse ; ensuite parce qu'ils ne disposent d'aucun moyen de conservation et donc de stockage de la viande ; enfin parce qu'ils n'ont aucun accès à un réseau digne de ce nom qui leur permettrait d'écouler celle-ci en quantité, et rapidement.
Si une diminution globale du gibier est à déplorer, c'est désormais uniquement du côté de la déforestation lourde, conséquence d'investissements étrangers dans les terres cultivables, qu'il faut se pencher.
Bref, si vous n'avez vu aucun animal, ce n'est pas qu'il n'y en a pas, tout au contraire ! Mais c'est bien sûr très difficile d'observer (que dis-je : d'entrapercevoir !) des animaux en forêts tropicales denses (ce n'est pas la savane africaine à l'horizon dégagé, ou nos paysages montagnards ouverts !).
Avant tout, il va sans dire qu'il faut pénétrer
vraiment la forêt (les "treks" accompagnés ne s'éloignent en réalité jamais bien loin des zones habitées et des lisières, et percent à peine les zones denses). Ensuite il faut être
seul (à deux en forêt, on est déjà bien trop bruyant ; les villageois lao chassent d'ailleurs seuls le plus souvent). Puis il faut être
lent (et même régulièrement immobile, par exemple à chaque fois qu'un craquement de brindille doit se faire oublier...). Et pour ça il est nécessaire d'avoir du temps.
Il n'y a donc strictement aucune chance d'observer un animal emblématique (je ne parle pas des écureuils ou des piafs communs) dans son milieu naturel durant un "trek" accompagné. Et comme par bonheur il n'y a, à ma connaissance, encore aucune installation de
feedings (ces plates-formes de nourrissage des animaux sauvages disposées pour les attirer en un lieu précis et à l'intention des touristes) dans ce pays, alors ces rares observations se méritent.
Sinon il reste le
camera trapping
, ou l'observation des prélèvements des villageois qui, parait-il... "mangent tout ce qui bouge".
A +
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