Bonjour Gilles, ce matin j'ai regardé la deuxième partie de ton film, vraiment superbe tu fais bien passer le message de ce que tu vis. Ton film est dans la veine directe des très beaux textes de la revue 200 qui m'ont donné envie de tester cette nouvelle manière de voyager. Car c'est vraiment du voyage, ton récit en est la preuve. Le voyage à vélo c'est pas forcément le tout cool tout planifié.
En voyant ton film on comprend bien que les gens qui ne pratiquent pas le voyage à vélo ou le bikepacking ne sont pas mesure de donner de bonnes informations, alors qu'ils sont de bone foi. Comment comprendre que l'on dort dans un champ au lieu d'aller au camping ou à l'hôtel dans l'inconfort ou que l'on se fourvoie sur une autoroute.
En plus il ne faut pas confondre les deux, voyage à vélo classique à 120 km par jour et bikepacking à 200 ou 250, le contexte psychologique est différent, mais difficile à faire comprendre.
Ton "intrusion" sur l'autoroute me rappelle un certain nombre de souvenirs. Dans pas mal de pays hors d'Europe il n'y a pas toujours d'alternative à l'autoroute. De ce fait j'y ai roulé au
Pérou,
Equateur,
Chili et
Thaïlande. Au
Pérou et
Equateur moins dangereux que sur la panaméricaine, cette dernière l'horreur totale. Au
Chili nous avions fait une centaine de km la première partie chaude, pas de bande de sécurité et brouillard du matin, grosse trouille.
Thaïlande une section d'autoroute sur l'itinéraire Paksé
Bangkok, et de façon paradoxale ce fut vraiment tranquille, grande bande sur le côté gauche et on est toujours assez loin du flux de voitures, qui d'ailleurs selon les heures n'est pas très intense. Et de plus cette dernière expérience sur 700 km sur grande route et une centaine de km d'autoroute, en dehors de tout renseignement nous a permis de vivre une expérience fabuleuse dans une
Thaïlande que nous ne soupçonnions pas, loin de tous les clichés véhiculés par le net ou les guides. Mais là aussi dur à faire comprendre quand on te dit que c'est dangereux et que ça n'a aucun intérêt. La route lieu de vie du cyclo il faut en avoir vécu l'expérience pour se l'imaginer et ton texte en donne un bon exemple. Mais comme je le répète on est dans le voyage et tes travelings sur le fleuve sombre et les bateaux et les châteaux sont magnifiques et le démontrent à l'envi.
Par contre en Europe je me suis fait piégé comme toi, deux fois sur autoroute, la première en rentrant d'un tour d'Europe en
Belgique un peu avant la frontière avec la
France, je serrais les fesses et j'ai parcouru une vingtaine de km, et une autre fois en
Italie en faisant un
Venise Thonon-les-Bains, grosse frayeur 5 km, j'en ai encore des frayeurs. Et puis aussi une autre fois à la sortie de
Bilbao en fin d'après-midi sous la pluie, tension mais les Espagnols sont vraiment respectueux donc pas trop peur.
Ton film tu devrais le proposer au festival CCI, tu peux l'envoyer jusqu'au 17 septembre pour sélection. Il n'est pas tout à fait dans la veine traditionnelle CCI, mais cette évolution ne peut être passée sous silence, surtout présentée de si belle manière, musique, panorama, tes ressentis en direct sur la route, de l'aventure à la Nicols Bouvier: on ne fait pas un voyage c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.
Si tu veux l'envoyer pour la sélection je te donnerai l'adresse.
Un grand merci et tu me donnes envie de repartir pour un petit trip speedy. le 300 pour le moment?
Amitiés Luc