| Où repose Ivan? Zorba · 11 octobre 2018 à 12:35 · 36 photos 100 messages · 13 participants · 4 599 affichages | | | | À: MirandaMouse · 12 octobre 2018 à 22:49 Re: Où repose Ivan? Message 21 de 100 · Page 2 de 5 · 897 affichages · Partager Aéroport Gumrak de Volgograd/Stalingrad
Le Tupolev hors d'âge se pose sur la piste, un des réacteurs toussote dangereusement. Par les hublots on distingue des voitures avec girophares bleus en action; est ce la Brigade du Feu pour le réacteur défaillant ou la Police? A y regarder de plus près c'est la Milice. La passerelle est abaissée vivement, et deux hommes l'escaladent d'un bond. Le plus grand, portant le gilet pare-balles, avec l' inscription tant redoutée "OMON" se tient dans l'allée centrale; et lance en Anglais:
-"Gaspadin Zorba, constituez vous prisonnier, vous avez violé les lois fondamentales de la Fédération des Etats Indépendants en obligeant le citoyen Erwan à un traitement humiliant à Maskovskii Vaksal de Saint Petersbourg". -"Mais" -"Il n'y a pas de "mais", c'est moi qui pose les questions".............. (Ils regardent aussi les séries américaines?)
Je crois que je me suis trompé de scénario, toutes mes excuses. Je retrouverai les bonnes feuilles pour demain. Nous verrons ensemble ce qui reste de la bataille de Stalingrad 70 ans après.
Sinon je n'aurais pas pu boire un verre à l'Idiot de SPB au cas où vous auriez étés là, car je n'avais pas prévu que les liaisons aériennes depuis Belgorod ou Koursk pour SPB s'arrêtaient le weed end. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Zorba · 12 octobre 2018 à 22:58 Re: Où repose Ivan? Message 22 de 100 · Page 2 de 5 · 892 affichages · Partager Bon maiszalors ? Ce genoux ? Le suspense est à son comble ! | | | À: CatherineGil · 13 octobre 2018 à 12:33 Re: Où repose Ivan? Message 23 de 100 · Page 2 de 5 · 879 affichages · Partager Je rembobine :
Aéroport Gumrak de Volvograd/STALINGRAD
Attention nous touchons à la légende! Nous atterrissons sur un aéroport qui a participé au ravitaillement de l’armée allemande et l’évacuation de ses blessés. Les avions se faisaient de plus en plus rares à mesure que le feu soviétique se rapprochait. Les carcasses d’avions jalonnaient la piste. Nous retrouverons ce scénario à Dien Bien Phu.
Nous sommes déjà dans le mythe, dans la ville martyre, dans la ville de l’héroïsme, de la boucherie aussi, des engelures.. L’aéroport Gumrak est tout décati et n’a pas reçu un coup de peinture depuis la dernière visite de Staline.
(Je viens de vérifier sur Wikipedia, Gumrak est devenu le Volgograd international Airport avec une aérogare toute neuve. La Russie change vite. Le voyage en Russie c’était pour moi comme visiter l’appartement d’une arrière grand-mère avec ses vieux rideaux, ses vieilles tapisseries et le soleil qui ne rentre jamais. Ce pays était vieux, avec des rues et des trottoirs défoncés, des carrefours avec de vastes trous remplis d’eau et que les voitures contournaient, avec les peintures des bâtiments et boiseries, passées depuis des siècles. Je venais quand même pour l’héritage historique, pour les Russes et par fidélité à Tolstoï.
La Russie n’est plus la petite vieille ridée enroulée dans son châle à texture toile d'araignée, fini le teint blafard des villes, fini le vieillot pétrifié pour l’éternité. Son teint change, elle prend des couleurs petit à petit. Déjà sous l’impulsion de Poutine, ancien habitant de Saint Petersbourg, les châteaux impériaux avaient été redorés et repeints. C’étaient des joyaux au milieu de la grisaille.
Je reviens de Russie et je ne peux affirmer n’avoir pas vu une seule de ces bouteilles, qui choquaient la vue, abandonnées sans honte et posées, là, à l’endroit même ou la beuverie s’était achevée. Ces bouteilles pouvaient trôner, grotesques, sur les marches d’un escalier majestueux d’un grand bâtiment officiel, ou en plein milieu d’un quai le long d’un canal historique de SPB.Les magasins se modernisent, il y a des grands malls, il y a les mêmes conneries à la TV que chez nous...! Je sens sans en apporter la preuve que les sanctions occidentales ont fait du bien aux Russes, qu’ils se sont réveillés, qu’ils se sont mis à produire et exploiter leur gigantesque potentiel. Il y a des gosses partout...Les femmes sont si belles, mais cela n’est pas l’effet des sanctions.
Alors retour vers le passé, car mon voyage date de 5 ans déjà. Les réacteurs de l’avion ont bien marché, par contre la police était bien là : En 6 voyages en Russie, c’est la première fois que l’on me demande mes enregistrements à l’Hôtel. Le Policier ne doit pas voir beaucoup d’étrangers passer. Dans certains petits aéroports de Russie, les bagages sont livrés dans un bâtiment fermé où ils sont remis après un examen minutieux des tickets d’enregistrement. Le bâtiment des bagages de l’aéroport ressemble à une vielle étable. Ambiance !
Nous négocions un passage pour la ville auprès d’un taxi sauvage sans attendre la « Marchtruchka » Nous dévorons la ville des yeux : La banlieue très pauvre défile, les routes sont défoncées Volgograd est une immense cité HLM à l’architecture basique, mais propre. Il n’y a aucune grâce. Ce n’est pas la Carélie déglinguée. Est ce le coupe gorge redoutée par la Demoiselle de SPB ? Absolument pas ! On se promène dans la ville avec décontraction. Les jeunes qui se baladent, ne portent pas toute la détresse du monde comme en Carélie.
Arrivés à Volgograd, (disons Stalingrad, Volgograd m’énerve !!) nous avons le choix entre deux hôtels dans celui que nous prenons, nous retrouvons la bande des Cowboys du Far East; ils ont l’air décalés, sinon clownesques, car ils détonnent au milieu des gens ternes du cru, personnes à la mise très modeste. La jeune réceptionniste est extrêmement désagréable avec moi, je pense que je dois ce traitement à ma qualité d’étranger, peut être me perçoit elle comme un "Niemetz", un Allemand ? Nous sommes vraiment en province, en Russie profonde où on voit moins d’étrangers. Alors s’agissant de gens de couleur les difficultés de l’accueil doivent être décuplées ! Je lui fais savoir que je n’aime pas ses manières. Mais nous voilà rassurés d’avoir un toit. Nous nous mettons à la recherche d’un guide ou d’une excursion pour visiter le mythe on nous recommande de voir Vassili, le concierge de l’hôtel Intourist voisin. Vassili est un Tartare (Cette phrase est loufoque, pourquoi ? Le sens premier de « Tartare » s’est il effacé devant le sens second relatif au steak? Je garde ma phrase « Vassili est Tartare » car c’est vrai). Il n’a pas les dispositions pour vous bruler les yeux avec un sabre chauffé à blanc, c’est le brave type. (Jules Verne sort de ce corps !)
Vassili organise des excursions à Stalingrad lors de son temps libre, et s’exprime en Allemand, langue de ses clients. Nous prenons donc rendez vous avec lui le lendemain. Erwan s’exprime bien dans cette langue car j’ai eu la cruauté de l’inscrire dans les sections européennes du Lycée. Cette décision de ma part a été longtemps portée à mon passif, mais réflexion faite, il a jugé que ce n’était pas désagréable pour un jeune homme d’avoir des facilités à s’exprimer en allemand. J’ai été lavé de ce péché. Quant à moi, je suis un ancien « Aniliner » c’est à dire un employé de la Badische Anilin and Soda Fabrik de Ludwigshafen. J’ai appris l’allemand sur le tas. Avant la visite du lendemain avec lui, il nous indique une première visite à faire par nous même : le QG du Maréchal Paulus (« Paulus » tout court, il n’a pas droit au « Von », c'est si courant d'anoblir ce Maréchal) juste derrière l’Hôtel Intourist.
LE QG DU MARECHAL PAULUS
Nous avons du mal à localiser ce QG, pourtant si proche, mais aucun panneau ne l’indique. Vassili a été bien clair, il faut chercher un souterrain derrière l’Intourist. On remarque bien un escalier en descente, surmonté d’une pancarte vantant des magasins. Nous essayons tout de même et nous arrivons dans une galerie marchande sous terraine de magasins vendant des pacotilles faites en Chine et autres vêtements bon marché dont les sempiternels blousons noirs en faux cuir. Au fond de la galerie on aperçoit bien une petite porte avec un panneau modeste signalant le QG du Maréchal. Nous réveillons le gardien et visitons l’antre de Paulus. Les deux ou trois pièces du QG souterrain sont modestes, à peine éclairées, elles ont pourtant constitué un havre de paix dans l’enfer et le froid en surface. La présentation et l’abord de ce QG, témoignage historique est une nouvelle démonstration de la manière dont les Russes traitent à Stalingrad, l’Histoire et le souvenir : Avec une parfaite désinvolture ou un désintérêt total. Je commence aussi à atterrir de ma représentation idéalisée.
UN PETIT DINER
Nous déambulons dans Volgograd c’est une ville ouvrière, couverte de HLM. Des magasins sont d’assez belle tenue et même luxueux : Par exemple une vitrine improbable pour Saint Laurent ou un autre couturier! Les monuments commémoratifs sont essaimés dans toute la ville, assez basiques en tôle peinte et mal entretenus. Cela crée une drôle d’atmosphère qui pourrait amener à penser qu’une bataille a bien eu lieu, mais c’est du passé on ne sait même plus contre qui et quand elle a été livrée? On s’en fout». Cette pensée est bien sûr abusive, mais elle a sa part de vérité. Stalingrad est située pratiquement en Asie, au début des steppes de l’ Asie Centrale. Cette situation enflamme nos imaginations, mais nous n’avons pas prévu de pousser plus loin. Alors on se console un diner dans un restaurant oriental. Justement il y en a un, avenue Lénine ! Nous sommes accueillis au vestiaire par un géant vêtu d’une grande pelisse orientale. Il nous demande d’où nous venons, et à l’écoute de notre réponse, il s’exclame « Normandie, Niémen ! » Ah le brave homme ! Il reste des endroits au monde où on nous aime !
Pilote français et mécaniciens russes (Staline a donné le choix aux pilotes français entre des Yak et des avions occidentaux. Les Français ont choisi les Yak par courtoisie et n’ont pas regretté leur choix).
On devait trouver de tels drapeaux dans les patronages « laïques » des cités communistes dans les années 60.
Nous commandons notre diner composé de mets orientaux appétissants, et nous sommes bientôt servis. Une musique orientale se fait entendre et une jeune danseuse du ventre apparaît. Elle est belle, c’est une Russe, elle a des paillettes sur le ventre. Elle ondule agréablement. Elle nous a repérés, et s’approche de nous en déroulant ses anneaux. Nous avons le nez à la hauteur de son ventre constellé d’étoiles. « On résiste à tout sauf à la tentation » D’accord Oscar, mais toi tu es passé par la case prison. Nous résistons pour la bienséance et notre doux supplice se poursuit. Les petites étoiles et son nombril décrivent des courbes apparentées au signe « infini » au dessus de nos assiettes. Erwan m’annonce qu’il n’a plus faim, je lui réponds « Moi, non plus ! ». Nous voulons remercier la Belle pour sa prestation et je prépare un billet de 100 Roubles pour Erwan. Il est plus dans les âges de la Belle, mais il se dégonfle ! C’est donc à moi de remplir ce devoir délicat. J’interroge Shéhérazade des yeux pendant qu’elle continue à onduler dangereusement. De sa main elle indique un endroit de sa ceinture. Je glisse le billet sous sa ceinture. Puis elle part envouter d’autres convives. Nous retrouvons enfin le contrôle de nos sens. Ce fut l’opération de Bliztkrieg, imprévue. Elle a emporté toutes les lignes de défense, était elle "Panther", Tiger" ou "Ferdinande"? Ce qui est remarquable chez les Arabes, c’est qu’ils ont inventé une danse à l’érotisme torride, et par ailleurs la Burkha pour qu’il ne s’échappe aucun trait de séduction des filles d’Eve.
C’est alors que Erwan me provoque une deuxième anorexie par la réflexion qui tue, en m’énonçant tout de go : « Les Russes ne se sont pas embarrassés pour la reconstruction de Stalingrad, ils ont tout nivelé et ils ont construit par dessus, nous dinons donc au dessus d’un charnier ». Imparable ! C’était bien vu ! Il fallait quand même avoir l’estomac bien accroché pour digérer des Chachliks délicieusement grillées, après avoir d’abord subi une attaque sensuelle torride, et ensuite s’imaginer à une dizaine de mètres sous la table une collection de tibias et de cranes casqués. Seriez vous capables de finir ces brochettes si on vous évoquait des images si atroces? A la sortie du restaurant oriental, Erwan me dit avoir apprécié l’épisode de la danse du ventre C'est un aveu rare, d'un être si pudique. Il demande au géant du vestiaire une photo dédicacée de la Belle. Celui ci n’avait rien à refuser à des compatriotes des glorieux héros du Normandie Niémen ! La Belle a signé une affiche. | | | À: Zorba · 13 octobre 2018 à 22:52 Re: Où repose Ivan? Message 24 de 100 · Page 2 de 5 · 853 affichages · Partager UN DEFILE PATRIOTIQUE AVEC Mlle PEAUdeVACHE
Nous flânions en ville, et nous sommes tombés sur une relève de la garde au monument aux morts de Stalingrad par une petite escouade constituée de lycéens en uniforme, munis de mitraillettes à camembert. Les garçons et les filles, habillés de longues capotes, défilaient au pas de l’oie. Le spectacle se voulait martial mais il était tendre à la fois ! : Les fillettes russes ont l’habitude de mettre des pompons ou des rubans dans les cheveux pour participer à une fête: Les jeunes filles de ce peloton n’étaient plus des fillettes, elles portaient malgré tout ces pompons.
Qui mène cette escouade ? Une certaine Mlle PeaudeVache, en rouge sur la photo suivante.
Elle n’avait pas attendu le nombre des années pour savourer son pouvoir éphémère sur des êtres à sa merci. D’autant qu’il y avait du public pour admirer son savoir faire, et aussi les copains du Lycée qui n’étaient pas de garde ce jour là! Elle immobilise son peloton et fait une inspection de détail de ses soldats et soldates. Un garçon évidemment subit toutes ses remontrances sur sa tenue, le manque de cirage à ses souliers et se fait copieusement humilier en public; les camarades de classe lancent des quolibets à l’adresse du peloton et du pauvre garçon. (Désolé, la photo manque).
Petit rappel historique par un non historien
Hitler est obsédé par son collègue Dictateur, Joseph Staline. La Com régnait déjà en ce temps là avec le maléfique Goebbels, il fallait impressionner et rassurer les Alliés italiens et roumains : Hitler n’avait de cesse de conquérir la ville emblématique au nom de son collègue : Stalingrad. La ville est atteinte, et sa conquête est commencée. La Luftwaffe la détruit totalement; les ruines de la ville vont fournir autant de caches et de points d’appui pour les défenseurs. L’armée allemande réputée ultra mobile se met au combat de rues et les tankistes deviennent des fantassins. L’armée allemande perd ainsi son formidable potentiel de rupture. Les Allemands ont pu mesurer devant Moscou la valeur et l’acharnement du fantassin soviétique. La ville est située sur la rive gauche de la Volga les défenseurs sont alimentés au moyen de bateaux traversant ce fleuve, sous le feu allemand et leurs avions. Curieusement elle n’est pas vidée de tous ses civils. Les canonniers soviétiques arrosent les Allemands en progression dans la ville en tirant par dessus la Volga. L’héroïque Général, commandant les défenseurs, Tchouikov fait des aller-retours incessants entre les deux rives de la Volga, lorsqu’il est appelé par ses chefs en consultation. On rentre dans l’usure et les engelures de l’hiver. Les Allemands ont presque réussi, ils sont à quelques dizaines de mètres de la Volga, ils peuvent quasiment rejeter à l’eau les soldats de la dernière défense soviétique, si étroite. Cet objectif pourtant à leur portée, ils n’y arriveront pas.
Joukov chef d’état major soviétique arrive à faire entendre raison à Staline et monte une opération d’encerclement qui va se refermer sur le maillon faible de la coalition de l’Axe : Les Italiens et les Roumains. Bientôt l’armée allemande n’aura plus les moyens de mener de contre offensive de désenclavement ni de l’intérieur de ce qui s’appellera Chaudron, ni de l’Extérieur. Paulus est nommé Maréchal pour le ragaillardir, mais rien n’y fait, il capitulera.
VASSILI ET LA VISITE DE STALINGRAD
A l’heure dite Vassili est là il est accompagné d’un copain qui manifestement ne fonctionne pas à l’eau. C’est le chauffeur. Sa voiture a l’air de rouler encore, bien qu’elle n’ait pas vu un garage depuis des années. Voici une excursion très couleur locale, très tartare ou très russe, qui commence ! Bienvenue au Destroy tour, un tour à la Dubout ! Vous ne pourrez pas en commander un pareil à une agence!
Vassili et son pote sont très sympathiques. Il a nourri sa vie de tous les récits sur Stalingrad, et est devenu guide pour les vétérans allemands. Malheureusement ce que les balles soviétiques n’ont pu faire sur sa clientèle, le temps y parvient; son avenir de guide est fortement compromis. Nous roulons le long de la Volga il nous montre de curieuses balises : Ce sont des massifs surmontés d’une tourelle de char
L’avance ultime des Allemands a été balisée par ces tourelles de char. De ces points à la Volga la langue de terre encore occupée par l’Armée Rouge pouvait mesurer seulement quelques dizaines de mètres. Stalingrad était presque conquis par les Allemands, mais tout est dans le « presque ». Vous imaginez bien que les défenseurs de cette étroite bande de terrain, devait subir l’enfer sur terre. Dans les explications de Vassili, aucune mention des Facistes, mais des « Deutsche », il ne faut pas froisser la clientèle.
MAMEEV KURGAN
Vassili nous emmène à l’endroit emblématique de la bataille de Stalingrad : un grand mamelon qui a été le site de combats enragés. C’est le grand lieu de célébration de la bataille : Un long escalier mène au sommet, il est décoré de part et d’autre, de scènes de la bataille sculptées dans le béton. Le monument très bon marché d’aspect, il a mal vieilli. Sans savoir par quel cheminement de la pensée, je réalise que ce qui est honoré ici, c’est le régime soviétique. Les slogans peints du temps de l'URSS, sur les marches sont toujours là.
La montée au mémorial Mameiev Kurgan : L’inscription sur les escaliers : « A notre patrie soviétique – URSS ».
Родина-мать зовёт, « Rodina Mat zaviot » (La Mère Patrie appelle) Une statue gigantesque de femme faisant face aux lignes allemandes, appelle en tournant la tête vers l’est, les hommes à se mobiliser contre les barbares venant de face. Comme la Marseillaise de Rude, elle crie à gorge déployée. Dans notre inconscient ce sont les femmes qui veillent au grain et qui secouent les hommes un peu longs à la détente, face au danger.
Le sculpteur de Mère Patrie ou celui de la Marseillaise ont utilisé leurs femmes comme modèle. En contrebas, une autre statue dans un bassin, celle d’un soldat russe avec une mitraillette à camembert, qui veille il a répondu à l’appel de la Mère Patrie, ce n’est pas un hasard, s’il a les traits de Tchouikov !
Un jeune patriote
Auparavant à Moscou nous avions aperçu RODINA MAT; la MERE PATRIE en chair et en os à Moscou, le jour de célébration des Forces Armées. On l’appelle aussi MAT RASSI, MERE RUSSIE. Nous étions dans les « Jardins d’Alexandre » au pied du Kremlin, devant le Monument aux Morts. Ce n’était plus la belle femme statufiée du Mameiev Kurgan appelant au refoulement des barbares. Elle avait vieilli, elle s’était tassée. C’était la petite vieille typique de Russie. Elle était usée par la vie, elle n’avait plus de larmes : Les purges du Camarade Staline, l’éloignement de ses proches au Goulag, l’abominable invasion des Facistes de "Gitler" l’avaient ravagée. Que de nuits de peur, que de nuits de deuil, que de nuits d’incertitude. Son mari Sergueï et ses enfants Aliocha et Mischa n’étaient pas revenus de la «Grande Guerre Patriotique », évanouis dans les batailles de Koursk ou de Léningrad. Mischa lui avait sauvé Moscou par son sacrifice. Aujourd’hui c’était pour eux qu’elle était là comme chaque année. Avait elle mendié la veille aux portes du Bolchoï pour arrondir sa faible retraite ? Ou vendait elle dans les bouches du Métro ses pauvres châles, des cuillères argentées ou des corsages qu’elle voulait pourtant conserver à tout prix? Etait elle la gardienne d’une salle de musée que personne ne visitait ? Ou gardait t elle une boutique « 24 Часa » pour alimenter en vodka en pleine nuit ces bons à rien ? Peu importe, ce jour là, était un autre jour : Le jour des Forces Armées ! Ce jour là point de mendicité devant le Bolchoï, ni de vente à la sauvette dans le Métro, ni de salle de musée désertée ou de cabane « 24 Часa », rien de tout cela ! Une fois par an, elle était MAT RASSI, ce petit bout de femme déterminée et fière. Elle marchait droit, résolue vers l’enclos du monument aux morts, d’Alexander Sad, rempli de fleurs pour l’occasion. La flamme éternelle brulait pour les combattants russes de la Grande Guerre Patriotique.Un officier venait de conduire un peloton de soldats marchant au pas de l’oie pour relever la garde; ils avaient défilé sous les murs du Kremlin, le long des 7 plots célébrants les 7 villes héroïques de l’Union soviétique. Ils étaient maintenant rigides et solennels. La flamme éternelle était gardée par ces soldats quasiment statufiés. Personne ne penserait aller déranger ces redoutables guerriers ! Eh bien si MAT RASSI ! Ce jour là, elle était la Russie, la Russie meurtrie, mais victorieuse. Elle marche droit vers le monument, elle touche la porte de l’enclos, elle tient à la main des fleurs qu’elle a réussi à se payer peut être au prix de privations, mais que diable c’est le jour des Forces Armées ! Ce jour est sacré entre tous. Cette femme apparemment si faible, affiche une volonté à toute épreuve : Dans sa jeunesse, n’a t’elle pas tourné des obus, cousu des uniformes, construit des chars, creusé des tranchées antichars, pansé des blessés Elle était peut être pilote d’avion de l’escadrille des « Sorcières de la nuit » qui venaient troubler le sommeil des Allemands. Etait elle un sniper féminin? Non pas un sniper, la vie d’un sniper est trop vite écourtée. A t’elle trouvé le temps d’enfanter ?
L’Officier s’anime; ce Gardien redoutable de l'enclos patriotique, vient ouvrir le portillon qui ferme le saint des saints, il s’incline respectueusement devant MAT RASSI, et la laisse entrer et aller déposer ses fleurs sur l’autel patriotique et se recueillir. La Russe communie avec ses morts. L’officier laisse tout son temps à MAT RASSI, puis il la raccompagne avec déférence, et enfin il va reprendre son job de statue à la mine sévère. MAT RASSI reviendra peut être l’an prochain pour le jour des Forces Armées.
La flamme éternelle au monument aux morts des Jardins d’Alexandre. Les fleurs sont absentes, la photo a été prise un jour sans commémorations.
Herr Hauptman ! Pour le cimetière ? Il n’y a pas d’attente, je vous y envoie de suite.
Revenons au Mameiev Kurgan nous suivons Vassili dans une crypte illuminée par une flamme éternelle. Dans la route en colimaçon arrivant à cette crypte un peloton de soldats martèle le sol au pas de l’oie et vient relever la garde d’honneur du mausolée du Mameiev.
Un peu d’humour soviétique ! : Il est écrit : « Les Combattants Facistes voulaient voir la Volga » et en dessous on voit un groupe de soldats en piteux état. Si on ne connaissait pas le contexte on pourrait se dire qu’ils se sont fait tabasser à la suite d’une mauvaise rencontre pendant un picnic sur la Volga.
Un peu de propagande : « Vive le parti inspirateur et organisateur de toutes nos victoires » (Sous l’effigie de Lénine)
Zaietziev le tireur d’élite au sommet du monument flaquant l’escalier.
Depuis le haut du Mameiev Kurgan, nous dominons le paysage : La Volga, maintenant si paisible et désertée de trafic fluvial, Octobre Rouge, usine sidérurgique, lieu de combats furieux, et l’Usine de Tracteurs.
| | | À: Zorba · 16 octobre 2018 à 18:19 Re: Où repose Ivan? Message 25 de 100 · Page 2 de 5 · 814 affichages · Partager Au pied de la statue de Mère Patrie, nous trouvons 8 tombes russes sur un total de 480 000 tués. (Il y aurait des cimetières russes en périphérie ?) Parmi ces 8 tombes celles de Zaïtsiev, le sniper aux 225 coups au but dont le cinéaste J.J.Annaud a fait un portrait foireux, et la tombe de Tchouikov, un des vainqueurs de Stalingrad (Il était sous le commandant de Ieremenko qui rapportait à Rokossovski, lui même sous les ordres de Joukov). Tchouikov est le seul officier supérieur a avoir renoncé à l'honneur d'avoir son urne soit insérée dans le mur du Kremlin.
Vassili nous montre une phrase de Vassili Grossman gravée dans le béton :
« Железный ветер бил им в лицо, а они всë шли вперëд, и снова чувство суеверного страха охватывало противника: люди ли шли в атаку? Смертны ли они?! »
« Un vent de fer les frappait au visage, mais ils avançaient tous, et l'adversaire était à nouveau saisi d'une peur superstitieuse : étaient-ils attaqués ? Et allaient-ils mourir ? »
C’est alors que Vassili (Notre guide, pas Grossman) nous exprime son amertume : Les soldats russes morts n’ont eu le droit qu’à la fosse commune anonyme. Le soldat allemand a eu le droit à de vastes nécropoles et des jeunes gens venus d’ Allemagne viennent chaque été tenter de récupérer des corps enfouis. On touche là l’attitude soviétique par rapport au Soldat: Elle ne marque aucun respect à sa jeunesse, et à sa population héroïque. Cette attitude témoigne d’un mépris total. (Dans la région de Koursk 1,2 Millions de soldats soviétiques sont tombés, il n’y a pas de cimetières visibles non plus) Le Mameiev Kurgan est clairement un site à la gloire de l’Union soviétique au détriment du combattant. Les soldats tombés en Afghanistan ou en Tchétchénie sont enterrés dignement. Nous descendons de la colline pour rentrer dans un bar. Oh surprise, les serveuses sont en uniformes soviétiques avec leurs calots. Nous prenons des collations avec le pote de Vassili qui a fait le tour de la colline dans son épave pour venir nous récupérer.
LES GRANDS SILOS
Autre lieu mythique de Stalingrad : les grands silos qui sont toujours debout. C’est bien le signe que l’armée allemande à Stalingrad manquait d’artillerie lourde pour les détruire ainsi que d’autres sites comme Octobre Rouge et l’Usine de tracteurs. L’artillerie lourde était à Sébastopol. Pour l’anecdote, Vassili qui a tout lu sur Stalingrad pendant 30 ans, nous raconte que de l’argent français avait été trouvé sur des cadavres de soldats allemands. C’était un signe que le commandement allemand avait fait venir de France des artificiers pour faire sauter ces édifices.
« Soldat de la ville, héros de la ville, gardien du Monde et du Travail » + Décoration de Héros de l’Union Soviétique. Erwan et Vassili devant le grand silo. Le soldat de la statue tient dans la main un fusil antichar, arme qui semble se trouver qu’en Russie.
LA MAISON PAVLOV
Le Sergent Pavlov et ses hommes avaient réussi à tenir à un très grand nombre d’assauts contre une maison qu’ils défendaient; son exemple avait repris par la Propagande russe en amplifiant ses exploits. Adolescents j’écoutais une émission de TV qui s’appelait « Les Dossiers de l’Ecran ». Le principe était simple : Après la diffusion d’un film sur un thème donné, des invités sur un plateau débattaient du sujet du film. Un soir le Sergent Pavlov était l’invité à la TV. Le cauchemar des Allemands était un petit homme bien tranquille.
Vassili nous nomme la « Maison Pavlov » ou ce qu’il en reste ! Mais quelle déception ! Au milieu des HLM, la Ville a conservé un pan de mur de briques pour se souvenir de l’exploit. C’est à pleurer ! C’est aussi désolant que de voir l’entrée du camp d’Auschwitz à coté des HLM.
La maison Pavlov a subi une multitude d’attaques. Voilà ce qui en reste ! Pavlov ne semble pas être Héros de l’Union Soviétique.
« Dans cette maison des soldats et des ouvriers se sont rejoints ».
L’USINE DE TRACTEURS
Vassili poursuit sa visite des lieux mythiques, pour arriver à l’Usine de Tracteurs. Et là nous touchons avec horreur le fond du cynisme : La gigantesque usine de tracteurs est maintenant coupée en deux, pour laisser place dans un centre commercial « Diamant » avec SEPHORA comme magasin vedette! (Cf la page du catalogue Séphora) Voici les preuves :
L’entrée de Sephora n’est pas apparente sur la photo de Google Earth? Elle devrait être à droite du tank. A gauche la statue de Dzerjinsky, à droite le monument avec tank.
La place située devant l’usine de tracteurs et de Séphora est le départ de la « rue Dzerjinski » (« kogo » est la terminaison du génitif masculin: "La rue de Dzerjinski"). Ce nom Dzerjinski est rarement utilisé en Russie, car cet être très cruel a été évincé des endroits publics depuis longtemps. Le chef de la Tcheka a donc sa statue sur cette place; son visage très méchant et vicieux est bien reproduit. Pourquoi ce type a t'il échappé aux poubelles de l'Histoire?
De l’autre coté de la place, pour faire pendant au Crime : l’Innocence Des enfants jouent sur un tank, composant d’un monument à la gloire des défenseurs de l’Usine de tracteurs. Vraiment je suis stupéfait du traitement réservé à des lieux où des êtres ont souffert et ont été tués. Verrait on un jour un McDonald à coté du fort de Douaumont, ou un Kebab à coté de la chambre à gaz d’Auschwitz ?
MUSEE DE STALINGRAD
La Minoterie en ruines
Aux abords du musée, se trouve une pléthore de chars, canons et avions. Ils sont livrés à eux même, sans entretien ni réparation. Le temps a fait son œuvre, avec l’oxydation, les garnitures de feutre des avions pourrissant à l’air libre, les cockpits d’avion se flétrissant. Ce sont d’autres offenses au souvenir. A Koursk, pourtant tout est impeccable.
Dans le musée, comme dans tout bon musée commémoratif de guerre, russe, se trouve un diorama à 360 degrés illustrant la bataille de Stalingrad : Ici la traversée de la Volga sur des passages piéton, dissimulés sous l’eau, là les combats du grand ravin, et là l’Univermag, la Gare, le grand Silo, Octobre rouge, l’Usine des tracteurs. Et des masses d’Allemands tués comme les Indiens dans les films américains.
Dans les salles de musée, une infinité d’armes est exposée, comme des longs fusils antichar dont j’ignore l’efficacité, des tenues de maréchaux légués par leurs possesseurs au musée et à mon avis le clou du musée : le fusil de Zaïetiev, le fameux sniper aux 225 touches et ce que j’appellerai son « carnet de bal » avec le répertoire journalier de ses touches. Le jour de notre visite le carnet était ouvert à une page signalant que 7 ou 8 Allemands avaient perdu la vie. Je verserai dans le sentimentalisme en affirmant que cette page m’a saisi, au sens que j’ai reçu un choc.
Il a une bonne tête l’assistant de Lucifer ! Le Mosin-Nagant de Zaïtziev.
Ce carnet est pour moi un morceau de vérité : il parle de lui même, il n’a pas besoin d’interprétation il s’impose immédiatement et totalement au visiteur. Son message est simple et violent. Le plus souvent il annonce la mort. Ce peut être ce carnet comptabilisant la mort de 7 ou 8 jeunes hommes, ce peut être aussi une urne en verre pleine de cendres à Auschwitz, ou alors au Musée de Besançon une lettre de dénonciation pendant la dernière guerre ou un billet du Tribunal Révolutionnaire requérant de raccourcir le député et astronome Bailly.
Nous quittons Stalingrad par le train, et nous arriverons demain à la gare de Koursk à Moscou. Koursk a été le site de la plus grande bataille de chars de tous les temps, qui a permis de casser la capacité offensive des Allemands. Au terme de ce voyage, si j’en fais le bilan, il y a bien sûr une déception. Si je grossis le trait, je dirais : « Tout ça pour ça ! » Toute cette glorification, toute cette propagande soviétique entendue dans ma jeunesse, tous ces sacrifices immenses, il n’en reste presque rien à Volgograd aujourd’hui. (Même le nom glorieux de Stalingrad a été gommé !). « La plus grande bataille de l’histoire, vous dites, ah bon ! » Il ne reste une colline qui glorifie un régime défunt avec un escalier flanqué de monuments aux des sculptures en béton, flétries. Je ne suis pas Russe et je ne peux réagir comme eux, quoique la complainte de Vassili, le guide m’ait touché.
Je répète alors mon titre :
Où est le tombeau d’Ivan ?
Se peut il que cette multitude de héros ait été absorbée par le néant ? Que les familles n’aient pas de point d’ancrage ?
Avant d’avoir connu « Le défilé du Régiment Immortel » qui a « ressuscité » enfin les soldats russes défunts, je m’étais dit que le Soldat Ivan était conté et glorifié dans « Vie et Destin » l’œuvre de Vassili Grossman, ce camarade de combat, ce témoin de leurs sacrifices. C’est une sorte de sépulture morale.
Quel bel hommage dans les lignes qui suivent :
« Un soleil d’hiver brille au-dessus des tombes collectives, au-dessus des tombes improvisées. Les morts dorment sur les hauteurs des collines, près des ruines des ateliers d’usine, dans des ravins et des combes, ils dorment là où ils se sont battus et leurs tombes se dressent près des tranchées, des casemates, des murs percés de meurtrières qui n’ont pas cédé à l‘ennemi, comme un monument majestueux à la simple loyauté payée au prix du sang. Terre sainte ! »
« Simple loyauté » : Le Peuple russe est là tout entier dans ces mots; ce ne sont pas des gens qui roulent des mécaniques ou montrent de l' arrogance comme les Allemands. C’est un Peuple, discret, patriote mais il ne faut venir le chercher, sinon il vous en coûte très cher.
Le monument en béton du Mameiev Kourgan peut bien s’effriter, le Séphora de la rue Dzerjinski, faire des promotions sur « Poison » ou « Mlle Ricci » sur les lieux de mille sacrifices suprêmes de jeunes gens de deux nations, les tanks du musée de Stalingrad rouiller, ou l’isolant des avions de combat continuer à dégueuler des carlingues, les HLM grignoter le paysage du champ de bataille et niveler l’Histoire, l’âme d’Ivan avait trouvé un repos éternel dans les écrits de Vassili Grossman et son effigie est maintenant promenée à Moscou et dans toute la Russie à chaque 9 Mai pour le défilé des Immortels. La Fédération offre à ses héros l'hommage que l'URSS avait refusé.
Le monument emblématique de Stalingrad, avant guerre.
Quant à moi, j’ai couru après des lambeaux d’Histoire, je suis un peu déçu maintenant. Je peux quand même à me réconforter en affirmant que j’y suis allé. L’image forte que je retiendrai est celle de cette étroite langue de terre entre la Volga et les balises surmontées de tourelles de chars : C’est l’illustration de ce que le fantassin russe peut donner s’il défend sa Terre. | | | À: Zorba · 16 octobre 2018 à 20:45 Re: Où repose Ivan? Message 26 de 100 · Page 2 de 5 · 804 affichages · Partager Je me délecte ! | | | À: JeffPrX · 16 octobre 2018 à 21:03 Re: Où repose Ivan? Message 27 de 100 · Page 2 de 5 · 801 affichages · Partager Ravi de t'avoir emmené la bas. | | | À: Zorba · 17 octobre 2018 à 10:24 Re: Où repose Ivan? Message 28 de 100 · Page 2 de 5 · 789 affichages · Partager J'ignorais tout de cette sanglante bataille germano-soviétique. J'ai relu plusieurs fois ton récit, si bien écrit, si bien raconté et construit. Tout y est : anecdotes, histoires, histoire, humour, perceptions sensations. Si tu as d'autres récits, je suivrai. | | | À: Pondy · 17 octobre 2018 à 10:52 Re: Où repose Ivan? Message 29 de 100 · Page 2 de 5 · 786 affichages · Partager Merci Tu peux lire "Un Canon a la frontière russo-lettonne" et "Le photomaton de Hanoi" aux éditions Voyage Forum et aussi "Sur la trace des blindés de Koursk"
J'enverrai peut être un récit de visite en Corée du Nord. Mais comment passer derrière le génial Yangguzi. Sinon j'ai un récit de visite à Auschwitz, il me faudra vaincre ma pudeur pour l'envoyer sur VF.
Je n'ai rien d'autre, mais si mes récits te plaisent on peut s'arranger : Tu me paies le voyage et puis je raconte. (Ne m'envoie pas au Pakistan, Somalie, Irak, Afghanistan, je ne veux pas cramer ma plume) | | | À: JeffPrX · 17 octobre 2018 à 12:00 Re: Où repose Ivan? Message 30 de 100 · Page 2 de 5 · 780 affichages · Partager  Moi aussi ! | | | À: Zorba · 17 octobre 2018 à 20:38 Re: Où repose Ivan? Message 31 de 100 · Page 2 de 5 · 752 affichages · Partager Ce second récit russe nous prouve que tu as un vrai talent de conteur. Je vais me répéter mais le sujet est original, on s'instruit, on se marre aussi. Et on voyage.
Koursk, Stalingrad... D'autres projets de voyage dans le même genre ? | | | À: Mariecurry · 18 octobre 2018 à 12:31 Re: Où repose Ivan? Message 32 de 100 · Page 2 de 5 · 725 affichages · Partager Merci Marie ! Tu m’as encouragé à mettre sur VF mon voyage à Stalingrad. Je suis aussi très sensible à tes gentilles appréciations et de celles d’autres lecteurs. Au début, j’étais un peu incrédule, pensant que les retours étaient la marque de la simple courtoisie. Je me disais « Ce n’est pas moi ». Je suis un scientifique, ainsi j’ai toujours eu des complexes vis à vis des philosophes et des littéraires qui peuvent expliciter avec concision une idée, une situation ou des sentiments ; ces gens maitrisent à la perfection notre langue. Je me persuade maintenant que mes carnets font plaisir à lire. J'en suis, en toute simplicité, enchanté. Je me souviens d’avoir dévoré tous les carnets de Yanguzzi d'une traite; il y exposait toute son humanité, toute sa vitalité et sa tendresse envers son Prochain. C’est un de ses récits qui m’a conduit en Corée du Nord. Souvenez vous de sa « Mademoiselle Li » ! Si vous avez ressenti du plaisir à lire les épisodes de guerre de l'URSS, ne serait ce qu’à la hauteur d’une fraction de celui ressenti à lire Yanguzzi, c’est un bonheur pour moi. Il y a des situations que n’a pas rencontrées Yanguzzi en Corée du Nord, je me permettrai donc d’apporter un complément à son récit de voyage. De temps à autre je posterai sur VF un petit récit, pour que nous partagions. Mais le problème principal est que je ne suis pas Indiana Jones et que dans ma vie de voyageur je n’ai pas rencontré tant de situations ayant un relief suffisant. | | | À: Zorba · 18 octobre 2018 à 13:59 Re: Où repose Ivan? Message 33 de 100 · Page 2 de 5 · 716 affichages · Partager Je pense que tous ceux, ici, qui vous ont répondu sont parfaitement sincères et qu'ils lisent votre carnet par intérêt mais pas simplement par curiosité. De tels carnets sont rares, on en lit à foison sur l'ouest américain, alors que là pour une fois, on se promène à l'est et l'histoire en fait partie. Du côté russe cette histoire est injustement trop méconnue. Pour ma part, j'ai lu, il y a quelques années, un livre écrit par un pilote allemand, un pilote de stuka qui relate cette bataille, du côté allemand, mais cela apporte quelques enseignements aussi, après tout la bataille a eu lieu entre 2 peuples. Donc toujours là pour lire et apprécier. | | | À: Louxor71 · 18 octobre 2018 à 15:02 Re: Où repose Ivan? Message 34 de 100 · Page 2 de 5 · 708 affichages · Partager Bonjour Louxor, Merci pour vos commentaires. Je sais et je savais que tous les commentaires des lecteurs étaient totalement sincères, mais je suis passé par une phase d'incrédulité, loin de moi de douter des lecteurs mais il fallait que je me convainc : "Ce n'est pas moi ça", tout lesté de mon complexe de scientifique, maladroit en Français (Depuis on a fait mieux que les scientifiques: Les Informaticiens sont incompréhensibles).
Déjà j'étais interloqué par les premiers commentaires de MarieCurry sur Koursk, vu son CV: elle, aimant le roman, le récit et pleine de curiosité...., c'est une fine mouche, elle ne pouvait pas se tromper. Alors je m'y suis fait et je suis heureux de partager avec vous.
Le coté allemand de la bataille est très intéressant aussi, Paul Carrell a beaucoup écrit, mais a t il pris des libertés avec la vérité historique? Je pense à Guy Sajer "Le soldat oublié"; il était mobilisé dans le transport: Pensez aux quelques 2000km de ligne d'approvisionnement surveillés par les Partisans qui étaient des durs à cuire.... Si vous retrouvez le nom du pilote de Stuka je serais intéressé.
Vous parlez des N récits de voyage sur l'Ouest américain. Comment peut on en rajouter d'autres tous les jours. Eh bien votre remarque m'interpelle car je voudrais malgré tout en rajouter un autre pour raconter comment je suis tombé par hasard sur l'Antelope Canyon, totalement inconnu à l' époque, et le cauchemar touristique qu'il est devenu. | | | À: Zorba · 18 octobre 2018 à 19:32 Re: Où repose Ivan? Message 35 de 100 · Page 2 de 5 · 696 affichages · Partager le pilote s'appelait H. U. RUDEL je ne sais plus s'il y a 2 l à la fin. ce n'était pas un pseudo, le livre comportait beaucoup de ses photos personnelles, mais je ne l'ai plus. Je sais que c'était un des pilotes les meilleurs sinon le meilleur, car lorsqu'il est décédé, j'en ai entendu parler à la radio.Peut être qu' en faisant quelques recherches sur internet vous pourriez trouver quelque chose. | | | À: CatherineGil · 18 octobre 2018 à 19:53 Re: Où repose Ivan? Message 36 de 100 · Page 2 de 5 · 685 affichages · Partager  Moi aussi !
Pareil. Très beau carnet, captivant, très bien raconté, un régal ! | | | À: MirandaMouse · 18 octobre 2018 à 20:11 Re: Où repose Ivan? Message 37 de 100 · Page 2 de 5 · 681 affichages · Partager | | | À: Zorba · 18 octobre 2018 à 20:36 Re: Où repose Ivan? Message 38 de 100 · Page 2 de 5 · 677 affichages · Partager Je suis un scientifique, ainsi j’ai toujours eu des complexes vis à vis des philosophes et des littéraires qui peuvent expliciter avec concision une idée, une situation ou des sentiments ; ces gens maitrisent à la perfection notre langue.
Pas bien ça. Les mathématiques sont aussi une langue vivante, tu le sais bien. Autrement plus complexe et hermétique. Si certains sont à l'aise avec les mots, d'autres se baladent parmi les polynômes : chacun son truc. 
Mais le problème principal est que je ne suis pas Indiana Jones et que dans ma vie de voyageur je n’ai pas rencontré tant de situations ayant un relief suffisant.
Oh mais nul besoin de situation ou de destination extraordinaires pour captiver le lecteur. Dans Remonter la Marne, Jean-Paul Kauffmann nous promène de Charenton-le-Pont à Balesmes en Haute-Marne. Paie ton exotisme ! Le récit aurait pu être aussi mortel qu'un tube de barbituriques ou qu'un coffret de L'homme du Picardie. C'est pourtant un régal.
Psst... Indiana Jones est un personnage de fiction (en plus d'être un très mauvais archéologue). | | | À: Zorba · 18 octobre 2018 à 21:01 Re: Où repose Ivan? Message 39 de 100 · Page 2 de 5 · 667 affichages · Partager C'est sûr ! C'est intéressant d'avoir un point de vue original et hors des sentiers battus ! Il y a tant à dire sur ce fascinant pays... | | | À: Mariecurry · 18 octobre 2018 à 22:07 Re: Où repose Ivan? Message 40 de 100 · Page 2 de 5 · 654 affichages · Partager J'étais Ingénieur, alors l'usage des mathématiques c'était de prendre du "tout fait" mathématique et de l'appliquer à mon problème du moment, comme si je prenais une perçeuse en ignorant les engrenages et l'électronique qui la composent. Je ne tutoyais pas du tout l'abstraction. Pendant les études, c'était le moyen paresseux de l'Education Nationale pour sélectionner les étudiants. Je revendique donc l'excuse d'un certain retard dans l'expression par rapport à certaines stars du Forum.
Je pensais aussi au genre de Jean Paul Kaufmann qui fait parler les paysages avec l'Histoire et des anecdotes. J'ai lu un récit en Courlande. (Pour l'anecdote je me souviens d'un spectacle où son épouse, femme courage et mère courage lançait un appel sur scène avec son fils pour la libération de Jean Paul. Respect Madame, ou plutôt Docteur!)
D'accord, je vais préparer un récit: "Oui j'ai rêvé dans les corons de Freyming Merlebach" et "Forbach ce n'est jamais fini"! J'ai des amis qui ne peuvent s'éclater que s'ils se projettent à 10 000 km pendant les vacances, je suis sûr qu'ils vont se ruer sur ces récits. | Carnets similaires sur la Russie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 181 visiteurs en ligne depuis une heure! |