Mercredi 4 mars: Sainte LucieLe bateau accoste à 7 heures.
Nous nous levons tôt car nous avons rendez-vous avec Lawrence, l'unique chauffeur de taxi francophone de l'île (c'est plus pratique pour les échanges de mail d'avant-croisière) dont j'ai lu les éloges sur divers sites.
Devant le terminal, plusieurs chauffeurs attendent les croisiéristes mais ils ne sautent pas dessus comme ceux des îles précédentes : sur un mur, on aperçoit une pancarte qui interdit cette pratique. Le monsieur de Cosol nous renseigne, pas de Lawrence pour l'instant, il nous dit gentiment d'attendre dans un coin.
Les nouvelles se savent vite car ensuite, c'est un autre chauffeur se présentant comme le frère de Lawrence qui nous aborde : son frère (?) n'est pas là mais il l'appelle, on attend encore. Vers 8h30, Lawrence nous rejoint et se moque de moi : “ Je vous avais dit rv à 8h30 voyons ! “ Dans le doute, je m'abstiens mais j'ai relu notre échange de mails et à aucun moment, il ne m'avait indiqué cet horaire.
J'avais bien écrit qu'on sortirait à 8h. Mister Lawrence est un peu de mauvaise foi...
J'aurais préféré qu'il s'excuse tout simplement de son retard au lieu de me prendre pour une imbécile mais bon, on ne va pas en faire un fromage, on est en vacances...

On s'installe dans le taxi pour une (trop) longue journée de visite.
Faut-il que je parle du temps qu'il fait ?

L'itinéraire commence par les hauteurs de
Castries, la capitale : on se rend sur le campus scolaire qui regroupe bon nombre d'écoles et établissements universitaires. Chaque étudiant porte un uniforme qui permet de l'identifier: les futurs instituteurs (ou plutôt institutrices), les médecins, les écoliers de telle ou telle école etc. On voit surtout des filles.
Lawrence nous explique que la plupart des garçons quittent l'école très tôt, les filles sont 5 fois plus nombreuses à poursuivre leurs études, elles réussissent puis trouvent un travail...et un mari car ceux-ci sont bien contents de trouver celle qui fera bouillir la marmite...
Mais les garçons, que font-ils ? Ils glandouillent, traficotent et surtout, ils fument du cannabis à longueur de journée : on en a vu partout sur l'île, yeux injectés de sang ou regard totalement vide, hébétés, bref, pas franchement fréquentables.
Je n'envie pas les femmes de
Ste Lucie qui doivent trouver l'oiseau rare pour échapper à ces zombies. Même Louis, en pleine crise d'adolescence et un peu rebelle, est choqué par leur allure : “T'as vu maman leurs yeux ? C'est horrible!”
J'espère secrètement que ça le fera réfléchir sur l'usage des substances illicites.

Et on commence à rouler, à rouler... On monte, on descend, on tourne, on tourne beaucoup c'est franchement lassant : petit à petit, tout notre enthousisame s'éteint, on somnole, Sarah a mal au cœur

. On s'arrête pour admirer quelques points de vue sur les Pitons, symboles de l'île
: Lawrence raconte qu'un millionnaire écossais a voulu acheter Petit piton pour.... en raser le sommet et y construire un hôtel de luxe : véritable tollé sur l'île, manifs... Les Pitons ont été classés par l'Unesco pour être protégés de ces folles propositions.

On photographie (c'est tout ce qu'on a fait de la journée) les petits villages de
Canaries, Anse-la-Raye, La Soufrière, la baie de Marigot (la "plage", c'est le petit bout de sable en haut à gauche)
Lawrence nous dépose un quart d'heure à Anse-la-Raye, village de pêcheurs tout bariolé...
dans lequel nous attend visiblement une armée de vendeuse de souvenirs : il n'ya pas grand chose à voir, on attend sur la plage où, bien évidemment, la pluie se met à tomber.
Bien évidemment, les vendeuses nous proposent l'abri de leurs étals mais ce n'est pas une offre désintéressée. Ca devient un peu glauque cette journée !
Où qu'on s'arrête, des vendeurs sont présents, il n'y a aucun rapport humain spontané, tout est tarifé : si je souris, c'est que je suis un pigeon plumable. Bof.
Par exemple, lorsqu'on passe près des bananeraies, Lawrence s'arrête chez une vendeuse de bananes, pour nous les faire goûter, dit-il. Oui, mais évidemment, la vendeuse, avant qu'on déguste les bananes, veut absolument nous faire découvrir ses ketchups de banane On lui en prend un, à moitié blasés.

Je me souviens qu'à Antigua, notre chauffeur nous avait offert une dégustation d'ananas dans le taxi : on n'avait jamais eu cette impression constante d'être pris pour des portefeuilles.
Puis on reprend ces routes interminables qui tournent sans cesse. On se rend au cratère de la Soufrière : l'entrée est à 8 dollars par personne.
Il faut attendre une guide, laquelle se traîne sans enthousiasme vers la plate-forme d'où l'on observe le cratère fumant et l'eau qui bouillonne à côté. Elle débite, en français (c'est déjà ça) toutes ses explications : le tout en cinq minutes et c'est déjà le retour au taxi : 32 dollars pour ça !
On est surpris et décus. Oh que la journée est longue ! Heureusement que Lawrence est arrivé en retard ce matin, ça fait ½ heure de gagnée.
Bon, j'abrège le déroulement : nous avons (mal) déjeuné à la Soufrière dans un resto de bord de mer,
avons fait un arrêt plage à Anse-Marigot, qui porte bien son nom : “plage” artificielle minuscule, pleine de voyageurs Costa, eau pleine d'algues vertes (le marigot est une sorte de marais), dans laquelle je n'ai pas envie de nager, types qui traînent pleins de fausse cordialité, et vas-y que je te tape dans la main, on est copains !, pour nous proposer des bananes, des transats, des boissons : vu que l'espace est très restreint, il est difficile de leur échapper.

Ai-je précisé que les deux passeurs qui nous font franchir le bras de mer jusqu'à la plage ont essayé de nous gruger sur le prix ?...

Heureusement que Lawrence nous l'avait indiqué.
Je ne comprends pas cet “arrêt-plage” : je l'avais demandé à Lawrence dans mes mails mais il doit certainement connaître de plus jolies plages que celle-ci.
L'heure passe très lentement, on s'ennuie, on en a vraiment plus qu'assez de
Ste Lucie.

On dit gentiment à Lawrence qu'on veut rentrer au bateau. Il semble surpris mais je pense qu'il a l'habitude : et puis il n'a plus grand chose à nous proposer, sinon de partir au Nord de l'île. Ca fait des heures qu'on roule, on n'en peut plus.
Alors, pour faire le bilan de cette visite :
Ste Lucie est une île très jolie mais que nous ne visiterons plus jamais en voiture !
J'ai vu qu'on pouvait faire une balade en catamaran pour admirer les Pitons et se baigner. Si jamais je reviens là, c'est ce que je ferai.
Bon, on ne va pas se laisser abattre, pour demain, le rhum de Mamie Nini est déjà au frais !...

le port, la nuit, le club Med, un enchantement...