Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Mamina64 · 20 novembre 2007 ŕ 23:21 · 68 photos 50 messages · 20 participants · 21 360 affichages | | | | 20 novembre 2007 ŕ 23:21 · Modifié le 5 oct. 2008 ŕ 17:55 Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 1 de 50 · Page 1 de 3 · 15 071 affichages · Partager Bon, allez, je me lance...
J'ai trop apprécié, avant mon départ, de lire les carnets des autres voyageurs pour ne pas faire profiter de ma petite expérience les futurs conquérants de l' Ouzbékistan. Mis sur papier les souvenirs vont ętre plus concrets et c'est aussi un peu pour vous la Tribu ! 
Aprčs pas mal de réflexions nous avons fini par opter pour un voyage "clé en mains" alliant visites culturelles, beaucoup de temps libre, randos, nuits chez l'habitant, petits hôtels traditionnels et surtout possibilité de privatiser notre groupe... et quel groupe ! quel groupe ? : trois couples de "jeunes retraités" Yolande et Jean-Marie, Annick et André, Pierre et Mamina (pour les petits-enfants et pour VoyageForum). Nous nous connaissons depuis....bof... trčs trčs longtemps, nous avons souvent voyagé ensemble mais nous sommes trčs séparés géographiquement, nous sommes donc ravis de nous retrouver une fois de plus ! Jean-Marie a rempli sa gourde d'eau bénite de Lorraine, André a préparé quelques bonnes réparties, Pierre part ŕ la découverte avec son flegme habituel et nous les femmes, nous avons bien affuté notre langue... le voyage ne sera pas long, nous avons trop de choses ŕ nous raconter ! ça va les enfants ? 
Et puis d'abord, pourquoi l' Ouzbékistan ? certainement pas grâce aux opinions diverses et peu (!) variées des gens ŕ qui nous l'avons annoncé : oů cé ? kes ki y'a lŕ-bas ? kes ke vous allez faire ? vous z'avez pas peur ?... ben évidemment ! un pays en AN ! proche de l'Afghanistan... des fois qu'on rencontre Ben Laden... c'est vrai que nos mésaventures ivoiriennes en ont refroidi quelques-uns... mais ça, c'est une autre histoire...
C'est donc sous un ciel pluvieux et aprčs des embouteillages monstres que nous quittons Paris fin septembre. Une personne de l'agence nous a remis nos billets d'avion, nos passeports et nos visas ŕ l'aéroport... petite surprise : nous sommes douze ŕ faire le męme voyage... bon on verra ça ŕ l'arrivée... ce sont des gens charmants mais nous espérons bien ętre ŕ six !
Arrivée ŕ Taschkent ŕ 7 h 30 nous devons reprendre un avion pour Ourgentch ŕ 10 h. Nous avons largement le temps, du moins c'est ce que nous croyions ! juste avant nous un avion venant de Turquie a débarqué une bonne centaine de femmes, probablement des commerçantes, qui ont chacune 2 ŕ 3 chariots remplis de colis impressionnants. Les douaniers, en fort grand nombre mais gučre efficaces en rapidité vérifient minutieusement les paquets, les factures, les documents divers et, 2 h aprčs nous n'avons pas avancé d'un pas ! il n'y a bien sűr aucun guichet de transit. Nous essayons tant bien que mal de faire comprendre ŕ des fonctionnaires nonchalamment appuyés sur les comptoirs que l'heure approche pour nous... sans réaction... nous nous adressons ŕ l'un d'entre eux qui semble ętre le chef (enfin, un peu plus agité, un peu plus de galons, comme quoi on peut vite devenir chef !) il s'en fiche aussi... un autre enfin entend notre demande et ouvre un nouveau guichet. Nous n'avons pas un temps de réaction suffisamment rapide, 2 commerçantes ont pris les devants, il nous faut encore attendre... lŕ ça devient chaud ! et personne manifestement de l'agence dans les environs. A 10 h, l'heure du départ, nous sommes enfin en territoire ouzbek, un jeune homme brandit une pancarte ŕ notre recherche, il avait interdiction de s'approcher plus et nous attendait bien trop loin. L'avion sera en retard, il nous attend un peu plus loin, qu'est-ce-qu'on ne fait pas pour des touristes ? c'est un Tupolev, les fauteuils sont un peu avachis, il manque parfois un bout de ceinture (les hotesses doivent les prendre pour leur démonstrations  ) mais tout va bien, on ne nous a pas hué pour notre retard, bien au contraire, des sourires partout, aprčs l'air revęche des douaniers, c'est bien sympa !
Nous rejoignons donc Ourgentch, ŕ l'Ouest du pays et nous reviendrons dans 13 jours ŕ Tachkent en faisant le trajet par la route via Khiva, Boukhara, le désert du Kysyk Kum et le lac Aydarkul, Nurata, Samarkand, Shahrisabz, le village d'Ayakchi pour une rando, ŕ nouveau Samarkand puis la capitale.
Sortie rapide ŕ l'aéroport d' Ourgentch. Nourali nous accueille, il sera notre guide francophone pendant le séjour. Pour l'instant nous sommes toujours 12 (!) Nourali nous conseille d'aller effectuer du change ŕ la banque toute proche. Les premiers auront la chance d'avoir 50 euros, les derniers 20 euros, difficile d'obtenir les justificatifs (ne vous embętez pas avec ça, vous devez effectivement dans l'avion déclarer les sommes que vous amenez et déclarer ce qu'il vous reste au départ, mais aucun justificatif n'est réclamé, ne prenez que des euros en liquide pour partir) Plusieurs fois par la suite nous avons eu du mal ŕ obtenir des liquidités dans les banques et nous n'étions pas dans des hébergements qui permettaient le change, ne comptez pas sur les distributeurs non plus. Celŕ n'a toutefois pas été un problčme dans la mesure oů nous n'avions pas beaucoup de dépenses ŕ effectuer et souvent nous avons pu payer en euros.
Nous montons dans un minibus Sangyong (marque coréenne) pratiquement neuf et en route pour Khiva sous un magnifique soleil.
Premiers regards sur les remparts, nous rentrons dans la vieille ville et nous voilŕ installés dans un petit hôtel charmant, non loin de la porte ouest. (Hôtel Arkonchi) C'est une ancienne maison traditionnelle en bois entourant un jardin bien ombragé, des tapis partout, des tentures brodées sur les murs. Nous montons ŕ l'étage, notre chambre (une véritable bonbonničre rose -Annick et André ont la męme en bleu-) fait face ŕ une terrasse couverte dont le sol est caché par des tapis trčs colorés et de nombreux coussins. Devant nous, au-delŕ des muriers de la cour, les premičres coupoles bleues ou turquoises, les premiers minarets se détachent dans le ciel, le tout sur l'ocre des murs de brique... oui, ça y est... on pourrait voir passer un tapis volant... oui, ça y est... nous sommes au pays des mille et une nuits ! Image attachée: | | | Annonce · Sponsorisé | | | Ŕ: Mamina64 · 21 novembre 2007 ŕ 13:07 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 2 de 50 · Page 1 de 3 · 14 997 affichages · Partager bonjour, nous étions en ouzbekistan en avril, 18 jours, 5 amis, clés en main. Il semble que vous ayez fait ce voyage en commencant par Khiva. Le ręve. arrivé le soir tard, une maison BeB dans l'enceinte, et le matin au reveil vue sur remparts. Une image qui me reste et dont je me sers les jours de pluie pour me remonter le moral. J'attends la suite de vos péripéties. J'ai bien rit de votre passage ŕ l'aéroport d' ourgentch. Nous avons vécu la męme chose ŕ 2h du matin alors que nous souhaitions le lit. A plus tard Merci Chantal | | | Ŕ: Mamina64 · 21 novembre 2007 ŕ 18:33 · Modifié le 3 aoűt 2008 ŕ 14:59 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 3 de 50 · Page 1 de 3 · 14 984 affichages · Partager Khiva - jour 1 -
Nous avons juste le temps de nous rafraichir que l'on nous attend pour le repas de midi (en fait il déjŕ 14 h) et lŕ, surprise ! j'avais tellement lu et entendu sur la nourriture ouzbek que la magnifique table dressée devant nous m'étonne : bols et assiettes bleus et blancs -décors fleur de lotus nous dira Nourali- pastčque, melons, cacahučtes, raisins secs, plein de crudités variées, yaourt dans de grands verres, pile de pains ronds et plats... on nous sert une soupe de légumes ensuite nous mangerons notre premier plov (riz, carottes et lamelles de viande de mouton). Le tout est excellent et nous faisons honneur au repas.
Ce sera le type de repas traditionnel que nous ferons tout au long du séjour. Les soupes sont délicieuses, parfois agrémentées de nouilles, de raviolis ou de morceaux de viande. Quant au plat principal, nous aurons souvent du plov, cuisiné différemment suivant l'endroit oů nous sommes, c'est une sorte de risotto avec lamelles de viande et légumes rapés cuits, trčs bon en général ! nous avons aussi gouté aux brochettes, ŕ des gros raviolis fourrés aux légumes, ŕ des ragoűts ou plats genre pot-au-feu. Les repas, du coup, sont bien équilibrés car comprenant toujours des crudités, des légumes cuits, des féculents, des fruits en quantité et du pain dont nous nous régalons. Ironie du sort ! ou punition de gourmands ? nous avons tous été malades ! probablement parce-que nous ne sommes plus habitués ŕ des repas aussi copieux (ben oui ! les petits vieux, c'est la soupe et au lit !) plus surement ŕ cause de la cuisine ŕ l'huile de coton (fabriquée ŕ base des graines extraites de la boule de coton). Aprčs quelques assiettes de riz nature, de bols de jus de cuisson et une infecte mais efficace décoction de pelures de grenades (remčde local) nous irons mieux mais nous allégeons les repas et nous buvons un peu plus de vodka ! ça fait digérer il parait !
Intermčde sur la nourriture terminée ! Aprčs ces agapes, Nourali propose un temps de repos, c'est vrai que nous avons passé la nuit et la matinée en voyage. Nous ferons quelques visites avec lui vers 16 h 30. Nous lui parlons de notre souci de groupe privatisé. Il est surpris, n'a pas l'air au courant. Pour lui, il devait accompagner un groupe de 12 personnes, il va en reférer ŕ son chef ŕ Samarkand...
Presque tout le monde va se reposer, quant ŕ moi, il n'est pas question que je loupe une minute de ce voyage ! j'avais déjŕ étudié le plan de Khiva, je repčre oů se trouve le B&B et me voilŕ partie, le nez au vent dans les ruelles, l'appareil photos en bandouličre (c'est lŕ mon moindre défaut... et le numérique n'a rien arrangé !)
A chaque pas c'est une exclamation, c'est beau, mais c'est beau... en plus, c'est calme, tranquille, quelques commerçants papotent devant leurs boutiques, quelques artisans travaillent le bois ou la soie. On n'entend que le claquement des métiers ŕ tisser ou des outils sur l'ouvrage. Męme sur le site archéologique (mini, mini) les ouvriers sont ŕ l'ombre au repos. Un pépé coiffé d'un bonnet brodé, revętu d'un long manteau rayé, barbe blanche et air malicieux, assis sur une couverture multicolore, m'invite ŕ force de gestes ŕ m'assoir prčs de lui sur un muret. Il m'offre gentiment un thé dans son propre bol et s'enquiert de savoir si j'ai un homme dans ma vie ! comme j'ai quelques photos sur moi, je lui montre la Tribu... du coup, j'ai l'impression d'ętre moins intéressante ! Tant pis... ça faisait bien longtemps qu'un inconnu, fusse-t-il un pépé (juste ce qu'il faut pour une mémé) ne m'avait offert le thé !
Je continue mon tour, des enfants m'accostent, toujours plein de sourires, ils veulent que je les prenne en photo (ça aussi ça a été une des surprises du voyage... les gens se précipitent devant votre objectif, ils ont ensuite le plaisir de se voir sur l'écran de l'appareil). Ils rentrent de l'école et sont adorables dans leurs uniformes : petit costume marine ou noir et chemise blanche pour les garçons, robe marine ou noire pour les filles agrémentée de larges cols en dentelle, tablier ŕ bavette brodé et moults chouchous et pinces dans les cheveux. Ils me montrent leurs livres et cahiers. Quand on se quitte je leur dis "lahmat", ils me répondent "spasiba" !
Je passe devant de magnifiques portes sculptées, devant des m2 de céramiques bleues collées sur les façades, devant des minarets plus hauts les uns que les autres, mon regard s'attarde sur l'artisanat disposé sur des trétaux et puis soudain... le souffle coupé... Kalta Minor, le minaret court, le minaret inachevé. Il est vraiment impressionnant : large, massif, trapu et en męme temps élégant, éblouissant. Ce minaret, qui devait ętre le plus haut de la ville, n'a jamais été achevé ŕ la suite de la mort du Khan. Il ne date que du milieu du 19 ič s, il a été restauré comme tous les monuments de Khiva. Il est entičrement recouvert de majoliques (technique de vernissage sur briques ou terre cuite) ŕ dominante bleue et vertes. Les motifs circulaires changent constamment, magnifique !
Je rentre au B&B, la tęte déjŕ pleine d'images et nous repartons avec Nourali pour le quart d'heure culturel. Il nous fait contourner les remparts, au passage nous voyons un grand panneau représentant la Route de la Soie, la statue d'Al Khorez et nous rentrons ŕ nouveau dans Ichan Kala (la vieille ville) par la porte Ouest. Lŕ nous nous acquittons d'un billet donnant le droit de photographier - ce sera la męme chose dans tous les sites visités, 1000 soums, environ 60 cts d'euros - si celŕ sert ŕ préserver les monuments c'est bien !
Nourali nous retrace l'histoire de la ville, la chronologie des Khan de la région et leur histoire. Nous passons devant le minaret coupé et la madrasa (ou medersa, école coranique) qui lui est accolée -elle est maintenant un hôtel de luxe- puis nous nous dirigeons vers la forteresse en traversant la place du réghistan. Je croyais ce nom réservé ŕ l'ensemble de Samarkand, en fait, reghistan veut dire "place de sable", et ŕ l'époque oů l'on décapitait facilement, le sable permettait d'absorber le sang des condamnés. Cette place servait aussi de marché, il y avait beaucoup d'animaux et je suppose que le sable avait aussi d'autres utilités ! Elle est maintenant toute pavée et un peu sans âme. La forteresse, habitation des Khan, de sa cour, de son harem, de son armée, nous ravit. C'est un dédale de salles, de cours, nous allons de surprises en surprises. Tout est magnifiquement décoré d'un bleu unique, les portes et les piliers sont superbement sculptés et les nombreuses boutiques d'artisanat amčnent une vie et des couleurs supplémentaires ŕ l'ensemble.
C'est notre premier regard bien sűr sur ces monuments uniques et nous sommes tous émerveillés... nous ne serons jamais blasés, un peu lasés ŕ la fin du voyage (n'est-ce-pas Pierre ?). La fin de l'aprčs-midi sur les terrasses de la Citadelle, au soleil couchant, au-dessus des remparts et de la ville sera l'image avec laquelle je vais m'endormir ce soir. Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 22 novembre 2007 ŕ 3:55 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 4 de 50 · Page 1 de 3 · 14 968 affichages · Partager Comment? Tu n'as pas salué de ma part ma femme (euh, mon amie, enfin ma connaissance quoi  ), la vendeuse de sodas prčs de la porte Ouest?
Je plaisante, c'est un plaisir de te lire. Vivement la suite! | | | Ŕ: Mamina64 · 22 novembre 2007 ŕ 8:31 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 5 de 50 · Page 1 de 3 · 14 935 affichages · Partager Un plaisir de lecture que ce carnet et je suis impatiente d'en connaitre la suite  !
Dolma | | | Ŕ: Mamina64 · 22 novembre 2007 ŕ 22:20 · Modifié le 3 aoűt 2008 ŕ 15:12 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 6 de 50 · Page 1 de 3 · 14 847 affichages · Partager Khiva - jour 2
Nous reprenons ce matin la visite oů nous l'avions terminée hier soir. Tout est concentré dans le périmčtre des remparts, un grand rectangle de 600m sur 400, tout est tout prčs.
Face ŕ la forteresse, de l'autre coté de la place se trouve la Madrasa Muhammed Rakhim Khan, le Khan počte de la fin du 19 ičs. Chaque Khan a voulu laisser une trace de son passage. Ils ont fait construire qui une école coranique (oů l'on étudiait le coran mais aussi les mathématiques, la philosophie, etc...) qui une mosquée et son minaret, qui une forteresse ou un harem voire un ensemble de batiments... A Khiva, la ville est devenue un véritable musée ŕ ciel ouvert, inscrite depuis 1990 au patrimoine de l'Unesco.
La madrasa Rahkim Khan est la premičre que nous visitons. Elles seront toutes ŕ peu prčs semblables : un immense porche d'entrée, une premičre cour ou salle de réception puis une deuxičme cour plus grande autour de laquelle se répartissent les cellules des étudiants (talibans) sur 1 ou 2 étages. Aujourd'hui ce sont les boutiques d'artisanat qui ont remplacé les étudiants mais les vendeurs ne sont pas insistants du tout ! La premičre salle de cette madrasa abrite un petit musée de photos et de tableaux de l'époque des derniers khans. Dans la deuxičme cour nous assistons ŕ un spectacle d'équilibristes accompagnés de musiciens avec des instruments que nous ne connaissons pas. Ils sont lŕ pour nous, pour gagner leur vie, nous jouons le jeu.
Nous continuons la balade, pas tellement de touristes étrangers dans les rues mais des ouzbeks, en famille ou en groupe, qui visitent leur pays, accompagnés de guides eux aussi. Les femmes ont mis pour l'occasion de jolies coiffes dorées entourées de pendants en perles, leurs robes longues en velours ou en soie sont imprimées de grosses fleurs multicolores, elles portent de curieuses claquettes aux pieds, souvent en feutrine rouge, les gilets au-dessus sont d'un autre motif, d'une autre couleur. Pour nous, occidentales, ce sont des fautes de goűt, ici, dans le contexte c'est gai, coloré...
Nous arrivons ŕ la mosquée du Vendredi. Dans une douce pénombre les 213 colonnes forment une foręt de troncs sculptés. Deux puits de lumičre éclairent ŕ peine l'immense salle. Au fond, face ŕ l'Ouest, se trouvent la niche de Mirhab indiquant la direction de La Mecque et le Minbar, le pupitre de l'imam. Nous restons ici un bon moment, profitant du calme et de la fraicheur.
Notre visite se fait en flânant et nous apprécions bien d'aller ŕ notre rythme, en prenant le temps de tout regarder, de tout admirer. Nous marchons dans des ruelles pavées entre de hauts murs de briques, derričre ces murailles se trouvent de merveilleux palais et on ne le sait pas encore ! Un porche assez banal nous mčne ŕ Tash Khauli, une vraie ville intérieure avec sa salle d'audience, ses services administratifs, ses appartements royaux et surtout son harem. Lŕ encore un dédale de couloirs bas et sombres qui débouchent sur des cours, des salles toutes plus belles les unes que les autres : toujours ce bleu des majoliques, ces motifs si différents (floraux, géométriques ou épigraphiques), ces iwans -terrasse couverte- dont les plafonds peints sont soutenus par des piliers sculptés... notre regard se perd, notre esprit s'envole... facile d'imaginer la vie grouillante, les centaines de gens avec leur lot de joie et de tristesse, les courtisanes cachées derričre les moucharabiers... et comment ne pas encore laisser courir notre imagination quand dans la grande cour nous découvrons 5 iwans côte ŕ côte, celui du khan et de ses quatre femmes officielles... ces lieux sont magiques !
Changement de décors, nous voici dans le bazar couvert, installé dans le caravansérail Allah Khouli Khan prčs de la porte Est. C'est un ancien magasin russe "Univermag", on y trouve de tout, trčs kitch en général, ne pas louper les robes de mariées et les gâteaux de fętes ! un petit "meuble" trčs intéressant dont on nous fait la démonstration : un berceau de bébé. Mode d'emploi : directement dans le fond du berceau un orifice de 5 cm de diamčtre avec une coupelle en-dessous qui permet de recueillir les urines du bébé, mais mieux que ça encore, attachée ŕ cet orifice une cordelette avec une espčce de pipe au bout adaptée au sexe du garçon ou de la fille ! ça évite les fuites ! par contre le berceau est recouvert de plusieurs couvertures et par dessus le tout un beau couvre-lit en soie brodée... comment fait le bébé pour respirer ?
Le marché de plein air nous plait mieux, une partie bazar encore et une partie alimentation : beaucoup de fruits secs, de sucreries et gateaux (nous sommes en période de Ramadan) et de fruits et légumes. Le tout est trčs artistiquement disposé sur les étals. Comment arrivent-ils ŕ "bâtir" un cône dans une bassine avec des pistaches alignées au cordeau ? c'est un mystčre ! les oranges, les pommes, les tomates, voire les pommes de terre ou les carottes (rondes ici) je veux bien... mais les fruits secs ! chapeau !
Partout des sourires, des "bonjour" qui fusent ci et lŕ et des photos qu'on nous demande... bien sűr je me régale ! Nous faisons quelques petits achats de bouche, on nous fait goűter ŕ tout et ce sont des rires devant nos airs parfois dubitatifs ! en particulier une pate blanche trčs sucrée, élastique, que les femmes touillent dans de grandes bassines avec un long manche en bois et dont elles remplissent des bouteilles plastiques décapitées ! nous verrons cette sucrerie sur tous les marchés pendant notre séjour, il parait que c'est une spécialité du Ramadan. Nous achetons aussi des empreintes en bois et pointes en fer qui nous permettront de décorer le pain quand nous en ferons... un jour... et qui attendront dans le fond d'un tiroir ! mais ce matin lŕ, nous sommes sűres que ça va nous servir !!! en plus, j'exagčre, depuis notre retour André s'est construit un four ŕ pain...
Aprčs le marché oů nous avons bien trainé... ah oui ! je n'ai pas raconté l'épisode "arręt pipi" ! je vais passer sur les détails mais juste pour les prochaines voyagEUSES : ne vous attendez pas en Ouzbékistan ŕ des toilettes de luxe, en ville vous en trouverez ŕ peu prčs partout quand męme, payantes (200 soums : 16 cts d'euros), parfois communes, c'est drôle, juste une cloison ŕ mi-hauteur sépare les emplacements, toujours ŕ la turque, des plus sommaires juste un trou, généralement assez propres et en conclusion, il vaut mieux un trou propre qu'un sičge sale. Je parle lŕ des toilettes publiques, dans les hôtels vous aurez le service ŕ l'européenne... mais, nous étions peu dans les hôtels !
Bon, donc, aprčs le marché nous passons entre les madrasas jumelles (kosh madrasas), elles se font face, leurs portails imposants sont d'un bleu profond, l'une d'elle est trčs peu restaurée, dans l'autre nous repérons une tchaďkhana (salon de thé) oů les hommes ont vu de la bičre... retenir l'adresse ! Dans les ruelles de nombreuses boutiques d'artisanat encore, je m'intéresse ŕ une babiole quand la jeune vendeuse m'interpelle en français. Elle semble bien dégourdie et devant ma promesse de revenir dans l'aprčs-midi, elle nous offre ŕ toutes les trois une petite broche porte-bonheur... voilŕ comment on fidélise la clientčle !
En rentrant vers le B&B je remarque dans le coin d'une rue une dame qui sort des galettes de pain de son four en plein air. Nous nous approchons pour observer la méthode de cuisson. Le four est comme une grosse jarre plus ouverte, la pâte ŕ pain aplatie est collée sur les parois intérieures. Nous n'avons jamais vu une boulangerie telle que nous l'entendons mais partout des dames qui vendent ces galettes délicieuses sur de vieux landaus recyclés. Elles viennent s'approvisionner directement au four. Notre boulangčre nous offre spontanément un de ses pains que nous partageons et que nous apprécions d'autant plus qu'il est déjŕ 14 h !
L'aprčs-midi nous appartient et nous repartons flâner dans Khiva. Comme promis nous retournons voir Xosiyad, c'est le prénom de notre petite vendeuse, nous restons un bon moment parler avec elle. Elle est lycéenne et les établissements sont fermés en cette période de récolte du coton pour permettre aux jeunes d'aller travailler dans les champs. Je n'ai pas vraiment compris si ils étaient libérés pour pouvoir se faire de l'argent de poche ou si ils étaient fortement incités ŕ aller travailler pour l'état. En tous les cas, les parents de Xosiyad, estimant qu'elle était bonne commerçante, préfčrent la voir ŕ leur boutique qu'elle tient seule ! apparemment, elle aussi ! beaucoup de jeunes auxquels nous avons parlés espčrent devenir guide plus tard, le tourisme étant en plein essort, ce n'est pas une mauvaise idée, en attendant ils bossent les langues et cherchent toutes les occasions de parler avec les étrangers. Xosiyad, qui n'a que 14 ans, nous surprend par sa tchache, son dynamisme, sa gaieté et surtout son sens du commerce, elle parle avec nous mais ne loupe aucun client. Nous repartons avec quelques achats, des photos, son adresse, avec aussi le souvenir d'une gamine attachante ŕ qui nous souhaitons un bel avenir.
Puis, nous allons un peu nous poser ŕ la tchaďkhana. Bičre bien sűr et thé vert qui est systématiquement offert, aussi bien dans les restaurants que dans les "bars", sur la table petites assiettes de cacahučtes, de raisins secs et de bonbons en sucre ŕ notre disposition. Nous observons le va-et- vient des touristes dans la cour de la madrasa et le jeu des commerçants. Une dame charmante et souriante réussira ŕ nous vendre quelques paires de chaussons en laine (on n'en trouve qu'ŕ Khiva, c'est lŕ qu'il faut les acheter) Les tailles ou les couleurs qu'elle n'a pas, elle va les chercher chez la voisine. Yolande prendra męme une leçon de tricot... mais pour l'instant nous préfčrons acheter nos chaussons ici !
Au repas Nourali nous présente un nouveau guide et un nouveau chauffeur. Nous allons nous séparer en deux groupes comme il était prévu avant le départ. Demain, nous quitterons Khiva avec Nourali et Elias. Le circuit est un peu modifié pour éviter que nous nous retrouvions dans les hébergements, ça n'aurait pas de sens ! tout se passe sans problčme.
Aprčs le repas nous faisons un dernier tour. Les commerçants ont fermé leurs boutiques et ont quitté la vieille ville pour leurs maisons ŕ l'extérieur, les rues sont vides, quelques rares lampes éclairent les pavés, il souffle un petit vent froid, tout est désert mais quand nous passons une derničre fois devant le minaret inachevé, le seul illuminé, je ne peux m'empęcher de m'exclamer : que c'est beau! mais que c'est beau ! Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 22 novembre 2007 ŕ 22:38 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 7 de 50 · Page 1 de 3 · 14 841 affichages · Partager Super, ton récit. Enfin, c'est ŕ mon tour de me régaler ! J'attends la suite, mais dis-donc, tu as pris des notes ou ta mémoire est meilleure que la mienne ? | | | Ŕ: Mamina64 · 23 novembre 2007 ŕ 21:44 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 8 de 50 · Page 1 de 3 · 14 794 affichages · Partager zut, zut !!! vous attendrez la suite demain, je viens d'écrire pendant deux heures et j'ai tout supprimé en faisant une mauvaise manip.
en plus, j'avais écrit en direct alors que d'hab. je fais un brouillon, marre de la vie !.... mais quelle nouille ! | | | Ŕ: Mamina64 · 24 novembre 2007 ŕ 14:56 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 9 de 50 · Page 1 de 3 · 14 770 affichages · Partager s'il vous plait, la suite.... je retrouve l' ouzbekistan que j'ai visitée. Merci ŕ plus tard Chantal | | | Ŕ: Yangguizi · 24 novembre 2007 ŕ 15:00 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 10 de 50 · Page 1 de 3 · 14 768 affichages · Partager elle écrit bien la mamina, on attend la suite avec impatience, retrouves-tu l' ouzbekistan que tu as visité?? moi je salive, je retrouve le gout du pain, la vue des bleus et verts si spéciaux, le rire des femmes au sourire d'or, les enfants si gai. Quel bonheur attendons la suite, mais pas trop longtemps. | | | Ŕ: Mamina64 · 24 novembre 2007 ŕ 16:53 · Modifié le 5 oct. 2008 ŕ 18:15 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 11 de 50 · Page 1 de 3 · 14 665 affichages · Partager Khiva - Boukhara jour 3
Ce matin nous sommes partis vers 8 h dans une chouette estafette blanche de 10 places. Elias est notre chauffeur, nous nous sommes toujours sentis trčs en sécurité avec lui. La route aujourd'hui va ętre assez monotone sinon le passage de l'Amou Daria.
Une heure aprčs le départ ŕ peu prčs nous sommes en vue de cet immense fleuve. L'Amou Daria traverse l' Ouzbékistan du Sud Est au Nord Ouest et c'est lui qui a apporté toute l'eau nécessaire ŕ la culture intensive du coton, peu ŕ peu il s'est asséché, la mer d'Aral avec. Je vais passer sur cet épisode, bien d'autres l'on fait dans leurs carnets et ainsi je vous dispense d'un cours sur la transformation des liquides ! Pour l'instant, pas facile de franchir ce pont flottant fait de barges reliées par de grosses chaines. Le tout est en trčs mauvais état, il y a pas mal de circulation et souvent un seul passage. Certaines barges reposent sur le lit d'alluvions, partout des îlots de sable et trčs trčs peu d'eau... d'aprčs la largeur entre les berges le fleuve est bien plus imposant ; j'irais voir sur internet des photos du fleuve rempli car lŕ, difficile de se faire une idée !
Plus loin nous nous arręterons ŕ nouveau au bord du fleuve, on ne voit de l'eau qu'ŕ l'horizon, nous sommes le 1 ier octobre, l'été a été sec, la pluie devrait arriver avec l'automne, espérons qu'elle attendra notre départ ! Nous le longeons de plus ou moins prčs pendant quelques temps.
Arręt repas dans un petit restaurant au bord de la route, nous mangeons des brochettes dehors sous les arbres, nous y avons retrouvé le reste du groupe, nous avions eu le temps de sympathiser. Eux partent vers le Nord, maintenant nous ne les retrouverons plus qu'ŕ Samarkand dans dix jours.
Nous traversons le Kysyl Khum - désert rouge - en fait plutôt une steppe faite de buissons secs, de gros cailloux et le sable c'est du gravier. Il parait qu'au printemps le désert se couvre pendant un mois d'herbe et de champs de coquelicots, ce doit ętre beau ! pour l'instant, la seule chose qui pousse ce sont les poteaux électriques, des kms de poteaux en parallčle de la route alors qu'il n'y a aucun village, aucune ferme ŕ l'horizon. Les lignes téléphoniques aussi sont enfouies dans le sable et marquées par de petites haies de branchages, surprenant ! De temps en temps nous devinons un troupeau de chčvres ou de moutons et leur berger, des nomades vivent donc dans ce désert gučre sympathique.
Rien ŕ faire d'autre que de somnoler... du coup Nourali entreprend de nous raconter des histoires de Houdja Nasruddin, c'est LE personnage de l' Ouzbékistan, un mélange de Robin des Bois et Toto, celui qui s'est moqué des grands, qui a secouru la veuve et l'orphelin, qui avec ironie et bon sens remet les choses ŕ leur place ! nous rions de bon coeur d'autant plus que souvent il y a d'étranges ressemblances avec nos petites histoires ŕ nous ! il nous accompagnera tout le voyage et rentrera męme avec nous, n'est-ce-pas Nasrius ?
A l'approche de Boukhara les paysages changent, des champs de coton un peu partout. Essentiellement des femmes, peu d'hommes, avec toujours leurs robes et leurs foulards si colorés cueillent les boules de coton arrivées ŕ point. C'est pour nous un tableau des plus réjouissants mais le travail est difficile, elles peuvent ramasser de 30 ŕ 50 kgs par jour, quand on voit le volume, impressionnant ! Aux abords de ces champs, les usines se sont installées, il faut voir ces montagnes blanches de coton en attente de traitement ! Beaucoup d'arbres fruitiers aussi ont été planté et profitent de l'irrigation du coton.
Puis, c'est la grande banlieue de Boukhara et nous y retrouvons les larges avenues, les bâtiments austčres, les cités, les services administratifs imposants que nous avions vu en Russie l'an dernier. Lorsque nous faisons remarquer ŕ Nourali ce qu'il reste quand męme du passage des soviétiques, il nous répliquera ŕ chaque fois "c'est grâce au travail des ouzbeks, c'est notre sueur, c'est avec nos richesses" quoi répondre ŕ ça ?
Le minibus nous dépose en plein centre de la vieille ville ŕ quelques centaines de mčtres de notre hébergement. Tout le secteur est piéton, notre maison d'hôtes est dans le quartier juif. En descendant au bord du bassin Liab-i-Khaouz que nous longeons, nous ne pouvons nous empęcher de sourire devant l'air fier et tendre d'un grand-pčre, ŕ la dentition chargée d'or, tenant sur ses genoux sa petite-fille : une vraie poupée vętue d'une robe rose, d'une petit foulard blanc brodé, de grands yeux noirs étonnés. Annick est repartie 35 ans en arričre !
Le B&B (Nordibek) est encore une grande maison en bois, des balcons ŕ l'étage, un îlot de verdure au centre et un iwan pour le repos et la détente. C'est une ancienne maison juive et nous serons surpris de voir des groupes de touristes israéliens visiter la maison ! Il n'est que 16 h et Nourali se propose de nous faire visiter l'ensemble Liab-i-Khaouz qui est tout prčs.
Boukhara est une ville trčs différente de Khiva. C'est une ancienne oasis, ce qui a permis de creuser de grands bassins, véritables ilots de fraicheur et de verdure pour la ville mais aussi réserves d'eau. La plupart de ces bassins ont été comblés pendant la période russe et ce bassin-ci est un des derniers. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un bassin d'agrément avec des cygnes et des canards, heureusement, les énormes műriers centenaires ont été préservés et entourent encore le plan d'eau. De nombreuses tchaîkhana avec leurs traditionnels charpaďa se sont installées sous leurs ombres pour le grand plaisir de tous.
Ah ! les charpaďa ! ça mérite un petit paragraphe : ce sont ces grands lits, parfois tout simples, parfois plus décorés et męme couverts, que l'on voit partout, dans les cours chez l'habitant, dans les restaurants, dans les salons de thé. Sur ce lit on met des couvertures, des coussins, on y place une table basse autour de laquelle les gens s'installent en tailleur (ouille! ouille! ouille!) pour manger, jouer aux cartes, aux dominos ou au jacquet. Le fond du lit étant une planche en bois et les couvertures assez fines c'est quand męme un peu dur ! n'empęche, c'est une image qui reste assez présente de ces gens installés ŕ 4, ŕ l'ombre, savourant leur thé....
Nous passons dans un jardin et c'est Nasruddin sur son âne, l'air coquin et filou, qui nous accueille. Nous posons avec plaisir (oui, oui) devant la statue pour la photo traditionnelle ! Sur trois des côtés du bassin, au-delŕ des bars et des arbres se trouvent deux medersas et une khanaka. D'abord en face la madrasa Koukeldash, une des plus grandes de la ville mais dont les cellules sont maintenant attribuées aux marchandes de suzanis. Cette madrasa, avant l'indépendance, avait été transformée en cinéma et salle de conférence, on peut voir encore sur les murs des peintures ŕ la gloire des travailleurs et des paysans. A sa droite la madrasa Nadir-Divanbeg dont le portail, orné de deux oiseaux fantastiques volant vers le soleil, présente une décoration animale originale. A gauche, la khanaka Nadir-Divanbeg, servant ŕ abriter les derviches de passage ŕ Boukhara (je traduis : le monastčre servant ŕ abriter les missionnaires de passage... le tout ŕ replacer bien sűr dans le contexte de l'art oriental) cet édifice est beaucoup plus sobre (ou moins restauré ?) et nous y verrons dans la mosquée quelques peintures anciennes et des décorations de stuc.
Le tout forme l'ensemble Liab-i-Khaouz, c'est superbe et les façades, aux cellules recouvertes de majoliques bleues, reflčtent la couleur particuličre des derniers rayons du soleil.
Nous rentrons pour un repas rapide au B&B car ce soir nous assistons ŕ un défilé de mode et ŕ une démonstration de danses orientales ŕ la madrasa Nadir Divanbeg (sur les conseils de Yanguizzi  ) Le défilé est superbe, les mannequins ravissants. Sur des jupes ou pantalons noirs elles nous présentent des vestes et manteaux en soie imprimée, avec soit des motifs appliqués ou rebrodés, toujours de couleurs vives. C'est trčs joli, trčs trčs chic... et avec nos uniformes de chez Décathlon nous ne nous permettrons aucune critique ! non, sincčrement, les stylistes font un travail intéressant, adaptant leurs techniques et leurs motifs ancestraux ŕ la mode de notre époque. Personne ne s'est ennuyé non plus pendant les danses, musique et costumes ŕ la hauteur, quant aux demoiselles.. les ouzbčques sont magnifiques et vont hanter les ręves d'au moins trois hommes ce soir !
Lorsque nous sortons, le vent s'est levé, l'air s'est bien rafraichi, allez ! au dodo ! Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 26 novembre 2007 ŕ 16:20 · Modifié le 15 aoűt 2008 ŕ 22:10 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 12 de 50 · Page 1 de 3 · 14 594 affichages · Partager Sur mon dernier billet j'ai dit une bętise : ce n'est pas une charpaîa mais un tapchan... bien sűr vous aviez tous relevé l'erreur, pardon... quant aux kilos de coton ramassés en une journée, Pierre me dit que c'est beaucoup plus... les chiffres se bousculent. Si vous avez des précisions n'hésitez pas....
Boukhara - jour 4
Ce matin les jambes nous démangent et nous espérons marcher un peu plus dans Boukhara : Khiva n'était pas bien étendue et hier nous avons surtout fait de la voiture. Nous partons vers 9 h avec Nourali.
A cette heure-ci c'est calme, nous avons souvent été les seuls étrangers sur les sites, nous nous attendions globalement ŕ beaucoup plus de touristes. Le ciel est d'un bleu immaculé mais les températures ont bien baissé. Le matin et le soir les polaires sont indispensables, au soleil et en milieu de journée nous sommes en tee-shirt.
La ville s'anime peu ŕ peu. Matin et soir les rues sont soigneusement balayées par des femmes qui manient avec dextérité de grands balais de paille peints en rouge. Nous verrons des tonnes de ces balais en vente sur les marchés ! Les rues commerçantes et les abords des monuments sont toujours trčs propres, męme chose d'ailleurs dans les ruelles oů nous voyions tous les soirs les femmes sortir le tuyau d'arrosage (poussičre oblige) et ce fameux balai.
Nous arrivons ŕ la coupole des Changeurs et dans les boutiques les femmes accrochent les soieries (vętements et nombreux foulards), sortent les céramiques, disposent les poteries, tout celŕ prend vie sous nos yeux intéressés. A Boukhara il y a ainsi trois coupoles (Tak) datant du 16 ič s. Ce sont des arches ŕ bulbes construites juste ŕ l'emplacement d'1 croisement de routes donc quatre ouvertures trčs hautes et en ogive pour permettre le passage des caravanes de chameaux. Des échoppes diverses se sont installées dans les niches car toute cette population favorisait le commerce. L' Ouzbekistan a toujours été un peuple de marchands ceci étant du ŕ sa position centrale sur la route de la Soie. Chaque tak a sa spécificité, celle-ci c'est l'échange des monnaies et l'acquittement des taxes.
De lŕ nous nous dirigeons vers la mosquée Attari dont la partie la plus ancienne date du 9 ičs. Cette mosquée est un peu en contrebas et pendant que nous l'admirons du haut des marches, une femme tourne autour de nous avec une casserole de laquelle s'échappe une fumée acre, elle chasse le mauvais sort! nous devons en avoir bien besoin car celŕ se reproduira plusieurs fois ! Dans la mosquée une exposition de tapis anciens dont certains avec le célébre motif des tapis de Boukhara : le pied d'éléphant. Nous en aurions bien emporté deux ou trois... ils sont superbes !
Nous continuons notre chemin en passant successivement devant le magnifique hôtel Asia puis sous le deuxičme Tak, la coupole des chapeliers, ensuite devant le Tim Abdullah Khan -galerie marchande du 16 ičs- (nous n'avons rien inventé) oů en plus d'une démonstration de tissage de la soie, nous admirons les costumes anciens. Nous nous laissons tenter par quelques babioles : des épices, des calottes brodées, une petite statuette de Nasruddin qui me sourit ironiquement en ce moment, posée prčs de l'ordi !
Nous débouchons sur la grande place entre les kosh madrasas (les jumelles), l'une d'elles, Abdul Aziz Khan, a son immense portail en restauration et abrite de nombreuses boutiques. J'admire plus particuličrement des calottes anciennes, toujours trčs colorées, agrémentées de nombreux pompons, de breloques en argent, véritables bijoux ! la mosquée de cette medersa est peinte dans des tons doux, beige, ocre, bleu lavande qui tranchent avec les majoliques si vives que nous avons vues jusqu'ŕ présent. Les bulbes intérieurs sont ornés de stucs et dans la niche de mirhab on peut deviner la silhouette du prophčte...
En me dirigeant vers l'autre medersa, j' envie un touriste allemand qui croque sur un carnet toutes les beautés qui nous entourent, quelle chance de savoir dessiner ! en plus, ici il est gâté, nous sommes entre deux porches majestueux aux majoliques bleues, blanches, vertes, face aux coupoles du Tak des joailliers et au loin l'ensemble Po-i-Kalon avec son minaret élancé et ses bulbes turquoises.
La restauration de la cour intérieure de la madrasa Ouloud Begh a été interrompue. Cette madrasa a servi d'habitation ŕ des familles pendant la période russe. Celŕ permet aussi de se rendre compte de l'état des édifices avant les travaux. Une cellule a encore ses murs peints et des niches pour le rangement, ŕ côté par contre, ce sont des toilettes qu'on nous permet d'utiliser gentiment (un simple trou dans le plancher mais nickel !). Du coup Yolande achčte une écharpe bleue aux commerçantes pour les remercier (important l'écharpe, on en reparlera !)
Vers PO-i-Kalon nous ne pouvons éviter les jeunes vendeuses de céramique (hé oui ! elles sévissent toujours !) dont les bols, les plats, les services divers s'étalent sur les larges trottoirs. Elles sont trčs malignes, elles nous demandent gentiment notre prénom, prennent discrčtement une photo sur leur portable, notent le tout, nous offrent une minuscule tasse et nous font promettre de revenir les voir ! tout celŕ en français. A chaque fois que nous allons passer (et c'est souvent) elles nous interpellent par notre prénom. Elles sont rigolotes, souriantes, dynamiques... mais quand męme un peu insistantes !
Po-i-Kalon... un instant magique... il est midi passé, personne, tout est ŕ nous... nous nous installons sur les marches de la Medersa et, tout en écoutant Nourali, je me remplis les yeux de cet endroit : le minaret d'abord qui s'élance ŕ 48 m de haut, il est peu décoré de céramique mais les briques cuites ont été disposées de façon circulaire et forment des motifs changeants, ce minaret a sinistre réputation car il servait non seulement ŕ l'appel du muezzin et de phare pour les caravanes arrivant du désert mais aussi on y jetait les condamnés, brrr.... Un peu ŕ l'arričre une mosquée transformée en bibliothčque, fermée aujourd'hui, dommage ! quant ŕ la madrasa, nous ne pouvons y rentrer, elle est en activité et sert donc d'école ŕ des étudiants que nous voyions, derričre la grille d'entrée aller et venir dans la grande cour. Nous rentrons dans la mosquée en face, comme les pélerins nous faisons nos ablutions (bien contents de se rafraichir !) avec l'eau remontée du puits prčs de l'entrée. La cour est immense, d'une décoration fine, harmonieuse, un gros murier dispense un peu d'ombre, nous en faisons tranquillement le tour, presque en chuchotant tant l'endroit est calme et incite au silence !
De Po-i-Kalon nous allons manger dans un petit restau. local, sous les arbres, face ŕ la forteresse et au minaret de la mosquée aux 40 colonnes. La plupart des gens sont installés sur des tapchan. Nous, on nous donne tables et chaises (pitié de nos dos de Tamalous ?). Nous avons la surprise d'y retrouver un jeune italien, voyageant seul, avec lequel nous avions discuté ŕ Khiva, moment bien sympathique, il est charmant... et charmeur... et nous fait bien rire en nous avouant qu'il doit téléphoner tous les soirs "ŕ la mama" pour la rassurer !
Retour au B&B pour déposer nos achats et pelures et nous voilŕ repartis tous les six en vadrouille ! vous devez dire : mais ils ne se séparent jamais ceux-lŕ ! je vous dois une explication ! en fait, on a essayé, mais pas longtemps car nos hommes nous ont avoué que c'était plus agréable d'attendre devant les boutiques ŕ trois plutot que tout seul... nous n'avons pu qu'accéder ŕ leur demande... sinon plus de shopping ! bon on n'a pas exagéré non plus !
D'ailleurs lŕ, nous nous dirigeons vers la madrasa Koukeldash oů hier nous avions repéré de jolis suzanis. Pendant que nous marchandons un peu les prix (nous sommes quand męme soucieuses du budget familial) nos hommes, assis ŕ l'extérieur, se font entreprendre par le marchand de bijoux qui les inquičte en faisant croire qu'on achčte tout le magasin ! tout ça dans nos anglais plus qu'approximatifs (pas Yolande, elle, elle est bonne !) et ŕ force de gestes et de mimiques.
Puis, nous partons flâner vers l'Est de la vieille ville, ŕ la recherche de Chor Minor - les quatre minarets - ce petit monument est perdu dans les ruelles et celŕ nous permet d'observer la vie des habitants... plusieurs choses nous ont étonné : aucune tuyauterie n'est enfouie dans le sol, si bien que les canalisations de gaz (jaunes) et d'eau (bleues) passent d'une maison ŕ l'autre en hauteur ŕ travers les ruelles, surélevées au-dessus des porches, au moins, une fuite ils la repčrent vite !, les gouttičres aussi, elles sont en zinc trčs décorées, travaillées, avec des motifs, c'est joli ! La plupart des maisons sont en pisé recouvertes ensuite de ciment et nous avons la chance d'observer, au détour d'une ruelle, la fabrication de ce pisé : du sable, du foin, de l'eau et une bonne dose de courage pour piétiner le tout pendant des heures ! pas de trottoirs ici, un caniveau est creusé au milieu de la rue, parfois recouvert de plaques métalliques, pas toujours (André mettra le pied dedans, distrait qu'il était au passage d'une jolie ouzbčke !) et les rares voitures doivent bien viser pour ne pas y coincer une roue. Les rues sont trčs étroites, souvent nous ne tenons pas ŕ six de front, de hauts murs cachent les maisons dont nous n'apercevons les cours intérieures que par les portes en fer entre-ouvertes.
Manifestement nous nous sommes un peu égarés et un jeune garçon ŕ vélo, Mizrob, se propose de nous accompagner. Il réclame un peu d'argent et pour le remercier nous lui donnons quelques soums ce qui provoque une dispute entre lui et d'autres comparses qui s'étaient rajoutés au groupe, ils veulent tous leur part ! c'est la seule fois que ceci arrive.
Chor Minor, ce sont quatre minarets, restes de la porte d'entrée d'une madrasa, au centre d'une place, un petit bassin, quelques arbres, l'endroit est charmant. Nous y restons un moment et tous les gens de passage nous saluent de façon fort sympathique, certains cherchent ŕ savoir d'oů nous venons et ŕ l'évocation de la France, le sourire est plus grand ! devinez qui est notre plus grand homme ? Zidane ! et notre plus petit ? (en taille bien sűr !) Sarko ! ils ont suivi les élections...
Avant de rentrer ŕ la maison d'hôtes, et en prévision de notre séjour dans le désert, nous passons acheter quelques bonbons, gateaux (pour distribuer) et quelques boissons (pour nous réchauffer) les prix sont incroyables : 1 euro 80 pour une bouteille de leur vin un peu sucré, et 2 euros 50 pour une bonne bouteille de vodka, pas la peine de s'en priver !
Ce soir Elias nous amčne en minibus dans la banlieue de Boukhara manger dans un restaurant "anciennement" russe. On y mange bien, entre autres des aubergines frites et un gros ravioli aux légumes... qui vont nous ętre fatals ! Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 27 novembre 2007 ŕ 23:19 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 13 de 50 · Page 1 de 3 · 14 534 affichages · Partager Mamina, tu as bien fait de te lancer (comme tu dis !).
Je me régale de te lire, je retrouve l' Ouzbékistan oů on m'a envoyé en mission (de travail) il y a quelques années, et oů malheureusement je n'ai pas pu (ou trčs peu) faire le touriste ! Les couleurs, les odeurs, les femmes sur les marchés, les sourires aux dents d'or, le plov, les repas délicieux mais aux suites incertaines... 
Mais par dessus tout, tu me donnes envie d'y revenir pour voir tous ces trésors d'architecture et d'histoire qui m'ont pour la plupart échappé.
Merci !
Chris. | | | Ŕ: Mamina64 · 28 novembre 2007 ŕ 14:03 · Modifié le 15 aoűt 2008 ŕ 22:25 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 14 de 50 · Page 1 de 3 · 14 518 affichages · Partager Boukhara – jour 5
Ce matin les troupes sont plutôt décimées et ne font gučre honneur au petit déjeuner. Pierre et Jean-Marie sont en forme, moi... ŕ moitié mais les autres ont passé une trčs mauvaise nuit. Malgré tout nous nous préparons ŕ rejoindre la forteresse pour continuer les visites. André surmonte ses douleurs atroces et nous rejoint rapidement.
Pour couronner le tout, le vent s’est levé et tout le sable et la poussičre accumulés depuis plusieurs semaines tourbillonnent autour de nous... nous en aurons vite plein le nez et les oreilles, attention aux yeux...Nous refaisons le męme chemin qu’hier, mais aucune envie de trainer car ce vent froid s’engouffre dans les ruelles et nous gčle, pourtant le ciel est encore tout bleu et le soleil va vite venir réchauffer tout ça !
La place du Réghistan, au pied des remparts de la forteresse, est comme un lieu abandonné qui ne sert que de passage, quelques parterres de lavatčres et de cosmos essaient de l’égayer mais sans succčs. Nous entrons les premiers dans la citadelle, dans ce grand corridor de pierres, permettant aussi aux chevaux de pénétrer dans la cour, les cellules des prisonniers sur notre gauche, c’est assez sinistre. La salle du trône est en travaux, le musée est fermé, ŕ part le magasin, véritable caverne d’Ali Baba, qui se trouve dans les anciennes loges de l’Emir, au-dessus du porche, rien ne m’a vraiment touché dans cet endroit. Pourtant, jusqu’en 1920, l’Emir Alim Khan vivait ici et les photos de l’époque témoignent d’une ville interdite qui fit ręver tant d’ occidentaux
Le petit bureau de change juste ŕ l’entrée vient d’ouvrir, profitons-en pour récupérer quelques liasses de soums... nous traversons la place du Réghistan, sur les pas de l’Emir et de sa cour, mais sans musique ni banničres, pour nous diriger vers la mosquée Bolo-Khaouz. Lŕ aussi un vaste bassin mais qui a été réduit de moitié et empęche les 20 colonnes de l’iwan de se réfléter dans son eau... comme ŕ l’époque oů l’on appelait cette mosquée celles des 40 colonnes. A coté de la mosquée un charmant minaret, pas bien haut mais élégant.
Une petite mendiante, bien coquine, vient systématiquement se mettre entre mon objectif et le minaret pour que je la prenne en photo, moyennant une petite rétribution... elle est tellement souriante que je le fais avec plaisir et lui montre le résultat sur l’écran du numérique, du coup, elle part vite trouver un autre pigeon... le plus drôle c’est qu’en repassant quelques heures plus tard elle me refait le coup et il a fallu que je lui remontre sa photo pour qu’elle nous laisse tranquille ! tout ça dans la bonne humeur !
On rentre dans la mosquée Bobo Khaouz par l’iwan dont le plafond en bois est magnifiquement peint de ribambelles de fleurs aux couleurs vives, les hauts piliers sculptés qui soutiennent l’ensemble lui donne une finesse particuličre. Quant au porche d’entrée il nous surprend aussi par ses couleurs vives rose, vert, jaune... nous qui n’avions vu que du bleu depuis cinq jours !
Est-ce mon état un peu nauséeux, la poussičre qui se soulčve de partout ou tout simplement le cinquičme jour de voyage... mais je sature un peu des commentaires pourtant trčs intéressants de Nourali, mon esprit s’embrouille aujourd’hui.
Aprčs un passage dans le quartier ouest de la vieille ville, nous arrivons ŕ la source de Job abritée dans une chapelle et ce mélange de religion chrétienne et musulmane est assez fréquent en particulier dans les lieux saints.
De grands travaux ŕ côté oů l’on construit le nouveau marché. Puis nous traversons une grande esplanade pour arriver au mausolée Ismail Samani. Auparavant, de nombreux ouvriers nous auront dépassés pour aller manger ŕ leur cantine. Nous sommes un peu surpris de voir aussi de nombreuses femmes, en tenue de travail, qui manifestement travaillent sur le chantier voisin. Le mausolée Ismail Samani est superbe, unique en son genre car sa seule décoration ce sont les jeux de briques de terre cuite harmonieusement disposées parfois en quinconce, parfois en arrondi, parfois en losange... le tout formant un cube surmonté d’un dôme. La lumičre aujourd’hui est trop blanche, en plus il est midi, et nous n’aurons pas la chance de voir les couleurs changeantes des briques aux rayons du soleil.
Nous remontons un grand jardin public, ŕ proximité d’un parc d’attraction dont les mančges ressemblent ŕ ceux de mon enfance. Des canaux d’irrigation permettent ŕ de nombreux arbres et ŕ de beaux parterres de fleurs d’égayer l’endroit. Au bout de ce jardin, deux nouvelles madrasas, les fausses jumelles se font face, Modar-i-khan et Abdullah Khan. C’est lŕ que j’ai le mieux observé les subtilités architecturales des bâtisseurs, aucune ligne droite, on a męme l’impression qu’elles peuvent se rejoindre dans le ciel... Les restaurateurs se sont emparés des lieux, dans un angle une trčs belle salle oů le couvert est mis... mais pas pour nous ! nous retournons manger dans la tchaďkhana sous les arbres, face ŕ la citadelle mais lŕ, nous nous réfugions dans la salle, le vent n’est gučre tombé męme si les températures remontent un peu. Repas léger ce midi : riz et carottes cuites ce qui n’empęche pas les biens-portants de se régaler de belles brochettes !
Le vent, la tourista et la mauvaise nuit nous ont mis ko, nous prenons de bon cśur un temps de repos en rentrant ŕ l’hôtel. En plus, nous avons bien trotté ce matin ! Vers 16 h, Yolande, Pierre et moi nous nous décidons ŕ partir ŕ la recherche d’une poste. Nous avons sacrifié aux traditionnelles cartes postales, reste maintenant ŕ les expédier. Derričre la Khanaga, face ŕ l’hôtel Asia, il y a un grand portail en fer bleu vif que Nourali nous avait indiqué, nous le poussons, pénétrons dans un hall couvert, au fond une autre plaque bleue indique le bureau de poste, franchement, si vous trouvez l’endroit, faites le détour ! derričre un comptoir en formica des plus sommaires, deux dames tamponnent ŕ tour de bras, elles ont trois gilets sur elle malgré un poęle dont la fumée s’échappe par un carreau découpé, c’est l’image męme de nos bureaux de poste de campagne en 1955, en moins gai encore ! Au moins, elles, nous vendent les timbres au juste prix (surtaxe dans les hôtels ou les boutiques en ville) et notre courrier arrivera ŕ bon port...
Dans le guide Olizane, la charmante description de l’ensemble Khodja Zaďn ud-Din nous donne envie d’aller ŕ sa recherche, nous n’avons aucun plan précis, rien qu’une vague idée de l’endroit. Nous voilŕ donc, une nouvelle fois, le nez en l’air, les yeux ŕ l’affűt et le sourire heureux de ceux qui vont trouver ! Cette longue rue qui suit le canal derričre la coupole des changeurs nous livre vite quelques surprises : de nombreuses madrasas, des petits caravansérails ont été plus ou moins restaurés (ou en passe de devenir des hôtels), ils ne sont pas encore sur les itinéraires touristiques et pourtant ils le mériteraient. Dans l’un d’entre eux, nous tombons sur l’exposition d’un photographe ouzbek montrant les différents visages de son pays aujourd’hui, quel talent et quelle sensibilité, c’est magnifique !
Nous passons devant un grand ensemble scolaire, trčs moderne, tout neuf, il semble que le pays mette une bonne partie de son énergie dans l’éducation. Nous avons été surpris dčs notre arrivée par l’image que donne l’ Ouzbekistan, c’est un pays moderne, dynamique, laďc qui ne cesse de se développer et de s’ouvrir ŕ l’étranger, pas du tout ce ŕ quoi nous nous attendions, je dirais męme plus moderne que le Maroc... attention, je ne suis pas dupe non plus du régime totalitaire qui y sévit, mais, comme le disent d’autres voyageurs, les ouzbeks n’ont pas l’air d’en souffrir et c’est peut-ętre grâce ŕ ce régime qu’ils ont pu plus facilement glisser ŕ l’autonomie. Ce n’est qu’une opinion un peu superficielle, je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir le sujet, Nourali étant politiquement correct. Que l’état soit laďc et qu’ici la pratique de la religion soit libre (exactement comme chez nous) fait que nous n’avons jamais senti le poids de la religion musulmane. Nous étions lŕ-bas au moment du Ramadan et pourtant tous les restaurants ouverts, les Ouzbeks prenant leur repas dans la journée, ils mangent du porc, boivent de l’alcool, les femmes ne sont pas voilées, ont un contact d’égal ŕ égal avec les hommes, l’islam, męme quand il est pratiqué est trčs tolérant.
Lŕ une madrasa abandonnée, encore quelques majoliques ci et lŕ sur le portail, un garagiste et une épicerie ont pris place dans les cellules des étudiants, ici on devine une ancienne mosquée dont l’accčs est barré par de lourdes chaines, et nous finissons par tomber, vraiment par hasard sur notre fameux ensemble Kodja Zaďn ud-Din, heureusement qu’une plaque sur le mur extérieur l’indique, et encore, il faut en deviner la traduction ! trop curieuse je pénčtre dans l’enceinte, un bel iwan mais en trčs mauvais état, un bassin dégradé mais surtout la mosquée encore en activité oů des gens sont en pričre... du coup, je rebrousse chemin, ne voulant pas déranger ! nous rentrons tranquillement en nous dirigeant vers Po-i-Kalon dont nous apercevons le minaret au-dessus de la ruelle.
Une dame et sa fille nous saluent chaleureusement et devant notre empressement ŕ leur répondre, la conversation s’engage ! elle est d’origine iranienne, veuve, parle l’anglais (ce qui permet de mieux communiquer) et trčs rapidement nous propose de nous rendre chez elle pour boire un thé ! j’avais été prévenue de l’hospitalité des ouzbeks... mais quand ça vous arrive, c’est une bouffée de joie ! il est vrai que nous papotons dans le vent et le froid. Elle nous amčne deux ruelles plus loin, comme partout de hauts murs, un portail en fer et nous voilŕ dans une cour en terre battue – avec le traditionnel tapchan - entourée des pičces de l’habitation, lŕ la cuisine, lŕ la pičce ŕ vivre. Nous y pénétrons et une douce chaleur nous réconforte. C’est trčs simple, une grande salle rectangulaire, de la peinture ocre ŕ la chaux sur les murs, un poęle dans un coin, des tapis recouvrent le sol, une télé trône dans un coin, immédiatement d’ailleurs elles l’allument et nous aurons droit au hit parade des titres ouzbeks et russes aussi il me semble. Nous nous asseyons par terre, une petite nappe est vite étalée et apparaissent des assiettes de fruits secs, des bonbons, des cacahučtes, la tasse de thé vert est bien réconfortante ! nous essayons tant bien que mal de communiquer, la maman (dont j’ai oublié le nom, je m’en veux !) a pas mal voyagé, elle était coiffeuse dans les Emirats arabes et pratique maintenant ŕ Boukhara. Sitora sa fille unique de 17 ans étudie les langues au collčge et espčre travailler dans le tourisme. Elle vient tout juste de débuter le français, se débrouille un peu en anglais. Nous parlons de nos familles respectives, évidemment mes photos sont restées au B&B. Soudain, une tornade pénčtre dans la pičce, ce n’est que la grand-mčre... quelle énergie ! vętue comme sa fille et petite-fille d’une robe longue chatoyante, d’un foulard coloré qui cache ses cheveux (dont elle nous montrera la longueur plus tard), un sourire magnifique et des plus or – nementés, une belle petite touffe de poils gris au menton, elle fait une entrée fracassante, heureuse de nous voir lŕ et posant tout de suite plein de questions que sa fille nous traduit. Elle est trčs ŕ l’aise avec Pierre qu’elle interpelle en riant. Je leur fait remarquer qu’elles sont jolies toutes les trois avec leur maquillage particulier : un long trait noir qui relie les deux sourcils, qu’ŕ cela ne tienne ! la voilŕ qui prépare du khôl et entreprend de nous maquiller... moi, toujours partante bien que sceptique ! la tęte de Pierre et son fou-rire en nous voyant Yolande (elle n’a pu s’y soustraire) et moi, essayer de ressembler ŕ des ouzbčkes nous renseignent sur le résultat ! puis elle nous sort des sacs d’épices diverses qu’elle vend au marché. Nous voilŕ avec quelques petits cornets habilement fabriqués dans du papier journal.
Il faut repartir, la nuit est presque tombée. Avant il nous faut rincer notre maquillage (avec un seau d'eau dans la cour) sinon nous garderons ce trait un bon bout de temps ! moi qui suis blonde j’en ai vu la trace quelques jours ! Sitora nous accompagne jusqu’au B&B et du coup les autres pourront faire sa connaissance. Le réceptionniste, célibataire, la trouve trčs mignonne, il a bien raison, et nous le chahuterons un peu sur son «coup de foudre ».
Nous venons de passer un moment magique, un moment comme je les aime en voyage, un moment qui restera précieux dans les souvenirs. Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 28 novembre 2007 ŕ 19:11 · Modifié le 5 oct. 2008 ŕ 18:58 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 15 de 50 · Page 1 de 3 · 14 507 affichages · Partager Boukhara – la yourte (quelque part dans le désert) jour 6
Hier soir, nous avons mangé dans un petit restaurant, rien que pour nous, prčs de la Khanaga. Le repas, qui se voulait léger : salade d’aubergines, poivrons farcis cuits façon pot-au-feu et roulé au chocolat – avait été préparé par la dame qui nous avait vendu les suzanis le matin męme ! ceux qui y ont fait honneur se sont régalés, les autres n’ont que des regrets... regrets aussi de laisser repartir des bons plats si gentiment préparés (je te comprends CatherineGil... mais devant l’abondance !) Nous sommes quelques-uns ŕ affronter le vent et le froid pour le plaisir de voir Po-i-Kalon éclairé... malchance ! c’est pas le jour ou plus la saison ? nous n’aurons finalement fait qu’une promenade digestive... Enfin, pas si digestive que ça, la nuit a été mauvaise et je me réveille le cśur au bord des lčvres, je ne suis pas la seule. Devant le mauvais état des troupes, Nourali prends les choses en main et nous amčne au restaurant russe « l’Aquarium », celui de l’avant-veille, oů nous attendent un bol d’eau de riz et la fameuse décoction de pelures de grenade. C’est amer, c’est infect... ça me fait du bien instantanément ! aux autres aussi apparemment.
C’est donc revigorés que nous partons vers le palais d’été de l’Emir Alim Khan, vous savez, le dernier, celui de la forteresse, celui qui s’est enfui ŕ l’arrivée des russes en 1920. Ce palais se trouve ŕ une dizaine de kms de Boukhara, il est entouré de hauts remparts que nous franchissons par un portail décorés de majoliques aux motifs géométriques dans des tons trčs pastel... Un grand parc, des canaux d’irrigation, des paons, un grand bassin dans lequel se baignaient les femmes du harem, une loge de laquelle l’émir les observait et les choisissait ; pour l’instant ce sont des jeunes mariés qui ont pris place dans la loge et ont l’air d’échanger leurs vśux, lui n’a pas plus de 16 ou 17 ans, elle est toute mignonne dans un tourbillon de tulle, de nśuds, de rubans et de fleurs. Le palais est largement d’inspiration russe, intérieur comme extérieur, on se croirait ŕ Saint-Pétersbourg, ŕ part l’iwan sur la droite de la cour. A l’intérieur, belles collections de costumes d’apparat et de vases chinois.
Nous y passons un bon moment, profitant du calme et de l’ombre des arbres. Le vent est tombé pour l’instant, il fait bon.
Nous repassons par l’Aquarium pour manger, ou pas, oů nous retrouvons l’autre groupe de retour du désert. Ils ont l’air fatigué, ils ont eu froid surtout au bivouac sinon ils sont ravis. Nourali et l’autre guide discutent, y aurait-il changement pour nous ?
Il est temps de quitter Boukhara et de se diriger plein Nord. Nourali, aprčs conciliabules avec Elias, nous propose une nuit supplémentaire ŕ Samarkand plutôt que la nuit en bivouac qui risque d’ętre pénible ŕ cause du froid. Bien qu’un peu déçus de ne pas bivouaquer, la perspective d’un séjour un peu plus long ŕ Samarkand est plutôt réjouissante !
Sur la route nous nous arrętons ŕ un caravansérail dont il ne reste que les ruines, ŕ proximité un immense dôme en briques cuites protčge une nappe phréatique de l’avancée du désert et de la chaleur. La présence de l’eau explique le caravansérail.
Le trajet est long, monotone, sinon les rencontres avec des troupeaux et les bergers sur leurs ânes. C’est plat, c’est le désert, quelques chaines de montagne tout au loin. Du coup, nous faisons une répétition de chants car il parait que ce soir c’est soirée musique ! tout y passe, les comptines enfantines, les chansons des années 60 et les classiques du répertoire français ! cela fait beaucoup rire Elias et Nourali.
Elias quitte la route (qui mčne oů d’ailleurs ?) et s’engage sur une piste pendant quelques kms.
Au milieu de nulle part nous nous arrętons prčs d’une yourte et de deux constructions bases en pisé aux toits de tôle. Quelques branchages délimitent des enclos pour les bętes, des poules s’échappent devant nous, une moto et un side-car de l’époque soviétique sont garés un peu plus loin, un petit tricycle bricolé traîne prčs de la maison, le tout dans la lumičre de fin d’aprčs-midi, oů sommes-nous ? deux femmes avenantes se dirigent vers nous et nous accueillent avec de grands sourires, la plus jeune a un bébé dans les bras, un petit garçon les accompagne. Ce sont nos « hôtesses » et bientôt les hommes de la maison viendront aussi nous saluer, parents, enfants et petits-enfants cohabitent dans ce lieu perdu ! Nous posons nos sacs dans un coin de la yourte qui va nous servir de salle ŕ manger et de chambre ŕ coucher, des tapis et des cousins sur le sol, une grande table basse au milieu, et surtout, surtout... une décoration ŕ couper le souffle ! ŕ l’extérieur la yourte est recouverte d’une toile épaisse, beige, solidement attachée par des sangles, ŕ l’intérieur ce sont des multitudes de pompons, de galons, des broderies, des tresses multicolores, un énorme « lustre » de pompons de tailles diverses pend du « plafond », les couleurs sont vives, du rouge surtout, du jaune, du vert, du bleu, il fait plutôt sombre mais toutes ces couleurs égayent l’unique pičce d’autant plus que l’armature visible de la yourte a été aussi peinte en rouge, magnifique ! Plus tard, la grand-mčre nous dira que c’est elle qui a tout fait. Encore un anachronisme : une machine ŕ coudre dans un coin ! une ancienne ŕ pédale mais une Singer quand męme ! une unique ampoule pend prčs de la porte et nous apportera une douce lumičre. La porte c’est deux battants en bois vert vif peints de guirlandes de fleurs, ŕ l’extérieur un pan de toile retombe devant elle et protčge du froid.
Avant la tombée de la nuit nous montons ŕ travers les buissons vers un monticule oů se trouve un vieux cimetičre, trčs au loin, nous aperçevons les lumičres d’un village de nomades. J’écourte un peu la balade, je suis un peu abattue par cet épisode tourista, depuis 2 jours je mange peu, je ne fais que boire et je voudrais tellement profiter du moment qui nous est offert.
Le vent s’est ŕ nouveau levé, nous nous réfugions au chaud dans la yourte... enfin, au chaud, presque ! ici, pas de toilette, c’est dans la nature, pas de lavabo ni de douche bien sűr (nous le savions...) juste un petit réservoir d’eau et une bassine qui nous permettrons de nous laver les dents et de nous rafraichir un peu. Nous repérons les lieux en cas de sortie de nuit...
Nourali et Elias ont déchargé du minibus de denrées diverses qui ont permis ŕ la jeune femme de préparer le repas du soir. En attendant, nous prenons un verre avec les grands-parents, la bouteille de vodka se vide rapidement, heureusement nous avons des réserves. Les enfants sont avec nous, nous avons bien fait de prévoir des petits gâteaux et des jus de fruit. Le bébé est une petite fille, jumelle de Gabin notre petit-fils (un an hier), Aroujan est adorable avec ses grands yeux noirs, nous ne voyions que sa frimousse tant elle est couverte de pulls, bonnet tous plus multicolores les uns que les autres. Nartaya, le petit garçon de deux ans, nous fait éclater de rire car il répčte tout ce que nous disons, l’entendre parler français est trčs drôle. Lorsque Annick va montrer les photos de sa famille, il va tomber amoureux de Lili, sa petite-fille, il n’arręte pas de réclamer « Lili ! Lili ! », ŕ tel point que Annick lui donnera une photo. Nos cśurs de grands-mčres ont été gâtés ce soir ! pendant ce temps les grands-pčres français et ouzbeks trinquent joyeusement ! la soirée promet d’ętre animée..
Comme convenu, aprčs le repas que nous prenons tous ensemble, le grand-pčre sort une sorte de longue guitare ŕ deux cordes et accompagné de la grand-mčre, ils nous chantent tous les deux des airs trčs nostalgiques et tendres, ce sont des chansons d’amour d’une mčre pour ses enfants ou de deux amoureux éloignés, c’est trčs beau et dans la lumičre tamisée de la yourte ça a un charme tout particulier... A nous maintenant ! difficile de démarrer avec « la souris verte » ou « le clown au nez rouge », ce sera pour plus tard, nous chantons donc quelques classiques « montagnes pyrénées » pour nous, Annick et André, « en passant par la Lorraine » pour Yolande et Jean-Marie et Pierre nous fait le plaisir d’entonner « les amants de St Jean », c’est une jolie valse que Annick danse avec Nourali, je vais inviter le grand-pčre. L’ambiance est lŕ, Nourali chante d’autres chansons du folklore ouzbeks, accompagné des grands-parents et de nos claquements de mains ! j’ai oublié de préciser qu’entre temps l’eau bénite a fait son apparition !
Nous avons passé une trčs bonne soirée, une fois de plus la musique (et rien que la musique) a rassemblé les peuples... il est temps de se coucher !
Nous poussons la table sur un côté, nous étalons les fins matelas l’un ŕ côté de l’autre, nos duvets par-dessus, et quand męme... nous osons réclamer quelques couvertures supplémentaires car il fait vraiment froid ! Fou-rire au moment oů nous nous débattons avec nos sous-tifs dans les duvets, le grand-pčre s’est installé sur une chaise prčs de la porte et assiste au coucher ! Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 28 novembre 2007 ŕ 21:23 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 16 de 50 · Page 1 de 3 · 14 469 affichages · Partager Ton récit est tout ŕ fait passionnant, On a l'impression d'ętre avec toi. Je peux certifier que l'épisode des cartes postales est véridique, j'ai celle que tu nous a envoyée sous les yeux : le palais Tach Khaouli (pas facile de se rappeler ce nom!). Je te suis pas ŕ pas et doit quelquefois, chercher dans mon dico la signification de certains mots. Faudra qu'on en parle, le dico sur mon ordi n'est pas trčs au parfum ! | | | Ŕ: Mamina64 · 29 novembre 2007 ŕ 18:42 · Modifié le 5 oct. 2008 ŕ 18:48 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 17 de 50 · Page 1 de 3 · 14 434 affichages · Partager La yourte – le lac Aydarkul – Nourata jour 6
Cette nuit en pleine nature aura été bénéfique pour tous puisque nous nous réveillons en pleine forme ce matin. Petite toilette rapide –lingettes pour les endroits stratégiques comme dit Yolande- les duvets sont repliés, la table est ŕ sa place pour le petit déjeuner et nous voilŕ pręts ŕ attaquer la journée ! En plus du pain, du lait frais, du café, thé et confitures, Nourali nous fait la surprise de brioches chaudes... sympa ! ça fait du bien de manger un peu mais il faudra continuer ŕ ętre prudente jusqu’ŕ la fin du séjour.
Ce matin, c’est ŕ notre hôtesse (Agié) de nous montrer ses nombreux albums photos, la plupart des clichés ont été pris par des touristes de passage, quelques-uns sont des fętes de famille ce qui nous permet de savoir qu’elle a 5 enfants, deux filles mariées sont ŕ Tashkent, un fils vit ŕ Boukhara, un plus jeune est en pension dans une école pas trop éloignée et le 3 ičme fils vit ici avec sa femme et ses enfants. Il travaille plus loin (peut-ętre dans des mines) et nous l’avons entendu, tôt ce matin partir en moto. Il aide aussi sűrement le pčre ŕ exploiter cette petite ferme. Cette femme est gaie, enjouée, elle a l’air heureuse de nous recevoir et de rencontrer des étrangers, pourtant elle doit en voir passer pas mal, elle continue ŕ ętre curieuse de nos vies et cela aura été un plaisir de la connaitre. Sa petite belle-fille est plus réservée mais toujours présente avec ses enfants. Elles ont l’air de s’entendre, d’ętre complices. Elles font maintenant partie des quelques visages que je ramčne avec moi ŕ chaque voyage...
Nous n’étions pas pressés, nous avons ri, nous avons acheté une petite babiole dans l’artisanat qu’elle proposait (commerce oblige quand męme !). Au moment de partir, Agié qui a lorgné sur le foulard bleu de Yolande lui propose un échange, et voilŕ notre copine avec le cou emballé dans de l’orange ! ça lui va bien aussi ! Quelques photos avant le départ et nous reprenons la route.
Nourali voudrait nous amener manger ŕ Nourata aprčs un passage du coup trčs rapide au lac Aydarkul. Nous lui proposons, car il fait beau aujourd’hui, de pique-niquer plutôt au bord du lac. Il est OK et nous allons nous arręter au prochain bourg pour faire quelques achats au marché. Voilŕ qui nous va bien !
Avant de passer la chaine de montagnes oů se trouve le lac, une cité miničre : d’un coté, l’ancien village, de l’autre une ville nouvelle avec ses usines, ses batiments oů logent les ouvriers et ses grandes avenues, cette ville nouvelle a fait partie des constructions sous le régime russe et ça se voit...
Elias gare son minibus sur un parking style gare routičre, de nombreux véhicules sont stationnés ŕ cet endroit et le marché est tout prčs. Pas beaucoup d’étalages mais suffisamment pour acheter des fruits, des légumes et de ce bon pain dont nous nous sommes régalés tous les jours.
A notre retour, le minibus a disparu et nous voyons une centaine de mčtres plus loin, Elias s’invectiver avec un policier. Ça crie fort, c’est ŕ qui l’emportera, le policier a les papiers du véhicule et du chauffeur dans les mains. Nous comprenons qu’il lui était interdit de stationner ŕ cet endroit réservé aux bus... et sur un parking voitures probablement aussi ! il suffit de trouver la bonne raison. Le problčme lŕ-bas c’est que ça peut durer longtemps et ça peut couter cher ! Nous arrivons avec notre plus joli sourire et nous essayons de la jouer ŕ la française avec beaucoup de charme et de bagout.... « niet ! vous la fermez et vous montez dans la voiture » (traduction approximative !) en plus d’un regard pas trčs sympathique. Nous sentons vite qu’il faut les laisser faire et se taire surtout. Un quart d’heure aprčs nous repartons, Nourali a évoqué la mauvaise image sur les touristes (je pense que le policier s’en fichait et voulait juste faire preuve d'autorité) et la possibilité de téléphoner (ŕ qui ?) en haut lieu... pas d’amende, les papiers sont restitués, Elias s’en sort bien et nous avec !
Par curiosité, nous posons pas mal de questions ŕ Nourali, en particulier sur la vie quotidienne des ouzbeks (pour l’histoire, l’architecture nous avons largement ce qu’il faut pendant les visites !) Au hasard des questions nous lui demandons ce qu’il en est dans le pays pour les homosexuels, sa réponse est brčve et définitive : ça n’existe pas en Ouzbékistan ! quelques semaines auparavant, le président iranien avait fait la męme réponse aux Etats-Unis ! ça nous fait hurler ! ŕ la limite ne pas l’accepter, ne pas le tolérer mais le nier, ça dépasse l’entendement ! et malgré ce que nous lui disons de l’ignorance dans laquelle nous étions nous aussi il y a 50 ans, il refuse complčtement cette idée. Ce n’est pas nous qui allons refaire le monde, surtout ici, il nous aura entendu, il y repensera plus tard !
Du coup, pour rire, André et Pierre s’appelleront souvent « Azizim » pendant le voyage, Cela veut dire « mon chéri » en ouzbek, « azizam » c’est « ma chérie », Nourali pouffe de rire ŕ chaque fois qu’il les entend, heureusement il a beaucoup d’humour ! et « azizim » c’est mignon non ?
Le paysage a changé, la morne plaine a fait place ŕ une chaine de montagnes pas trčs hautes (dans les 1200m), le sable est moins gris, il vire légčrement au rouge, ocre et les buissons sont plus parsemés, nous montons un col, le ciel est toujours d’un bleu immaculé et soudain, au milieu de ce désert une grande étendue d’eau d'un bleu trčs vif... l’endroit n’est pas encaissé, nous sommes plutôt sur un plateau. Premier arręt de loin pour prendre quelques photos et avec Elias et Nourali nous ramassons du bois mort... ah ! bon ! ils vont nous faire un feu ?
Nous sommes au lac Aydarkul, celui qui s’est rempli au fur et ŕ mesure que la mer d’Aral s’asséchait, il faut aujourd’hui maitriser sa superficie ! Nous nous approchons des berges, au passage quelques maisons de pęcheurs mais rien ŕ voir avec nos villages bretons ou méditerranéens, juste quelques petites maisons en pisé trčs isolées les unes des autres. Nous verrons au loin deux barques de pęcheurs qui lancent leurs filets.
Nous nous arrętons dans un endroit un peu surprenant : au bord d’une jolie plage certes, mais devant des anciens wagons de marchandises déposés lŕ, sűrement par des chasseurs (il parait qu’il y a beaucoup de sangliers dans le coin) et utilisés maintenant comme dépôt pour les guides ! Nourali et Elias ont la clé et disposent de la vaisselle, d’un barbecue (c’est pour ça le bois !) lorsque les touristes bivouaquent !
Ils refusent notre aide pour le repas et nous envoient promener au bord du lac ! Il fait bon au soleil (15-20° ?), super pour une balade, mais pas question de se baigner et quand je relis le carnet de Catherine j’ai du mal ŕ imaginer !
Nous profitons bien des paysages et nos amoureux de la nature nous font tout observer : les traces légčres de scarabée dans le sable, le phasme qui se fige ŕ notre approche, les nombreux nids d’oiseaux creusés dans les murs de sable, la terre remuée par les groins des sangliers et leurs traces, les cormorans au loin, les plaques de sel sur le sable séché, nous jouons comme des gamins un bon moment dans le sable des berges affaissées, l’eau du lac vient mourir en petites vaguelettes, c’est pas la plage... mais ça y ressemble.
Pendant que nous mangeons au milieu des wagons, des nuées de moucherons tournent autour de nous. Nous nous régalons de tomates et de gros bouts de saucisson de bśuf (!) en brochettes, du pain et des fruits, super !
Nous apprécions beaucoup d’ętre en pleine nature, aprčs plusieurs jours de grandes villes, nos yeux et nos esprits en avaient besoin. C’est ici que nous devions bivouaquer, c’est vrai que quand le vent se lčve, la nuit doit ętre glaciale !
Nous prenons le chemin de Nourata aprčs quelques heures passées au bord du lac, c’était bien agréable. A Nourata nous devons loger chez l’habitant. Une ruelle, un portail tout bleu, une charmante cour et un accueil sympa, nous devons laisser nos sacs ŕ l’extérieur, sur le tapchan sous la terrasse car ils ne doivent pas abîmer la chambre !!! ah, bon ? qu’est-ce-qu’elle a la chambre ?
Une grande pičce rectangulaire, toujours des tapis par terre mais lŕ, nous comprenons ! les murs sont entičrement peints de panneaux de bouquets de fleurs sur fond blanc, un lustre de cristal au plafond, on se croirait dans la chambre d’un palais russe, effectivement il vaut mieux ne pas salir les plâtres ! surprenant, d’autant plus que la maison ŕ l’extérieur n’a rien de particulier, comme partout des sanitaires inexistants (un trou dans le sol prčs de la grange ŕ foin) et un petit réservoir d’eau sur une bassine pour se rincer... on ne s’attend évidemment pas ŕ cette pičce mais nous allons avoir une autre surprise !
En attendant, nous visitons un peu Nourata, charmante petite ville de province. Sur la hauteur, une citadelle oů est passé Alexandre Le Grand et en bas de cette colline un immense lieu de pčlerinage avec une source sacrée et deux mosquées. Cet endroit est trčs calme, trčs reposant, plein de fleurs et d’arbustes. Nous entrons dans une premičre mosquée flanquée d’un magnifique iwan qui permet de faire les pričres ŕ l’extérieur l’été. En face, la seconde mosquée est en activité et nous voyions les pčlerins entrer et sortir réguličrement. Lorsque nous y entrons, un imam fait des essais d’appel ŕ la pričre dans un micro... Nourali nous invite ŕ nous asseoir autour de lui dans la pénombre directement sur les tapis de pričres, les rayons du soleil couchant pénčtrent par le portail en ogive et projettent l’ombre de nos chaussures restées dans l’entrée, tout prčs de nous la niche de mir hab et le minbar, est-ce-lŕ ou ailleurs que Nourali a chanté ŕ notre demande une sourate du Coran ? ça aurait pu !... encore un moment magique, je dirais presque de recueillement, nous l’avons tous ressenti ! A la fontaine nous sommes époustouflés par les milliers de poissons dans un si petit espace, pas étonnant qu’ils se répandent dans tous les canaux de la ville. Nourali se prend une bouteille d’eau sacrée (comme ŕ Lourdes !) et nous gravissons allčgrement les nombreuses marches pour atteindre la citadelle. Des groupes d’enfants nous saluent et comme d’hab. réclament la photo ! La lumičre du soir va me permettre de faire quelques clichés sympas sur la ville, sur la chaine de montagnes au loin et sur les gamins.
Deuxičme surprise ! arrivés ŕ la maison, on nous propose de passer au hammam car il y a de l’eau chaude ! super ! nous ne nous sommes pas lavé depuis hier matin ! ça va faire du bien. Oui ! mais pas de maillots de bain ! ah ! nos convenances françaises ! nous allons voir de quoi il retourne et comment ça se passe.
En fait, une petite entrée avec porte-manteau oů l’on se déshabille puis on rentre dans une pičce carrée, basse de plafond, dans un coin une énorme jarre remplie d’eau brulante, dans l’autre coin des grosses bassines d’eau froide... et au milieu, par terre, une bassine dans laquelle vous faites le mélange grâce ŕ une petite casserole qui vous permet de prendre l’eau un coup ŕ gauche, un coup ŕ droite ! par terre du ciment et une évacuation au centre, bien suffisant pour prendre une bonne douche ! nous y passons par couple : trois casseroles d’eau chaude et trois casseroles d’eau froide pour se laver, pareil pour se rincer et en plus ŕ deux, shampoing compris ! quelle économie que ce systčme ! bien envie de démolir la salle de bains en rentrant !
Les vętements pendus au hammam nous font penser que nous avons utilisé leurs propres sanitaires et comme dans toutes les maisons oů nous passeront, tout est nickel !
C’est donc bien réchauffés que nous prendrons le repas sous la terrasse (ne pas abîmer la grande pičce !), nous y mangerons un des meilleurs plov du séjour!
Nous nous endormons une nouvelle fois en rang d’oignons dans nos duvets mais cette fois-ci sous les ors et les dorures ! Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 29 novembre 2007 ŕ 19:00 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 18 de 50 · Page 1 de 3 · 14 432 affichages · Partager Merci pour tous vos encouragements, le but est de vous faire revivre votre voyage ou de vous donner envie d'y aller.
Par contre, je suis trop bavarde  , il va falloir que j'abrčge sinon je vais me momifier devant l'ordinateur et vous n'aurez jamais la fin ! 
Mamina | | | Ŕ: Mamina64 · 1 décembre 2007 ŕ 12:17 · Modifié le 3 nov. 2008 ŕ 14:57 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 19 de 50 · Page 1 de 3 · 14 372 affichages · Partager Nourata – Samarkand jour 7
Il est autour de 9 h lorsque nous reprenons la route. L’accueil a été sympa, sans plus, juste quelques contacts ce matin lorsque Yolande montre les photos que nous avons sur les guides. Ils reconnaissent Samarkand et Boukhara dont nous ne sommes pas trop éloignés. Elias cueille dans le jardin des bouquets de basilic qui vont embaumer le bus.
A peine sommes-nous montés dans la voiture que Jean-Marie et André commentent notre expérience du hammam et entreprennent de réinventer la douche : « tu vois, si on perçait des trous dans la casserole » et si « on rajoutait un poteau en bois, on pourrait l’accrocher » et mieux encore si « on adaptait des tuyaux pour directement mélanger l’eau chaude et froide »... bon finalement, on a la męme ŕ la maison !!!!
Au passage d’un col, nous nous arrętons pour aller admirer des pétroglyphes sur une arręte rocheuse : petite balade d’une demi-heure pendant laquelle nous découvrons tour ŕ tour des gravures d’animaux, de personnages, de scčne de vie quotidienne gravés lŕ il y a des milliers d’années probablement par des bergers artistes. L’endroit est particuličrement aride, balayé par les vents, l’érosion est visible sur la roche largement entaillée et les quelques fermes que nous voyons ça et lŕ sont comme posées pour le décor.
Nous retrouvons assez vite l’axe principal du pays, la route entre Tachkent ŕ l’est et Ourgench ŕ l’Ouest, la circulation se fait plus dense, de grands chantiers de travaux pour améliorer le bitume, de nombreux villages traversés et un paysage trčs différent. Nous sommes dans les plaines de production du coton, męme si les ouzbeks essaient de varier un peu les cultures, nous voyons un peu de maďs, du blé (déjŕ coupé) et des arbres fruitiers.
Nous demandons ŕ Elias de nous arręter au bord d’un champ de coton pour prendre quelques photos, l’image est belle de ces femmes penchées sur les pieds de coton, remplissant le ballot attaché ŕ leur flanc. Je m’approche en demandant auparavant si je ne les dérange pas... immédiatement elles arrivent sur moi en riant, toutes veulent leur portrait ! j’aurais du mal ŕ avoir un plan plus vaste ! pendant ce temps Yolande et Annick se voient offrir un bouquet (dont je ramčnerais une branche ŕ Maëlle : mamina ! je ręęęvais de voir du « vrai » coton, si j’avais pu ma puce, je t’aurais cueilli tout le champ !)
Un groupe de jeunes filles, disons, plus modernes, en jeans, se joint ŕ nous, ce sont des étudiantes libérées des cours et qui sont donc bien dans les champs, l’une d’entre elles parle un peu l’anglais et Yolande essaye de communiquer avec elle. Pendant ce temps, les autres n’arrętent pas de poser, j’aurais quelques jolis clichés oů elles sont toutes plus souriantes les unes que les autres, elles ont arrangé leurs foulards et leurs tabliers, coquettes malgré tout ! les hommes pour un coup, sont un peu en retrait, ils ont l’air surpris de l’audace des femmes mais essayent d’ętre sur les photos quand męme ! bien évidemment nous sommes invités ŕ boire du thé avec le groupe. Nourali nous presse, ce sera la seule fois, dommage ! nous sommes attendus pour le repas ŕ Samarkand et il est déjŕ tard !
Samarkand, ville dont le nom fait ręver! ville légendaire ! ville prometteuse ! vas-tu te révéler ŕ nous ? vas-tu te laisser conquérir ? vas-tu ętre ŕ la hauteur de nos attentes ?
Aprčs avoir circulé dans un dédale de ruelles, la voiture pénčtre par un grand portail sculpté dans la cour de notre maison d’hôtes « Legend ». Super ! encore une immense maison de bois autour d’une cour oů trône un énorme műrier. Nous arrivons en plus chez un collectionneur et la cour, les murs, les niches, les piliers sont couverts de poteries, de calottes anciennes, de passementeries, de samovars, de récipients de toutes sortes. Nous n’aurons pas de trop des quelques jours passés ici pour aller ŕ la découverte d’objets insolites !
Nous nous installons dans nos chambres : Yolande, Jean-Marie et nous, sommes dans deux vastes chambres qui étaient auparavant les salles de réception, de hauts plafonds, des tapis au sol, des panneaux de broderies sur les murs, magnifiques ! Annick et André ont la leur ŕ l’étage, bien agréable aussi et bien ensoleillée.
Le couvert est mis devant l’iwan, une belle table avec de la porcelaine bleue comme ŕ Khiva, une multitude de raviers de crudités, un bol de soupe, des poivrons farcis, des fruits... c’est excellent. Lola, la charmante cuisiničre va nous régaler pendant tout le séjour mais nous lui demandons d’ores et déjŕ d’alléger les menus. Nous sommes seuls dans la maison pour l’instant ! Nourali et Elias qui habitent ŕ Samarkand vont rejoindre leurs familles et nous avons l’aprčs-midi ŕ nous.
Un plan pour repérer oů nous sommes, et nous voilŕ en route pour le bazar prčs de l’ensemble Bibi Khanoum, c’est ŕ un quart d’heure ŕ pied de l’hôtel, ŕ un quart d’heure aussi du Réghistan dans un quartier ancien trčs typique que nous parcourrons en long et en large. Nous finirons par ętre reconnus et les « salam aleďkoum » ou « bonjour » sont trčs chaleureux !
Avant d’entrer dans le bazar nous ne pouvons qu’admirer les coupoles et du mausolée et de la mosquée Bibi Khanoum, elles sont impressionnantes et d’une couleur superbe, un turquoise trčs vif, encore des merveilles ŕ découvrir. Le marché a manifestement été entičrement refait et c’est sur des étals numérotés et bien organisés que nous découvrons toutes sortes de marchandises. Tout d’abord la partie sucrerie (plein, plein de gâteaux qu’on voudra ŕ tout prix nous faire goűter) nous y achetons un peu de nougat, ensuite les fruits secs (et Dieu sait s’il y en a !) toujours aussi bien présentés, lŕ aussi nous nous laissons tenter, les pistaches sont excellentes et agrémentent nos apéritifs.
Un peu plus loin les fruits et légumes, c’est la pleine saison des grenades et du raisin, et un peu en contrebas nous trouvons des épiceries oů nous faisons le plein de thé vert, ŕ nouveau quelques bouteilles de vodka (nous avons un séjour et une randonnée en montagne en perspective !).
Au milieu de tout cela des marchands ambulants se sont installés : des marchandes de poissons qui ont entre les mains d' énormes liasses de billets (elles nous font croire que ce sont des dollars !) d’autres vendent leurs propres productions de pâtés ŕ la viande, lŕ encore des paysannes et la récolte de leur jardin, plus loin des piles de balais en paille, et bien sűr les landaus croulant sous des piles de pain. Il y a beaucoup d’animation, nous sommes en milieu d’aprčs-midi et vers 18 h c’est la rupture du jeűne, les femmes font leurs courses pour le soir. Nous trainons longtemps dans cette ambiance bon enfant et sympathique oů nous pouvons nous promener tranquillement sans ętre sollicités. Il faut dire que nos pas nous ont entrainés bien loin de l’entrée du bazar oů stationnent les groupes de touristes.
Quand męme, c’est notre premier jour ŕ Samarkand, pas question de rentrer au B&B sans avoir vu l’ensemble du Réghistan ! nous remontons la Tachkent Avenue avec ses műriers et ses nombreuses boutiques et oů l’énorme chantier de ce qui sera un hôtel de luxe nous oblige ŕ changer de trottoir (ŕ Boukhara comme ici, on se prépare ŕ recevoir les visiteurs étrangers). A gauche le bâtiment austčre du musée, ŕ droite les jardins qui mčnent ŕ la fameuse place. J’ai le cśur qui bat un peu vite... j’attends ce moment avec impatience... oui, hé bien c’est impressionnant !
Les fętes commémorant le 2 750 ičme anniversaire de la ville viennent de se terminer et les estrades sont encore en place, nous nous installons sur les bancs, face aux trois madrasas, ŕ leurs coupoles, ŕ leurs minarets, moment d’observation, moment d’émotion.
Les rayons du soleil couchant font ressortir la façade de la médersa Chir Dor ŕ droite et son portail orné de lions portant des soleils ŕ face humaine sur leurs dos. Face ŕ nous, la médersa Tilia Kari avec ses rangées de cellules ouvertes sur la façade, ses fenętres ŕ panneaux ajourés et surtout le dôme turquoise de la mosquée du Vendredi et sur notre gauche, ŕ l’ombre, la médersa Ouloug Beg au portail étoilé. Chacune est si différente et pourtant ensemble elles forment une harmonie inégalée...
Il ne fait pas chaud quand nous rentrons vers l’hôtel, nous avons changé le chemin du retour et nous nous sommes un peu paumés, un peu de marche ça fait du bien ! nous mangeons auprčs du poęle dans le salon d’apparat et les lourdes couvertures de coton ne me réchaufferont pas de la nuit... brrr ! Images attachées: | | | Ŕ: Mamina64 · 1 décembre 2007 ŕ 18:45 Re: Retour d' Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007) Message 20 de 50 · Page 1 de 3 · 14 359 affichages · Partager Bonjour,
Nous sommes un groupe de six personnes (8 retraités les meilleures années...) et notre prochain périple est justement l' Uzbekistan, 22 jours au mois de mai prochain. nous avons traité notre voyage avec l'agence Silk Road Destination, qui nous avait été préconisée sur ABM. et qui s'est révélée trčs réactive et ŕ l'écoute de nos désirs de visites des sites. et nous attendons la premičre semaine de décembre pour finaliser notre vol sur Uzbekistant Airways.
Quelques questions avant de partir, Dollars ou euros pour la vie quotidienne? nous devons également dormir sous la Yourte prčs du lac Aydarkul, les sacs de couchages ou duvets sont ils recommandés? Nous devons effectuer également un vol intérieur entre Nukus et Tachkent, est-ce bien raisonnable? En attendant de lire la suite...  Perigordialement. J-Pierre B | Carnets similaires sur l'Ouzbékistan: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 417 visiteurs en ligne depuis une heure! |