Bonjour,
Dire de
Guatemala City qu'elle est "trop moche", cela est bien commode (et ce n'est pas si faux quand on parcourt en taxi bien des endroits de la capitale), mais c'est un jugement hâtif de touriste.
Certes, l'urbanisme de la capitale ne soutient pas la comparaison avec la
Antigua, par exemple, mais les zones historiques, les grands boulevards qui viennent de la zone 14 en passant par les zones 9 et 4 et arrivent sur la zone 1 et la zone 2, font une chouette promenade (sur fond de vacarme de voitures, certes, mais la ville -- et c'est son défaut principal pour le promeneur -- a été bâtie pour les voitures), avec à la clé de beaux bâtiments et des sculptures traduisant l'histoire guatémaltèque en ses diverses étapes et, pour qui a un peu de curiosité pour l'histoire et la politique du pays, l'urbanisme de la capitale est de toute évidence marqué par la domination de l'oligarchie. Le Cimetière général, dans la zone 3, ou encore l'université libérale/libertarienne Francisco Marroquin dans la zone 10 (où se trouvent les musées Ixchel du costume traditionnel et Popol Vuh) le confirment aussi.
L'artificielle zone 10, pleines d'hôtels de standing et de bars et de restaurants, évoque un peu certains quartiers de
Mexico City... Le Paseo Cayala, un peu à l'écart de la ville, est une bulle artificielle où parade la jeunesse dorée et la bourgeoisie de la ville, à l'abri de ses réalités les plus dures.
L'urbanisme est globalement marqué par la peur et le sentiment d'insécurité, mais la réalité de la violence au quotidien, ce sont d'abord les Guatémaltèques les plus pauvres qui en font les frais, ensuite les riches qui se font racketter (par ex au feu rouge) et seulement ensuite aux étrangers.
Vraiment, la ville est passionnante pour le voyageur qui ne vient pas seulement, en touriste, consommer du "wow" de lieu en lieu pendant 15 jours ou 3 semaines, mais qui aurait une réelle curiosité intellectuelle pour le pays qu'il visite.
Cordialement,
Mikaël