Jean Luc,
Vous les Français, vous êtes des saints. Aprés avoir colonisé beaucoup de pays, ils ont vraiment bénéficiés de vos bienfaits. C'est pour cela que beaucoup de pays veulent votre retour chez eux pour les civiliser. ROTFLOL!!!!!!!!!!!! J'adore ce forum et tous les colons qui donnent et demandent des conseils.
Bonne nuit, Jean Luc
Le sujet a quelque peu dévié.On est passé de l'inécurité présente aux causes de cette insécurité.Ce qui rend d, apres moi le sujet plus intéressant et tres complexe....
Mme Sautdeau (haitienne vivant aux
USA) blâme les anciennes puissances colonialistes de tous les maux de la terre.....
Et pourtant.:
C'est vrai que le pillage fut manifeste, c, est également vrai que l'asservissement aux puissants y fut omniprésent et c, est aussi vrai que des relents de colonialisme existent encore. Il suffit de se réferrer aux 40 familles qui possedent 80% du
Mexique ainsi qu'aux
quatorce qui possedent 70% du
Salvador.....
Et quand on fait référence a la
CIA, à Reagan, à la Standart Fruit etc.....ces gens-là ne traitaient pas avec le peuple mais avec leurs
dirigeants corrompus qui voyaient là une belle occasion de se remplir les poches davantage

La révolution guatémalteque a duré 33 ans et causé 100,000 morts, comme mentionné par Jean-Luc. Elle a aussi chassé un autre 100.000 (mayas) de leur pays vers le
Chiapas voisin....
Mais la redistribution des terre ne s, est tjs pas faite!!!! Ajd les
retornados héritent des terres du Peten, dont personne ne veut....!J'espere que la situation socio-économique du
Guatémala vous passionne.....

?
Dans ce cas il faut lire absolument la biographique de Rigoberta Manchu....vous y apprendrez entr, autre chose que deux siecles plus tard.....il n, y a toujours que 2 députés mayas au gouv. guatémalteque, alors qu'ils (les mayas) forment 60% de la population....
Sautdeau semble en vouloir à la
France,
ex-grande puissance coloniale, elle pourrait s'en prendre également à la
Belgique.
Et pourtant.....ci-joint un texte d, un ex-ambassadeur congolais à
Bruxelles....
(finalement les colons n, étaient pas si méchants....

)
Promis, je ne vous emm.....rez plus avec de (trop)longs discours apres celui-ci (mais le sujet est tres complexe)
Ces deux articles ont été écrits par un Congolais qui fut Ambassadeur à
Bruxelles.
En 2005, Albert Kisonga Mazakala écrivait ce qui suit dans la "Libre Belgique".
"Il n'y a pas de doute que dans sa conception,
la colonisation fut essentiellement une entreprise de pillage des richesses et de quête de puissance au détriment des peuples colonisés. Pour autant, le Congo dont nous sommes si fiers aujourd'hui n'aurait pas existé sans ce même Léopold II. Et puis, pour tout dire, lorsque l'histoire se met en marche, elle le fait souvent dans la violence. Les tribus du Congo ont été victimes de cette violence terrible, mais non sans avoir été délivrées de l'esclavagisme arabe. L'esclavage ne peut être comparé à la colonisation. L'esclavage recherche la destruction de l'individu, sa réduction à l'état de simple force de production, à l'état quasi animal. Il n'y a pas la moindre humanité dans l'esclavage. Par contre, même s'il s'était agi d'une hypocrisie, la colonisation avait le noble but «de civilisation». Du reste, c'est la contradiction entre le but de «civilisation» et l'exploitation de la main-d'oeuvre et des richesses des pays colonisés qui conduira au désaveu de la colonisation par les opinions publiques des pays colonisateurs, et facilitera par conséquent la victoire de la lutte pour l'indépendance.
Tout jeune, j'ai aussi apporté ma petite pierre à la lutte pour l'indépendance. Mes idées, c'est le moins qu'on puisse dire, ne sont plus les mêmes qu'il y a 40 ans. Par exemple, quand je pose la question: «l'Afrique noire serait-elle à la place des
Etats-Unis si les Noirs n'avaient pas été victimes de l'esclavagisme puis du colonialisme?», je n'obtiens généralement que des réponses confuses. Pour parler sérieusement, la thèse du leadership de l'Afrique est insoutenable, pour la simple et bonne raison que le continent noir n'avait pas fait la révolution technologique qui a permis l'évolution des autres cultures. Nous n'avions pas inventé (même pas copié) les technologies primaires (la roue, la charrue, la traction animale, le gouvernail, le chadouf, etc.) ayant permis à l'homme d'accroître la production agricole, de construire en dur, de bâtir des villes et de naviguer sur les océans.
Mise à part l'
Egypte pharaonique et la civilisation du Méroé qui commence à peine à être interrogée, il n'y a pas, à ma connaissance, de preuve de l'existence de grandes villes fondées par les Noirs, l'influence arabe ayant été, semble-t-il, prépondérante dans la création de Tomboucktou. Le temps permettra peut-être de mieux faire parler un passé marqué par l'absence d'écriture pour savoir pourquoi, au moment où l'homme, sous d'autres latitudes, a domestiqué le cheval, employé l'animal dans des travaux de labour ou pour le transport des charges et inventé la poudre et le gouvernail, l'homme noir a choisi, comme tous ces peuples qu'on appelle maintenant «premiers», de refuser l'évolution. Depuis l'invention de la houe et de la pirogue, le progrès de notre race s'était comme arrêté.
Je suis parmi ces millions des Congolais qui ne considèrent plus la colonisation comme quelque chose de négatif, malgré sa cohorte de morts, de travaux forcés, de mains coupées et d'humiliation. Le Congolais est parfaitement conscient que son sort s'est plus dégradé depuis l'indépendance non seulement sur le plan matériel, mais même dans le domaine des droits humains. Mais Basile Diatezwa a écrit que « un autre regard sur la colonisation belge ne peut occulter les conséquences tragiques de l'échec de l'idéologie coloniale qui ne pouvait favoriser la liberté individuelle et l'émancipation politique des populations congolaises». Mais est-il certain du degré de liberté dont jouissaient les individus à l'époque pré-coloniale, alors même qu'il apparaît que maintes autorités coutumières se comportaient en parfaits tyrans? J'ai observé au
Rwanda, au Kivu, chez les Kondjo en
Ouganda, au Nord Katanga et dans les Uélés le fonctionnement des pouvoirs coutumiers pour ne pas croire, en termes de liberté des individus, que le sort du colonisé au Congo belge, en l'espèce celui des habitants des CEC (centres extra coutumiers) n'ait été plus enviable que celui de son compatriote demeuré sous l'autorité du pouvoir traditionnel.
C'est tout simplement un manque de lucidité. Si nous ne parvenons pas à bien gérer nos pays jusqu'ici, c'est parce que notre culture, qui s'est forgée pour l'essentiel à l'intérieur des tribus, ne nous a pas préparés à gérer un Etat moderne, par définition post-tribal. Nous aurions dû comprendre l'intérêt d'impliquer ceux qui ont la maîtrise de ces choses-là, c'est-à-dire pour nous Congolais, les Belges en priorité. Il n'y a aucune honte à le faire, dès lors que nous avons pris conscience de nos faiblesses et cherchons, par une décision autonome mûrement réfléchie, d'y remédier en faisant appel à ceux qui, pendant 80 ans, ont oeuvré avec nous à la création de cette nation que l'histoire nous a léguée. Il est temps que nous devenions moins sentimentaux et plus pragmatiques."
Aujourd'hui, en janvier 2010, il a écrit cet autre texte :
"La liberté des Haïtiens n’aura servi à rien sinon à accoucher des régimes tyranniques.
Le terrible séisme qui a détruit la capitale d’
Haïti focalise de nouveau l’attention de tous les médias sur la situation catastrophique de ce pays, le plus pauvre des Amériques, un des plus pauvres du monde.
Haïti est le premier pays noir, si pas l’unique, à s’être libéré des chaînes de l’esclavage grâce au génie militaire de son leader Toussaint Louverture,
il y a 219 ans. Pourtant, loin d’avoir permis le développement de leur pays, la liberté des Haïtiens n’aura servi à rien, pourrait-on dire, sinon à accoucher des régimes tyranniques tout juste aptes à appauvrir leur peuple et, au contraire, à favoriser l’enrichissement des dirigeants.
La situation d’
Haïti est en tous points semblable à celle de la plupart des pays d’Afrique noire, en ce compris, bien évidemment, sur le plan racial. D’où la pathétique question que tout le monde se pose tout bas mais qui est dans tous les esprits : les Noirs ne seraient-ils que des incapables ? Oser poser publiquement la question me vaudra probablement la remontrance de beaucoup de mes frères de couleur, étant donné l’extrême susceptibilité dont nous faisons généralement montre. En effet, on se rend compte maintenant, après le demi-siècle des indépendances africaines, combien la maxime de Léopold Senghor fut juste : "L’émotion est nègre, la raison hellène".
Beaucoup de cadres africains comprennent aujourd’hui que c’est la difficulté de gérer nos émotions qui nous empêche de prendre les bonnes décisions pour une meilleure gestion de nos pays. En considérant notre allergie à la critique, nos détracteurs concluent à l’infériorité du Noir. Nous sommes bien obligés, même à notre corps défendant, de convaincre qu’on nous juge mal, non pas en proférant des menaces donquichottistes mais en apportant les preuves de notre volonté d’essayer de bien faire. Pour ma part, j’ai tenté de donner réponse à cette question dans un ouvrage (Africains, nous devons changer) paru l’année dernière chez l’Harmattan à
Paris.
Pour commencer, il est peut-être nécessaire de rappeler que de nombreuses études scientifiques faites dans le monde ont démontré que tous les êtres humains, abstraction faite de la couleur de leur peau, ont les mêmes aptitudes au point de vue de l’intelligence. En revanche, notre culture apparaît comme un handicap ne favorisant pas un comportement rationnel en matière de gestion d’un Etat moderne. A mon humble avis, notre vision du monde et le rapport au pouvoir qui en découle semblent toujours obéir à la tradition, alors même que nous sommes en charge de gérer des pays modernes que, malheureusement, nous n’avons pas créés mais qui l’ont été par le colonisateur.
A ce jour encore, même bardés de diplômes universitaires, beaucoup de nos dirigeants considèrent le pays comme leur "chose" pour laquelle ils n’ont de compte à rendre à personne, et encore moins à l’étranger. C’est ainsi que pourrait s’expliquer, par exemple,
l’extrême susceptibilité des dirigeants congolais, de Mobutu à Kabila. Comment ne pas donner raison à ceux qui accusent nos dirigeants de se moquer des conditions de vie de leur peuple ? Si cette culture a traversé les siècles malgré les bouleversements de l’histoire, c’est certainement parce que nous n’avons pas pu nous approprier la culture du développement économique et technologique ayant accompagné le colonisateur.
C’est simple : jusqu’à ce jour, dans la plupart des pays d’Afrique noire tout comme à
Haïti, les instruments de production demeurent la houe et la machette, les déplacements se font à pied, le transport des marchandises à dos d’homme. Or, ce qui contribue à la mutation de la culture, ce sont, essentiellement, les outils et les rapports de production. L’existence d’un secteur économique moderne, bien souvent géré par les étrangers, ne suffit apparemment pas à induire le changement de culture, parce qu’il n’est pas intégré par la population, sinon rien que par la consommation. Il est certain que si les populations acquièrent la possibilité de produire des biens en quantité, d’accéder à des meilleures conditions de vie, elles auraient une autre compréhension de la gestion de la chose publique; seraient par conséquent plus désireuses de se choisir des dirigeants aptes à promouvoir l’intérêt général, et donc éventuellement, à se battre pour sanctionner les dirigeants corrompus et inefficaces.
Le drame de
Haïti soulève une autre interrogation,
au regard du silence assourdissant des pays africains au moment où le monde entier se précipite au chevet de ce pays éprouvé. Dans leurs fréquents déplacements à l’étranger, les Chefs d’Etat africains voyagent en avion spécial, accompagnés d’une nombreuse délégation pour des coûts onéreux en millions de dollars.
Prétendre que c’est un manque de moyens qui les empêche d’aller au secours d’un pays frère éprouvé relève de la pure hypocrisie. Aussi, si l’indépendance a été une chance historique dont il faut absolument se féliciter, il
faudrait maintenant que nous ayons le courage de constater que notre culture n’est pas à même de favoriser le développement, voire est antagonique au développement (...)"