Merci tout plein !

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27 février : Om Nama Shiva ! Loué soit Shiva ! Bonne fête très cher Shankar l’auspicieux, Bolenath le fumeur de shilom, Nataraja le roi de la danse, Bhairav le terrible, Shiva le gentil. On lui donne 1008 noms.
Dieu universel pour ses adorateurs, il peut assumer à la fois les trois aspects de la trimurti. La création, la conservation et la destruction. Son épouse est Parvati dont il a au moins deux fils, Ganesh et le moins connu Skanda (appelé aussi Kartikeya ou Subramanya)
Cette journée commence par la visite du mausolée Maqbara, décoré de minarets avec des escaliers extérieurs en spirale, c’est impressionnant comme architecture...
Je l’avais vu en photo, mais il est encore plus fascinant grandeur nature, un vrai régal pour les yeux... Juste à côté d’une mosquée toute jaune...
En se baladant dans les rues, un mini resto fabrique des centaines de chapatis. Anne n’a jamais vu ca, elle demande à prendre des photos, puis elle reçoit un chapati pour goûter. On nous propose de nous asseoir, j’en reçois un aussi, ensuite on nous apporte une assiette avec un légume en sauce pour accompagner. C’est pas mauvais du tout. On veut offrir quelques sous en échange, mais pas question ! Ils refusent catégoriquement !
Ensuite nous prenons un rickshaw pour se rendre à Bhavnath, le lieu de la Shivaratri.
Quand on arrive, nous devons marcher bien 3 ou 4 km dans une foule ahurissante avant de voir les nagas babas prêts pour la grande marche de la nuit.
Les nagas babas sont une sorte de sadhus, des dévots de Shiva, vivants de la mendicité et débarrassé de toutes possessions; sauf leurs téléphones portables, nous sommes au 21eme siècle quand même :o)
Nous les trouvons sous des tentes de fortune, les yeux rouges, totalement défoncés au cannabis, ils fument le shilom, tout comme Shiva, et boivent du bang lassis à gogo. Une boisson à base de lait et de cannabis, d’ailleurs on en vend partout pour 5 roupies. Je vois un père et son fils de 5 ou 6 ans devant une échoppe...
« T’as soif ? Tiens ! »
Ils commencent tôt dans ce pays...
D’un côté je râle de ne plus avoir d’appareil photo, mais de l’autre, quel plaisir de ne pas l’avoir, de ne pas regarder ce festival à travers un objectif et d’en profiter pleinement les yeux grands ouverts. Puis je fais des donations pendant qu’Anne photographie.
(Admin: voilà, on ne voit plus rien)
Inutile de dire qu’avec cette ambiance, ces Om Nama Shiva et Bom Bolenath, je suis heureuse puissance max ! J’ai mal aux zygomatiques à force de répondre aux grands sourires donnés par la plupart des gens !
Oh ! Mais quelle belle apparition....
Une belle paire de fesses mâle, agréablement décorées d’un string à fleurs fraîchement coupées...
Nous nous asseyons à côté de cette tente, sur des escaliers qui mènent à un temple.
Le sadhu près de nous est vraiment magnifique...
Nous restons là plus d’une heure, à papoter avec deux femmes venues de
Bombay et qui participeront à la grande marche. J’aimerais bien y assister, mais je n’ai pas envie de laisser Anne toute seule, puis si je dois rester longtemps debout je vais avoir bien mal à mon pauvre dos tout foutu.
Le sadhu me tend un shilom pour l’allumer... Euh... Hum... Zut ! Ca me rappellera mon jeune âge. Youpie ! :o)
Alors là... Toute la foule s’est arrêtée pour me regarder, l’appareil photo prêt. (La touriste, femme, va allumer un shilom ! Hé hé, elle va tousser...) J’ai montré le feu sacré et les offrandes en disant "donation, donation !"
Eclats de rire général !!! Quelques billets sortent des portefeuilles.
Un flic arrive, et éloigne les photographes trop envahissants avec son bâton !
Le shilom ? Bah, c’est la fête à Shiva, no problem. Je suis bien protégée, d’un côté le flic, de l’autre le beau sadhu tout souriant, tout content.
Faut dire qu’un beau petit paquet de roupies s’est amoncelé sur le plateau d’offrande...
BOM BOLENATH ! J’allume le shilom...
Les appareils crépitent comme si j’étais une star.
Je ne tousse pas, et recrache doucement une longue et magnifique veloute de fumée, devant des yeux tout étonnés et des sourires éclatants.
"Good ?" me demande le flic !
Je lui réponds en dodelinant la tête avec un grand sourire de contentement, et lui tends le shilom,

re éclat de rire général !
Encore un joyeux "Donation, donation", et la foule bouge, le flic s’en va, on reste encore un peu puis on continue notre tour, toujours dans cette multitude de gens dont certains au look franchement hallucinant, nous nous retapons les 4 km de retour.
Pour ma part, le sourire d’imbécile heureuse ne me quitte pas, mais je ne marche plus, je flotte sur des nuages.