Oui enfin l'état d'urgence, pas tous les jours ni tous les mois de septembre quand même

Le Premier ministre décrète l'état d'urgence à
BangkokLe Premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, a décrété mardi l'état d'urgence à
Bangkok.
Il a demandé à l'armée de restaurer l'ordre public après la mort d'une personne lors d'affrontements entre partisans et opposants du gouvernement dans la soirée.
En vertu des mesures d'urgence annoncées à la télévision et à la radio, tous les rassemblements publics sont interdits dans la capitale. Des restrictions ont été imposées aux médias concernant les informations susceptibles de «nuire à la sécurité publique».
«Il y a un besoin urgent de résoudre tous ces problèmes rapidement. Par conséquent, le Premier ministre déclare l'état d'urgence à
Bangkok à compter de maintenant», précisait la déclaration officielle lue sur la radio et la télévision publiques.
M. Samak a assuré plus tard, lors d'une conférence de presse, que l'état d'urgence ne se prolongerait pas au-delà de quelques jours.
Soulagement de la policeLe déploiement de militaires dans les rues de la capitale sera sans doute accueilli avec soulagement par des forces de police débordées mais il ravive le spectre d'une prise du pouvoir par l'armée moins de deux ans après l'éviction de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, chassé par les militaires.
Les chefs de file du mouvement de contestation contre le gouvernement ont toutefois affirmé qu'ils n'avaient pas l'intention d'abandonner le bâtiment abritant les services du Premier ministre qu'ils occupent depuis une semaine. Ils sont retranchés derrière des barricades confectionnées avec des barbelés et des pneus.
«Il n'y a pas assez de prisons pour nous y mettre tous», a déclaré Chamlong Srimuang, l'un des dirigeants de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD) qui mène la campagne d'opposition contre le gouvernement.
Appel à la populationDevant des milliers de partisans regroupés à l'intérieur du bâtiment, il a appelé le reste de la population à se joindre aux manifestations contre M. Samak, accusé par le PAD d'être fidèle à l'ancien Premier ministre déposé.
Certaines écoles ont gardé leurs portes closes mardi à
Bangkok mais le trafic était conforme à la normale dans la matinée à l'heure de pointe et l'aéroport, principale porte d'entrée dans le pays pour les touristes étrangers, est resté ouvert.
Un mortDes affrontements entre partisans et opposants du gouvernement thaïlandais ont fait au moins un mort et 34 blessés dans la nuit de lundi à mardi près des bâtiments gouvernementaux.
Quelque 400 militaires armés de matraques et de boucliers ont été envoyés en renfort pour aider la police à mettre fin aux échauffourées. Plusieurs coups de feu ont retenti mais il est difficile de dire qui en était à l'origine.
Les partisans de M. Samak, qui dirige une coalition constituée de six partis, ont abandonné leurs positions près des barricades érigées par l'opposition après l'instauration de l'état d'urgence.
«Semer le chaos»Dans sa déclaration officielle annonçant l'instauration de l'état d'urgence, le Premier ministre a accusé un certain nombre de personnes, qu'il ne nomme pas, de «semer le chaos». Il a affirmé que leurs actions nuisent à l'économie et à l'unité nationale.
Le PAD, qui regroupe des hommes d'affaires, des universitaires et d'autres activistes, se présente comme le garant de la monarchie contre une volonté présumée de Thaksin de revenir en
Thaïlande pour y restaurer la république, ce dont l'ancien chef du gouvernement se défend.
Source: SDA/ATS