Ce que je peux te dire sur le
Langtangà part de singes peu d'animaux visibles, pour ce le sud le Terai.
Népal 2011, je voulais revoir le
Khumbu, l’
Everest.
J’ai découvert le
Langtang
Pour la 3e année consécutive je vais au
Népal, un pays envoutant, par la gentillesse des népalais, ses villes, ses monuments, son histoire et le summum ses montagnes.
Quinze jours avant le départ, j’apprends que Suman le guide que j’ai eu l’an passé dans les
Annapurna sera à nouveau notre guide dans le Kumbu et pour les visites de
Katmandou, j’ai un pincement au cœur en sachant que nous allons retrouver Suman et sa gentillesse, lui qui avait pleuré quand nous l’avions quitté en 2010. 5 jours avant le départ, la tension se fait sentir chez Yoyo (mon épouse). Je lui ai tellement parlé de ce pays, de ses montagnes, de l’accueil des népalais qu’elle a envie de vivre ce que j’ai vécu.
Abu Dhabi
3 Novembre2011: Nous prenons l’avion pour
Paris au départ de
Toulouse et atterrissons à Charles de Gaulle en début d’après midi; nous devons attendre le début de la soirée avant de décoller pour
Abu Dhabi aux
Emirats Arabes Unis avec Etihad Airways. Après 7 heures de vol, nous nous posons à
Abu Dhabi, 4 heures à attendre dans l’aéroport. Vers 13 heures nous embarquons et patientons de longues minutes, une heure, puis 2, l’hôtesse annonce: «tout le monde descend», problème technique, c’est l’attente interminable et vers 17 heures on nous procure un visa provisoire et par couples, en taxis nous sommes conduits à l’hôtel Centro à
Abu Dhabi qui se trouve à 5km de l’Aéroport; le taxi a roulé à 150kmh sur des portions limitées à 70! Une ville qui pue l’argent, que des routes à 4 voies, de très grands et beaux bâtiments!!! (J’envoie un message à l’agence au
Népal pour l’informer de notre retard).
Kathmandu
Il est quand même inadmissible qu’au siège de la compagnie aérienne Etihad Airways qui se trouve à
Abu Dhabi, il n'y ait pas un avion de remplacement.
Super hôtel, super repas, super petit déjeuner et le lendemain matin nous prenons des minibus pour l’aéroport.
Décollage à 9h30 pour
Kathmandu où nous atterrissons vers 15h, de nouveau l’attente (1h30) pour passer en douane avec nos visas temporaires de 15 jours. A la sortie, une centaine de personnes attendent avec à la main un panneau et un nom marqué, nous recherchons notre nom «Fabre» et au bout de 2 à 3 minutes, nous le trouvons.
Kathmandu
L’employé ne parle pas français, mais avec mon petit anglais je comprends que le responsable de l’agence Karma Lama nous attend à l’hôtel dans le quartier de Thamel, quartier des touristes à
Kathmandu. Un taxi nous y conduit et je retrouve cette circulation et le vacarme des klaxons dans les rues de la capitale. Yoyo est très surprise, mais elle s'attendait un peu à celà, je lui en avais beaucoup parlé. Bien qu'il fasse déjà nuit, je trouve la ville un peu plus propre que l'année précédente, plus de poubelles qui brulent aux bords des routes.
Khumbu ou
Langtang
Arrivés à l’hôtel, Karma m'informe qu’en raison des conditions météorologiques, les avions ne peuvent se poser à
Lukla (petit village à 2800m d’altitude en direction de l'
Everest) depuis le 31 octobre. 2000 trekkeurs sont bloqués dans le secteur et la nourriture commence à manquer; ce qui est consommé dans cette région est porté à dos d’homme depuis le dernier village qui se nomme Géri et qui est à 8 jours de marche de
Lukla.
Il me dit que demain dimanche on va voir si on peut décoller vers
Lukla, sinon il me propose un trek dans le
Langtang, de très belles montagnes qui se trouvent à 130 km au nord de
Katmandou et qui sont frontalières avec le
Tibet.
Vol pour
Lukla
6 novembre: Debout à 5h30, le départ pour l'aéroport est prévu à 6h30; Suman arrive et c'est avec une grande émotion que je le serre dans mes bras, Yoyo mon épouse l'embrasse comme si c'était son fils tellement je lui avais parlé de lui. Petite péripétie, je remonte à la chambre pour chercher les valises que nous laissons en consigne à l’hôtel, la clé se casse dans la serrure et au bout de 10 mn de manipulation j’arrive à ouvrir la porte, ouf!!!
Un taxi nous amène à l'aéroport où nous allons prendre un avion pour
Lukla. Notre vol est prévu à 8h30, l'attente commence, 9 heures, 10 heures, 11 heures et aucun avion décolle en direction des montagnes tant aussi bien à l'Est comme à l'Ouest de
Kathmandu. Seuls les avions volent vers le sud. A midi, Suman me demande: qu'est-ce que l'on fait? On attend, ou on commence les visites dans
Kathmandu et demain le
Langtang?
J'ai tellement envie de faire connaître le
Khumbu (région de l'
Everest) à mon épouse, que je demande à Suman d’attendre. L'an passé dans les
Annapurna, Nima un de nos guides avait eu une crise d'épilepsie juste devant moi.
Nous attendions, Yoyo m’interpelle, je me retourne et à moins d’un mètre de moi, un homme a une crise d'épilepsie; avec une autre personne nous le retenons pour ne pas qu'il se fasse mal en tombant et je protège sa tête avec mes mains, il tressaille quelques minutes qui semblent interminables, puis tout doucement revient à lui. Les services de secours de l'aéroport le prennent en charge.
Vers 14 heures, vite, vite on embarque, on prend un minibus qui nous conduit à l’avion, nous patientons une dizaine de minutes et l'avion va se mettre en liste d'attente sur la piste. Yoyo était surprise d'être accueillie par une hôtesse de l'air qui nous a offert des bonbons et du coton pour mettre dans les oreilles. Toutes les deux minutes un avion décolle et nous décollons en direction du
Khumbu. Ma joie est immense, je suis assis au devant de l’avion à 1 m du poste de pilotage; sur l'écran de navigation je vois le symbole de l'avion qui suit une ligne. Nous volons à 500 ou 600 m d'altitude, voyons en dessous énormément de village reliés les uns aux autres par des pistes, il y a beaucoup de nuages et je me demande si nous allons arriver à destination. Je surveille l’écran de navigation, cela fait plus de 20 minutes que nous avons décollé, l'avion bifurque sur la gauche et quitte la ligne qu’il suivait!!! Quelques secondes plus tard, l'hôtesse annonce: «Come-back to
Kathmandu» l'aéroport de Luklaest à nouveau fermé. Ma déception est grande, nous sommes à moins de 10mn de
Lukla, Yoyo ne connaîtra pas cette année le
Khumbu. Mais sachant que l'aéroport de Luklafait partie des 10 plus dangereux du monde, la solution de fermer l'aéroport a été la bonne. Nous atterrissons à
Kathmandu et attendons encore 1 heure pour voir s'il n'y a pas encore une possibilité d'envol.
À 16 heures, la piste de
Lukla est officiellement fermée et le vol annulé; nous rentrons déçus à l’hôtel, mais il est complet et l'agence nous en trouve un autre équivalent à proximité où nous y allons en taxi car sous un gros orage (ce sera la seule pluie de notre séjour au
Népal.) Une journée éprouvante passée à l'aéroport en attente d'un avion!!! Fatigués, nous prenons notre repas à l'hôtel, nous devons être prudents car Yoyo est intolérante au gluten, mais tout se passera bien dans les montagnes ou dans les restaurants de
Kathmandu et alentours.
Ce sera le
Langtang.
Lundi O7 novembre: Debout à 6h pour un départ en Jeep de
Katmandou prévu vers 8 heures en direction de Syabrubesi (1450 m), mais avant de partir, nous devons faire le point avec le responsable de l'agence Karma Lama. Il arrive vers 7 heures et nous propose le programme du trek jusqu'au dimanche suivant.
Nous partons à 8 heures dans un 4X4 pour le
Langtang. La circulation à la sortie de
Katmandou est toujours aussi difficile, beaucoup de voitures, des motos qui klaxonnent sans cesse, les routes sont en très mauvais état, on trouve parfois 1 ou 2 km avec un bon revêtement; nous découvrons beaucoup de rizières, vers 11h30 nous nous arrêtons pour prendre un repas et continuons notre route. A deux reprises, nous avons vu au bord de la route des personnes qui avaient tué un bœuf et qui en vendaient les morceaux posés à même le sol sur un drap.
Syabrubesi
Nous sommes contrôlés à divers endroits par la police, ils vérifient si nous ne faisons pas du trafic d’animaux, serpents, singes, pandas. A 14 heures nous sommes arrêtés car une pelle mécanique déplace des rochers qui sont tombés sur la route durant la mousson. Nous arrivons à Syabrubesivers 15h30 et occupons notre premier Lodge. Notre porteur Norpunous y attend, un vrai tibétain!!! Syabrubesise trouve à 14km du
Tibet par un col à 1700m, le point de passage le plus bas de la frontière entre le
Népal et la
Chine.
Chine qui est en train de construire cette route vers le
Tibet pour permettre un passage relativement facile par rapport à d’autres routes qui passent à plus de 5000 m.
Nous avons pleuré
J’avais demandé à la directrice de l’école primaire de ma ville Saint-Juéry si les enfants pouvaient donner des peluches et des petites voitures pour les enfants du
Népal.
Nous en avions au moins 70, une fois installés dans notre chambre, nous sommes allés nous promener dans la rue du village et avons rencontré deux enfants. A une petite fille d'environ 2 ans, Yoyo a donné une jolie peluche, ses yeux rayonnaient de joie, elle a pris la peluche et l’a serré très fort contre sa joue; avec Yoyo, nous avions les larmes aux yeux tellement l'émotion était grande.
08 novembre: Sypbruhesi-Lama Hôtel (2380m). 6h30 de marche, 1500m de dénivelé
Après un bon petit déjeuner nous débutons notre trek vers le
Langtang. Départ à 8 heures par un chemin vallonné dans la forêt tropicale qui suit la rivière
Langtang. Le matin il fait frais, mais au bout d'une heure nous devons nous dévêtir et restons en T-shirt. Nous avons de nombreuses petites montées suivies de descentes et Yoyo commence à apprendre ce que c'est que monter des marches. Nous voyons de nombreux oiseaux de différentes couleurs, verts, rouges etc. nous rencontrons les premiers singes qui ne se gênent pas pour jeter des cailloux aux trekkeurs.
Sur une falaise à 100 m de nous, nous apercevons comme des poches fixées dessus, il s'avère que ce sont d’énormes essaims d'abeilles. La falaise doit faire 600 m de hauteur, les Népalais vont récolter le miel 2 fois par an, en descendant avec des cordes en rappel. Ce miel est très fort et utilisé surtout en médecine. Nous rencontrons beaucoup d'enfants à qui nous donnons nos peluches, ils sont tous très heureux de recevoir ces petites merveilles. Nous nous arrêtons prendre le repas à BambooLodge et continuons notre chemin vers Lama Hotel. C’est la première fois en trois ans que je viens au
Népal et que j’ai une chambre au Lodge qui n'a pas d'électricité pour s'éclairer, nous aurons droit à une bougie. Au repas tous les soirs en montagne je prendrai ma délicieuse Garlic-Soup (soupe à l’ail). Yoyo alternera entre légumes, Dal-Bat (lentille-riz, le plat national au
Népal) pommes de terre et œufs.
09 novembre : Lama Hotel —
Langtang Village (3500m).
Départ vers 8 heures de Lama Hôtel par un chemin moins difficile que la veille, nous partons relativement habillés mais au bout d'une heure il fait déjà très chaud et nous nous retrouvons en T-shirt. Nous débutons par une longue montée mais en pente douce avec beaucoup moins de marches. Nous sommes arrêtés à plusieurs reprises pour un contrôle. Suman devant présenter notre permis de trek, notre nom étant enregistré à chaque passage permet en cas de disparition de savoir dans quels secteurs les touristes ont disparu. Nous sommes toujours dans les bois de la forêt tropicale et apercevons de nombreux singes. Nous prenons notre repas de midi à Ghodatabela (la maison où s'arrête le cheval en Népalais) sur une terrasse en plein soleil.
Pour une Pomme
On rencontre beaucoup de monde, de nombreux trekeurs et porteurs, mais bien sûr nettement moins que dans le
Khumbu (région de l'
Everest) ou les
Annapurna. Arrivés vers 3000 m, nous quittons la forêt tropicale et arrivons dans des espaces peu cultivés où nous rencontrons de nombreux Yaks. Vers 15 heures, nous nous arrêtons pour boire un thé et manger une pomme que nous avions dans le sac. Yoyo a donné une peluche à un petit garçon de 2 ans; quelques minutes après, il se met à crier et hurler, nous ne comprenons pas pourquoi.
Son papa vient nous dire qu'il veut un bout de pomme!!! Avec Yoyo, nous lui en donnons un morceau chacun, il n'a plus pleuré et à dégusté son fruit.
Langtang Village
Nous arrivons un peu avant 16 heures à
Langtang Village à 3500m d’altitude et occupons une chambre au Tibétain Lodge. Une belle chambre exposée plein ouest avec une grande baie vitrée où le soleil a chauffé tout l’après midi. Yoyo dort dans mon duvet sarcophage et n’a pas du tout froid, au contraire elle est très au chaud; elle me surprend, elle qui n'avait jamais dépassé 3000 m, monte tranquillement mais sûrement. Étant asthmatique, peu avant l'arrivée elle a du prendre une fois de la ventoline. Je commence à croire que c'est une véritable GarraNépali (chèvre népalaise). Nous apercevons les premières cimes enneigées, le GhengeLiru6596m et le
Langtang Lirung7227m Nous faisons de nombreuses rencontres et Yoyo qui parlerait à une mouche fait la conversation à de nombreux trekkeurs que nous retrouvons dans les Lodges (des allemandes, une canadienne, des australiens, des américains, des écossais etc). Les enfants sont toujours aussi heureux de recevoir nos présents, peluches, petits jouets divers et voitures. Après le repas nous regagnons notre chambre où il fait très bon, le soleil l’ayant bien chauffée.
10 novembre :
Langtang Village —Kyangjin Gonipa: (3870m), 4530 Kyanjin-Ri
Langtang Village. 9 heures de marche
Aujourd'hui c'est le grand jour, comme nous ne sommes pas allés vers l'
Everest, Yoyo m’a dit: «j'aimerais dépasser les 4000». Nous partons vers 7h30 en direction de Kyangjin Gonipa (3870), la montée est relativement facile, elle est progressive et se fait normalement en 3 heures. À 10h30, nous arrivons à un Lodge de Kyangjin Gonipa où nous prenons un thé après avoir traversé de merveilleux paysages avec vue sur les montagnes du
Langtang et rencontré de nombreux yaks.
La montée vers les 4000
Nous sommes au pied des glaciers du
Langtang, Yoyo avait pour objectif, voir les montagnes et passer 4000. A notre gauche environ 200 m au-dessus de nous se trouve un monastère; nous le prenons pour objectif comme altitude et décidons de monter. Quand Yoyo sera fatiguée, elle redescendra avec Norpu, moi je continuerai avec Suman, mais nous ne monterons que 2 heures, car il faut revenir à
Langtang village.
Nous montons lentement, la pente est raide comme au Kalapatar (
Everest) en 2009, mais elle débute 1300 m plus bas. Nous avançons progressivement et nous nous retrouvons au niveau du monastère que nous laissons à gauche, plus bas, le village de Kyangjin Gonipa s’éloigne doucement. Nous dépassons les 4000.
La montée se fait lentement
Au-dessus de nous, nous apercevons un éperon rocheux et le prenons comme objectif pour terminer notre montée. Nous progressons lentement mais sûrement, faisant des haltes pour boire. Il fait très chaud et nous sommes en T-shirt. Nous arrivons à l'éperon rocheux qui est le début d'un petit plateau herbeux. Nous nous arrêtons, nous nous ravitaillons et faisons une pause. Yoyo redémarre, je lui dis: «ou vas-tu?».«Je continue à monter». «Mais on avait dit qu'on arrêtait là». «Moi ça va je continue.». Je n'en reviens pas, nous sommes à un peu plus de 4300 m et Yoyo monte toujours. Le sommet est environ 200 m au-dessus de nous, je lui dis qu'on va aller jusqu'à la ligne de crête que l'on voit droit devant nous et qui semble être à une centaine de mètres de distance au-dessus.
Ma petite chèvre népalaise
Nous marchons lentement (bistaré en népalais) en effectuant des pauses pour boire, je n'en crois pas mes yeux, nous nous écartons de la ligne de crête et le sommet est là, en surplomb de nous, à moins de 30 m. Il est 12h45, c'est incroyable, jamais je n'aurais cru que mon petit bout de femme, ma petite chèvre népalaise comme je l'appelle à présent réussirai cet exploit. Elle, si fragile qui hurle et pleure pour le plus petit bobo, entre dans la catégorie qui dépasse les 4000 sans aucune difficulté, pas de prise de ventoline à la montée. Le sommet n'est qu’à 15 m au-dessus de ma tête et là, stupeur, Yoyo me dit: «j'arrête», je lui réponds: «lève la tête, le sommet est là, il t'attend, tu l’as gravi, tu as gagné». Mes yeux se mettent à briller tellement mon émotion est grande, tellement je suis fier de ma petite chèvre népalaise, il est 12h56, trois minutes plus tard, nous sommes au sommet.
KyanjiRi 4530m
J'embrasse fortement Yoyo et la félicite. Avec Yoyo, Suman et Norpu ce ne sont qu'embrassades et remerciements.
Nous sommes au sommet intermédiaire à 4530m, 200 m en dessous du Kyanji-Ri qui est à 4773m. La vue sur le
Langtang est fantastique, elle ressemble au Camp de base des
Annapurna., des glaciers et des montagnes qui vous font pleurer d’émotion tellement c’est grandiose.
En plus des sommets du Ghenge Liruet du
Langtang Lirung, nous voyons le Changbu 6281m, le Kinshung 6781m, le
Langtang Yunra 6048m, le Yubra 6264m et le Dagpache 6567m
Le fromage de Yak
Nous redescendons en 53 mn vers Kyangjin Gonipa pour prendre le repas que nous avons bien mérité. Après celui-ci nous nous arrêtons à une fromagerie de lait de Yack, Yoyo achète du fromage qui est très bon et nous visitons un petit monastère.
En arrivant à
Langtang Village nous rencontrons 6 enfants du même âge à qui nous donnons 6 jouets ou peluches et retrouvons notre Lodge, il est presque 18 heures. Yoyo a été très choquée et a pleuré en voyant dans ce Lodge, une petite fille de 8 ans faire le service au restaurant, le soir et le matin à partir de 7 heures.
Mais c’est la vie ici, qui n’a rien à voir avec celle de l’Occident. Comme dit Henri Sigayret (voir plus loin) La misère au
Népal, n’a rien à voir avec la misère de l’Occident.
Langtang Village—Lama Hotel
11 novembre :. Nous débutons notre descente vers 8h30, nous passons des postes de contrôle et Suman montre nos permis de trek, nous rencontrons des troupeaux de yaks, et de nombreux enfants à qui nous donnons nos derniers jouets et peluches, de nombreux porteurs, avec des verres pour des fenêtres, des poutre en bois, des cloisons en contre plaqué etc. Nous prenons un thé vers 10h30 et continuons et rentrons dans la forêt tropicale avec ses singes, ses immenses rhododendrons jusqu’à Thomna où nous prenons notre repas au bord de la rivière
Langtang dans un paysage magnifique
23 mois à vélo
Nous avons à côté de nous un couple d’américains qui avait fait le même circuit que nous mais qui rentrent à
Kathmandu à pied par un chemin qui passe par plusieurs cols dont un à 4500m, il leur restait 9 jours de marche. Mais ces américains terminaient leur périple de 23 mois à bicyclette, partis de
Nouvelle Zélande, ils étaient passés par l’
Australie, la
Birmanie, la
Malaisie, le
Laos, le
Cambodge, la
Chine, le
Tibet, l’
Inde je dois en oublier, ils nous ont dit entrer aux
USA car ils n’avaient plus d’argent!!!
Nous arrivons à Lama Hotel et occupons notre Lodge avec une grande chambre et une bonne douche très appréciée.
Lama Hôtel-Syahrubesi.
12 novembre : Dernier étape, mais la plus difficile car très vallonnée, il s'en est suivi une série de montées et descentes surtout vers la fin; la première journée où nous n'avons pas le soleil, le temps est gris mais il ne pleut pas. Nous rencontrons énormément de singes qui parfois nous suivent. Après un dernier repas pris en montagne nous continuons notre chemin, rencontrons un troupeau de chèvres avec trois petits chevreaux en train de téter la maman avant d’arriver au terme de notre périple Syahrubesi où nous retrouvons notre hôtel du premier jour. Nous allons pouvoir prendre une douche, malheureusement pas d’eau et pas d'électricité.
Plus tard, nous nous sommes aperçus que sous le lavabo, il y avait 2 robinets pour couper l'arrivée d’eau, fermée en permanence car énormément de fuites.
Durant le repas nous avons eu plusieurs coupures d'électricité et avons mangé éclairés par des chandelles, nous étions avec des écossais qui allaient faire le tour du
Langtang et retournaient à
Kathmandu à pied.
26 Chèvres et enfants
13 novembre : Avant le départ pour
Kathmandu, nous nous séparons de notre porteur Norpu qui habite à 3 heures de marche de Syahrubesi, après lui avoir remis des présents et une somme d’argent, nous le quittons avec nostalgie et prenons un 4X4 en direction de
Kathmandu. Au bout d’une heure de route, nous nous arrêtons, un camion est tombé dans le ravin 80 m plus bas, il a arraché plusieurs arbres qui l’ont freiné dans sa course, le chauffeur a été transporté à l'hôpital. En chemin nous avons rencontré une zone de brouillard très intense, nous n'y voyons pas à 20m et ce durant une dizaine de kilomètres. Nous avons rencontré de nombreux bus avec des gens sur l’impériale dont des Européens et dans la zone de brouillard ça n’a pas du être triste! On a rencontré des ouvriers et des enfants cassant des cailloux à la masse pour faire des routes.
Arrivée à
Kathmandu
Après le repas nous avons continué et sommes arrivés à
Kathmandu a 15h30 où nous avons occupé une grande chambre spacieuse, que nous aimerions bien récupérer après-demain en revenant de
Bhaktapur car nous nous y dormirons demain soir. Après avoir rangé nos affaires, nous sommes allés faire des emplettes avec Suman dans une librairie pour acheter un livre d’Henri Sigayret que nous devons voir mardi après-midi. J'ai téléphoné à Henri et j'ai parlé à sa femme Danzicar lui entend mal au téléphone et j’étais très ému d’écouter cette voix que j'avais entendu dans un documentaire à la télé. Nous sommes allés rendre le sac de couchage que nous avions loué, faire broder blousons et sacs et effectuer divers autres achats. A une malheureuse qui traversait la route assise par terre, nous avons donné un billet et 2 bananes. Revenus à l'hôtel nous donnons des cadeaux à Suman, une montre pour lui et son épouse, un chien en peluche pour sa petite fille, et une dizaine de cravates.
Visite de la
vallée de Kathmandu
14 novembre : Départ pour visiter le village de Thimi. Suman nous remercie pour les cadeaux que nous lui avons fait, pour les cravates, il nous a dit: cela fait plus de 10 ans que je travaille à la banque et je n'ai eu que quatre cravates, avec les 11 que vous me donnez, j’en ai pour 20 ans. Nous commençons notre visite et nous voyons de nombreuses poteries, tout se fait à la main, la particularité de ces potiers est qu’ils n'ont pas de four, ils utilisent la paille du riz pour faire des buchers pour cuire leurs poteries et ce pendant trois jours. Nous avons continué en visitant le temple de Changu-Narayan et nous nous sommes rendus à
Bhaktapur
Bhaktapur
une ville particulière dont J'ai beaucoup parlé dans mon premier trek au
Népal en 2009:
Bhaktapur, ancienne capitale du
Népal, longtemps appelée « la cité des dévôts », a également su conserver son caractère religieux, car tout y est régi par les dieux. La cité est incluse dans un « triangle magique » formé par trois temples qui sont censés la protéger symboliquement. Jusqu'au XVIe siècle,
Bhaktapur a dominé politiquement et économiquement tout le
Népal.
Bhaktapur a toujours constitué un monde à part, avec une autarcie économique. Une très ancienne ville où nous avons vu de nombreuses maisons et temples en bois.
Bhaktapur
Après avoir pris possession de notre chambre à l’hôtel, nous avons pris notre repas où nous avons fait la découverte du Lassi (un yaourt avec des fruits mixés) et avons visité la ville avec Suman comme guide, nous avons visité le palais du roi avec sa porte en or, la piscine de la reine, les stupas et monuments de
Bhaktapur. Nous avons vu des femmes chercher de l'eau avec de grandes cruches en cuivre d’une vingtaine de litres, nous avons vu de nombreux sculpteurs sur bois, de vrais artistes. Le soir après que Suman soit parti, nous sommes allés manger et avons été très déçus de notre repas; c'est la première fois que nous mangions si mal, nous l'avons d’ailleurs dit à l’agence pour qu'ils n’envoient personne à ce restaurant. Le soir,
Bhaktapur est très triste, il n'y a pas d'éclairage après 18 heures, tout est noir dans la ville.
15 novembre : après le petit déjeuner nous faisons un petit tour dans la cité des dieux. Nous rencontrons des enfants abandonnés, 2 petites filles, (il y aurait 5000 enfants abandonnés à
Kathmandu) je sors des billets et les donne, 4 autres fillettes âgées de 6 à 9 ans arrivent à qui je donne les mêmes billets; elles nous font comprendre qu'elles ont faim, une petite fille me prend la main et me serre très fort, elle nous entraîne dans les ruelles de la ville jusqu'à l’intérieur d’un magasin, où toutes les six vont chercher des paquets, là je dis non et leur propose un paquet de gâteaux identique à chacune d’elles. Le personnel et la caissière n'ont pas l’air surpris, ils doivent être habitués, nous sommes très émus. Les enfants nous remercient et repartent.
Nous revenons au point de rencontre où nous devons retrouver Suman; un enfant d'une dizaine d'années nous interpelle, il nous fait comprendre dans un mélange d'anglais, d’espagnol et de français, qu’il est à l'école mais n'a pas d'argent pour acheter un livre; il nous persuade de le suivre vers une librairie. Sans hésiter, il désigne un dictionnaire Anglais Népalais Anglais au libraire, coût 500 roupies, (5€) nous le payons. Ses yeux s'illuminent de bonheur, on le voit très heureux, il nous remercie infiniment, Yoyo écrit sur la première page du dictionnaire : offert par Alain et Yoyo novembre 2011. Il n'arrête pas de nous remercier, ses yeux brillent de joie. Il nous accompagne quelques centaines de mètres puis part dans une autre direction, se retourne sans cesse nous faisant des grands signes pour nous dire merci.
Avec Yoyo nous pleurons tous les deux.
Les villages Newars
Suman arrive et nous partons visiter des villages Newar (castes des ouvriers de la terre) de Khokana et de Bungamati où nous avons vu nombre de femmes faire sécher du riz au soleil, des artistes travaillant le bois, le cuivre, nous avons visité une petite fabrique d’huile de colza rudimentaire et avons continué vers le Drubar Square de
Patan, ville qui touche à
Kathmandu. Il est midi, nous allons au cinquième étage d'un bâtiment qui est la terrasse d'un restaurant où nous prenons notre repas en dominant la ville avec une vue exceptionnelle sur les temples et monastères. L’après-midi, nous visitons la cité, le temple d’or et vers 14h45 nous partons vers notre hôtel et récupérons notre chambre, la même que l'avant-veille et nous sommes enchantés. Après avoir déposé nos affaires, nous partons à 5 km de là pour rencontrer une légende vivante!
Henri Sigayret
La rencontre avec Henri Sigayret fut pleine d'émotion pour nous qui avons vu un film retraçant son parcours en
France et au
Népal, sa rencontre avec Danzi porteur dès l’âge de 12 ans qui est devenue sa femme, sa rupture avec la
France.
Quand nous sommes arrivés à sa maison, Danzi nous attendait devant la porte à Golfutar, banlieue de
Kathmandu. Henri était à l'intérieur, pendant 2 heures, nous avons parlé des montagnes, du
Népal, de la misère au
Népal qui n'a rien à voir avec celle de l'Occident. Bien que pour lui maintenant l’Occident est en phase de déclin!!!
Lui qui avec sa petite retraite de smicard comme il aime à dire, est un privilégié au
Népal quand on sait qu'un ouvrier gagne entre 30 et 50 € par mois, un enseignant 50 à 150€ et pas de retraite. Il faut lire les livres qu'il a écrit sur le
Népal.
Une légende vivante
Bien qu'il n'aime pas que l'on parle ainsi de lui, Henri est un grand nom de la montagne, vainqueur de l'
Annapurna en 1979, il a beaucoup fait pour la région du
Khumbu, région de son épouse Danzi qui elle, était porteur, beaucoup donné de ses deniers personnels, électrifié un village, celui de Danzi.
A 77 ans à présent il passe beaucoup de temps dans l’humanitaire. Il élève dans sa maison les enfants des soeurs de Danzi qu'il considère comme les siens, d'ailleurs ceux-ci l’appellent papa. Henri ne s'est pas fait que des amis au
Népal, son dernier livre en français que j'ai acheté à
Kathmandu : 10 ans de guerre civile au
Népal, dit des vérités qui ne sont pas bonnes à dire, il reconnaît qu'il n'aurait pas pu les écrire en népalais, il ne s'est pas fait que des amis à l'Ambassade de
France, mais il assume.
Retour à Thamel
Nous avons quitté Henri et Danzi avec nostalgie en promettant de revenir les voir.
Nous sommes fiers et heureux d'avoir pu partager un moment avec eux, nous avons rencontré un grand homme. Nous sommes revenus à l'hôtel, sommes allés faire les boutiques du quartier de Thamel illuminé par la Fête des Lumières qui vient de se terminer.
Survol de l’
Everest
16 novembre : ce matin là je me lève très tôt à 2h15 et j’écris. A 5heures je réveille Yoyo car à 5h30 le taxi vient nous chercher pour nous conduire à l'aéroport pour un survol de l'
Everest en avion. A 6 heures nous sommes à l'aéroport, notre avion doit décoller à 6h30, mais le brouillard empêche le décollage, nous ne décollerons qu'à 8h15. Dommage! il y a beaucoup de nuages et nous ne verrons que le sommet des montagnes qui dépassent 5000 m d'altitude. Dans l’avion, l’Hôtesse nous fait venir un après l'autre dans le cockpit de l'avion et nous pouvons admirer face à nous l’
Everest (Sagarmata en Népalais) et toute la chaîne de l'Himalaya. Le vol a duré un peu moins d'une heure et vaut le coup d’être effectué.
Les Crémations
A notre retour, Suman et le chauffeur nous attendaient et nous sommes partis visiter le temple de
Pashupatinath où se déroulent les crémations. Il y a en avait plusieurs simultanément, Suman nous en a expliqué tout le processus. Le rituel est très important, après avoir lavé le corps, en principe le fils le fait brûler en commençant par la bouche, les cendres sont jetées dans la rivière sacrée. On a visité les temples alentours et avons rencontré des Sâdhu, ce sont les gardiens du temple, ils ne se coupent pas les cheveux qui traînent jusqu'au sol, ils sont en rupture totale avec la société, vivent sur place de mendicité, ils fument des drogues. Un Japonais était en train de boire un jus de fruit, un singe lui a sauté dessus pour lui voler sa boite, est allé à quelques mètres de là, a déchiré la boite et l’a léchée pendant quelques minutes. Le Japonais avait fait un grand bond, il a été très surpris.
Bouddhnath
Nous avons continué notre visite par le Stupa de Bouddhnath. Un très beau stupa bouddhiste de 100 m de diamètre environ, entouré de moulins à prières avec beaucoup de gens qui prient; de là nous sommes allés à l’Hayat Hotel où nous étions il y a deux ans, en passant par des petites ruelles qui nous amènent à un portail donnant sur la piscine de l'hôtel, il suffit de taper à la porte et un gardien vient vous ouvrir. Nous avons traversé le parc, entrés dans l'hôtel par le restaurant, pour remonter dans le hall immense du rez-de-chaussée. Yoyo et Suman ont pu admirer ce palace où nous étions logés par Terres d’Aventures en 2009.
Swayambhunath
Le taxi nous attendait à l’entrée de l'hôtel et nous sommes partis pour la visite du stupa de
Swayambhunath qui se trouve sur une colline avec de nombreux singes, encore de nombreux bâtiments bouddhistes, nous avons terminé par le Dubar square de
Kathmandu où nous avons vu une chose très particulière, la réincarnation de la déesse vivante Kumary, c'est une enfant de 6 ans, qui doit avoir entre 4 et 12 ans et vit dans un temple; elle n’apparait à une fenêtre de celui-ci que 3 fois par jour durant une quinzaine de secondes, nous avons pu la voir et quand elle aura l’âge de la puberté, elle sera remplacée par une autre petite fille.
Fin des visites
Visites terminées, nous rentrons à l'hôtel. Ce sont les adieux émouvants avec Suman, nous lui donnons une étrenne bien méritée et après quelques accolades, nous sous séparons. Nous allons nous reposer un peu et allons faire quelques courses dans Thamel. Nous avons trouvé un restaurant sympathique où Yoyo a pu manger du poisson grillé et moi du poulet grillé, tout cela délicieux.
l7 novembre : je me lève à 5 heures, je range un peu les affaires (Yoyo dort toujours!!!) et je vais faire un tour dans Thamel. Je suis très surpris, de nombreuses personnes sont en train de nettoyer les rues, un camion poubelle passe et ramasse tous les détritus, malheureusement j'ai vu des gens qui faisaient les poubelles pour voir ce qu'ils pouvaient récupérer. Le matin à 7 heures Thamel est relativement propre.
Ce n’est qu’un au revoir
Avec Yoyo, nous faisons nos valises, allons faire nos derniers achats, allons dans une école pour donner nos derniers stylos, nous nous promenons dans Thamel en attendant l’heure du départ pour
Paris où nous arriverons le lendemain matin à 6h30. Nous pourrons changer notre billet d’avion pour
Toulouse et arriverons dans la ville rose à 11h45 où notre fils nous attend pour nous conduire chez nous à côté d’Albi.
Quand on vient au
Népal, on veut systématiquement y revenir! Que de beaux souvenirs dans nos têtes, Yoyo veut revenir au
Népal! Ce pays est fantastique, attirant, ses montagnes sont merveilleuses, grandioses, immenses.
Nous prenons rendez-vous pour 2013 pour que Yoyo découvre
Lukla, le
Khumbu (la région de l’
Everest, Sagarmata) qu’elle n’a pu visiter cette année!!!
je peux t"znvoyer le trek en PPS avec des photos
billet d'avion acheté il y a 15 jour à Etihad aller retour 680€ par personne, 950 en 2011!!!
Alain Fabre -falain81.info@orange.fr
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Lukla 2800m en 2009