Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Hialle · 23 janvier 2008 à 19:37 · 17 photos 21 messages · 12 participants · 6 650 affichages | | | | 23 janvier 2008 à 19:37 Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 1 de 21 · Page 1 de 2 · 6 365 affichages · Partager Exercice difficile, je vais m’atteler à un carnet de voyage que je n’ai jamais écrit et le faire juste avec les souvenirs. Que reste t’il après 6 ans d’un voyage en Thaïlande ? quel est le filtre des années ? A cette époque, il ne me serait pas venu à l’idée d’écrire ce que l’on ressentait, voyait, découvrait. Je comptais sur la mémoire. N’allant sur aucun forum, et connaissant peu d’autres voyageurs, cela me semblait inutile. Le partage de cette petite « aventure » s’était fait au retour brièvement avec quelques anecdotes, puis on parle d’autres choses. La lecture des carnets des uns et des autres dans ce forum me donne l’envie de me replonger dans cette histoire et de la faire partager. Le lecteur n’y trouvera peut être qu’un intérêt limité, mais le mettre en ligne me poussera à aller au bout de l’exercice.
Nous voilà en juillet 2002. N’étant pas téméraires, nous choisissons un pays facile sans trop d’embûches. Destination la Thaïlande avec 3 enfants de 16, 14 et 12 ans pour 3 semaines. Peu de préparation au départ, juste les guides classiques en poche, et nous voilà partis. Une envie, partager avec nos enfants le plaisir de ces voyages lointains que nous faisions auparavant à deux, leurs ouvrir les yeux sur d’autres paysages, sur d’autres modes de vie, leurs donner d’autres repères. Par peur de rater notre premier avion, on arrive très tôt à l’aéroport. Excitation pour tout le monde, les aéroports sont toujours des lieux magiques où se croisent des gens aux destins si différents. On se met à imaginer ce que les personnes rencontrées vont faire. Où vont-elles, vacances, travail, visites de familles ? et on invente des tas d’histoires. Pas de surprises désagréables, tous nos papiers sont en règle, l’avion est à l’heure.... On peut partir.
Une grosse douzaine d’heures plus tard et un changement à Bangkok, nous voici à Chiang Mai. Les enfants ont les yeux, les oreilles, le nez grand ouverts. C’est leur première rencontre avec l’Asie. Beaucoup de monde, de bruit, et surtout, une grosse et lourde chaleur comme si on avait orienté le sèche-cheveux sur nous. Première chose, trouver une GH pour la nuit. Merci le LP, c’est rapidement fait et on arrive dans une petite maison tout en bois avec une petite cour intérieure pleine de plantes en pot, des bassins d’eau et des gens adorables. Deux chambres seront bien suffisantes à cinq. Le lendemain, réveil pour tous avec les yeux vraiment en capote de fiacre. Si cette GH est pleine de charme, les cloisons sont en papier et le bruit est intense. Bruit de la rue d’abord où les motos pétaradent avec force à toute heure du jour et de la nuit. On a l’impression qu’elles traversent les chambres. La Thaïlande devrait davantage subventionner les vélos. Bruit des chambres voisines. On entend même le bruit du briquet qui s’allume et les enfants ont remarqué que leurs voisins étaient très amoureux. Mais on se fait une raison. On n’est pas venu jusque là pour retrouver le silence de notre campagne. Premier objectif, trouver une petite agence de treks qui nous emmènera quelques jours dans les rizières. Vite trouvée. Une petite agence toute jeune avec un jeune homme à peine plus âgé que nos enfants. Il nous inspire confiance, départ le lendemain à l’aube. Première approche de la cuisine thaïlandaise, comme chacun sait, un délice même si le coriandre est un peu fort au goût de certain. Nos pas nous mènent devant des bars à l’intérieur desquels des filles de l’âge des notres, très ou trop maquillées, attendent les clients. Interrogations, discussions... pas toujours facile. | | | À: Hialle · 23 janvier 2008 à 23:21 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 2 de 21 · Page 1 de 2 · 6 273 affichages · Partager Des impressions très délicatement racontées... Alors, moi j'attends la suite... | | | À: Hialle · 24 janvier 2008 à 8:38 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 3 de 21 · Page 1 de 2 · 6 231 affichages · Partager Salut Hialle 
Moi aussi j'attends la suite (même si c'est avec 6 ans de retard...). C'est toujours très chouette à lire la "première fois" dans un pays et en plus, ton expérience avec des ados peut en intéresser plus d'un !
@+, Sabaïdee | | | À: Hialle · 24 janvier 2008 à 10:03 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 4 de 21 · Page 1 de 2 · 6 213 affichages · Partager Bonjour Hialle,
Ah oui l'exercice sera difficile. Si, par ton carnet, tu réussis à me donner envie d'aller en Thaïlande, alors là, chapeau, parce que, jusqu'à présent, c'est un des seuls pays où je n'ai jamais eu envie de poser mes chaussures...
Donc, comme tes autres lecteurs, j'attends.....
Dom. | | | À: Pondy · 24 janvier 2008 à 11:39 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 5 de 21 · Page 1 de 2 · 6 203 affichages · Partager Le clavier ne permet pas de trouver toujours les mots exacts pour exprimer au mieux le ressenti. Quelques photos pour égayer un peu le récit, mais de piètre qualité car elles sont scannées. Désolée.
On se lève à l’aube, heureux de partir vers l’inconnu et heureux aussi de quitter le bruit très intense de la GH. On se joint à un petit groupe d’une moyenne d’âge de 25 ans. Deux anglaises, un couple d’américain, un autre couple de hollandais, nous cinq et notre jeune guide qui est très sympa. Nous voilà chargés sur un camion, et en route pour 1h30 de trajet, au départ sur une route à peu près correcte, puis sur de la piste bourrée de nids de poule. C’est un bon moyen de faire connaissance et de voir les réactions de chacun. Tout le monde est écroulé de rire et on se retient mutuellement de tomber.
Les paysages défilent et c’est notre première rencontre avec la Thaïlande autre que la ville. Des forêts, des rizières, des paysans, des éléphants... tout est nouveau, tout est découverte. Hormis le confort un peu primaire, on voyagerait bien ainsi pendant des heures. Il est temps maintenant de descendre du camion, de charger nos sacs sur le dos et de partir à pied à travers les rizières. On marche ainsi pendant des heures. Fabuleux, impossible de décrire les paysages. Des verts comme on n’en a jamais vus, de l’eau partout qu’on ne voit parfois que trop tard et trempé, le fameux arbre teck qu’on ne voit d’habitude que scié et transformé en chaise longue... tout cela nous semble un peu irréel.
On n’a pas croisé une seule personne de la journée. Les collines à grimper alternent avec les plaines à traverser.
Le jour faiblit et on arrive dans un petit village kharen. Nos enfants sont surpris, étonnés. Ce genre d’endroit qu’on pense ne plus exister quand on est trop habitués à nos pays modernes. Un petit village exclusivement constitué de maisons en bois sur pilotis, des enfants qui courent dans tous les sens pieds nus, les paysans qui rentrent des champs, les femmes habillées toutes en couleurs portent les bébés sur le dos, les vieux sont assis devant leur maison.
Tous les repères classiques tombent d’un coup. Dans un premier temps, on se croit dans un autre monde, hors du temps. Et au bout de quelques minutes, la vie telle que nos enfants la connaissent reprend son cours. Les mères appellent leurs petits, les marmites chauffent pour la soupe, les chamailleries entre frères et sœurs n’ont plus rien avoir avec le temps ou l’espace. Elles sont juste liées à la vie de famille.
Une vieille femme vient nous voir. Elle a très mal aux pieds, ils sont gonflés et plein de sortes de grosses gerçures.
Nos connaissances médicales sont plutôt faibles, mais on trouve dans nos sac une pommade qui devrait la soulager un peu. Petit massage, elle nous sourit, et on lui donne le tube et une ou deux paires de chaussettes histoire que ses pieds soient un peu moins en contact de la poussière.
C’est notre première nuit, au milieu de ce qui nous semble un peu la « jungle », protégés par de grandes moustiquaires. Pas de bruit si ce n’est celui de quelques animaux nocturnes.
Le matin, un bruit étrange nous réveille. Dans un demi sommeille, on cherche en vain ce que ce peut être. Jamais entendu un tel son, comme un grincement. Peu probable que ce soit un animal. La curiosité nous fait sortir. C’est juste le bruit d’un moulin qui transformait les grains de riz en farine, avec une roue entraînée par deux hommes. On se regarde, échange d’un sourire. Une pluie fine tombe, mais on recharge le sac pour repartir et quittons le village accompagnés quelque temps par les enfants. Les couleurs sont différentes de la veille sous le voile humide. Une sorte de brume rend les paysages un peu flous. On se rend compte qu’on finit presque par s’habituer aux rizières qu’on traverse. Quand c’est comme ça, je me dis toujours en marchant : profite, profite, rempli tes yeux... tu y repenseras quand les jours seront moins beaux. Et ça marche ! On devient trempé de la tête aux pieds, et Prim notre guide, nous annonce tout heureux qu’une soupe nous attend dans une famille Kharen qu’il connaît. On arrive dans une grande maison, toujours sur pilotis. Une grande salle avec le feu au milieu, et deux chambres sur le côté. Au dessus du feu la vaisselle qui sèche. Une belle femme est là avec ses trois enfants.
La grand-mère est malade, couchée dans une des chambres. Rapidement, d’autres personnes du village sont attirés pas ces gens qui viennent d’ailleurs. On commence à essayer de discuter avec eux, et on se met rapidement à passer aux mimes ou à faire des dessins. Le fait de voir une famille avec parents et enfants semblent les intriguer, mais l’échange est d’autant plus facile. C’est fou comme on se sent bien. On est à l’abri, il pleut dehors, le chat veille dans un coin, l’eau pour le thé et au dessus du feu, et on rit avec des gens que rien aurait pu faire qu’on se rencontre hormis ce voyage.
Mais il faut continuer la route et on fait nos adieux. Drôle d’impression d’avoir passé un aussi bon moment avec cette famille qu’on ne connaissait pas et qu’on ne reverra jamais. Les enfants nous disent au revoir des fenêtres. Petits pincements au cœur. La pluie s’est arrêtée.
| | | À: Hialle · 25 janvier 2008 à 15:47 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 6 de 21 · Page 1 de 2 · 6 074 affichages · Partager La suite... Vite !!!
Sérieusement, ça donne envie... | | | À: Hialle · 25 janvier 2008 à 19:14 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 7 de 21 · Page 1 de 2 · 6 058 affichages · Partager magique!!! | | | À: Hialle · 26 janvier 2008 à 23:33 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 8 de 21 · Page 1 de 2 · 6 025 affichages · Partager  bonjour hialle,
STP vite la suite, ton récit est vraiment prenant et je te rassure tes photos ne sont pas si mal et recréent une certaine atmosphère. On a hâte de lire la suite. A bientôt j'espère. En tout cas, tu racontes très bien.Ginoux | | | À: Ginoux · 27 janvier 2008 à 23:33 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 9 de 21 · Page 1 de 2 · 6 013 affichages · Partager Merci... voilà une petite suite 
Le chemin continue. On a parfois l’impression d’être les premiers à traverser certains lieux. Forêts inextricables, passages sur quelques troncs au dessus de petites rivières et le paysage est toujours aussi varié. Très humide, beaucoup de torrents et toujours les rizières. Prim nous trouve le soir une cabane en paille de riz pour la nuit près d’un ruisseau. Pendant ces deux jours, on a fait exclusivement de la marche et on a rencontré que des populations Kharen, le rythme de la journée correspondait à celui du soleil. La journée du lendemain nous donne l’impression de redevenir de parfaits touristes. Après deux petites heures de marche, on arrive à des radeaux de bambous. Objectif, descendre la rivière. Le niveau d’eau est haut, mais l’eau est plus calme que dans bien des films à sensation. Ces radeaux sont simples mais efficaces. Juste de gros bambous attachés entre eux par quelques cordes. L’équilibre est instable, les chutes nombreuses, petits rapides à franchir... et la vie calme le long de la rivière. A l’arrivée, des éléphants attendent tranquillement le débarquement de ce groupe hilare et trempé. C’est le grand confort sur le dos de ces pachydermes, bien plus stable que sur un cheval ou un chameau. Ces bêtes sont impressionnantes par leur force tranquille. On a l’impression que le moindre arbre ne leur résisterait pas plus qu’un roseau. Trempé depuis le matin, on commence à avoir un peu froid. Il faut savoir que quand on est sur un éléphant et qu’on n’a pas très chaud, il y a un truc génial à faire, c’est glisser ses jambes sous leurs immenses oreilles. Je n’utiliserai aucun terme pour décrire la sensations afin d’éviter les sourires moqueurs, mais c’est un excellent souvenir. Les enfants sont aux anges, ils sont dans un autre monde.
Et puis c’est la fin de notre petite virée de trois jours. On retrouve notre bétaillère qui nous ramène à Chang Maï. L’ambiance n’est pas aussi gaie qu’à l’aller. Tout le monde est un peu triste de se quitter et nos enfants ont le blues. Pendant ces trois jours, ils ont vu des paysages idylliques, rencontrés des gens étonnants et adorables qui vivent dans un dénuement qu’ils ne pouvaient imaginer, ils ont eu une vie comparable à celle des adultes qui les accompagnaient et ils ont même aimé marcher. Ils se sont pris tour à tour pour des aventuriers, des explorateurs, bref de grands voyageurs. Nous parents, on a bu du petit lait. Etre dans un tel endroit avec nos « petits » était un bonheur intense. Mais on a eu la chance de tomber sur un petit groupe avec des gens vraiment sympas, curieux de ce qu’ils voyaient, jamais râleurs et toujours prêts à tout ; notre guide Prim était prévenant et attentionné connaissant bien le coin et les gens chez qui il nous emmenait ; et pas un seul autre touriste que nous mêmes pendant ces trois jours. Je cherche au fond de la mémoire quelques souvenirs désagréables, mais pour l’instant, impossible de les trouver.
Et on retourne la tête pleine de toutes ces images dans notre GH, juste nous cinq, prêts pour d’autres découvertes. | | | À: Pondy · 29 janvier 2008 à 17:26 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 10 de 21 · Page 1 de 2 · 5 982 affichages · Partager Après cette escapade de 3 jours à pied, on avait prévu de louer une voiture une semaine et aller au grès des envies dans les villages en faisant une grande boucle à l’ouest de Chiang Maï. La voiture nous permettait de nous arrêter en fonction des envies, de sauter des étapes ou de rester plusieurs jours au même endroit. On retrouve l’agence dans laquelle on avait réservé la voiture, un 4x4. Au départ, on imaginait bien sûr un gros 4x4 comme on en voit dans nos villes, gros et tout noir... c’était pas vraiment notre genre, mais pourquoi pas, pour une fois on pouvait bien assumer nos contradictions. Arrivés devant la voiture, on était un peu surpris. Non parce qu’elle était blanche, mais parce qu’elle ressemblait plutôt à une 4L améliorée. Les pneus lisses furent changés à notre demande et heureusement, le klaxonne marchait parfaitement, ce qui est indispensable dans ces pays. On se demandait comment on rentrerait à 5 avec en plus nos 5 sacs à dos à l’intérieur. En se tassant un peu, ça devrait le faire. Comme dans les 2CV, une belle barre au milieu de la banquette arrière. Pas grave, on s’échangera régulièrement les places.
Et nous voilà parti, l’Homme au volant comme dans toutes les « bonnes » familles. Ehhhh !!!! Xavier, on roule à gauche en Thaïlande... inutile de crier, la voiture nous arrivant en face fut plus efficace pour le lui rappeler. Direction Pai. En théorie, ou au moins sur la carte, il y a 135 Km. Avec les détours, on en fera beaucoup plus, histoire de prendre les chemins de traverse. Entre la conduite à gauche et les panneaux souvent illisibles, arriver au bon endroit tient de la prouesse et on essaye de décrypter les signalisations en comparant l’écriture thaï à celle de la carte. Mais cela devient vite un jeu d’enfant. La campagne nous étonne toujours autant, on traverse de grandes forêts de tecks, des rizières et s’arrêtons régulièrement dès que l’envie nous prend. La traversée des villages est toujours un moment très particulier. Les habitants n’ont pas l’air très habitué à voir une famille débarquer comme ça, mais après les premiers instants d’hésitation, un peu de dialogue peut s’installer. Pai est une petite ville sympa, plutôt un gros bourg, s’étalant le long d’une grande route principale et l’ambiance est calme. Peu de touristes, quelques restos à l’air accueillant. Trouver de quoi se loger est facile, des petits bungalows autour d’un minuscule lac font parfaitement l’affaire. Il n’y a plus qu’à faire une grande lessive familiale.
Le lendemain, un breakfast excellent nous permet de partir à pied sans trop s’inquiéter de faim précoce. Un truc qu’on aime beaucoup faire dans ces cas là, c’est de partir dans la campagne sans savoir où on va. Il y a beaucoup de villages autour de Pai, et c’est la surprise assurée à tous les coups. Certaines fois, on se sent un peu comme des inquisiteurs, d’autres fois, on nous accueille avec plein de sourires, d’autres fois, on a l’impression d’être presque inaperçus si ce n’est quelques coups d’œil. On nous propose de la ganja... mais nous ne sommes pas les bons clients. Sur les chemins, mêmes les insectes ont d’autres allures que chez nous et on passe beaucoup de temps assis au bord des chemins à regarder ces énormes fourmis au travail.
On continue comme ça toute la journée, marcher au grès des chemins à travers les rizières et les villages ou découvrir des chutes d’eau derrière un virage. Le soir, on rencontre une famille avec deux enfants. Ils voyagent comme nous, mais en bus. Plus courageux !!! on a le temps de discuter, il tombe des seaux d’eau dans une nuit noire.
On reprend notre superbe 4x4 direction Mae Hong Son. La route est montagneuse, mais notre voiture monte courageusement les côtes. Premier arrêt aux grottes de Tham Lod. Une rivière souterraine majestueuse (au moins dans le souvenir), qui a creusé dans la roche quantité de chambres où il est facile de se perdre. Stalactites et stalagmites à profusion. La région est aussi riche en sources d’eau chaudes. L’odeur n’est pas toujours extraordinaire, mais le spectacle vaut toujours le coup surtout si l’on tombe dessus un peu par hasard au milieu d’un champ. Pour imaginer la photo, il suffit de mettre une cocotte minute au milieu d’un tapis vert. Se sont en fait de petites marres d’eau chaudes. Des petits sacs sont immergés dans l’eau. C’est tout simplement des sacs de riz que les paysans mettent à cuire pendant la journée. Economie d’énergie. Comme d’habitude, repas dans un petit resto au bord de la route. C’est drôle comme on ne s’y arrêterait pas en France parce qu’ils ne sont pas toujours d’une netteté absolue. Mais la nourriture est toujours excellente, et tous les intestins sont en pleine forme. Les côtes s’accentuent et la voiture commence à avoir vraiment du mal à les grimper. On doit être à 10 Km de la frontière birmane. C’est toujours impressionnant d’avoir un pays en destination et d’en frôler d’autres, surtout celui-là. Il faudra attendre encore quelques années pour y aller. On arrive après bien des virages au village de Mae Lana. Superbe, blotti au milieu des rizières. Un seul regret, ne pas y rester plus longtemps et échanger davantage avec les gens. Mais une fois de plus, la barrière de la langue nous embarrasse et les gestes remplacent la parole, ce qui provoque toujours de franches rigolades. On retrouve la piste pour redescendre mais avec les pluies, ça glisse un maximum et devient même parfois un peu périlleux. Le chemin disparaît régulièrement sous l’eau qui le dévale. On respire en retrouvant la route principale de Mae Hong Son. Un certain nombre de cols sont franchis où des femmes attendent les touristes avec quantités de tissus colorés brodés. Les vues sont splendides sur la plaine et les montagnes même si le ciel est bas et on s’arrête de nombreuses fois pour rentrer dans des petits temples. On trouve une GH splendide tout en teck au bord du lac de Mae Hong Son, vraiment très belle, spacieuse et nickel. Un gros insecte nous nargue dans le coin d’une des chambres, mais on s’efforce juste de le chasser gentiment. Ne pas tuer d’animal, réflexe que l’on a souvent chez nous.
La journée du lendemain est sans surprise au niveau du climat. Comme d’habitude, le ciel est couvert en début de journée, il se dégage ensuite montrant un bleu particulier pour se transformer en douche le soir. Première envie, aller au marché. Ces lieux sont toujours extraordinaires, la vie de tous les jours est là, on achète, on vend, on discute, on peut trouver de tout. C’est bruyant et coloré, très vivant.
Un dilemme se pose à nous. A quelques kilomètres se trouve le village d’une population de réfugiés qui a une particularité. Les femmes se mettent des anneaux autour du cou, comme les femmes girafes africaines. Enlever ces anneaux leur briserait le cou. Le village des Long Neck Kayan Lahwi, membre de l’ethnie Karen, réfugiées de Birmanie n’est qu’à quelques kilomètres de Mae Hong Son. Fallait-il ne pas y aller comme le conseillait à l’époque le GR, soutenir l’exploitation indécente de ces femmes en y allant sans se poser de question, ou y aller pour ouvrir nos yeux à des coutumes tellement éloignées des notres ? Nous avons décidé d’y aller, en expliquant le sort de ces ethnies réfugiées à nos enfants. Le chemin pour s’y rendre est magnifique. On traverse la forêt en se croyant au milieu de la jungle, on croise un grand nombre d’éléphants et on franchit souvent la rivière à guet. Pour rentrer dans le village, première chose, acheter des tickets. Comme au zoo. Mais cet argent est reversé à la population. Il leur est en effet interdit de cultiver les terres, et le tourisme est quasiment la seule ressource. Au moment où on arrive, les quelques touristes encore présents partent, et on se retrouve tout seul dans ce village. C’est l’heure de manger. Alors on traverse le village en parcourant la rue principale. Quelques têtes sortent des maisons, et on voit les femmes et les jeunes filles avec leurs anneaux autour du cou. Notre premier sentiment est un certain malaise. C’est vrai que cela donne une tête haut perchée très étrange. Passé la première impression et quelques échanges de sourires, on continue la route comme si de rien n’était pour aller tout au bout du village. On s’assoit et un homme semblant assez jeune vient nous voir, rapidement rejoint par quelque gamins. Il nous intrigue, on l’intrigue, mais au bout de quelques temps, il voit en nous une famille somme toute comme toutes les autres. Alors tout heureux, il nous fait signe de l’attendre et revient quelques minutes plus tard tenant avec précaution un grand panier en osier. A l’intérieur, une petite tête brune dépasse, son premier enfant d’à peine quelques jours, un garçon. Il fallait voir la fierté de ce jeune père. On est resté longtemps avec lui et les gamins qui, curieux, se rassemblaient autour de nous. Des petites filles sans anneaux, libres de leurs mouvements, et d’autres un peu plus âgées à qui on avait déjà mis ces colliers étranges. En même temps, leur habit change, plus de tee-shirt de toutes les couleurs mais le costume traditionnel blanc brodé et une coiffe. Elles avaient sans doute passé l’âge de la puberté. Une mamie, avec ses 5 petits-enfants est venue discuter aussi un petit moment. Il fallu repartir. On a quitté ce village avec un mélange de joie et de tristesse. Heureux de ce moment passé où pendant l’espace de quelque temps, rien de différenciait les deux familles. Des parents, des enfants qui discutaient en riant. Mais un passé et un avenir tellement différent... comment imaginer qu’on puisse rester « parqué » de la sorte, sans liberté aucune, sans autre ressource que celle du visiteur qui vient en inquisiteur, pour voir, et repartir vers des lendemains si loin de leur vie de tous les jours. Cette privation de liberté nous a procuré un malaise bien plus grand que ces femmes au long cou. | | | À: Hialle · 30 janvier 2008 à 0:11 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 11 de 21 · Page 1 de 2 · 5 865 affichages · Partager bonjour Hialle,
un seul mot : j'aime,

Enlever ces anneaux leur briserait le cou
juste un petit recificatif qui te rassureras: c'es une légende, eles peuvent les enlever sans problemes | | | À: Voyageurasi · 1 février 2008 à 13:14 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 12 de 21 · Page 1 de 2 · 5 808 affichages · Partager Merci pour ce bien beau carnet de voyage illustré. Quelle belle aventure, encore plus pour les enfants sans doute. | | | À: Voyageurasi · 3 février 2008 à 10:22 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 13 de 21 · Page 1 de 2 · 5 779 affichages · Partager Merci à tous les deux.Une petite suite...
C’est bientôt la fin de notre petite virée dans le nord de la Thaïlande. Pour finir, nous partons à la recherche de très belles cascades indiquées assez approximativement sur la carte. Beaucoup de pistes s’offrent à nous, et comptant sur notre flair et le sens de l’orientation de mon homme, après maintes réflexions, on en emprunte une qui paraît être la bonne. Au pire, tout au bout du chemin, à au moins 25 Km, il y a un village, on pourra toujours faire demi-tour. La pente est bien raide et les pluies de la veille lui font ressembler à une véritable patinoire brune, chaotique est pentue. Au bout de quelques kilomètres, impossible d’avancer davantage. La voiture patine un maximum, allant d’un côté à l’autre de la piste en zigzag, frôlant parfois la catastrophe. Mais c’était oublier que nous étions dans un 4x4 et que l’on avait donc 4 roues motrices. Pas de fascicule pour indiquer le mode d’emploi, mais il y avait une manette qui ne devait certainement servir qu’à ça. Victoire, on se croit sauvé, mais la boue a eu raison de la voiture. Le conducteur manque d’entraînement et ce n’est certainement pas moi qui allais risquer de le remplacer. Courageux mais pas téméraires, on laisse la voiture sur le côté et on part chercher la fameuse cascade à pied. On marche, cherchant, écoutant à l’affût d’un bruit de chute d’eau, vérifions régulièrement la carte... rien. On est sale, crottés, les chaussures ne se voient même plus et le temps menace. Mais un bruit de moteur derrière nous se fait entendre, et quelques minutes plus tard, un vieux pick-up arrive à notre hauteur. Le conducteur prend pitié et nous propose de nous monter un peu plus loin sur la route. La mère et les enfants sur le plateau à l’arrière, le père à côté de lui à l’intérieur. Normal ! Manifestement, il est entraîné à conduire dans de telles conditions et le paysage défile bien plus rapidement qu’à pied.
Bêtement (oui, je sais, c’était stupide), je dis en rigolant aux enfants : « en fait, ce gars là, il peut faire ce qu’il veut de nous. Il peut nous égorger, prendre toutes nos affaires et nous jeter dans le fossé. Personne n’en saura jamais rien et on pourra nous rechercher longtemps. » Panique chez les filles et Marion crie ; « maman, on descend ». J’ai beau lui dire que c’était pour rire, rien n’y fait. Et là, je redeviens plus sérieuse et songe à tous ces kilomètres que l’on fait en voiture et qu’il faudra de toute façon faire à pied pour redescendre. Je toque à la vitre pour faire signe à mon homme qu’il faut mieux s’arrêter là. Remerciement au chauffeur, qui n’avait pourtant pas l’air bien méchant, mais les enfants ont eu un peu de mal à lui faire de grands sourires.
La redescente à pied fut épique. On croise deux jeunes qui essayer de monter en moto. Mais ils riaient tellement que leurs efforts étaient vains. On retrouve la voiture avec bonheur. La fameuse cascade est complètement oubliée. Tant pis.
On reprend la route, traverse un village où l’on entend plein de bruit, plein de musique venant d’un temple. On y va ? allez... on rentre dans le temple où une cinquantaine d’enfants étaient réunis pour faire la fête. Ils nous font signe d’entrer avec de grands sourires et de nous asseoir parmi eux. Un peu de distance au départ, et au fur et à mesure, les jeunes garçons se rapprochent discrètement de nos deux filles de 14 et 16 ans. Surtout près de Camille qui était blonde. On a l’impression que c’est un jeu, comme un pari entre eux à celui qui ira le plus près. Ils nous offrent des gâteaux, une sorte de riz gluant qu’on a du mal à apprécier. Comment faire pour manger poliment sans faire de grimaces et en gardant le sourire. Aujourd’hui encore, cela nous fait rire. C’est l’heure de la prière... ils nous font signe de nous mettre sur les genoux. Par manque de réflexe, on était resté assis en tailleurs. On se corrige rapidement. Une fois de plus, il faut repartir. La nuit arrive vite, et la pluie avec elle.
Le lendemain est une grosse journée de voiture. 7 heures pour 350 Km. La route est souvent dangereuse, les voitures doublent sans se poser la question de savoir s’il y a quelqu’un en face. Mais ça marche. De toute façon, nous, on se pousse pour laisser passer. On s’arrête en cours de route pour réserver par téléphone une GH sur Chiang Maï. La première était sympa, mais décidemment trop bruyante. Arrivé le soir, on ne la trouve pas très jolie au fond de sa ruelle, mais très vite la patronne très sympa nous conquis. Pourtant, elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à la surveillante générale de mon collège. Et quel calme. Petite lessive, et les patrons n’en revenaient pas de voir un garçon de 12 ans frotter ses chaussettes. Là, ils étaient vraiment épatés. Petit tour le soir au night bazar de Chiang Maï, mais on en n’a vite marre. Beaucoup de monde, et surtout, beaucoup de touristes. Cela nous fait bizarre parce qu’on en avait très peu vu pendant cette virée. Drôle d’impression, parce qu’en fait, nous sommes aussi de « parfaits » touristes. | | | À: Hialle · 3 février 2008 à 19:10 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 14 de 21 · Page 1 de 2 · 5 762 affichages · Partager une fois de plus quel plaisir de te lire ! pas tentée par la Thaïlande tu me donnerais bien l'envie d'y aller voir... à bientôt ? | | | À: Mamina64 · 4 février 2008 à 19:48 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 15 de 21 · Page 1 de 2 · 5 739 affichages · Partager Merci mamina 
Petite suite...
Dernière journée à Chiang Maï, mais qui ne restera pas notre meilleur souvenir. La matinée fut le moment le plus sympa, on l’a passée au Warorot Market qui est le marché local de la ville fréquenté principalement par des thaïs. On trouve de tout, beaucoup d’épices, des quantités de légumes et de fruits en tout genre, des tas d’insectes dans de petites boîtes, des fringues... toujours très coloré et très animé. C’est un des endroits que l’on préfère dans les villes. On y retrouve les familles, surtout des femmes avec leurs enfants, la vie de tous les jours, celle qui nous plait. Par endroit on entend des rires, à d’autres des discussions assez animées, des disputes ou des papotes tranquilles.
L’après-midi, Francis, notre loueur de 4x4, veut nous emmener voir les fabriques d’artisanat. Les parents dans une voiture, « les babys » dans une autre, conduite par sa girl friend. La visite commence par les fabriques d’ombrelles -impressionnant- ; puis le tissage de la soie avec ses métiers à tisser gigantesques où on se demande comment ils arrivent à ne pas faire de nœuds. On nous reçoit en grande pompe dans des bâtiments superbes, mais se rendent vite compte que nous ne serons pas de très bons clients. Vient ensuite le « Palais » des bijoux et des statuettes en jade. Là aussi, accueil comme si nous étions des hôtes de marque. Des bijoux extraordinaires avec des prix à la hauteur du nombre de carats, des aquariums au milieu des pierres précieuses, bref, que de belles choses. On finit par acheter un tout petit truc en argent, histoire de faire comme tout le monde. Faut dire que les autres touristes que nous sont un peu mieux habillés que notre petite famille, et leur portefeuille un peu plus gros. Puis visite des ateliers de sculpture sur des panneaux en teck et du découpage de la nacre pour y faire des incrustations. Leur dextérité est ahurissante, ils incisent le bois avec une précision prodigieuse. Mais autant leur travail est une pure merveille, autant le résultat est parfois bizarre. Mais c’est juste une histoire de goût. On continue avec les cachemires, l’argent, le cuir...
Assez rapidement, on se sent très moyennement à l’aise. On enchaîne les bâtiments les uns à la suite des autres, tous plus beaux les uns que les autres, avec de magnifiques objets à acheter fait pour se retrouver sur le buffet dans quelconque salon du visiteur. Et en même temps, des hommes et des femmes sont là, travaillant dans des conditions très rudimentaires, juste histoire de montrer aux touristes les méthodes traditionnelles de l’artisanat. Tout semble ce coup-ci totalement surfait, trop organisé et à des prix exorbitants. On devient spectateur d’artisans qui ne sont qu’en démonstration aux yeux du visiteur. Parfois, les conditions de travail semblent acceptables, mais elles sont aussi souvent pitoyables. On est là, à les regarder, et ils nous sourient. Ils n’ont pas le choix. On est finalement heureux que ces visites se terminent.
Retour sur Chiang Maï assez mitigé sur cette dernière après-midi. Mais on quitte la ville le lendemain pour Kho Chang ou Kho Tao, on ne sait pas bien encore. On a entendu parler de palu sur la première, et la deuxième nous paraît un peu loin, mais on décidera demain. De toute façon, ça fait dix fois qu’on change d’avis. | | | À: Hialle · 8 février 2008 à 13:32 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 16 de 21 · Page 1 de 2 · 5 652 affichages · Partager C’est le moment de quitter le nord de la Thaïlande, notre première rencontre avec ce pays. Ce qu’on y a découvert allait déjà au-delà de notre espérance. Des paysages grandioses, des gens particulièrement attentifs qui nous indiquent la route même quand on ne la demande pas, des gens attachants menant une vie à des lieues de la notre... et une cuisine... même pas la peine d’en parler tellement elle nous a enchantés. La patronne de la GH nous dis au revoir comme si on était de la famille ou presque. Un visage sévère, un regard empli de gentillesse.
Le trajet sur Bangkok se fait en avion, histoire de gagner un peu de temps. Deux heures où on peut admirer un paysage très structuré. Des canaux parallèles irriguent des champs perpendiculaires tracés à la règle, des routes toutes droites quadrillent l’ensemble. Rien à voir avec les parcelles de la région de Chiang Maï. On a le sentiment de survoler le grenier de la Thaïlande. Deux heures d’avion, deux heures de voiture pour aller de l’aéroport à la ville de Bangkok (le nouveau n’existait pas encore). Le contraste avec les jours précédent est saisissant, on se croirait parachuté dans une fourmilière. Beaucoup de bruit, du monde partout, des vélos, des voitures, des motos avec des familles entières, des piétons qui tentent de se frayer un chemin au milieu de tout de capharnaüm. Les enfants ont les yeux écarquillés, ils n’ont jamais assisté à un tel spectacle même sur les boulevards parisiens aux heures de pointes.
On va directement à la gare et on s’est enfin décidé pour l’île de Kho Tao, au nord de Kho Samui. L’envie de découvrir les fonds sous marin l’a emporté. Un train part à 22h50, c’est parfait. Le temps de dîner, de prendre des billets et de passer quelques heures à regarder tout ce monde dans cette gare. Là encore, on a l’impression d’être au cœur même de la vie. Des familles en partance, d’autres touristes, des mendiants... La nuit dans le train fut un très sympa. On reçoit une petite collation au départ et une couverture pour chacun. Le compartiment est presque vide. Un thaï, un jeune couple d’américain avec un petit chiot et nous. Des fauteuils confortables qui se tournent même en classe économique. Au fur et à mesure des arrêts, le compartiment se remplit. Le thaï qui était avec nous depuis le début organise, place les voyageurs, se renseigne pour savoir si tout le monde va bien. On pensait que c’était une personne de la compagnie de train tellement il était attentionné. Même pas ! Il voulait juste s’assurer qu’il n’y avait aucun souci pour personne.
Le petit matin arrive vite, et les yeux encore mal ouverts, on se retrouve sur le quai de la gare. Direction le port où un bateau part dans l’heure pour Kho Tao. Il y a très peu de personnes à son bord, le soleil brille un maximum dès le matin, la mer est calme, on se laisse bercer par le bruit des vagues. Quatre heures après, cuit par le soleil, on approche de l’île et on a du mal à en croire nos yeux. Nous sommes face à un paysage paradisiaque, on est à l’intérieur même de la carte postale ou de ces poster qui recouvrent des murs entiers. Le bleu de la mer et celui du ciel se confondent, un bandeau de sable blanc sépare l’eau azur de la masse verte des cocotiers perchés à flanc de colline. Quelques bateaux de pêche attendent tranquilles que quelqu’un les emmène vers le large. Cette arrivée est magique.
A la descente du bateau, un grand nombre de rabatteurs se précipitent vers nous pour nous amener à leur GH de prédilection. Alors on fait semblant de savoir parfaitement où on va, et donnons à un taxi l’adresse d’une petite GH qu’on avait repéré dans le LP. On ne sait pas grand-chose sur elle, mais on se fie à notre instinct. Elle est tout au bout de l’île, à la pointe sud, et on pense qu’il ne devrait pas y avoir trop de monde. Traverser l’île prend peu de temps, et on se retrouve devant une petite GH accueillante au bord de l’eau dans une petite crique, composée d’une terrasse protégées par des palmes de cocotiers et donnant sur une petite cuisine construite à même dans la roche. A côté, quelques bungalows, quasiment tous libres. Notre choix se porte sur l’un d’eux qui se dresse sur ses pilotis, face à l’eau. Jamais la vue de notre fenêtre ne fut aussi extraordinaire à nos yeux que celle-ci.
Ni une, ni deux, la première chose est d’aller louer masques et palmes. Les seuls fonds sous marins que l’on connaissait étaient ceux du nord de la Bretagne. Ils sont très beaux, mais là, c’est quand même autre chose. L’eau est translucide. On y voit des poissons de toutes les couleurs, des bariolés, des oranges, des violets... des oursins énormes avec des aiguilles d’au moins 30 cm, des anémones de mer de toutes les teintes, des coraux bougeant gracieusement avec le mouvement de l’eau. Une vraie palette de peintre. Jamais on avait vu ce spectacle ailleurs que sur un écran de télévision. Mais ce qui nous étonne le plus et nous inquiète un peu au départ, ce sont ces énormes concombres de mer. On ne savait même pas que cela existait et ils sont là par centaines. En fait, ils sont totalement inoffensifs (enfin je crois), et on s’habitue à leur présence. On est tellement absorbé par le spectacle qu’on ne se rend pas compte que le ciel est devenu noir, et bientôt, une pluie torrentielle s’abat sur nous. De toute façon, on est déjà mouillé et c’est un délice d’être dans cette eau chaude et de se recevoir ces lourdes gouttes rafraîchissantes. La surface de l’eau devient de la tôle ondulée, ressemble à de l’eau qui bout avec des bulles qui jaillissent de partout. Drôle d’impression. L’orage ne dure pas, mais la fatigue nous tombe dessus. On essaye de rentrer par les rochers, mais échec au 3/4 de la route. Impossible d’escalader des énormes rochers.
Alors on revient par le sentier de bord de mer, dînons, et nous écroulons comme des masses. Ce premier soir, il y a peut être eu du bruit, mais personne ne l’aura entendu. | | | À: Hialle · 8 février 2008 à 14:20 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 17 de 21 · Page 1 de 2 · 5 644 affichages · Partager quel magnifique récit ! moi aussi j'attends la suite avec impatience!
Marie | | | À: MariReg · 16 février 2008 à 9:18 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 18 de 21 · Page 1 de 2 · 5 540 affichages · Partager Voilà une petite suite... 
Première journée sur notre île. On se la fait cool après une grasse matinée, et passons des heures dans l’eau à observer ces fonds fabuleux. On se coupe sur bon nombre de rochers, mais notre peau y est insensible. Un nouvel orage terrible finit par nous interrompre et on trouve une petite paillote en cocotiers pour nous abriter sur un petit bout de rocher surplombant la mer, entourée par un bougainvillier grand comme un arbre. Un vrai petit paradis. Quelle sensation fabuleuse de se sentir quelques instants des Robinson Crusoé tout en sachant qu’on dormira dans un lit le soir. Le soir, on fait la connaissance d’une autre famille française avec deux enfants de l’âge des notres et on projette de faire le tour de l’île ensemble en bateau le lendemain. On a bien envie des découvrir toutes les autres petites criques de l’île et voir si les fonds sous-marins sont semblables. Réveil à 7 heures en fanfare grâce à un couple d’allemands situés juste de l’autre côté de la cloison. C’est jeunes sont en pleine forme et décidément, également très amoureux. On rencontre un jeune thaï, Rung, qui veut bien nous emmener toute la journée sur son bateau. Le temps est superbe, c’est parti pour une journée de rêve qui laissera quelques souvenirs cuisants sur les cuisses.
Après une succession de petites criques, on arrive sur Nang Yuan, situé juste à coté de Ko Tao. C’est un ensemble de 3 îlots reliés entre eux par des bancs de sable. Trois teintes dominent, le blanc du sable, les bleus de l’eau et les verts des îlots. Par endroits, d’énormes rochers tout ronds et tout lisses semblent surgir du sable. Si on veut s’imaginer à quoi peut ressembler le paradis, cela doit être quelque chose de ce genre. Sauf que bien sûr, comme c’est un endroit merveilleux, on n’est pas tout seul, mais il y a suffisamment de place pour tout le monde. Il y a ce couple de japonais qui craint le soleil et qui reste couvert, l’eau jusqu’au genoux, protégés par leur ombrelle.
Surprise, le spectacle sous l’eau, dès qu’il y a un peu de profondeur d’eau, est encore plus impressionnant que celui de notre petite crique. Des poissons de toutes les couleurs à foison, des anémones comme des pierres précieuses et toujours la même danse des coraux. L’eau est encore plus translucide. Nous n’avions jamais vu une telle scène marine. Rung nous fait signe de partir, on se remplis des yeux une dernière fois et reprenons le bateau pour d’autres rivages moins envahis de monde. Dans d’autres criques, ce sont de gros bancs de poissons qui viennent nous voir, ainsi que des poissons scie.
On s’arrête le temps du déjeuner dans une paillote construite sur un radeau au milieu de l’eau. L’endroit est enchanteur. Une famille thaïe tient ce lieu qui sert de resto et nous sommes seuls avec Rung et elle. Sous la maison, il y a un gigantesque casier à poissons dans lequel la cuisinière pioche au grès du menu. Quelques hamacs multicolores sont accrochés de ça et là. Un peu de poissons grillés et de riz ont une saveur incomparable dans ce lieu. Une très grosse vedette vient interrompre cette tranquillité. A son bord, une équipe de cinéma argentine qui vient tourner quelques scènes. Le décalage est trop drôle. Sur la vedette, d’autres vedettes (ou plutôt starlettes) d’un âge moyen de 25 ans, bronzés, lunettés, cheveux gominés pour les garçons et au vent pour les filles, en maillots très échancrés qui se la « pètent » un peu. Un homme avec un gros ventre, sans doute le producteur, semble surveiller ses ouailles. On regarde quelques instants les yeux ronds... mais ces gens ne sont pas très souriants, et finalement, on retourne rapidement vers un autre spectacle, celui de la mer et des bancs de poissons qui tournent autour de cette maison flottante. Dernière crique de la journée, celle qui sert de refuge à de jeunes requins. On n’est pas très tranquille, mais notre inquiétude ne touche nullement nos enfants qui se jettent vite à l’eau. Les scènes de certains films à épouvante ne se produiront pas. Juste quelques jeunes requins échappés de la surveillance de leur mère tournent doucement et sont interloqués de notre présence. Mais de se retrouver à quelques brasses procurent quand même une drôle d’impression. Retour vers la GH, pas d’orage aujourd’hui, le soleil reste impitoyable, et doucement mais sûrement, l’arrière des cuisses commence à chauffer. On avait bien prévu pour cette journée de garder des tee-shirt qui protègeraient le dos, mais rien sur les jambes. Entre les rayons ardents et le filtre de l’eau, on s’est bien fait avoir, surtout la mère (sic) et de rester assis sur les petits bancs en bois devient vite insoutenable. De minutes en minutes, mes cuisses prennent une couleur rouge vif, puis virent presque au violet. La soirée sera difficile, et les crèmes et calmants font peu d’effet. Autant, cette journée fut fabuleuse à tous les niveaux, autant la fin est cuisante.
Le lendemain, on évite l’eau, les jambes brûlent toujours. Première chose, réfléchir à ce que l’on veut faire pour les jours qui restent avant le retour en France. On voulait remonter directement sur Damnoe Saduak mais cela semble vraiment compliqué. On prendra donc un bus après demain pour Bangkok. En attendant, on part à pied parcourir l’île dont on ne connaît finalement que les fonds marins. Impératif, trouver une crème apaisante. Dans une petite boutique on nous conseille de l’aloe véra, ça tombe bien, il paraît que cette potion offre aussi la beauté et la santé. Alors si en plus, ça calme les brûlures... Les paysages sont aussi enchanteurs au milieu de l’île que sur son pourtour. Très vert, très habité, avec des collines à grimper débouchant sur des panoramas exceptionnels. On va se perdre de chemin en chemin, mais vue la taille de l’île, pas trop d’inquiétude. La chaleur est terrible, le soleil tape d’une façon insolente.
On finit par arriver au nord de l’île dans l’endroit le plus « branché » de l’île. Beaucoup de jeunes aussi beaux et bronzés les uns que les autres, beaucoup de musique et on finit par trouver un endroit sur la plage où on peut se poser. On avait l’impression d’être au milieu « d’Alerte à Malibu », ce qui n’était pas complètement pour déplaire aux enfants. Mais on en a vite marre et repartons vers des lieux plus calmes. Une nouvelle crique avec des vagues assez fortes, et on peut voir au travers de l’eau des oursins aux épines gigantesques. Impossible pour Paul de ne pas aller les voir de plus près, ça tombe bien, il ne quitte pas son masque, toujours prêt.
Dernière soirée dans notre paradis. Un peu nostalgique de repartir déjà demain. Le nord de la Thaïlande nous avait considérablement plu. On y avait découvert un monde que l’on ne connaissait pas. Le sud nous a enchanté. On avait déjà vu ces paysages paradisiaques, mais seulement par écran ou photo interposés. Là, on était rentré à l’intérieur même de l’image.
On venait de vivre un rêve éveillé. | | | À: Hialle · 18 février 2008 à 18:57 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 19 de 21 · Page 1 de 2 · 5 508 affichages · Partager J'attendais la fin du récit pour te dire combien je me suis régalée à te lire ! Continuez à faire de beaux voyages en famille et surtout, toi, à les raconter ! Bises béarnaises | | | À: Mamina64 · 4 mars 2008 à 9:32 Re: Trois petites semaines en Thaïlande avec les enfants Message 20 de 21 · Page 1 de 2 · 5 386 affichages · Partager Merci mamina... c'était pas fini. Nous continuons à voyager, mais sans les enfants. Ils volent maintenant de leurs propres ailes  et ont attrapé le virus.
Et voilà la fin....
Le retour de cette île paradisiaque se fit dans une ambiance un peu nostalgique, même si notre voyage n’était pas fini. Pour démarrer la journée, trois heures sur un bateau bourré de touristes à craquer, impossible de bouger le petit doigt, le temps est maussade, la mer très agitée et on se fait tremper sur le pont. Autant à l’aller on était seul sur un petit bateau et la mer superbe ; là le retour est tout autre. On enchaîne avec huit heures de bus. Pas très sympa dans le bus, surtout comparé à l’aller en train. Là aussi, il y a beaucoup de monde, on n’arrive pas à savoir l’heure d’arrivée à Bangkok, ni s’il y a des pauses déjeuner ou pipi. On s’arrête régulièrement, mais sans savoir pour combien de temps. Impossible donc de s’éloigner du bus et de casser une petite croûte. Heureusement, le paysage est splendide. Des cocotiers, des hévéas, des ananas, des palmiers dattiers. Sur la gauche, les montagnes birmanes, sur la droite, la plaine thaïlandaise et la mer, d’un bleu toujours extraordinaire.
On arrive vers 22h à Bangkok, complètement cassés par la route, et on se retrouve tous les cinq sur le trottoir avec nos sacs sur le dos. Première difficulté, trouver notre GH dans un dédale de petites rues. On tourne et retourne, les enfants essayant de suivre malgré la fatigue, mais on n’a pas le choix. Enfin, ça y est ! elle est là. Toute petite au milieu de grandes tours qui la surplombent. On tombe de fatigue et dormons jusqu’à ce que les bruits de la cuisine jouxtant la chambre se fassent entendre. Les parois sont tellement minces, qu’en fermant les yeux, on avait la nette impression que la cuisine se faisait dans la chambre.
Aujourd’hui, c’est la fête des vacances à Bangkok. Drôle d’impression de se retrouver au milieu de tout ce monde, dans une ville qui dépasse à nos yeux celle d’une taille humaine. Il y a plein de gamins partout en uniforme. On est surpris par les enchevêtrements de routes, par les très larges avenues. Les temples aussi nous surprennent. A l’intérieur, on peut tout y faire : dormir, manger, parler, prier. Toute la vie s’y déroule tranquillement. On est loin de nos églises françaises où règne un silence parfois pesant. On passe ainsi un long moment dans le Wat Pho, son architecture, son ambiance, ses couleurs, ses statuettes recouvertes de multiples feuilles d’or, ses toitures innombrables... tout nous ahurit. Des gens sont recueillis pieusement, d’autres papotent, d’autres font des offrandes ou brûlent de l’encens. On s’arrache à ce lieu envoûtant pour aller prendre le bus en direction de Damnoen Saduak situé à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Bangkok. En bons touristes, on veut aller voir les fameux marchés flottants de cette petite ville, et il semble qu’il y ait moins de monde aux aurores. Le mieux est donc d’y aller dormir.
Effectivement, le lendemain à 6h30, il y a encore peu de touristes. Par contre les thaïs sont nombreux. Ce marché ressemble à un dédale de petits canaux, un vrai labyrinthe. Des centaines de petites barques toutes plus chargées les unes que les autres, et comme dans tous les marchés, tout se vend, tout s’achète après de longues discussions. C’est surtout les femmes qui vendent : des pancakes, quantités de fruits et légumes, des noix de coco et des pamplemousses, des chapeaux de toutes formes en bambous ou paille de riz, et plein de trucs à touristes.
Tout nous surprend, y compris ces énormes pythons qu’ils veulent nous mettre autour du cou. Cette vie sur l’eau est toujours étonnante. Dans cette même eau verdâtre, on y fait la vaisselle, la lessive, on y rince les légumes, on s’y lave. Retour sur Bangkok, et pour le dernier soir, on cherche un hôtel un peu meilleur en confort que ceux qu’on a eu, histoire d’être réveillés ni par la cuisine, ni par les motos. On trouve une chambre en haut d’une tour, et par la fenêtre, on aperçoit tout en bas notre petite GH précédente. On a presque l’impression d’être dans un palace, avec un groom dans l’ascenseur. On n’est pas très habitué à ce type d’endroit, mais pour une nuit, ce n’est pas déplaisant.
Le reste de la journée se passe en partie dans le quartier de Chinatown. On se croirait quasiment dans une Foirfouille géante, avec des trombes d’eau en plus qui nous tombent dessus. Les montres se vendent par 6, les bagues par 24. On trouve des couteaux comme on en n’a jamais vu, des épluches légumes comme on n’en trouve pas en France. Pendant une très grosse averse, on trouve refuge chez un marchand de tongues, certainement le plus kitch de tout bangkok.
Puis vient le quartier indien. Changement de monde en quelques minutes. Au bout d’une rue, on tombe par hasard sur un marché de gros de fleurs. Des centaines de bouquets multicolores, des fleurs extraordinaires pendant des mètres et des mètres, des orchidées, des roses et beaucoup d’autres aux noms inconnus.
Retour tranquille pour notre dernière nuit dans la petite GH à la cuisine dans la chambre. La matinée suivante, on déménage dans notre nouvel hôtel, dans ce qui nous semble un palace. Les toitures sont superbement aménagées avec de grandes terrasses dominant la ville, des fleurs partout sur un sol en teck. En sus, une belle piscine... vide. On décide d’aller visiter la maison de Jim Thompson. Sa maison thaïlandaise à Bangkok, installée dans la verdure le long du khlong San Sap, est le musée d'un Américain tombé sous le charme du royaume au milieu du siècle passé. Cheville ouvrière de la relance de la commercialisation de la soie thaïlandaise dans le monde, cet amoureux de l'art asiatique a fait de sa maison un véritable paradis où s'harmonisent végétation tropicale luxuriante, architecture siamoise et objets d'art prisés. Cet homme avait manifestement beaucoup de goût, et les moyens de ses ambitions artistiques. Autant de beauté dans un endroit aussi enclavé dans une ville gigantesque, un vrai régal. Le dernier après-midi, petit tour à la ferme des serpents où on assiste à une séance de récupération de venin. Tous les serpents dont on peut avoir peur sont là. Et changement radical de décor en allant dans cette forteresse de la consommation, le MBK. On ne s’y sent pas très à l’aise. On a l’impression que les touristes viennent y acheter un maximum de choses avant de rentrer. Ils n’ont pas l’air guidé par les objets mais davantage par des prix. On y trouve des tonnes de chaussures, des vêtements, des parfums... et beaucoup de contrefaçon. Un de nos enfants voit les baskets dont il rêvait en France, à un prix défiant tout concurrence. On craque... elles ne dureront pas longtemps. Le plus surprenant est cet enchevêtrement de voies routières aériennes. Avant de rentrer en France, dernière balade en bateau sur les klongs On est là à se remplir les yeux, sachant qu’il n’y en n’a plus pour très longtemps. Des maisons sur pilotis de toutes tailles, de toutes formes, les unes en très bon état, les autres complètement branlantes. Les enfants jouent sur les balcons au bord de l’eau comme dans n’importe quel jardin. L’eau est un élément naturel. L’une d’entre elles était tellement penchée qu’on se demandait comment on pouvait tenir debout à l’intérieur. Sur la petite terrasse, une femme faisait la cuisine.
Le retour dans l’avion fut très calme. Chacun avait la tête plongée dans toutes ces images que l’on venait de voir, dans cette petite aventure. Difficile de dire ce qui nous avait le plus marqué. Ces réfugiés birmans enfermés dans leur village, cette île paradisiaque, l’accueil dans cette maison au bout du monde où nous sommes restés en attendant que la pluie s’arrête ?
Le pilote de l’avion nous sort de nos songes « Nous allons atterrir à CDG, la température extérieur est de 14°C ». En plein mois d’août, drôle de transition.
Six ans après, nous reparlons régulièrement de ce voyage et des rencontres effectuées. Ce sera le dernier « grand » voyage tous ensemble, mais depuis, chaque enfant continue sa route, et manifestement, elle les emmène bien loin. Ils restent avides de ces découvertes d’autres mondes, d’autres peuples... d‘autres paysages. | Carnets similaires sur la Thaïlande: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 860 visiteurs en ligne depuis une heure! |