Chapitre 13 : 4000 îles -
Pakse -
Ubon Ratchathani -
Bangkok
Nous avions organisé notre retour depuis
Pakse et nous réalisons que c'était une erreur. Quasi tout le monde sur ces îles vend des billets de bus pour le
Cambodge, les villes laotiennes et même pour
Bangkok. Et moins cher, puisque la traversée pour Nankasang, sur le bord du
Mékong, mais côté terre ferme est comprise. Pas notre billet payé à
Pakse. La seule chose qu'il n'y a pas ici, c'est une banque. Mais encore, car plusieurs commerces changent Dollars et Baths.Notre minivan est censé partir vers 1130h., nous avons donc le temps de faire nos sacs et de prendre un dernier petit-déjeuner lao.
Le trajet en bateau jusqu'au port de Nankasang est fantastique. Nous longeons les berges et la végétation, nous croisons des barques de pêcheurs, des buffles qui prennent le frais dans l'eau, des enfants comme toujours qui jouent dans leur grande piscine naturelle.
A Nankasang, rien de plus facile. Dans la rue principale, un Laotien guette les touristes, très facile à reconnaître dans le paysage, vérifie leur billet et les oriente vers le bon minivan ou le bon bus. Nous trouvons ainsi facilement le notre pour
Pakse. Et nous partons pile à l'heure. Un peu moins de trois heures de route plus tard, nous arrivons dans la ville. Le chauffeur fait la tournée des stations de bus ou des agences de voyages, puisque les destinations sont multiples. Certains montent sur
Vang Vieng, d'autres vont à
Bangkok et nous, nous allons à
Ubon Ratchathani, la grande ville thaïlandaise de l'autre côté de la frontière.
Une heure d'attente à peine, le temps de manger un riz sauté au poulet dans la petite gargotte de la gare routière et nous montons dans notre prochain bus. Après une heure de route, voici la frontière. Côté lao, un premier guichet prend votre passeport et vous remet un ticket jaune. Avec ce ticket, vous allez à un deuxième guichet et vous payez 10'000 kips de taxe de sortie. Et on vous remet un ticket rose. Avec ce nouveau coupon, vous retournez au premier guichet et vous reprenez votre passeport. Le tout en 5 minutes, peut-être un peu plus suivant la queue. Côté thaï, c'est plus classique. On remplit sa carte d'immigration que l'on remet au douanier souriant en faction, un coup de tampon et le tour est joué. Le bus est déjà en
Thaïlande, à attendre ses passagers.
Un grand marché bien achalandé permet de vite comprendre que le
Laos est derrière nous. Mais les différences ne s'arrêteront pas là. La route qui va vers Ubon est une autoroute flambante neuve, au bitume parfait. Les maisons ne sont plus en bambou tressé et sur pilotis, mais de belles contructions. Les abords des routes sont propres et les jardins fleuris. Les veaux et les buffles ne traversent plus la route devant le bus qui roule. Les voitures qui nous dépassent sont neuves et en bon état. Même les rizières sont vertes et plantées. Il faut dire à ce sujet que les Thaïs font plusieurs récoltes par année, les Laotiens une seule. Un dicton local dit d'ailleurs que les Thaïlandais plantent le riz et les Laotiens l'écoutent pousser. Pas tout-à-fait faux. Aucun doute, le rustique
Laos a fait place à la moderne
Thaïlande.
A Ubon, comme souvent en
Thaïlande, la gare routière est à l'extérieur de la ville. Un tuktuk nous amènera au Sri Isan Hotel où nous passerons la nuit avant notre vol de demain matin pour
Bangkok avec Air Asia. Hôtel tout-à-fait correct, non loin de stands de nourriture de rue. Là encore, la différence avec le
Laos est frappante. Musique rock dans la rue, plus d'énergie parmi les gens, environnement propre, pas de stand de bric-à-brac. Retour au monde moderne. Nous mangeons dans la rue avant de revenir à l'hôtel. Premièrement parce que la fatigue se fait sentir et que nous nous levons tôt demain matin et deuxièmement, parce qu'il fait frais. Bien plus qu'à
Pakse, pourtant distante d'à peine 150 kilomètres. Autre atmosphère, autre climat.
L'hôtel organise le transport à l'aéroport pour 50 baths, rendez-vous est pris pour demain matin.
19 degrés au lever. L'
Asie du sud-est connaît-elle sa vague de froid ? Après
Luang Prabang, voici Ubon dans la fraîcheur. Un tuktuk affrété par l'hôtel nous emmène au petit aéroport de la ville. 8h00 tapantes, l'heure du lever du drapeau. Un garde uniformé se charge de monter l'étendard au grand mât devant le bâtiment. Les militaires sont au garde-à-vous et tous les Thaïlandais présents s'arrêtent pour regarder le drapeau et se tenir droit. Les haut-parleurs diffusent l'hymne national. Tout est stoppé pendant 1 minute, la scène est surréaliste. Même un piéton s'arrête au milieu de la route pour rendre hommage à son pays.
L'enregistrement est facile. Le vol Air Asia arrive de
Bangkok à l'heure, il suivra donc aussi l'horaire pour le décollage. Dans le hall, nous sommes abordés par une femme assez âgée, à l'accoutrement assez bizarre puisqu'elle porte un bonnet. Elle parle un excellent anglais et veut juste nous faire la conversation. D'où vient-on ? Combien d'enfants a-t-on ? Est-ce qu'on apprécie la
Thaïlande ? Contacts faciles, échanges, malgré les différences culturelles. Je n'ai jamais vécu ce genre de situations en Europe...
Le vol d'Air Asia est parfait. Comme d'habitude serais-je tenté de dire. Petit prix, avions neufs et propres, personnel souriant, départ à l'heure. Seule entorse à une compagnie dite conventionnelle, il n'y a aucun service à bord, si ce n'est en payant.
L'aéroport de
Bangkok nous est presque familier. Après avoir récupéré nos sacs, nous descendons au niveau 1 pour attraper le bus pour
KhaoSan Road à la porte 8. Certainement pas le meilleur endroit de
Bangkok. Mais nous n'y restons que 24 heures et en 2008, nous avions passé plusieurs jours ici, à faire la tournée des temples et des lieux à visiter. Là, c'est différent. Nous voulons juste faire quelques achats que nous ramènerons comme cadeaux.
KhaoSan et sa faune bigarrée. Ici le spectacle est aussi dans la rue mais pas parmi la population locale, comme au
Laos. Non, ce sont bien les touristes qui attirent l'attention. Impossible de ne pas exhiber ses tatouages, comme si un code l'imposait. Plus qu'ailleurs, il faut adopter le look du routard qui fait son pèlerinage asiatique, pantalon bouffant de rigueur, ou le t-shirt qui prouve que l'on est allé s'encanailler à la Full Moon Party de
Koh Phan Ngan. Il faut parfois même en avoir le comportement en se baladant à pieds nus, jusqu'à en avoir la plante noire de crasse. Sans compter les séances de marchandage, où certains frôlent de près l'insolence et la malhonnêteté. Plus encore les vieux babacool qui ont fini par échouer ici. S'asseoir à une terrasse, déguster un bon shake aux fruits et observer.
KhaoSan, l'incarnation du mythe
Bangkok, mais pas de son âme.
Comme en 2008, nous logeons à la Lamphu House, à deux pas de La Rue, mais suffisamment en retrait pour y être au calme. Réservation obligatoire ici, beaucoup de voyageurs se font éconduire, l'établissement est complet. Que dire de nos 24 heures passées à
Bangkok ? Pas grand-chose. Nous avons quitté le calme et la nonchalance des 4000 îles pour nous retrouver dans la foule et la frénésie de la mégapole. Transition difficile. Bien sûr, c'est toujours l'Asie, ses tuktuks, ses stands de rue, son excellente nourriture très bon marché au coin d'un trottoir. Mais le mot stress refait son apparition. Pas encore chez nous, mais dans l'ambiance, dans la circulation, dans le monde qui envahit les trottoirs. Nostalgie lao.
Pourquoi dès lors s'installer là me demanderez-vous ? Peut-être par paresse, puisque nous étions venus, nous connaissions, pas besoin de chercher. Peut-être aussi parce que tout y est sous la main (nourriture, achats, transport) et que nous sommes un peu fourbus d'un mois de
Laos, à marcher, découvrir. Malgré tout, le retour est dans nos têtes et plus il approche, plus on se réjouit. Comme au départ, mais dans le sens inverse. Non pas d'abandonner cette Asie qui nous fascine toujours autant, mais bien de retrouver les notres.
Bangkok, nous n'en dirons pas plus, c'est le livre lao, rappelons-le.
Tout comme le livre débute par un prologue, il doit finir par un épilogue. Le dernier chapitre. Ce sera pour dans quelques jours, une fois avoir posé nos sacs chez nous.