Valmichel86 · 31 janvier 2026 à 23:10 · 154 photos 36 messages · 4 participants · 2 589 affichages | | | | 31 janvier 2026 à 23:10 Vénétie: Dolomites et Opéra Message 1 de 36 · Page 1 de 2 · 1 941 affichages · Partager Je me lance dans un nouveau carnet de voyage en Italie. Il s'agit d'un voyage d'environ un mois (du 3 Septembre 2025 au 4 Octobre 2025), ou plutôt d'une partie de ce voyage. Cette partie correspond exactement au titre : festival d'Opéra à Vérone (une soirée), Dolomites de la région Veneto (Vénétie). Je publie la partie du voyage que je pense la plus susceptible d'intéresser les lecteurs francophones (car c'est dans cette partie que j'ai vu le plus grand nombre de français). Je résume : - Voyage en septembre 2025 - Voyage seul en camping (caravane) - Zone géographique peu étendue : outre Vérone, les alentours du massif de la Marmolada et de Cortina d'Ampezzo. - activité principale mais non exclusive : la randonnée.
Ayant un temps de connexion limité là où je me trouve actuellement, j'avancerai lentement dans la rédaction. C'est parti !
Jour 1 : Jeudi 4 Septembre 2025
C’est une arrivée en Vénétie (region Veneto) sous le soleil et avec la chaleur. Je vais rouler jusqu’à Vérone ( Verona) et essayer de trouver une place au camping ( Verona Village) situé au sud de la ville. Malheureusement il est complet... La réservation sur le site est obligatoire, mais quand j’ai voulu réserver il y a quelques jours, le site n’a jamais accepté de passer de l’étape “réservation” à l’étape “paiement" (je ne sais pas pourquoi, comme d’habitude dans ces cas-là). Je trouve au téléphone une autre solution ; le trajet du sud de Verona au nord-est est un peu long, mais je m’installe finalement au camping “Oro Verde”. C’est un “agricampeggio” (camping à la ferme ou camping rural) situé en périphérie de l’agglomération, et son nom (or vert) indique qu’on y produit des olives. Comme il n’est pas tard, je vais jusqu’à l’Adige en vélo, en suivant l’itinéraire conseillé pour se rendre en ville. | | | À: Valmichel86 · 1 février 2026 à 22:37 · Modifié le 2 fév. 2026 à 17:28 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 2 de 36 · Page 1 de 2 · 1 912 affichages · Partager Jour 2 : Vendredi 5 Septembre 2025
J’ai prévu une journée très tranquille, car la raison de ce passage à Verona est le festival d’opéra aux Arènes ; j’y ai réservé une place pour ce soir. Je vais faire une promenade dans le centre de Verona, promenade qui va se transformer en mauvais souvenir du voyage. Je stationne mon VTT à moins de 5 mètres de la porte d’entrée du point info touristique et je pars pour une promenade d'une petite heure sans avoir l’intention de visiter quoi que ce soit. En approchant de la rivière Adige, j’arrive devant l'arc des Gavi (arco dei Gavi), arc de triomphe construit en l’honneur des membres d’une famille.
Derrière l’arc, on accède à une terrasse au bord de l’Adige d’où on peut admirer le “ponte di Castelvecchio” (pont Scaliger), pont médiéval avec ses 3 arches de longueurs inégales.
On peut franchir ce pont qui, au moyen-âge, faisait la liaison entre le château et la campagne.
La restauration a conservé ou restitué son aspect médiéval au pont ; en montant sur les banquettes, on voit couler l’Adige et, vers l’aval, le pont suivant (Ponte della Vittoria), qui marque le début de la boucle enveloppant le centre-ville.
Le centre-ville était déjà le centre de la ville romaine au 1er siècle après J-C. J’y accède en passant sous une porte monumentale autrefois incluse dans l’enceinte romaine : porta Borsari. Il en reste la face externe ; ce n’est pas du marbre mais du calcaire blanc local.
Par des rues plus étroites, et piétonnes, j’arrive à la place des herbes (piazza delle erbe) puis à la place des Seigneurs (piazza dei Signori) au centre de laquelle s’élève une statue de Dante.
Juste à côté, la cour du Vieux Marché (cortile del Mercato Vecchio) est bordée par le Palais de la Raison (Palazzo della Ragione).
Ces 2 places et la cour du Vieux Marché ne sont distantes que de quelques dizaines de mètres et forment le cœur de la cité. Le retour vers les arènes me fait passer par la rue principale du centre (via Giuseppe Mazzini) et je reviens au point de départ.
Et là... Plus de VTT. Il a disparu, volé pendant mon absence. J’apprendrai, une fois rentré au camping, que ce type de vol est courant à Vérone. Je suis très ennuyé, à cause de la perte de ce vélo que j'aimais bien, et à cause des conséquences sur le voyage ; je devrai me déplacer soit en voiture, soit à pied, sans utiliser de vélo, ce que je n’ai pas l’habitude de faire. Quelques courses et farniente l’après-midi en prévision de la soirée aux arènes de Vérone. L’opéra au programme est Nabucco, de Giuseppe Verdi, mis en scène par Stefano Poda. La température est idéale. Dès le début du spectacle (et même avant le début), on se rend compte que l’option délibérée est de dépasser une représentation d’opéra et de proposer un spectacle total avec une vision très futuriste. Et même avant... car sont disposées au-dessus de la scène deux structures (métal ou fibre, et néons ou lasers), de grandes dimensions, qui flottent dans l’espace. Visualisons une balle de tennis.
Une courbe fermée (là où il n’y a pas de feutre jaune) est dessinée sur la surface de la balle. Coupons cette balle (avec un cutter) en suivant cette courbe. On obtient deux surfaces, des parties de sphère. Ce ne sont pas ce qu’on appelle des demi-sphères, mais on a néanmoins partagé la sphère en 2 parties égales, disons des semi-sphères. Passons au volume en traçant les segments dont une extrémité est le centre de la sphère et l’autre extrémité un point quelconque du contour des deux parties de sphère ci-dessus (on peut appeler ces segments des rayons) : voilà ce qui lévite au-dessus de la scène dans les arènes de Vérone, disons deux semi-boules.
En voici une pendant le spectacle (j’ai choisi une photo sur laquelle ces segments [les rayons] sont visibles).
Deux faits de mon histoire personnelle [formation scientifique et mathématique, pratique du tennis] ont rendu évidente et immédiate l’identification géométrique de ces formes. Et je sais, dès avant le début du spectacle, que, à un moment, elles se rapprocheront et s’emboîteront pour reconstituer une sphère ou une boule... Ce sera à la fin de l’opéra, pendant la dernière scène, une scène de réconciliation-expiation Pour qui n’a pas les clés (balle de tennis et géométrie de la sphère), je suppose que la présence de telles structures non identifiées doit laisser perplexe... on peut penser qu’elles ressemblent à des carapaces de mollusques comme on peut en voir dans des musées d’histoire naturelle. Deux mois après la rédaction précédente, j’ajoute cette remarque : à mon avis, ces structures ressemblent à des noix de cajou (je n‘ai pas trouvé mieux comme ressemblance intuitive).
Pendant la plus grande partie du spectacle, l’immense scène sera occupée par des centaines de choristes, danseurs, figurants. Les costumes sont beaux, soit intemporels, soit futuristes. L’effet de masse est utilisé au maximum, surligné par des effets spéciaux pour des masques, des épées, des structures mobiles repliables (prisons), etc... La "Vanité” trône en haut d’un immense sablier ; elle s’écoulera dans celui-ci, et dans l’escalier qui le prolonge vers le bas, en lettres lumineuses mais aussi en chair et en os quand certains protagonistes passeront par l’escalier pour entrer en scène. Des centaines d’autres sabliers viendront sur scène, apportés par des adultes ou des enfants, tenus en position verticale ou en position horizontale. Il y aura aussi une explosion atomique quand Nabuchodonosor, délaissant le statut de Roi, se proclamera Dieu. L’utilisation de l’espace scénique est captivante, éblouissante (peut-être parce que je n’avais jamais vu d’opéra traité de cette façon) et visuellement très réussie. Le fait d’être placé haut, en avant, côté jardin, ne pose aucun problème pour cette vision d’ensemble. Quant à la musique et aux voix, le miracle des arènes fait que tout passe. L'effet de l'éloignement se fait tout de même sentir pour les voix. Il y a toutefois un point qui m’a beaucoup gêné, au sens propre, dans la mise en scène. Repérer et identifier les protagonistes sur la scène, où se trouvent souvent de très nombreuses personnes, n’est pas facile ; il faut chercher, parfois un bon moment, pour trouver d’abord un groupe (les protagonistes ont souvent une suite autour d’eux), puis le protagoniste dans le groupe ; en outre la ressemblance des costumes ne facilite pas la “séparation” du protagoniste de sa suite. Est-ce plus naturel et plus facile avec une vision de face ? je ne sais pas, mais ce serait souhaitable. Finalement, je garde le souvenir d’une représentation exceptionnelle, pour un retour aux arènes 60 ans après une première venue ; j’avais vu Aïda ici au milieu des années 1960. Pour voir et écouter, bref pour assister au spectacle, faire une recherche ‘Nabucco Verona 2025’. Vous trouverez sur you-tube un enregistrement d’une durée de 2 heures 15 minutes. C’est une captation effectuée par la RAI lors de la première au mois de Juin (elle commence par l’hymne national italien, car cela devait être l'ouverture du festival). | | | À: Valmichel86 · 2 février 2026 à 23:01 · Modifié le 12 avr. 2026 à 21:47 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 3 de 36 · Page 1 de 2 · 1 886 affichages · Partager Jour 3 : samedi 6 Septembre 2025
Pour avoir une nuit de durée normale, je choisis de ne pas partir de bonne heure et je prends tout mon temps pour m’engager sur la route des Dolomites. Le parcours est lent, la fin du contournement de Vicenza est très mal signalée. Le paysage devient beau quand j’arrive près du Piave, dont je vais remonter la vallée. Le fléchage fait éviter la ville de Belluno ; la remontée de la vallée de “fiume Piave” continue jusqu’à Longarone où je m’engage dans le Val di Zoldo, belle vallée avec une succession de villages. Je vais jusqu’au dernier lieudit avant le col, appelé Palafavera, au-dessus de Zoldo Alto. Installation au camping. Il est situé entre 1500 et 1550 mètres d’altitude. De l’autre côté de la route, sont implantées des remontées mécaniques, des installations pour le biathlon (stade de tir). Il y a aussi deux refuges. La route monte ensuite jusqu’à Forcella Staulanza (1773 m) pour changer de vallée (je ferai cela demain). Le site est dominé par Monte Pelmo (3168 m), au soleil en cette fin d’après-midi pour son côté sud-ouest.
J’ai choisi cet endroit de préférence à Cortina d’Ampezzo parce qu’il est un peu plus proche de la Marmolada, massif près duquel j’ai prévu les premières randonnées.
Vous trouverez au message 36 (fin du carnet) des cartes permettent de situer les différents lieux cités dans les Dolomites. | | | Bonjour,
J'étais allée à Vérone en 2021, un ami m'avait conseillé d'aller voir un spectacle aux Arènes, je ne l'avais pas fait et maintenant je le regrette, il faudra que je le fasse un jour. En tout cas votre description de la scène et de l'Opéra est très précise et donne une bonne idée du spectacle, j'ai jeté un coup d'œil sur la vidéo de YouTube et je comprends que vous le qualifiez " d'exceptionnel ".
Je n'avais pas non plus fait la queue pour la maison de Juliette, je suppose que la file d'attente est toujours aussi longue pour cet attrape-touristes.
Vous n'avez pas eu de chance avec votre VTT, vous le faire voler dès le deuxième jour....
Je vais suivre la suite de votre carnet avec intérêt, je ne connais pas les Dolomites. | | | Merci pour ce carnet de voyage. | | | Bonsoir Marie, merci de t'intéresser à ce carnet. Le festival d'Opéra dans les arènes de Vérone est mondialement connu ; pour information, j'ai réservé ma place sur le site 10 jours avant le spectacle seulement ; je n'avais pas "calé " les dates du voyage plus tôt. | | | À: Valmichel86 · 3 février 2026 à 21:44 · Modifié le 4 fév. 2026 à 21:23 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 7 de 36 · Page 1 de 2 · 1 831 affichages · Partager Jour 4 : Dimanche 7 septembre 2025
La randonnée du jour va se dérouler avec un grand soleil et une température estivale. Mais, avant le départ, Monte Civetta (3220m) prend le soleil du matin.
Palafavera est en effet un site unique entre Monte Pelmo (à l’est, ensoleillé l’après-midi) et Monte Civetta (à l’ouest, ensoleillé le matin).
La randonnée prévue ne part pas de Palafavera, mais d'Arabba (village au pied de passo Pordoi). C'est une étape du “sentiero Italia” : Rifugio Castiglioni Pian di Fedaia - Arabba (j’ai la trace GPX), la meilleure randonnée en balcon devant le massif de la Marmolada. Les points de départ et d’arrivée se trouvent dans deux vallées différentes ; j’ai donc adapté le parcours de la façon suivante. Départ Arabba - Montée en télécabine jusqu’à Porta Vescovo - descente à Pian di Fedaia (sentier 698) - puis l’étape du sentiero Italia : montée par sentier 698- variante par le sentier géologique jusqu’à passo Padon (sentier 680A puis sentier 680) - sentier 699 jusqu’à la gare intermédiaire de la télécabine - sentier 698 de la gare intermédiaire à Arabba.
Il y a de la circulation ce matin, mais il y a surtout beaucoup de monde à Forcella Staulanza (départ de randonnées), le col qui relie le Val di Zoldo au val d’Agordo. La route pour se rendre à Arabba est très pittoresque sur tout le trajet. A Arabba, le stationnement est payant dans tout le village (Ils sont très forts sur cette pratique dans les Dolomites) ; je trouve une place juste avant l’entrée du village et pars de cet endroit.
Je vais jusqu’à la télécabine, achète un aller simple pour Porta Vescovo (17.50 Euro d’après mes notes) et monte dans une cabine ; il n’y a pas foule : 2 autres personnes dans la cabine, un VTTiste dans la précédente, personne d’autre autour. A l’arrivée, dix personnes environ admirent le panorama sur le massif de la Marmolada avec le glacier sur le versant nord. Toute la partie de la randonnée jusqu’à Passo Padon se déroule avec cette vue sur la Marmolada ; seules, l’altitude (on est presque au point le plus élevé) et la position (on se déplace vers l’est) changent.
Un peu plus à l’ouest dans le massif de la Marmolada, le Gran Vernel est impressionnant sur toutes ses faces.
Je me lance dans la descente vers la digue du lac artificiel (Pian di Fedaia) ; c’est là que j’ai terminé mon parcours de randonnée lors de mon voyage dans le Trentino (2021).
Après quelques photos près de la digue, je remonte par le même chemin jusqu’à une croisée de sentiers ; le plus gros du dénivelé est fait et je m’oriente vers Passo Padon et le refuge homonyme en restant entre 2300 et 2400 mètres d’altitude. Je vais commenter la partie est du glacier, celle sur laquelle on skie en hiver. A gauche, la seconde gare intermédiaire du téléphérique est sur son rocher (2800 mètres) ; à droite on devine la gare supérieure (3200 mètres) ; la liaison entre les deux se fait par un câble avec un seul pylône (sur le rocher près de la gare intermédiaire). Je reviendrai sur tout cela demain.
Passo Padon fournit des vues étendues sur les sommets situées à l’est. On retrouve, sous un angle différent de ce matin, Monte Civetta (photo zoomée). La face nord-ouest, verticale, n’est pas encore au soleil.
Monte Pelmo est un peu plus loin (photo zoomée) ; lui aussi est vu sous un angle différent de celui présenté à Palafavera.
Une fois le col franchi, le paysage s’ouvre du côté nord aussi bien à l’est qu’à l’ouest. Au loin on voit les “Tofane”, trois sommets emblématiques situés au-dessus de Cortina d”Ampezzo (photo très zoomée).
A partir de cet endroit, je commence la descente sur Arabba (je ne perds de l’altitude que petit à petit et suis dans le domaine skiable d’Arabba) avec devant moi le massif du Sella, qui culmine au Piz Boé (3152 mètres). Le pic au fond à gauche sur la photo (on devine une gare de téléphérique) est Sass Pordoi au-dessus de Passo Pordoi.
Derrière moi, le sommet Monte Padon domine le col que je viens de franchir ; sa particularité est d'être d’origine volcanique bien que situé dans les Dolomites.
suite de la journée au prochain message. | | | Jour 4 : Dimanche 7 septembre 2025 (suite)Cette partie de la descente (la partie supérieure) est peuplée de marmottes ; elles sont très méfiantes et difficiles à photographier. Une fois arrivé à la gare intermédiaire de la télécabine, je continue la descente jusqu’à Arabba ; cette seconde partie (gare intermédiaire - Arabba) est beaucoup plus raide que le tronçon supérieur (Passo Padon - gare intermédiaire).
Sur la route du retour à Palafavera, je m’arrête deux fois. Premier arrêt au belvédère de Colle Santa Lucia aménagé pour admirer Monte Civetta en haut, et le Val d’Agordo en bas. Le soleil a tourné (sic) et donne maintenant sur la face nord-ouest.
Dans la montée vers Passo Staulanza, deuxième arrêt avec une nouvelle vue sur Monte Pelmo.
Retour assez tardif, car j'ai pris tout mon temps dans la randonnée. Peu de randonneurs croisés, surtout sur le trajet de retour Passo Padon - Arabba. | | | À: Valmichel86 · 5 février 2026 à 21:22 · Modifié le 7 fév. 2026 à 16:34 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 9 de 36 · Page 1 de 2 · 1 798 affichages · Partager Jour 5 : Lundi 8 Septembre 2025
Aujourd’hui, je ne vais pas randonner ; j’ai choisi d’aller au sommet de la Marmolada en téléphérique ; enfin presque au sommet puisque le téléphérique atteint l’altitude de 3265 mètres pour un sommet à 3343 mètres. Je roule jusqu’à Malga Ciapela (1450 mètres) d’où part le téléphérique. Bien sûr, le parking à deux pas de la gare inférieure est payant, une honte quand on pense que 95% des gens qui stationnent ici vont prendre un aller-retour Malga Ciapela - Marmolada à 38 euro (il faut que toutes les caisses se remplissent). Stationnement gratuit (pour le moment) près du camping-caravaneige à 800 mètres du départ du téléphérique.
Ce premier tronçon Malga Ciapela - banc d’Antermoia est vraiment impressionnant : une seule portée, 900 mètres de dénivelé.
Je ne fais que changer de cabine à Banc d’Antermoia et, quelques minutes plus tard, j’arrive à la gare de Serauta (2950 mètres) ; je resterai un moment à la gare intermédiaire de Serauta à la descente, mais pour l’instant direction le sommet ; Punta Rocca (3265 mètres). La terrasse panoramique est construite sur le toit de la gare du téléphérique avec vue sur Punta Penia, point culminant des Dolomites et son à-pic de 1000 mètres côté sud.
On distingue la croix au sommet.
Je vois en contrebas le lac de Fedaia et les sentiers de la randonnée d’hier, de Porta Vescovo à Passo Padon. Mais parmi les massifs visibles d’ici (et pas depuis le trajet d’hier) voici le Sassolungo, au-dessus de Canazei.
Au sud de Punta Penia, le massif de l’Ombretta a un aspect très tourmenté. Le col au premier plan (passo dell’Ombretta) se trouve juste sous Punta Penia ; il fait communiquer le Val Contrin avec Malga Ciapela ; il est sûrement difficile d’accès compte-tenu de la pente et des éboulis sur les deux versants.
On peut voir aussi la grotte de la Madone, creusée dans le roc, à laquelle on accède de l’intérieur de la gare du téléphérique ; l’inévitable Jean-Paul II y est venu. Enfin on peut faire quelques pas sur le glacier ; c’est un glacier en sursis et l’évolution récente laisse penser que sa disparition totale devrait arriver entre 2040 et 2050 (effet du réchauffement climatique). C’est le sommet des pistes de ski de la Marmolada qui partent dans la direction de la photo. M’étant exercé hier à les identifier, je reconnais Monte Civetta, Monte Pelmo et les “Tofane” (sur la photo). Une table d’orientation prend le relais pour les autres sommets. Cette photo est prise depuis le sommet du troisième tronçon du téléphérique ; le glacier se trouve sous le câble, à rapprocher de la photo d’hier prise près de Passo Padon (C’est la même langue glaciaire vue de 2 endroits différents).
Je redescend jusqu’à la gare intermédiaire (Serauta) où je pique-nique, puis visite le musée de la Grande Guerre.
Ce musée comporte une partie intérieure consacrée à la guerre en altitude : on s’est battu ici de 1915 à 1917 (beaucoup d'objets, de photos, de films d’époque). Entre autres choses apprises, les autrichiens avaient creusé dans le glacier un réseau de tranchées (invisibles de la surface puisque entièrement dans la glace) pour fournir des abris aux soldats. L’idée n’étant pas restée secrète, on a bombardé des glaciers pendant cette guerre, ici mais aussi dans l’Adamello (un autre site de la “guerra bianca” à environ 3000 mètres d’altitude).
La partie extérieure du musée occupe le flanc de “Punta Serauta” où les italiens avaient aménagé un ensemble de cheminements, d’abris, de postes de tir.
Je reviens à Malga Ciapela ; la route du retour descend vers le fond de la vallée et je m’arrête au premier village, Sottoguda. Il faut stationner en aval et remonter se promener dans le village (piétonnier) : rues pavées, église, maisons traditionnelles, office du tourisme où j’achète des posters des Dolomites, petite épicerie où je fais les courses.
Quelques centaines de mètres après le haut du village, sur cette route désaffectée on peut accéder aux “Serrai di Sottoguda”, ce que je ne ferai pas car le site vient de fermer. Autrefois la route d’accès à Passo Fedaia passait ici : traversée du village, puis entrée dans une gorge très étroite de 2.5 km de longueur qui débouche à Malga Ciapela. La route moderne évite le village, franchit un pont et traverse un tunnel ; l’ancienne route, issue d’un chemin muletier, est devenue une promenade (accès payant) sans doute très ombragée vu l’étroitesse des gorges “Serrai di Sottoguda”. Du point de vue du temps, c'est une assez belle journée : ciel voilé (en très haute altitude) et beaucoup de luminosité. Un temps extrêmement doux vu l'altitude (3200 et 2950 mètres). Un changement de temps est annoncé pour demain. | | | À: Doogy76 · 6 février 2026 à 17:35 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 10 de 36 · Page 1 de 2 · 1 769 affichages · Partager Bonsoir Doogy76, merci de suivre ce carnet. Je continue la rédaction, et ce sera de la montagne... et encore de la montagne. | | | À: Valmichel86 · 7 février 2026 à 16:53 · Modifié le 7 fév. 2026 à 23:22 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 11 de 36 · Page 1 de 2 · 1 737 affichages · Partager Jour 6 ; Mardi 9 Septembre 2025
Retour à la randonnée aujourd’hui ; la météo prévoit un temps couvert, mais la pluie ne devrait pas arriver avant 16 heures. Je prévois donc un parcours pas trop long, l’étape suivant celle d’avant hier sur le “sentiero Italia” : Arabba - Pralongià. Je raccourcis encore le parcours en supprimant la montée Arabba - Passo di Campolongo, le col entre Arabba et Corvara. J'aurais dû faire la montée et la descente à pied, n’ayant plus mon vélo ; je choisis l’option courte Passo di Campolongo - Pralongià (en aller-retour). L’altitude est modérée : 1875 mètres au col, 2140 mètres à Pralongià ; le parcours, facile, situé dans le domaine skiable de Corvara, passe en forêt et en alpage (majoritaire). La vue s’étend sur le massif du Sella (voir avant-hier) et sur celui du Puez-Odle. Ci-dessous, la vallée de Corvara et le massif du Puez-Odle.
Une vue zoomée de “Punta di Puez” (2913 mètres quand même). Ce massif se trouve dans l’Alto-Adige et je n’irai pas du tout de ce côté dans la suite du voyage.
Je vois maintenant Pralongià, le but de la randonnée (l’endroit où je ferai demi-tour), sur la crête en haut de la route en terre ; l’environnement ressemble à cela du début à la fin de la randonnée.
A Pralongià, la petite chapelle St Antoine (1977) occupe sa place entre les télésièges et le refuge.
Les alpages de Corvara et San Cassiano entourent le plateau de Pralongià.
Je vais remonter ce petit vallon, descendu à l’aller, jusqu’aux arbres situés en haut.
Peu après, les premières gouttes se mettent à tomber ; il est 12h30 environ et je vais me mettre à l’abri dans une cabane à 50 mètres du sentier. S’y trouvent les membres d’une famille, grands-parents et petits-enfants, qui, comme moi, attendent l’arrêt de la pluie. Ils viennent ici chaque année la semaine précédant la rentrée scolaire. La pluie ne cessant pas, tout le monde pique-nique, puis l’attente reprend.
Soudain, un des enfants, qui était sorti, rentre en annonçant qu’il y a un homme nu dehors et, quelques secondes après, l’homme entre dans la cabane. Il est en chaussures de randonnée et en short, torse nu, tête nue. Comme cela fait plus d’une heure qu’il pleut, l’eau ruisselle sur lui de la tête aux pieds ; il semble ne ressentir aucune sensation de froid. Or il ne fait vraiment pas chaud et j’ai randonné avec plusieurs épaisseurs avant d’enfiler un K Way à l’arrivée de la pluie. Incroyable ! Il est aux champignons et nous fait voir un sac avec plusieurs kilos à l’intérieur (j’ai reconnu des cèpes ou bolets parmi d’autres espèces). Il repart, toujours comme s’il faisait 25 degrés et du soleil. Je sais les Italiens fous de champignons, mais je n’avais jamais rencontré une telle situation.
Vers 14h30, je me décide à marcher sous la pluie pendant les 40 minutes nécessaires pour rejoindre la voiture. La pluie va continuer jusqu’au soir...
Une fois rentré, je consulte les prévisions météorologiques. “Demain, pluie toute la journée ; ensuite temps très perturbé jusqu’en fin de semaine”. Je quitterai les Dolomites demain matin. Je reviendrai dès qu’il fera beau. | | | Jour 7 : Mercredi 10 Septembre 2025
Il a plu toute la nuit, il pleut encore ce matin ; je pars, descends jusqu’à 10km de Belluno, oblique vers Vittorio Veneto. Je m'installe à quelques kilomètres de cette ville dans une région de collines, coincée entre la plaine et les préalpes. Je vais visiter cette petite région (la région du Prosecco) et les villes de Conegliano et Vittorio Veneto ; c'est dans la partie nord de la province de Trévise. Ce n'est pas dans les Dolomites, donc pas dans le carnet de voyage. Je vais surveiller quotidiennement les prévisions météorologiques sur Cortina d'Ampezzo et ses environs. Je ne veux pas gâcher les randonnées que j'ai retenues autour de cette ville : je remonterai en altitude à Cortina le dimanche 14 Septembre. | | | À: Gaura · 8 février 2026 à 17:30 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 14 de 36 · Page 1 de 2 · 1 693 affichages · Partager Bonjour Noëlle, je pense que les randonnées autour de Cortina d'Ampezzo sont encore plus belles que celles du début du voyage ; le temps sera aussi nettement plus ensoleillé dans la partie à venir. | | | À: Valmichel86 · 8 février 2026 à 17:48 · Modifié le 9 fév. 2026 à 16:33 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 15 de 36 · Page 1 de 2 · 1 691 affichages · Partager Jour 11 : Dimanche 14 Septembre 2025
Je suis de retour dans les Dolomites. Les derniers résidus nuageux ont disparu dans la matinée pendant que je faisais le trajet vers Cortina d’Ampezzo. C’est une montée facile par rapport à celle du Val di Zoldo : plus de kilomètres et une altitude un peu supérieure à 1200 mètres (au lieu des 1500 mètres atteints à Palafavera).
La zone des campings est située en aval du centre ville, assez loin de ce même centre, près de “torrente Boite” qui coule à quelques pas. Trois campings sont installés dans cette zone ; ils s’appellent "Cortina", "Dolomiti", "Rocchetta" et fonctionnent sans réservation (à savoir pour des personnes voulant venir en août) ; j’ai choisi le camping "Cortina" car il reste ouvert alors que les deux autres ferment au cours ou à la fin de la semaine. Un quatrième camping existe à Cortina d’Ampezzo ; il est situé à 4 km environ au nord de la ville sur la route de Dobbiaco (mode de fonctionnement ??).
J’arrive avant 13 heures et j’aurai l’après-midi pour reprendre des activités en montagne. J’ai choisi de visiter un château, le château d’Andraz, qui est ouvert seulement le samedi et le dimanche en septembre. Pour s’y rendre, il faut monter le ”passo del Falzarego”, un des cols mythiques de la région de Cortina d’Ampezzo. C’est en effet très beau dès la sortie de la ville et, je pense, encore plus quelques kilomètres avant le col. On voit alors le Lagazuoi et le téléphérique qui y monte depuis Passo Falzarego.
Je franchis le col et commence à descendre vers le val d’Agordo, versant aussi beau que celui de Cortina. Après 5 km, une petite route sur la droite (sans issue) conduit au château d’Andraz. Sous cet angle de prise de vue, l'arrière-plan de la photo est occupé par le massif de l’Averau-Nuvolau. Un autre choix laisserait voir le Lagazuoi, situé plus à gauche. Le château domine la vallée et s’appuie sur un énorme rocher. Sous le rocher, une avant-cour (qui n’est pas une voie d’entrée dans le château) est précédée d’une fortification et la façade sud proprement dite est construite au-dessus de la crête du rocher. Côté nord, un torrent coule au fond d’une gorge à-pic et il a fallu construire dès le niveau d’accès (un accès unique par pont-levis dont on devine l’emplacement).
La maquette ci-dessous permet de mieux comprendre la construction en élévation.
Un audioguide détaillé donne des informations historiques et sur la construction (disons des précisions architecturales). C’était une frontière entre les possessions de l’évêque de Bressanone et celles de la République de Venise ; y résidait une petite garnison. Abandonné (vers 1800), pillé (19ème siècle), bombardé (1ère guerre mondiale), effondré, le château a été restauré en écartant l’option reconstruction, d’où la présence de structures métalliques permettant de circuler dans la ruine, en particulier pour passer d’un niveau à un autre. Ici un local qui servait de séjour au Capitaine commandant la garnison.
On peut ainsi monter jusque sur une terrasse en verre, au niveau de l’ancien grenier, dotée d’une belle vue sur les massifs les plus proches (Averau-Nuvolau, Sasso di Stria, Lagazuoi). Ci-dessous une vue du château depuis l’entrée-sortie ; on distingue la terrasse en verre et ce qui reste des constructions côté nord ; on ne s’étonne pas des nombreuses “restructurations” dans le temps, ni de l’éboulement d’une bonne partie du château.
| | | À: Valmichel86 · 9 février 2026 à 16:45 · Modifié le 9 fév. 2026 à 23:18 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 16 de 36 · Page 1 de 2 · 1 658 affichages · Partager Jour 11 : Dimanche 14 Septembre 2025 (suite)
Je remonte jusqu’à “Passo Falzarego” ; j’ai prévu une petite randonnée pour la seconde partie de l’après-midi. Le stationnement au col est payant (au moins un grand parking), ou libre sur les bas-côtés avec une disposition des véhicules un peu anarchique ; je stationne à 500 mètres du col en direction de Cortina. Le parking payant fonctionne avec subdivision de la journée en 2 plages (journée, nuit) avec un tarif pour la plage entière (pas de tarif horaire à l’intérieur d’une plage). J’ai prévu d’aller jusqu’au col de Valparola, puis au lac de Valparola. Le trajet peut se faire par la route ; or cette route est coupée (travaux) dans la descente vers San Cassiano, après le lac ; en conséquence la circulation y est très réduite puisque c’est un cul-de-sac pendant la durée des travaux. Je vais donc faire l’aller au bord de la route et le retour par le sentier qui passe dans la combe en contrebas de la route. Le Lagazuoi vu sous un angle différent de celui de la première photo du jour.
L’après-midi est le meilleur moment pour avoir un soleil bien placé quand on est au pied du Lagazuoi. 80 mètres de dénivelé en 2 km, ce n’est pas bien difficile d’atteindre le col de Valparola. Peu après le début de la descente, on arrive à un ancien fort (musée de la Grande Guerre) et au petit lac de Valparola.
Au-delà du lac, se trouve le refuge et, plus loin, tout le massif de la Varella, partie du groupe de Fanes.
Je reviens à Passo Falzarego par le “sentiero Italia” (ici le sentier 424) ; il passe au fond de la combe entre le Lagazuoi et le Sass di Stria. Il est maintenant à l’ombre ; il vaut mieux le parcourir un peu moins tard dans l’après-midi. On voit “Passo Falzarego” et, au fond, le bloc rocheux de l’Averau dominant l'ensemble.
C’est tout ce que je pouvais identifier quand j’ai pris la photo. Je vais passer la semaine à Cortina d’Ampezzo et faire 4 randonnées emblématiques des environs. Cela me permet d’identifier, à posteriori : - au fond, à l'extrême gauche, les “Cinque Torri” - au centre, tout au fond, une crête déchiquetée, le massif “Croda da lago”.
Revenu au col de Falzarego, je retourne à Cortina d’Ampezzo ; C’est la même route qu’à l’aller, mais dans l’autre sens donc avec des paysages différents. Dans la partie basse de la descente, après Pocol, un belvédère est aménagé au bord de la route : vue sur Cortina d’Ampezzo et le massif du Cristallo, au soleil en fin d’après-midi.
| | | À: Valmichel86 · 10 février 2026 à 11:36 · Modifié le 12 fév. 2026 à 11:19 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 17 de 36 · Page 1 de 2 · 1 628 affichages · Partager Jour 12 : Lundi 15 Septembre 2025
J’ai décidé hier soir d’aller aux “Tre Cime di Lavaredo” pour commencer par LA randonnée des Dolomites.
Cette randonnée se fait à partir du refuge Auronzo (2330 mètres) situé au bout d’une route d’accès qui part de Misurina (1750 mètres). Cette randonnée est extrêmement connue, et réputée pour être sur-fréquentée, hors toute considération de son attrait en termes de montagne et de paysage. Je m’attends donc à une ambiance particulière, qui commence par les modalités d'approche. La route d’accès est en effet payante depuis plusieurs années (nombreuses places de parking à proximité du refuge).
Cette année, il est obligatoire de réserver le passage de son véhicule sur le site internet ; un créneau horaire est attribué par le site, créneau pendant lequel il faut se présenter à la barrière de péage. Le montant du péage est fixé à 40 euro (je n’ai pas fait de faute de frappe). J’ai écarté l’option route à péage et choisi une autre option : stationnement au pied de la montée et aller-retour au refuge Auronzo en navette, sur la foi d’informations prévoyant une navette toutes les demi-heures. Il est aussi possible de faire l’aller-retour Cortina d’Ampezzo - refuge Auronzo en bus. Je n’ai pas exploré cette option et ne connais ni les horaires, ni les tarifs.
Telle est la situation quand je quitte Cortina d’Ampezzo et prends la route de “Passo Tre Croci” ; au sommet du col, il faut descendre sur le versant est, puis prendre à gauche une route qui arrive rapidement (2 km environ) au lac de Misurina. On voit immédiatement que le stationnement est payant partout à Misurina et que tout espace qui pourrait permettre d’y déroger est interdit d’accès formellement et/ou physiquement (barrière, chaîne). Je me dirige vers la route d’accès au bas de laquelle se trouvent le départ des navettes et un grand parking (voitures, camping-cars). En chemin, un panneau à cristaux liquides affiche “sold out” (cela concerne la route d’accès). Les arrivants ne vont donc pas se précipiter sur leur smartphone pour réserver un passage à la dernière minute. Les Italiens n’auront pas le privilège de voir cette information écrite dans leur langue, car l’affichage reste bloqué sur “sold out”. J’arrive au lieu “parking-navette” ; on vient de poser une barrière car le parking est complet, environ 100 personnes font la queue pour une navette ; le préposé à un barrage filtrant me fait faire demi-tour (on ne laisse pas les véhicules s’engager sur la route à péage). Je retourne à Misurina sur le parking le plus proche ; je stationne et vais à la borne de paiement. Les moyens de paiement acceptés sont les pièces et la carte bancaire, mais uniquement en “sans contact”. Le tarif journalier (jusqu’à 18 heures) est 12 ou 14 euro [je ne me souviens plus]. Tout tombe mal : je n’ai pas la somme en pièces et ma carte bancaire ne fonctionne pas en “sans contact” (choix personnel lié à la sécurité). Si je stationne sans avoir payé pour la journée entière, c’est, à mon avis, la prune assurée. La journée est foutue. Je sors du pays en direction de Dobbiaco et miracle ! Un van quitte un petit emplacement au bord de la route (accessible, car pas de chaîne), je prends sa place ; les occupants du van voisin prennent le petit-déjeuner au soleil ; ils sont là depuis deux jours et on ne leur a rien dit. La randonnée peut commencer. Je vais au départ des navettes (qui n’est pas loin) ; environ 150 personnes font la queue maintenant (il est 9 heures) ; je décide de monter à pied au refuge Auronzo.
La première halte est le lac d’Antorno avec le massif des ”Tre Cime”. D’ici (et pendant tous les passages de la montée situés hors forêt) on voit la cime ouest (à gauche) et la grande cime (à droite), mais pas la petite cime (plus à l'est).
Un peu plus haut, le sentier s’écarte de la route et va longer un groupe dolomitique, les “Cadini di Misurina” ; j’ai une trace GPX à partir du lac d’Antorno, mais c’est superflu car le balisage est très bien fait. Aiguilles dans les “Cadini di Misurina”.
Le sentier traverse la route d’accès et on se rapproche du refuge, visible. Les 2 cimes citées (ouest et grande) occupent l’espace (bien remarquer l’aspect de ces faces sud). Le sentier de montée est modérément fréquenté : une dizaine de personnes qui me dépassent ou que je dépasse au gré des pauses.
Une petite demi-heure plus tard, je suis au refuge et on ne voit plus rien : un nuage monté de la vallée d’Auronzo bouche toute visibilité. J’attends un quart d’heure, rien ne change, je me décide à partir sur la boucle qui fait le tour des 3 cimes. Je ne vois que les personnes qui se trouvent à moins de 10 mètres de moi, et il y en a ; c’est une véritable procession sur une voie carrossable (des 4x4 l’empruntent pour desservir les refuges sur le trajet). La chapelle Santa Maria Ausiliatrice est dans le nuage et le “Piano di Lavaredo” aussi ; je ne prendrai donc pas en photo la vue d’ensemble des 3 cimes depuis le “Piano di Lavaredo”. La sortie du nuage se fait d’un seul coup juste avant le refuge Lavaredo avec à l’arrière-plan le massif de Monte Paterno. Le massif des 3 cimes est toujours dans le nuage à cet instant. Une partie des participants à la procession fait demi-tour à cet endroit.
Je vais attendre à côté du refuge que le nuage qui enveloppe le massif des 3 cimes se dissipe. Petit à petit, la visibilité s’améliore.
Ce que l’on voit sur les photos ci-dessus, c’est la petite cime (“Piccola Cima”) et les sommets secondaires qui lui sont rattachés (punta di Frida, cima piccolissima). Du refuge Lavaredo, on ne voit que cette cime. Je continue le tour des 3 cimes en montant à “forcella Lavaredo”, un col situé à droite de la photo précédente (on voit la trace d’un sentier qui y conduit), où le paysage change du tout au tout. On passe du versant sud (région Veneto) au versant nord (région Trentino Alto Adige ou Süd Tyrol), on découvre le paysage au nord des 3 cimes, et surtout on a devant soi, en enfilade, les “Tre Cime di Lavaredo” : cima piccola, cima grande (2999 mètres) et cima ovest. L’aspect “piliers, obélisques, pyramides de calcaire”, va caractériser ce côté nord des Tre Cime.
Il y a au col un véritable attroupement ; beaucoup de visiteurs s’interrogent et certains choisissent de rebrousser chemin. La procession en direction du prochain refuge sur le trajet classique (refuge Locatelli) se fait moins dense, même si on progresse toujours sur une voie pour véhicules 4x4. Je choisis de quitter le trajet classique (et la procession) pour prendre un sentier qui est tracé sur un plateau entre les 3 cimes et le trajet classique. La pause pique-nique se fait au bord de ce sentier à un quart d’heure du col. Vers le nord, le refuge Locatelli est posé au pied d’un éperon (Torre di Toblin) avec, au fond, le massif des “Tre Scarperi”.
Suite de la journée au prochain message. | | | À: Valmichel86 · 12 février 2026 à 11:30 · Modifié le 14 fév. 2026 à 11:58 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 18 de 36 · Page 1 de 2 · 1 579 affichages · Partager Jour 12 : Lundi 15 Septembre 2025 (suite)
Au nord-ouest, le groupe des Dolomiti di Sesto (dont font partie les 3 cimes) propose d’autres sommets : isolée au premier plan, la “Torre dei Scarperi” ; plus loin, la face sud-est à l’ombre d’un nuage, la “Croda dei Rondoi”.
Tout le circuit que je parcours aujourd’hui et toutes les montagnes prises en photo font partie du groupe 5 ( Dolomites septentrionales) inscrit au patrimoine de l’Unesco. Au nord du plateau, 2 cimes parmi les 3 : cima grande, cima ovest.
Je continue sur ce sentier en direction de “Malga Langalm”. J’ai derrière moi le massif de Monte Paterno avec des formations caractéristiques des Dolomites.
Au fur et à mesure de l’avancée sur le plateau, on tourne autour des 3 cimes qui se présentent ainsi juste avant l’arrivée à “Malga Langalm”.
A “Malga Langalm”, je retrouve le trajet classique (plus long et plus éloigné des 3 cimes) qui vient du refuge Locatelli. Beaucoup de personnes ont fait demi-tour au refuge, et, pour parcourir la fin du tour des 3 cimes, je me retrouve sur une randonnée très fréquentée, mais qui ne ressemble plus à une procession. Le sentier monte en continuant à tourner autour des cimes.
En continuant de cette façon, on arrive à un endroit où on a, en enfilade, les “Tre Cime di Lavaredo” avec au premier plan Cima Ovest ; c’est un peu le pendant de Forcella Lavaredo mais à l’ouest du massif.
Je ne tarde d’ailleurs pas, après un passage sur éboulis, à atteindre le col (Forcella di Mezzo) qui permet de se retrouver sur le versant sud. Le sentier ramène, avec peu de dénivelé, au refuge Auronzo. On arrive au refuge en longeant le parking, ce qui permet de se rendre compte de sa très grande dimension. Il y a même un endroit où stationnent une demi-douzaine de cars pullman 50 places (s’ils n’ont pas d’étage) : des voyagistes transportent des cars entiers de clients à cet endroit ! Je profite d’une pause pour regarder la vallée par laquelle est monté le nuage qui a tout enveloppé ce matin.
C’est le Val Marzòn au bout duquel on voit le lac de Santa Caterina et le village (ou la ville) de Auronzo di Cadore. Il reste à descendre du refuge jusqu’à Misurina ; je fais ce trajet tranquillement en me retournant de temps en temps pour voir la face sud de Cima Grande (photo zoomée) et juger de la différence d’aspect entre le côté sud et le côté nord.
Retour à la voiture entre 17h15 et 17h30. Montée au refuge : 2 heures (idem pour la descente). Tour des “Tre Cime di Lavaredo” : 4 heures. Du point de vue dénivelé : 2350-1750=600 mètres de D+ pour la montée au refuge Auronzo, autant de D- pour la descente ; 260 mètres de D+ pour le tour des “Tre Cime di Lavaredo” et autant de D- puisque c’est une boucle.
C’est une randonnée exceptionnelle, inoubliable ; les conditions dans lesquelles il est possible (ou pas) de la faire appellent des remarques et réflexions. 1 - L’option que j’ai pratiquée (tout faire à pied depuis la vallée) ne concerne qu’une infime partie des (visiteurs ou) randonneurs. Elle est négligeable en termes de flux. Je ne l’ai de plus “choisie” que “par raccroc” ; je ne voulais pas attendre la 3ème ou 4ème navette programmée (une toutes les 30 minutes, rythme confirmé par des randonneurs rencontrés dans l’après-midi); 2 - Les gestionnaires des accès (je pense que c’est la commune de Auronzo di Cadore qui les gère [à vérifier]) ont peut-être été débordés dans le passé ; ils ne le sont plus cette année et maîtrisent presque totalement le nombre de personnes sur le site. Ils décident du nombre de voitures et du nombre de navettes par jour (peut-être aussi, partiellement, du nombre de bus venant de Cortina ou Dobbiaco). Ils fixent les tarifs de façon à orienter les flux. Si vous êtes 3 ou plus, mieux vaut monter en voiture (40 euro) pour le porte-monnaie. Si vous êtes 1 ou 2, mieux vaut la solution stationnement en bas (12 ou 14 euro) et montée en navette (10 euro par personne). Tout au plus, peuvent-ils se tromper sur le nombre moyen de passagers dans les voitures et sur le nombre de navettes qui ne seront pas complètes (à partir de la fin de matinée ou du début d’après-midi). Ils ont de toute façon connaissance et maîtrise du nombre maximum de personnes pouvant se trouver sur le site des “Tre Cime” dans la journée. 3 - Compte-tenu du point 2, je pense que l’affluence aujourd’hui (mi-septembre, donc assez tard en saison) était du même ordre qu’en Juillet-Août : passages en voiture tous vendus, queue importante aux navettes (sauf si le cadencement des navettes était réduit à cette date par rapport à la pleine saison). Cette affluence est très importante (trop importante, à mon goût). 4 - Le principe de rendre payant l’accès à la montagne par des péages de toutes sortes est très désagréable (expression modérée). 5 - Les prix pratiqués, très élevés (expression elle aussi modérée), sont inquiétants pour l’avenir. S’il ne voulait pas, en priorité, faire rentrer un maximum d’argent, le gestionnaire pourrait pratiquer des prix plus bas ; ayant la maîtrise des flux (nombre de voitures, nombre de navettes), cela n’aurait pas d’incidence sur la (sur)fréquentation. Ce n’est clairement pas son choix ; je crains donc que les tarifs continuent d’augmenter dans les années à venir, tant que cette randonnée “fera le plein”. | | | À: Valmichel86 · 14 février 2026 à 23:01 · Modifié le 15 fév. 2026 à 22:44 Re: Vénétie: Dolomites et Opéra Message 19 de 36 · Page 1 de 2 · 1 490 affichages · Partager Jour 13 : Mardi 16 septembre 2025
Cette journée sera une journée de transition ; la météo est dissuasive pour entreprendre une randonnée à la journée. Le temps est couvert dès le matin, puis vient une heure complète de forte pluie (des cordes). Tout est terminé vers 10h30 ; je pars alors visiter Cortina d’Ampezzo. Le stationnement est payant presque partout ; un seul parking gratuit (via dello stadio) est ouvert, il est bien sûr insuffisant. Un second parking gratuit existe ; il est réquisitionné pour stocker des engins de chantier (travaux en prévision des Jeux Olympiques). Le soleil est revenu avec un ciel bleu et une température agréable ; je me promène dans le centre et visite le musée d’art moderne (j'ai pris un billet pour les 3 musées de Cortina d’Ampezzo). Ce musée présente des peintres italiens du 20ème siècle, un bel ensemble de tableaux, constitué par un collectionneur originaire de Cortina ayant connu personnellement une bonne partie de ces peintres. Une œuvre à retenir : la Zolfara (la mine de soufre) de Renato Guttuso. Pas de photo, j’ai oublié de prendre mon appareil.
L’après-midi je fais une mini-randonnée près du château de Botestagno, 5 km au nord de Cortina en direction de Dobbiaco. Ce château médiéval, ou le peu qui en reste, est situé au-dessus du confluent de 2 torrents : torrente Boite (qui coule vers Cortina) et torrente Felizon, un affluent du précédent. Pour me rendre au départ, je prends une petite route à gauche de la SS51 après le hameau de Fiames ; elle conduit au point d’information du parc des Dolomites d’Ampezzo où je stationne (parking gratuit). Une boucle passe par le haut de ce rocher, emplacement de l’ex-forteresse.
Le sentier de montée reste à proximité de la gorge creusée par “torrente Felizon”. Il va jusqu’à l’ancien pont de chemin de fer sur le torrent et continue jusqu’au sommet. Il reste des fondations, dégagées lors de fouilles récentes, mais rien en élévation.
Par contre, la vue donne sur la gorge du torrent avec le pont ferroviaire évoqué ci-dessus. L’ancienne voie de chemin de fer est remplacée par la piste cyclable Dobbiaco - Cortina d’Ampezzo.
En direction de Cortina, c’est la vallée de “torrente Boite”, au débit impétueux car gonflé par la pluie de ce matin.
Le retour emprunte une route forestière qui longe la route nationale. Une centaine de mètres avant la fin de la boucle, on franchit “torrente Felizon” à la sortie de la gorge.
Cette randonnée demande environ 1h30 (de mémoire, très approximatif car je n’ai rien noté). Le dénivelé est 180mètres de D+, et autant de D- (c'est une boucle).
Je vais ensuite visiter le musée paléontologique à Cortina d’Ampezzo, né de la passion d'un dilettante (Rinaldo Zardini) et de l’incroyable richesse des Dolomites en matière de fossiles. Voici un morceau fossile de (Néo) Megalodon, une espèce disparue il y a 3.5 millions d’années (désignée comme le plus grand requin ayant jamais existé). Mais de quelle partie du corps s’agit-il ? On a surtout retrouvé des dents de Megalodon ; toutefois si la forme est troublante, la taille imposante des pièces du musée ne correspond pas avec la taille des dents retrouvées ailleurs. Alors, une dent malgré tout, une vertèbre, une partie du crâne ? Je ne sais pas et n’ai rien trouvé sur internet, qui puisse m’éclairer.
Retour au camping avec un moral très élevé pour les prochains jours (prévisions météorologiques optimales). | | | En voyant ces photos, je regrette de na pas être allée dans les Dolomites quand j'avais la santé qu'il fallait! Maintenant je peux surtout faire du presque plat et de la descente. En Suisse je connais des marches superbes du côté d' Interlaken, on monte en altitude en train puis téléphérique et on redescend par les sentiers. Je vais regarder si ce genre de chose existe dans les Dolomites. | Carnets similaires sur l'Italie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 427 visiteurs en ligne depuis une heure! |