| Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Aleph240758 · 28 juillet 2026 à 19:01 · 195 photos 55 messages · 10 participants · 1 007 affichages | | | | 28 juillet 2026 à 19:01 · Modifié le 30 juil. 2026 à 11:47 Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 1 de 55 · Page 1 de 3 · 559 affichages · Partager Mercredi 1er avril
Hazaribagh J’ai rendez-vous avec Adam Iman, guide et artiste peintre. Il vient me chercher à l’hôtel à 10h. Un autre voyageur, originaire de Bangalore, doit se joindre à nous, mais en attendant son arrivée, Adam m’emmène découvrir les peintures réalisées par sa mère et sa sœur dans la gare de Hazaribagh. La ville est devenue célèbre grâce à ces fresques que l’on retrouve également dans plusieurs villages alentour. Cet art a obtenu un label de reconnaissance et bénéficie aujourd’hui d’une protection, signe de son importance culturelle. Une fois la visite terminée, nous partons récupérer l’autre touriste puis prenons la route vers notre premier village : Belwara, où l’on pratique l’art Sohrai. À l’entrée, une affiche annonce fièrement que nous pénétrons dans un village d’artistes, où cet art est réalisé par des femmes organisées en micro-entreprises. Certaines proposent même des stages pour celles et ceux qui souhaiteraient s’initier à cette tradition.
L’art Sohrai est lié à la saison des moissons, d’octobre à mi-novembre. Les motifs, aux couleurs naturelles, célèbrent la fertilité et l’abondance. Les artistes utilisent des pigments issus de la terre : oxydes rouges, ocre, kaolin blanc et manganèse noir. Sur les murs apparaissent des animaux, des poissons, des oiseaux, autant de symboles de vie et de prospérité. En observant les fresques de plus près, je comprends peu à peu que chaque motif raconte quelque chose. Les grands animaux, vaches ou taureaux, occupent souvent l’espace principal. Leurs corps sont remplis de motifs minutieux, presque hypnotiques. Ils symbolisent la richesse et la prospérité du foyer, mais aussi le respect profond porté au bétail, indispensable à la vie quotidienne. Sur certaines façades, des éléphants se détachent, massifs et décorés avec la même précision : ils évoquent la force tranquille et une forme de protection. Mais c’est en m’arrêtant devant l’une des maisons que je prends vraiment le temps de regarder. Le mur, d’un ocre doux, est entièrement recouvert de fresques. Deux grands animaux s’y déploient de part et d’autre de la porte, leurs corps allongés épousant la longueur du mur. Leurs silhouettes sont remplies de motifs géométriques et de lignes courbes d’une finesse incroyable, comme si chaque espace avait été patiemment habité. Autour d’eux, des plantes stylisées, des fleurs et de petits éléments décoratifs viennent combler le moindre vide. La porte, sombre et usée, devient presque le centre silencieux de la composition, encadrée par ces formes vivantes et protectrices. À droite, un motif plus coloré attire l’œil — une fleur ou une lampe stylisée — comme une touche de lumière posée sur la terre. L’ensemble dégage une impression d’équilibre parfait, entre rigueur des motifs et liberté du geste.
Ailleurs, les oiseaux et les formes plus libres apportent du mouvement. Les paons, reconnaissables à leurs silhouettes stylisées, incarnent la beauté et la vitalité, tandis que les poissons rappellent l’eau, la fertilité et la continuité de la vie.
Sur certaines peintures, les scènes deviennent presque narratives : on devine des personnages, des gestes du quotidien, comme une mémoire du village inscrite dans les murs. Les encadrements décoratifs autour des portes ne sont pas laissés au hasard non plus : ils protègent symboliquement la maison, comme une frontière entre l’intérieur et le monde extérieur.
Lors de la fête de Sohrai, le bétail est conduit dès le matin dans la jungle. Pendant ce temps, les femmes finalisent les aripans — ces peintures au sol — et poursuivent les fresques murales. Vers midi, les animaux reviennent au village ; on enduit alors les cornes des taureaux d’huile et de vermillon, dans un geste de gratitude, au milieu des couleurs chatoyantes qui habillent les maisons. Nous rendons visite à plusieurs artistes, dont Parvat Devi, une femme reconnue qui a reçu de nombreux prix. Ses bras sont ornés de tatouages intrigants, dont je prendrai le temps de parler plus en détail plus tard.
Sur un autre mur, le style change complètement. Ici, plus de grands animaux massifs : ce sont des oiseaux qui occupent l’espace, légers et élancés, comme saisis en plein mouvement. Deux silhouettes se font face, leurs longs cous arqués presque en miroir, tandis que leurs ailes déployées semblent vibrer au rythme des motifs qui les composent.
Le dessin est plus graphique, presque aérien. Les lignes sont plus souples, plus fluides, comme tracées d’un seul geste sûr. Les corps des oiseaux ne sont pas pleins : ils sont traversés de motifs répétitifs — écailles, plumes stylisées, spirales — qui donnent une impression de mouvement continu. Autour d’eux, tout s’anime : des fleurs éclatent, des arabesques s’enroulent, et même les formes les plus simples semblent vivantes. Ce qui me frappe ici, c’est la sensation de légèreté. Là où les grands animaux évoquaient la stabilité et l’ancrage, ces oiseaux apportent quelque chose de plus libre, presque joyeux. Ils semblent incarner le mouvement, la circulation de la vie, comme un souffle qui traverse le village.
Les couleurs restent les mêmes — ces rouges profonds, ces noirs intenses et ce blanc crayeux — mais le rythme est différent. Plus rapide, plus spontané. Comme si chaque mur avait sa propre personnalité, tout en parlant le même langage.
C’est peut-être aussi pour cela que je suis touchée. J’avais entendu parler de ces peintures par mon ami Raja, et l’an dernier, j’avais découvert une exposition dans un village près de chez moi. C’est ce premier contact qui m’a donné envie de venir jusqu’ici. Mais les voir sur place est une tout autre expérience. Ces peintures sont uniques. Cet art, très ancien, se transmet de mère en fille, ou de belle-mère à belle-fille, dans une continuité silencieuse et profondément vivante. Il peut sembler presque enfantin au premier regard, par sa simplicité et ses formes épurées. Et pourtant, tout est pensé, équilibré, maîtrisé. Rien n’est laissé au hasard.
Cette simplicité apparente, alliée à une telle richesse symbolique, me touche profondément. Il y a dans ces murs quelque chose de sincère, d’essentiel — et c’est sans doute cela qui m’émeut. | | | À: Aleph240758 · 28 juillet 2026 à 19:36 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 2 de 55 · Page 1 de 3 · 555 affichages · Partager Nous rentrons à Hazaribagh, et Adam nous conduit chez lui. À peine arrivés, nous sommes accueillis par une bonne vingtaine de femmes qui, avec des sourires chaleureux, se mettent immédiatement à danser pour nous souhaiter la bienvenue.
Avant même d’entrer, mon regard est attiré par les bâtiments extérieurs de la maison. Leurs murs sont entièrement recouverts de peintures Sohrai. Sur les façades, des animaux stylisés — buffles, oiseaux, félins — côtoient des silhouettes humaines et des motifs végétaux. Les formes sont à la fois simples et puissantes, les couleurs naturelles — ocres, noirs et blancs — donnent à l’ensemble une harmonie saisissante. Ces peintures semblent raconter la vie, la nature et les croyances dans un langage ancestral.
Dans une autre pièce ouverte, les murs sont également décorés, mais avec des motifs plus géométriques et floraux. L’espace, avec ses bancs en terre et son foyer central, dégage une atmosphère à la fois sobre et profondément artistique. Même les lieux du quotidien deviennent ici des supports d’expression.
Elles ont passé toute la matinée à préparer un véritable festin composé de spécialités du Jharkhand. Un grand buffet est installé avec une multitude de plats aux couleurs et aux saveurs différentes. Nous sommes invités à tout goûter, et chaque découverte est une belle surprise.
Après cette première dégustation, Adam nous fait découvrir le musée familial attenant à la maison. Nous entrons dans une pièce immense, presque surprenante par ses dimensions. Les murs sont couverts de peintures et de documents, et l’espace est rempli d’objets, de souvenirs et de témoignages. On y découvre l’héritage de son grand-père, qui a découvert les grottes rupestres de la région, mais aussi celui de son père, qui a consacré sa vie à la préservation de cet art. Ce lieu raconte bien plus qu’une histoire familiale : il incarne un engagement profond pour la transmission et la sauvegarde d’un patrimoine fragile.
Puis le repas continue avec le déjeuner. Les femmes nous présentent fièrement les grandes marmites dans lesquelles elles ont cuisiné, et une nouvelle fois nous sommes invités à tout goûter. Les plats sont nombreux, savoureux et incroyablement généreux. C’est un véritable régal, même s’il devient difficile de faire honneur à toutes ces préparations.
Pendant que nous mangeons, les cuisinières s’installent un peu à l’écart pour prendre leur propre repas, dans une ambiance simple et paisible. Après ce repas presque gargantuesque, vient le moment de découvrir leurs peintures. Elles nous présentent leurs œuvres, toutes magnifiques, avec leurs motifs traditionnels et leur grande richesse artistique. La plupart sont cependant de très grandes dimensions, ce qui les rend difficiles à transporter et à encadrer une fois de retour en France.
Avant notre départ, les femmes reprennent leurs danses. Cette fois, je me joins à elles. Le moment est joyeux, spontané et rempli d’émotion. J’aurais aimé que cette parenthèse de partage dure encore longtemps. En regagnant l’hôtel, je pars ensuite découvrir le quartier, encore portée par cette rencontre et par la beauté de ces peintures qui semblent prolonger la vie jusque sur les murs. | | | À: Aleph240758 · 28 juillet 2026 à 20:07 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 3 de 55 · Page 1 de 3 · 549 affichages · Partager namaste !!
merci pour ce beau témoignage, ces images, ces mots, que je reviendrai regarder, relire, plus lentement, ces femmes, ces fresques, cette invitation au voyage, à la rencontre, au partage..!!! ça donne envie d'y être, aussi, et d'en prendre plein le coeur, et cela me rappelle les peintures murales réalisées par les femmes de Oualata en Mauritanie.
j ai décidé de ne plus prendre d'avion, difficile pourtant de résister à l'envie que vous engendrez | | | À: Partirester · 29 juillet 2026 à 10:58 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 4 de 55 · Page 1 de 3 · 535 affichages · Partager (j ai décidé de ne plus prendre d'avion, difficile pourtant de résister à l'envie que vous engendrez) Bonjour Christine J'espère que ce carnet vous donnera l'envie de repartir et d'aller dans ce coin. Je ne sais pas si vous avez lu la 1ère partie mais je suis passée dans deux villages auparavant, ceux de Amtoudi et Chirudih. Merci de me suivre | | | À: Aleph240758 · 29 juillet 2026 à 11:23 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 5 de 55 · Page 1 de 3 · 531 affichages · Partager Bonjour Marie Jo qui sait, je reviendrai peut être en Inde un jour, j'ai passé 4 mois, bénévolat à JAIPUR, JAISALMER, et voyagé jusqu'à Rishikesh et Manali.. C'est vrai, vous me donnez cette envie de repartir.. Vous citez le village Amtoudi, j'en connais un au MAROC! je vais continuer de vous lire.. Belle journée à vous christine | | | À: Partirester · 29 juillet 2026 à 11:31 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 6 de 55 · Page 1 de 3 · 526 affichages · Partager Vous citez le village Amtoudi, j'en connais un au MAROC! Je le connais aussi avec ses beaux greniiers. Je me suis trompée ici c'est Amadubi. | | | À: Aleph240758 · 29 juillet 2026 à 12:59 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 7 de 55 · Page 1 de 3 · 522 affichages · Partager  je découvre Amadubi ici et c'est beau aussi !!!
| | | À: Aleph240758 · 29 juillet 2026 à 18:15 · Modifié le 29 juil. 2026 à 23:00 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 8 de 55 · Page 1 de 3 · 502 affichages · Partager Jeudi 2 avrilAujourd’hui, nous partons à la découverte de l’art Khovar, un art monochrome profondément enraciné dans les traditions anciennes. Ces peintures sont étroitement liées aux peintures rupestres des chaînes d’Isko et de Satpahar et symbolisent la fertilité, la prospérité et les bénédictions divines. Le Khovar marque le début de la saison des mariages, qui s’étend de janvier jusqu’à l’arrivée de la mousson en juin. Le mot lui-même est évocateur : « kho » signifie localement chambre ou grotte, et « var » désigne un couple marié. Ces peintures ornaient autrefois les chambres nuptiales. Les sources historiques sur l’origine du Khovar restent rares, mais les historiens établissent un lien fort avec l’art rupestre de la région d’Hazaribagh, notamment sur les sites d’Isko et de Satpahar, dans la vallée de New Karanpura. Découverts dans les années 1990, ces abris sous roche renferment des peintures datant du Mésochalcolithique (environ 7000 à 4000 avant notre ère). Les similitudes entre les motifs — formes géométriques, figures animales — et les peintures murales actuelles témoignent d’une continuité saisissante. Ces abris, eux aussi appelés khovar, sont considérés comme d’anciennes chambres nuptiales. La technique utilisée est fascinante. Une argile riche en manganèse, presque noire, est d’abord appliquée sur un mur préparé. Une fois sèche, une couche d’argile plus claire — kaolin blanc (charak maati), terre crème (dhudhi maati) ou ocre jaune (pila maati) — est déposée par-dessus. Tant que cette couche est encore humide, les femmes la grattent à l’aide de peignes ou de leurs doigts pour faire apparaître les motifs. Si cette technique existe aussi dans l’art Sohrai, le Khovar se distingue par sa palette plus restreinte et ses thèmes : forêts, formes abstraites, faune locale et motifs géométriques. Chez les Kurmi, on trouve également des représentations d’animaux femelles portant leurs petits ainsi que des scènes de confrontation entre l’homme et l’animal. Mais cet art est aujourd’hui menacé. Avec la disparition progressive des maisons en terre au profit du ciment, le support même du Khovar disparaît. Les communautés font aussi face aux pressions des grands projets industriels. Pour préserver cet héritage, certains artistes adaptent leur technique au papier et à la toile. En 2019, les peintures Khovar et Sohrai ont obtenu le label d’indication géographique du gouvernement indien, une reconnaissance importante.
En chemin, nous longeons une immense exploitation de charbon. À perte de vue, des installations transportent la matière noire vers une entreprise gigantesque. Des montagnes de charbon s’élèvent devant nous : une vision impressionnante qui laisse peu de doute sur l’avenir énergétique du pays.
Nous poursuivons vers les grottes d’Isko. Le site est entouré de forêts de sal, et à l’entrée, des femmes font sécher des fleurs de mahua sur les rochers. Elles serviront à fabriquer un alcool vendu sur les marchés, mais aussi à la cuisine et aux cosmétiques.
Le site d’Isko, identifié dans les années 1980, n’a réellement attiré l’attention des chercheurs qu’à partir des années 1990. Le père jésuite Tony Herbert fut l’un des premiers à en révéler l’importance, suivi par des études de l’Archaeological Survey of India. En 1991, l’écologiste Bulu Imam, le grand-père d’Adam, a contribué à faire connaître ces abris à un public plus large. Les analyses montrent plusieurs phases d’occupation humaine. Les peintures les plus anciennes, attribuées au Mésolithique (8000-4000 av. J.-C.), représentent des formes géométriques simples et des animaux, témoins du mode de vie des chasseurs-cueilleurs. Les découvertes d’outils en pierre et en cuivre confirment une présence humaine continue. Pourtant, le site n’est pas protégé et les peintures s’effacent peu à peu.
Nous rejoignons ensuite un village aux maisons peintes, puis retournons chez Malo Devi, qui nous attend pour le déjeuner. J’observe de nouveau ses bras tatoués, couverts de symboles. Certains motifs me rappellent immédiatement ceux aperçus dans les grottes. Cette correspondance me frappe.
Adam m’explique alors leur signification. Dans les roches d’Isko, ces motifs — zigzags, cercles, triangles, formes solaires — ne sont pas décoratifs. Ils traduisent une compréhension du monde fondée sur les éléments : eau, terre, feu et éther. C’est une véritable cosmologie visuelle, une manière de cartographier la vie, la fertilité et l’équilibre du monde. Ce qui est remarquable ici, c’est la continuité de ce langage. On le retrouve dans les peintures Sohrai et Khovar, transmises de mère en fille. Cette mémoire ne passe pas par l’écriture mais par le geste et la répétition. Elle s’inscrit aussi dans le corps. Le godna, l’art du tatouage, reprend ces mêmes motifs. Le corps devient alors une mémoire vivante. Ces tatouages marquent des étapes importantes de la vie, comme la puberté ou le mariage. Ils accompagnent l’individu jusque dans l’au-delà, selon certaines croyances. Ainsi, des roches aux murs, puis à la peau, un même vocabulaire persiste. Les femmes en sont les gardiennes, les artistes et les passeuses de cette tradition. À la sortie de l’école, des enfants viennent à notre rencontre dans une joyeuse agitation.
La petite fille de Malo Devi joue avec son frère, le promenant dans une brouette. Son sourire contraste avec une certaine gravité dans son regard. Elle apprend déjà à peindre auprès de sa grand-mère.
Le déjeuner, composé de spécialités locales, est délicieux. Certains plats me rappellent ceux de la veille. Avant de les quitter, Adam leur demande de signer leurs dessins pour en garantir l’authenticité. Elles ne savent ni lire ni écrire ; à la place, chacune appose l’empreinte de son index sur la feuille, comme une signature silencieuse mais profondément personnelle. Le geste est simple, presque solennel, et se répète sur chaque œuvre. Adam veille à ce que toutes les femmes que nous rencontrerons aujourd’hui laissent ainsi leur marque, trace tangible de leur travail et de leur identité.
| | | À: Aleph240758 · 29 juillet 2026 à 18:33 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 9 de 55 · Page 1 de 3 · 495 affichages · Partager Avant de partir, Malo Devi et sa belle-fille nous offrent une démonstration. Sur un mur, elles mouillent la surface, appliquent une nouvelle couche d’argile, puis, sans attendre qu’elle sèche, commencent à dessiner avec un peigne. Elles travaillent côte à côte, sans se concerter, et pourtant le motif prend forme avec une harmonie naturelle. Peu à peu apparaît un paon : tête, corps, queue. Leurs gestes se croisent sans jamais se gêner. Malo en trace un second, d’une précision étonnante. Je mesure à nouveau la chance d’assister à ces instants.
Nous visitons ensuite un autre village.
Une artiste nous montre ses œuvres sur papier ; j’en choisis une, facile à glisser dans mon sac.
Une autre présente ses broderies, reprenant les mêmes motifs.
De retour à Hazaribagh, je me promène dans le quartier de l’hôtel. Les cuisiniers des dhabas s’activent déjà : parathas, samosas, pakoras... tout semble délicieux, mais il est encore trop tôt pour céder à la tentation. Je reviendrai demain matin acheter des puris pour mon petit déjeuner.
| | | À: Aleph240758 · 30 juillet 2026 à 17:12 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 10 de 55 · Page 1 de 3 · 455 affichages · Partager Vendredi 3 et samedi 4 avrilAu fil des visites et des explications, les motifs peints sur les murs ne sont plus de simples ornements. Ils racontent une histoire, un monde de croyances où chaque forme a un sens, où chaque trait prolonge une mémoire très ancienne. Je me surprends d’abord à regarder autrement ces cercles et ces spirales que j’avais trouvés si décoratifs. Adam m’explique qu’ils comptent parmi les premières figures tracées par l’être humain. La spirale, surtout, porte une symbolique forte : elle évoque le mouvement de la vie, son éternel recommencement, l’évolution et la procréation. Les cercles concentriques, eux, dessinent comme un labyrinthe, une manière de figurer le chemin du fœtus depuis sa conception jusqu’à la naissance. Peu à peu, les murs deviennent un langage. La feuille de bétel, souvent associée aux tiges et aux fleurs de lotus, compose une métaphore érotique d’une grande puissance. Dans les chambres nuptiales, ses racines s’étirent, discrètes mais présentes, comme un rappel du lien entre union et fertilité.
Les oiseaux apparaissent partout, peints avec une liberté et une variété qui témoignent de la richesse de la nature environnante. Ils symbolisent l’amour, mais aussi bien plus que cela. Une légende raconte que le premier homme et la première femme seraient nés de deux œufs d’oiseaux déposés sur une herbe plantée par le dieu. En écoutant cette histoire, je comprends que l’oiseau n’est pas seulement un motif : il est lié à la naissance même de l’humanité, tout comme la tortue l’est à celle de la terre. Le paon, lui, s’impose avec éclat. Symbole de fertilité, il est omniprésent. On me dit que ses œufs contiendraient des reptiles, preuve de son pouvoir mystérieux. Au printemps, avant la mousson, lorsque les habitants réparent leurs maisons de terre, les femmes peignent des paons pour appeler de bonnes récoltes. Le même oiseau apparaît aussi lors des cérémonies funéraires, rappelant ce lien si particulier entre les morts et la fertilité des champs.
Le lotus, que je reconnais immédiatement, appartient au registre du sacré. Dans l’imaginaire des Adivasi, il incarne le principe féminin, le berceau de la création. On raconte même que le monde aurait été créé depuis une feuille de lotus. Partout sur les murs, sa présence répond à celle du bambou, son pendant masculin, dans un équilibre silencieux. Certains motifs, en revanche, restent étonnamment pragmatiques. Le poisson, toujours représenté à la verticale, comme dressé sur sa queue, apparaît souvent près des portes ou des foyers, parfois accompagné d’une louche de cuisine. Les recherches de Bulu Imam, le grand-père d’Adam, ont montré qu’il n’était pas peint pour une symbolique particulière, mais simplement pour sa valeur alimentaire. Une présence familière, presque quotidienne. D’autres figures, en revanche, relèvent clairement du sacré et de la protection. Le tigre, puissant et silencieux, est une divinité gardienne du village. L’éléphant, que l’on associe spontanément à Ganesh, porte ici une autre histoire. Adam me raconte celle de la reine Rani, qui se rendait à dos d’éléphant du fort de Badam jusqu’à la rivière Isko pour s’y baigner, et qui s’y noya. Depuis, on la retrouve souvent peinte, juchée sur sa monture, comme si le souvenir de cette tragédie continuait de vivre sur les murs.
Je remarque aussi les zébus et les bovidés, déjà présents dans les peintures rupestres mais alors représentés sauvages. Aujourd’hui, ils sont domestiqués et célébrés lors de la fête de Sohrai, au moment des récoltes, comme un hommage à la fertilité et à l’abondance. Enfin, le cheval apparaît, souvent monté par une figure masculine. Aux côtés du taureau, il incarne la force vitale, la puissance et la prospérité du foyer. Il est lié à Pashupati, le seigneur des animaux, et symbolise l’union sacrée des époux.
En prenant le temps d’écouter et de regarder, je comprends que ces peintures ne sont pas seulement belles. Elles sont vivantes. Elles parlent de naissance, de désir, de mort, de protection et de cycles. Elles racontent, à leur manière, tout ce qui relie les êtres humains à la terre et au temps.
| | | À: Aleph240758 · 30 juillet 2026 à 17:54 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 11 de 55 · Page 1 de 3 · 450 affichages · Partager Nous visiterons huit villages au cours de la journée. Dès le premier arrêt, je comprends que chaque lieu possède sa propre identité, sa propre manière de raconter le monde. Ce premier village est spécialisé dans l’art Sohrai. Les panneaux muraux attirent immédiatement le regard : des motifs symétriques, curvilignes, peints en blanc sur un fond d’ocre rouge profond. Ces formes abstraites, d’une grande élégance, évoquent des fleurs de lotus stylisées ou des lignes de vie entrelacées. Derrière leur beauté graphique, elles portent un sens fort : protection de la maison, prospérité et fertilité du foyer. Devant l’une de ces fresques, une femme artiste pose, discrète mais fière, comme gardienne de ce savoir transmis de génération en génération.
Un peu plus loin, un autre mur rend hommage à la faune et au bétail. On y distingue un grand oiseau, peut-être une grue ou un paon, aux formes arrondies, le corps rempli de motifs pointillés, et à ses côtés un mammifère évoquant un félin. L’oiseau, motif central de l’art Sohrai, est ici représenté avec une grande simplicité : un cœur noir sur le flanc, des pattes solides. Il symbolise à la fois la connexion avec le monde naturel, la liberté, mais aussi l’abondance. On dit qu’il est messager de la pluie, porteur de bonnes récoltes à venir.
En prenant un peu de recul, la maison entière apparaît comme une œuvre. Une frise continue court le long des murs, alternant animaux stylisés — vaches, taureaux, chiens de garde — et motifs floraux et géométriques. C’est une véritable galerie d’art à ciel ouvert, vivante, habitée.
Puis, au fil des villages, je découvre un autre univers : l’art Santhal. Le contraste est frappant. Ici, les couleurs s’imposent, les formes se multiplient, les scènes se racontent. Là où le Khovar est monochrome et nuptial, où le Sohrai célèbre la terre et les récoltes, l’art Santhal est narratif, foisonnant, profondément ancré dans la vie quotidienne. Les murs deviennent des récits : scènes de danse, de chasse, représentations du clan, de la nature. Certaines images me marquent particulièrement, comme ces unions symboliques entre poissons et oiseaux, ou ces couples d’animaux partageant une même tête. Des images étranges et fascinantes, qui traduisent une harmonie cosmique, une vision du monde où tout est lié. L’art Santhal dépasse les murs des maisons : il s’étend aussi sur des rouleaux peints qui racontent les mythes, l’au-delà, les fêtes. Ici, la peinture n’est pas seulement décorative, elle est mémoire, transmission, parole. Les thèmes se répètent, mais toujours avec des variations infinies. L’union et la fertilité apparaissent à travers des couples humains ou animaux enlacés, symboles de la continuité du clan. La forêt, omniprésente, se décline en arbres, oiseaux et poissons, incarnant la sagesse ancestrale et le respect des forces naturelles. Je m’attarde devant certains motifs. De longues lianes fleuries — les lata — serpentent sur les murs. De grandes fleurs stylisées, proches du lotus ou de l’hibiscus, s’y épanouissent, reliées par des vagues continues. La liane symbolise la continuité de la vie, la croissance, les liens entre les générations. Les fleurs, elles, évoquent la joie, la pureté, l’accueil.
Plus loin, des motifs inversés et des demi-cercles répétés créent une sorte de barrière visuelle, presque protectrice. Les pointes dirigées vers le bas évoquent la terre et la fertilité féminine, tandis que les ondulations rappellent le mouvement de l’eau. Au centre, la cuisine extérieure — le chulha — s’inscrit naturellement dans la composition. Ici, l’art ne se sépare pas de la vie : il encadre les gestes quotidiens, les activités essentielles.
Un autre motif attire mon attention : une forme en croix texturée à quatre branches, évoquant une roue. On me parle du chakra, la roue du temps et des saisons. Elle symbolise le cycle éternel de la nature — semailles, récoltes, moussons — tandis que, au-dessus, des lignes ondulées figurent les rivières sacrées, indispensables à la vie. Enfin, certains éléments plus récents apparaissent, signes d’une évolution discrète mais réelle. L’art continue de vivre, de s’adapter, sans jamais rompre avec ses racines.
À mesure que nous avançons de village en village, je réalise que ces murs racontent bien plus que des traditions artistiques. Ils disent le lien profond entre les habitants, la nature, les saisons et les ancêtres. Ils transforment chaque maison en récit, chaque façade en mémoire vivante.
Nous passons par des pistes étroites pour atteindre ces villages perdus au milieu des forêts de sal et des palash en fleurs. Le trajet lui-même est déjà une immersion. La lumière filtre à travers les feuillages, et peu à peu, je comprends que ces arbres ne sont pas seulement un décor, mais une présence essentielle. Chez les populations adivasis, l’arbre est bien plus qu’un élément du paysage : il est un ancêtre, un pourvoyeur de vie, un symbole sacré. Le sal, surtout, occupe une place à part. C’est l’arbre le plus sacré. Si le mahua nourrit le corps et si le palash éveille les sens, le sal, lui, abrite l’esprit. Il incarne la spiritualité, l’identité culturelle et la pérennité de la tribu. On dit qu’il symbolise la droiture morale, la résilience et la force de l’âme. À ses côtés, le mahua et le palash rythment la vie quotidienne, rituelle et artistique. Les fleurs de mahua, ramassées avec soin puis mises à sécher dans les cours intérieures, sont un symbole d’abondance et de résilience. Elles évoquent la générosité de la nature et la capacité de la tribu à vivre en harmonie avec elle, malgré les difficultés. Le palash, lui, ne passe pas inaperçu. Sa couleur orange-rouge embrase littéralement la forêt en cette saison. On l’appelle la flamme de la forêt. Fleur officielle du Jharkhand, il annonce le printemps, le renouveau, le triomphe de la vie sur la mort. Là où le mahua évoque l’ancrage et la protection du foyer, le palash apporte la lumière, la passion, une forme d’élan joyeux qui traverse toute la nature.
Je repense alors aux peintures que nous avons vues. Quand une femme santhal peint son mur, rien n’est laissé au hasard : le mahua y représente la nourriture, la stabilité, la mémoire des anciens ; le palash, lui, insuffle la couleur, la vie, l’énergie des cycles naturels. Le paysage devient vallonné, et au loin apparaissent les premières maisons. Elles sont d’une propreté remarquable, tout comme les abords. Ici, la proximité avec la nature n’est pas un concept : elle se vit au quotidien, avec une conscience très forte de la nécessité de la respecter. Mais je remarque aussi un changement. Depuis le premier jour, je le constate de village en village : les maisons en briques remplacent peu à peu celles en terre. Et avec elles disparaissent, lentement, les murs peints. Moins de surfaces à décorer, moins de traditions visibles. Une évolution inévitable, sans doute, mais qui laisse une légère mélancolie.
| | | À: Aleph240758 · 30 juillet 2026 à 21:10 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 12 de 55 · Page 1 de 3 · 436 affichages · Partager Nous partons déjeuner dans un petit restaurant, une pause simple au milieu de cette journée dense, avant de reprendre la route vers d’autres villages — des villages qu’Adam lui-même n’a encore jamais visités. Cette idée me plaît : avancer vers l’inconnu, même pour lui. Dès notre arrivée, je remarque immédiatement quelque chose de différent. Les murs racontent une autre histoire. Les frises ont changé. Elles ne ressemblent pas à celles que nous avons vues jusqu’à présent.
Je m’arrête devant une première maison, baignée d’une lumière douce. Le mur, d’un ocre chaud, est structuré par de larges bandes peintes qui encadrent soigneusement la façade. À l’intérieur de ces bandes, des fleurs stylisées s’épanouissent, simples mais expressives, avec des pétales arrondis et réguliers. Les couleurs restent harmonieuses, sans excès, comme si chaque teinte avait été posée avec retenue. Au centre, une porte en bois ancien attire le regard. Elle est légèrement usée, marquée par le temps, et contraste avec la fraîcheur des peintures qui l’entourent. Tout autour, les motifs semblent former une protection symbolique, une sorte de seuil sacré entre l’intérieur et l’extérieur. L’ensemble dégage une impression d’équilibre instinctif, presque silencieux.
Un peu plus loin, une autre maison impose une présence très différente. Ici, les couleurs sont plus franches, plus affirmées. Le mur est animé par une frise continue composée de panneaux successifs. Chaque section est distincte, comme une série de petits tableaux juxtaposés. On y retrouve des motifs floraux, mais aussi des formes géométriques plus marquées, parfois répétitives, créant un rythme visuel presque musical. Les teintes — bleus, verts, roses — semblent dialoguer entre elles avec une certaine audace. Au pied du mur, la vie quotidienne est là, bien présente : quelques objets posés à même le sol, des ustensiles, et surtout ce scooter appuyé contre la façade, qui ancre la scène dans le présent. Ce contraste entre l’art mural et les objets modernes donne à l’ensemble une dimension très vivante, presque familière.
Plus loin encore, je découvre une façade qui m’intrigue davantage. Les motifs y sont plus énigmatiques, moins immédiatement lisibles. Ils se répètent avec rigueur : des formes géométriques structurées, parfois inversées, qui créent un effet presque hypnotique. Les lignes sont nettes, les contours affirmés. On sent une volonté de composition, une organisation précise de l’espace. Ces symboles semblent répondre à une logique propre, peut-être liée à une tradition particulière ou à une interprétation plus personnelle. Contrairement aux fleurs plus spontanées des autres maisons, ici tout paraît plus codifié, presque abstrait. Cela donne à la façade une présence différente, plus mystérieuse, comme si elle portait un langage que je ne maîtrise pas encore.
Ce qui me frappe, en avançant de maison en maison, c’est cette diversité au sein même d’un territoire pourtant proche. D’un mur à l’autre, les styles changent, les couleurs varient, les intentions se transforment. Chaque façade devient une expression singulière, une manière propre de raconter le monde.
Je continue d’observer, attentive à ces détails qui peu à peu s’assemblent. Derrière ces frises nouvelles, je devine des influences, des évolutions, peut-être aussi une envie d’expérimenter. Et pourtant, malgré ces changements, quelque chose demeure : ce besoin profond de décorer, de protéger, de raconter. Ces murs, encore une fois, parlent. Et je comprends qu’ils ne cesseront jamais de le faire, tant que quelqu’un prendra le temps de les regarder.
Nous repassons chez Devi. Dans une pièce, plusieurs femmes sont assises à même le sol, regroupées en cercle, concentrées sur leur travail. Devant elles, de grandes feuilles de papier à dessin accueillent peu à peu des formes familières : des animaux prennent vie sous leurs gestes précis. Les traits sont sûrs, les lignes fluides, comme si chaque mouvement était guidé par une mémoire ancienne.
Je m’attarde à les observer. Il n’y a pas de mise en scène, pas d’effort pour expliquer — seulement le calme du travail, la répétition des gestes, et cette transmission silencieuse qui passe de l’une à l’autre. Le temps semble suspendu. Nous restons là un long moment, presque sans parler, simplement à regarder naître ces figures qui prolongent, autrement, les peintures des murs. Puis vient le moment de partir. Mon séjour à Hazaribagh s’achève après cette journée dense, traversée de couleurs, de rencontres et de découvertes. Une journée inoubliable, que je n’essaie même plus de retenir entièrement — je sais déjà qu’elle restera en moi, intacte, comme une empreinte douce que j’emporte désormais dans mon cœur. | | | À: Aleph240758 · 30 juillet 2026 à 22:11 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 13 de 55 · Page 1 de 3 · 430 affichages · Partager merci Marie Jo pour ce voyage poétique, coloré, parfumé, joyeux, au coeur de ces villages où il semblerait que le paradis se soit installé, du moins à travers votre regard et vos émotions et par le sourire de ces femmes et leur accueil chaleureux.. Comment ne pas être marqué à vie.. Ces peintures symboliques et cette cosmologie me rappellent le pays dogon... | | | À: Partirester · 31 juillet 2026 à 9:07 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 14 de 55 · Page 1 de 3 · 413 affichages · Partager merci Christine pour vos commentaires. Vous êtes la seule à vous manifester, ce sujet n'a pourtant jamais été traité, il faut croire que l'on ne s'intéresse qu'au basique sur ce forum de nos jours.  De toute façon je vais terminer le carnet, j'en aurai de beaux souvenirs. | | | À: Aleph240758 · 31 juillet 2026 à 9:23 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 15 de 55 · Page 1 de 3 · 408 affichages · Partager Si tu ne vas plus au devant du monde, c'est le monde qui viendra à toi.
Si tu en ignores les merveilles cachées, les endroits reculés, les coins dérobés, les traditions préservées, elles exploseront ici en couleurs, en mille détails étonnants, par la grâce d'une voyageuse intrépide et infatigable, Indomaniaque, qui retourne toujours au même endroit sans jamais refaire le même voyage.
De ce vaste pays si cher à ton cœur, tu rapportes chaque fois un peu de son histoire méconnue, un récit minutieusement documenté, des anecdotes, des scènes de vie qui prennent vie sous ton oeil de délicate anthropologue, des images... petits fragments colorés qui s'emboitent dans les précédents en attendant les suivants. Comme s'assemblent les pièces irrégulières d'un puzzle qui n'aurait pas besoin d'être achevé pour que se révèle la richesse du dessein final. | | | À: Aleph240758 · 31 juillet 2026 à 11:56 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 16 de 55 · Page 1 de 3 · 395 affichages · Partager Bonjour,
j'ai suivi avec intérêt et beaucoup de bonheur vos déambulations dans ces régions/états assez méconnus.
On trouve des merveilles artistiques -et spirituelles- dans les endroits les plus reculés, loin de toute agitation et sur des supports rustiques.
Grand merci de faire découvrir des endroits, des paysages et des modes de vie inconnus pour moi.
Calaf | | | À: Aleph240758 · 31 juillet 2026 à 14:07 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 17 de 55 · Page 1 de 3 · 382 affichages · Partager Bonjour Marie Jo
J'ai commencé un long message hier pour te dire que tes posts sur la région d'Hazaribagh sont magnifiques, tant par les photos que ton texte mais le message a buggé juste avant l'envoi, au moment de corriger les fautes de frappe !
Je suis attentivement tes pérégrinations, tu t'en doutes mais je ne réponds pas souvent. Je me réjouis d'avance d'aller prochainement voir ces merveilles. Merci de défricher pour nous cet état encore peu documenté.
Ton voyage n'est pas encore fini, donc vivement le prochain post.... | | | À: Aleph240758 · 31 juillet 2026 à 14:20 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 18 de 55 · Page 1 de 3 · 376 affichages · Partager Pour compléter le message précédent, on sent que tu as été retournée emotionnellement par ce séjour à Hazaribagh et que tu aurais volontiers prolongé ton séjour. Voir ces maisons tribales in situ, quel bonheur ! Quelle emotion. ! J'en ai admiré 2 ou 3 au musée de Bhopal, sans imaginer pouvoir déambuler au milieu de dizaines dans des villages comme tu l'as fait. C'était peut-être d'une toute autre zone de l' Inde car je crois qu'il y a des maisons peintes dans plein de zones tribales. A Bhopal, des femmes de diverses régions reviennent alternativement tous les 2 ou 3 ans au musée tribal (une merveille ce musée, mais tu connais...) refaire les peintures ou ou la toiture, recouvrir les murs de "bouse". Il y en avait lors d'une de mes visites. J'avais admiré leur dextérité sans savoir ce qui se cachait derrière les dessins. | | | À: Aleph240758 · 31 juillet 2026 à 14:52 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 19 de 55 · Page 1 de 3 · 364 affichages · Partager bonjour Marie Jo, les VFistes se sont réveillés, et nous sommes tous/tes unanimes, votre carnet est SUBLIME et nous éloigne de l'ordinaire, bien que finalement, ces univers le sont, à leur façon.. Merci d'avoir été la messagère de tant de douceur.. | | | À: Partirester · 31 juillet 2026 à 17:15 Re: Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal Message 20 de 55 · Page 1 de 3 · 351 affichages · Partager bonjour Marie Jo, les VFistes se sont réveillés, et nous sommes tous/tes unanimes, votre carnet est SUBLIME et nous éloigne de l'ordinaire, bien que finalement, ces univers le sont, à leur façon.. Merci d'avoir été la messagère de tant de douceur..
Je fais un message collectif pour vous remercier, Kola, Calaf, Chris70 et Partirester. Je me sens moins seule  Ce coin est tellement extraordinaire et fascinant que je trouvais dommage et triste que personne ne s'y intéresse. Vu le temps que j'y passe consacre, ce n'était guère encourageant. Me voilà rassurée, je peux continuer à décrire mes découvertes. | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 4 040 visiteurs en ligne depuis une heure! |