J11 : Coyote Gulch
lever très matinal vers 5h15 pour partir vers 6h de nuit. Les 36 miles jusqu’à Fortymile ridge junction sont un vrai calvaire. Peu après la jonction, le panneau annonce la couleur : sable profond, véhicules 4 roues motrices recommandé.
Mais bon cela ne suffit pas ou alors certains ne savent pas lire ou sont tout simplement stupide puisque nous ne tardons pas à voir devant nous une voiture complètement plantée sur le sable et c’est..... une ford fiesta, tout sauf un 4x4 et encore moins avec une haute garde au sol. C’est une femme seule. je descends de la voiture et elle me demande si on a de quoi l’aider pour la remorquer. Bien entendu je lui dit que non et je lui demande ce qu’elle fout là et si elle avait lu le panneau et elle me dit qu’elle pensait que cela passerait.
Ce type de comportement m’exaspère : J’en avais déjà vu avec steeve de paria outpost plantés avec une berline pour aller à Paw hole et les avait dépannés à contre cœur en refusant leur argent. Bref elle est dans la merde mais elle a de l’eau donc elle n’a qu’à faire les 4 miles à pied pour retrouver la hole in the rock et attendre qu’une voiture passe. J’ai aidé des gens en détresse dans Coyote gulch (un français perdu qui tournait en rond depuis 2 jours et qui n’avait presque plus d’eau) ainsi qu’un groupe de jeunes déhydratés qui revenaient de reflection canyon mais là elle n’est pas en détresse donc à elle de se sortir de la situation dans laquelle elle s’est mise toute seule en prenant des risques. Reste à essayer moi-même de passer. Heureusement que j’ai une wrangler et en force j’arrive à la contourner dans la végétation mais en évitant l’ensablement de justesse.
Arrivés au trailhead il n’y a qu’une seule voiture. Après avoir remplis nos sacs mais pas trop puisqu’on peut pomper de l’eau dans Coyote gulch, nous voilà partis. Sur le chemin qui mène à crack in the wall nous croisons un groupe de 4 et je les avertis qu’il verront une femme dont la voiture est ensablée et qu’ils devront probablement la ramener à Escalante pour cherche de l’aide pour la remorquer. Arrivés au crack in the wall, les deux descentes ne nous posent pas vraiment de problème mais prennent un peu de temps pour descendre les 2 sacs à dos à la corde. Personnellement j’adore le panorama lorsqu’on arrive à la rim avec la
rivière escalante qu’on aperçoit, stevens arch au loin et cet énorme rocher en plein milieu avec une forme si particulière.
En descendant la dune de sable je repère un semblant de chemin qui permettrait peut être d’avoir une vue plus dégagée sur stevens arch mais je choisis de ne pas la suivre car le but est d’aller à la
rivière Escalante.
Une fois arrivés à Coyote Gulch nous nous dirigeons donc vers l’est et là première difficulté, un passage exposé en léger dévers avec à gauche une dizaine de m de vide. Cela parait anodin mais avec le sable qui rend la roche glissante et de lourd sac à dos, nous ne sommes pas rassurés et d’ailleurs je glisse à un moment et lysiane prend peur. Nous arrivons tout de même en face, continuons notre route mais serons vite bloqués par des sables mouvants dans lequel je m’enfonce et parvient à m’extirper avant de trop m’enfoncer. Cela commence mal car nous n’irons pas à la
rivière Escalante. Il faut faire demi tour et repasser par le passage exposé. Nous abaissons notre centre de gravité au maximum et faisons de petit pas. Arrivés au bout c’est un ouf de soulagement mais cela a entamé notre confiance.
Nous allons donc vers l’ouest en terrain connu mais sans pour autant que la progression soit facile car la végétation est dense par endroit et les flash floods rendant parfois le terrain difficilement praticable.
Après une pause repas lyophilisé Nous passons la première chute d’eau en ayant de l’eau au-dessus de la taille et en terrain très glissant.
Quelques centaines de mètres plus loin nous arrivons au passage qui nous avaient bloqués en 2015 dans l’autre sens mais que nous avions passé en 2007. Je hisse lysiane en la poussant après changer de chaussure pour retrouver du grip mais au lieu de hisser les sac à dos avec la corde je lui tend et là elle glisse et en la rattrapant c’est moi qui tombe avec le sac à dos en me faisant un peu mal. Là on enjoye plus vraiment et on prend la décision de faire demi tour. De retour à la confluence, on rencontre un groupe de 4 gars qui descendent et plutôt que de dépenser pas mal d’énergie à pomper de l’eau, l’un d’eux me prête son système de filtration gravitationnel sans effort. C’est hyper efficace si l’eau est déjà à peu près claire ce qui est le cas. La remontée de cette putain de dune de sable de 0.9 mile de long est pénible mais moins qu’en 2007 sous près de 40 degrés.... Après quelques micros pause pour ne pas se cramer nous sommes rendus au crack in the wall avec l’orage qui gronde au loin. Cette fois ci c’est moi qui hisse les sac avec la corde avant que l’on repasse par le crack in the wall. Après la courte section de slickrock ce sera la montée finale dans le sable mou pour arriver à la voiture. Sur le retour, plus de ford fiesta ensablée sur la piste donc elle a du se faire remorqué et nous serons surpris de voir la hole in the rock road inondée par endroits alors qu’on a pas eu l’impression qu’il avait plu beaucoup. Nous arriverons à la nuit tombée au bout de la piste. J’aurais mieux fait au final de retourner dans Coyote Gulch par red well ce qui aurait été plus sympa et moins frustrant. pour la peine quelques photos des précédentes randonnées