Salut,
Oui un Hilux 2.5TD fera l'affaire. Avec tente de toit pourquoi pas ou avec tente de sol; on peut camper facilement loin de tout ou à l'abord d'un village.
Je ne sais plus si j'ai emprunté les pistes que tu évoques mais j'en ai emprunté de similaires. Il faut vraiment avoir du temps devant soi, entre la progression très lente (il faut parfois repaver la piste pour passer) et le fait qu'on peut être contraint de rebrousser chemin parce que ça ne passe plus du tout.
Si ton temps est limité ce me semble hasardeux sans compter que c'est parfois dangereux (je me suis déjà vu partir en devers dans la pente) et que je ne suis pas certain que ton loueur permette ce type de pistes. Je ne connais pas non plus ton niveau d'expérience en conduite dans cet environnement.
Je pense que ton projet initial est déjà une sacrée aventure. Si tu veux tester des pistes difficiles il faut te cantonner dans une plus petite partie du pays pour avoir le temps de te retourner (sans jeu de mots

).
Un peu de lecture? Mes notes de voyage (début 2013)
Un sourire renversant
Avertissement : la lecture de ce paragraphe est susceptible de provoquer des palpitations, voire des bouffées de haine, chez les sujets dont la tolérance à l’idée même d’un 4X4 dans la nature est faible.
A l’ouest de Thaba Tseka une piste, annoncée carrossable, relie un chapelet de villages d’altitude et devrait mener à Semonkong. Le genre de raccourci trois fois plus court mais trois fois plus long. La piste devient de moins en moins carrossable jusqu’à n’être plus qu’un chemin muletier, une unique trace restant visible.
Comme il y a une ligne de partage des eaux, souvent, la piste s’étant rétrécie, desservant un dernier village, s’élargit à nouveau au suivant, délimitant les zones d’influence des plus gros villages où l’on se ravitaille. Mais là, point.
J’ai dépassé la section classée
dangerous road par Tracks4Africa (et quand eux utilisent ce terme ce n’est pas en vertu du principe de précaution), il reste un large gué de gros galets roulants, l’eau à l’essieu et, après Chief Village, la piste part tout droit dans le versant opposé. Au village, personne ne parle anglais mais on me fait comprendre que c’est passable en rebouchant les ravines au fur et à mesure.
Oubliée la position horizontale, ce ne sont plus qu’acrobaties et contorsions, marches de pierre doublées de devers. Deux gamins m’ont suivi et nous voilà trois cantonniers. La voiture peine, je sue et palpite. Je reconnais l’amont à pied : tous les vingt mètres il faudra empierrer pour ne pas toucher ou verser. Il est presque dix-sept heures lorsque je renonce je vais dormir au village et demain je rebrousserai chemin.
Mes aides redescendent à pied, restant à mon niveau et savourant du chocolat je les regarde, quand ils sourient on ne voit plus leurs dents, et la voiture se retrouve en bascule, châssis posé sur une arête, plus aucune roue n’adhérant suffisamment. (Tu le sais bien pourtant qu’un sourire est dangereux et qu’une seconde d’inattention peut être fatale.)
La technologie nipponne est impuissante. Je soulève la voiture et glisse des pierres sous les roues puis demande aux enfants et à deux femmes chenues qui descendaient de la montagne et depuis se livrent à force commentaires de pousser en soulevant l’arrière de la voiture. Craignant la ruade, elles refusent tout net et s’en vont, emmenant les enfants.
Je transmets doucement la puissance aux roues, les pierres chassent, la voiture n’a pas bougé si ce n’est, légèrement, autour de l’axe d’appui. Ce serait une bonne idée qu’elle me fasse la soucoupe volante.
Je soulève plus haut, attentif à ce que la voiture ne file pas sans moi dans la pente, et place sous les roues de plus grosses pierres, bloquées entre elles. Il est plus de dix-huit heures, si je dois passer la nuit dans une pente de 30°, cela ne va pas être de tout confort.
J’entends des voix qui montent et décide d’attendre. Trois hommes du village viennent m’aider, alertés par les femmes. Et un, et deux, et trois ! Gloups, ça plonge ! Je stoppe après 50cm, dégagé. Il nous reste à paver quelques mètres pour ne pas laisser l’arrière sur l’arête.
Mes sauveteurs m’escortent au village où l’un d’eux me propose de dormir près de sa case. Palabres de signes, bières, gâteaux, paie. Arrive une vieille femme qui me suggère (m’ordonne ?) de m’installer près de la rivière, cent mètres plus bas, ce qui me convient très bien.
Dès six heures, une première écolière en uniforme traverse la passerelle qui enjambe la rivière quatre suivront, un à un. Où est l’école ? Mon paquet de biscuits n’y résistera pas.
Bilan ce matin : une bavette et une conduite d’eau douce arrachées, un pneu déchiré. Rien donc ! Mais si un organe vital lâchait ici, ça pourrait prendre un moment avant d’être dépanné. Je m’engage, si je sors de là sans autre casse, à arrêter les bêtises... pour la semaine.
Par moment, il n’y a plus que le ciel devant le capot et si la piste n’était pas signalée par une ligne de pierre intermittente, on la perdrait. Ce doit être coton de passer là dans le brouillard.
Première heure, 3 kilomètres, deuxième, 5, troisième, 7 et quatrième 12. Il suffira d’une demi-heure pour parcourir les treize derniers kilomètres