J14 13 Oct
L'AVENTURE DU SEJOUR 
Cette fois, ça y est, départ pour le
Lesotho via le
Sani Pass.
Patrice et moi avons adoré le
Lesotho et nous avons tenu à le faire découvrir à nos amis, même si ce n'est que rapidement. On en a tellement parlé qu'ils sont impatients.
Le
Lesotho, petit pays monarchique de la taille de la
Belgique en plein coeur de l'
Afrique du Sud, est un pays de montagnes, les basses terres sont en moyenne à 1500m! Leurs habitants, les Basothos parlent le Sesotho (ouf, je ne me suis pas mélangée...

) et l'anglais... mais pas tous...
Grâce à Voyajou, je sais qu'il est possible de passer le
Sani Pass et d'aller à Thaba Tseka dans la journée.Je sais aussi, toujours grâce à Voyajou, qu'il n'y a pas de raccourci pour aller de Thaba Tseka à Semonkong et qu'il faut impérativement passer par
Roma, sous peine de se retrouver "en carafe"

. On s'arrêtera donc quelque part entre Thaba Tseka (étape prévue) et
Roma, selon le temps que l'on mettra.
Nous prenons la route en trépignant.
Enfin façon de parler, on est des adultes tout de même...
Nous apercevons au loin les sommets du
Lesotho
1ère surprise, la portion de route qui mène à la piste pour le
Sani Pass est toute neuve! Il faudra donc attendre encore un peu pour le côté piste et aventure...
Malheureusement, le ciel se couvre et plus on s'approche, moins on voit les sommets

Espérons que cela va s'améliorer!
Pas de chance, le ciel ne se dégage pas !

Et on voit de moins en moins

Moi qui voulait que ma copine ait sa petite dose d'adrénaline en voyant la route/piste qui serpente jusqu'à la frontière...

comme moi il y a 3 ans

... Raté

On ne voit... RIEN
On ne s'est même pas rendu-compte des virages et du dénivelé !
Pire! La pluie se met à tomber doucement, se transforme en neige fondue et finit par s'accrocher à la végétation...



On va présenter nos passeports à la guérite en short

, polaires et Kway

en grelottant...
On doit avoir un look super ! Et dire qu'on n'a pas pensé à se prendre en photo

Du coup, pas d'arrêt au "plus haut pub du monde" (2870m). Il n'y a rien à voir, il pleut/neige et il fait froid

Quel dommage!
Sur le plateau, le brume est moins épaisse et on voit une 1ére cabane (sans doute pour un berger)
Heureusement, le ciel se dégage de plus en plus et on découvre enfin les plaines du
Lesotho et la piste qui serpente à l'infini. La végétation est rase et on devine un manque d'eau.
Mais très rapidement, la piste devient...
un véritable chantier

...
Il y a des éboulis et de la roche dynamitée partout, des camions chinois avec chauffeur chinois qui font le va-et-vient d'un chantier à l'autre, les petits villages sont coupés en 2, et les bergers Basothos avec leur troupeau qui déambulent au milieu de la poussière ont l'air complètement perdu

Grosse déception pour nous, on ne reconnaît plus rien

On se raisonne et on se dit que cette nouvelle route permettra aux villageois de se déplacer plus rapidement et plus facilement, et quand elle sera fini, la vision sera différente de celle qu'on a aujourd'hui... mais c'est quand même une image un peu désolante...
Même les ânes semblent tristes...
Nous finirons par passer les travaux.
On peut voir de nombreux villages tout au long de la piste.
Le 1er Basotho que nous voyons sur son cheval, il nous demande même de le prendre en photo. Il pause fièrement

Nous poursuivons notre route direction
Mokhotlong pour bifurquer ensuite vers Thaba Tseka.
J'ai pris le volant après le pique-nique pour laisser les hommes faire la sieste

et ma copine vient s'asseoir devant à côté de moi... Un panneau indique Thaba Tseka, je tourne...
Tiens, ce n'est pas vraiment la route que j'imaginais...Le goudron a disparu... mais la piste est belle, on demande confirmation "Thaba Tseka, c'est bien par là ?" "oui, oui! Keep going"
OK on continue

... "Thaba Tseka ?" "Yes, 3 hours!"....
Pas de problème. C'est ce qu'on a prévu

La piste devient de plus en plus cahoteuse. On se renseigne régulièrement, on est toujours sur la bonne voie (Bizarre, on nous annonce toujours 3 heures !

, voire même 4 heures !

pourtant on a fait du chemin depuis

!
En plus, on distingue de moins en moins le chemin -
on ne peut même plus parler de piste..
Où est donc la route ?

Non seulement on ne sait si on a suivi le bon chemin (il y a toujours des traces de voiture qui partent dans plusieurs directions!) mais en plus il faut maintenant rouler au pas pour choisir son passage tellement les rochers sont gros !

Heureusement qu'on est en 4X4

De toute façon, on n'a pas le choix. Il faut continuer. On ne va quand même pas faire demi-tour! On a déjà roulé au moins 2 h !

Patrice reprend le volant, c'est vraiment trop stressant pour moi.
On avance au pas, on traverse de rivières, on est en plein milieu des montagnes, on croise quelques villages de plus plus isolés..
Suivant les indications que l'on nous donne, nous rebroussons chemin plusieurs fois...
Bref, on commence à trouver le temps long

Les heures tournent!!! Quand va-t-on arriver ?

On passe devant un ensemble de constructions (un futur lodge ?), on traverse une rivière, la route est vraiment épouvantable! un père et ses 2 fils passent par là, on demande encore une fois confirmation quant à la direction...Ils ne parlent pas anglais

nous ne parlons pas sesotho

... mais on comprend quand même que ce chemin ne mène...qu'à leur village

Il faut faire demi-tour

Nous nous arrêtons aux maisons "en construction" que nous avions vu juste avant pour essayer d'en savoir plus.
Une jeune femme qui parle très bien anglais nous explique le chemin et nous fait même un plan
Seul bémol, il faut compter 2 heures de route, il est 18h et la nuit va bientôt tomber

et nous sommes perdus au milieu de nulle part

En fait, il s'agit d'une clinique. L'infirmière va demander au médecin si nous pouvons rester, mais normalement, la clinique n'accueille pas de patients la nuit...
Docteur Tom nous demande si nous avons des couvertures car les nuits sont très froides (les Basothos ne se déplacent jamais sans leur couverture. Les routes et les bus sont en mauvais état, il faut donc prévoir sa couverture en cas de panne et de nuit à l'extérieur)
Non, mais nous avons des polaires

Finalement, Dr Tom en arrive à la conclusion qu'il ne serait pas prudent de partir.
Ils vont donc nous installer dans un des bâtiments.

Ils débarrassent une salle de consultation où ils installent un chauffage au gaz et 2 matelas. Ils nous apportent aussi 4 couvertures toutes neuves et sont prêts à se débrouiller pour nous trouver à manger. Nous avons ce qu'il faut, pas question de les déposséder, ils ont déjà si peu ! On aura même du mal à leur faire accepter un filet d'oranges, en fait, l'argument gagnant sera "vous les donnerez à vos patients".
Même chose quand nous partirons le lendemain, ils ne veulent pas entendre parler d'argent, il s'agit de l'hospitalité africaine

On arrivera quand même à faire une donation pour la clinique.
On ne les verra pas beaucoup, on sent qu'ils veulent à la fois nous mettre à l'aise et nous laisser de l'intimité
On aura davantage l'occasion de parler avec eux le lendemain matin avant de partir.
On improvise un pique-nique sur la table d'examen
Petit nid douillet pour la nuit ! Mieux que la voiture

Finalement, cette étape était complètement imprévue (encore que... Thaba Tseka était la seule nuit prévue sur le planning mais non réservée! Prémonition ?

) mais elle reste une aventure inoubliable. Nous avons passé un bon moment et avons vraiment apprécié l'aventure humaine. Encore merci à Dr Tom et à son infirmière
Voilà, on avait bien les indications de Voyajou mais on a trouvé moyen de se perdre,

Je ne sais toujours pas où, mais cela a été une aventure incroyable pour nous !

J15 14 Oct
Nous nous levons de bonne heure et remettons tout en place pour les consultations qui ne vont pas tarder.
Nous en profitons pour bavarder un peu avec Dr Tom et en savoir un peu plus. La clinique est assez éloignée et les patients viennent pour la plupart à pied après plusieurs heures de marche. Ils n'ont pas de moyens, la clinique est vraiment délabrée, le
Lesotho est un pays pauvre et ses infrastructures s'en ressentent. Dr Tom vient du Zimbabwé où il a fait ses études. On le sent dévoué envers ses patients, principalement des infections, des maladies de peau et des malades du sida
On prend quelques photos avant de partir
notre bâtiment pour la nuit (qui accueille les malades du sida... on l'apprend au matin!)
Nos sauveurs!
Nous reprenons la route et cette fois nous arriverons à bon port.