Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Jhc019 · 1 mars 2020 à 16:11 · 61 photos 41 messages · 11 participants · 4 349 affichages | | | | À: Marati · 4 mars 2020 à 23:17 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 21 de 41 · Page 2 de 3 · 1 608 affichages · Partager Bonsoir Guillaume 
Merci pour ton mot sympa 
Ce n'est qu'un juste retour des choses: tu m'as donné des conseils très judicieux - je vais d'ailleurs les mentionner plus tard dans mon récit, je ne pouvais pas le passer sous silence 
Ton histoire me touche particulièrement, car, pour les mêmes raisons que toi, j'envisage (avec la bénédiction de ma moitié) un parcours similaire au tien, à savoir une boucle en solo sur 3 semaines au départ de Denver, avec un parcours et des randos très (trop) exigeantes qui ne peuvent intéresser que les accros à l'Ouest, limites inconscients (Reflection Canyon, Confluence Little Colorado- Colorado, descente Grand Canyon sur 1 jour...).
Il parait que j'aime beaucoup les défis  , ma femme me dit que je me crée des difficultés pour les surpasser ensuite, c'est son point de vue que je ne partage pas entièrement mais il y a peut-être du vrai la dedans  Ainsi ai-je beaucoup hésité sur les ballades que tu mentionnes et pensais inclure dans mon circuit Reflection Canyon que j'ai finalement écarté non pas à cause de la difficulté de la chose - les autres l'ont fait, notamment Valerie (veileen) si je ne me trompe pas, mais parce que la ballade pour y arriver passe dans un milieu sans beaucoup d'intérêt, une fois de plus si je ne me trompe pas, qu'on me corrige si ce n'est pas le cas, et faire une ballade d'une journée juste pour un point de vue aussi belle soit-elle m'a semblé trop pour cette fois-ci. Cependant Reflection Canyon reste toujours dans mes projets car une fois de plus j'aime les défis et j'aime marcher  ! J'aurais bien aimé faire confluence Little Colorado- Colorado et le carnet d'Olivier (oliv2019) m'a fait bien saliver mais cela n'entrait pas dans mon circuit déjà bien chargé. Mais si je reviens dans le sud-ouest c'est sûr que je vais tâcher l'inclure. Pour le Grand canyon je peux te donner mon retour d'expérience de 2016 où j'ai fait la descente de Bright angel trail jusqu'à Indien garden: je suis parti seul - personne n'a voulu le faire - vers 6.30 et j'étais de retour vers midi et quelque. Il n'a pas fait hyper chaud ce jour même si c'était en plein mois d'août. Je me suis arrête pour 15 minutes une fois en bas et je suis reparti aussitôt. Il n'est pas recommandé de faire un aller-retour jusqu'a Colorado en une journée mais je pense que c'est possible. Je ne l'ai pas fait car je ne voulais pas laisser ma famille toute seule toute la journée. Au retour j'étais juste un peu fatigué vers la fin car il commençait à faire vraiment chaud en ce moment.
Maintenant et le plus important peut-être, mon sentiment par rapport à cette ballade: j'ai eu les impressions mitigées, j'étais super content de l'avoir fait en tant qu'un défi réussi mais l'intérêt de la ballade elle-même m'a paru limité car grosso modo on descend toujours le même sentier et le paysage ne varie pas énormément, tu descends au flanc d'une falaise mais elle reste plus ou moins là même tout le long... Peut-être j'aurais du aller jusqu'au bout car c'est peut-être là où on s'éloigne de la montagne et on gagne en perspective...
Pas un mot sur ton programme détaillé : suspense garanti  !
Oui je sais ce n'est pas bien,  mais en effet cela permet de maintenir le suspense, en espérant que les lecteurs ne seront pas déçus à attendre. 
N'hésite pas à donner ton avis et ressenti sur tous les aspects du voyage, cela n'intéressera pas que tes enfants... qui ont quel âge d'ailleurs, si ce n'est indiscret ?
Merci beaucoup pour cet encouragement, c'est hyper important car on ne sait jamais si nos expériences persos peuvent intéresser les autres ou au contraire. Pour les enfants tu ajoutes 2 ans à l'âge des tiens et tu auras le compte | | | À: Jhc019 · 5 mars 2020 à 0:12 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 22 de 41 · Page 2 de 3 · 1 598 affichages · Partager Bonsoir Peggy,
Je m'interroge sur l'horaire de cette fameuse "route interdite" (et la réponse m'intéresse vraiment, sachant que nous sommes intéressés par un circuit au Colorado depuis quelques années déjà et que cela semble se concrétiser pour l'été 2021). Est-ce que la route n'est pas simplement bloquée à la montée à partir de 8H00 ? Ce qui revient à dire que si tu montes avant 8H00, tu peux te garer en haut et qu'ensuite tu peux redescendre à l'heure que tu veux ? Pour les gens qui sont passés à 7H00 par exemple, ils ne peuvent quand même pas les empêcher de repartir jusqu'à 17H00...
D'après ce que j'ai compris la route est complètement interdit dans les DEUX sens entre 8 heures et 17 heures. Circuler pendant ces horaires vous expose à une forte amende  - sous entendu dans le sens de retour, car dans le sens d'aller vous ne pourrez tout simplement pas passer. Donc on peut arriver tôt le matin en espérant pouvoir trouver la place sur le parking à côté du lac et y rester jusqu'à 17 heures pour repartir ensuite. Remarquez, il y a de quoi faire dans le coin, il suffit juste de vouloir y passer la journée entière et de faire des ballades.
Autrement il faut laisser la voiture sur le parking en amont et prendre le bus. Le hic est que c'est assez loin et si les bus sont aussi rapides qu'à Zion, bonjour la perte de temps  . Et les prix ne sont pas donnés non plus  :
2019 Rates:Adults $8; Children 6-16 $6; Seniors $6; Children 5 and under are Free Ticket Purchase:Four-Mountain Sports in Aspen Highlands Village Rubey Park Transit in AspenParking: Aspen Highlands parking is limited. Daily pricing below.
$10/car/0-3hrs $15/car/3-8hrs $25 Full Day Il faut savoir qu' Aspen est la station la plus "in" des US, une espèce de Courchevel américain, tout est hors de prix.
La seule possibilité de circuler en voiture dans la journée est de réserver un de trois campings qui se trouvent sur cette route. Pour mémoire: au moins de mars il n'y avait aucune place libre pour la fin juillet... 
Bonsoir Je viens de lire des messages récents sur TripAdvisor qui affirment le contraire et rien n'est précisé sur le site d'information. En espérant avoir des retours de personnes du forum | | | À: Cheesecake14 · 5 mars 2020 à 0:21 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 23 de 41 · Page 2 de 3 · 1 595 affichages · Partager Bonsoir Fabrice
Je viens de lire des messages récents sur TripAdvisor qui affirment le contraire et rien n'est précisé sur le site d'information. En espérant avoir des retours de personnes du forum
J'ai oublié de préciser que c'est valable pour mi-juin jusqu'à début octobre, c'est peut-être pour ça que dans les message récents cela n'est pas mentionné... Voici le site en anglais www.stayaspensnowmass.com/...s/visit-maroon-bells | | | À: Jhc019 · 5 mars 2020 à 9:29 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 24 de 41 · Page 2 de 3 · 1 572 affichages · Partager Merci pour ta réponse ! L'information devrait être un peu plus claire sur leur site ! Ce qui est sûr, c'est que je ne me vois pas faire lever mari et enfants à 4h du matin pour être sorti comme toi à 8h et que les bus sont effectivement chers à 4... La solution résidera peut-être dans une nuit au camping, en réservant bien à l'avance ! | | | À: Peggy16 · 5 mars 2020 à 21:51 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 25 de 41 · Page 2 de 3 · 1 528 affichages · Partager Ce qui est sûr, c'est que je ne me vois pas faire lever mari et enfants à 4h du matin pour être sorti comme toi à 8h et que les bus sont effectivement chers à 4... La solution résidera peut-être dans une nuit au camping, en réservant bien à l'avance !
Il y a une autre solution: les déplacements en vélo, rollers et autres trottinettes sont entièrement gratuits sur cette route  Mais il y aura toujours le parking amont à payer | | | À: Jhc019 · 7 mars 2020 à 0:02 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 26 de 41 · Page 2 de 3 · 1 481 affichages · Partager En fait c’est une journée de transition comme on a souvent dans les circuits où il faut faire beaucoup de km et que je voulais agrémenter de quelques ballades faciles pour ne pas passer la journée au volant. Bon, pour la première c’est bel et bien raté... 
Ma destination suivante - Black canyon of Gunnison - est assez loin, presque 4 heures de route. J’y arrive sans problème. Il fait très chaud, le soleil tape fort. C’est normal, il est 14 heures. Je vais directement au bout de la route qui longe le bord sud du canyon. J’ai l’intention de faire la ballade de Warner point qui est une petite promenade tranquille mais que j’appréhende après ma mésaventure de ce matin. 
Le petit parking est plein et je me gare sur le bas-côté un peu plus loin. Il fait chaud en ce début de l’après-midi. J’ai pris les sandwichs et de l’eau, il y a un petit pavillon en bois avec une terrasse, je décide de faire une pause déjeuner. Tous les bancs – peu nombreux d’ailleurs – sont occupés mais je m’assois par terre. Tout de suite un couple d’américains assis sur un banc me fait signe qu’ils sont disposés à se serrer un peu. Ils sont vraiment souvent très sympas, ces américains.  Je leur dis « no, thank you », et c’est vrai, je suis très bien par terre dos contre le mur en bois chauffé. L’air est chaud et parfumé des sapins et de genièvre, c’est agréable. Je mange mon sandwich et une pomme et je refais le plein d’eau avant de commencer la promenade. Elle n’est pas difficile et très bien indiquée avec les chiffres sur les pilons en bois. Ça monte et ça descend, il y a beaucoup de genièvre que j’adore, cela me rappelle la promenade de Harper corner dans le parc Dinosaur monument, sauf que là-bas la vue est franchement beaucoup plus spectaculaire. Il fait chaud, je peine mais je constate tout de même avec plaisir que ça va, j’arrive à monter même avec cette chaleur. Bien sûr après ce qui m'est arrivé ce matin je suis plutôt prudent, je vais lentement, je ne veux pas être de nouveau malade, ça me saperait gravement le morale. J’arrive au bout de la promenade, il y a un peu de monde mais pas énormément. Je reste une dizaine de minutes et je fais un demi-tour. Le chemin de retour se passe bien. Je retrouve ma voiture et mon lait froid dans la glacière. Ça sera la grande constante lors de tout mon voyage quand je retourne à la voiture après une longue marche sous le soleil – la grande bouteille du lait froid que j’avale à grandes gorgées jusqu’à ne plus pouvoir en boire. 
Je commence à prendre la route dans le sens inverse en m’arrêtant aux différents points de vue aménagés le long de la route. Ils sont sympas, on voit bien les couches successives des matières qui ont été déposées il y a des millions et des millions d’années. Le soleil est beaucoup trop fort pour faire de belles photos mais je vais en mettre tout de même quelques unes:
Un étrange animal me tient compagnie et essaie de me rassurer, il est sympa, j'apprécie  :
En bas on voit la rivière Gunnison, le canyon est profond et abrupte:
Bien sûr ce n’est pas le Grand Canyon, mais c’est sympa et les couleurs sont intéressantes. Il parait qu’on peut y descendre mais cela ne sera pas pour cette fois-ci vu mon état et de toute manière ce n’était pas prévu faute du planning serré.
In fine ce canyon ne m’a pas laissé un souvenir impérissable et à mon avis il ne vaut certainement pas le voyage mais si vous passez pas loin et si vous avez du temps cela vaut le coup.
Il me faut y aller, j’ai encore deux heures et demi de route à faire jusqu’à la place où je passe cette nuit. Sur le chemin je vois encore des endroits sympathiques:
J’arrive au camping que j’ai réservé au préalable, il a l’air mieux que le premier mais il coûte aussi cher et il n’a pas de douche non plus... Il est dans un joli endroit sur un lac mais la nuit s’approche et je n’ai pas le temps d’observer les lieux, d’ailleurs je ne suis pas au bord du lac mais au milieu du camping. J’ai un bon emplacement où je ne vois pas les voisins. Je mets ma tente plus rapidement que le premier jour, ça y est, j’ai repris mes repères  . Ici le feu ouvert est autorisé et j’en profite pour l’allumer. D’ailleurs on peut ramasser le bois et je récupère quelque branches ou buches non brulées par les précédents locataires de ce lieu. Je préfère le feu du vrai bois plutôt que du charbon car il est plus sympa et surtout plus rapide. La nuit tombe, il fait froid, je me mets à côte du feu et me fais griller un bon steak avec du riz que je cuis comme d’hab sur un réchaud, beaucoup plus pratique et rapide que sur le feu de barbecue. Le temps de manger, la nuit est déjà noire, il fait vraiment froid et il y a un vent assez fort. Je me mets dans ma tente et je me couche en enfilant les sous-vêtements longs. Demain j’ai un gros programme, j’ambitionne à me lever tôt. | | | À: Jhc019 · 8 mars 2020 à 23:46 · Modifié le 9 mars 2020 à 1:15 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 27 de 41 · Page 2 de 3 · 1 406 affichages · Partager Le quatrième jour: Cox arch, Ah-Shi-Shi-Pah, Valley of Dream, King of Wings
Je me lève avec le réveil, il fait froid, cela m’aide à ne pas trainer.  Je plie rapidement ma tente, me fais un sandwich avec du thé et je me mets en route. Le lac est paisible, c’est dommage, je n’ai pas trop de temps de l’admirer.
Je vais vers le sud, j’ai un programme très ambitieux aujourd’hui. J’arrive vers 8 heures et quelque au premier lieu qui est Cox arch. C’est une petite arche bien sympathique que j’ai découverte sur internet et que je voulais voir. L’approche en voiture est bien facile même si ce n’est pas évident de trouver une bonne piste dans un dédale des routes qui se croisent. Le plus déroutant est qu’on passe tout le temps à côté des tuyaux de pétrole, on n’a pas du tout l’impression d’être au milieu de nulle part.
Et là je vais faire un aparté et pousser un coup de gueule  : on voit souvent aux US dans les parcs nationaux ou ailleurs des avertissements nous indiquant comment le désert est fragile et qu’il faut faire attention et ne marcher que sur les sentiers, de ne rien laisser, etc. Et c’est très bien comme ça. Mais quand on voit juste à côté les tuyaux du pétrole sur des kilomètres, les puits un peu partout qui pompent la terre et défigurent le paysage on se demande si ce n’est pas du foutage de gueule.  C’est notamment et énormément le cas au Nouveau Mexique. C’est vraiment désolant  et on a l’impression qu’ils ont deux poids deux mesures - pour les touristes qui sont surveillés de près et pour les puissants producteurs du pétrole à qui on autorise tout. Cela m’a fortement déplu de voir ces puits et ces tuyaux un peu partout au Nouveau Mexique et m’a gâché un peu l’impression de cette partie de mon voyage.  Bon, je me suis défoulé, on continue. 
Le point d’arrivée pour Cox arch se trouve justement dans un endroit complètement inattendu : la piste aboutit à un puit de pétrole au point à se demander si on est au bon endroit, tellement cela me semble incongru.  Mais apparemment c’est là. Je descends de ma voiture, ah, il fait bien chaud par rapport au froid de ce matin,  je me déshabille et pour la première fois me mets en short et chemise manche courte. Maintenant il faut trouver cette arche. Pour cela je dois grimper quelque part, il était indiqué sur les sites internet que ce n’était pas loin mais qu’il fallait chercher. En effet je grimpe sur les rochers, le chemin n’est pas facile mais il est court et bientôt j’aperçois l’arche. En fait je me suis pris un peu à côté mais ce n’est pas grave, une fois qu’on la voit il suffit de sauter d’une roche à l’autre. Et voici que j’y suis. Elle est moins grande que je n’imaginais mais très élégante:
Je me demande comment elle est arrivée là, et ce qu'il y avait autour il y a des millions et des millions d'année. Est-ce que le facteur y passe souvent pour qu'elle puisse envoyer un petit bonjour à sa cousine Delicate Arch? Je passe une dizaine de minutes à l’admirer et photographier. Le chemin d’aller était assez casse gueule, je me dis que je vais chercher le retour plus cool et en effet je trouve un chemin beaucoup plus facile que me mène directement à ma voiture. Comme quoi du haut c’est plus évident que d’en bas  . Mais pas toujours comme nous allons voir plus tard...
Je reprends la route et me dirige vers la destination suivante qui faisait partie des incontournables de ce voyage : les badlands de Ah-Shi-Shi-Pah et autres Bisti. Mais avant il me faut impérativement refaire mon stock de lait et de glace. Je ne sais pas comment ils calculent le temps indiqué sur la glacière pendant lequel elle garde froid mais pour moi ça n’a jamais duré plus d’une journée et demi avec un sac de glace de 10 litres.  Peut-être si je n’avais que des cannettes là-dedans comme on voit sur leurs pubs elle aurait gardé le froid plus longtemps...  Bref, tous les deux jours il me faut vider l’eau de la glacière et la remplir de la glace. Heureusement aux US acheter de la glace n’est pas un problème, il y en a partout.
Le trajet vers Ah-Shi-Shi-Pah se passe rapidement, j’arrive sur le parking, il fait super chaud, c’est le pire moment de la journée pour les photos, le soleil est au zénith mais que peut-on faire, je n’ai pas le choix.  Le problème éternel des voyages à sud- ouest américain c’est qu’on aimerait bien être partout à la levée et au coucher du soleil mais pour cela il faudra mettre quatre fois plus de temps pour le voyage. Je mets de la crème solaire et prends beaucoup d’eau. Allez, mon grand, en route !
Je m’avance vers l’intérieur des badlands, c’est gris blanc, la terre est complètement sèche. Je découvre les curiosités faites d’érosion et de l’action d’eau si jamais il pleut ici, ce qui est difficile de croire pour l’instant.
Il ne fait pas bon de s’y perdre :
Il y a tout ce que j’aime : les formes bizarres, insolites qu’on découvre derrière chaque tournant. C’est assez varié, mais il faut monter et descendre sans cesse sur les collines pour découvrir les coins insoupçonnés et sous la chaleur c’est vite fatiguant.
Malheureusement et comme d’habitude le temps me manque pour explorer davantage ce lieu unique,  j’ai encore beaucoup trop de choses prévues pour aujourd’hui. Je reviens vers la voiture, il est temps de manger quelque chose à l’abri de la chaleur. J’avale mon lait froid et mets la clim à fond.
Je me rends compte que pour l’endroit suivant que je voulais visiter je n’ai pas le temps.  C’était De-Na-Zin. Ce sont encore des badlands qui font face à Ah-Shi-Shi-Pah, d’ailleurs il serait intéressant de pouvoir passer de l’un à l’autre à pied, il y a sans doute des choses à découvrir mais en été ça doit être infernale, et de toute manière il faut que quelqu’un vous dépose dans un endroit et vienne vous retrouver à l’autre. Sans parler des cartes topo à télécharger et bien préparer la route car se perdre dans ces endroits est hyper facile.
Bref, ce n’est pas pour cette fois-ci. Je décide donc d’abandonner De-Na-Zin  en me consolant que cela doit être plus ou moins pareil que ce que je viens de voir. Je saute donc cette étape et reprends la piste pour aller au point suivant qui n’est autre que Valley of dreams.
J’ai passé je ne sais plus combien de jours pour préparer cette journée, ai cherché l’info sur tous les sites et forums où je pouvais car l’endroit est isolé et il vaut mieux être sûr de soi. J’arrive donc au parking supposé et m’avance. J’ai lu que l’endroit est divisé en deux zones distantes. Je parcours la première zone, le soleil tape très fort, il est 15 heures, tout le monde cherche de l’ombre mais c’est dur:
Il y a un peu de tout ici, comme si un magicien était tombé et avait laissé son sac s'ouvrir d'où sont sortis les objets les plus insolites les uns que les autres. Une tour d'aéroport sans sa piste d'atterrissage:
un monstre de Loch Ness sans son lac:
les atlantes qui portent leur fardeau vers le ciel:
les cathédrales gothique en devenir:
Je pars vers la deuxième zone où se trouve ce que tout le monde vient chercher ici : Allien Throne. Je le trouve avec quelque difficultés:
.
Je me balade un peu
mais il fait très chaud et je commence à revenir vers la voiture. La deuxième zone est assez loin ou j’ai pris un mauvais chemin, mais il me faut traverser une plaine sans aucun intérêt sous un soleil qui castagne. J’arrive enfin à ma voiture climatisée et ma portion du lait froid. C’était une belle balade mais la lumière à cette heure de la journée est horrible et la chaleur étouffante. 
Je reprends la route vers la destination finale et mythique de cette journée, j’ai un rdv avec un roi, et pas le moindre – le roi des ailes, King of Wings ! | | | À: Jhc019 · 9 mars 2020 à 10:25 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 28 de 41 · Page 2 de 3 · 1 376 affichages · Partager Hello Iouri,
au premier lieu qui est Cox arch
Souvenirs, souvenirs...  Elle est superbe, cette arche.
Le plus déroutant est qu’on passe tout le temps à côté des tuyaux de pétrole
Plutôt de gaz (plein de compresseurs faisant un boucan d'enfer - j'avais prévu de dormir à Cox Arch), mais ça ne change rien pour ton coup de gueule. Tu n'as pas rencontré leurs "jeeps" qui sillonnent en permanence les pistes sableuses, allant d'un puits à l'autre ; la seule façon de les repérer, en sommet de butte, est de chercher le fanion coloré en haut de leur grande antenne (CB ou autre). Se trouver nez-à-nez avec une de ces "jeeps", ça fait peur. | | | À: Jhc019 · 9 mars 2020 à 13:07 · Modifié le 9 mars 2020 à 13:43 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 29 de 41 · Page 2 de 3 · 1 356 affichages · Partager Hello
Là tu parles de mes coins préférés !
Cox arch en 2015, la piste était complètement défoncée par les camions donc pas vu, mais on en a vu quelques autres sur le site d'Aztec Arches. Valley of Dream impossible l'année dernière toutes les pistes de la région étaient impraticables à la suite de la longue période de pluie. On c'est fait copieusement rincé à Bisti Badlands et le lendemain grand ciel bleu King of Wings très bon souvenirs aussi de la marche d'approche.
Mais la grosse différence réside dans le timing, pour nous un site par jour c'est bien assez.
Me réjouis de la suite de ton carnet. | | | À: Isap29 · 9 mars 2020 à 21:39 · Modifié le 9 mars 2020 à 21:57 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 30 de 41 · Page 2 de 3 · 1 313 affichages · Partager Bonsoir Alain-Pierre,
Souvenirs, souvenirs...  Elle est superbe, cette arche.
Content de t'avoir rappelé de bons souvenirs 
Tu n'as pas rencontré leurs "jeeps" qui sillonnent en permanence les pistes sableuses... Se trouver nez-à-nez avec une de ces "jeeps", ça fait peur.
Non, en effet, j'ai eu de la chance ne rencontrer personne. Un des buts de ce voyage solitaire était justement d'essayer de fréquenter le moins de monde possible, souvent c'était assez réussi de ce côté là | | | À: Glll2012New · 9 mars 2020 à 21:57 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 31 de 41 · Page 2 de 3 · 1 308 affichages · Partager Bonsoir Gilles et merci de ton message,
Là tu parles de mes coins préférés !
Cox arch en 2015, la piste était complètement défoncée par les camions donc pas vu, mais on en a vu quelques autres sur le site d'Aztec Arches. Valley of Dream impossible l'année dernière toutes les pistes de la région étaient impraticables à la suite de la longue période de pluie. On c'est fait copieusement rincé à Bisti Badlands et le lendemain grand ciel bleu
ah, dommage, pas de chance donc avec le temps  Ces zones sous la pluie, je ne l'imagine pas du tout car le sol doit devenir complètement impraticable avec l'argile sans parler des washs qui peuvent même devenir dangereux s'il pleut vraiment beaucoup
Mais la grosse différence réside dans le timing, pour nous un site par jour c'est bien assez.
Je suis entièrement d'accord avec toi: ces sites méritent qu'on s'y attarde beaucoup plus longtemps. Malheureusement deux obstacles à cela: tout d'abord quand on n'est pas encore à la retraite on est limité par les jours de vacances.  Tu me diras qu'on a qu'à ne pas mettre trop de sites différents pour le même voyage, et là je t'en donnerai encore une fois raison  . Mais par ailleurs et tout en supportant assez bien la chaleur se balader toute la journée sous le soleil qui tape si fort avec la terre blanche qui le réfléchit m'a paru difficile. Ce n'est pas Death Valley mais il ne faut pas sous-estimer le coup d'insolation qu'on peut prendre subitement. Et quand on est seul loin de tous et sans espoir de voir quiconque pendant des heures voire des jours il est plus prudent de connaitre ses limites.
Me réjouis de la suite de ton carnet.
Merci beaucoup, ça arrive mais l’écriture prend du temps comme tu le sais  sans parler des photos à choisir | | | À: Jhc019 · 9 mars 2020 à 23:01 · Modifié le 10 mars 2020 à 9:58 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 32 de 41 · Page 2 de 3 · 1 295 affichages · Partager J’ai fait des multiples recherches sur cet endroit, repéré et recoupé les infos, noté plusieurs coordonnées GPS. Tout au long de ma préparation je n’arrêtais pas à me poser la question pourquoi pour le même endroit il y a autant de coordonnées GPS que de récits sur les forums ou pages web  . Je n’ai pas trouvé de réponses mais cela vous donne une idée de la précision de ces appareils GPS... 
Je me gare et j’avance d’un pas rapide, il commence à devenir sombre, c’est le soir, j’ai pensé arriver sur le spot avant le coucher du soleil, maintenant l’objectif est de trouver le roi avant que la nuit ne tombe. Je suis en retard au rdv royal, c’est impardonnable,  j’espère qu’il est clément, ce monarque. 
Malgré toutes mes critiques sur le caractère peu pratique de mon GPS et les infos peu précises je suis bien content pour le coup de l’avoir  car ici tout se ressemble, difficile à trouver son chemin entre le sable, les badlands où parfois on devine les sentiers, les ravins et les collines:
Je marche vite, je sais que je serai obligé de revenir à la nuit tombée. Et d’un seul coup je le vois, il est là, devant moi ! 
Il est plus petit que je ne l’imaginais mais il est étonnant, ce monarque solitaire, élancé vers l’éternité et en même temps si fragile. Je m’approche, il n’est pas fâché de mon retard, il m’attendait patiemment. On papote un peu, il s’inquiète de mon retour dans les pénombres, je lui montre mon GPS, il hausse les épaules... Il est temps d’y aller, l’audience est finie. Je le quitte non pas sans toucher sa main majestueuse:
je lui jette un dernier coup d’œil en m’éloignant, il est toujours là, tout seul, le roi de son royaume mystérieux.
C’est dans les pénombres totales que je retourne à la voiture, heureusement j’ai mon GPS pour me guider.  J’ai prévu passer la nuit ici, j’allume les phares de ma Toyota et mets la tente dans la nuit noire éclairée par deux faisceaux lumineux. Je me prépare à manger vite fait, pas question de faire autre chose que les pâtes mais ça me va très bien. La nuit est très belle, il fait bien chaud, ça me change de la nuit précédente  . Je mange et m’autorise à contempler les étoiles. On pourrait se croire au bout du monde mais partout à l’horizon je vois dans la nuit les petites lucioles – malheureusement ce sont les puits de pétrole qui pompent inlassablement cette belle terre. | | | À: Jhc019 · 10 mars 2020 à 0:43 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 33 de 41 · Page 2 de 3 · 1 280 affichages · Partager Tu me tentes de partir en solo... Un tête à tête avec un roi... Pas donné à tout le monde... | | | À: Bibouns51 · 10 mars 2020 à 0:56 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 34 de 41 · Page 2 de 3 · 1 276 affichages · Partager Bonsoir Franck 
Tu me tentes de partir en solo...
Il faudra négocier avec Sandrine, et ce n'est pas une mince affaire  Au moins que tu n'utilises la méthode éprouvée - un coup de pelle et le fond de jardin 
Un tête à tête avec un roi... Pas donné à tout le monde...
J'ai mes entrées | | | À: Jhc019 · 10 mars 2020 à 9:17 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 35 de 41 · Page 2 de 3 · 1 259 affichages · Partager Bonsoir Franck 
Tu me tentes de partir en solo...
Il faudra négocier avec Sandrine, et ce n'est pas une mince affaire  Au moins que tu n'utilises la méthode éprouvée - un coup de pelle et le fond de jardin 
Un tête à tête avec un roi... Pas donné à tout le monde...
J'ai mes entrées 
   Il me suffit de préparer un circuit bien compliqué pour qu'elle décline l'invitation poliment... Mais je garde la solution coup de pelle et fond de jardin (je vois un emplacement parfait pour ça par ma fenêtre)...
Pour le tête à tête, je veux le tuyau !
A+ Franck | | | À: Bibouns51 · 10 mars 2020 à 22:14 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 36 de 41 · Page 2 de 3 · 1 206 affichages · Partager Bonsoir Franck 
Il me suffit de préparer un circuit bien compliqué pour qu'elle décline l'invitation poliment... Mais je garde la solution coup de pelle et fond de jardin (je vois un emplacement parfait pour ça par ma fenêtre)...
   Je vois que tu n'es pas seulement un rédacteur des carnets hors pair avec l'humour décalé qui me plait beaucoup mais également un fin stratège  . Mais attention: nos femmes sont capables de contrer tous ce qu'on peut inventer, c'est pour ça qu'on les aime! 
Pour le tête à tête, je veux le tuyau !
Il y a peut-être un moyen de négocier | | | À: Jhc019 · 22 mars 2020 à 23:34 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 37 de 41 · Page 2 de 3 · 1 050 affichages · Partager Le cinquième jour : Bisti
J’ai mis le réveil à 5.30, j’ambitionne à me lever tôt pour ne pas rater la levée d soleil. Le réveil sonne, je l’éteigne... et je me rendors aussitôt  . Malheureusement ça sera la grande constante de ce voyage : comme j’ai dit au début de ce récit, je suis arrivé aux US épuisé, les heures de sommeil me manquaient cruellement, et malgré toute la volonté de voir les belles levées du soleil et de faire les photos potables je n’ai réussi à m’extirper de mon sac de couchage quand le réveil sonnait qu’à des rares occasions  . Je me lève vers 7 heures du matin, le soleil est déjà haut. Après un petit dej rapide je plie la tente pour m’apercevoir que j’ai passé ma nuit entre deux fourmilières... Évidemment le soir je ne m’en suis pas aperçu. Ces bestioles sont partout dans le sud- ouest américain, je les ai vus aussi bien dans le désert qu’à la montagne.
Je mets le cap sur ma destination du jour qui n’est pas loin. C’est Bisti, encore des badlands. J’arrive assez rapidement sur place, il est déjà presque 10 heures du matin, j’ai encore raté la lumière la plus douce  .
Il n’y a qu’une seule voiture sur le parking, et je vois déjà loin les gens qui reviennent, ils se sont réveillés tôt, eux  ... Je prends beaucoup d’eau vu le soleil qui frappe fort, et je m’engage dans le wash. La première partie est franchement sans intérêt, il faut prendre son mal en patience et marcher le long de wash 30-40 minutes sous le soleil qui tape. Ensuite ça commence d'être plus vallonné et je décide de monter sur les collines à droite. Il s’avère ensuite que c’était une mauvaise idée car même si dans les ravins entre les collines il y a des choses à voir
cela prend beaucoup d’énergie, et sous le soleil cela fatigue rapidement. Je finis par revenir vers la gauche et redescendre sur la plaine.
Mine de rien j’ai pas mal avancé maintenant et commence à voir des jolies choses – je tombe sur un tas d’immenses bois pétrifiés, sur les hoodoos et autres plaisirs de badlands.
Malheureusement le soleil est à son apogée, la lumière sur les photos est cruelle  .
Je marche à la recherche du Graal de ces lieux, une espèce de nurserie pour les œufs des dinosaures. Je trouve quelque chose de semblable mais pas tout à fait. Pourtant sur le coup je suis persuadé que c’est ça. Je marque dans mon GPS un waypoint car demain il me faudra retrouver ça la nuit. Je continue et au détour d’un wash derrière les hoodoos et des pierres je tombe sur une plaine et je comprends que ce que j’ai cherché est juste devant moi ! Je suis ravi de retrouver enfin l’objet de ma convoitise.  Je renote de nouveau le waypoint pour demain et continue vers le Eagle’s nest. Je décide de faire un vaste tour pour ne pas revenir par le même chemin. Je vais jusqu’à la colline et passe par un wash à gauche, je commence le chemin de retour. Qu’il est long ! Je marche, je marche, je commence à être fatigué à marcher sous ce soleil qui cogne. J’aimerais bien m’arrêter une dizaine de minutes mais c’est plat, il n’y a pas une seule ombre, cette partie-là est vraiment dépourvu de tout ce qui pourrait faire office de pare-soleil. Je vois au loin à droite de nouvelles curiosités mais je n’ai plus de force d’y aller et de toute manière il ne me reste pas beaucoup d’eau, il est prudent de rentrer. Enfin j’aperçois à l’horizon ma voiture, qu’est-ce qu’elle est minuscule !  Les derniers trois quarts d’heure sont vraiment pénibles. Je suis content d’arriver sur le parking, je pense que j’ai fait une 15 de km sous le soleil de plomb, peut-être entre 4 et 5 heures en tout en montant et en descendant les collines et en faisant les détours. J’avale pas moins d’un litre de lait délicieusement froid et me cache dans mon auberge climatisée.
Une fois les sandwichs finis je me dis que la journée ne l’est pas encore et que Bisti comporte une zone au nord, moins vaste. Il y a une route directe mais bizarrement elle est coupée par un grillage, impossible d’y passer, je n’ai pas réussi à comprendre pourquoi.  Il faut donc faire un grand tour et passer par la route goudronnée. J’arrive sur le parking nord, j’ai eu le temps de me refroidir dans la voiture. Un coup de crème solaire et me voici à la poursuite des merveilles de Bisti. Dans cette partie il y a plus de hoodoos et de formations ailées à la King of wings.
Je me balade un peu plus calmement, j’ai encore la promenade de ce matin dans les pattes. Mais je suis content : mon accident du premier jour m’a fait craindre que je ne pourrais pas marcher autant que j’ai prévu, cela aurait complètement ruiné mon voyage centré sur énormément de ballades mais pour l’instant ça va. 
Je me promène deux heures et décide que pour une fois il serait bien de ne pas mettre ma tente la nuit et de préparer mon diner à la lumière de jour et non pas de phares de ma Toyota. Je reviens donc sur le premier parking où j’ai prévu passer la nuit. L’endroit n’est pas trop sexy, c’est un parking, hé, mais peu importe, je suis seul, il n’y a pas une âme qui vive, c’est cool  . La seule chose c’est qu’il y a énormément de vent qui a commencé à souffler, tel insolent, pendant que je me suis absenté, comme quoi, il ne faut jamais laisser rien sans surveillance  . Ça souffle tellement fort que j’ai du mal à mettre et surtout à faire tenir ma tente et suis obligé de ramasser des gros cailloux pour la lester de l’intérieur. Heureusement c’est une deux places cela ne me généra pas pour dormir. Le diner n’est pas facile à cuisiner non plus : le vent est tel que le réchaud n’arrive pas à chauffer l’eau pour cuire le riz, la chaleur est constamment emportée sur le côté ! Je pense le mettre carrément dans la voiture mais me dis que finalement c’est une mauvaise idée  et que la chaleur pourrait l’abimer. Après pas mal de difficultés et d’exercices de gymnastique où j’essaie de me contorsionner pour servir de paravent à ce maudit réchaud le riz est cuit et j’ai même réussi à me griller un morceau de viande dans la poêle. Le soir commence à tomber et le vent du coup aussi. Je m’installe donc à ma table pliante et je savoure mon diner devant la lumière déclinante et le paysage de Bisti que disparait peu à peu devant mes yeux. Je me couche tôt car demain je dois me réveiller coûte que coûte à 5 heures et ça, ce n’est pas une mince affaire ! | | | À: Jhc019 · 3 mai 2020 à 20:39 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 38 de 41 · Page 2 de 3 · 653 affichages · Partager Qui aurait pu croire que le confinement n'est pas propice à l'écriture? Moi je croyais tout le contraire, en me disant que j'aurais enfin plein de temps pour continuer et peut-être finir le carnet. Mais en fait que dalle: entre le télétravail qui n'est pas évident, les enfants avec leurs cours et devoirs à faire et qui viennent tout le temps demander des trucs, et les courses qui sont devenues galère le temps passe vite, et le carnet est laissé de côté, le pauvre . Mais bon, chemin faisant voici une nouvelle journée. 
Sixième jour: Bisti, Hope arch, Coal mine canyon, Blue canyon
Je me lève tôt, très tôt, trop tôt comme diraient les jeunes d’aujourd’hui qui confondent le qualificatif avec le comparatif (c’est trop bien - ah bon, ce n’est donc pas bien si c’est trop ? –mais non, justement c’est beaucoup trop bien, tu ne comprends rien, papa) mais c’est pour la bonne cause : je vais voir les œufs de dinosaures ou des extraterrestres et qui sait peut-être un d’eux va éclore... Je me lève dans la nuit noire, il faut que j’arrive sur place avant le lever du soleil, et j’ai une trotte à faire dans la nuit. Heureusement que je sais plus ou moins où il faut aller après ma ballade d’hier. Je ne range rien, je mets un pull et un coupe-vent - qu’est-ce qu’il peut faire frisquet dans le désert la nuit, je mets ma lampe frontale au cas où, même si elle n’éclaire pas la route, une pomme et une bouteille d’eau et me voilà parti à la recherche de Jurassic parc ou les rencontres de 3e type. 
Il n’est pas évident de marcher la nuit. On a l’impression que c’est plat mais c’est une fausse impression. Le terrain n’est pas goudronné, heureusement d’ailleurs, dans le wash il y a beaucoup de ruisseaux ou caniveaux plus ou moins profonds, c’est assez casse gueule. Il faut constamment regarder où on met les pieds et en même temps essayer de suivre la route en se repérant aux collines qui se dressent loin devant et qu'on devine difficilement dans la nuit. Je marche vite pour me chauffer, heureusement il n’y a pas de vent d’hier. C’est calme et assez majestueux, cet étendu sans limite et sans personne. 
Mon but est aux environ de 45 minutes de marche, vers la fin le ciel commence à s’éclaircir. Ça tombe bien car le chemin qui y mène n’est pas exactement tout droit et je me rends compte que dans les pénombres je me suis un peu écarté du chemin le plus court. J’arrive enfin, il est encore une fois trop tôt. Le ciel est tout claire maintenant mais le soleil se cache derrière les collines.
Je m’assois et mange ma pomme. Le soleil tarde de se pointer. Mais enfin les premiers rayons commencent à illuminer le terrain.
Je suis seul, il n’y a personne. Je commence à courir partout pour trouver la meilleure position pour les prises de vue. Cependant je suis déçu, je n’arrive pas à faire les photos aussi belles que j’ai vu sur ce forum. C’est peut-être mon appareil photo qui n’est pas un reflex sophistiqué et n’a pas d’objectif super efficace, c’est peut-être juste moi et mon manque de professionnalisme dans les prises de vue, mais cela ne le fait pas :- (.
Et le soleil qui a apparu déjà assez haut une fois sorti de derrière les collines ne fait que grimper. Ce n’est pas sympa, il ne peut pas s’arrêter un peu ? Non, rien à faire, il a un programme chargé pour la journée. Comme moi d’ailleurs, je dois partir. Je pars ravi d’avoir fait cette balade en pleine nuit, avoir vécu ce lever du soleil et passer du temps avec mes fantasmes préhistoriques mais aussi dépité de ne pas avoir fait des photos dignes de ce nom. J’ai fait un effort surhumain de me lever, par la suite je n’arriverai pas à le faire souvent, hélas, et cet effort n’a pas été récompensé  .
Je rentre vite, essayant maintenant de ne pas trop trainer sous le soleil qui commence déjà à chauffer. J’arrive, prend un petit déj. rapide, plie ma tente et me mets en route. En effet, comme le soleil, j’ai un programme ambitieux pour cette journée mais tout d’abord j’ai plus de deux cents km à faire. Je quitte donc le Nouveau Mexique pour aller explorer les terres d’ Arizona. Le paysage change une fois de plus, ça me fait plaisir de retrouver un peu de verdure 
mais cela ne va pas durer.
La route passe à côté de canyon de Chelly, j’avais pensé initialement l’inclure dans mon circuit mais finalement mon planning de la journée était déjà trop chargé. Après les courses à Chinle je m’approche de ma première destination de la journée qui est Hope arch. C’est arche se trouve sur les terres indiennes, d’ailleurs les réserves indiennes sont énormes dans ces contrées et s’étendent sur des centaines de kilomètres carrées. Les pistes qui y mènent sont bien carrossables bien qu’assez sablonneuses.
Et là je vais faire une digression qui va faire sauter au plafond les « bonnes âmes » de ce forum, mais tant pis, ce n’est pas pour elles que j’écris ce récit mais pour mes enfants et ceux qui savent sortir de clichés bien établis et de l’esprit post-68ard dépassé et le tiers-mondisme stupide (d’ailleurs on n’est pas dans un pays de tiers-monde). Oui, je sais, ce n’est pas un forum politique, on parle des voyages ici, que des voyages, je vais me donc limiter au strict minimum, je vais me censurer même, comme quoi la liberté de parole dans une société bien-pensante n’est qu’une illusion optique qu’on nous fait gober – mais est-ce c’est possible de gober une illusion ? Ou c’est également illusoire ? 
Bref, le chemin qui mène à Hope arch passe par le territoire indien. Je dis avant qu’on ne me tombe dessus qu’il y a deux ans je suis passé par le musée navajo de Monument vallée, d’ailleurs très bien fait et très instructif sur la vie des indiens, et surtout sur leur niveau de vie et des problèmes qu’ils ont au niveau d’accès à l’éducation et même aux services les plus nécessaires, genre l’électricité et l’eau potable. Je n’ignore rien de tout ça et je compatis, tout en sachant que les raisons en sont plus subtiles que les mauvais et méchants blancs et les bons et gentils indiens. Venant d’une situation très modeste moi aussi, je comprends également que dans ces conditions on ne fait pas attention à beaucoup de choses et qu’on va aux besoins essentiels. Et cependant quand je prends cette piste sablonneuse qui longe la ligne de haute tension et dont les bas-côtés sont littéralement devenus une décharge à ciel ouvert et cela sur plusieurs kilomètres je ne peux m’empêcher de penser que les histoires sur la relation sacrée entre les indiens et la nature ne sont plus que des bobards destinés à émouvoir la galerie en vendant une légende qui n’a plus rien à voir avec la réalité. Ce mythe vendu notamment par Hollywood, peut-être était-il vrai au XVIII et au XIX siècle mais il n’est certainement plus maintenant. D’ailleurs le sacré n’est plus si sacré que ça, et si un visiteur lambda ne peut pas pénétrer les parties « sacrés » des terres indiens, un voyageur un peu plus fortuné peut se le permettre aisément aussi bien à Monument Valley qu’ailleurs. Mais là, ce n’est plus propre aux indiens, c’est bien américain, it’s just a business, nothing personal... Bref, j’ai essayé de donner mes impressions et mes pensées qui m’ont envahi quand je passais par cette route qui aurait pu être sympathique mais qui de fait de ces déchets tout le long m’a dégouté  , je ne voulais pas être trop « politique » ni philosophique même si le sujet mériterait d’être développé. 
Comme j’ai déjà dit j’avais préparé ce voyage pendant de longs mois, traçant mon itinéraire et en recoupant l’information au point qu’ensuite une fois sur place j’avais parfois l’impression d’avoir déjà fait la route. Mais pas toujours... C’est le cas aujourd’hui : mon itinéraire était fait sur la base des infos recoupées sur internet qui indiquaient qu’il fallait prendre cette piste sur un certains nombres de kilomètres et se garer ensuite. L’arche devait être visible de suite. Quand les lieux que je voulais voir se trouvaient dans les endroits accessibles plus ou moins directement de la piste où il fallait se garer et ensuite marcher un peu, je ne cherchais pas les coordonnées GPS, pensant que cela était suffisant. Et généralement ça l’était. Mais là j’ai bien parcouru le nombre de kilomètres indiqué, je ne vois rien.  Pourtant toutes les indications sont bonnes... J’avance un peu encore mais la piste commence à descendre et je vois de loin un croisement avec d’autres pistes. Je me dis qu’il ne serait pas prudent de commencer à partir dans tous les sens et décide de rebrousser le chemin en sens inverse. Toujours rien. Et là j’ai une idée  qui me passe je ne sais pas pourquoi par la tête : j’ouvre mon téléphone, je vais sur le Google Maps et je tape Hope arch. Dans 5 secondes je l’ai sur ma carte, et il paraît que je suis juste à côté. Je regarde plus attentivement et en effet, elle est là ! 
C’est juste que les photos que j’ai vu sur internet étaient faites sous un autre angle, je ne m’attendais pas à la voir comme ça, et je ne l’ai donc pas vu ! Comme quoi on devient conditionné très vite... C’est comme si on vous montrait la photo d’une belle Mercedes de devant et ensuite vous la voyiez en vrai de derrière - vous ne risquez pas de la reconnaître...
Mais mon propos était autre : suite à cette (mes)aventure j’ai commencé à regarder systématiquement l’emplacement sur Google Maps des sites que je voulais voir, même les sites réputés « secrets », histoire de voir s’ils y sont répertoriés, et le plus souvent ils y étaient indiqués. Evidemment si le site est à 10 km de la piste cela ne vous donne aucun indication quant à la possibilité d’y accéder à pied ni l’itinéraire à suivre mais je me suis posé la question sur l’utilité de mon travail de préparation hardie pour les sites assez proches ou plus ou moins facile d’accès. Pour ne pas me saper le morale  j’ai fini par me dire que j’avais bien fait tout de même de me préparer  car cela m’a permis de ne pas perdre mon temps, ce qui est en partie vrai. Comme quoi on arrive toujours à se convaincre de ce à quoi on a envie de croire.
Je descends de voiture, le soleil tape très fort, il est presque midi, je prends de l’eau et j’avance. Heureusement que ce n’est pas très loin, quoique, parce que là je suis face à ce que je déteste le plus dans les randos dans le sud- ouest américain – les montées dans le sable.  Je peux grimper n’importe quelle montagne abrupte ou faire des longues marches montant sur les roches mais la marche dans le sable, même dans les faux plats, ça m’épuise énormément.
J’arrive de l’autre côté de l’arche pour voir le ciel à travers de l’arche, c’est la photo comme ça que j’ai vu et c’est pourquoi je n’arrivais pas à la distinguer tout de suite.
J’ai beaucoup de chance, je suis seul,  il n’y a personne pour m’empêcher de faire les photos d’arche sans voir les minuscules fourmis humaines à l’intérieur. Mais une fois de plus le soleil est au zénith, la lumière est cruelle et les photos sont nulles. Je monte à l’intérieur de l’arche, c’est assez pentu mais faisable. La chaleur est très forte mais que c’est paisible ! S’il n’y avait pas de lignes de haute tension on pourrait se croire loin de tout... Je redescend de l’arche et décide de continuer un peu l’exploration en m’éloignant encore un peu de la voiture mais me rend vite compte que cela ne représente d’intérêt et je reviens sur mes pas. Au retour ça redescend, c’est donc plus facile, mais j’arrive assez essoufflé à cause de la chaleur très forte. Je suis content de retrouver un peu de clim et mon déjeuner consistant comme d’hab de sandwich, du lait froid et d’une pomme.
J’aimerais bien piquer une sieste après m’être levé aux aurores mais j’ai encore un programme très ambitieux, je me mets donc en route. Ma destination suivante est Coal mine canyon, et il est selon Google à deux heures et demi de route, j’ai donc l’intérêt à me dépêcher. Je retourne sur une route goudronnée, vas-y mon vieux, l’heure tourne ! 
Pour Coal mine Canyon je n’ai pas pris de coordonnées GPS non plus, l’endroit étant censé être facile à trouver. Et bah, croyez-moi ou pas, je tourne pas au bon endroit,  cela ne doit pas être ma journée... Pourtant rien n’est perdu : en fait j’ai tourné trop tôt et du coup me suis retrouvé sur l’autre rive de ce canyon. L’accès au bord du canyon y est moins aisé que sur l’autre rive, tout au moins en ce qui concerne l’accès en voiture le plus près du bord, autrement on peut bien sûr se garer et marcher, mais je n’ai plus de temps pour ça. Par contre je suis en fin d’après-midi et le soleil ici tape dans le dos ce qui permet de mieux voir le canyon même si je ne suis pas trop près. Image attachée: Photo postée par le membre Jhc019. | | | À: Jhc019 · 4 mai 2020 à 9:04 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 39 de 41 · Page 2 de 3 · 616 affichages · Partager Bonjour. Même impression que toi au sujet des puits et odeur de gaz. A Fantasy Canyon j'ai hésité a allumer mon réchaud pour prendre un café, j'ai eu peur de tout faire péter : une forte odeur de gaz planait dans le canyon. On va bientôt trouver des panneaux : Veuillez ne pas marcher sur les tuyaux svp. Bonne journée. Jacques. | | | À: Simonic · 4 mai 2020 à 10:05 Re: Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis Message 40 de 41 · Page 2 de 3 · 610 affichages · Partager Bonjour Jacques  et merci de ton message. Ah oui, cela aurait été un feu d'artifice geant et intéressant, le problème que tu n'en serais probablement pas sorti tout entier  . Heureusement dans les endroits où je suis passé je n'ai pas eu ça mais il est vrai que les tuyaux sur des kilomètres, les stations de pompages, les compresseurs qui vrombissent, tout ça force à penser à ce qu'on fait à cette terre et comment elle va nous répondre - et actuellement avec cette pandémie on a un bel exemple de ce que la nature peut faire à une société prétendument post-industrielle, au seuil de l'intelligence artificielle, une société de l'homme consommateur tout puissant et fier de l'être. C'est une piqure de rappel à l'humilité quand un nano-virus met la moitié de la planète en arrêt. C'était nécessaire, très dommage qu'on a eu besoin des centaines de milliers de morts pour se rendre - peut-être - compte que cela devient impossible de continuer comme ça. Mais quand je vois la pression des US sur l'Arabie Saoudite pour reduire la production de petrole afin que l'industrie petrolière américaine puisse continuer à pomper contre toute raison (les stockages sont pleins) je me dis que probablement je suis trop optimiste sur la capacité humaine de tirer les leçons de quoi que ce soit... | Carnets similaires sur les États-Unis: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 469 visiteurs en ligne depuis une heure! |