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Les premiers jours

Au bar entre deux zincs, à l'escale de Johannesburg, trois douzaines de beaux bébés dans l'uniforme de leur université sont attablés par quatre. Nul doute qu'ensemble, sur la pelouse, ils forment un pack redoutable et qu'emmêlés ils ne font qu'un mais ici ils sont regroupés par couleur, les Blancs et les Noirs, formant presque un damier, comme s'ils étaient à nouveau adversaires.

Près de l'aéroport du Cap le mur d'un township proclame «Islam, the way of life». Les habitants de ce pays ont déjà payé un lourd tribut à une première idéologie, qu'on leur épargne les errements d'une seconde!

Dans le centre de Stellenbosch une Ferrari découvrable est arrêtée par un flot de piétons Noirs. Le gamin blond fait piaffer les cinq cent chevaux, emballe le moteur et la blonde qui l'accompagne d'un même rugissement. Ce n'est pas une Testarossa mais elle est rouge et la testostérone est bien là. Il n'y a pas si longtemps ils étaient en danger sur les trottoirs, ils sont aujourd'hui protégés par des bandes blanches peintes au sol mais une année de travail de la trentaine de personnes qui ont immobilisé le bolide ne leur suffirait pas pour l'acquérir.

Pour se rendre au restaurant les femmes revêtent volontiers des tenues seventies, robes longues à fleurs et cascades de boucles qu'on dirait faites au fer tandis que leurs hommes, cow-boys musculeux, semblent mal à l'aise dans leur habit de ville.

Avontuur est un vignoble dont le restaurant réputé vous assure qu'il est votre home away from home. On y élève également des chevaux de race. Ce qui est certain c'est que leur sauvignon blanc dénommé Sarabande est à la hauteur: sarabande des papilles avec le premier verre puis des neurones avec le second, quant au troisième... Nous en achetons une caisse pour le stock de survie lors de la traversée du Kalahari.

Aux carrefours des Noirs travaillent, remontant d'un pas rapide les files de voitures en proposant toutes sortes d'objets tandis que des Blancs muets, figés, comme statufiés ou interloqués par leur destin, quémandent en tenant devant eux une pancarte.

De la maison que nous occupons à l'est de False Bay nous saluons le soleil qui disparaît derrière la péninsule du Cap. La succession de pics et de chaînes forme un message enflammé en morse .. ..- ….. .-- Une baleine solitaire, insouciante ou optimiste, forme avec sa queue le V d'une victoire que nous savons incertaine. Sur la grève, la silhouette noire d'un Blanc en ombre chinoise. Plus tard, remplaçant le message géant, le télégraphiste posté au phare du Cap de Bonne Espérance, envoie le premier signal d'un message humain poursuivi par la suite des éclairages côtiers. Des bouées lumineuses et silencieuses signalent les récifs aux sirènes et, dans la nuit, font scintiller l'écume.

Je raffole du full english breakfast et des amis nous ont préparé une surprise: un full south african breakfast. De quoi retourne-t-il? C'est très simple, il suffit de remplacer les œufs par un œuf... d'autruche!

Quelle ancre ou quel grappin me lie ici?

Un festival de baleines

A Hermanus se déroule début octobre le Whale Festival que nous laissons passer avant de nous y rendre: nul besoin de nous alors que chaque année cent mille personnes s'y rassemblent sous prétexte d'observer les baleines. Nous arrivons le lendemain et partageons avec quelques dizaines d'observateurs le festival d'une petite compagnie de baleines évoluant le plus souvent par deux, mère et petit. Tantôt la paire nage de concert, lentement, la mère avitaillant le petit qui peut téter jusqu'à six cent litres par jour, tantôt c'est concours de sauts et de galipettes. On reste là des heures, silencieux, émus. Et si les baleines et non la lune étaient à l'origine des marées? Basses lorsque les baleines s'envolent, hautes lorsqu'elles plongent. Une femme en formes s'installe sur les rochers entre les observateurs et les artistes donnant ainsi une utile échelle. Alentour, elle n'est pas le seul mammifère terrestre, émule ou mutant, qui porterait avantageusement des baleines.

Oasis

C'est notre première nuit dehors et c'est dans le Cederberg à Oasis backpackers & camping, ambiance de refuge de montagne et adresse la plus baba du coin. Gerrit, le propriétaire est d'une gentillesse inhumaine et nous propose un emplacement de rêve entouré d'orangers en fleurs. A l'abri des maisons, nous n'avions pas réalisé que la lune était pleine (depuis qu'elle ne fait plus les marées, elle se contente d'effacer les nuits) et nous ne sommes pas les seuls: deux zombies traversent le camp lampe frontale allumée mais inutile. Une dizaine de motos a déversé le double de fêtards qui font bombance au son de standards californiens surannés. A six heures du matin ils entonneront un tonitruant happy birthday pour l'une d'entre eux. Il va falloir s'enfoncer un peu plus avant dans le bush pour l'entendre. Ce que nous tentons le lendemain par une piste qui traverse la Doring River. Six mois de l'année elle est infranchissable mais Gerrit dit que, peut-être, elle l'est à nouveau et qu'il faut aller voir: soixante mètres d'un gué rocailleux et jusqu'à un mètre de profondeur, nous n'allons pas provoquer Neptune au début du voyage.

Lire ou camper

Lire en plein-air à la nuit tombée est mission impossible. A l'ancienne, je lis un livre de papier éclairé par une lampe frontale: c'est la danse de St Guy d'insectes suicidaires dans le faisceau, des petits malins s'essayant même à remplacer des mots. Ma Co lit dans le siècle sur une Kobo: des insectes malicieux en effleurent l'écran tournant ainsi les pages; lisent-ils plus vite qu'elle?

Wupperthal

Dans le désert qu'est le nord du Cederberg, de part et d'autre de la piste apparaissent soudain des chaumières chaulées, impeccablement alignées. On dirait un village construit par les Boers au XIXème siècle mais quelque chose cloche, l'impression que jamais des Blancs n'ont habité là, or, on ne construisait pas ainsi pour les Noirs. Le village est aujourd'hui occupé exclusivement par des métis; nous le quittons avec un mystère de plus. Au débouché d'un col, une réplique, plus vaste, occupe le flanc opposé, des lignes impeccables de maisons blanches et basses partent d'une large rivière à l'assaut de l'escarpement. Il y a près de deux siècles, deux missionnaires allemands se sont installés ici avec quelques familles de Khoisans (une des deux ethnies occupant cette région). Vingt ans plus tard, profitant de l'abolition de l'esclavage, d'autres familles les rejoignent. Elles sont aujourd'hui quatre cent vivant et travaillant sur une ferme de sept mille cinq cent hectares toujours propriété des missionnaires. On cultive légumes et rooibos sur les limons tandis que les moutons courent la montagne. Sur de longues tables, on vient justement de débiter deux agneaux à l'unique magasin général du village qui n'a guère changé depuis sa fondation, je prends mon tour dans la file. Le rooibos est transformé dans un petit atelier non seulement en infusions mais en savons et autres shampoings et lotions tandis que le village s'enorgueillit d'héberger la plus ancienne «usine» du pays, une fabrique de chaussures. Une demi-douzaine d'artisans y confectionne sandales et autres brodequins dans tous les cuirs dont regorge le pays. Peut-être leur manque-t-il un styliste. Voilà pour la belle histoire; difficile de savoir si c'est un bon modèle, si les missionnaires furent de meilleurs propriétaires que d'autres ni si les fermages étaient seulement payés en présence à l'office dans l'église surdimensionnée.
KA KaniBé Veteran ·
Un début prometteur....et Henning M. en profite (ou son éditeur) pour sortir "Une main encombrante"... A chaque jour suffit sa peine 🤪 Good trip
Quelques images sur https://www.flickr.com/photos/jean37/albums
MA Magryelle Regular ·
Oh que j'aime te lire! Comment fais tu pour manier si bien le verbe ? C'est du pur bonheur! 🙂
mayrig
KO Kola Globetrotter ·
Quelle ancre ou quel grappin me lie ici?

Une ancre qui n'immobiliserait pas, et se jetterait à chaque voyage un peu plus loin, un peu plus profondément, ramenant du large ces instantanés colorés captés juste avant que le temps qui passe ne les efface. Billets d'humeur et états d'âme qui balancent entre légèreté et mélancolie... ... que tu déposes ici l'encre à peine séchée.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Et c'est parti pour une belle prose sur un nom moins magnifique voyage en Afrique Australe

Manque juste un soupçon de photos 😇

Bon voyage
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MA Madikéra Globetrotter ·
Bonjour,

Que ces premiers jours donnent envie de lire la suite... peut-être accompagnée de qqs photos.
MA Max68 Globetrotter ·
Si le pays est aussi beau que la prose est belle ... on veut aussi y aller 🙂🙂🙂
https://apprentisvoyageurs.com
EM Emma78 Veteran ·
Quel bonheur, Jean-Luc est de nouveau en voyage ... où (😊) en Afrique australe bien sur.

Toujours le même plaisir de lire ses mots qui nous transportent à 6000km de la grisaille parisienne.

J'attends la suite avec grande impatience ... 😎

Avec quelques photos 😛
Emma

http://www.manuetjc-tribulations.com
AI AirOne Globetrotter ·
Je remonte trop tard des abysses, il est déjà reparti ! 😠

Nous en achetons une caisse pour le stock de survie lors de la traversée du Kalahari.

J'aime tes conseils pratiques, précis, concis et utiles. Une caisse pour le Kalahari donc...pour 2 c'est ça ?..Donc 2 caisses pour 4... voilà, c'est noté, pour Moremi/Chobe et le KTP, c'est du même ordre je suppose ? Me demande bien où je vais fourrer toutes ces caisses de jaja moi?🏴‍☠️ Dur l'aventure...dur...

Tu démarres bien comme d'habitude. Contrairement à une remarque faite plus haut, je ne suis pas sûr que les photos te soient vraiment indispensables, la succession d'image que tu nous écrits se suffit à elle même.🙂
Erwan La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
MI Michel85200 Globetrotter ·
Bonjour,

Sur les traces de Voyajou...

Hermanus, Cederberg...Tu n'as pas vu un couple de blonds dans un Fortuner recouvert de sable ?

Oasis backpackers & camping...Moi qui pensais te tenter avec les photos du camping du Mount Ceder à quelques kilomètres.

Si c'est celle à laquelle je pense et que l'on trouve aussi sur le site mountain passes...c'est un sport nautique...

Wupperthal par la piste 4x4 Majestirivier ?

Bon voyage
michel85200
VO Voyajou Globetrotter ·
Le dernier Mankell: un bon cadeau pour Noël bien qu'il ne se déroule pas en Afrique.😊
VO Voyajou Globetrotter ·
Comment fais tu pour manier si bien le verbe ?

Et pas les adjectifs? Sans parler des conjonctions et de la ponctuation sauvage.😏
PI Pierre77N Globetrotter ·
Sortis des sables ? 😉
VO Voyajou Globetrotter ·
Une ancre qui n'immobiliserait pas

Une ancre flottante qui permettrait d'éviter les filets dérivants?
VO Voyajou Globetrotter ·
Merci Régis.

Manque juste un soupçon de photos

A ce jour, je n'ai pris des photos qu'une seule fois en deux semaines, à Wupperthal et je n'ai pas regardé ce qu'elles disent; celles de l'excellent carnet de Michel le vendéen😉 donnent un aperçu des lieux.
VO Voyajou Globetrotter ·
peut-être accompagnée de qqs photos.

Madi, toi qui ne connais pas encore le pays, si je te montre tout, pourquoi y venir?😇

Je lisais à l'instant ce mot du fondateur du Kgalagadi Cheetah Project se souvenant de ses premiers pas dans le Kalahari, il y a longtemps: "It was my first view of the Kalahari and, although I had seen many photographs of the landscape, no photo can convey the beauty and atmosphere of this region at sunrise"

Mais, promis, si je tombe sur une gourmandise exceptionnelle et photogénique je la prendrai pour toi.😉
VO Voyajou Globetrotter ·
Si le pays est aussi beau que la prose est belle ... on veut aussi y aller 🙂🙂🙂

Deux océans (et un vin du même nom😉), des déserts et des cultures industrielles, assez de peuples pour que la question de la race soit l'épine dorsale de la vie publique: les USA? Ajoutons des baleines et des éléphants: South Africa! Ce pays est non seulement beau, il a une beauté intérieure.
VO Voyajou Globetrotter ·
Toujours le même plaisir de lire ses mots qui nous transportent à 6000km de la grisaille parisienne.

Ah Emma, nous sommes plus éloignés que cela, hélas.😏 Mais, toujours privé de girafes, je remonte vers le nord.
VO Voyajou Globetrotter ·
Me demande bien où je vais fourrer toutes ces caisses de jaja moi?

Chobe/Moremi c'est moins sec, tu peux diviser par deux.😏 Tu connais cette nouvelle folie du geocaching? Je vais ensabler une bouteille d'Avontuur dans le Kalahari et en fournirai les coordonnées. Ne dit-on pas que les Sans constituaient des réserves d'eau dans des œufs d'autruches cachés dans le sable?
VO Voyajou Globetrotter ·
Sur les traces de Voyajou...

Si je comprends bien, c'est nous qui avons suivi quelques semaines plus tard, en partie les mêmes routes que vous. Nous sommes bien arrivés à Wupperthal par la même piste compliquée que vous. Mais nous avons quitté votre arc de cercle Le Cap-Joburg à Upington vers le Kgalagadi. C'est sympa de nous raconter ton quatorzième voyage par ici (mieux vaut tard que jamais😉)
VO Voyajou Globetrotter ·
Sortis des sables ? 😉

Disons entre deux sables!😉 Première épreuve réussie (la piste de Nossob à Mabuasehube dans le KTP). Ce soir, la plus belle carte de gibier du secteur (mais il ne faut pas le dire à Max😏) et demain, soit Maun direct (avec en option une boucle Central Kalahari nord par Tsau Gate) soit le Central Kalahari par Xade.

Quelle différence y a-t-il entre les gnous et nous? Les gnous savent où ils vont et pourquoi.
DO Dolma Globetrotter ·
Te voilà donc une fois de plus en Afrique 😮 ! Et oui, quand on aime... etc. etc.

L'ignare que je suis ne comprend toujours rien à vos échanges entre connaisseurs mais c'est sans importance puisque je me régale avec tes "instantanés", même si -je te l'ai déjà dit- j'ai quelques difficultés à tout piger 😏 !

Enfin, pour mettre mon grain de sable dans le débat qui oppose certains ici 🙂 tes mots valent toutes les photos du monde, c'est donc très bien ainsi.

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MI Michel85200 Globetrotter ·
Merci du compliment !

Bonne route
michel85200
AT Atila Globetrotter ·
Première épreuve réussie

Si tu as besoin d'un coup de main pour te sortir d'un mauvais pas, on vient de me livrer la dépanneuse...

MA Madikéra Globetrotter ·
Bonjour,

J'aime découvrir à l'avance les possibles d'un lieu. Ce sont d'ailleurs souvent des photos qui sont à l'origine de certains objectifs de voyage...

Par exemple, en 2008 quand l'idée première d'aller en Argentine émerge, je découvre des photos du Cerro Hornocal et là l'envie naît. En 2010, premier voyage mais finalement ce sera en Patagonie et non au nord. Mais j'ai regardé des dizaines de photos et l'envie est toujours puissante. C'est finalement elle qui nous motivera à repartir en Argentine en 2012 et à bâtir tout un voyage autour...

Quand je regarde des photos ou des films d'un lieu, j'ai conscience que c'est un aplat de la réalité en mode succédané faiblard. Voir bcp d'images me permet de commencer à constituer une image mentale. Cette image développe ma motivation à réellement partir découvrir en vraies dimensions, volumes, couleurs... Donc, les photos vues avant ne me gâchent en rien la vraie découverte. Au contraire, elles en sont souvent le point de départ. Je serai triste que les photos m'aient plus émerveillées que la réalité. Cela ne m'est guère arrivé avec des lieux naturels.

C'est pour cela que je photographie bcp et mets en ligne des photos dans mes carnets. Mes aplats me servent aussi de raviveur de mémoire...

Au fil des ans, de plus en plus de lieux entrent dans la liste des "Je n'irai jamais...". Donc, je voyage en ces lieux uniquement au travers des récits des autres. Leurs images m'aident à m'y croire et à me donner l'impression d'un presque voyage... Les lieux dont tu parles, sans avoir intégré cette liste, en sont en bordure...

Je me contenterai des gourmandises... Tant pis 😉
BO Bolobolobolo Veteran ·
Sortis des sables ? 😉

Disons entre deux sables!😉 Première épreuve réussie (la piste de Nossob à Mabuasehube dans le KTP). Ce soir, la plus belle carte de gibier du secteur (mais il ne faut pas le dire à Max😏) et demain, soit Maun direct (avec en option une boucle Central Kalahari nord par Tsau Gate) soit le Central Kalahari par Xade.

Quelle différence y a-t-il entre les gnous et nous? Les gnous savent où ils vont et pourquoi.

Salut Jean Luc,

Si je comprends bien, tu te diriges gentiment vers Kasane, de la soit Kazungula / Zambie soit Zimbabwe / Zambie.

Je serai à Livingstone (Maramba) du 27 après midi au 30 au matin (elephants, crocos et hippos au petit déjeuner, même la dernière fois éléphant tous les matins dans le campsite, compris crottes devant la porte du Land).

On y mange correctement..

Bonne suite / A+
Le bonheur commence où le bitume s 'arrête et ....quand on est plus de quatre on est une bande de c... (Georges Brassens)
CH Chandini Veteran ·
Bonjour,

Je peux poser une question d'ignorante en la matière ?

Ce soir, la plus belle carte de gibier du secteur

Tu parles de chasses ? Tu chasses ?
PI Pierre77N Globetrotter ·
C'est la carte du resto du Thakadu Rest Camp.

Le "gibier" ou "game meat", c'est la viande de diverses antilopes qui est en vente dans les supermarchés et sur la carte des restaurants là-bas. Souvent de l'élevage en fait.
CH Chandini Veteran ·
Merci pour ta précision !
VO Voyajou Globetrotter ·
Vu l'allure de ton véhicule de secours on va faire comme suit: tu te postes où tu veux et je te ferai le coup de la panne à proximité.😊
VO Voyajou Globetrotter ·
Salut Eric,

Repartons ce jour dans le Central Kalahari, puis les Pans et Kubu Island. Ensuite se dessine un tour complet du Zimbabwe (dans le sens anti-horaire) notamment pour aller jusqu'à Gonarezhou NP à l'extrême sud-est du pays. Si tu es vers Mana Pools autour du 5/10 novembre, peut-être; on se tient informés par tel.
VO Voyajou Globetrotter ·
Oui je chasse! Les émotions! (j'ai eu chaud😇)
CH Chandini Veteran ·
Oui je chasse! Les émotions!

Cette ponctuation me déroute sur le sens...

Émotions de chasseurs 😕 ou chasseur d'émotions 😊 🙂 ?

Mais je crois deviner pourquoi tu as eu chaud. Ça serait donc chasseur d'émotions ?
VO Voyajou Globetrotter ·
Relâche

A Upington, mother town du désertique Northern Cape occidental on peut acheter un tracteur agricole et un service en cristal, un menu Spur ou un souper fin. Au retour du Kalahari nous ne manquons jamais d'y passer deux nuits de réconfort et retrouvons, année après année, Stéphanie et sa guesthouse qui surplombe l'Orange River. Sans que jamais nous ne réservions, par quelle magie la chambre dont la vaste terrasse donne sur le fleuve est-elle toujours libre? Cette année la boucle est inversée mais deux jours dans les bras généreux de l'Orange ne se refusent pas avant les rigueurs du Kalahari où, nous dit Stéphanie, il fait plus de quarante degrés ces jours-ci. Il faut bien aussi embarquer, pour la voiture et son équipage, de quoi tenir un moment ou plus. Des gamins lancent un feu d'écobuage sur l'île qui nous fait face; veulent-ils nous enfumer? Raté, le vent éloigne les fumées. Les joncs crépitent dans des gerbes d'étincelles et forment de hautes flammes rouges et noires, les enfants ont détalé par un banc de sable. Nous sommes protégés par la douve que forme le fleuve. Le soir, le pont qui relie la ville au sud est surplombé de trois feux verts qui se reflètent dans l'eau et semblent des phares. Mais il manque le rouge: ces gens-là ne sont pas des marins.

Sous l'arbre

Le bâtiment à l'entrée sud du Kgalagadi Transfrontier Park est de forme circulaire et occupé, à l'ouest par les autorités sud-africaines, à l'est par celles du Botswana. Avant de quitter l'Afrique du Sud je souhaite m'assurer qu'il est possible de passer une nuit au camp de Matopi qui est un emplacement exclusif dans la partie botswanaise du parc. Un garçon qui semble plus avoir été touché par la foudre que l'avoir inventé s'en va téléphoner et revient avec une feuille embrouillée: Matopi est complet mais. Nous pouvons donc y camper? Non, mais... La chef de service arrive à la rescousse (elle devait suivre depuis son bureau en retrait des guichets), écoute sans broncher mon ode à Matopi et tranche : vous pouvez y camper, s'il y a déjà quelqu'un vous vous mettez sous l'arbre. Je ne demande pas mon reste ni de quel arbre il s'agit et l'observe, reconnaissant, remplir le précieux sésame.

Et au milieu coulait la rivière

La Nossob River, le plus souvent totalement asséchée, dessine la frontière entre l'Afrique du sud et le Botswana et c'est dans son large lit que se déroule la piste est du Kgalagadi Transfrontier Park. Côté sud-africain les campeurs sont accueillis dans trois camps étriqués, sans charme, grillagés et souvent bondés, côté botswanais, juste sur l'autre rive nous allons passer la nuit dans un espace exclusif sans commodités mais distant de cent mètres des deux autres emplacements et non grillagé (c'est-à-dire que les animaux restent chez eux chez nous). De loin, on aperçoit un drôle de paquet posé sur la piste; un manteau? Personne n'en porte! Une descente de lit? Ce serait incongru! C'est un félin, un guépard... non, un léopard! Sur son erre, la voiture s'immobilise à son côté, il ne bronche pas. Il respire régulièrement et semble dormir profondément. Je suppute une histoire de gazelle, soit qu'il la digère, soit qu'il en rêve. Après un moment -j'ai presque fini de compter ses taches- il ouvre un œil, pupille immobile, puis le referme. Pas un muscle n'a frémi mais les connexions sont en marche genre mais qu'est-ce que je fais là, couché à deux mètres des roues d'une voiture et qui sont ces gens qui chuchotent. Soudain, d'un seul bond vrillé il disparaît derrière le talus.

Sous l'arbre, la suite

La piste qui mène de Nossob à Mabuasehube est longue de deux cent kilomètres de sable. Elle commence en sinuant entre les acacias, franchissant des dunes parfois abruptes mais surtout c'est de la tôle ondulée, régulière, sans concessions. La voiture, les équipements et l'équipage souffrent. Qui des fixations ou des articulations est le plus à plaindre? Si on reste à 30 km/h, on prend les chocs brutalement, on n'a pas d'élan et l'avancée n'en finit pas. A cinquante, on efface en partie les chocs mais c'est un combiné de gymkhana, de bobsleigh et de montagnes russes. Après trois heures en option deux nous arrivons à Matopi 1 et le camp est occupé par deux équipages amis qui ont déployé une petite ville éphémère: ces gens-là sont des pionniers. Les femmes devisent sur des lits de camp, appuyées sur un coude, comme elles le feraient sur des sofas. Je m'enquiers de la possibilité de l'arbre et ce sont quatre grands sourires de bienvenue qu'on me renvoie. L'arbre est à cent mètres, derrière une dunette. Dans le tiroir, les deux oignons sont pelés par les vibrations; le vin blanc aura-t-il des bulles? J'ai commandé un œuf d'autruche pour le breakfast et deux autruches arrivent, dignes dans leur livrée noire. Hélas, ce sont deux mâles, qui ne sauraient donc pondre mais me signifient que je n'ai qu'à aller m'en faire cuire un. Pour ne rien arranger, Maître Calao sur son arbre perché, cet oiseau de malheur, entonne son chant qui ressemble au bruit d'un moteur qui refuse de démarrer.

Bostwan'hardware

Le fond du tiroir qui tient lieu de garde-manger et de vaisselier se gondole au point de ne plus s'ouvrir mais ce n'est pas drôle avant d'entamer le Central Kalahari. Il me faut trouver une planche de contreplaqué et la première ville susceptible d'en dispenser est à trois cent kilomètres. Le troisième magasin de hardware sera le bon il me faut une découpe de 68X98 mais je dois acheter le panneau complet de 122X250. Reste à le débiter à la scie manuelle dans la cour de l'entrepôt. Trois des gars qui étaient assis et, pour l'un d'entre eux, allongé sur la pile de feuilles de contreplaqué (c'est pour empêcher qu'elles gondolent)sont à la manœuvre : déstockage de la planche ad'hoc, prise de côtes, tracé puis sciage. Au moment d'ajuster l'emplâtre sur le fond du tiroir qui n'en mène pas large, elle est trop courte de dix centimètres. Après enquête, il s'avère que le mètre-ruban est quasiment effacé dans la zone entre 80cm et un mètre. Ils proposent de recouper puisque j'ai acheté la plaque entière. Je décline, il fait 40° dans la cour. Je fixe la chute dûment recoupée sur la galerie, ça me fera un toit tropical comme Land Rover en faisait autrefois. Reste à trouver un établissement susceptible de posséder une pince à rivets et des rivets, une perceuse et des mèches pour assembler la planche à l'aluminium. Après plusieurs échecs j'atterris chez le réputé Kalahari Canvas, fabricant de tentes, espérant que Stephen, le chef d'atelier qui nous avait confectionné une bâche sur mesure en 2008 me sortira de là. Il a une perceuse et une pince à rivet et nous voilà dans l'atelier, cinq personnes au chevet du tiroir récalcitrant. On ne retrouve pas la perceuse et on finit par apprendre qu'elle est de sortie avec un employé en dépannage à l'extérieur. Personne ne sait quand il reviendra. Le patron sort sa perceuse personnelle d'une caisse aux airs de coffre-fort. La mèche est d'un diamètre inférieur à celui des rivets et il faut aller chez le voisin pour emprunter la bonne... qui se révèle un peu courte; pas grave, on perce par les deux faces en espérant tomber en vis-à-vis. Six trous percés, assemblons. Et un et deux et quatre rivets. Il n'y a plus de rivets à la bonne dimension, trop courts ou trop larges. Le voisin est à nouveau mis à contribution. Une heure et demie plus tard l'affaire est entendue et l'équipe au complet suit, comme en procession, le tiroir jusqu'à la voiture. Calmes mais tendus, on regarde la mise en place. La voiture est légèrement en pente vers l'avant et le tiroir ne demande pas son reste, il glisse comme jamais au fond de son logement. Rires, congratulations et bières. La bonne volonté, l'enthousiasme de tous ces gens-là, s'ils disposaient d'équipements, feraient des merveilles.
AT Atila Globetrotter ·
La dépanneuse aura en charge le secteur Kaa Polentswa le 17 février. Tu me reconnaîtras facilement : j aurai une grande cornette blanche sur la tête et des citrouilles à mes côtés.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Le voyajou n'est pas partageur, il nous fait bien saliver sur la guesthouse à Upington mais il se garde bien de révéler le nom de l'endroit enchanteur 🤪

Mais merci pour tous ses beaux mots .... This is Africa
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
BO Bolobolobolo Veteran ·
Re...

Si j' avais été dans le secteur lors de l' épisode de la planche, j' ai la perceuse et la bonne mèche, ainsi que la pince à rivets et les rivets dans mon camion.

En revanche, je dois être nullard par rapport à toi sur le plan cigares, vins et spiritueux...

Mais je ne pense pas que tu t ' en étonnes...

A+
Le bonheur commence où le bitume s 'arrête et ....quand on est plus de quatre on est une bande de c... (Georges Brassens)
KA Kate Globetrotter ·
Moi, je n'ai rien à dire d'intelligent. Ni de marrant d'ailleurs... Mais je suis là et je me régale 🙂
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
KA KaniBé Veteran ·
C'est l'essentiel😉. D'ailleurs comme le chante si bien Môrice Bénin, "si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence, alors TAIS-TOI"..... (Beaucoup devrait s'en inspirer, ici ou ailleurs !!!🤪 mais pas toi, Voyajou ! )
Quelques images sur https://www.flickr.com/photos/jean37/albums
LA Lacalo Globetrotter ·
Je découvre aujourd'hui ce nouveau carnet et j'ai toujours autant de bonheur de te lire...🙂
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
RI Rivièrefox Globetrotter ·
Salut Jeaun, Je viens de découvrir ton nouveau carnet et je l'ai parcouru d'une traite si ce n'est qlq poses pour sourire et imaginer la scène !

Une heure et demie plus tard l'affaire est entendue et l'équipe au complet suit, comme en procession, le tiroir jusqu'à la voiture.

🙂 😏

La bonne volonté, l'enthousiasme de tous ces gens-là, s'ils disposaient d'équipements, feraient des merveilles.

Tu as mis le doigt dessus ! L'enthousiasme, surtout , qui fait si souvent défaut dans nos régions ! Bon périple ! 😎
Michelle
PE Perju Globetrotter ·
Moi, je n'ai rien à dire d'intelligent. Ni de marrant d'ailleurs... Mais je suis là et je me régale 🙂

Moi, je suis tapi dans l'ombre .... j'attends les premières pannes du Land et là, je me régale ...😉 J'ai eu un mince espoir.... mais ce n'était qu'un tiroir 😕
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
PI Pierre77N Globetrotter ·
Moi, je suis tapi dans l'ombre .... j'attends les premières pannes du Land et là, je me régale ...😉 J'ai eu un mince espoir.... mais ce n'était qu'un tiroir 😕

😏😏😏
VO Voyajou Globetrotter ·
Barnum

La ville est sillonnée de pick-up couverts d'affiches et armés de haut-parleurs (là où on place aussi les mitrailleuses) qui diffusent en setswana et en boucle, entre le prêche habité et l'annonce de la représentation d'un cirque ce soir dans votre ville. Les affiches de certains candidats, veste orange et cravate à pois pour l'un tandis qu'un autre se présente comme « le lion de Maun » alors que sa morphologie évoque plutôt l'éléphant, et qu'un troisième parti a pour emblème une vache accentuent la confusion. C'est la campagne pour les élections nationales et, outre les véhicules des écuries, les taxis et les arbres (on leur a promis la pluie) couverts d'affiches vantent l'immense avantage qu'il y aurait à apporter ses suffrages à l'un ou à l'autre ; la chanson est connue, union, démocratie, changement. Au matin, de notre camp situé dans un village nous entendons les éclats d'un discours mais, lorsque nous arrivons, le barnum remballe. Le candidat s'installe en toute simplicité à l'arrière d'un monstrueux 4x4 américain noir aux vitres teintées immédiatement suivi par un pick-up dont la benne est pleine de nervis puis par les limousines de quelques dignitaires, les femmes n'étant pas les moins remarquables, la piétaille suivant dans une centaine de voitures nettement moins flambantes mais ça va changer. Observons qu'au Botswana aussi on sait remplir les salles. Au passage du convoi j'insère la voiture (ben quoi, elle est noire aussi) parmi celles des dignitaires et affiche une mine de supporter. Du fait de notre position haute, les nerveux sur leur pick-up perchés nous surveillent jusqu'au moment où la tête du convoi oblique dans un chemin de terre. Fin de campagne pour nous.

Le bar des oiseaux

Dans le Central Kalahari, et plus encore à la saison sèche, il arrive qu'on rencontre peu d'animaux ; ceux qui se nourrissent d'herbe et de feuilles ont gagné des pâturages plus accueillants et ceux qui les mangent les ont suivi. Si l'on est trop en manque- faute de grives, on mange des merles- on peut se rattraper au camp avec un artifice enfantin. Découpez le fond d'une bouteille en plastique que vous ensablerez pour éviter qu'il ne soit renversé puis versez dix centilitres d'eau prélevés sur votre ration (vous vous rattraperez sur la bière), pas plus au risque de mettre en péril le très fragile équilibre de l'écosystème unique qui vous accueille. En moins de temps qu'il n'en faut pour convoquer une rave d'enfer via les réseaux sociaux deux douzaines d'oiseaux de quatre espèces différentes se retrouvent au bar éphémère. Ils arrivent par groupes d'amis, jouent des ailes pour s'accouder, quelques coups de bec fusent puis chacun sait à quoi s'en tenir. Certains passent plus de temps à se chamailler qu'à se désaltérer. A six heures du matin ce n'est pas du tout la même faune et, de ma fenêtre, j'observe une bande de fêtards, plastrons jaunes et jabots rouges, qui s'en jetteraient bien un dernier mais quand est-ce qu'il ouvre? J'arrive, j'arrive. Un gros noir couvert de bleu (videur de son état?) attend son tour puis c'est la petite foule des habitués anonymes. Deux rapaces (goshawk?) observent la scène de la cime d'un acacia : il va falloir que j'agrandisse l'établissement. Un lion sur le retour s'annonce : non monsieur, ici on ne sert que les oiseaux. Vous avez dit anthropomorphisme ?

Magic Boteti

Nous n'avons pas vu beaucoup d'animaux dans le sud du Kalahari en cette fin de saison sèche et roulons vers le Makgadikgadi NP gorgés d'espoirs. Que le ferry sur la Boteti River qui permet d'éviter un long et inintéressant détour soit en service à Xumaga (lors de nos deux derniers passages il était hors service pour des raisons africaines), qu'un génie ait créé un lieu accueillant où passer les heures chaudes avant le passage du ferry et l'entrée dans le parc car il n'y a rien qui ressemble à ça jusqu'alors, qu'enfin on voit un peu des « Grey Three ». Eh bien, il n'y a qu'à demander : le ferry est en service et un lodge a ouvert il y a six mois à deux encablures. Heike nous prépare une salade de feuilles cueillies une à une dans son minuscule jardin de simples. Le ferry léger embarque la voiture et l'utilise comme ballast : au départ on la place à l'avant pour soulever l'arrière de l'embarcation et le dégager de la berge, au milieu on la recule pour permettre à l'avant d'accoster et réduire la distance à franchir dans l'eau. Le passeur est assis en contrebas, les pieds dans l'eau et godille avec un minuscule moteur hors-bord de quinze chevaux. La Boteti est pleine d'eaux venues d'Angola et, selon le passeur, est actuellement large de 120 mètres et profonde de quatre. A peine arrivés dans le parc, c'est une explosion, des dizaines d'éléphants au bain, plusieurs centaines de zèbres soulevant la poussière, des bleus, des rouges, même les discrets koudous sont de la party. Vers dix-sept heures, sortie de bain et, pour nous, piste vers le camp isolé de Njunca Hills.

Kubu Island Connection

Le site est remarquable et rare, au milieu d'un pan (lac salé à sec) immense, une éminence de granit coiffée de deux ou trois cent baobabs. Hélas, qu'on arrive par les pistes du sud ou par celles du nord, on accède au site par sa façade ouest et ce qu'on voit en premier et qui gâche l'arrivée c'est le chapelet de dix campements déployés, égrenés sur toute la longueur. Moi qui ne suis en général pas à la fête avec les voisins j'aurais préféré, ici, que nous soyons regroupés.

On a mis le paquet sur la belle histoire. A l'âge de fer des hommes occupaient les lieux (pas cons, c'était le seul point hors d'eau loin à la ronde et chacun sait qu'à l'époque les hommes ne portaient plus de nageoires), se nourrissant du gibier s'y retrouvant piégé. On ne peut d'ailleurs exclure que cette histoire de Déluge et d'Arche de Noé vienne de Kubu Island, des gars remontant le Rift l'auront rapportée en Orient. On prétend également à des traces de la civilisation du Great Zimbabwe (1400 après JC) et, si c'est le cas, voyant l'alignement d'éboulis censé en témoigner, on se souvient qu'aux marches des empires, là où sont les barbares et la nature, le savoir-faire et la volonté se trouvent parfois émoussés. C'est actuellement un lieu sacré où la communauté locale honore les ancêtres et s'y déroulent les rites d'initiation des jeunes hommes (j'ai rien senti). Enfin, tout dernièrement, un ministre a déposé une crotte de brique sponsorisée par un diamantaire devant le plus majestueux baobab pour signifier le soutien du gouvernement.

Au retour d'une marche vespérale à ma mesure (le site ne doit pas faire plus d'un kilomètre carré) nous sommes cueillis par l'encaisseur qui réclame 470 pulas (arrondissons à 47€) pour la nuit (camping, entrée du site, taxe de séjour, la taxe sur la crédulité est à l'étude) et nous explique que c'est au profit de la communauté propriétaire des lieux. Il n'y a aucune infrastructure si ce n'est quelques toilettes sèches en plastique mal ventilées que la puanteur rend inutilisables (heureusement pour eux, les esprits sont dépourvus d'odorat). Il n'y a aucun besoin d'entretien, seule la possession justifie de prélever un prix : nous sommes face à des rentiers qui, de plus, ne prennent pas soin du fond. Un rapide calcul donne une recette de 600€ pour aujourd'hui, deux mois d'un bon salaire au Botswana et c'est 30% plus cher qu'une journée et une nuit dans les parcs nationaux d'où nous venons. Je refais le tour du site (comme Félix Leclerc faisait le tour de l'île) en pénitence et pour amortir.

Il se trouve que l'esprit d'une personne chère s'est envolé, il y a exactement un an aujourd'hui. J'espère que là où il est il est mieux traité qu'ici et qu'on n'en fait pas commerce. Après une nuit grise sinon blanche, dans l'aube pâle du pan, dans le granit rose et gris et ocre, je recouvre mes esprits. Le tronc d'un baobab a la forme d'une cornemuse mais il n'y a pas de gui dans les frondaisons
VO Voyajou Globetrotter ·
C'est bon d'avoir des amis qui vous veulent du bien! Mais je ne risque rien, j'ai souscrit un contrat d'assistance Toyota.😛 Et puis, la panne je la réserve pour la Mongolie lorsque de quatre Toyota je ferai un quadrige et fouetterai.😏
VO Voyajou Globetrotter ·
Merci Michelle, pour les sourires (et tu t'y entends).😉
VO Voyajou Globetrotter ·
Kate & LacaYo, c'est aussi pour vous régaler (comme d'un bol d'escargots😉) que je prends plaisir à raconter ces histoires.
VO Voyajou Globetrotter ·
tes mots valent toutes les photos du monde, c'est donc très bien ainsi.

Et les tiens sont comme ces images qu'on donnait en récompense aux écoliers.🙂
BO Bolobolobolo Veteran ·
Bon si tu sors de khubu island et que tu as internet tu dois etre soit a Gweta soit a Nata soit a Elephant Sands.

Je te suis de tres loin puisque je viens d' arriver - sans ma monture - a Cape Town un peu décalqué. Je reste ici jusque dimanche et rejoins ladite monture lundi matin par la voie des airs à L'Stone apres on commencera des choses plus serieuses.

Bonne sute. A+
Le bonheur commence où le bitume s 'arrête et ....quand on est plus de quatre on est une bande de c... (Georges Brassens)
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Toujours aussi plaisant à lire, je me régale. Je sais que tu n'es pas adepte des photos, mais j'aurais bien aimé la photo du bac ..... parce que ça devait être mémorable

Bonne continuation
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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