Le Cambodge a été mon voyage le plus riche jusque là. Dès mes premiers pas, j’ai été séduite et dépaysée par ce pays d’Asie du sud est. Des paysages merveilleux et envoûtants d’abord pour m’accueillir.
Puis, quand on rentre un peu plus en profondeur dans le pays, on se confronte à l’histoire malheureuse de ce génocide affreux qui hante parfois le voyage. Des regards tristes mais toujours accompagnés d’un sourire qui traduisent un profond traumatisme mais une envie de passer outre et d’oublier pour vivre enfin libre et heureux. Des témoignages troublants qui restent souvent inachevés car « ça fait mal à la tête de se souvenir ». Alors on se plonge dans les livres de ceux qui ont survécu et qui ont osé se souvenir pour nous en faire savoir d’avantage. Des Cambodgiens très accueillants et respectueux, avides de faire la connaissance du monde occidental et envieux de nos conditions de vie. La rencontre la plus belle avec le fils de l’écrivain décédé Thaérn Gnok, auteur du livre « La rose de Pailin ». Seul rescapé de sa famille, il passera la soirée à me parler de son père, me parler de sa famille « disparue ». A ma question « tu crois qu’ils sont quelque part dans le pays », il me répond « la mort, c’est la guérison de la vie, et je crois qu’ils ont tous été guéris »…..
Un pays meurtris qui essaie de se relever. Un développement à deux vitesses, l’enrichissement des plus riches au dépend de la misère des plus pauvres. Des téléphones portables jusqu’aux endroits les plus reculés, mais pas d’eau potable, peu de routes en bon état, sans parler des conditions d’hygiène.
Mais toujours, un sourire et un hello, une invitation et une photo. Tout cela parait un peu triste et pourtant les fous rire et les bonnes soirées n’ont pas manqué. Des bonzes supers accueillants, gentils et toujours ouverts à la discussion. Des soirées à boire de la bière, et finir saouls dans un karaoké, à chanter en Khmer. Des virés dans la jungle, des kilomètres à moto scooter sur des pistes défoncées, des chutes (d’eau et à moto), des trajets en bateaux sur le Mékong, des dauphins au coucher du soleil, des marchés animés et colorés. Et oui, tant de choses encore en bazar dans ma tête.
Mais toujours un sourire…..sauf le jour où j’ai passé la frontière, et versé une larme en jetant un dernier regard sur ce beau pays qui m’a tellement ému que je laissais derrière moi.
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