USA 2016 - Comment j'ai (longtemps) attendu le soleil dans l'ouest
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JD
23 avril : Roissy

Dès que je regarde le tableau d’affichage des vols, je comprends que les ennuis viennent de commencer. Mon vol est le seul à être reporté de plus d’une heure. Aucune chance d’attraper ma correspondance à Dallas dans ces conditions. Déjà que la journée promettait d’être longue… Une première occasion de râler. Je ne le sais pas encore, mais ce ne sera pas la dernière. L’embarquement se traine. Puis le vol, interminable, comme d’habitude. Il doit y avoir deux ou trois films doublés en français de disponibles et je les ai tous vus. Pas génial la banque d’images d’American Airlines. Même le jeune américain très sympa qui est installé à côté de moi est dépité devant la piètre qualité de l’écran. Seul bon point : je me trouve près d’un hublot.

Arrivée à Dules en milieu d’après-midi. Il me reste encore une petite chance d’avoir ma correspondance. A la sortie de l’avion, quelques stickers colorés « express transfert » accrochés au mur attendent les voyageurs en transit. Ils vont permettre au personnel de l’aéroport de nous identifier et de nous faire passer les contrôles plus rapidement. A la douane, je fais la connaissance d’une petite famille de trois qui se trouve dans la même situation que moi. Ils se rendent aussi à Vegas, mais pour y rester la semaine. Je les encourage à en sortir un peu, ne serait-ce que pour effectuer une petite virée à Valley Of Fire. Coup de bol, le vol pour Vegas a également du retard et nous parvenons à l’attraper. Cette seconde partie du voyage est beaucoup plus agréable. Le paysage est dégagé et nous survolons une partie du Grand Canyon que je n’arrive pas à identifier. Puis le Hoover dam, reconnaissable entre mille.

Il fait déjà nuit lorsque je me rends chez Alamo. Assez peu de choix parmi les SUV standards. Trois véhicules seulement. Je porte mon choix sur un Ford Eagle Titanium car c’est le seul à arborer une inscription « AWD » à l’arrière. J’ai réservé ma première nuit au Day’s Inn qui se trouve sur Tropicana Bld North, un peu en retrait du Strip, juste derrnière le New York New York. Je préfère généralement m’offrir un hôtel-casino sur le Strip – pour le fun -, mais nous sommes un vendredi soir, jour où les prix de ceux-ci triplent par rapport aux jours de semaines, et j’ai décidé d’investir aussi peu que possible dans ce voyage (financièrement s’entend).

Bon, même si je suis bien crevé, ce serait dommage de ne pas aller faire quelques pas sur le Strip, même s’il faut marcher un bon quart d’heure avant d’y arriver depuis le Day’s Inn. C’est curieux Vegas. Il y a des soirs ou on ne voit que les lumières et où on se laisse emporter par la démesure et le glamour des méga casinos. Et il y a des soirs où l’on ne remarque plus que le pathétique et le sordide. C’est un de ces soirs. L’image qui me reste de cette courte promenade, c’est cette femme SDF, assise sur la passerelle surplombant Harmon avenue, hurlant « Leave me alone ! Leave me alone ! » à un type étrange qui reste là, immobile, à la regarder avec un mauvais sourire. Glaçant. Seule chose à trouver grâce à mes yeux ce soir-là, ce groupe musical installé devant le New York New York. De bonnes tronches authentiques de musiciens country, même si le chanteur est quand même un peu braillard.



24 avril : Las Vegas.

La première chose qu’on fait en se réveillant dans un motel, c’est d’ouvrir le rideau afin de vérifier l’état du ciel. Et celui-ci est tout bleu. Heureusement car ma destination du jour, Little Finland, perd une bonne part de son intérêt sous la grisaille.

Pour le petit déjeuner, je m’offre le buffet de l’Excalibur. Assez cher quand même. Du coup, je le transforme en repas complet. Puis je fais quelques pas à travers le casino et son voisin, le Louxor, histoire de raviver quelques bons souvenirs.

Départ vers le nord sur l’Interstate 15 qui est assez simple à trouver depuis Tropicana bld. Il y a pas mal de circulation et je décide de ne pas stopper dans la banlieue de Vegas pour me ravitailler. On verra ça plus tard, sur la route. Sauf que sur la route il n’y a pas grand-chose. Glendale, seule localité indiquée sur le chemin avant que je ne doive quitter l’I15, n’est guère constituée que d’une station-service et de quelques mobiles homes. Je continue donc un peu plus loin que prévu, jusqu’à Mesquite. Cela m’obligera à refaire quelques miles en sens inverse, mais rien de rédhibitoire.

Merquite est une de ces nombreuses villes-casino de Nevada, un mini Vegas. On y trouve de tout. Et surtout un WallMart pour se ravitailler. Quelques conserves, trois gallons d’eau, des sandwitchs, des muffins, un gros sachet de « trail mix » et des zip bags pour le partitionner et me voilà prêt à m’enfoncer dans le Wilderness. Malheureusement, le ciel s’est couvert au fil de la matinée. L’espoir d’un coucher de soleil sur les formations ciselées de Little Finland est en train de s’éloigner. Tant pis, on y va quand même. On ne sait jamais, sur un malentendu…

Le long chemin d’accès à cette curieuse zone se découpe en quatre parties distinctes. La première consiste en une petite route pas si mauvaise -malgré les nombreux nids de poules - qui se transforme progressivement en une piste facile et roulante.

Puis, à partir de Whitney pockett, la piste devient caillouteuse et moins agréable. Une demi-heure plus tard, un embranchement me conduit à la troisième partie. Cette fois, la piste devient carrément mauvaise, voire épouvantable. Je roule à deux à l’heure en guettant les moindres écueils. Je ne suis jamais tranquille sur une piste. Je n’ai encore jamais crevé et je n’ai aucune envie de commencer sur celle-ci. Après quelques miles très pénibles, je me retrouve dans la toute dernière partie qui consiste à suivre le « Mud Wash road », un lit de rivière à sec. Ces derniers miles sont plus agréables. On doit un peu improviser son chemin parmi toutes les traces qui parsèment le wash mais rien de bien compliqué. La seule difficulté est la barre rocheuse au-delà de laquelle une barrière avait été posée quelques années auparavant. Mais un passage a depuis été tracé sur la gauche et cela ne pose plus vraiment de problème. Au final, il m’a fallu une bonne heure pour parcourir les 7.5 derniers miles. Ce qui nous donne une moyenne remarquable d’environ 13 km/h. J’arrive sur le site en milieu d’après-midi sous un ciel lourd et gris. Désappointement. Il va falloir faire son deuil des jolies photos de la « Golden hour ». L’endroit lui-même est assez peu hospitalier. C’est sans doute mieux sous le soleil.



Je fais contre mauvaise fortune bon cœur et me mets à arpenter le site. J’ai imprimé une planche avec les photos d 'un site allemand mais j’ai du mal à retrouver ses formations, hormis l’une des plus belles, « le rapace », qui est extrêmement facile à repérer. Je ne suis pas très inspiré photographiquement parlant et je pense que l’absence de lumière y est pour beaucoup.







Un rayon de soleil arrive à percer pendant quelques secondes, donnant une idée de ce que serait cette séance photo dans de meilleures conditions.



Il y a une zone assez étrange, pleine de dépôts blanchâtres, au nord du site, et que je ne me souviens pas avoir vu souvent représentée. C’est pourtant assez graphique, je trouve.



Je me pose la question d’attendre le soir, dans l’espoir que le ciel s’éclaircisse. Mais les chances me semblent faibles, au contraire de celles de voir un orage se déclarer. Et il parait que la Mush wash road devient rapidement impraticable par temps de pluie. Je décide donc de refaire au moins les 7.5 derniers miles à l’envers de façon à ne pas risquer de me retrouver bloqué ici.

Une heure et demie plus tard, je suis de retour à Whitney pockett. Il y a là un grand parking, idéal pour passer la nuit.



Au loin, dans la direction de Little Finland que je viens de quitter, le ciel s’est entrouvert et laisse passer un large rideau de lumière doré. Peut-être ai-je finalement raté quelque chose. C’est comme ça. Il faut souvent faire des choix de cet ordre dans l’ouest, et ils ne sont pas toujours gagnants. Je me couche après m’être régalé d’une boite de miettes de poulet froid. C’est la fête.
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
25 avril : Witney pockett.

6 heures. Le soleil est de retour. Enfin, c’est ce que je crois. Il fait froid. Je déjeune d’un muffin à la myrtille (mes préférés) et de jus d’orange et je prends la route, direction Saint George.

Plus je progresse vers le nord et plus le ciel se couvre. Mon programme prévoit de monter vers Yant Flat dans l’après-midi et de visiter une première fois le site en fin de journée, puis de dormir sur place et d’y faire une seconde incursion le lendemain matin pour le lever du jour.

Il fait complètement gris lorsque j’arrive à Saint George. Je prends le temps d’opérer une petite reconnaissance au départ de la piste dans la petite localité de Leeds. Bon, pas très compliqué tout ça. Et maintenant ?

Pourquoi pas une petite incursion dans Zion ? Je stoppe à la station Texaco qui se trouve à juste après l’embranchement entre l’I15 et State street. A ce que j’ai vu, c’est la moins chère du coin. 2.19$ le gallon de regular. Je n’avais jamais rencontré de pareils tarifs. L’essence sera bientôt moins chère que l’eau minérale !

Le chemin jusqu’à Zion est plus long que je ne l’imaginais. Le ciel ne s’est pas éclairci lorsque je traverse Springdale. Ce serait même plutôt le contraire. Je gagne le Visitor center du parc, histoire de jeter un coup d’œil aux prévisions météo des prochaines journées. Celles-ci sont… catastrophiques ! Au moins pour la semaine qui vient. Rappelons que nous ne sommes que le lundi !

Je décide d’aller faire un tour vers les départs des ballades que j’ai prévues pour la fin de la semaine : Many Pools et White Pass. Histoire de repérer les lieux. Mon grand truc sur Zion cette année, c’est le « West Rim trail ». J’ai réservé une place dans la navette chez « Zion Adventures » pour le vendredi 29, jour de mon anniversaire. Pour ce jour là aussi, la météo prévoit de la pluie et éventuellement une bonne tempête. Happy Birthday, man !

Je fais quelques pas vers White pass et la pluie se met à tomber. Retour au Visitor center. Ceux-ci sont toujours agréables à fréquenter. Pas aujourd’hui. Le moral est en berne. Je jette un nouveau coup d’œil à la fiche météo, comme si elle s’était miraculeusement transformée en une heure de temps. Les premiers beaux jours sont annoncés au mieux à partir de samedi. Je repars sur Saint George. Je stoppe dans le centre historique. Assez joli. Je traîne un peu tandis que le ciel s’éclaircit et qu’un peu de bleu fait son apparition au-dessus de la ville.



Nous sommes en milieu d’après-midi. Je réfléchis un peu. La piste menant à Yant Flat commence à Leeds qui se trouve à 16 miles vers l’est. Cette piste dure 10 miles et revient vers Saint George qu’on peut d’ailleurs apercevoir au-delà des montagnes lorsqu’on s’y trouve. Je me dis que le ciel est peut-être aussi dégagé au-dessus de Yant Flat et que cela vaut la peine de tenter le coup.

Je file vers Leeds, retrouve la pluie, et m’engage sur la piste. Ça roule tout seul. Un vrai billard. Du moins pendant 7 miles, jusqu’à ce que je me retrouve devant un virage complètement submergé, en contrebas d’un lacet lui-même suivi d’une descente assez raide. Je descends de voiture pour évaluer la situation et je m’aperçois que je m’enfonce aussitôt dans la boue jusqu’aux chevilles. De l’intérieur, grâce à la stabilité de la Ford, je ne m’étais pas rendu compte que le terrain était si mouvant. Le ciel est complètement bouché et la pluie ne semble pas prête de s’arrêter. Je décide de faire demi-tour afin de trouver un pull-out pour passer la nuit au bord de la piste.

En guise de diner, je me contente d’un sachet de trail mix. La pluie continue à s’abattre sur le pare-brise. C’est la déprime. Si toute la semaine se poursuit de cette manière – et la météo semble valider l’hypothèse - le temps va me sembler très long. Heureusement j’ai emmené un gros bouquin pour les soirées de bivouac. L’assassin du Roi, de Robin Hobbs, intégrale de la première époque. 1500 pages. Même pas peur.

26 avril : Leeds

Je le lève aux aurores. Le ciel s’est en partie dégagé. Je fais quelque pas sur la piste pour constater que celle-ci est devenue plus stable. J’hésite sur la marche à suivre.

La bonne décision serait de repartir vers Yant Flat mais je ne le fais pas. Pourquoi ? Aucune idée. Au lieu de ça, je redescends sur Leeds, puis sur Hurricane. J’y ai réservé une chambre au Travelodge pour les soirées du 28 et du 29. Je m’y arrête et je demande au gérant si je peux utiliser leur wifi. Je vérifie la météo dans le coin pour choisir la meilleure option pour cette journée. C’est mauvais partout.

En fait, j’hésite encore à tenter la rando vers les Whites domes par Water canyon car le ciel me semble plus avenant au sud. En même temps, les falaises qui abritent Yant Flat sont baignées par un soleil matinal, même si un flot de nuages noirs se trouve juste à la périphérie du site qu’il menace de recouvrir.

Je choisis finalement de retourner à Yant Flat. C’est con, j’aurais pu y aller directement après mon réveil pour y bénéficier d’une meilleure lumière. Je stoppe après 7 miles, juste avant le virage inondé. Je me gare là où j’avais fait demi tout la veille. Il me reste environ 2.5 miles de marche pour arriver au sentier.



Je constate rapidement que le dernier mile est très dégradé et que je ne m’y serais de toute façon pas engagé. Vient ensuite le sentier à travers la pampa. Environ trois quarts d’heure de plus pour le parcourir.



Yant Flat est divisé en trois zones bien distinctes. La première est la moins intéressante. Je la longe pour gagner la seconde zone, plus à l’est. C’est la plus grande des trois zones. On peut passer trois bonnes heures à l’explorer. Le ciel est resté bleu. Les nuages sont cantonnés plus au nord et semblent vouloir y rester. C’est inespéré.



Je choisis de visiter cette zone en longeant la partie haute. Ce n’est certes pas la bonne heure pour la photo – le soleil est trop haut -mais ne boudons pas notre plaisir. Le site est superbe. Je me réserve la partie basse - celle des striures rouges – pour plus tard car mon objectif principal reste la troisième zone.



Celle-ci se trouve complètement à l’est. On y accède en empruntant deux petits canyons successifs d’une centaine de mètres chacun. Cela semble simple mais ces canyons sont tellement encombrés de rochers et de fourrés que la progression est lente et parfois un peu acrobatique (juste un peu). Tout cela va me prendre beaucoup plus de temps que prévu. La récompense est heureusement au bout du chemin. C’est ici que se trouve cette curieuse formation appelée : « the swirl »



Le ciel se couvre alors que je retourne vers la partie de la seconde zone que je n’ai pas encore visitée. Dommage, je n’en profiterais pas autant qu’elle l’aurait méritée.



Je décide de rentrer. Sur le sentier du retour, je rattrape quatre personnes que j’avais aperçues de loin. Quatre retraités, tous très sympas. Susan et Grégoire habitent Calgary et sont venus visiter leurs amis Sheila et James qui habitent Saint George. Nous sympathisons sur le chemin. Ils sont très surpris que je connaisse ce lieu. Je leur parle de mes sources. Comme Susan et Greg sont passionnés par le southwest dans lequel ils randonnent régulièrement depuis des années, je leur conseille l'achat de « Photographing the Southwest ».

En arrivant à leur voiture, ils me proposent de me redescendre jusqu’à la mienne, ce que j’accepte volontiers. Pendant la descente, Gregoire me vante un restaurant-buffet de Saint George nommé « Chuck Arama ». C’est un buffet de bonne qualité pour un tarif très raisonnable. Je note. James fait des efforts pour se remémorer quelques mots de français et il s’en sort plutôt bien. Nous approchons d’une autre voiture garée sur le bord de la piste avec portes et coffre grand ouverts. « C’est votre voiture ? » me lance-t-il d’un ton blagueur. Je prends congé en arrivant à mon véhicule. Une rencontre très agréable.

Je n’ai pas envie de bivouaquer, ce soir. Une bonne douche et un peu de vie aux alentours ne me déplairait pas. Et j’ai remarqué un camping KOA à la sortie de Leeds. Je m’y rends donc et je réserve pour deux nuits.

Je m’installe puis je visite le complexe. Les KOA sont toujours bien équipés. Le grand salon est équipé de confortables canapés qui seront parfaits pour ma session de lecture du soir. Je me douche, puis je file à Saint George.

Je repère Chuck Arama qui se situe dans la partie est de la ville. De l’autre côté de l’I15, à partir de St George Boulevard. N’y allons pas par quatre chemins, je me régale. Un peu de pizza, un peu de tex mex et de chinois… La dîner est à 15 dollars, le déjeuner à 11 dollars seulement. J’ai comme dans l’idée que ce ne sera pas ma seule visite dans cet endroit.

Je rentre au KOA à la nuit tombée. Le gars de la tente voisine vient me trouver. Il s’appelle James. C’est la loi des séries. La petite quarantaine, pur américain de la working class. James veut être mon ami. Pourquoi pas ? Mais je vais tout de même attendre qu’il soit redevenu sobre avant de me décider.
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
IT Itat Globetrotter ·
Hello Patrice

Tout ça est bien déprimant 😕, je compatis. Mais cela fait que ton CR est passionnant à lire car plein de suspens et toujours de belles photos. Alors, merci pour la mise en ligne ! 😉
GL Glll2012New Veteran ·
Hello

Je vais te suivre un bout selon tes visites car tes premiers sites seront les miens en 2017 vers fin avril, début mai. Merci pour les détails des pistes, à prendre avec toutes les précautions d'usage.
Gilles 2019 : https://voyageforum.com/discussion/2019-voyage-se-faire-plaisir-d9730876/ 2017 : https://voyageforum.com/discussion/usa-2017-40-jours-bonheur-presque-d8161050/ 2015 : https://voyageforum.com/discussion/west-2015-encore-autrement-d7083633/
JD Jdakota Veteran ·
Tout ça est bien déprimant

Et ça ne va pas aller en s'arrangeant😕 comme tu le verras plus tard. Mais l'avantage quand on y revient plus tard, c'est que le second degré à eu le temps de s'installer... @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
Je vais te suivre un bout

Tu es le bienvenu dans cette épopée. J'espère juste que le ciel sera plus clément avec toi en 2017. A cette condition, c'est une période idéale car le températures sont encore très agréables et les journées commencent à rallonger. N'hésite pas si tu as besoin de renseignements précis. Pour ma part, dans un premier temps, j'ai été beaucoup aidé par Bastinj que je remercierai plus tard dans le carnet 😉. @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
PA PapJ59 Globetrotter ·
Hello,

Enfin un super carnet comme on en voyait au bon vieux temps de VF...

effectivement la prose au second degré est un vrai plus !

bravo et à bientôt.

Jean.
4 fois en Camping-car: Parcs US - NewMex - Yellowst - Louisiane. http://blogs.crespel.me/usa2009/ http://blogs.crespel.me/usa2011/ http://blogs.crespel.me/usa2012/ http://blogs.crespel.me/usa2013/ Andalousie, Bretagne, Corse, Provence, Sicile, Toscane, villes d'Italie. sur : http://blogs.crespel.me/
ZE Zemidjan Veteran ·
Je ne suis pas très inspiré photographiquement parlant

Bonjour Patrice Ben que seraient tes photos si tu l'étais !😉 Super carnet, sûr. Attendre le soleil à l'ouest, faut le faire🙂
Yves Carnet 2018 - https://voyageforum.com/discussion/2018-diserts-monuments-mineraux-via-forets-altitude-etats-unis-d9040756/ Carnet 2016- https://voyageforum.com/discussion/d7459698/
JD Jdakota Veteran ·
la prose au second degré est un vrai plus !

C'est l'avantage quand on laisse passer un peu de temps. On relativise tout ce qui a pu se passer. @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
Et oui, grosse déconvenue... Et le pire n'est pas encore arrivé 🤪! Je trouve que je n'ai pas été bon à Little finland (photographiquement parlant) . Mais je crois que je me suis un peu rattrapé par la suite, notamment aux whites domes... @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
MA MaryElectra Veteran ·
Et bien moi je trouve les photos de Little Finlad (où je ne suis jamais allée) fort belles. Vivement la suite. 😉
"Before you judge me take a look at yourself" Children of Bodom "On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux" (St Exupéry) http://palomino34.blogspot.fr/ (blog encore au tout début...)
JD Jdakota Veteran ·
Merci à toi. Les compliments, même quand on n'a pas l'impression de les avoir mérités, sont toujours bons à prendre 😎 ! A+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
ER Erjome Globetrotter ·
Hello Patrice

J'enfile mon ciré jaune et j'embarque également. Tu as raison au final toutes ces péripéties font sourire avec du recul même si sur place c'est rageant.

A bientôt pour la suite.
"Si partir vivre ses rêves remplit l'âme, les partager après les avoir réalisés la grandit" "Qui veut apprendre à se connaître commence par explorer le monde"
OR Orionide Globetrotter ·
Hello Patrice,

ça faisait longtemps qu'on avait lu un retour sur Little Finland. Bon et bien ça n'a pas changé 🙂, c'est vraiment sympa cet endroit, on se sent seuls au monde...
https://lesvoyagesdeboncampeur.blogspot.com/
LO Lol64 Veteran ·
Quand ça veut pas, ça veut vraiment pas 😠 Le ciel ne t'a pas beaucoup aidé dans cette affaire 😇😕 et si on devine un début de déprime fort légitime, derrière l'écran on ne profite que du positif ! Sympa le carnet, j'aime bien le ton realistico- ironico-desabusé 😉
JD Jdakota Veteran ·
Ouais, seul au monde, comme tu dis. Et par temps menaçant, l'endroit n'est pas très engageant. J'ai quand même été surpris par la troisième partie de piste, très mauvaise et extrêmement caillouteuse. Je me demandais même si je ne m'étais pas trompé de route ! Pour une première journée, c'était assez intense. @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
j'aime bien le ton realistico- ironico-desabusé

Et j'en ai joué tout du long comme tu le verras si tu me suis jusqu'au bout (et tu as intérêt 😉! ) @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
27 avril : Leeds Il fait moche. Pas la peine de partir aux aurores. Je traîne un peu en testant la connexion wifi du KOA qui est pathétique.

J'avais prévu un plan B pour la cas ou une journée de ce type se présenterait. Je n'avais juste pas imaginé qu'elle constituerait l'ordinaire du séjour. On n'est jamais assez imaginatif... Le plan B consiste à visiter des sites secondaires mais tout de même intéressants et qui ne posent pas de difficultés d'accès. Je débute par Snow canyon qui offre l'intérêt de se trouver aux portes de Saint Georges mais en me contentant d'une ballade au point baptisé « Bonsaï pond ». Beaucoup plus court que je ne m'y attendais. Evidemment, par cette luminosité, les parois zébrées du Canyon perdent un peu de leur attrait.







Je me rends ensuite à l'overlook. Pour ce faire, il faut sortir de canyon par le nord et revenir sur Saint George par la route 18. Ça ne manque pas de grandeur.



Je décide ensuite d'opérer une large boucle en incluant Pine park et Cathedral gorge, en espérant que le ciel finisse par s'éclaircir un peu en fin de journée, de façon à me permettre de bénéficier d'une belle lumière sur ce dernier site.

Pine park pour commencer. Il me faut un peu de temps pour comprendre que la Cresline road n'est ni une route, ni une piste, mais successivement les deux à la fois. C'est assez difficile à imaginer dans nos contrées qu'on puisse s'engager sur une route parfaitement asphaltée pour la voir se transformer en une piste de terre une dizaine de miles plus loin, sans aucun autre choix que de faire demi-tour ou de continuer sur celle-ci. Reste que la piste est bonne, excellente même, et qu'elle fait à peine baisser la moyenne.

L'embranchement pour la piste qui conduit à Pine's park est à l'endroit prévu (merci Pong!). La route se dégrade un peu mais reste largement praticable. Assez tournante avec quelques reliefs, elle serait plus agréable sous le soleil.

J'arrive à Pine's Park. Pas emballé. En fait, il s'agit un mini « Wheeler », pour ceux qui connaissent cet autre site, assez similaire, près de Creede, au Colorado. Pine park est beaucoup moins impressionnant. Du coup, je ne suis pas spécialement emballé. Et l'absence de soleil n'arrange rien.





Quelques photos, puis je repars. La seconde partie de la Cresline road va s'avérer beaucoup plus longue. Ce n'était pourtant pas flagrant en regardant la carte. De plus, les pluies incessantes des dernières semaines ont creusé la route d'ornières peu profondes mais molles et piégeuses et il m'arrive de partir parfois en léger dérapage. Je m'oblige à ralentir.

La route me paraît longue jusqu'à Cathedral Gorge. C'est un endroit qui m'intrigue car les photos m'ont toujours donné l'impression d'en fausser l'appréhension. Sans élément extérieur pour en donner l'échelle, les clichés le font paraît beaucoup plus grand qu'il n'est en réalité. On s'attend à des falaises immenses et on se trouve face à une miniature incroyablement ciselée.

















Après une petite balade autour des premières mesas et dans deux slot canyons, je remonte en voiture pour me rendre à Miller Point overlook. Le point de vue n'est pas exceptionnel. Ce n'est en tout cas pas celui que je cherchais.







Il y a un escalier qui permet de descendre dans un canyon étroit. Je l'emprunte, puis poursuit ma route à travers le canyon. Je débouche finalement dans la vallée, à quelques dizaines de mètres de l'endroit ou je me trouvais précédemment. Je m'engage dans le sentier qui se dirige vers le fond de la vallée. Je crois me souvenir que celui-ci remonte sur le plateau un peu plus loin.



Au fur et à mesure que j'avance, la pluie recommence à tomber. Étant descendu dans le canyon avec l'idée de remonter aussitôt avant de me laisser entraîner plus loin par ma curiosité (comme souvent), je n'ai pas emmené mon coupe-vent. Et puis ce sentier ne donne toujours aucun signe de remontée. Pour finir, je cours m'abriter dans un embryon de slot canyon.

J'attends, j'attends, et la pluie ne s'arrête toujours pas. Tant et si bien que je décide de revenir - en pestant - à mon point de départ. Arrivé à l'embranchement de la vallée et du petit canyon, je jette un œil au plan du site affiché sur une pancarte. Je constate que le sentier que j'avais emprunté se contente de faire le tour de la vallée, ne remontant jamais sur le plateau. On devrait toujours lire les cartes avant de s'engager. On ne devrait également jamais laisser son imperméable dans sa voiture quand le ciel menace. Parfois, même, on devrait carrément rester chez soi...

Je tourne au peu autour du parking pour trouver un point de vue sympa sur l'ensemble de la vallée mais la pluie tombe sérieusement et le vent s'est mis de la partie. Je sais, je suis déjà bien trempé mais quand même !





Le retour sur Saint George, longuet, se fait par la route du nord sous une pluie battante. En arrivant, je file direct chez Chuck Arama. Une vraie trouvaille, ce buffet. Je me régale de nouveau.

Puis c'est le retour au KOA à la nuit tombée. La pluie s'est arrêtée. Mes voisins viennent m'inviter à boire un coup dans leur campement. Un jeune étudiant, Ian, s'est également joint à eux et nous passons une très agréable soirée à bavarder. James m'explique qu'il est venu en ici avec un de ses amis pour remettre en état une maison qu'ils revendront ensuite. Lui et sa femme sont de vrai américains de la working class, simples et accueillants. Il a souvent vécu comme cela depuis son enfance, de travail itinérant et habitant sous la tente. Sa femme, la seconde – on devine la liaison récente -, n'était pas emballée et aurait préféré un appartement mais elle semble s'y être faite. Je remarque qu'il ne met pas que du café dans sa tasse. Ian, lui, fait du tourisme. Il a reçu un pass « America the beautifull» donnant droit à l'entrée dans tous les parcs nationaux lors du dernier Noël. Il compte bien lui faire honneur tout au long de cette année.
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
KA Kashtin Globetrotter ·
Hello Patrice!

Chouette, un nouveau carnet, avec l'assurance de magnifiques photos et certainement de quelques péripéties hors normes ! J'ai hâte de le commencer, mais avant il faut que je rentre (virtuellement 😉) de Laponie, où je suis au milieu es moustiques, sur les traces de Krikri et d'Hervé. 🙂

A bientôt, donc, et j'en profite pour t'envoyer un maximum de motivation pour la suite!

Pascale
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
NO Noyellebis Veteran ·
Bonjour Patrice Je suis ton carnet depuis le début; j'y trouve des idées pour 2018; j'espère qu'on pourra retourner aux USA; cette année c'était le Canada et l'Alaska. Nous aussi au printemps 2015 on a eu un temps pourri; je me souviens du Texas en mai, où des routes étaient coupées

On a renoncé à Black canyon of the Gunnison, et Crested Butte à cause de la pluie et du froid On s'est enfui à Phoenix, où on a retrouvé la chaleur et le soleil, et plus tard en remontant, Snow Canyon, qu'on a visité par grosse chaleur

Nous sommes retraités, et on a du temps pour voyager, et s'adapter à la météo. En 2010, on a aussi vu Cathedral Gorge, qui est surprenante A plus Noëlle
JD Jdakota Veteran ·
Salut Ravi de vous inspirer, c'est un peu pour ça qu'on rédige ces carnets assez chronophages. L'Alaska reste aussi dans mes projets mais certainement pas en solo. Je pense à vous pour Wheeler😉. @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
Merci Pascale, Il y a surement des choses vers la fin de ce carnet qui pourrons t'intéresser. Pour les péripéties, effectivement, il y a surement une sorte de malédiction qui plane au dessus de moi 😕... Enfin, tant que je m'en sors bien. Tu me fais penser qu'il faut que j'aille faire un tour sur "Carnets d'Amérique et d'ailleurs". @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
NO Noyellebis Veteran ·
Merci Patrice On a visité l'Alaska car notre fille voulait y aller avec sa famille et elle avait bien préparé ses visites. On n'y serait surement pas allés de ns mêmes, car ça ne ns tentait pas plus que ça Mais nous n'avons pas de regrets d'y être allés; les petits enfants y sont pour beaucoup C'est une destination lointaine, mais très variée Noëlle
JD Jdakota Veteran ·
28 avril : Leeds Un petit coup d’œil en dehors du duvet me confirme qu'un timide rayon de soleil tente de se frayer un chemin à travers les nuages. Il y a donc une petite chance pour que je réalise le programme initialement prévu pour cette matinée : Kanarra creek. James et son épouse sont déjà sur le départ pour aller bosser à Hurricane. James me désigne leur cafetière et m'invite à aller me servir. Trop sympas les voisins.



Kanarra creek se situe à une trentaine de miles au nord et commence dans le village qui lui a donné son nom. C'est une ballade dans un canyon étroit parcouru par une rivière. Un panneau incite à se méfier des serpents à sonnettes, assez nombreux dans le coin. Vu la température extérieure, ça ne devrait pas être un problème.

J'enfile une seconde paire de chaussures prévue à cet effet car je sais qu'il va falloir marcher dans l'eau. La première partie est sèche et les indications prises sur le carnet de Pong (Un p'tit clou dans le Far West) me permettent de ne pas dévier du sentier. Une fois dans le canyon, celui-ci slalome d'un côté à l'autre et il est souvent nécessaire de traverser l'étroite rivière qui en tapisse le fond. Je m'aperçois que l'eau est très froide. Mais vraiment très froide. D'autant que lorsque les parois rougissent et se rapprochent, on n'a plus d'autre choix que d'y marcher continuellement.





Mes pieds me font l'effet d'être devenus des blocs de glace. Impossible de remuer ne serait-ce qu'un orteil.



J'arrive à la première échelle. C'est un bel endroit, c'est sûr. Quelques photos et je commence l'ascension. Ça va. L'échelle est stable et il y a une petite corde accrochée à la muraille pour s'assurer. J'arrive là-haut sans encombre.



L'endroit est vraiment sympa. Je poursuis ma route en direction de la seconde échelle que je sais très proche. Pour ne pas risquer d'accident industriel, j'ai laissé mon gros Canon dans mon sac à dos et j'utilise mon Hybride Fuji MT1.





Je me retrouve devant un goulet très étroit ou l'eau, d'un débit assez puissant, m'arrive presque la hanche. Il faudra un peu d'acrobatie pour le franchir.



J'hésite. Pas question de le tenter avec mon sac à dos et tout ce qu'il contient. Pour continuer, il faudrait donc que je laisse celui-ci au bord du sentier. Pas envie de tenter le diable. Je fais demi-tour.

Je reviens vers la première échelle que je redescends sans dommages. Une petite séance photo avec le Canon avant de continuer mon chemin.



Reprenant le Fuji, je m'aperçois que j'ai fait tomber le cache de l'objectif un peu plus tôt. Il a dû être entraîné par le courant. Peu à peu, je retrouve le sec et mes pieds reviennent progressivement à la vie, un orteil après l'autre. C'était une belle promenade, pas compliquée, un peu sportive quand même, juste comme il faut.

Revenu à la voiture, je me sèche et je reprends la route. J'ai prévu de passer l'après-midi à Zion en faisant de petites balades tranquilles. Il est près de midi et, en arrivant près de l'embranchement qui mène à Zion, je choisis finalement de rester sur l'I70 et de continuer vers Saint Georges. Pourquoi ? La réponse tient en deux mots : CHUCK ARRAAAMAAAA !!!

Après un excellent déjeuner pour la modique somme de 11 $, je repars vers Zion. Je traverse Hurricane en passant devant le Travelodge motel où je logerai pour les deux soirées à venir. Je choisis de ne pas m'arrêter maintenant.

Première ballade au programme : Many pools. Pas de bol, le ciel est redevenu gris. Du coup, c'est bien moins attrayant que cela aurait dû être. Malgré cela, les promeneurs sont nombreux. Cette sympathique petite promenade est manifestement plus populaire qu'il n'y paraît.

















J'enchaîne avec White Pass. La première partie de cette seconde ballade, toute proche de la première, recèle également quelques pools photogéniques, à tel point qu'on pourrait facilement la confondre avec Many pools.







Grace aux infos fournies par Oliv2019, je tente de trouver un accès pour monter jusqu'à « white pass » mais la pente est réellement très raide, sans doute trop pour ma cheville gauche qui a une fâcheuse tendance à me rappeler à l’ordre quand je la sollicite exagérément. Je préfère laisser tomber. Le ciel est de toute façon bien couvert et la pluie menace. Se retrouver là-haut sous une averse, avec une paroi vertigineuse devenue de surcroît dangereusement glissante, tout cela pour profiter d'un spectacle singulièrement amoindri, cela n'en vaut pas la peine.

Je fais un stop chez « Zion Adventure » à Springdale. La navette que j'ai réservée et qui normalement démarrait à 6h30 pour une arrivée en début de rando vers 7h15 partira finalement à 9h30. Ma rando se trouve donc décalée de trois heures. De toute façon, la météo prévue est aussi calamiteuse que celle des derniers jours. Fataliste, le gars. Retour à Hurricane. La chambre est grande mais mal situ��e, à l'extrémité du bâtiment avec une fenêtre en partie cachée. Pas grave, vu la luminosité extérieure. Ça fait du bien de se retrouver dans un vrai lit. Soirée tranquille. Sans Chuck, pour changer.
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JD Jdakota Veteran ·
29 avril : Hurricane.

La navette est pleine et je suis le seul non américain. On démarre à l'heure prévue. La Kolob terrace road, qui mène au réservoir, est belle. Le temps est meilleur que prévu et le ciel en partie dégagé. Ça peut tourner très vite mais en attendant ça fait du bien.





Nous sommes seulement trois à partir sur cette rando. La navette nous lâche au camping de Lava point car la West rim road est encore impraticable. Cela va nous obliger à faire un petit mile dans la neige pour rejoindre le début du trail.



Les deux autres traînent un peu au camping. Je préfère démarrer tout de suite tant que la météo est favorable. La première partie de ce trail est longue (3h) et sans aucun intérêt (esthétiquement parlant) mais pas désagréable pour autant. On commence par traverser une forêt de faible densité, avant de gagner une zone plus dégagée appelée « Potato hollow ». Cette partie du trail est extrêmement boueuse et assez pénible à traverser.





La partie intéressante de la rando se situe grosso modo entres les miles 6 et 8. On y longe la rive ouest de Zion en la surplombant et le spectacle offert est grandiose. Du cinémascope en direct live.













J'ai bien fait d'avaler rapidement la première moitié de la rando car le ciel se fait de plus en plus menaçant et je m'attends à tout moment à me prendre une saucée mémorable. De ce fait, le paysage se retrouve zébré d'ombres et de tacheté de spots lumineux posés çà et là, ce qui le rend beaucoup plus photogénique qu'écrasé par un soleil du début d'après-midi.





Je constate avec plaisir que l'orage décide de m'éviter en allant directement se planter au-dessus du canyon principal. Je le regarde se déchaîner au loin pendant que j'entame la descente.













Elle est très longue elle aussi cette descente. Et lorsqu'on arrive en bas, il faut se farcir quelques lacets remontants qui paraissent interminables avant de redescendre à nouveau vers Scout Lookout.



A partir de là, c'est la chute finale vers la vallée. Comme le signale Wavemaster, chevilles et genoux en prennent pour leur grade dans cette ultime pente. Et je n'imagine même pas les efforts consentis par Veileen qui a réalisé cette rando en aller-retour depuis The Grotto dans la journée. J'en aurais été incapable.

Pour l'heure, c'est un vrai sentiment d'accomplissement qui me saisit lorsque, arrivé en bas, je m'assoie sur le banc pour attendre la navette. Une randonnée d'exception. Un spectacle incroyable. Une journée d'anniversaire que je n'oublierai pas.

Une première navette pour traverser Zion, puis une seconde pour me ramener à Zion Adventure ou m'attend mon véhicule.

Je retourne vers Hurricane sous une pluie battante et retrouve mon motel. Il y a un buffet chinois juste à côté. J'adore. Ce sera mon dîner d'anniversaire. Youppeee !

On est vendredi soir. J'aimerai bien assister à une soirée « high school football match » comme en novembre 2014 à Port Angeles. Manque de bol, le stade est vide. Les Tigers jouent à l'extérieur. De toute façon, je suis claqué. Mais content.
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LO Lol64 Veteran ·
Ben je suis désolée pour toi mais les ciels bien gris, ambiance d'outre-tombe, ça donne des photos magnifiques et tres originales. Les couleurs sont comme lavées par la pluie. Un résultat qu'on n'obtient jamais par le post traitement. Il faudra recommencer 😛

De l'eau froide à Kanarra creek ! Pfff, te plains pas c'est excellent pour la circulation !

Je constate avec plaisir que l'orage décide de m'éviter en allant directement se planter au-dessus du canyon principal. Je le regarde se déchaîner au loin pendant que j'entame la descente.

Ben tu vois que tu n'as pas la poisse 😏 !

Many Pools, nous y étions en février, un week-end pourtant, personne sauf à la fin, tout en bas près de la route. Y avait plus de soleil qu'en avril 😛

@+
JD Jdakota Veteran ·
les ciels bien gris, ambiance d'outre-tombe, ça donne des photos magnifiques et très originales. Les couleurs sont comme lavées par la pluie

C'est vrai, mais faut pas que ça dure trop longtemps quand même... Et ça ne marche pas pour les roches rouges qui perdent tout leur éclat. Pour des endroits comme Cathedral gorge, par contre...

De l'eau froide à Kanarra creek ! Pfff, te plains pas c'est excellent pour la circulation !

Là, tu constateras en relisant que je ne me suis pas plaint. J'ai simplement constaté le fait et noté ses effets sur ma physiologie plantaire 😉.

Ben tu vois que tu n'as pas la poisse

Attends un peu la suite ! @+ Patrice
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KA Kashtin Globetrotter ·
Salut Patrice,

Maintenant que j'ai terminé le carnet scandinave de Krikri, je vais commencer le tien 🙂.

Le mauvais temps n'arrive pas à faire baisser la qualité de tes photos, quoi que tu en penses (à propos, j'ai oublié quel est ton matériel, même si, on le sait, ce n'est pas le matériel qui fait le photographe. Le piqué est extra!!), et je te rassure, elles restent exceptionnelles ! Mais il est vrai aussi que la lumière est essentielle, et dans cette première partie tu n'as pas été gâté, il faut le reconnaître.

La piste qui retourne sur Saint George, une fois passé le pull out de Yan Flat et environ 2 km plus loin le grand dégagement sous les arbres, au bord du canyon, était aussi très mauvaise quand on y est passés, en 2014. Ornières, rochers, etc., et en plus très étroite. En fait on avait raté le pull out, par manque d'infos assez précises. Alors pour ceux qui comptent s'y rendre, j'avais noté dans mon carnet :

Donc quand on vient de Leeds, dans une ligne droite assez longue, à peu près au milieu, il y a un chemin qui part à droite, marqué « 903 », et juste en face, à gauche, l'emplacement de deux voitures et deux gros blocs de pierre blancs qui obstruent l'entrée d'un chemin, indiqué, lui, « Restricted area ».

Je note la bonne adresse à Saint George 😉.

Je ne connaissais pas Bonsaï Pond, c'est dans quel coin de Snow Canyon ? Là encore, superbes cadrages !

Pine park pour commencer. Il me faut un peu de temps pour comprendre que la Cresline road n'est ni une route, ni une piste, mais successivement les deux à la fois. C'est assez difficile à imaginer dans nos contrées qu'on puisse s'engager sur une route parfaitement asphaltée pour la voir se transformer en une piste de terre une dizaine de miles plus loin, sans aucun autre choix que de faire demi-tour ou de continuer sur celle-ci.

Il nous était arrivé la même chose en 2009, quand on repart des Gates of Lodore (à Dinosaur NM) pour rejoindre Flaming Gorge. En changeant d'Etat, la route devient piste, mais excellente, comme pour toi.

Bon, d'ici à ce soir, au pire demain, je serai sur tes traces, à Zion. Car toi tu attendais le soleil, et moi c'est le travail qui m'attend 😉.

Et surtout ne te décourage pas ! 🙂
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
KA Kashtin Globetrotter ·
Suite...

Vu le temps, je ne me serais pas aventurée dans Kanarra Creek. On n'est jamais à l'abri d'un flash flood, et alors, bonjour les dégâts ! 🏴‍☠️

Tu as abandonné ton « gros Canon » dans le sac à dos ?? 😮 On est aux US, OK, mais quelle confiance !

Les panos et les photos de Zion, « entre les miles 6 et 8 », sont su-per-bes ! Et le ciel orageux ajoute une note dramatique...
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JD Jdakota Veteran ·
Salut Pascale, J'utilise depuis quelques années (hivers 2010 je crois) un canon EOS 60D qui me satisfait complètement. Depuis deux ans, je lu ai adjoint un objectif sur lequel je lorgnais depuis longtemps : un Sigma 18/35 à ouverture constante 1.8. C'est un objectif au range limité mais qui offre un superbe piqué à toutes les ouvertures, même les plus basses. Mais il est aussi lourd que cher. Bonsai Pond est en plein cœur de Snow canyon, sur une des petites buttes rouges. Très facile à trouver. Il est indiqué dans PTS. A peine un quart d'heure de marche depuis le parking.

Bon, d'ici à ce soir, au pire demain, je serai sur tes traces, à Zion

Tu verras, mon séjour sur le West rim trail reste un des très beaux moments de ce voyage. La randonnée est magnifique et quand un ciel torturé se met de la partie, c'est encore mieux. Je me demande si je ne tenterai pas un jour d'y passer la nuit, au camp 6 ou 7, afin de capturer le lever de soleil sur la rive.

@+ Patrice
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BL Bluemesa Veteran ·
Bonjour

Je trouve tes photos superbes ( l objectif a ouverture 1,8 a etee bien amorti )... Par contre je trouve que tu as eu la bonne lumiere grace a ce temps dit "pourri " ...les photographes paysagistes attendent tous ce genre de lumieres .....tes photos n auraient surement pas etees aussi belles par un beau ciel bleu....le temps gris pour photographier les roches rouges c est le top il n y a pa mieux .... Bravo encore , en attendant la suite... ( Un ptit bonjour a Pascale ( Kashtin ) en passant... )
JD Jdakota Veteran ·
Tu as abandonné ton « gros Canon » dans le sac à dos ?? 😮 On est aux US, OK, mais quelle confiance !

Non, je ne l'ai pas abandonné , j'ai préféré faire demi tour et je n'ai donc pas atteint la seconde échelle. Même si je n'ai vu personne dans le canyon, j'ai préféré ne pas tenter le diable, fidèle en cela à ma phrase d'accroche 😉! Pour Le risque de Flash Flood, j'ai peut-être été plus léger mais je n'ai vu aucun message d'alerte et il y avait un officiel du coin sur le parking quand je suis arrivé. Je me suis dit qu'il m'aurait averti sinon. A bientôt pour la suite @+ Patrice
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JD Jdakota Veteran ·
Salut,

Et merci pour tes compliments? On n'en reçoit jamais trop !😎 Je ne suis pas trop d'accord avec toi sur le ciel gris pour les roches rouges. Je me souvient d'un passage à Arches dans la zone "Klondike Bluff" sous un ciel plombé, et le cadre perdait tout son attrait. Et pas de sunset ni de sunrise dans ces conditions. Par contre, un ciel torturé comme celui que j'ai eu sur le West rim trail , OK. D'ailleurs, j'aimerai beaucoup avoir un jour l'opportunité de partie entre un et deux mois complets, de façon à prendre le temps d'attendre les bonnes conditions lumineuses sans me préoccuper d'un quelconque planning. A la retraite, peut-être, si ça arrive un jour😕...

A propos, quelle est, pour toi, la période le l'année la plus photogénique pour le Colorado ? C'est une question intéressée. J'ai parcouru cet état en 2011 et je l'ai adoré. Mais c'était fin août pendant la saison des orages et j'ai fini rincé. @+ Patrice
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KA Kashtin Globetrotter ·
Bonjour aussi à toi, Jean-Luc 🙂.

Patrice est un excellent photographe, trop méconnu en tant que tel sur le forum, je trouve. Pour nous (Alain et moi) qui allons avec Sedonax et sa femme presque chaque année chez lui pour une séance diaporama sur grand écran, je peux dire qu'elles sont exceptionnelles. 🙂

Crested Butte nous manque! 😉
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KA Kashtin Globetrotter ·
Salut Patrice,

Et merci pour tes compliments

Surtout venant d'un remarquable photographe comme Bluemesa! 😉
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BL Bluemesa Veteran ·
Bonjour Bonsoir

En reponse , je me permet de mettre quelques photos ...

Pour le Colorado , pour moi les deux meilleures periodes sont : du 15 Septembre au 30 Septembre pour les superbes couleurs d'automne ( voir ci dessous)

Jack's Cabin

Ohio Pass

du premier Janvier au 30 Janvier le Colorado hivernal sa neige ( la meilleure poudreuse du monde ) , ses glaces , ses temperatures tres toniques (-40f /-45f )et parfois pire encore du cote de Gunnison , ( ville la plus froide des Usa hors Alaska. ) ( voir ci dessous par moins 41c) Gunnison river a Gunnison ( Dos Rios) -ice pack /snow pack-

Blue Mesa entierement pris en glace

....Et un peu de roche rouge par temps gris 😎

MA MaryElectra Veteran ·
Superbes photos ben oui, et superbes endroits qui donnent envie de se mettre sérieusement à la randonnée. Moi je dis bravo Patrice 🙂 😉 😛
"Before you judge me take a look at yourself" Children of Bodom "On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux" (St Exupéry) http://palomino34.blogspot.fr/ (blog encore au tout début...)
MA MaryElectra Veteran ·
Amis du Colorado, bonjour. Es tu l'auteur de ces photos Bluemesa ?
"Before you judge me take a look at yourself" Children of Bodom "On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux" (St Exupéry) http://palomino34.blogspot.fr/ (blog encore au tout début...)
JD Jdakota Veteran ·
Salut et merci,

Septembre aurait ma préférence mais malheureusement des contraintes professionnelles récurrentes m'interdisent de partir à cette période. Plus tard, peut-être... Il parait que juillet est également sympa à cause des champs de Wildflowers dans les San Juan Mountain. T@+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
Merci à toi. Je ne peux que t'encourager à me suivre car, sur ce plan, le meilleur est à venir 😎 ! @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
BL Bluemesa Veteran ·
Bonjour ,

Derniere semaine de juillet alors pour les fleurs , mais ca c est tres aleatoire par exemple cette annee peu de fleurs et ca a passer tres vitte . ( tu peux avoir une idee des fleurs sauvages en allant sur mon site chapitre can you smell )...

Bonne journee et on attend la suite du voyage ...
BL Bluemesa Veteran ·
Bonjour Mary ,

Oui j en suis l auteur ceux sont des photos faites au Colorado (West Elk Mountains ) et en Utah ( balanced rock arches np )
BL Bluemesa Veteran ·
Merci Yves
JD Jdakota Veteran ·
Salut je suis allé faire un tour sur ton site. Superbes photos de l'automne au Colorado. J'ai un gros, faible pour les trouées de soleil dans le ciel d'orage au dessus des forêts colorées. Comme je t'envie de pouvoir aller régulièrement à la recherche de tels points de vue. @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
30 avril : Hurricane. Aujourd'hui je change de zone. Je transfère mon théâtre d'opérations sur l'US 89 entre Kanab et Page. Plutôt que de traverser Zion, je choisis de passer par le nord et la route 14. L'idée m'est venue la veille quand j'ai aperçu, depuis les hauteurs du West rim trail, les lointaines falaises rouges de Cedar Breaks recouvertes de neige. Ça ferait de belles photos.

Sur le chemin, je m'octroie un détour rapide dans les Kolob Canyons mais la pluie tombe à verse et le canyon est envahi par la brume. Demi tour

Je remonte l'I70, puis je bifurque sur la route 14, vers l'est. D'entrée, un panneau m'annonce la fermeture de la route menant à Cedar Breaks pour cause d'enneigement trop important. Raté. Bon, je continue quand même dans cette direction. Revenir en arrière ne me ferait pas gagner de temps.

La montée vers le col se fait sous une neige discrète mais qui ne fait que s'épaissir. Ça tourne rapidement à la tempête. La neige commence à recouvrir la route et je me demande si je ne vais pas être obligé de faire demi-tour. Je passe le col à 25 miles/h, puis longe le village de Duck Creek qui se trouve en léger contrebas. On est au sud de l'Utah, demain c'est le premier mai, et se croirait en Alaska. Je m'arrêterais bien faire quelques photos car le village est assez typique sous la neige, mais j'ai peur de rester bloqué si la tempête s'intensifie. La neige cesse finalement dans la descente et je rejoins l'US89. Ce curieux intermède hivernal m'a bien plu.

Pause midi à Kanab. Pizza à volonté dans une gargote. Je passe un moment avec deux françaises, la mère et la fille, habituées du southwest, qui taillent la route depuis plus de deux semaines. Elles sont affligées par le climat. Elles arrivent du Nouveau Mexique où elles ont eu de la neige ! Elles devaient passer par Moab mais les prévisions y étaient tout aussi catastrophiques et elles ont renoncé. Marre de la pluie et du froid. Elles retournent en Californie en espérant s'y requinquer.

De mon côté, je file en direction de Page. Je m'arrête en chemin à la Ranger station de Big Water pour prendre des infos sur la praticabilité des pistes du coin que mon programme m'oblige à emprunter.

C'est la cata ! Le ranger m'explique qu'elles sont toutes impraticables suite aux incessantes précipitations de ces dernières semaines. Y compris la Cottonwood cyn road et la House Rock valley road. Lorsque je lui confie que j'ai l'intention d'aller aux Wahweap hoodoods le lendemain matin, il me dit que le wash est envahi par l'eau et que, pour y parvenir, je devrais marcher 8 miles (A/R) contre le courant, ce qui lui semble au-dessus des forces du commun des mortels.

Bon, reconnaissons-le, c'est un peu la déprime. Quand même, je trouve ça louche son histoire de wash complètement inondé. Wahweap fait au moins cinquante mètres de large, voire davantage, par endroits ! Je décide d'aller vérifier ça sur place.

J'emprunte la courte piste qui mène au wash et je me gare sur le petit emplacement en surplomb. Mmouais... Il appelle ça inondé ? Il y a bien effectivement un assez large filet d'eau qui slalome au creux du wash mais ça ne me semble pas un obstacle insurmontable. Je traverse le wash à pied, puis continue à avancer sur quelques centaines de mètres pour avoir une vision plus large. Tout ça me semble largement faisable. Je reste sur mon projet du lendemain matin.

Pour occuper ce qui reste de l’après-midi, je rends une énième visite à Horseshoe bend. Incroyable la foule qui s’y trouve en cette fin de journée. Un flot humain occupe le sentier du haut de la dune jusqu’au point de vue. Tout cela sent très fort la mise sous surveillance de l’endroit avec droit d’entrée à la clé. Dans combien de temps ? En contrepoint, un petit groupe de Navajo qui se promène à cheval offre une image « old west » plutôt sympathique. On aimerait qu’ils nous invitent à les suivre…



Soirée à Page. Tiens, un nouveau buffet chinois. On ne s'en lasse pas ! Moins bon que celui d’Hurricane, cependant. La, nuit est tombée. Je retourne sur Big water, minuscule et triste bourgade principalement constituée de mobiles homes décrépis. Mon idée est de passer la nuit au bord de la piste pour être d'attaque dès l'aube. Je trouve un pull out où me garer et je m'installe. Un peu de lecture avant de dormir.
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
JD Jdakota Veteran ·
1er mai. Big Water.

Je me réveille bien avant le lever du jour. Je roule quelques minutes sur la piste et je me gare à nouveau sur le petit parking qui surplombe le wash. J'enfile mes chaussures bonnes à tremper et c'est parti.



En fait, la rivière serpente d'un côté à l'autre du wash et il serait fastidieux et beaucoup trop long de tenter de la contourner. On est donc obligé de la traverser régulièrement, je dirais tous les cent ou deux cent mètres. L'eau est très froide mais peu profonde. Au pire une trentaine de centimètres, souvent moins. On peut donc progresser à une allure presque normale. Avec le recul, les propos du ranger me paraissent très excessifs. J'avance d'un bon pas, surpris de ne toujours pas voir le soleil se lever. Je suis parti plus tôt que je ne l'avais prévu et c'est une très bonne chose.

Environ une heure après mon départ je commence à apercevoir les parois qui abritent les trois zones distinctes de hoodoos. C'est encore loin mais j'avance vite et je devrais les atteindre pile pour le lever du jour. Je dépasse les deux premières zones sans m'arrêter car seule la troisième m'intéresse vraiment. Celle où se trouvent les hoodoos baptisés « Towers of silence ». J'arrive enfin. La séance photo peut commencer.













Je reviens vers la seconde zone, peuplée de hoodoos moins fins, mais non dénuée d'intérêt. Ces lieux sont réellement hors du temps. Seules les traînées de vapeur laissées par les avions de ligne viennent nous rappeler qu'il y a un monde civilisé tout autour.







Allez, un dernier tour vers les Towers of silence pour ne rien regretter. Les petites roches rouges au pied des hoodoos sont sorties de l'ombre ce qui permet de diversifier les prises de vues.











J'entame finalement le retour. Celui-ci me paraîtra plus long que l'aller, malgré l'emprunt d'un gros raccourci qui n'était pas discernable dans l'autre sens. Je retrouve mon véhicule en fin de matinée. Je n'avais pas de montre, donc aucune notion du temps passé depuis mon départ matinal, mais je me souviens avoir été assez surpris du peu de temps dépensé.

Direction Page pour un déjeuner reconstituant. Nous sommes dimanche midi et il y a assez peu de lieux ouverts. J'opte pour le « Canyon crèpes café ». Pas mauvais et accueil sympa. Un de ces endroits reposants avec les menus écrits à la main sur des grandes ardoises et des serveuses timides à peine sorties du lycée. Une bonne adresse que je ne connaissais pas. Je traîne un peu en ville, histoire de voir si je ne pourrais pas louer une jeep capable d'atteindre Yellow Rock. Je me renseigne dans un magasin de sorties sportives. Il me donne l'adresse d'un loueur tout proche mais m'assure que dans l'état ou se trouve la Cottonwood canyon road, même un véhicule de ce genre ne passera pas.

Bon. Et alors, que faire ? Le ciel a repris son habituel aspect gris sale. Je décide de tenter Colorful canyon que l'on appelle aussi Raimbow valley. La piste qui y même est assez courte et débute à Church Wells, sur la US89, entre Big Water et la Contact Paria station.

Une petite sieste sur le bord de la piste avant de décoller. Je ne le sais pas encore, mais je me suis garé au mauvais endroit. Trop loin de deux cent mètres environ. Il n'y a pas de sentier pour se rendre à Colorful canyon, je n'ai pour me guider qu'un point GPS. Je verrouille la direction et je grimpe sur un plateau désertique en filant droit devant. Une demi-heure plus tard, peut-être davantage, je me retrouve à pic d'un canyon d'une cinquantaine de mètre de hauteur. J'aperçois mon objectif juste en face, à quelques centaines de mètres à peine, mais impossible d'y arriver depuis l'endroit où je me trouve. Il faudrait rebrousser chemin et tout reprendre presque depuis le début. Pas le courage. Bon, je n'étais pas non plus très motivé, faut dire...

En repassant à Big water, j'aperçois l'entrée de la longue piste qui mène vers Alstrom point. Un rapide calcul mental et je me dis que le coup est jouable pour y être avant le coucher du soleil, si tant est qu'il y en ait un... On ne sait jamais, cette piste ci est peut-être praticable. Je suis de toute façon décidé à ne pas prendre le moindre risque et à rebrousser chemin en cas de doute.

Pour commencer, il faut descendre et traverser le wahweap wash, ce qui ne pose aucun problème. Le filet d'eau est large mais peu profond. Ensuite, je roule environ dix miles sans aucun problème et je commence à me dire que la chance est avec moi. Puis, alors que je passe le sommet d'une petite côte, je tombe sur une sorte de coulée de boue noirâtre de quelques mètres de large qui est venue couper la piste en contrebas. C'est une sorte de mélasse étrange. On dirait presque du pétrole. C'est descendu de l'une des collines grises qui borde la route. Pas moyen de traverser ce truc. C'est large et profond. Il y a encore les traces de véhicules qui s'y sont essayés en vain. Un itinéraire bis a bien été tracé sur la gauche, mais il passe par un fossé que je doute de pouvoir franchir. On dirait bien que je vais encore devoir abandonner. Quel après-midi de loser !

Je reviens sur l'US89. Il me reste assez peu de temps avant le coucher du soleil. Une heure et demie à tout casser. Et pourquoi ne pas aller jeter un œil aux Rimrock Hoodoos ? Ceux-là se trouvent quasiment en bord de route et je n'ai jamais pris le temps de m'y arrêter. Ce n'est certes pas le site le plus sauvage du monde. Quand j'arrive, un trio de jeunes chinois ont entrepris de se prendre en photo les uns les autres devant Toosdool hoohoo qui est un peu l'attraction du site. Ce genre de petit jeu auquel se livre immanquablement tout touriste chinois qui se respecte peut durer très très longtemps. Ceux-là sont particulièrement insupportables, complètement hermétiques aux réactions agacées qu'ils provoquent autour d'eux.







Je file plus loin. Contournant le massif qui me fait face, je découvre une seconde zone de hoodoos, abrités dans une large alcôve. Moins intéressants, cependant. Même si la colline qui nous sépare de l'US 89 est assez particulière.



Bon, on dort où ce soir ? Je décide d'aller voir du côté de Paria outpost si le camping est possible. Ce n'est qu'à 3 ou 4 miles d'ici.

En bifurquant pour y entrer, je croise Steve Dodson qui quitte les lieux. Les Dodson, propriétaires des lieux, sont des outfitters, c'est à dire qu'ils organisent des journées de visites dans les sites reculés de la région à bord de leurs véhicules tous terrains. J'ai fait appel à eux une fois en 2008 pour aller à Cottonwood cove et à White Pockett. Une journée mémorable. J'ai croisé Steve trois ans plus tard alors que je remontais à pied la piste menant à Paw Hole, pendant que lui la descendait avec ses clients du jour. Il m'avait reconnu et avait tenu à s'assurer que j'avais suffisamment d'eau pour la journée. Il m'avait également dit qu'il m'aurait emmené là-haut s'il avait été dans l'autre sens. Sympa.

Steve parti, je m'attendais à trouver sa femme, Susan. Mais personne. J'attends un peu. La nuit s'installe. Je repars. Je vais m'installer sur le parking de la Cottonwood canyon road qui se trouve à quelques miles de là dans la direction de Page. Je ne sais pas s'il est permis d'y passer la nuit mais vu qu'il n'y a aucune source lumineuse dans le secteur, personne ne verra ma voiture une fois l'obscurité tombée.

Pour tout dîner, je me contente d'une boite de pêches au sirop. Un peu de lecture et on se couche.
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
69 69Eric Veteran ·
un trio de jeunes chinois ont entrepris de se pendre en photo les uns les autres devant Toosdool hoohoo

😏... le lapsus révélateur !! Blague à part je te suis depuis le début en silence et je me régale. Tous ces endroits me sont totalement inconnus. Tes photos sont superbes. Ce n'est pas ton 1er voyage dans le wild west. Tu pars seul à chaque fois ? Merci pour le partage. A+ Eric
JD Jdakota Veteran ·
Salut et bravo pour la découverte de ce lapsus on ne peut plus révélateur quoique pas très glorieux. Tu verras par la suite que ce n'est pas ma seule rencontre conflictuelle avec nos amis asiatiques durant ce voyage.

je te suis depuis le début en silence

Merci à toi de rompre le silence car il m'arrive de me sentir un peu seul sur ce fil 😕.

Non ce n'est pas mon premier voyage dans l'Ouest. Ni même le second et pas même le troisième. Pour être franc, je vais bientôt manquer de doigts pour les compter 😏.

C'est la caractéristique de cette belle région que de compter suffisamment de sites populaires ou confidentiels, voire très confidentiels comme tu le verras également plus tard sur ce carnet, pour remplir de nombreux séjours sans avoir le sentiment de se répéter.

Tu pars seul à chaque fois ?

Non, il m'arrive de partir avec des membres de ma famille et/ou des amis afin de leur faire découvrir cette région. Mais je ne rédige généralement pas de carnet pour ces voyages là. Je ne pars pas seul non plus pour les voyages ailleurs que dans l'Ouest (Asie, Afrique, Europe du Nord). Mais parfois, j'ai réellement envie de partir seul avec mon appareil photo afin de me consacrer complètement à cette passion. Ce qui est impossible sinon, à moins de partir avec des gens qui ont les mêmes buts, ce que je n'ai encore jamais pu faire. @+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
KA Kashtin Globetrotter ·
Salut Patrice,

Tout cela me conforte dans l'idée que mai est un mois pluvieux – ou neigeux selon l'altitude. Excepté en 2007 où il a été exceptionnellement beau (du moins pour nous qui avions fait une boucle à partir de San Francisco, passant par le Nevada, l'Utah et l'Arizona). Mais en juin il commence à faire un peu chaud pour randonner (toujours pour Alain et moi), sauf dans les Etats montagneux. Reste l'automne, qu'on n'a jamais expérimenté aux US...

J'ai remarqué que les rangers sont toujours extrêmement prudents, ils ne souhaitent pas se retrouver avec un procès sur le dos à un million de dollars (je plaisante 😎). Bon, mieux vaut ça que le contraire, ensuite c'est à toi, comme tu l'as fait, d'adapter, selon que tu le sens ou non.

Chouettes photos des Toadstool Hoodoos 🙂.
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/

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