14 février 2012. 23h55
Enfin nous quittons Genève et ses températures négatives. Nous prenons le vol Swiss pour Bangkok via Zurich. Nous atterrissons à Bangkok et une chaleur moite nous attend. Nous récupérons nos bagages D'après les informations que nous recueillons sur place, il semble que le bus pour la gare de Hualamphong sans changement n'existe plus. Nous prenons donc le Skytrain pour Makasan. De Makasan, nous sortons de la gare pour prendre le métro pour la gare de Hualamphong.
A Hualamphong, nous trouvons le représentant de Travex qui nous remet nos billets de train pour NongKai (couchettes 1ère classe réservées et payées via le site internet www.thailandtrainticket.com) et lui payons les Tbh 300 prévus pour ce travail. Nous nous restaurons dans une petite gargote juste en face de la gare. Le train part avec env. 1 h de retard ce qui ne semble stresser personne. Le lendemain matin, nous arrivons à NongKai, point de sortie de la Thaïlande avec 2 h 30 de retard. Nous constatons avec bonheur que le train (Tbh 40 pour 2) qui traverse le pont de l'Amitié pour Thalaneng, poste frontière du côté laotien a attendu que tous les voyageurs aient terminé leurs formalités de sortie de la Thailande avant de prendre son départ.
Vientiane
A Thalaneng, nous obtenons nos visas pour 30 jours au Laos (coût USD 35 par pers). Ensuite un tuktuk nous emmène au centre de Vientiane. Nous marchons en direction du quartier touristique pour y trouver une Guest House (GH). Notre choix se porte sur la Mixay recommandé par le Lonely Planet (LP).
Le soir nous mangeons dans la rue à deux blocs de notre GH un succulent poulet grillé accompagné de riz dit gluant qui est plus exactement un riz collant avec une bière nommée Beer Lao qui contient 6.3 dl. Le lendemain nous louons deux vélos pour faire le tour de la capitale qui ressemble à une petite ville provinciale. Nous visitons notamment le centre de la COPE qui présente un musée sur les bombes à fragmentation qui ont été larguées par millions sur le Laos durant la guerre du Vietnam. Le centre de la COPE fabrique des prothèses pour les personnes qui ont été touchées par ces engins qui tuent ou blessent aujourd'hui encore de nombreux civils, notamment des enfants et ce malgré les travaux de déminage.
Ce qui nous frappe au premier abord, c'est que les Laotiens sont d'un calme imperturbable. Ils sont charmants et essaient toujours d'aider. Après deux nuits passées à Vientiane nous réservons notre départ pour Vang Vieng.
Vang Vieng
Le bus est sensé nous prendre à 09h30 à la Mixay GH. Il arrivera à 10h15 et nous déposera à la station de bus. Nous nous rendrons compte plus tard que les tuktuks qui vont chercher les voyageurs à leur hôtel ne les emmènent généralement qu'à l'endroit d'où part leur bus. Nous nous habituons aux horaires laotiens plutôt souples. Notre bus partira finalement à 11h00. Une vingtaine d'Occidentaux voyagent dans ce bus climatisé et confortable pour le pays. Nous anticipons une certaine concurrence pour la recherche du meilleur rapport qualité/prix dans les GH à Vang Vieng. Nous sommes sereins car nous avons réservé une chambre à la Maylin . Le voyage Vientiane-Vang Vieng dure 4 heures inconfortables en raison de l'état de la route.
Nous découvrons la Maylin après avoir traversé le pont payant (4 000 kips a/r par personne). Cette GH nous a été recommandée par un VoyageFormiste. Elle est tenue par un Irlandais qui vit au Laos depuis de nombreuses années. A la Maylin, nous avons un petit bungalow (le 19) face à un panorama superbe avec en toile de fond les magnifiques montagnes karstiques. On nous donne un carnet avec le numéro de notre chambre. Dans ce carnet, nous notons nos consommations, repas, la blanchisserie, enfin bref tous nos achats. Donc, nous vivons à crédit durant notre séjour. Cela nous paraît surréaliste aujourd'hui car nous verrons par la suite que le plus souvent on nous demande de payer d'avance toutes les prestations que nous commandons.
La première nuit passée à Vang Vieng nous confirme que nous avons bien choisi notre GH car les établissements sis de l'autre côté de la rivière produisent des décibels qui nous parviennent bien atténués.
Le 1er soir, nous visitons Vang Vieng à pied. Pour traverser la rivière avec un pont gratuit, il faut remonter la rivière sur 300 mètres depuis la Maylin puis emprunter le pont qui enjambe la rivière. Voir photo du pont dans le LP. Cette agglomération n'a rien de particulier si ce n'est que de nombreux Occidentaux s'y rendent pour le tubing. Nous prenons une pâtisserie puis allons manger dans un restaurant indien. Nous rentrons aux environs de 20 heures avant que la musique ne commence; nous croisons énormément de jeunes européens accrochés à leur seau (bucket) contenant des glaçons avec de l'alcool local (lao lao) et des pailles. Au vu de la difficulté qu'ont certains à se déplacer, la soirée a dû commencer tôt.... Vang Vieng ne fait pas mentir sa réputation.
Le lendemain, nous louons un scooter de l'autre côté du pont (40 000 kips pour la journée + 30 000 kips d'essence) car nous voulons visiter les grottes de Tham Loup et Tam Hoi. Il faut préciser qu'aucun véhicule n'est assuré et que tout accident devra être entièrement assumé par le touriste ayant loué le véhicule. Les véhicules sont usés prématurément en raison de l'état des routes et, là encore, toute réparation incomberait au touriste ayant loué le véhicule. Il convient donc d'être attentif à l'état du véhicule avant toute location.
Attention aussi à la manière de conduire lao :les véhicules en sens inverse évitent les trous, doublent etc.. et se trouvent donc souvent face à nous. Nous roulons à 45-50 km/h quand soudain le goudron disparaît, remplacé par d'énormes trous. Heureusement que le scooter est équipé de freins à disques efficaces. Pour limiter le risque de chute, il vaut mieux ne pas dépasser les 40 km/h. et ètre très attentifs à tous les usagers potentiel de la route (incluant buffles d'eau, chiens, poules, etc..)
Le billet d'entrée des grottes est de 10 000 kips par personne et inclut le prêt d'une lampe frontale. Nous accédons à la grotte de Tham Loup gardée par un bouddha assis. Avec notre guide nous marchons à l'intérieur de cette grotte parsemée de stalactites et de concrétions en forme de vagues verticales. Effectivement une visite sans guide présente peu d'intérêt. La seconde grotte elle, peut se faire sans guide car elle est petite 30-40 mètres de long ornée d'un petit bouddha assis.
Nous prenons le chemin du retour et cherchons le départ du tubing. Nous ne trouvons pas tout de suite l'endroit où il faut bifurquer car les poteaux indicateurs sont tout petits ou simplement inexistants. En fait, il faut emprunter le chemin pour l'Organic Farm Mulburry. L'Organic Farm Mulburry se trouve à quelques mètres du départ du tubing. Quel contraste ! Des bungalows sur pilotis près d'une ferme où l'on privilégie le calme, le respect de la culture lao, un mode de culture de type bio et, juste à côté, de la musique à fond, des Occidentaux imbibés d'alcool, assis en plein soleil qui de temps à autre se jettent dans la rivière au moyen de tyroliennes.
Le lendemain, nous décidons d'aller au Blue Lagoon et de grimper en passant sur le Natural Nguer Mountain d'où la vue est paraît-il magnifique. Nous louons un scooter en face de la Maylin pour éviter le pont à péage. Le scooter que nous louons est bien plus fatigué que celui du jour précédent. Le compteur, les jauges, le klaxon ne fonctionnent pas.
Heureusement nous avons acheté la carte HoboMaps de Vang Vieng. Les poteaux électriques sont numérotés et nous trouvons facilement la Nguer Mountain. Entrée: 10 000 kips par personne. Un enfant d'env. 8 ans se propose de nous guider. Nous déclinons. Le sentier est très bien indiqué. La montée est rude. Nous ne sommes pas entraînés et sentons bien le poids des années. D'en haut, on peut effectivement admirer tous les environs.
Avant de nous rendre au Blue Lagoon, nous nous arrêtons dans un village Hmong pour nous désaltérer. Les Hmongs ont leur propre langue et leur propre culture. Nous faisons la connaissance d'un Anglais qui voyage en Asie depuis de nombreuses années. Il a passé plus d'un an au Laos et nous apprend que les Hmongs ont un important sens de la communauté. La communauté pourvoit à leurs besoins lorsque c'est nécessaire. En retour, ils doivent s'occuper de leur communauté lorsqu'elle en a besoin. Les filles et les garçons ont les mêmes droits. Il nous donne des informations sur la spécialité locale des ponts payants. Dans les environs de Vang Vieng, presque tous les ponts sont payants (normalement 10 0000 kips par véhicule). Les ponts payants sont gérés par plusieurs villages. Chaque village envoie un gardien de pont pendant une certaine période, puis c'est le tour d'un autre village. L'argent récolté sert en partie à rémunérer le gardien, le reste est utilisé pour financer les dépenses du village et l'entretien du pont. Intéressante façon de financer les dépenses communautaires !
Nous reprenons la route du Blue Lagoon. Nous croisons quelques cyclistes que nous plaignons car il fait vraiment très chaud et la poussière levée par les quelques véhicules qui passent doit certainement les incommoder. Au Blue Lagoon de nombreux touristes sont là, en majorité des familles. L'eau est vraiment bleue. L'appellation n'est pas usurpée. Les enfants jouent, grimpent à l'arbre, se pendent aux cordes et sautent dans l'eau. L'ambiance est détendue. C'est très agréable. Il y a une petite boutique où l'on peut faire quelques achats et manger des sandwiches et salades. Rien à voir avec le tubing.
Nous continuons par la boucle dans de très beaux paysages. Les routes sont en très mauvais état. Sans la carte ou une solide connaissance des lieux, il doit être très facile de se perdre. Nous croisons beaucoup de vaches et quelques buffles. Nous passons quelques villages et écoles. Sur le chemin du retour, il y a beaucoup d'enfants à vélo. C'est probablement l'heure de la sortie des classes. Nous passons quelques ponts où nous lâchons les habituels 10 000 kips, puis rentrons à notre GH, couverts de poussière et prêts à prendre une douche. Le soir, nous retournons à notre restaurant indien. Ce circuit est à débuter en matinée pour éviter les grosses chaleurs.
Le lendemain, nous partons pour Luang Prabang. Nous quittons la Maylin en empruntant le pont payant. Certaines personnes nous ont dit que cette partie du voyage était pénible car la route est sinueuse et en mauvais état. Effectivement elle est sinueuse (c'est une route de montagne), mais seule la sortie de Vang Vieng est pleine de trous. Le reste est en bon état comparé à la portion Vientiane - Vang Vieng. Nous arrivons à 17h30 à la gare routière de Luang Prabang. Après discussion, nous en prenons un tuktuk à 6 000 kips chacun.
Luang Prabang
Nous partons à la recherche de notre GH, la Sysomphone. Ayant oublié d'imprimer le plan, nous avons du mal à la trouver. Elle se trouve dans une petite rue à côté de la Merry1 et de la Thony2. La chambre est très grande ainsi que la salle de bains. Le patron est accueillant. Il parle encore quelques mots de français, vestige d'une époque où le français était la langue de l'administration. Nous partons visiter le marché de nuit qui nous plaît beaucoup même s'il est très touristique. On y trouve un très bel artisanat, notamment des tissus, du bois sculpté et aussi des stands de nourriture. Nous mangeons dans une rue adjacente et rentrons à la GH. Le lendemain, nous partons découvrir Luang Prabang. Nous nous promenons au bord du Mékong et tombons sur le port d'où partent les long boats pour différentes destinations.
Nous visitons quelques temples. Certains sont magnifiques, d'autres moins. Le prix d'entrée est de 20 000 kips par personne et il n'a rien à voir avec l'état du temple. Nous pensons que ce droit d'entrée est destiné à l'entretien du temple. Nous visitons aussi le musée TAEC qui présente les principales ethnies du pays. Le soir, nous mangeons au marché de nuit ou l'on peut choisir ce que l'on veut parmi bon nombre de plats de la cuisine laotienne. Tout y est excellent et en prime la vendeuse est souriante et l'ambience détendue. Avant de rentrer à notre GH, nous dégustons les fameux jus de fruits (shakes) que tant de voyageurs nous ont vantés. Banane, mangue, ananas, papaye, tomate, citron, pastèque, dragon fruit et j'en passe. Quel bonheur ! Durant notre voyage au Laos (et aussi au Cambodge), nous en consommerons tous les jours. Et tant pis pour les recommandations de ne pas consommer de boissons avec de la glace. Ces jus de fruits ne nous rendront jamais malades car la glace est d'origine industrielle. Elle est juste pilée sur place.
Nous décidons de visiter les cascades de Kuang Si en tuktuk. RDV est pris pour un départ à 11h30. L'entrée du parc coûte 20 000 kips pp. Nous y trouvons d'abord un enclos occupés par plusieurs ours. Ces ours servaient d'animaux de cirque, étaient maltraités ou avaient été capturés par des braconniers. Une équipe de passionnés en prend soin et donne des explications sur la vie des ours dans le parc. Nous suivons ensuite le sentier qui conduit aux chutes. Il y a plusieurs niveaux de chutes et 2 bassins où l'on peut se baigner. L'endroit est très reposant. Beaucoup de familles profitent de la quiétude des lieux et nous voyons de magnifiques papillons d'une taille impressionnante
Le lendemain matin, après avoir gravi la colline du Phu Si (env 350 marches à monter. 20 000 kips pp) qui comporte quelques jolis temples et stupas, nous visitons le palais royal.
Puis, le dimanche, nous nous réveillons tôt pour voir l'offrande aux moines. Cette pratique religieuse consiste, pour les fidèles, à donner de la nourriture aux moines. Cela se passe dans la rue, juste devant l'école primaire de Luang Prabang. A 5 h du matin des cars, minubus et tuktuks convergent vers l'endroit. Manifestement, cette offrande attire de nombreux touristes. Les fidèles et certains touristes (en majorité des Asiatiques probablement bouddhistes) s'installent sur le trottoir, un panier de riz collant et des fruits à portée de main. Les fidèles prélèvent un peu de riz de leur panier et le jettent dans le bol des moines. Nous avons constaté que les moines eux-mêmes jetaient des petits sachets de riz à des mendiants ou des enfants qui quémandaient. En somme, les moines demandent l'aumône, les fidèles les nourrissent et gagnent ainsi quelques points dans leur spiritualité. Les mendiants et les nécessiteux profitent des dons des moines. Un très bon système bien réglé où tout le monde trouve son compte. Nous avons aussi remarqué la patience et (du moins en apparence) la tolérance des moines vis à vis de l'attitude peu respectueuse de certains touristes qui viennent prendre des photos à quelques centimètres de leur visage.
L'après-midi, nous visitons le centre de l'Unesco qui forme de jeunes Laotiens aux métiers de la restauration des temples. Nous nous rendons aussi au Ock Pop Tok Living Crafts Centre qui encourage le tissage de la soie en particulier.
Le lendemain, le tuktuk nous prend à 08h00 comme prévu et nous amène au départ des bateaux (celui que nous cherchions depuis plusieurs jours). Nous avons payé 130 000 kips pour le voyage en longboat et à la "capitainerie" en face de Galong 4, proche du café Mékong Le prix officiel est de 110 000 kips. Nous parvenons à obtenir une place dans un fauteuil (l'un de nous deux utilisera le banc) car nous sommes en compagnie de touristes hollandais qui n'hésitent pas à pousser pour s'asseoir sur les fauteuils et non sur le banc dur car le voyage dure 8 heures.
Au début, le Mekong est large et calme. Par moment, notre pilote passe d'une rive à l'autre, preuve que des bancs de sable non visibles existent. A un moment donné, nous passons sur la rivière Nam Ou. Puis, les premières falaises apparaissent et la rivière devient tumultueuse. Le copilote descend et guide l'avant du bateau pour éviter les bancs de gravier (50cm d'eau, moins parfois au bruit que produit l'hélice). Au milieu de nulle part, le pilote s'arrête sur un banc de sable et tout le monde descend pour une pause sanitaire.Des enfants jouent avec des barques et plus loin des buffles d'eau se baignent. Seuls leurs cornes et leur mufle noir dépassent de l'eau créant ainsi une impression de pierre affleurante.
Le co-pilote enlève notre hélice récalcitrante au marteau; le pilote quant à lui affûte une nouvelle hélice sur un caillou. Puis, le remontage de l'hélice peut commencer. Ensuite, nous remontons la rivière qui est de plus en plus agitée. L'expérience du pilote est constamment mise à l'épreuve. Nous avons la chance d'avoir un pilote qui connaît parfaitement sa rivière ! A chaque "rapide" nous voyons des chercheurs d'or filtrer le sable. Puis nous voyons des extracteurs de sable bricolés sur des radeaux de bambou avec un tapis pour sélectionner le sable et rejeter les pierres. Nous espérons qu'ils n'utilisent pas de mercure pour séparer l'or. En effet, la rivière est un lieu de vie central où les gens font leur toilette, lavent leurs légumes et leur linge et encore ... leurs motos. Une enfilade de "rapides" se présente et notre pilote nous débarque tous en nous enjoignant de marcher environ 15 minutes en bordure de rivière. Il est vrai que nous sommes en fin de saison sèche et que le niveau de la rivière est vraiment bas. Nous retrouvons notre embarcation et lorsque nous remontons à bord, le copilote est en train de limer l'hélice qu'il vient de changer. Cela a dû toucher en montant.
NongKhiaw
En fin de journée, nous arrivons à NongKhiaw. Nous trouvons une chambre à la NamHoun GH. NongKhiaw ressemble à une ville étape. Il y a peu de choses à faire. Nous visitons les grottes à 2 km de la bourgade. La 1ère grotte ne présente pas d'intérêt. La seconde servait de banque centrale laotienne pendant la guerre du VietNam. L'accès se fait par un siphon qui conduit à une grande grotte. Il semble que le chemin continue, mais sans guide, Jean-Pierre décide de rebrousser chemin. Un guide aurait été nécessaire. Le soir, nous mangeons au Deen restaurant indien recommandé par le LP.
Le lendemain, nous prenons le bateau pour MungNgoi Neua. D'après le LP, Mung Ngoi a tellement été bombardée pendant la guerre que les autorités ont décidé de déplacer le chef-lieu de la province à NongKhiaw jusqu'à ce que des voyageurs la redécouvrent et vantent la beauté de son cadre. Le parcours est en effet magnifique. La rivière serpente paisiblement au milieu de ces montagnes karstiques. Le spectacle est de toute beauté. Après moins de 2 heures de navigation (et 25 000 kips pp), nous arrivons à MungNgoi.
MuangNgoi
Les touristes viennent ici pour les paysages, le kayaking et les treks vers les villages Hmongs, Kameu et Laaks. Nous logeons à la GH NingNing. Nous faisons le tour du village (une route de terre de 500m de long env). Le village n'est accessible que par voie fluviale. L'électricité est produite par un générateur depuis la tombée de la nuit jusqu'à 22h. Puis, plus rien, tout le monde va se coucher.
Nous décidons de visiter les villages typiques des alentours et suivons un sentier sur quelques km puis nous acquittons d'un péage de 10 000 kips pour rentrer sur le territoire des villages (un panneau indique que cet argent bénéficie à l'école du coin) De là, nous suivons le chemin au bord d'une falaise. Le chemin est cahoteux. Il vient d'être ouvert pour laisser passer des tracteurs à deux roues généralement attelés à un char qui servent à transporter des gens et du matériel. La route a été également ouverte pour permettre une exploitation de bois. Nous observons les bûcherons: ils coupent les troncs jusqu'à 30 cm de diamètre à la machette. Les troncs dont le diamètre avoisine 80 cm semblent être coupés au moyen d'une scie à deux mains au vu des marques sur les troncs abattus. Pour scier ces gros troncs, les habitants utilisent un échafaudage qui leur permet de scier au-dessus des racines apparentes à environ 1,80 mètre du sol.Les bûcherons n'ont pas l'air d utiliser de tronçonneuses. Nous arrivons au village de Ban Na où de nombreux tisserands sont au travail. Ils préparent les paniers qui contiennent le riz collant et ce n'est pas pour les touristes.
Nous nous désaltérons avec une bière servie par la tenancière d'un "café". La boisson a été placée dans une glacière dans laquelle des glaçons ont dû exister... Comme le village n'a pas d'électricité, tout doit provenir de MungNgoy. Nous retournons à MungNgoy en coupant à travers les rizières asséchées.
Demain, nous reprendrons le chemin de Luang Prabang par le bateau jusqu'à NongKhiaw (25 000 kips pp) , puis par le bus jusqu'à Luang Prabang (55 000 kips pp). Nous voulons poursuivre notre voyage vers Vientiane avec le bus couchettes.
Nous quittons MuangNgoi par le bateau. Nous redescendons la rivière et cette fois une belle vague embarque et nous arrose copieusement. Tout le monde rit. A l'arrivée, nous obtenons les deux dernières places dans le minibus pour Luang Prabang. Nous partons donc serrés à la Lao (16 personnes sur deux bancs). Un peu plus loin, le minibus croise un camion qui arrose la piste pour éviter la poussière. Les jets sont situés exactement à la hauteur de notre banc et malgré les coups de klaxon de notre chauffeur, nous sommes à nouveau copieusement arrosés. Nous faisons 50 mètres et le chauffeur stoppe pour embarquer 6 personnes supplémentaires: 3 dans la cabine et 3 derrière.
Quelques km plus tard, notre chauffeur glisse 3 chaises d'enfants en plastique entre les jambes des voyageurs. Il invite les 3 derniers passagers à les utiliser ! Pendant tout le trajet, nous chargeons et déchargeons des passagers et des marchandises. Le voyage durera 4h30 pour 105 km. Nous arrivons enfin à la gare routière de Luang Prabang Sud et demandons des places dans le sleeping bus pour Vientiane. Il se trouve que le bus couchettes de ce soir est complet. L'employé offre à Jean-Pierre des places dans un bus sur le point de partir. Il accepte et quelques minutes plus tard, nous réalisons que nos places sont au dernier rang, que le bus ressemble à une fournaise et que nous sommes les seuls étrangers. Nous quittons la gare routière à 17h00. Durant toute la nuit, le bus s'arrêtera pour prendre les passagers qu'il trouve sur sa route et leurs bagages. Notre chauffeur est très prudent. Cela compense partiellement l'inconfort. La climatisation du bus fonctionne par intermittence. Lorsqu'elle ne fonctionne pas, c'est une poussière fine qui s'engouffre dans les tuyaux de la climatisation. Cette poussière irrite les voies respiratoires.
Nous sommes partis à 17 heures et arrivons à la gare routière Nord de Vientiane à 06h30. La distance est de 383 km et la température doit avoisiner le 28 degrés C.
Re- Vientiane
Nous négocions un tuktuk qui nous amène directement à la Mixay GH. Après de l'attente, nous obtenons une chambre et pouvons enfin prendre une douche et nous changer.
Nous décidons que lundi, nous demanderons une extension de 5 jours de notre visa lao. Il nous reste à faire la boucle de Thakaek, le plateau des Boloven et les 4000 îles. Par la suite, nous comptons nous rendre au Cambodge pour visiter Angkor. Lundi matin nous prenons notre ticket de bus pour Thakaek (120 000 kips pp) Le bus part à 13h00. Arrivée prévue 17h00. Arrivée effective 18h30. Il fait déjà nuit. Le plan du LP, indique que le Thakaek Travel Lodge (90 000 kips la chambre avec sdb) se trouve à 400 mètres env. A la gare routière, les chauffeurs de tuktuk nous disent que l'hôtel se situe a 3-4 km. Puis, un hôtelier nous confirme les 3-4 km. Nous prenons donc un tuktuk pour 15 000 kips par personne (âprement négocié). A vue de nez, les 3 km y sont sur une route en mauvais état qui nous aurait obligés à porter nos sacs à dos à roulettes de nuit sans éclairage public .
Thakaek et la boucle
Le lendemain, nous allons visiter Thakhaek. Il n'y a absolument rien à faire dans cette ville qui semble prise de léthargie et ignorer ce que "se presser" signifie. Donc, repos, promenade au bord du Mékong et jus de fruits sont au menu.
Le jour suivant, nous décidons de faire la boucle de Thakhaek décrite dans le LP. Nous laissons nos bagages principaux au Thakaek Travel Lodge et partons avec un scooter de Mr Ku (100 000 kips par jour. Un loueur en ville loue des motos à 50 000 kips par jour si on loue pour plus de 3 jours, mais nous choisissons Mr. Ku pour son service). L'essence au Laos coûte plus d'un Euro le litre (en fonction de l'endroit où on l'achète). Comme recommandé par Mr. Ku, nous faisons la boucle dans le sens inverse des aiguilles de la montre. La route se déroule sous nos roues et nous visitons une grotte sur les 5 proposées sur le plan fourni par Mr. Ku (Buddah cave). En effet, nous avons déjà visité beaucoup de grottes au Laos. A Nakai, nous attaquons une route défoncée et en travaux. En arrivant à la GH nous constatons qu'un sac à dos s'est ouvert et que nous avons perdu les vêtements de rechange prévus pour ces quatre jours. Retour en arrière pour essayer de retrouver nos habits. Nous ne retrouvons que quelques sous vêtements. Passablement énervé, Jean-Pierre roule vite. A un endroit donné, plusieurs nids de poule se suivent. Notre pneu arrière crève. Nous hélons une camionnette et retournons au village précédent. Un mécanicien change notre chambre à air irréparable et nous demande 25 000 kips. Nous achetons des Tshirts de rechange au marché local puis reprenons notre route pour Thalang. Nous logeons au Sabaidi GH (la chambre coûte 50 000 kips). Plusieurs autres motos de Mr. Ku arrivent (7 ou 8). Le patron de la GH essaie de plaire à sa jeune clientèle. Il est sympa, mais nous trouvons les lits vraiment durs et les portions de repas petites. Nous parlons avec quelques personnes de ce groupe de jeunes de plusieurs nationalités européennes. Ils sont sympas. Le lendemain matin, nous subissons une grosse averse. Enfin, cela se calme et nous prenons la route. Après quelques km, notre pneu arrière crève à nouveau. Heureusement, dans le groupe de jeunes qui suit, Il y a un Anglais qui est équipé de minutes et d'un kit de réparation. Il place une rustine sur notre chambre à air et nous pouvons poursuivre notre route. Noua apprécions leur aide. Sans eux, il ne nous restait plus qu'à faire demi-tour.
Entre Thalang et Laksao, la route est exécrable ! La distance est de 62km. Mr. Ku prévoit 4-5 heures! Et effectivement, on ne peut aller plus vite. Pendant la première partie de ce voyage, il n'y a pas de village. En cas de pépin sérieux, il faut retourner à Thaleng: Il y a peu de véhicules. La forêt est magnifique. Dans la 2ème partie du parcours, les engins de terrassement que nous voyons nous font craindre le pire pour cette forêt primaire. Nous traversons quelques villages. Les enfants nous saluent en riant. Ils agitent leurs mains à notre passage. Les habitants vivent en compagnie de poules, canards, buffles d'eau. Nous voyons aussi des paraboles. Ils n'ont pas grand chose, mais la télé, ils l'ont!!
Nous arrivons enfin à Laksao après 4h de route. Quel soulagement!
Nous prenons un petit lunch à Laksao, toujours en compagnie de l'équipe de jeunes juchés sur leurs motos Kalao de Mr. Kue, faisons le plein et retrouvons le goudron à notre grande joie. Peu après Laksao, nouvelle crevaison! Toujours ce pneu arrière. La chambre à air est à nouveau irréparable. La chambre à air est changée (20 000 kips) et nous repartons tous en groupe. Quelle chance nous avons eue de tomber sur cette équipe de jeunes si sympathiques et serviables.
Nous visitons le "cool spring" a env. 3km de la route sur une piste poussiéreuse. C'est un bassin d'eau très fraîche où semblent se rendre tous les habitants du coin. Ils se baignent tout habillés et s'éclaboussent avec de grands rires, puis repartent sur leurs motos.
A un moment donné, quelques habitants font la fête. Ils nous invitent tous à se joindre à eux. Nous apprendrons par la suite que c'est la journée de la femme. De la musique lao, quelques bières et un peu de nourriture. Ils sont vraiment sympas ces Laos. Mais nous devrons reprendre la route pour être à la grotte de Konglor avant la nuit. La route est bonne et nous arrivons sans souci à Konglor juste à la tombée de la nuit. Nous nous arrêtons à la Sylomyan GH pour la nuit car nous craignons qu'il n'y ait pas suffisamment de place pour toute l'équipe au Chanta House.
Le lendemain, nous prenons la route avec l'équipe de motards de Mr. Ku. Ils ont pu trouver de la place pour tous dans les dortoirs. (Le dortoir n'est vraiment plus de notre âge). Nous visitons la grotte de Konglor. La grotte abrite des cavités intérieures hautes de plus de 100 mètres. Elle mesure 7 km et est traversée par une rivière qui mène au village de Ban Na Tan. Les guides nous montrent les chauve souris qui y logent. Nous circulons sur de petites barques en bois accompagnés d'un pilote et de son assistant. A un moment donné, nous descendons pour suivre un sentier éclairé avec de nombreuses stalactites et stalagmites. C'est vraiment beau. Parfois, nous devons descendre et marcher un peu car le niveau de l'eau est trop bas. A Ban Na Tan, nous visitons le village. Lors de notre visite, les habitants récoltaient et séchaient des feuilles de tabac qu'ils vendront par la suite à des cigarettiers.
De retour à Konglor, une averse tropicale nous trempe tous en quelques minutes. Nous prenons congé de notre équipe de jeunes motards qui rentre à Thakaek le jour même. Ils ont vraiment été très gentils et serviables avec nous et nous les remercions. Nous partons à pied sur un chemin que nous indique le propriétaire de notre GH. Le village ressemble à tous les villages laos : enfants souriants, curieux et bavards, animaux qui vivent sous le même toit que la famille, chiens qui dorment sur la route et ne se déplacent même pas lorsqu'un véhicule arrive. Le soir, tous les GH sont complets. Le propriétaire de notre GH installe une natte et une moustiquaire pour des touristes qui n'ont pas trouver à se loger.
Le lendemain, nous rentrons à Thakaek et arrivons sans encombre au Thakaek Travel Lodge. Nous récupérons nos bagages du store room et restituons la moto à Mr. Ku qui nous dit que nous aurions dû lui téléphoner à la 2ème crevaison car l'expérience lui a appris que cela provenait de la dimension des pneus qui est trop petite pour cette moto et que si nous l'avions appelé, il nous aurait envoyé quelqu'un pour nous changer le pneu. Mr Ku, nous aurions préféré savoir cela avant !
Pakse et la boucle du plateau des Boloven
Le soir même, nous prenons un bus de nuit pour Pakse (30 000 kips pour 2 pour le tuktuk pour la gare routière + 60 000 kips pp pour le bus) et arrivons tôt le lendemain à Pakse. Accompagnés de quelques touristes, nous prenons un tuktuk pour le centre ville et arrivons au Sabaidi2 GH recommandé par le LP. Nous espérons obtenir une chambre dans cet établissement et, heureusement, nous l'avons (78 000 kips avec douche sdb).
Nous nous renseignons sur les locations de moto pour le plateau des Boloven. Le prix est identique partout : 50 000 kips/jour si la location est de 3 jours min.
Nous retournons à la GH et avons la chance de tomber sur un touriste qui revient du plateau des Boloven. Il a loué une petite moto pour 2 et nous donne quelques tuyaux. Nous louons une moto un peu plus puissante que les Hondas car Jean-Pierre préfère avoir de la réserve de puissance (nous payons 240'000 kips pour 4 jours). Nous partons pour Tad Lo. Cette première chute d'eau est jolie. Il y a possibilité de dormir chez l'habitant mais nous préférons un petit hôtel (70 000 kips la nuit). Nous mangeons chez Mama qui est une petite femme souriante et pleine d'énergie. Le soir, nous nous installons et passons notre commande; puis voyons les voyageurs du coin affluer. Manifestement, Mama est connue loin à la ronde. Sa nourriture est excellente et copieuse (55 000 kips pour 2). Nous y retournerons demain pour ses pancakes à la banane si réputés (15 000 kips le petit déj pour 1 personne composé d'un pancake et d'un milkshake).
Le lendemain, nous partons vers Salavan. Nous nous rendons au marché et y achetons quelques fruits. Nous revenons sur nos pas en direction de Thateng et Sekong. Ces bourgades ne présentent guère d'intérêt. Ensuite, nous bifurquons à Ban Lak pour les chutes de Katamtok. Jean-Pierre conduit 18 km sur une piste en travaux. Certaines parties sont bonnes, mais la majorité ne l'est pas. Enfin, face à nous les chutes apparaissent. Elles sont magnifiques: plus de 100 m de haut. Cette cascade vaut vraiment le déplacement.
Nous rebroussons chemin et allons loger à Attapeu. A Attapeu, nous constatons que les Vietnamiens sont très présents. Il est vrai que nous sommes tout près de la frontière vietnamienne. Nous passons la nuit dans un motel très bien tenu par des Vietnamiens (80 000 kips la nuit avec l'air conditionné qui fonctionne parfaitement). Le marché regorge de Tshirts et autres vêtements made in Vietnam. Le lendemain, nous revenons sur nos pas jusqu'à Thateng, puis prenons la direction de Paksong. A Thateng, nous allons voir Koffie Wong, un Hollandais établi là depuis env. 5 ans. Grand amateur de café, il le cultive et organise des tours de sa plantation avec explications et dégustation. Le tour dure entre 1h et 1h30 et coûte 50 000 kips par personne. Koffie nous raconte comment il s'est installé ici et explique que le système est matriarcal. Koffie est passionné et excellent businessman. Sur sa recommandation, nous logeons au Savanna GH (80 000 kips la chambre).
Aujourd'hui, nous rentrons sur Pakse. Il y a 2 chutes d'eau importantes et nous voulons visiter au moins Tat Fane. En chemin, nous stoppons à une jolie petite chute nommée Tat Champee. Malheureusement, nous manquons Tat Fane car nous ne trouvons pas la bifurcation. Nous retournons à Pakse et rendons notre moto.
Les 4 000 îles
Nous décidons de partir le lendemain pour Si Phandone (ou les 4 000 îles).
Le matin à 8h, nous prenons un mini van poussif (50 000 kips pp sans les passages en bateau). Le mini van est bien complet et 2 de nos voisins sont assis sur des demi sièges. Le chauffeur nous dit que cela ne va pas durer longtemps. En effet, après env 1/2 h de route, l'une des touristes passe dans un autre petit bus en partance pour les 4000 îles. A Done Kong, nous débarquons 2 touristes, puis le mini van continue sa route et nous arrête au débarcadère pour Done Det et Done Khone. Nous payons le passage (20 000 kips pp). Une partie des voyageurs descend à Done Det réputée plus jeune et plus bruyante. Nous poursuivons notre route pendant quelques minutes et arrivons à Done Khone. Nous nous installons dans un bungalow de la GH Souksan (chambre à 50 000 kips la nuit).
Le temps semble s'être arrêté ici. Personne n'est pressé à tel point que nous avons l'impression de casser les pieds de nos interlocuteurs lorsque nous commandons une consommation ou un repas dans un restaurant. Nous nous rendons à pied aux chutes de Li Phi qui sont très belles, même maintenant que nous sommes en saison sèche. Le lendemain, nous louons des vélos à notre GH et pédalons jusqu'au point d'où partent les bateaux pour voir les dauphins Irrawady, une espèce menacée.
De retour à notre GH, nous nous renseignons sur le prix des billets pour le Cambodge. Par rapport à la distance, le prix est très élevé (176 000 kips pp incl. le passage en bateau). Nous faisons connaissance avec un couple de Français qui vient du Cambodge pour prêter main forte à une Franco laotienne qui construit des bungalows de standard et service occidental juste à côté de notre GH. Ces Français ont payé leur billet 17 USD de Kratie jusqu'au poste frontière. Cela ne vaut donc pas la peine de faire le trajet par petites étapes. Dans les 4 000 îles, nous avons aussi eu le sentiment que les îliens s'ennuyaient ferme. Ils passent une bonne partie de leur journée à regarder des séries à l'eau de rose à la télé et à suivre les spots publicitaires.
Nous quittons le Laos ce matin. Nous avons aimé ce pays, ses paysages (formations karstiques si caractéristiques) et ses habitants, surtout les enfants qui hèlent les voyageurs en riant. Leur insouciance fait plaisir à voir.
Passage de la frontière Laos - Cambodge
Vers 8h, le propriétaire de notre GH nous conduit dans sa barque jusqu'à Ban Nakasan. Là, nous trouvons l'endroit d'où partent les minibus à destination du poste frontière. Un représentant de la compagnie de bus propose à tous les touristes de passer par son intermédiaire pour obtenir leur sortie du Laos et visa du Cambodge moyennant un émolument de 10 USD pp. Il prétend que nous ne sortirons jamais du Laos ni n'entrerons au Cambodge sans payer de "frais" et que nous avons tout intérêt à passer par lui. Une bonne douzaine de touristes acceptent et lui remettent leur passeport. Quand on pense que le salaire moyen d'un employé est d'env. 150 USD par mois et que le salaire d'un fonctionnaire est encore plus faible, on comprend que c'est une excellente affaire pour lui. Après env. 1h et demie d'attente, 3 minibus se mettent en route.
A la sortie du Laos, les douaniers nous réclament 2 USD par personne pour apposer le tampon de sortie. Plusieurs touristes rechignent. Nous réclamons un reçu. Les douaniers refusent et nous rendent nos passeports. Je leur demande leur nom. Ils ne veulent rien savoir et l'intermédiaire qui a réclamé 10 USD pp pour le service des passeports nous assure que réclamer ne sert a rien car "tout le monde s'en fout" (dixit). Nous payons 3 USD pour les 2 et obtenons nos sorties du Laos.
Nous passons du côté Cambodge. 1ère étape: Le contrôle de la température corporelle au prix de 1 USD pp. Le douanier se garde bien de prendre celle de Chantal car elle a pris froid et éternue juste devant lui... Ensuite, nous payons notre visa à 20 USD pp + 3 USD pp pour le douanier. Enfin, nous passons au dernier service qui applique un tampon au "prix" de 2 USD pp. Un Japonais qui a passé par les "services" du représentant de la compagnie de bus doit donner une rallonge de 7 USD avant de récupérer son passeport, histoire de rembourser les montants versés aux douaniers. Le système est bien rodé... Le LP l'avait annoncé.
Nous attendons encore plus d'une heure avant qu'un minibus nous annonce qu'il part pour Kratie. Le minibus nous dépose à Steung Treng et nous transfère dans un autre minibus complètement pourri avec un pare-brise plein de fissures.. Le chauffeur attend presqu'une heure dans l'espoir que son véhicule se remplisse. Puis il prend la route. Chaque fois qu'il téléphone, c'est parce qu'il va prendre un ou des passagers supplémentaires. Nous avions vu beaucoup de choses lors de nos voyages en Afrique, notamment comment rentabiliser l'espace dans un taxi-brousse. Mais ce chauffeur a battu le record en réussissant à caser 24 personnes dans son minibus. 8 étaient assises dans le coffre. Pour monter, ces voyageurs devraient grimper sur les sacs à dos. La route a paraît-il été construite par les Chinois. Eh bien, ils ont dû oublier d'emporter le savoir-faire ou de bons matériaux car nous voyons des ornières impressionnantes. Les passagers assis dans le coffre se font entendre lorsque le chauffeur passe dans ces ornières car leur tête heurte le toit du coffre. Le chauffeur n'en a cure. Cela le fait rire. Je suis impressionnée par le calme des Cambodgiens. A aucun moment, ils n'élèvent la voix. Le chauffeur a bien de la chance d'avoir des clients si conciliants. Nous craignons de la casse pour nos bagages. Nous arrivons à Kratie juste avant la nuit. Un hôtelier nous alpague. Il oublie de nous dire que ses chambres n'ont pas d'eau chaude (USD 7 la chambre pour 2). Nous aurions dû poser la question.
Phnom Penh
Nous réservons un "express minivan" pour Phnom Penh pour le lendemain (USD 15 pp). En raison de ce que nous lisons dans le LP sur les arrachages de sacs par des motocyclistes très violents, nous prenons des mesures de sécurité dignes de celles que nous prenions à Bogota ! Toutes nos valeurs sont dans des poches intérieures sauf bien sur l'appareil photo. Le départ est prévu à 7h-7h30. A 6h45, l'hôtelier frappe à notre porte car le minibus est déjà là. Le chauffeur conduit rapidement. Son arme, c'est le klaxon. Il s'arrête peu de fois et à aucun moment, nous ne sommes tassés comme le jour précédent. Nous arrivons à Phnom Penh au marché central juste avant midi. Jean-Pierre stresse car de nombreuses personnes attendent l'arrivée des vans. Elles scrutent les bagages et ouvrent les fenêtres du van de l'extérieur. Des mains essaient de saisir les bagages. Mais rien de grave ne se produit. Il suffit de dire NON avec obstination à toutes les sollicitations et de s'éloigner un peu. Ouf, nous avons tout le temps de trouver un hôtel. Nous prenons une chambre au Royal GH idéalement situé entre le front de mer et le marché central. Nous nous offrons une chambre avec air conditionné. La patronne est très aimable. Elle nous recommande de laisser nos passeports au moins dans un locker qu'elle met gratuitement à disposition de ses clients.
Nous allons visiter le palais royal situé à quelques blocs. Il est splendide. Nous sommes en admiration devant cette architecture pleine de faste. Les Khmers sont de vrais artistes.
En sortant, Chantal repère des coiffeurs pour hommes installés dans la rue. Et pourquoi ne se ferait-elle pas une couleur ? Ses cheveux en ont besoin. Plus loin, tous les salons de coiffure pour dames sont regroupés. Chantal demande si elles peuvent lui faire une couleur. Pas de souci. C'est pour quand ? Tout de suite. Parfait. Après l'application de la couleur, elle passe sous un casque qui projette de la vapeur. Le shampoing s'accompagne d'un massage de la tête complet fait avec beaucoup de douceur et très agréable. A tel point que Jean-Pierre se demandait ce qu'elles peuvent bien lui faire. Prix de la couleur et du massage USD 7.
Le soir nous mangeons dans un restaurant thaï sur le front de rivière. Les plats sont goûteux et bien présentés. Cela fait plaisir de sortir du sempiternel riz poulet.
Le lendemain, nous prenons un tuktuk et allons visiter la prison S21 à Tuol Sleung. L'autre face du Cambodge. C'est juste insoutenable. Des milliers de personnes ont été emprisonnées ici. Elles étaient torturées de manière organisée, systématique jusqu'à ce qu'elles avouent ce que l'on voulait leur faire dire. Puis elles étaient exécutées. Un massacre insensé et incompréhensible. Les Khmers rouges ont déplacé les Cambodgiens vers les campagnes, puis dans des zones encore plus reculées. Ils ont éliminé d'abord ceux qui occupaient des postes importants et leur famille, puis les intellectuels, puis toute personne sachant simplement lire et écrire. 1.7 million de Cambodgiens ont été tués. Il est probable que certains Khmers rouges occupent encore des postes clé. Les Cambodgiens en ont encore probablement pour longtemps avant de pouvoir faire la paix avec ce passé si douloureux. Quelques jours plus tard, nous rencontrons un Cambodgien qui nous demande si nous avons visité les "killing fields" (endroit situé à env.15 km de Phnom Penh où les Khmers rouges exécutaient leurs prisonniers après les avoir torturés). Il nous dit que sa mère se trouve là-bas...
Demain nous partons pour Sianoukville
Sianoukville
Sianoukville ne plaît pas à tout le monde. Beaucoup disent que c'est le St Tropez local. Et pourtant cette ville nous plaît. Est-ce dû au fait que nous sommes en basse saison ? Les plages sont magnifiques; des vendeuses de fruits, de crabes, de calamars et de langoustine passent nous offrir leurs produits. Elles sont absolument charmantes. Nous craquons pour des fruits puis pour des seiches grillées au charbon de bois. Nos craintes de voir de la prostitution enfantine (mineurs avec des adultes) sont dissipées.
Nous prenons une excursion d'une journée en bateau pour les îles en face de Sianoukville (USD 15 pp avec le pique-nique de midi). Deux jours plus tard, bien rôtis par un soleil particulièrement traître, nous partons pour Kampot.
Kampot
Nous voulons voir les plantations de poivre. Le tuktuk nous trouve une GH toute neuve au centre ville pour USD 8 la nuit. Nous louons une petite moto. Avant de partir, nous nous rendons à l'hôpital de Kampot où un médecin diagnostique de l'asthme à Chantal et lui prescrit 3 jours de traitement. L'hôpital nous remet des comprimés dans un petit sachet en plastique, donc nous ne saurons jamais quels médicaments le médecin a prescrits. Nous nous mettons en route et visitons une plantation de poivre Nous apprenons que le poivre, qu'il soit blanc, vert, rouge ou noir c'est toujours le même. Nous achetons du poivre à la plantation et sur la route. Puis nous nous rendons à Kep. C'est vraiment tout petit par rapport à Sianoukville. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons aux salines pour y faire des photos.
Re Phnom Penh
Demain, nous retournons à Phnom Penh. Nous avons simplement séparé en 2 notre temps de parcours pour Siem Reap afin, d'arriver là-bas suffisamment tôt pour trouver une GH en toute tranquillité. Nous avons aussi profité de notre passage pour encaisser nos travellers cheques Thomas Cook qui ne sont pas les bienvenus en de nombreux endroits. Nous visitons aussi le musée d'art khmer (superbe). Nous sommes à nouveau impressionnés par les talents des Khmers.
Siem Reap (Angkor)
L'arrivée à Siem Reap s'est mieux passée que nous le craignions. Un tuktuk nous a amenés au centre ville. Le chauffeur nous a d'abord emmenés à une GH qui ne nous a pas plu. Finalement, il a accepté de nous emmener aux Mandalay Inn et Popular GH qui sont juste l'une en face de l'autre. Nous choisissons le Popular GH avec air con.
Siem Reap n'est pas vraiment représentatif du Cambodge. Tout est tourné vers le tourisme, et ce, depuis de nombreuses années. Les voyageurs en route pour les temples d'Angkor trouvent ici tous les services dont ils ont besoin. Évidemment, pour la gentillesse légendaire des Cambodgiens, ce n'est pas le meilleur endroit.
Le chauffeur de tuktuk nous propose ses services pour 12 USD/jour. Nous prenons rendez-vous le lendemain à 5h pour voir le lever de soleil sur Angkor Vat. A 5h, il fait nuit, mais de nombreux tuktuks et motos sont déjà sur la route. Nous achetons un billet pour 3 jours non consécutifs à 40 USD/personne. Arrivés Angkor Vat, il fait encore nuit. Nous suivons la foule sans savoir exactement où elle va. Nous prenons place sur l'une des bibliothèques (nous l'apprendrons plus tard dans le guide sur Angkor dont nous avons fait l'acquisition). Il y a foule, le ciel rougeoie et le soleil apparaît enfin. Le temple est impressionnant. Nous l'avons vu de nombreuses fois en photo, mais là, c'est vraiment splendide. Angkor Vat a été construite au 12ème siècle.
Puis nous nous rendons à Angkor Thom qui est une ville et non pas un temple. Nous aimons la Terrasse du Roi Lépreux et voyons la Terrasse des Éléphants. Le Bayon nous surprend par ses tours avec des têtes aux multiples orientations. Puis, à notre demande, le chauffeur nous conduit à Tha Prom où les fromagers se mêlent aux murs des temples. On ne sait pas si les arbres tiennent les murs ou si c'est le contraire. C'est vraiment impressionnant.
L'empire khmer était gigantesque. Il englobait, en plus du Cambodge, tout le Laos, le nord de la Thailande et une partie du VietNam. Il a duré plus de 6 siècles. De nombreux souverains se sont succédés et différents courants religieux ont prévalu tout au long de cette période. Le bouddhisme vient de l'hindouisme, les bas-reliefs en témoignent.
Nous prenons rendez-vous avec notre chauffeur pour le surlendemain à 7h.
Le jour dit, le chauffeur n'est pas là. Nous l'attendons une vingtaine de minutes, puis prenons un autre tuktuk Nous demandons au chauffeur de nous reconduire au Bayon car lors de notre première visite, nous n'avons pas remarqué de nombreux bas-reliefs. Nous poursuivons par Prasat Kravan, Neak Pean près d'un petit lac, le Mebon Oriental qui servait à l'époque de réservoir d'eau, Ta Som et Pre Rup. Ces temples sont un peu moins courus que les autres et nous les apprécions plus calmement. Nous visitons en fait les temples proposés dans le guide "Angkor, cite khmère" rédigé par Claude Jacques et Michael Freeman pour une visite de 3 jours, guide que nous recommandons à tout visiteur.
Nous proposons à notre chauffeur de nous reprendre le lendemain à 5h pour voir le lever de soleil sur Srah Srang. Il a l'air tout content. Espérons qu'il ne nous fera pas faux bond.
Le lendemain, comme prévu, le chauffeur est là à 5h. Nous admirons le lever de soleil sur Srah Srang. C'est magique et bien plus calme qu'Angkor Vat, Angkor Thom ou le Bayon.
Le chauffeur nous conduit à Banteay Kdei, puis à Ta Prohm que nous visitons pour la seconde fois et où un vieux Cambodgien nous indique où prendre de belles photos, Ta Keo où les marches sont particulièrement étroites et raides, Thommanon et Chau Say Tavoda, restauré par les Chinois.
Il est évident que l'empire khmer a traversé plusieurs siècles. Plusieurs styles cohabitent en fonction de la période à laquelle les temples ont été érigés. Certaines images se superposent. Des bas-reliefs ont été effacés et remplacés par d'autres en fonction de la religion dominante de l'époque (bouddhisme ou hindouisme). Il reste encore un énorme travail pour remettre en état de nombreux temples. Cela dépend en partie du financement des pays étrangers. La période des Khmers rouges a été néfaste pour les temples d'Angkor car, même si les Khmers rouges n'ont pas détruit les temples, ils ont notamment jeté les archives du Baphuon qui comportait des informations sur des dizaines de milliers de pièces.
Nous avons terminé la visite des temples. Il n'est pas encore midi et le chauffeur nous propose de visiter Banteay Srei qui se trouve à 25 km env de Siem Reap (moyennant un supplément de 5 USD). Nous acceptons et il nous y conduit (compter env 45 minutes de route). Cet endroit est magique. Les temples sont très bien conservés et/ou ont été très bien restaurés.
Bangkok
Il nous reste un jour pour acheter nos billets de bus pour Bangkok (USD 14 pp). Nous choisissons le minibus qui part à 6h du matin afin d'avoir suffisamment de temps pour trouver une GH. L'arrivée est prévue à Khao San Road à Bangkok vers 14h. Les douanes cambodgienne et thaï se passent sans encombres. Dès que tous les passagers ont terminé toutes les démarches douanières, un autre minibus, thaï celui-là, nous conduit vers Bangkok. Ici, on conduit à gauche. La circulation est beaucoup plus rapide et plus stressante. On sent que les gens sont tendus. Nous arrivons à Khao San Road vers 15h ce qui est très bien vu les embouteillages monstrueux de cette ville. Nous prenons une GH sans vraiment en visiter plusieurs (4 Sons Plaza GH). Le prix est de Tbh 650 la chambre avec air con. Le patron n'est pas aimable. Nous posons nos bagages et cherchons des points de repère dans le quartier. C'est un endroit très touristique et animé. Plusieurs GH sont complètes. Nous n'osons imaginer ce que c'est en haute saison. Nous désirons changer de GH le plus rapidement possible. Le soir, nous dînons dans la rue. De nombreux étals proposent toutes sortes de plats très appétissants. Nous sommes impressionnés par la taille des fruits shakes. Khao San Road est LE quartier des backpackers avec ses avantages et ses inconvénients. Il n'y a pas de station de métro ou de skytrain à proximité, mais on peut prendre le bateau sur la rivière Chao Phraya et ça, c'est très pratique et bien sympa. Le quartier se trouve près du pont Rama VII caractéristique.
Aujourd'hui, c'est mercredi. Nous prenons le bateau pour Chinatown. Le bateau, c'est comme les minibus dans la circulation, ils sont bondés, rapides et pressés. C'est un moyen agréable de se déplacer car on voit les vats (temples) au bord de la rivière. A Chinatown, nous avons visité un grand marché où l'on trouve vraiment de tout. Puis, nous avons pris le métro pour Silom Road. La circulation y est trépidante et c'est vraiment très bruyant. Nous avons revu les rues de Patpong. Nous ne logerons pas dans ce quartier.
Puis, nous prenons le skytrain pour le centre commercial MBK. On trouve de tout à MBK. Comme nous cherchons essentiellement des vêtements, nous pouvons constater que toutes les marques sont présentes et le prix va avec. Toutefois, les articles qui ne portent pas de marques semblent bien coupés et à des tarifs bien plus raisonnables.
Nous visitons quelques vats puis nous rentrons sur Khao San road à pied. Ce n'est pas si long que cela. Nous avons changé de GH pour moins cher (Thara House à Tbh 540 pour 2 avec salle de bains et aircon), plus sympa (ce n'est pas difficile) avec un service identique. Nous sommes plus proches des quais. C'est plus rapide pour prendre le bateau, mais un peu plus bruyant en raison des décibels générés par un bar tout proche. Nous constatons que les tuktuks annoncent des prix exorbitants pour de courts trajets. Conseil donc: ne pas utiliser ce mode de transport à Bangkok mais privilégier le métro, le skytrain ou le bateau. Les taxis (avec compteur) semblent également être une option possible. Nous visitons Chatuchak, le plus grand des marchés de Bangkok où nous achetons quelques habits et souvenirs pour nos proches. Nous terminons nos courses au MBK. Faire des achats de vêtements à Bangkok ne nous semble pas plus intéressant qu'à Phnom Penh. Hormis pour des faux qui ne nous intéressent pas, les prix sont élevés et les vendeurs peu intéressés à vendre (sauf dans la rue).
Dimanche, nous retournons au quartier chinois par bateau Chao Phraya et nous écumons toutes les petites ruelles de ce quartier. Le soir, après notre repas, un énorme orage éclate. En 15 minutes, l'eau monte dans les rues. Impressionnant ! Le lendemain, il n'y a plus rien: l'eau s'est évacuée et le soleil est revenu.
La date de notre retour approche. Cela fait maintenant 2 mois que nous sommes partis et nous nous réjouissons de retrouver notre famille. Nous réservons nos places dans un des nombreux minibus qui partent de Khao San road pour l'aéroport. Tout se passe bien. Le minibus nous lâche devant l'aéroport en 3ème file. Personne ne semble s'en offusquer. Nous entrons dans l'aéroport et effectuons les formalités sans aucun problème.
Bonjour,
J aimerais des conseils et des avis sur mOn itinéraire pour un voyage au Cambodge en avril. Je n arrive pas a trouver des infos s ur le temps des trajet s en bus et en bateau
Voici mon itinéraire :
1- phnon Penh : o6/07 avril
2 - kompong : 08 avril
3- siem reap : 09 et 10 avril
4- koh ker : 11 et 12 avril
5 - battambang : 13 et 14 avril
6 - sihanoukville : 15 avril
7- bokor : 16 avril
8 - kampot : 17 avril
9- kep : 18/19 avril
10- phnom da : 20/21 avril
11- mondolkiri : 22/23 avril
12- phnon Penh: 24/25 avril
Bonjour,
nous partons du 3 janvier au 11 avril 2019 en Asie du Sud-Est à vélo (Vietnam, Cambodge, Laos).
Nous atterrissons à Hanoï et repartons de Ventiane.
Pour le Vietnam, nous abandonnons le nord pour ce voyage et pensons longer la mer de Chine pour passer la frontière à Moc Bai.
Nous pensons passer 2 mois au Vietnam, et 1 mois 1/2 pour le Cambodge et le Laos.
Vous qui avez déjà visité ces pays, nous vous remercions pour vos éventuels conseils de visite, d'hébergements et d'astuces.
Encore merci d'avance et bon voyage à tous.
Françoise et Yann
Bonjour à tous,
Après de nombreux voyages en Inde où j'ai pu connaitre la magie des aventures en moto (avec Royal Enfield), j'ai décidé de partir en novembre du coté de l'Asie du Sud Est : Birmanie, Laos, Cambodge et Thailand. Souhaitant la parcourir en moto, j'ai déjà cru comprendre qu'il fallait que je laisse tomber pour la Birmanie. Il me reste donc les 3 autres pays : laos, cambodge et thailand. Passant par la Thailand pour rejoindre le Laos pour ensuite aller au Cambodge puis retourner en Thailande, pensez vous donc qu'il est possible d'acheter une moto en Thailand (Chiang Rai) et de pouvoir passer les frontières du laos, puis du cambodge puis de retourner en Thailand. A savoir que j'aurai tout du long une plaque thaïlandaise. D'après ce que j'ai vu c'est possible mais bon les lois changent tellement vite.
Pour ce qui est de l'achat, je me suis fait à l'idée que je ne pourrai trouver une Royal Enfield la-bas mais que me conseilleriez vous donc ? Sachant que je veux juste pouvoir aller ou je veux, quand je veux, moi et mon sac à dos, la liberté quoi... être aussi sur de ne pas avoir de problème quelques kilomètres après l'avoir achetée etc.. occasion ou neuve ?
Si certains ont des plans, j'y serai autour du 3 décembre 2014, on sait jamais
Je vous remercie par avance
Après de nombreux voyages en Inde où j'ai pu connaitre la magie des aventures en moto (avec Royal Enfield), j'ai décidé de partir en novembre du coté de l'Asie du Sud Est : Birmanie, Laos, Cambodge et Thailand. Souhaitant la parcourir en moto, j'ai déjà cru comprendre qu'il fallait que je laisse tomber pour la Birmanie. Il me reste donc les 3 autres pays : laos, cambodge et thailand. Passant par la Thailand pour rejoindre le Laos pour ensuite aller au Cambodge puis retourner en Thailande, pensez vous donc qu'il est possible d'acheter une moto en Thailand (Chiang Rai) et de pouvoir passer les frontières du laos, puis du cambodge puis de retourner en Thailand. A savoir que j'aurai tout du long une plaque thaïlandaise. D'après ce que j'ai vu c'est possible mais bon les lois changent tellement vite.
Pour ce qui est de l'achat, je me suis fait à l'idée que je ne pourrai trouver une Royal Enfield la-bas mais que me conseilleriez vous donc ? Sachant que je veux juste pouvoir aller ou je veux, quand je veux, moi et mon sac à dos, la liberté quoi... être aussi sur de ne pas avoir de problème quelques kilomètres après l'avoir achetée etc.. occasion ou neuve ?
Si certains ont des plans, j'y serai autour du 3 décembre 2014, on sait jamais
Je vous remercie par avance
Bonjour,
Apres avoir fait plusieurs voyage a velo, je suis tenté de continuer mon voyage en scooter asiatique.
Mais c'est vrai que je n'y connais rien, surtout en ce qui conerne les assurances. Je vais acheter "la bete" en Thailande et continuer sur le Laos et le Cambodge. Apres reflexions, je me dis que pour les reparations, cela sera plus facile car ils en ont partout et puis apres en avoir loué une sur 6 jours, c'est vrai que ca passe partout ;)
Quelqu'un pourrait me donner des conseils, choix du scooter, semi auto ou automatique, des endroits pour l'acheter a bon prix, .....
Merci d'avance pour vos reponses, Stephane.
Legende de la photo attachée: "Tourner en rond dans le triangle d'or, C'est quand meme un comble ;)"
Apres avoir fait plusieurs voyage a velo, je suis tenté de continuer mon voyage en scooter asiatique.
Mais c'est vrai que je n'y connais rien, surtout en ce qui conerne les assurances. Je vais acheter "la bete" en Thailande et continuer sur le Laos et le Cambodge. Apres reflexions, je me dis que pour les reparations, cela sera plus facile car ils en ont partout et puis apres en avoir loué une sur 6 jours, c'est vrai que ca passe partout ;)
Quelqu'un pourrait me donner des conseils, choix du scooter, semi auto ou automatique, des endroits pour l'acheter a bon prix, .....
Merci d'avance pour vos reponses, Stephane.
Legende de la photo attachée: "Tourner en rond dans le triangle d'or, C'est quand meme un comble ;)"
Je ne sais plus trop comment le Laos est venu dans les projets de voyage....sans doute l'image d'un pays encore épargné par le tourisme de masse, avec de beaux paysages.
Et puis, nos précédents voyages en Asie nous avaient laissé de très bons souvenirs.
A partir de là, élaborer un trajet sur 2 semaines n'a pas été simple, le Laos demande du temps. Après avoir imaginé tout un tas d'options, on a fini par opter pour un circuit très classique, sur une toute petite partie du pays: Luang Prabang/Nong Khiaw/retour Luang Prabang/Vang Vieng sur 10 jours. Restaient 3 jours. De Vang Vieng, où aller? le sud et les 4000 îles? du côté de Phonsavan?
Bon, finalement, on a choisi de reprendre l'avion à Vientiane en direction de la Thaïlande et de profiter des derniers jours au bord de la mer. Le challenge consistait alors à trouver une plage tranquille alors qu'on était en pleine saison touristique (mission accomplie).
J'ai attendu quelques jours pour laisser décanter mais au final, cette impression mitigée demeure avec des déceptions mais aussi, heureusement, d'excellents souvenirs. Je n'avais lu avant de partir que des carnets (très) positifs, je vais donc peut-être un peu détoner.
Les déceptions:
- les touristes: on en a vu beaucoup (et surtout beaucoup de français). Je sais, on en fait partie et en plus, on n'a pas choisi des endroits peu connus. - la météo: et oui, on n'y peut rien. Il n'a pas fait mauvais, loin de là mais nous n'avons jamais eu de ciel vraiment bleu. Au mieux, un ciel bleu pâle et un horizon voilé, au pire du brouillard, beaucoup de nuages qui restent accrochés aux montagnes. D'où ma frustration: d'abord des photos pas terribles et surtout l'impression de rater quelque chose, des paysages qui doivent effectivement être splendides....quand le temps est dégagé 😕. - les trajets: d'habitude, j'aime bien. Soit je conduis, soit je regarde les paysages. Au Laos, entre la poussière omniprésente sur les routes et les nuages qui cachent la vue, difficile d'apprécier les paysages...sans parler de l'état des routes, souvent calamiteux, j'y reviendrai. On a pris essentiellement des transports locaux mais un transport privé n'aurait pas changé grand-chose. Les coups de coeur: - les Kuang Si falls (même si elles sont très fréquentées). - la vue depuis le view point de Nong Khiauw - la matinée passée avec les éléphants à Mandalao
- la balade à scooter dans les environs de Vang Vieng.
Le voyage s'est déroulé du 09 au 23 février.
09/02: nous partons de Bruxelles avec la Thai. Pour nous, c'est plus près que Paris, les horaires sont tops (départ vers 13h et arrivée à LP vers 10h30 le lendemain avec un changement à Bangkok) et cela permet d'avoir un seul billet pour les trajets principaux.
Nous effectuons notre premier change à l'aéroport: 1€ vaut 9600 kips ... on devient vite millionnaire! On ne trouvera pas mieux dans Luang Prabang, c'est 9500 ou 9600, y compris à la poste.
Comme prévu, un chauffeur de l'hôtel nous attend à la sortie. Il est un peu tôt, nous patientons quelques minutes devant une boisson rafraîchissante. Il fait beau (c'est l'un des plus beaux jours que nous aurons, mais ça, on ne le sait pas encore), il fait chaud, c'est vert et fleuri, on est tout de suite dépaysé 😎 . Par contre, étonnamment, il y a très peu d'oiseaux (sauf les coqs 😠) où qu'on soit allé.

Nous sommes au "My dream Boutique hotel", situé un peu à l'écart du centre-ville, à l'est de la rivière Nam Khan.
Avantages: c'est au calme et du bout du jardin, il y a de très belles vues sur la rivière. Inconvénients: il faut marcher (ou encore emprunter les vélos ou la navette de l'hôtel) pour se rendre au centre-ville. Ce n'est pas très loin, mais ça peut être un frein pour y retourner juste faire un petit tour. Après avoir déballé les bagages, un peu de repos au bord de la piscine (sans s'endormir!) et
nous partons à la découverte de Luang Prabang.
Mission du jour: trouver un moyen de transport pour aller demain matin aux Kuang Si falls, situées à une trentaine de km de la ville. Nous empruntons donc pour la première fois le pont de bambou qui enjambe la Nam Khan à la saison sèche. Ce pont est payant (5000 kips par personne l'aller-retour) car il est détruit chaque année par les eaux à la saison des pluies et reconstruit à la saison sèche.
Dans la rue principale, on ne risque pas d'oublier que le Laos est une République Démocratique Populaire...😏.

Des agences qui vendent des billets en tout genre (comme sur la photo), ça ne manque pas! Sont affichés les trajets, horaires, le mode de transport...mais rarement les prix. La plupart des départs pour Kuang Si falls sont proposés à 11h ou en début d'après-midi. On finit par tomber sur une agence qui propose un départ à 9h. Il y a même le prix affiché: 35 000 kips par personne: on prend!
Bien qu'inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, Luang Prabang est une ville très calme. Certes, la rue principale est essentiellement bordée de cafés, de restaurants, d'agences mais ça n'a rien à voir avec Ubud par exemple. Et dès que l'on prend les rues transversales ou parallèles, on est transporté dans une autre époque avec une atmosphère un peu surannée et très tranquille.
Rue principale
Rue transversale
Le soir, nous mangeons au Dyen sabai. C'est le restaurant le plus près de l'hôtel, du même côté du pont, le cadre est sympa et la cuisine très bonne.... mais il y a toujours beaucoup de monde.
Muriel
A partir de là, élaborer un trajet sur 2 semaines n'a pas été simple, le Laos demande du temps. Après avoir imaginé tout un tas d'options, on a fini par opter pour un circuit très classique, sur une toute petite partie du pays: Luang Prabang/Nong Khiaw/retour Luang Prabang/Vang Vieng sur 10 jours. Restaient 3 jours. De Vang Vieng, où aller? le sud et les 4000 îles? du côté de Phonsavan?
Bon, finalement, on a choisi de reprendre l'avion à Vientiane en direction de la Thaïlande et de profiter des derniers jours au bord de la mer. Le challenge consistait alors à trouver une plage tranquille alors qu'on était en pleine saison touristique (mission accomplie).
J'ai attendu quelques jours pour laisser décanter mais au final, cette impression mitigée demeure avec des déceptions mais aussi, heureusement, d'excellents souvenirs. Je n'avais lu avant de partir que des carnets (très) positifs, je vais donc peut-être un peu détoner.
Les déceptions:
- les touristes: on en a vu beaucoup (et surtout beaucoup de français). Je sais, on en fait partie et en plus, on n'a pas choisi des endroits peu connus. - la météo: et oui, on n'y peut rien. Il n'a pas fait mauvais, loin de là mais nous n'avons jamais eu de ciel vraiment bleu. Au mieux, un ciel bleu pâle et un horizon voilé, au pire du brouillard, beaucoup de nuages qui restent accrochés aux montagnes. D'où ma frustration: d'abord des photos pas terribles et surtout l'impression de rater quelque chose, des paysages qui doivent effectivement être splendides....quand le temps est dégagé 😕. - les trajets: d'habitude, j'aime bien. Soit je conduis, soit je regarde les paysages. Au Laos, entre la poussière omniprésente sur les routes et les nuages qui cachent la vue, difficile d'apprécier les paysages...sans parler de l'état des routes, souvent calamiteux, j'y reviendrai. On a pris essentiellement des transports locaux mais un transport privé n'aurait pas changé grand-chose. Les coups de coeur: - les Kuang Si falls (même si elles sont très fréquentées). - la vue depuis le view point de Nong Khiauw - la matinée passée avec les éléphants à Mandalao
- la balade à scooter dans les environs de Vang Vieng.
Le voyage s'est déroulé du 09 au 23 février.
09/02: nous partons de Bruxelles avec la Thai. Pour nous, c'est plus près que Paris, les horaires sont tops (départ vers 13h et arrivée à LP vers 10h30 le lendemain avec un changement à Bangkok) et cela permet d'avoir un seul billet pour les trajets principaux.
Nous effectuons notre premier change à l'aéroport: 1€ vaut 9600 kips ... on devient vite millionnaire! On ne trouvera pas mieux dans Luang Prabang, c'est 9500 ou 9600, y compris à la poste.
Comme prévu, un chauffeur de l'hôtel nous attend à la sortie. Il est un peu tôt, nous patientons quelques minutes devant une boisson rafraîchissante. Il fait beau (c'est l'un des plus beaux jours que nous aurons, mais ça, on ne le sait pas encore), il fait chaud, c'est vert et fleuri, on est tout de suite dépaysé 😎 . Par contre, étonnamment, il y a très peu d'oiseaux (sauf les coqs 😠) où qu'on soit allé.

Nous sommes au "My dream Boutique hotel", situé un peu à l'écart du centre-ville, à l'est de la rivière Nam Khan.
Avantages: c'est au calme et du bout du jardin, il y a de très belles vues sur la rivière. Inconvénients: il faut marcher (ou encore emprunter les vélos ou la navette de l'hôtel) pour se rendre au centre-ville. Ce n'est pas très loin, mais ça peut être un frein pour y retourner juste faire un petit tour. Après avoir déballé les bagages, un peu de repos au bord de la piscine (sans s'endormir!) et
nous partons à la découverte de Luang Prabang.
Mission du jour: trouver un moyen de transport pour aller demain matin aux Kuang Si falls, situées à une trentaine de km de la ville. Nous empruntons donc pour la première fois le pont de bambou qui enjambe la Nam Khan à la saison sèche. Ce pont est payant (5000 kips par personne l'aller-retour) car il est détruit chaque année par les eaux à la saison des pluies et reconstruit à la saison sèche.
Dans la rue principale, on ne risque pas d'oublier que le Laos est une République Démocratique Populaire...😏.
Des agences qui vendent des billets en tout genre (comme sur la photo), ça ne manque pas! Sont affichés les trajets, horaires, le mode de transport...mais rarement les prix. La plupart des départs pour Kuang Si falls sont proposés à 11h ou en début d'après-midi. On finit par tomber sur une agence qui propose un départ à 9h. Il y a même le prix affiché: 35 000 kips par personne: on prend!
Bien qu'inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, Luang Prabang est une ville très calme. Certes, la rue principale est essentiellement bordée de cafés, de restaurants, d'agences mais ça n'a rien à voir avec Ubud par exemple. Et dès que l'on prend les rues transversales ou parallèles, on est transporté dans une autre époque avec une atmosphère un peu surannée et très tranquille.
Rue principale
Rue transversaleLe soir, nous mangeons au Dyen sabai. C'est le restaurant le plus près de l'hôtel, du même côté du pont, le cadre est sympa et la cuisine très bonne.... mais il y a toujours beaucoup de monde.
MurielCa y est ! De retour après 3 semaines fabuleuses au Laos !
Pour celles ou ceux qui ont déjà eu l’occasion de me lire… je suis un amoureux de l’Inde depuis mes 20 ans où j’avais voyagé un an en sac à dos et y suis revenu déjà 7 fois.
Ma première grosse « infidélité » à Mother Bharath avait été concrétisée par un voyage au Vietnam qui m’avait laissé un sur une légère déception…
Si j’avais trouvé le Nord du Pays magnifique côté nature et merveilleux auprès des ethnies du Nord, le reste m’avait assez déçu de par le sentiment de voyager dans un pays où les autorités sont en train de mettre en œuvre un « industrie » touristique… et aussi en raison du contact humain, peu chaleureux et à tout le moins loin d’être inoubliable…
Ayant toujours été fasciné par l’Asie, je voulais me réconcilier avec la région et… bien sûr… on m’avait souvent dit : « Le Laos et le Cambodge n’ont rien à voir avec la Thailande ou le Vietnam… Pays moins fréquentés, gens plus « relax », plus de sourires etc »…. Selon le concept largement consacré : Plus "authentique"...!
C’était donc décidé : le Laos cet été et … tuons le suspense tout de suite : Expérience réussie ! Je reviens absolument conquis (et ma compagne aussi !) !
Voici donc le petit récit de notre périple extrêmement agréable avec itinéraire, conseils pratiques et avis.
Au programme : AR TOULOUSE-BANGKOK – entrée au Nord du Laos avec Muang Khua – Muang Ngoi – Louang Prabang – VANG VIENG – Nuit à Vientiane et Boucle de Thakhek pour finir avant 3 jours plein à BANGKOK.

Pour celles ou ceux qui ont déjà eu l’occasion de me lire… je suis un amoureux de l’Inde depuis mes 20 ans où j’avais voyagé un an en sac à dos et y suis revenu déjà 7 fois.
Ma première grosse « infidélité » à Mother Bharath avait été concrétisée par un voyage au Vietnam qui m’avait laissé un sur une légère déception…
Si j’avais trouvé le Nord du Pays magnifique côté nature et merveilleux auprès des ethnies du Nord, le reste m’avait assez déçu de par le sentiment de voyager dans un pays où les autorités sont en train de mettre en œuvre un « industrie » touristique… et aussi en raison du contact humain, peu chaleureux et à tout le moins loin d’être inoubliable…
Ayant toujours été fasciné par l’Asie, je voulais me réconcilier avec la région et… bien sûr… on m’avait souvent dit : « Le Laos et le Cambodge n’ont rien à voir avec la Thailande ou le Vietnam… Pays moins fréquentés, gens plus « relax », plus de sourires etc »…. Selon le concept largement consacré : Plus "authentique"...!
C’était donc décidé : le Laos cet été et … tuons le suspense tout de suite : Expérience réussie ! Je reviens absolument conquis (et ma compagne aussi !) !
Voici donc le petit récit de notre périple extrêmement agréable avec itinéraire, conseils pratiques et avis.
Au programme : AR TOULOUSE-BANGKOK – entrée au Nord du Laos avec Muang Khua – Muang Ngoi – Louang Prabang – VANG VIENG – Nuit à Vientiane et Boucle de Thakhek pour finir avant 3 jours plein à BANGKOK.

Bonjour à tous,
Nous partons en Thaïlande et au Cambodge durant 2 mois. On veut faire notre itinéraire à Vélos, mais on hésite à l'acheter en France ou à notre arrivée à Bangkok ?
Notre budget étant restreint quelle solutions est la plus simple ? Connaissez vous éventuellement des adresses à Bangkok ?
Merci d'avance pour vos réponses
A bientôt
Bonjour,
Je souhaite, pour ma troisième année consécutive de voyage à vélo, rouler sur la Piste Ho Chi Minh entre le Vietnam et le Laos , (environ 2000kms) en 2015 . Ceci après la saison des pluies , c'est à dire entre novembre et décembre.
Bien que je connaisse ces régions pour les avoir sillonnées plusieurs fois en voiture , je me pose quand même quelques questions concernant la sécurité sur les routes. En effet , de la voiture les routes semblaient dangereuses aux vues du traffic routier. Quelqu'un a-t-il déjà fréquenté ces contrées lointaines et me donner quelques tuyaux? En vous remerciant. Jean-Marie
Je souhaite, pour ma troisième année consécutive de voyage à vélo, rouler sur la Piste Ho Chi Minh entre le Vietnam et le Laos , (environ 2000kms) en 2015 . Ceci après la saison des pluies , c'est à dire entre novembre et décembre.
Bien que je connaisse ces régions pour les avoir sillonnées plusieurs fois en voiture , je me pose quand même quelques questions concernant la sécurité sur les routes. En effet , de la voiture les routes semblaient dangereuses aux vues du traffic routier. Quelqu'un a-t-il déjà fréquenté ces contrées lointaines et me donner quelques tuyaux? En vous remerciant. Jean-Marie
Le temps est venu de faire un petit carnet sur deux pays d'Asie très populaires qui regorgent déjà de beaux carnets de voyage. Mais peu montrent le périple d'une famille nombreuse et peut-être ce carnet donnera l'envie à d'autres de partir sans agences de voyage pour faire des rencontres fantastiques et partir à la découverte de sites merveilleux, de cultures différentes, des paysages sublimes sans oublier la gastronomie.
Faire un carnet, c'est partager des émotions mais aussi donner envie, faire rêver et montrer que c'est possible. C'est donc forcément subjectif, je n'incite personne à faire les mêmes choix que les nôtres, si ça peut donner des idées tant mieux.🙂
Je remercie tous ceux qui participent au site et permettent à tous de pouvoir rêver et construire leurs propres itinéraires. Notre voyage ne serait pas déroulé dans d'aussi bonnes conditions sans eux, et plus particulièrement 4 contributeurs, les autres me pardonneront j'espère ! LALEE qui par ses carnets et son blog offre des perspectives et des envies de partir incroyables. MICHANT (j'en parlerai plus loin dans le carnet, notre monde étant si petit que nous nous sommes rencontrés pour une journée inoubliable sur un long Tail boat à Khao Sok), toujours de très bon conseil, et d'une culture et d'une érudition incroyable, son aide pour visiter Angkor m'a été très utile. ANNEV78 qui a partagé un très beau carnet, très utile sur ces mêmes destinations. CLAUDE65 avec qui je partage la passion du voyage mais pas que 😉.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit commentaire. Partir en voyage n'est pas la même chose dans mon esprit que partir en vacances. Nous ne nous sommes pas vraiment reposés, même si j'ai essayé d'alterner phases intensives, visites et piscines pour que tous s'y retrouvent. J'ai sans doute réussi puisque toute la famille était enchantée. Il n'en demeure pas moins que nos enfants ont l'habitude de marcher, de se lever pour voir des choses et de pouvoir soutenir un rythme intensif par moment et même sous la chaleur parfois écrasante. Nous ne pouvions partir là-bas sans faire Angkor (un rêve d'enfant en ce qui me concerne), et la fin à Phuket était plus propice au repos, pour autant, nous y avons passé deux journées fatigantes mais merveilleuses.
Voilà, le préambule et les remerciements sont faits, je vous présente notre itinéraire : J1 : PARIS-BANGKOK J2 : BANGKOK-SIEM REAP J3 : SIEM REAP (Angkor - petit circuit) J4 : SIEM REAP (Marché de Phsar Leu - Lac Tonle Sap village de Kompong Khleang) J5 : SIEM REAP (Angkor - grand circuit) J6 : SIEM REAP - KANCHANABURI J7 : KANCHANABURI (relax) J8 : KANCHANABURI (cascasdes d'Erawan) J9 : KANCHANABURI - BANGKOK (balade sur les Khlongs - Wat Arun - tour Baiyoke II) J10 : BANGKOK (Wat Phra Kaeo -Wat Pho) et galères😕 J11 : BANGKOK - PHUKET - KHAO SOK J12 : KHAO SOK (Lac Cheow Lan Lake) J13 : KHAO SOK - PHUKET (Nai Harn) J14 : PHUKET (Phang Nga) J15 : PHUKET plage et piscine (Wat Chalong) J16 : PHUKET Hong, Rading, Pakbia, Nok Island J17 : PHUKET repos J18 : PHUKET retour à la maison.
Notre projet a pris forme il y a un an. Les premiers hébergements ont été réservés en mai dernier, les vols directs Paris/Bangkok plus l'intérieur Bangkok/Phuket achetés en août. Tout était bouclé fin septembre. Je pense avoir passé 5 mois de préparation (un paquet de soirées à éplucher VF, lire le lonely et surfer sur pas mal d'autres sites afin de peaufiner notre projet). Le plus difficile étant de déterminer les endroits où nous poserions les valises, et le temps nécessaire à ce que nous puissions en profiter sans nous précipiter, avec le souci permanent d'avoir un voyage équilibré et agréable pour tout le monde. Dernière précision : nos enfants sont respectivement âgés de 16-14-12 et 8 ans.
Une première photo pour la mise en bouche et hop c'est parti.
Faire un carnet, c'est partager des émotions mais aussi donner envie, faire rêver et montrer que c'est possible. C'est donc forcément subjectif, je n'incite personne à faire les mêmes choix que les nôtres, si ça peut donner des idées tant mieux.🙂
Je remercie tous ceux qui participent au site et permettent à tous de pouvoir rêver et construire leurs propres itinéraires. Notre voyage ne serait pas déroulé dans d'aussi bonnes conditions sans eux, et plus particulièrement 4 contributeurs, les autres me pardonneront j'espère ! LALEE qui par ses carnets et son blog offre des perspectives et des envies de partir incroyables. MICHANT (j'en parlerai plus loin dans le carnet, notre monde étant si petit que nous nous sommes rencontrés pour une journée inoubliable sur un long Tail boat à Khao Sok), toujours de très bon conseil, et d'une culture et d'une érudition incroyable, son aide pour visiter Angkor m'a été très utile. ANNEV78 qui a partagé un très beau carnet, très utile sur ces mêmes destinations. CLAUDE65 avec qui je partage la passion du voyage mais pas que 😉.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit commentaire. Partir en voyage n'est pas la même chose dans mon esprit que partir en vacances. Nous ne nous sommes pas vraiment reposés, même si j'ai essayé d'alterner phases intensives, visites et piscines pour que tous s'y retrouvent. J'ai sans doute réussi puisque toute la famille était enchantée. Il n'en demeure pas moins que nos enfants ont l'habitude de marcher, de se lever pour voir des choses et de pouvoir soutenir un rythme intensif par moment et même sous la chaleur parfois écrasante. Nous ne pouvions partir là-bas sans faire Angkor (un rêve d'enfant en ce qui me concerne), et la fin à Phuket était plus propice au repos, pour autant, nous y avons passé deux journées fatigantes mais merveilleuses.
Voilà, le préambule et les remerciements sont faits, je vous présente notre itinéraire : J1 : PARIS-BANGKOK J2 : BANGKOK-SIEM REAP J3 : SIEM REAP (Angkor - petit circuit) J4 : SIEM REAP (Marché de Phsar Leu - Lac Tonle Sap village de Kompong Khleang) J5 : SIEM REAP (Angkor - grand circuit) J6 : SIEM REAP - KANCHANABURI J7 : KANCHANABURI (relax) J8 : KANCHANABURI (cascasdes d'Erawan) J9 : KANCHANABURI - BANGKOK (balade sur les Khlongs - Wat Arun - tour Baiyoke II) J10 : BANGKOK (Wat Phra Kaeo -Wat Pho) et galères😕 J11 : BANGKOK - PHUKET - KHAO SOK J12 : KHAO SOK (Lac Cheow Lan Lake) J13 : KHAO SOK - PHUKET (Nai Harn) J14 : PHUKET (Phang Nga) J15 : PHUKET plage et piscine (Wat Chalong) J16 : PHUKET Hong, Rading, Pakbia, Nok Island J17 : PHUKET repos J18 : PHUKET retour à la maison.
Notre projet a pris forme il y a un an. Les premiers hébergements ont été réservés en mai dernier, les vols directs Paris/Bangkok plus l'intérieur Bangkok/Phuket achetés en août. Tout était bouclé fin septembre. Je pense avoir passé 5 mois de préparation (un paquet de soirées à éplucher VF, lire le lonely et surfer sur pas mal d'autres sites afin de peaufiner notre projet). Le plus difficile étant de déterminer les endroits où nous poserions les valises, et le temps nécessaire à ce que nous puissions en profiter sans nous précipiter, avec le souci permanent d'avoir un voyage équilibré et agréable pour tout le monde. Dernière précision : nos enfants sont respectivement âgés de 16-14-12 et 8 ans.
Une première photo pour la mise en bouche et hop c'est parti.

Hello! 🙂
January 2026 Here we go again for new adventures and the pleasure of sharing them with you here! First of all, I’d like to thank everyone who helped me with the preparations, even with some last-minute improvisations just days before departure. Thanks to Montagnard74, Jojoone1, Songsam, Attila, Dennis2, NadegerFERM, and the authors whose travel journals about Laos inspired me (Montagnard74, Muriel18, Mavietongs...).
In this story, written by Richard and illustrated by me, we’ll tell you about the journey of four friends: Catherine, Richard, Nathalie, and Bruno. A reinvented but overall successful trip, filled with discoveries and surprises, the scents of spices and frangipani flowers, (too) spicy food, sunsets, and... one big mess.
January 2026 Here we go again for new adventures and the pleasure of sharing them with you here! First of all, I’d like to thank everyone who helped me with the preparations, even with some last-minute improvisations just days before departure. Thanks to Montagnard74, Jojoone1, Songsam, Attila, Dennis2, NadegerFERM, and the authors whose travel journals about Laos inspired me (Montagnard74, Muriel18, Mavietongs...).
In this story, written by Richard and illustrated by me, we’ll tell you about the journey of four friends: Catherine, Richard, Nathalie, and Bruno. A reinvented but overall successful trip, filled with discoveries and surprises, the scents of spices and frangipani flowers, (too) spicy food, sunsets, and... one big mess.

Temoingage1 sur l'entrée des khmers rouge à Batambang Modifier | Supprimer | Citer | Répondre
Avril 1975 . Battambang Il est des jours où tout bascule, où un fait presque anodin se révèle d’une importance capitale. Il est des jours qui tuent l’émotion et son expression, il reste alors le souvenir, les souvenirs enfouis, cachés, qu’il faut faire remonter à la surface pour les transformer en mémoire. Il est des jours qui succèdent à des jours qui blessent et qui blessent encore et vous conduisent à une mort lente. Il est des jours qui tuent violemment, un membre de votre famille, un camarade de classe, un ami, un voisin. Il est des soirées où les senteurs de la nature s’imprègnent d’autres odeurs inconnues jusqu’alors, celle de la souffrance d’un peuple et où les bruits familiers des insectes dans les arbres se conjuguent avec les cris de la faim et s’assourdissent dans le silence du désespoir. Ce matin là, je me rendais au lycée comme à l’habitude. J’étais en classe de Terminale Littéraire après avoir échoué, l’année précédente un Baccalauréat Scientifique. La nuit n’avait laissé que peu de place au sommeil ponctué des bombardements et autres tirs de roquettes, auxquels, hélas, nous nous étions habitués et qui se calmaient aux premières lueurs de l’aube. En journée, la vie était presque normale, à l’exception de ces très jeunes enfants que nous voyions mendier dans les rues et des flots de réfugiés qui venaient depuis quelques mois grossir la population de la ville. La ville représentait un espace de sécurité, mais aussi de misère, car ces nouvelles populations avaient fui le théâtre des combats. Combien parmi eux avaient-ils déjà été frappés par la mort d’un proche, la destruction de leur maison ? Ils venaient s’entasser le long de la rivière, bâtissaient des habitats de fortune, connaissaient la malnutrition et attendaient certainement, avec cette patience propre aux asiatiques, des jours meilleurs. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au delà de mes difficultés, les leurs étaient bien plus grandes. Certes, je n’étais pas au paradis, mais j’habitais dans une maison en parpaing, j’avais un lit que je partageais avec Nat, la bonne de ma tante Sam Saoun et de mon oncle Kheo, je mangeais à ma faim, mais jamais avec le reste de la maisonnée. Mes cousins et cousines, Smakly, Nany, Rithy, Kahna et Raymonaa mangeaient avec Saoun. Kheo, qui était agent des douanes, avait été muté à la frontière vietnamienne, et le seul qui aurait pu contrer les penchants de cette méchante femme, était bien trop loin pour m’aider en quoique ce fut. Si à l’époque j’avais lu « Les misérables » de Victor Hugo, j’aurai pu me surnommer Cosette, mais étant depuis ma naissance habituée aux difficultés, j’avais acquis à la fois la carapace suffisante et la volonté de réussir mes études pour faire face à tous les signes d’in affection que me prodiguait généreusement la tante Saoun.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Bonjour à tous,
Je prépare un voyage de près de trois semaines exclusivement dans le Nord du Laos avec mes parents (arrivée Luang Prabang / retour depuis Vientiane).
Il y a quelques années, nous avions été enchanté par la semaine passée à la rencontre des ethnies peuplant le Nord-Vietnam et souhaiterions revivre ce type d'expérience au Laos.
Je souhaitais avoir quelques avis et conseils divers. Voilà en gros l’itinéraire et les quelques questions que je me pose. En principe, nous réserverons à l’avance uniquement les nuits à Luang Prabang et un Bungalow chez Noy (Nam Nga Bungalow). Que pensez-vous de cet itinéraire?
J1. Arrivée à LUANG PRABANG
J2. LUANG PRABANG
J3. LUANG PRABANG
J4. LUANG PRABANG – PAKBENG en bateau
J5. PAKBENG – OUDOMXAI / MUANG LA / BAN YOR ? question 1- entre Pakbeng et Pak Nam Noi, on souhaite s'arrêter une nuit pour couper cette étape en deux. Du coup je m'interroge, à quel endroit est-il préférable de passer la nuit : Oudomxay (Namkat Yorla Resort ?), Muang La ou un petit village (Ban Yor : quelqu’un a-t-il des infos ?) ?
J6/7/8/9. TREK DANS LA REGION SUD DE PHONGSALY – Massif de l’Elephant (PhuSang) question 2 : Je souhaite éviter (pour des questions de longueur de transport) de me rendre à Phongsaly mais il semble que la région du sud soit accessible depuis BounTai ou NamLy. Quelqu’un qui est passé dans cette région a-t-il des conseils à me donner ? question 3 : Connaissez-vous un guide local francophone ou anglophone susceptible d’organiser un voyage dans cette région ? ou bien une agence à recommander ?question 4 : Si je passe par une agence, à quel endroit est-il préférable que je réserve : PhongSaly, Oudomxai, Muang La, Pak Nam Noy, Boun Tai ?
J9. Fin du TREK - MUANG KOUA - MUANG NGOI en bateau question 5 : Je ne trouve pas beaucoup d’infos mais il semble qu’il n’y ait des départs que le matin vers Muang Ngoi ?
J10. MUANG NGOI question 6 : Plutôt que de dormir deux nuits à Muang Ngoi, je pensais y dormir la première, et passer la seconde dans un village alentour avant de revenir à Muang Ngoi le lendemain et repartir pour Nong Khiaw le même jour. Est-ce envisageable?
J11. MUANG NGOI – NONG KHIAW en bateauJ12. NONG KHIAW
J13. NONG KHIAW – NAM NGA BUNGALOW (chez Noy : www.namngabungalowslaos.com/)
J14. NAM NGA BUNGALOW
J15. NAM NGA BUNGALOW
J16. NAM NGA BUNGALOW - LUANG PRABANG - VANG VIENG question 7 : On pensait, en fonction du budget pour un véhicule avec chauffeur, louer directement une une voiture depuis Luang Prabang jusqu’à Ventiane.
J17. VANG VIENG question 8 : En discutant, je trouve des avis très divers sur Vang Vieng, je suis moi-même passé par le Laos en 2012 en venant de Chine et j'avais décidé de continuer vers la Thailande sans descendre plus bas que Luang Prabang. Les commentaires que j'en avais eus par les voyageurs rencontrés étaient souvent très négatifs. Il semble néanmoins que depuis quelques années il y a eu un effort de la part du gouvernement pour transformer ce bourg en coin paisible... Je trouve aujourd'hui de très bons avis avec des personnes qui ont trouvé les alentours de Vang Vieng très beaux et toujours "authentiques"... On pensait donc y consacrer une ou deux journée à se balader dans la campagne environnante. Et vous, vous y retournerez ?
question 9 : Sinon, entre LP et Vientiane, avez-vous d'autres coins à nous recommander? Ou bien une route particulière à emprunter pour profiter des paysages et d’arrêts le long du chemin ?
18 VANG VIENG
19 VANG VIENG - VIENTIANE
20 VIENTIANE avion retour Voila pour l'itinéraire, c'est le fruit d'une synthèse des différentes lectures sur des forums et blog mais je suis ouvert à la critique, rien n'est encore vraiment réservé (à part l'avion) donc les modifications sont encore possibles :)
Au plaisir de vous lire, Bonne soirée
Je prépare un voyage de près de trois semaines exclusivement dans le Nord du Laos avec mes parents (arrivée Luang Prabang / retour depuis Vientiane).
Il y a quelques années, nous avions été enchanté par la semaine passée à la rencontre des ethnies peuplant le Nord-Vietnam et souhaiterions revivre ce type d'expérience au Laos.
Je souhaitais avoir quelques avis et conseils divers. Voilà en gros l’itinéraire et les quelques questions que je me pose. En principe, nous réserverons à l’avance uniquement les nuits à Luang Prabang et un Bungalow chez Noy (Nam Nga Bungalow). Que pensez-vous de cet itinéraire?
J1. Arrivée à LUANG PRABANG
J2. LUANG PRABANG
J3. LUANG PRABANG
J4. LUANG PRABANG – PAKBENG en bateau
J5. PAKBENG – OUDOMXAI / MUANG LA / BAN YOR ? question 1- entre Pakbeng et Pak Nam Noi, on souhaite s'arrêter une nuit pour couper cette étape en deux. Du coup je m'interroge, à quel endroit est-il préférable de passer la nuit : Oudomxay (Namkat Yorla Resort ?), Muang La ou un petit village (Ban Yor : quelqu’un a-t-il des infos ?) ?
J6/7/8/9. TREK DANS LA REGION SUD DE PHONGSALY – Massif de l’Elephant (PhuSang) question 2 : Je souhaite éviter (pour des questions de longueur de transport) de me rendre à Phongsaly mais il semble que la région du sud soit accessible depuis BounTai ou NamLy. Quelqu’un qui est passé dans cette région a-t-il des conseils à me donner ? question 3 : Connaissez-vous un guide local francophone ou anglophone susceptible d’organiser un voyage dans cette région ? ou bien une agence à recommander ?question 4 : Si je passe par une agence, à quel endroit est-il préférable que je réserve : PhongSaly, Oudomxai, Muang La, Pak Nam Noy, Boun Tai ?
J9. Fin du TREK - MUANG KOUA - MUANG NGOI en bateau question 5 : Je ne trouve pas beaucoup d’infos mais il semble qu’il n’y ait des départs que le matin vers Muang Ngoi ?
J10. MUANG NGOI question 6 : Plutôt que de dormir deux nuits à Muang Ngoi, je pensais y dormir la première, et passer la seconde dans un village alentour avant de revenir à Muang Ngoi le lendemain et repartir pour Nong Khiaw le même jour. Est-ce envisageable?
J11. MUANG NGOI – NONG KHIAW en bateauJ12. NONG KHIAW
J13. NONG KHIAW – NAM NGA BUNGALOW (chez Noy : www.namngabungalowslaos.com/)
J14. NAM NGA BUNGALOW
J15. NAM NGA BUNGALOW
J16. NAM NGA BUNGALOW - LUANG PRABANG - VANG VIENG question 7 : On pensait, en fonction du budget pour un véhicule avec chauffeur, louer directement une une voiture depuis Luang Prabang jusqu’à Ventiane.
J17. VANG VIENG question 8 : En discutant, je trouve des avis très divers sur Vang Vieng, je suis moi-même passé par le Laos en 2012 en venant de Chine et j'avais décidé de continuer vers la Thailande sans descendre plus bas que Luang Prabang. Les commentaires que j'en avais eus par les voyageurs rencontrés étaient souvent très négatifs. Il semble néanmoins que depuis quelques années il y a eu un effort de la part du gouvernement pour transformer ce bourg en coin paisible... Je trouve aujourd'hui de très bons avis avec des personnes qui ont trouvé les alentours de Vang Vieng très beaux et toujours "authentiques"... On pensait donc y consacrer une ou deux journée à se balader dans la campagne environnante. Et vous, vous y retournerez ?
question 9 : Sinon, entre LP et Vientiane, avez-vous d'autres coins à nous recommander? Ou bien une route particulière à emprunter pour profiter des paysages et d’arrêts le long du chemin ?
18 VANG VIENG
19 VANG VIENG - VIENTIANE
20 VIENTIANE avion retour Voila pour l'itinéraire, c'est le fruit d'une synthèse des différentes lectures sur des forums et blog mais je suis ouvert à la critique, rien n'est encore vraiment réservé (à part l'avion) donc les modifications sont encore possibles :)
Au plaisir de vous lire, Bonne soirée
On y est enfin ...... !
Alors que le Cambodge connaît un boom touristique sans précédent, + 19 % de touristes en plus les quatre premiers mois de l'année par rapport à 2005 ..... que 1 700 000 touristes sont attendus cette année et que les prévisions pour 2010 envisagent la venue de 3 500 000 touristes, le procés des khmers rouges va enfin s'ouvrir en banlieue de Phnom Penh ce prochain Lundi ou les magistrats vont prêter serment, et ceux ci commenceront à travailler le 10 Juillet .....
Que espérer de ce procés, je vous livre ici l'article de L'Orient/Le Jour ......
Par Dina Nay et James A. Goldston*
Trente ans après le massacre d’un quart des sept millions de Cambodgiens par les Khmers rouges, un tribunal ouvre ses portes pour juger les dirigeants responsables qui sont encore en vie. Conformément à un accord passé entre les Nations unies et le gouvernement cambodgien, treize juges et procureurs étrangers ont été choisis pour travailler de concert avec dix-sept confrères cambodgiens. Ce groupe éclectique de juristes lancera, au cours de la première semaine de juillet, une expérience peu commune en matière de justice internationale. Durant les trois années à venir, les bien nommées « Chambres extraordinaires » s’efforceront d’établir les responsabilités pénales de l’un des pires génocides du XXe siècle. Parmi ceux qui seront vraisemblablement jugés, on compte deux des plus proches et plus influents membres de la cohorte de Pol Pot : Nuon Chea, l’un des leaders du parti Khmer rouge, et Ieng Sary, l’ancien vice-premier ministre des Affaires étrangères. Étant donné le temps qu’il aura fallu pour faire avancer les choses – les pourparlers n’auront cessé de rompre, puis de reprendre, pendant plus de neuf ans – l’existence même de ce tribunal est un événement. Les procès seront mis à rude épreuve lorsqu’il s’agira de voir s’ils sont – ou semblent – impartiaux, s’ils sont motivés par les faits et concordent avec les normes internationales. Pour des raisons d’histoire et de droit, le gouvernement cambodgien et la communauté internationale ont tous deux un rôle décisif à jouer dans la réussite de cette entreprise. Pour ce faire, ils devront affronter plusieurs obstacles de taille. Premièrement, contrairement aux tribunaux hybrides du Timor-Oriental, du Kosovo et de la Sierra Leone, les juges internationaux sont en minorité (un système de vote de « supermajorité » garantit cependant que la voix d’au moins un juge international est nécessaire pour rendre un jugement). Même s’il paraît raisonnable que la composition des tribunaux mixtes soit avant tout nationale, cette disposition n’est pas sans soulever certaines questions dans un pays où l’indépendance et le bien-fondé des décisions judiciaires ont de longue date été remis en question. Deuxièmement, le temps qui s’est écoulé depuis les crimes – plus de trente ans, dans certains cas – dépasse de loin celui d’autres procès similaires de crimes de guerre, qui suivirent aussitôt le conflit. Le long retard du Cambodge complique la tâche pour ce qui est de préserver les preuves, notamment la mémoire humaine, essentielles pour prouver la culpabilité. Il faudra faire avec ces difficultés structurelles, dont une partie peut toutefois être surmontée grâce à une formation intensive au droit cambodgien et international, et aux techniques d’investigation complexes, renforcée par un suivi indépendant et vigoureux de l’ensemble de la procédure. Troisièmement, le tribunal est situé dans une enceinte militaire loin du centre de Phnom Penh. Afin que les gens ordinaires puissent suivre cet événement historique, il conviendra de mettre en place un service de bus pour desservir le site et de retransmettre les audiences à la radio et à la télévision à travers tout le pays. Les instances locales et la cour devront faire preuve d’imagination pour élaborer des stratégies qui permettront de faire parvenir l’information à la population rurale prédominante et veilleront à ce que tous les Cambodgiens soient en mesure de comprendre le déroulement de la procédure. Tout au moins, le personnel de justice pourrait s’entendre avec les populations locales pour organiser des réunions sur les procès et sur les questions qu’ils soulèvent. Quatrièmement, ces derniers mois, les représentants de l’opposition et les militants des droits de l’homme ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour avoir critiqué le gouvernement. Un projet de loi vise à faire entrer la diffamation dans le cadre pénal et inclut de nouvelles dispositions plaçant au rang d’infraction les critiques à l’encontre des décisions de justice. Les leaders politiques cambodgiens, ainsi que les États qui apportent leur aide, devront faire davantage pour mettre en avant l’intérêt d’un débat de grande envergure sur le tribunal et les vastes séquelles du conflit civil cambodgien. Ceux qui ont survécu aux Khmers rouges n’ont pas oublié les craintes suscitées par la moindre critique prononcée contre ce régime : il serait fort tragique que les Cambodgiens ne se sentent pas libres d’exprimer leur point de vue sur les « Chambres extraordinaires ». L’instauration d’un dialogue significatif entre le public et la cour ne peut se passer d’un environnement qui encourage fondamentalement – et ne punit pas – la libre expression des opinions. Cinquièmement, le Cambodge manque d’avocats hautement qualifiés, car les Khmers rouges ont quasiment fait disparaître les professions juridiques du pays. Or, contrairement aux pratiques d’autres tribunaux hybrides et internationaux pour crimes de guerre, le droit local permet uniquement aux avocats cambodgiens de représenter les accusés. Au nom de l’impartialité et de la régularité de la procédure, il importe de modifier cette disposition pour les « Chambres extraordinaires », afin que les avocats des autres pays puissent prendre part, d’une manière égale, à la défense. Enfin, en raison de leur soutien financier généreux, les gouvernements donateurs ne peuvent se contenter de rester simples spectateurs. Ils assisteront au mieux la cour en coordonnant leurs efforts, en surveillant efficacement le processus et en aidant à identifier – et le cas échéant, à résoudre – les problèmes qui surviennent. En outre, il leur faudra probablement fournir davantage de moyens financiers. Le budget minimaliste de 56 millions de dollars sur trois ans ne couvre pas les besoins vitaux de la cour, comme, par exemple, l’hébergement sécurisé des témoins sous protection, les transcriptions des audiences ou la présence d’une bibliothèque. Le concours des États-Unis, qui n’ont toujours pas apporté leur contribution aux « Chambres extraordinaires », serait le bienvenu. Les « Chambres extraordinaires » constituent une étape importante dans les efforts menés par le Cambodge pour mettre un terme à une période particulièrement violente de son passé. La façon dont la cour s’acquittera de sa tâche est de la plus haute importance pour les millions de Cambodgiens marqués par les crimes des Khmers rouges. Cette cour est en même temps l’expression ultime d’un mouvement mondial durable qui remonte à Nuremberg et a pour but de faire cesser l’impunité des massacres. Son aptitude à rendre la justice devrait revêtir pour nous tous une importance capitale.
* Dina Nay, qui a survécu aux camps de la mort des Khmers rouges, est la directrice de l’Institut khmer pour la démocratie ; James A. Goldston est le directeur de l’Open Society Justice Initiative.
Alors que le Cambodge connaît un boom touristique sans précédent, + 19 % de touristes en plus les quatre premiers mois de l'année par rapport à 2005 ..... que 1 700 000 touristes sont attendus cette année et que les prévisions pour 2010 envisagent la venue de 3 500 000 touristes, le procés des khmers rouges va enfin s'ouvrir en banlieue de Phnom Penh ce prochain Lundi ou les magistrats vont prêter serment, et ceux ci commenceront à travailler le 10 Juillet .....
Que espérer de ce procés, je vous livre ici l'article de L'Orient/Le Jour ......
Par Dina Nay et James A. Goldston*
Trente ans après le massacre d’un quart des sept millions de Cambodgiens par les Khmers rouges, un tribunal ouvre ses portes pour juger les dirigeants responsables qui sont encore en vie. Conformément à un accord passé entre les Nations unies et le gouvernement cambodgien, treize juges et procureurs étrangers ont été choisis pour travailler de concert avec dix-sept confrères cambodgiens. Ce groupe éclectique de juristes lancera, au cours de la première semaine de juillet, une expérience peu commune en matière de justice internationale. Durant les trois années à venir, les bien nommées « Chambres extraordinaires » s’efforceront d’établir les responsabilités pénales de l’un des pires génocides du XXe siècle. Parmi ceux qui seront vraisemblablement jugés, on compte deux des plus proches et plus influents membres de la cohorte de Pol Pot : Nuon Chea, l’un des leaders du parti Khmer rouge, et Ieng Sary, l’ancien vice-premier ministre des Affaires étrangères. Étant donné le temps qu’il aura fallu pour faire avancer les choses – les pourparlers n’auront cessé de rompre, puis de reprendre, pendant plus de neuf ans – l’existence même de ce tribunal est un événement. Les procès seront mis à rude épreuve lorsqu’il s’agira de voir s’ils sont – ou semblent – impartiaux, s’ils sont motivés par les faits et concordent avec les normes internationales. Pour des raisons d’histoire et de droit, le gouvernement cambodgien et la communauté internationale ont tous deux un rôle décisif à jouer dans la réussite de cette entreprise. Pour ce faire, ils devront affronter plusieurs obstacles de taille. Premièrement, contrairement aux tribunaux hybrides du Timor-Oriental, du Kosovo et de la Sierra Leone, les juges internationaux sont en minorité (un système de vote de « supermajorité » garantit cependant que la voix d’au moins un juge international est nécessaire pour rendre un jugement). Même s’il paraît raisonnable que la composition des tribunaux mixtes soit avant tout nationale, cette disposition n’est pas sans soulever certaines questions dans un pays où l’indépendance et le bien-fondé des décisions judiciaires ont de longue date été remis en question. Deuxièmement, le temps qui s’est écoulé depuis les crimes – plus de trente ans, dans certains cas – dépasse de loin celui d’autres procès similaires de crimes de guerre, qui suivirent aussitôt le conflit. Le long retard du Cambodge complique la tâche pour ce qui est de préserver les preuves, notamment la mémoire humaine, essentielles pour prouver la culpabilité. Il faudra faire avec ces difficultés structurelles, dont une partie peut toutefois être surmontée grâce à une formation intensive au droit cambodgien et international, et aux techniques d’investigation complexes, renforcée par un suivi indépendant et vigoureux de l’ensemble de la procédure. Troisièmement, le tribunal est situé dans une enceinte militaire loin du centre de Phnom Penh. Afin que les gens ordinaires puissent suivre cet événement historique, il conviendra de mettre en place un service de bus pour desservir le site et de retransmettre les audiences à la radio et à la télévision à travers tout le pays. Les instances locales et la cour devront faire preuve d’imagination pour élaborer des stratégies qui permettront de faire parvenir l’information à la population rurale prédominante et veilleront à ce que tous les Cambodgiens soient en mesure de comprendre le déroulement de la procédure. Tout au moins, le personnel de justice pourrait s’entendre avec les populations locales pour organiser des réunions sur les procès et sur les questions qu’ils soulèvent. Quatrièmement, ces derniers mois, les représentants de l’opposition et les militants des droits de l’homme ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour avoir critiqué le gouvernement. Un projet de loi vise à faire entrer la diffamation dans le cadre pénal et inclut de nouvelles dispositions plaçant au rang d’infraction les critiques à l’encontre des décisions de justice. Les leaders politiques cambodgiens, ainsi que les États qui apportent leur aide, devront faire davantage pour mettre en avant l’intérêt d’un débat de grande envergure sur le tribunal et les vastes séquelles du conflit civil cambodgien. Ceux qui ont survécu aux Khmers rouges n’ont pas oublié les craintes suscitées par la moindre critique prononcée contre ce régime : il serait fort tragique que les Cambodgiens ne se sentent pas libres d’exprimer leur point de vue sur les « Chambres extraordinaires ». L’instauration d’un dialogue significatif entre le public et la cour ne peut se passer d’un environnement qui encourage fondamentalement – et ne punit pas – la libre expression des opinions. Cinquièmement, le Cambodge manque d’avocats hautement qualifiés, car les Khmers rouges ont quasiment fait disparaître les professions juridiques du pays. Or, contrairement aux pratiques d’autres tribunaux hybrides et internationaux pour crimes de guerre, le droit local permet uniquement aux avocats cambodgiens de représenter les accusés. Au nom de l’impartialité et de la régularité de la procédure, il importe de modifier cette disposition pour les « Chambres extraordinaires », afin que les avocats des autres pays puissent prendre part, d’une manière égale, à la défense. Enfin, en raison de leur soutien financier généreux, les gouvernements donateurs ne peuvent se contenter de rester simples spectateurs. Ils assisteront au mieux la cour en coordonnant leurs efforts, en surveillant efficacement le processus et en aidant à identifier – et le cas échéant, à résoudre – les problèmes qui surviennent. En outre, il leur faudra probablement fournir davantage de moyens financiers. Le budget minimaliste de 56 millions de dollars sur trois ans ne couvre pas les besoins vitaux de la cour, comme, par exemple, l’hébergement sécurisé des témoins sous protection, les transcriptions des audiences ou la présence d’une bibliothèque. Le concours des États-Unis, qui n’ont toujours pas apporté leur contribution aux « Chambres extraordinaires », serait le bienvenu. Les « Chambres extraordinaires » constituent une étape importante dans les efforts menés par le Cambodge pour mettre un terme à une période particulièrement violente de son passé. La façon dont la cour s’acquittera de sa tâche est de la plus haute importance pour les millions de Cambodgiens marqués par les crimes des Khmers rouges. Cette cour est en même temps l’expression ultime d’un mouvement mondial durable qui remonte à Nuremberg et a pour but de faire cesser l’impunité des massacres. Son aptitude à rendre la justice devrait revêtir pour nous tous une importance capitale.
* Dina Nay, qui a survécu aux camps de la mort des Khmers rouges, est la directrice de l’Institut khmer pour la démocratie ; James A. Goldston est le directeur de l’Open Society Justice Initiative.
Ceux qui veulent vivre un peu l'aventure en suivant mes pas, pourront lire ce qui suit au jour le jour:
Le Laos ou le pays du million d’éléphants.
C’est un des pays le plus pauvre du monde; seulement la moitié de la population est alphabétisée. Dans le nord, des paysans vivent de la culture du pavot (Opium). Ici, les éléphants travaillent (sauf les sauvages) comme en Inde, Birmanie et Thaïlande. Il y a 60% de Bouddhistes et 49 ethnies différentes. Le pays est traversé par le Mékong sur près de 1000 km.
Le réseau routier est sommaire. Les véhicules ne partent que lorsqu’ils sont pleins (avion, bateau, bus, van). La plupart de la population est très souriante.
Après l’incertitude de prendre le vol du Vietnam suite au typhon qui rôde actuellement, je pars quand même à 5H du matin voir si mon périple aura bien lieu. De Bruxelles, on ne sait rien me dire. Il faut attendre Paris. Je suis tôt donc je m’installe dans un des 5 fauteuils relaxants de l’aéroport. Quelle chance!!!! Mon instinct fait que mes yeux s’ouvrent à 10 minutes de l’embarquement… Je galope car ce n’est pas tout près. Pas de panique, l’avion a 40 minutes de retard, ce qui ne fera pas mon affaire à Paris où je vais être juste. Effectivement, j’arrive au terminal I et dois aller au 2. Ce qui me fait une belle trotte, prendre la rame, aller au scan des bagages où je perds mon billet d’avion. Je reprends une autre rame pour le terminal 2E et vais à Air France refaire un billet; j’arrive au moment où on appelle les deux derniers passagers dont je fais partie. J’écris ces lignes dans l’avion Vietnam Airlines qui a quand même décollé; on verra ce qui nous attend à l’arrivée… On a diné. Il fait noir. Je bois du whisky (Martine en pensant à toi qui dit que j’aime la bière!!!)… J’en suis à mon 3ème (pas de ma faute, l’hôtesse n’a pas compris que je voulais du coca avec et m’en a servi 2 à la suite). Bon on verra si j’ai la gueule de bois à l’arrivée…. Le vol n’a pas paru long (ben oui après ça)… Je m’endors dans le hall de l’aéroport en attendant l’avion pour Luang Prabang. Tout le monde est déjà parti et l’hôtesse vient me réveiller pour embarquer… La honte quoi!
Mardi 12: A la Sabaidee GH, le patron parle français. Les chambres sont propres mais rudimentaires. Il y a beaucoup de moustiques. Je termine ma journée par un massage.
Mercredi 13: J’arrête un tuc-tuc, lui demande son prix pour la journée; on ne se comprend pas; il y a maldonne; je téléphone au proprio pour qu’il s’explique et c’est mécontent que le chauffeur s’en va après m’avoir conduit au plus somptueux temple de la ville: le Vat Xieng Thong qui est appelé le temple de la cité d’or; il date de 1560. Sa particularité est la toiture incurvée descendant au sol. Dans cette chapelle rouge, il y a un immense bouddha couché de toute splendeur. Sur le mur ouest, l’arbre de vie est représenté selon une mosaïque en miroir. Un autre bâtiment renferme le char funéraire très grand et très beau. Je continue ma promenade visitant tous les temples le long de la grand rue dont le Vat Sene Sensoukaram, appelé le temple rouge, toujours en activité. On y béni les véhicules. Il y a une énorme statue du bouddha debout à l’intérieur. Je me fais plaisir avec un massage de pied d’une heure: c’est le pied… J’irai ensuite manger une spécialité du Laos: une salade de papaye très épicée. J’ai dit « no spice », il m’a dit « no » mais c’était « très spice »…
Jeudi 14: Ce matin, je me lève tôt pour voir les moines faisant l’aumône; très beau spectacle mais trop touristiques, en tout cas où j’étais. Peut-être y a-t-il un autre endroit plus authentique. J’achète des petites bananes et m’en vais monter le Mont Phousi avec ses 328 marches. Il fait très chaud et la chaleur est humide. Je dégouline de partout. La vue du haut près de la flèche dorée est spectaculaire sur la rivière, le Mékong et la ville. C’est aussi lentement qu’à la montée que je redescends par un autre chemin qui me fera sortir juste devant le Palais Royale mais il est trop tard pour aller le visiter maintenant. Je compte revenir à la guesthouse mais de fil en aiguilles, je me laisse aller à une balade le long du Mékong, aller y prendre un jus de Mangue, aller refaire un massage de pied que l’on propose à toutes les échoppes. En chemin, j’irai voir le temple Vat That puis assiste à une cérémonie au Vat Ho Xieng. Je rentre faire un massage pour terminer la journée. Ce soir, je mange avec Claudine et Deny, rencontré via une correspondante au Laos. En rentrant à la GH, je rencontre un autre couple de français avec qui j’ai correspondu sur le VF également.
Vendredi 15 Aujourd’hui, avec Claudine et Deny, nous sommes partis en bateau sur le Mékong aux grottes sacrées de Pak Ou. Nous traversons un paysage féérique avant d’arriver après 2 heures de navigation aux grottes creusées dans les falaises calcaires abruptes. On nous dépose au pied de la falaise pour voir la première grotte remplie de 3000 bouddhas de toutes sortes, couchés, assis, debouts; en fait il y a 35 positions différentes du bouddha, la position couchée était la dernière. La seconde est un peu plus haut, 2ème étage sans ascenseur avec une volée d’escaliers très difficiles à gravir. Je préviens mes compagnons de fortune qu’ils ne m’attendent pas sauf pour le bateau…. Je ne regrette pas mon effort car c’était spectaculaire de voir ces bouddhas dans le noir (lampe de poche pour voir). Je me suis régalée et parmi tous, j’ai trouvé un petit Ganesh (faut le faire ça quand même…) je me demande ce qu’il faisait là. Ceux qui me connaisse savent qu’il y a toujours un hic avec moi, hé ben oui….En sortant de la grotte, j’ai pris à gauche un petit sentier suivant un groupe de touristes; après un quart d’heure, le petit guide qui s’était déjà retourné plusieurs fois signale au groupe qu’une personne est derrière lui, or il doit fermer la marche. Le groupe anglais confirme que je ne fais pas partie de la colonie. Je pensais tout simplement qu’il y avait encore une grotte à visiter plus haut; or il partait en trekking…. Je suis retournée sur mes pas et en sortant du sentier, Deny était remonté craignant que j’eusse un problème… Et voilà pourquoi, j’aime voyager seule. On ne fait pas des frayeurs aux gens!!! En fait, en regagnant le bateau, on a bien rigolé … surtout eux… Nous continuons notre croisière jusqu’au croisement du Mékong et de la rivière Nam OU. Nous sommes entourés de falaises et de montagnes. En rebroussant chemin, on s’arrête dans un petit village où l’on fabrique l’alcool de riz et où l’on tisse. Je me suis laissée tentée par un chapeau!!! Enfin, nous rentrons à vive allure car le soir tombe et n’avons pas de phares au bateau. C’était une belle excursion qui s’est terminée par un massage où je me suis royalement endormie. J’ai mangé des feuilles de bananes grillées parsemées de graines. Très bon.
Samedi 16: Je pars en tuc-tuc pour les cascades de Kuang Si. Le chemin est apaisant. En entrant, il y a un parc d’ours noirs, bien aménagés. En les observant, on s’aperçoit qu’ils sont joueurs et même qu’au retour, j’assiste à un accouplement qui n’en finissait pas… moi comme d’autres touristes n’avons pas attendu la fin… Il y a plusieurs paliers à la cascade dont une où l’on peut plonger en se lançant avec une corde (je ne l’ai pas fait). La 3ème où la plupart des gens s’arrêtent est magnifique, environ 25 mètres. J’avais prévu ne pas grimper au-dessus mais la tentation fut trop forte et me suis lancée dans un périple parfois regrettable. J’ai pris le chemin de gauche et à la sueur de mon front suis arrivée au-dessus où il a fallu enlever les chaussures pour traverser une partie. Puis suis redescendue par l’autre côté faisant ainsi la bouche. Encore heureux qu’un gentil monsieur Australien m’a aidé toute la descente sinon, je pense bien que je me serais cassée la figure, plus court mais plus aride. Mais le paysage vraiment valait la peine. Cette étape en plus à mon périple m’a fait perdre 2H et je m’attendais bien à être engueulée par le conducteur du tuc-tuc mais il n’en fût rien. Ils sont gentils quand même. Sur le chemin du retour, il m’a arrêté dans un village typique mais bord de route ce qui veut dire touristique. Enfin quand même, c’était bien de voir ces petits enfants en habits traditionnels qui se tournaient pour ne pas qu’on les prennent en photo si on n’achetait pas un produit aux mamans…. Cette journée m’a valu un bon massage et une bonne bière. J’ai mangé un buffet de légumes pour 1 euro.
Dimanche 17 Je me réveille à midi! Je sais ce n’est pas bien mais je n’y peux rien, je ne me suis pas réveillée avant. Le temps de glander un peu, il est 13H30 quand enfin, le patron vient frapper à ma porte s’inquiétant de mon sort. Décidément, j’ai l’art de faire tracasser les gens. Je voulais visiter le musée royal mais c’est dimanche et il est fermé. Je loue un vélo pour l’après-midi et part en randonnée sur l’autre rive de la Nam Kham. Après avoir passé un pont en bambou, je me restaure de viande (j’avais pourtant dit que je n’en mangerais pas); je ne mange pas tout et un chien en profite. Tout au long du chemin, je vais de temple en temple et c’est vraiment un grand plaisir de faire du vélo au Laos. Sur mon plan, il y avait possibilité de retraverser le 2ème pont mais apparemment, il n’existe plus (only boat). Demi-tour et me voilà relancée. Je pousse la bicyclette jusqu’où se rejoignent la Nam Ou et le Mékong. Le retour se fera en longeant celui-ci. Je m’arrête pour faire un massage de pied mais après 5 minutes, je stoppe tout car le gars n’est pas concentré du tout sur mes pieds et il y a un bruit infernal dans la pièce. Le soir, je soupe avec Claudine et Deny qui partent demain pour le nord. Je les retrouverai à Paksé car nous ferons le plateau des Bolovens ensemble (en 2 jours). Ce soir, je me suis contentée d’une salade laotienne: mmm, il y avait des cacahuètes dedans. Mardi 19: Je suis partie à 9H30 sous une pluie battante pour prendre le bus de VANG VIENG. Il y avait du brouillard évidemment mais j’ai quand même pu admirer le paysage. Qu’est-ce qu’on était haut un moment!!! Plus on avance sur VV, plus beau c’est. J’attends demain avec impatience pour découvrir de plus près. Vu l’heure, je n’ai rien pu entamer aujourd’hui; le temps d’arriver à l’hôtel encore 15 minutes de tuc-tuc et ici, il fait nuit à 18H. J’ai quand même été faire un massage, y avait plus que ça à faire puis une Beerlao….
Mercredi 20 Ce matin, je remonte sur une bicyclette pour faire mes balades. Je commence par chercher les grottes de THAM PHY KHAM qui ont servi de refuges aux laotiens lors de l’invasion des chinois au 19ème siècle. Il faut gravir 147 marches pour y arriver mais qu’est-ce-que je me suis régalée. Elles sont immenses et encore on ne visite qu’une partie. Il y fait frais (ouf). Je rencontre deux bonzes avec qui je discute. Puis je me retrouve seule dans la grotte, j’ai écouté le silence. A ce point, je ne l’avais jamais entendu. Rien. C’est flippant de se savoir à l’intérieur de la terre, seule; je n’ai pas pu m’empêcher un moment donné à penser à un film d’horreur… A la sortie, je retrouve les deux moines à qui j’offre un jeu de cartes; en échange, il m’offre un petit bouddha. Je peux assurer qu’il ne me quittera JAMAIS. En bas de la grotte, il y a une petite cascade avec une eau limpide; étant presque seule aussi en bas, j’ai pu profiter du bruit de l’eau. Autre effet!!! Et c’est là qu’on se dit: vive le voyage en solitaire… avec soi-même. Au bord de la cascade, je mange un fruit qui ressemble à un pamplemousse rose mais ce n’est pas ça, quelqu’un me dira bien ce que c’est, dans les habitués du forum. En tout cas, c’est bon. Je remonte sur mon véhicule à deux roues dans l’espoir d’aller voir les gens passer sur la rivière dans leur pneu (tubing); en fait, au départ, je venais ici pour en faire mais ma petite voix intérieure me dit que non… je vais me casser la figure contre un rocher et finir noyée. Mais auparavant, je fais une bonne série de kilomètres pour admirer le paysage. Je termine ma journée en mangeant un humus fallafel (délicieux) mais je ne sais pas ce qu’il y a dans ces boulettes. Puis par un massage bien évidemment. Demain, je pars en moto avec chauffeur pour des horizons plus lointains. Jeudi 21: Il faut dire que je suis dans la ville la plus fêtarde du Laos, enfin plus exactement ça l’était car il y a eu des restrictions suite à de nombreux décès et je comprends quand je vois le courant de la Nam Xong. Les fêtards la descendant en bouée prenaient de gros risques. Il parait quand même qu’encore maintenant, la plupart repart le matin pour une autre destination avec la gueule de bois. Donc, je n’ai pas de scrupules avec ce que j’ai bu, je ne l’aurais pas. Enfin, je crois…. 2 bières d’ici, ça fait 4 de chez nous…. Je n’ai donc pas fait de tubing sauf dans une grotte où je me suis retrouvée assise dans un pneu pour visiter la grotte, les fesses dans l’eau; j’avais prévu le coup et avait des habits de rechange. Donc ce matin, je pars en moto, à 14 Km au nord de la ville, vers la grotte éléphant où est érigé un grand bouddha et éléphant car on devine dans les roches cette forme. Un peu plus loin Tham Hoy, tham Loup et la water cave. Ce fut un délice. Mais heureusement que mon petit guide m’a épaulé et encore, un moment donné dans la cave du loup, je me suis demandée s’il connaissait vraiment le chemin; nous tournions et retournions à l’intérieur de cette grotte que je n’aurais jamais su retrouver la sortie. Nous étions munis d’une lampe de poche frontale. C’est incroyablement beau. Aucun regret. Contente d’avoir vécu ça… Nos grottes de la montagne St. Pierre pourrait prendre l’exemple pour les aménager. Il a fait très chaud et même dans les grottes, je transpirais toute la sueur de mon corps mais était-ce de chaud ou de peur???? Je me suis quand même prise une stalactite sur la tronche mais légèrement. Au retour, j’ai réservé mon billet de mini-van pour partir demain matin vers la capitale Vientiane. Je me suis régalée ce soir avec une salade de papaye et une salade laotienne (promis j’en fais une à mon retour. Dois-je encore signaler que j’ai fait un massage!!!!
Samedi 23 Je démarre avec un triporteur à 9H20 pour le Bouddha Parc (Vat Xieng Khouane). Il faut une heure pour faire le trajet (24 km). Je pense que j’aurais été vite à vélo. Les 6 derniers kilomètres se font sur une route avec des trous d’autruches… Au point que j’ai failli voler hors du véhicule et dire si c’était harde, une baleine de mon soutien-gorge a sauté hors de son étui… J’aurais sûrement les fesses bleues demain comme en Tunisie sur un dromadaire… Mais le résultat était au rendez-vous; un parc à la DALI construit en 1958 par un moine qui a voulu réunir les philosophies Bouddhiste et Hindouisme. Et ce avec le don des fidèles. Il y a aussi une sorte de grosse citrouille en béton dont on rentre par une grande bouche; elle représente l’univers qui part de l’enfer au paradis. Ben moi, en arrivant au Paradis, j’ai bien crû m’être cassée Le petit doigt en sortant par le trou juste fait pour les tailles laotiennes. Bon, j’ai eu mal une heure, une pilule miracle et un peu d’huile essentielle (et oui, je me promène avec ma pharmacie). Pour redescendre rebelote, j’en ai transpiré des gouttes de labeur. En bas, je me suis dis, ho c’était chouette! Sur le chemin du retour, après 4-5 km, j’aperçois le pont de l’amitié qui relie le Laos à la Thaïlande. Je demande à voir le temple Vat Si Muang, le plus vénéré qui abrite le Bouddha d’Emeraude magnifique. Il s’y passait justement une cérémonie (les vœux d’un moine je crois car il était habillé tout blanc). Je vais ensuite au plus important temple du Laos, le Vat Pha That Luang, à 4 km de la ville. Il a une longue histoire qui remonte au 3ème siècle avant JC…. On doit y avoir trouvé des reliques car il date de 1566 et restauré par l’école française en 1900 mais la restauration est controversée et se refera en 1931 sur base d’esquisses de 1867. C’est dire qu’il a une histoire… je reçois un diner gratuit; j’ai chaud et je commence à avoir mal aux pieds et être fatiguée. J’irai quand même visiter le musée national qui relate surtout la lutte du pays pour revendiquer son identité. A savoir que le Laos était un royaume et devient une république en 1975. On y trouve aussi des vestiges historiques dont notamment une jarre de la plaine dont je ne comprends pas bien l’histoire; je pense qu’elle servait d’urnes mais je dois me renseigner. J’ai zappé cette étape du voyage bien que ça m’aurait plu mais on ne peut pas tout faire en si peu de temps. Je terminerais ma journée le long du Mékong pour y voir le coucher du soleil. Alors qui dit qu’il n’y a rien à faire à Vientiane? Demain, je m’envole pour Paksé dans le sud.
Dimanche 24
Je prends le vol de Vientiane - Paxhe et arrive vers 13 H. La journée étant bien entamée, je décide d’aller directement aux 4000 Iles tant qu’à faire…Je m’octrois le luxe de prendre un taxi pour 50 euros qui me conduira de l’aéroport à Nasakang (presque 3H de route) où là j’aurais une pirogue pour les Iles. J’avais décidé de me rendre à l’île Don Khone mais bêtement, en suivant les premiers passagers, je descends au premier arrêt qui était Don Det. Pour trouver ma guesthouse évidemment, personne ne connaissait; je me suis ainsi rendue compte que j’étais sur la mauvaise île. Décidément, ça m’apprendra à toujours suivre tout le monde. J’attends une autre pirogue qui m’y conduira. J’ai opté pour la GH Pa ka car j’ai su que le patron parle français; en fait, c’est la patronne. C’est clean pour 5 euros avec salle de bain et terrasse personnel au bord du Mékong; il y avait pour 8 euros la clim mais pas de vue Mékong mais franchement, la nuit ça n‘a pas été trop chaud; le jour, je ne suis pas là et j‘ai très chaud…
Lundi 25 J‘avais décidé de faire pédale douce ce matin et me suis donc bien relaxée. A 11H, je réserve à ma mamy le ticket pour les chutes de Phapheng pour 9 euros car je suis seule… Mais il s’occupe de tout! Aussitôt payé, aussitôt parti. Pirogue de la guesthouse jusque Nakasang et de là, side-car jusqu’aux chutes (ça je n’avais pas encore fait…) qu’Est-ce que je regrette le petit ventilateur à pile de mon petit Pierre…Il fait très très chaud, je dégouline. Bref, pour en revenir aux chutes, elles sont superbes. Le Mékong se transforme sur 13 km en puissants rapides entrecoupés de plusieurs chutes. Au retour, en sortant de la pirogue, je fais le grand écart, une jambe dans une pirogue et une dans l’autre, le problème c’est qu’elles s’éloignaient… A peine rentrée, à peine repartie louer un vélo pour aller aux chutes de LI PHI qui se trouvent au sud de l’ile; en passant, je vois la locomotive datant du temps des français. Les chutes sont impressionnantes pour leurs rapides et leur intensité. Selon les laotiens, elles renfermeraient des esprits, c’est pourquoi, les villageois n’y vont pas. Elles sont moins hautes que celles de Phapheng mais plus longues et plus intenses. J’ai adoré et y suis restée un bon bout de temps, poussant même jusqu’à la petite plage. Je viens de rentrer et inutile de vous dire que je rédige ces lignes devant une Beerlao….Demain départ pour Champassak, sais pas encore pas quel moyen de locomotion! Mardi 26 Je quitte ma douce guesthouse Pa Kha sur l‘Ile de Don Khone en pirogue jusque Nakasan. De là, parcours du combattant en allant chercher un peu tout le monde à des endroits différents. Remontée sur la berge avec les bagages lourds; je n’en peux plus; il faut marcher 15 minutes pour le bus de Champasak. J’arrive dans le bus en nage. On attend encore 20 minutes puis départ mais en s’arrêtant plusieurs fois. Galère. Enfin, arrivée à Champassak vers 15H. Ce n’est pas fini, il faut prendre une autre pirogue car nous sommes du mauvais côté du fleuve… Enfin, nous démarrons après plusieurs négociations car il y a des gens qui ne voulaient pas payer pour la traversée. Ils sont donc descendus attendre le ferry (2H30 d’attente). Ouf, nous partons. Mais de l’autre côté de la berge, escalier de meunier à grimper avec les bagages. Mon Dieu, dans quelle histoire je me suis encore fourrée. Je vais m’épuiser. Première guesthouse, ce serait trop beau pour qu’elle me convienne (Anouxa qui pourtant plait à tout le monde). Donc je vais à l’hôtel Amphone. Pas de tuc-tuc et il y a 2 km…. Une moto me charge avec mon gros sac et mon troller devant lui; il n’y avait que ses yeux qui dépassaient juste pour voir la route… et moi cramponnée derrière avec mon sac à dos. Les gens qui nous ont vu partir riaient aux éclats, moi moins…. Après mon installation, je loue une bicyclette; elle ne va pas, les pneus sont plats. Je la ramène et prends la 2ème de l’hôtel qui ne va pas, elle fait un drôle de bruit et n’avance pas. Je la ramène et en loue une ailleurs. Direction Champassak Spa pour un massage aux herbes bien mérité.
Mercredi 27 Comme prévu, je pars de bonne heure pour aller visiter le lieu magique qu‘il y a à visiter à Champasak: le Vat Phou. C‘est un temple montagne donc comme le mot le dit, il est construit dans la montagne… Ce qui signifie grimpette… Déjà à 8H, il faisait très chaud pour y grimper. J‘ai beaucoup apprécié la grotte dans la falaise où il y a l‘eau sacrée qui coule des fissures de la montagne. J‘y suis restée un bon moment, tranquille. Ce temple date de l‘époque préangkorienne soit 5-6ème siècle après JC; On y trouve un mélange de statues hindouistes et bouddhistes. Je finis ma visite à midi pile. Après-midi, spa bien-être chez Nathalie (Champasak Spa) qui s’est installée au Laos depuis 5 ans. Je rentre à vélo et vais manger le long du Mékong avec un monsieur un peu farfelu mais qui me parle d’Angkor qu’il connait bien. En fait, j’ai mangé mon premier plat d’une variété d’insectes vivants, sans le vouloir car il tombait dans la sauce de mon plat de nouilles au poulet…..
JEUDI 28 Je me laisse la matinée pour traîner et à midi, je pars en minibus à Paksé où je rencontre le couple avec qui j’ai fait les grottes de Pak Ou. Nous devons partir demain pour 2 jours faire le plateau des Bolovens. Alors aujourd’hui, pas de courage, fatiguée et tant mieux que ça tombe aujourd’hui (17ème jour comme d’habitude, jour à ne rien faire). Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller manger dans un resto indien juste devant l'hôtel et de demander au patron d'où il venait; en plus, vu la couleur de sa peau, j'aurais misé juste.... Chennay (Madras). Je vous laisse deviner où se déroulera mon prochain long voyage???????Ne me dites pas que vous avez trouvé.....😏
Le Cambodge Le pays est une monarchie de 14,5 millions d’habitants pour 181.000 km².
Dimanche 1er décembre: je m’envole pour SIEM REAP au Cambodge début d’après-midi. J’ai réservé chez une française pour ma facilité. Elle a un programme tout établi et a ses propres tuc-tucs. Quand je pense que je me suis cassée la tête des nuits entières à essayer de les mettre dans l’ordre chronologique, etc… A 16H30, je vais chercher mon pass de trois jours (40 dollars) ainsi demain, je n’aurais plus qu’à passer sans faire la file. Le driver me conduit déjà voir un temple: le BAYON qui est magnifique mais dont je tourne en rond sans trouver la sortie. Pas compliqué mais aucun sens de l’orientation et quand ça tourne. Demain , je prends la boussole.
Lundi 2 décembre: 6H du matin, départ pour la visite. 1er temple: Angkor Vat, je pense le plus grand site. 2H30 pour le visiter. Il est beau, bien conservé par rapport aux autres. J’apprécie l’entrée principale du roi, les deux entrées à côté pour les notables, les deux autres entrées encore plus à côté pour les éléphants et les serviteurs étant moins bien considérés rentreront par l’arrière. Il est tôt donc pas encore de cars de japonais, chinois ou thailandais…seulement des petits groupes de 2 à 5 personnes ou des solitaires comme moi. C’est un temple hindouïste du 12ème dédié à Shiva. On me dépose à l’entrée Est et on me reprend 2H30 plus tard entrée Ouest. 2ème temple: Prasat Kravan, le plus vieux temple découvert sur le site, du 10ème siècle. Il est hindouiste et dédié à Vishnou. Il a cinq tours et est fait en partie avec de belles briques fabriquées sur place ce qui est original. 3ème temple: Prasat Bantheay Kdei; magnifique monastère bouddhique du 12ème siècle. Il était équipé d’une salle de danse. 4ème temple: Sras Srang: juste en face. C’est un lac artificiel où les rois se baignaient. Il fut construit au 10ème siècle. 5ème temple: Pré Rup du 10ème siècle, temple hindouiste dédié à Shiva. Très abimé suite à l’érosion. 6ème temple: le Mébon oriental dont je ne me souviens plus du tout. 7me temple: Ta Som; tour à l’entrée ouest et fin du temple bloquer par un énorme banian. 8ème temple: Neak Pean ou les serpents enroulés: temple hindouiste du 10ème siècle. Il était construit sur une ile et on ne savait y aller qu’en bateau Au bout de la passerelle, tout et fermé. On ne peut aller plus loin depuis 3 ans. On soignait les malades avec l’eau sacrée. 9ème temple: j’ai dû faire le Prasad Tad Ney et le Tad Kéo mais j’ai oublié. 10 et 11èmes : je termine par la terrasse des Lépreux et des éléphants. De là, on aperçoit en face les tours où les familles jugeaient leurs voisins (en fait, on mettait au dessus des tours les deux personnes en litiges et le premier qui avait un malaise était le fautif; les familles opposées les surveillant). 12ème : je pénètre dans le palais royal mais sans grimper au-dessus cettre fois. J’ai juste le temps de rentrer, prendre une bière, me doucher avant d’aller au spectacle de danses populaires à Aspara. On mange bien mais spectacle court.
Mardi 3 décembre: Je pars en voiture cette fois vers le temple de Banteay Srey où je suis tranquille car il n’est que 7H du matin. On l’appelle aussi la citadelle de la femme car les motifs sont très fins et on dit qu’il n’y a que des dames pour faire un tel travail. Les tons sont ocres. Ensuite, le Banteay Samre du 12ème siècle; je n’arrive plus à me souvenir des détails tellement j’en ai vu; c’est malin je sais mais bon c’est ainsi. Là les choses vont commencés à se gâter: les deux prochains temples que le chauffeur me présente, je les ai fais hier avec un autre chauffeur de la guesthouse. Je demande à faire le 3ème, le Prasat Ta Prum mais celui là était au programme de demain. Je le fais quand même et le chauffeur m’attend à la sortie est alors que je suis rentrée par l’ouest; je demande à un autre driver de lui téléphoner (heureusement que j’avais pris son téléphone) mais là, il n’y avait pas de réseau. Enfin, quand le réseau réapparu, il vint ainsi me chercher. Je n’étais pas contente. Je n’avais plus envie de voir des temples. J’en ai encore vu deux toutefois mais des petits sans grande importance. A midi, je demande qu’il m’emmène faire un massage de pieds; j’en avais marre. Mais là où les choses se gâtent vraiment, c’est à la rentrée à la guesthouse. Je signale à Nancy et Marion, soit disant les patronnes…à ce que je croyais… qu’il y a eu un petit problème. Du coup, Marion et Nancy m’engueulent me disant que je n’arrête pas de changer le programme. Je réponds que ce n’est pas une raison pour ne pas me signaler qu’on m’attend à une autre porte que la porte où je suis rentrée. Elles se défendent disant que je n’ai qu’à suivre le programme qu’elles ont fait. Je dis qu’elles n’ont qu’à faire une photocopie du programme car on ne peut pas retenir tous les noms et ne pouvait donc pas ainsi savoir ce qui était au programme du lendemain. Bon, je vais en ville (affreuse cette ville)… et au retour, Nancy me lance des vannes devant les clients. Je dis que je m’en vais demain matin. Elle s’en fout et part. Les autres me disent qu’en fait, je ne dois pas faire attention, elle a des problèmes et n’est plus propriétaire de la Lovely GH. En fait, je décide donc de rester par sympathie pour le nouveau propriétaire laotien qui est sympa, qui parle aussi français et se débrouille du mieux qui peut pour tout organiser. Journée terminée. Demain départ avec le même chauffeur mais je crois qu’il fera attention de me dire à quelle porte il m’attendra.
jeudi 5: je m'offre une grasse matinée et part à 10H30 pour la visite d'une ferme de vers à soie. Sympa. Ensuite, je fais le village culturel où je me suis régalée avec les spectacles des différentes ethnies.
Ensuite, je suis allée dans le tunnel des bombardements du Vietnam. Je pensais que c’était des photos mais non c’était comme un train fantôme sauf qu’il n’y avait pas de train… Je n’étais pas du tout à l’aise mais alors pas du tout… il devait sûrement y avoir une vidéo car à la fin, le gardien est venu m’accompagner… L’horreur mais c’Est-ce qu’ils ont vécu malheureusement. Le soir, souper avec mes copains français rencontrés au Laos qui arrivaient.
Vendredi 6: départ ce matin pour 4 heures de bus; direction Battambang. Les routes sont en très mauvais état. A l’arrivée, j’ai été surprise de voir mon nom sur une pancarte avec l’hôtel où j’allais. Je n’avais prévenu que j’arrivais avec ce bus; j’aurais pu venir en taxi ou en bateau…. Enfin bien contente, pas de bagages à porter. Mais il va s’incruster pour me faire les excursions. Il n’a pas perdu et il n’a pas gagné car j’ai été au cabaret vert dirigé par des français voir s’il avait un tuc-tuc pour deux jours. Ils en ont un un jour. Donc je fais un jour avec celui qui est venu me chercher et ai choisi ce qui n’a pas besoin d’explications. Le reste se fera avec le français. Il m’a déjà demandé dix fois pour aller manger. Je lui ai dit que c’est mon problème si je mange ou pas. Il s’est calmé et m’a proposé de m’emmener au cirque. J’ai accepté car c’est pour une bonne cause ici au Cambodge (enfants orphelins ou pas les moyens de scolariser, etc.…). j’ai passé une excellente soirée, c’était de l’acrobatie avec le fil conducteur sur l’adventure… encore beaucoup d’humour!!! J’ai été mangé au white rose et ne sachant que prendre, j’ai pris deux plats… Je me suis régalée mais j’ai trop mangé…
Samedi 7: je prends un tuc-tuc pour la journée. Après le tunnel des bombardements, je me lance sur le train bambou. Alors ça, c’est une plateforme posée sur deux essieux, pas de freins, un conducteur active une manette à l’arrière et on défile à 30 à l’heure sur des rails ni parallèles ni entretenues depuis que les français sont partis. Je suis assise en première position. J’ai hurlé mais en ressentant un sentiment d’immense liberté. Si je devais mourir, ce serait comme ça que je le voudrais… Je pense que c’est le seul au monde. J’ai visité une briqueterie moins marrante. Je poursuis mon parcours par une visite viticole et j’ai 4 verres à déguster. Je pense que cette journée est cool mais nous allons ensuite au temple Banon et il y a 368 marches à gravir….On aurait pu faire la dégustation après!!!! Je veux aller aux caves à proximité mais après avoir marché un kilomètre dans la jungle, accompagné d’un gamin, au vu de l’entrée de la grotte, je rebrousse chemin. Alors maintenant, le Phnom Samphéou, un lieu que je voulais absolument aller. C’est du tout de cette montagne que les Khmers rouges jetaient les Cambodgiens, femmes et enfants compris. Je suis rentrée dans la grotte où ils atterrissaient et ai ressenti un malaise tellement le lieu est fort en tension négative. Ils restent un sanctuaire avec les ossements; Ces gens ont vécu l’horreur du temps des Khmers rouges; ce fut un génocide dont je parlerais plus longuement sur ma visite de Phnom Phen où le musée se trouve. Je termine ma journée par l’admiration d’un temple à Battambang. En rentrant, je fais ma maline en commandant une bière pour boire dans ma chambre; en l’ouvrant, je m’aperçois qu’un c’est un stout. Je revis mon enfance, il ne manque plus que le sucre et le jaune d’œuf dedans…….
Dimanche 8: je fais le tour des artisans, voir comment on fait les bâtons d’encens, comment on fait la pate pour les nems, comment ils font les nouilles avec du riz, comment ils font des tranches de bananes séchées, comment ils font le prahoc (poissons conservés des mois avec du sel), comment ils font des statuettes en bois, etc.… Je visite un temple qui n’en valait pas trop la peine, le wat Ek. Après-midi, je tue le temps en faisant un massage chez les aveugles puis en allant au marché central. Fin d’après-midi, je vais admirer l’envol de 5.000.000 de chauves-souris sortant d’une grotte chaque jour à la même heure pour revenir le lendemain matin. Extraordinaire. Une fois qu’elles sortent, il y en a pour 45 minutes….. Spectaculaire. Demain, départ pour une ville à mi-chemin entre ici et la capitale.
lundi 9: au dernier moment, je décide de ne pas aller à Pursat et de continuer pour la capitale afin de faire étape (du coup, une journée perdue en transport). Je vais à Sihanoukville: la plage.
Mardi 10: me voici après 6H de bus à Sihanoukville bord de mer. Je choisis OTRES, la plage la plus propre, la plus calme et la plus éloignée évidemment; Je suis dans paillotte (sans salle de bain) à 5 mètres des vagues, les pieds dans l’eau. Je n’ai pas profité aujourd’hui car arrivée trop tard. Première altercation avec un tuc-tuc. On m’avait dit que pour venir ici, il fallait payer 6 dollars. Il me demande 5, j’y vais mais à mi-chemin, il m’arrête dans un hôtel qui n’est pas celui que j’ai demandé… Quand je lui dis où je veux aller, il me redemande 5 dollars. Je refuse, je sors du tuc tuc avec mes bagages. Il attrape mes bagages et mon bras… Puis je gueule dessus et pars vers un bar, il attrape une grosse pierre. Les gens du bar appellent un cambogdien qui parle français. Il arrange les choses mais bon j’ai été arnaquée pour une fois… Enfin, je suis dans ma cahute. Demain, je compte bien profiter de la mer.
Mercredi 11: journée plage bien agréable.
Jeudi 12: malade toute la nuit.... Départ pour Kampot. Pas en forme. Fatiguée. Toutefois fin d'après-midi, je loue un vélo pour faire le tour de la petite ville; j'ai conduit comme une clinche tellement j'était fatiguée. Je me suis arrêtée faire un massage de pied et au final quand j'ai repris le vélo, je ne savais pas dévérouiller le cadenas.On a l'air malin dans ces cas là.... un attroupement riait autour de moi....s'agrandissant au fil des minutes... Tout le monde essayait, rien à faire: bloquer. Finalement un petit cambodgien l'a fait en une seconde; il y a un truc!!!
Vendredi 13: ce matin, je pars avec un petit groupe à la montagne de Bokor (1075 mètres). On visite la petite église, les maisons abandonnées, le casino en rénovation, la villa du roi à l’état de ruine. Puis le nouveau Complexe qui comprendra un grand casino et un hôtel de 600 chambres. Nous dinons au bord d’un petit rapide (ils appellent ça waterfall mais…). Après-midi, j’enfourche un vélo pour faire au moins 20 km à la recherche des marais salants mais j’étais dans le mauvais sens; moi et mon sens de l’orientation!!!! Enfin, j’ai trouvé au final ainsi qu’un superbe temple non connu des touristes qui ne s’aventurent pas si loin.
Samedi 14: j’arrive à Kep, petite ville côtière. J’y vais en tuc-tuc car ce n’est pas loin. En chemin, je visite un petit temple dans une grotte qui date du 7ème siècle. Après-midi: petit tour de ville à pied. Rien de spécial au programme.
Dimanche 15: journée moto à travers le parc national d’où l’on a une vue magnifique sur la vallée, la mer; on y trouve les arbres magiques où l’on peut grimper à l’intérieur jusqu’au-dessus (je ne l’ai pas fait!). J’ai traversé des rizières, retrouvant les gens travaillant comme à l’ancien temps chez nous avec les bœufs, etc… J’ai visité une plantation de poivre, explication en français très intéressantes; j’ai fait mes réserves pour le restant de ma vie!!!! Je pense que j’en ai vraiment acheté trop. On a traversé les marrais salants d’où j’ai compris le mécanisme…. En traversant ces villages, nous sommes dans le Cambodge profond!!! Nous irons aussi sur la seule plage naturelle de Kep mais il y a trop de bruit de la part des cambodgiens et je n’y reste pas (dommage). J’aurais voulu faire l’île du lapin, mais il me manque une journée Celle que je me suis trompée à cause de mon détour à Sihanoukville.
Lundi 16: me voici de retour dans la capitale. Le minivan que je devais prendre est tombé en panne donc j’ai repris le bus. J’arrive plus tard que prévu. Le reste de l’après-midi, je ne fais rien de spécial. Le soir, je mange avec le couple rencontré au Laos.
Mardi 17: je visite le musée du crime du génocide. C’était, au départ, un lycée qui est devenu la plus horrible prison du Cambodge dirigée par les Khmers rouges (Khmer: c’est la plus grande ethnie cambodgienne et rouge: parti communiste) dirigé par Pol Pot à son retour d’Europe. Ce fut donc une prison de 1975 à 1979. On y trouve des centaines de photos de victimes avant leur mort car ils aimaient garder des archives. Il y a les appareils de torture, les lits en fer où ils étaient enchaînés, les petites cellules faites dans les classes; au centre, dans la cour, la potence où on les pendait par les pieds et quand ils avaient perdu connaissance, on les plongeait dans une jarre d’eau toujours en place actuellement. On y a retrouvé 7 survivants dont un vit encore. Sur le coup, je visitais mais une fois dans le tuc-tuc, j’avais envie de sangloter. C’est une visite très dure qui doit toutefois se prolonger 15 km plus loin au camp d’extermination de Choeung Ek (ou Tuol Sieng). A l’aide d’un guide audio, je parcours les étapes. D’abord, où les camions amenaient les prisonniers par centaines. Puis, où on les questionnait et faisaient signer leur arrêt de mort. On y a retrouvé près de 40 fosses communes. Le mémorial érigé en leur mémoire ne peut pas contenir tous les ossements donc certaines fosses ont été laissées telle quelle notamment sous le lac. Mais tous les mois, la nature fait qu’il ressort toujours des os ou des habits hors de la terre. J’ai vu une poule manger un lambeau qui sortait de terre… Une très grande fosse où l’on a découvert que des femmes et des enfants; on a découvert qu’ils fracassaient le crâne des bébés contre l’arbre toujours présent. Un autre arbre qu’on appelle l’arbre magique mais qui ici n’a rien de magique servait à attacher les hauts parleurs pour diffuser de la musique fort pour assourdir la machine qui exterminait les prisonniers et leurs derniers cris… De l’herbicide était répandu sur eux pour que les paysans du coin ne sentent pas les odeurs. Je n’oublierai jamais cette journée…. Il a plu toute la journée…. La fin d’après-midi est plus agréable puisque je vais au marché russe.
Mercredi 18: pas dormi la nuit mais sur le matin donc réveil à 11H avec mauvaise humeur. Deux heures pour me mettre d’aplomb. Après, ça reprend: visite du musée national où je trouve un linga en cristal de roche du 12ème venant d’Angkor Thom, un beau Nandi du 13ème venant Angkor Vat, des figures en grès et en stuc plus anciennes du 6ème , etc.…Je ne peux pas tout citer. Le bouddhisme est né au 6ème siècle avec Gauthama. Avant les Khmers étaient hindouistes et encore avant ANIMISTE…. Cette « religion » croit aux phénomènes naturels et aux esprits dans les forêts, par exemple….Je n’avais jamais entendu parler de cette croyance animiste… Bref, le musée vaut la peine d’être visité. Le palais royal m’a été déconseillé car tout est quasiment fermé, de toute façon, je n’avais pas envie. J’ai été au marché central bien animé puis à un spectacle au musée national en soirée. Très bien mais cher. Je termine ainsi ma dernière journée par un resto français « la brasserie du port » où je n’ai pas été déçue même si un peu cher pour le coin…. Puis un dernier massage aux huiles et aux herbes. Demain départ à 14H.
MARIE
Mardi 12: A la Sabaidee GH, le patron parle français. Les chambres sont propres mais rudimentaires. Il y a beaucoup de moustiques. Je termine ma journée par un massage.
Mercredi 13: J’arrête un tuc-tuc, lui demande son prix pour la journée; on ne se comprend pas; il y a maldonne; je téléphone au proprio pour qu’il s’explique et c’est mécontent que le chauffeur s’en va après m’avoir conduit au plus somptueux temple de la ville: le Vat Xieng Thong qui est appelé le temple de la cité d’or; il date de 1560. Sa particularité est la toiture incurvée descendant au sol. Dans cette chapelle rouge, il y a un immense bouddha couché de toute splendeur. Sur le mur ouest, l’arbre de vie est représenté selon une mosaïque en miroir. Un autre bâtiment renferme le char funéraire très grand et très beau. Je continue ma promenade visitant tous les temples le long de la grand rue dont le Vat Sene Sensoukaram, appelé le temple rouge, toujours en activité. On y béni les véhicules. Il y a une énorme statue du bouddha debout à l’intérieur. Je me fais plaisir avec un massage de pied d’une heure: c’est le pied… J’irai ensuite manger une spécialité du Laos: une salade de papaye très épicée. J’ai dit « no spice », il m’a dit « no » mais c’était « très spice »…
Jeudi 14: Ce matin, je me lève tôt pour voir les moines faisant l’aumône; très beau spectacle mais trop touristiques, en tout cas où j’étais. Peut-être y a-t-il un autre endroit plus authentique. J’achète des petites bananes et m’en vais monter le Mont Phousi avec ses 328 marches. Il fait très chaud et la chaleur est humide. Je dégouline de partout. La vue du haut près de la flèche dorée est spectaculaire sur la rivière, le Mékong et la ville. C’est aussi lentement qu’à la montée que je redescends par un autre chemin qui me fera sortir juste devant le Palais Royale mais il est trop tard pour aller le visiter maintenant. Je compte revenir à la guesthouse mais de fil en aiguilles, je me laisse aller à une balade le long du Mékong, aller y prendre un jus de Mangue, aller refaire un massage de pied que l’on propose à toutes les échoppes. En chemin, j’irai voir le temple Vat That puis assiste à une cérémonie au Vat Ho Xieng. Je rentre faire un massage pour terminer la journée. Ce soir, je mange avec Claudine et Deny, rencontré via une correspondante au Laos. En rentrant à la GH, je rencontre un autre couple de français avec qui j’ai correspondu sur le VF également.
Vendredi 15 Aujourd’hui, avec Claudine et Deny, nous sommes partis en bateau sur le Mékong aux grottes sacrées de Pak Ou. Nous traversons un paysage féérique avant d’arriver après 2 heures de navigation aux grottes creusées dans les falaises calcaires abruptes. On nous dépose au pied de la falaise pour voir la première grotte remplie de 3000 bouddhas de toutes sortes, couchés, assis, debouts; en fait il y a 35 positions différentes du bouddha, la position couchée était la dernière. La seconde est un peu plus haut, 2ème étage sans ascenseur avec une volée d’escaliers très difficiles à gravir. Je préviens mes compagnons de fortune qu’ils ne m’attendent pas sauf pour le bateau…. Je ne regrette pas mon effort car c’était spectaculaire de voir ces bouddhas dans le noir (lampe de poche pour voir). Je me suis régalée et parmi tous, j’ai trouvé un petit Ganesh (faut le faire ça quand même…) je me demande ce qu’il faisait là. Ceux qui me connaisse savent qu’il y a toujours un hic avec moi, hé ben oui….En sortant de la grotte, j’ai pris à gauche un petit sentier suivant un groupe de touristes; après un quart d’heure, le petit guide qui s’était déjà retourné plusieurs fois signale au groupe qu’une personne est derrière lui, or il doit fermer la marche. Le groupe anglais confirme que je ne fais pas partie de la colonie. Je pensais tout simplement qu’il y avait encore une grotte à visiter plus haut; or il partait en trekking…. Je suis retournée sur mes pas et en sortant du sentier, Deny était remonté craignant que j’eusse un problème… Et voilà pourquoi, j’aime voyager seule. On ne fait pas des frayeurs aux gens!!! En fait, en regagnant le bateau, on a bien rigolé … surtout eux… Nous continuons notre croisière jusqu’au croisement du Mékong et de la rivière Nam OU. Nous sommes entourés de falaises et de montagnes. En rebroussant chemin, on s’arrête dans un petit village où l’on fabrique l’alcool de riz et où l’on tisse. Je me suis laissée tentée par un chapeau!!! Enfin, nous rentrons à vive allure car le soir tombe et n’avons pas de phares au bateau. C’était une belle excursion qui s’est terminée par un massage où je me suis royalement endormie. J’ai mangé des feuilles de bananes grillées parsemées de graines. Très bon.
Samedi 16: Je pars en tuc-tuc pour les cascades de Kuang Si. Le chemin est apaisant. En entrant, il y a un parc d’ours noirs, bien aménagés. En les observant, on s’aperçoit qu’ils sont joueurs et même qu’au retour, j’assiste à un accouplement qui n’en finissait pas… moi comme d’autres touristes n’avons pas attendu la fin… Il y a plusieurs paliers à la cascade dont une où l’on peut plonger en se lançant avec une corde (je ne l’ai pas fait). La 3ème où la plupart des gens s’arrêtent est magnifique, environ 25 mètres. J’avais prévu ne pas grimper au-dessus mais la tentation fut trop forte et me suis lancée dans un périple parfois regrettable. J’ai pris le chemin de gauche et à la sueur de mon front suis arrivée au-dessus où il a fallu enlever les chaussures pour traverser une partie. Puis suis redescendue par l’autre côté faisant ainsi la bouche. Encore heureux qu’un gentil monsieur Australien m’a aidé toute la descente sinon, je pense bien que je me serais cassée la figure, plus court mais plus aride. Mais le paysage vraiment valait la peine. Cette étape en plus à mon périple m’a fait perdre 2H et je m’attendais bien à être engueulée par le conducteur du tuc-tuc mais il n’en fût rien. Ils sont gentils quand même. Sur le chemin du retour, il m’a arrêté dans un village typique mais bord de route ce qui veut dire touristique. Enfin quand même, c’était bien de voir ces petits enfants en habits traditionnels qui se tournaient pour ne pas qu’on les prennent en photo si on n’achetait pas un produit aux mamans…. Cette journée m’a valu un bon massage et une bonne bière. J’ai mangé un buffet de légumes pour 1 euro.
Dimanche 17 Je me réveille à midi! Je sais ce n’est pas bien mais je n’y peux rien, je ne me suis pas réveillée avant. Le temps de glander un peu, il est 13H30 quand enfin, le patron vient frapper à ma porte s’inquiétant de mon sort. Décidément, j’ai l’art de faire tracasser les gens. Je voulais visiter le musée royal mais c’est dimanche et il est fermé. Je loue un vélo pour l’après-midi et part en randonnée sur l’autre rive de la Nam Kham. Après avoir passé un pont en bambou, je me restaure de viande (j’avais pourtant dit que je n’en mangerais pas); je ne mange pas tout et un chien en profite. Tout au long du chemin, je vais de temple en temple et c’est vraiment un grand plaisir de faire du vélo au Laos. Sur mon plan, il y avait possibilité de retraverser le 2ème pont mais apparemment, il n’existe plus (only boat). Demi-tour et me voilà relancée. Je pousse la bicyclette jusqu’où se rejoignent la Nam Ou et le Mékong. Le retour se fera en longeant celui-ci. Je m’arrête pour faire un massage de pied mais après 5 minutes, je stoppe tout car le gars n’est pas concentré du tout sur mes pieds et il y a un bruit infernal dans la pièce. Le soir, je soupe avec Claudine et Deny qui partent demain pour le nord. Je les retrouverai à Paksé car nous ferons le plateau des Bolovens ensemble (en 2 jours). Ce soir, je me suis contentée d’une salade laotienne: mmm, il y avait des cacahuètes dedans. Mardi 19: Je suis partie à 9H30 sous une pluie battante pour prendre le bus de VANG VIENG. Il y avait du brouillard évidemment mais j’ai quand même pu admirer le paysage. Qu’est-ce qu’on était haut un moment!!! Plus on avance sur VV, plus beau c’est. J’attends demain avec impatience pour découvrir de plus près. Vu l’heure, je n’ai rien pu entamer aujourd’hui; le temps d’arriver à l’hôtel encore 15 minutes de tuc-tuc et ici, il fait nuit à 18H. J’ai quand même été faire un massage, y avait plus que ça à faire puis une Beerlao….
Mercredi 20 Ce matin, je remonte sur une bicyclette pour faire mes balades. Je commence par chercher les grottes de THAM PHY KHAM qui ont servi de refuges aux laotiens lors de l’invasion des chinois au 19ème siècle. Il faut gravir 147 marches pour y arriver mais qu’est-ce-que je me suis régalée. Elles sont immenses et encore on ne visite qu’une partie. Il y fait frais (ouf). Je rencontre deux bonzes avec qui je discute. Puis je me retrouve seule dans la grotte, j’ai écouté le silence. A ce point, je ne l’avais jamais entendu. Rien. C’est flippant de se savoir à l’intérieur de la terre, seule; je n’ai pas pu m’empêcher un moment donné à penser à un film d’horreur… A la sortie, je retrouve les deux moines à qui j’offre un jeu de cartes; en échange, il m’offre un petit bouddha. Je peux assurer qu’il ne me quittera JAMAIS. En bas de la grotte, il y a une petite cascade avec une eau limpide; étant presque seule aussi en bas, j’ai pu profiter du bruit de l’eau. Autre effet!!! Et c’est là qu’on se dit: vive le voyage en solitaire… avec soi-même. Au bord de la cascade, je mange un fruit qui ressemble à un pamplemousse rose mais ce n’est pas ça, quelqu’un me dira bien ce que c’est, dans les habitués du forum. En tout cas, c’est bon. Je remonte sur mon véhicule à deux roues dans l’espoir d’aller voir les gens passer sur la rivière dans leur pneu (tubing); en fait, au départ, je venais ici pour en faire mais ma petite voix intérieure me dit que non… je vais me casser la figure contre un rocher et finir noyée. Mais auparavant, je fais une bonne série de kilomètres pour admirer le paysage. Je termine ma journée en mangeant un humus fallafel (délicieux) mais je ne sais pas ce qu’il y a dans ces boulettes. Puis par un massage bien évidemment. Demain, je pars en moto avec chauffeur pour des horizons plus lointains. Jeudi 21: Il faut dire que je suis dans la ville la plus fêtarde du Laos, enfin plus exactement ça l’était car il y a eu des restrictions suite à de nombreux décès et je comprends quand je vois le courant de la Nam Xong. Les fêtards la descendant en bouée prenaient de gros risques. Il parait quand même qu’encore maintenant, la plupart repart le matin pour une autre destination avec la gueule de bois. Donc, je n’ai pas de scrupules avec ce que j’ai bu, je ne l’aurais pas. Enfin, je crois…. 2 bières d’ici, ça fait 4 de chez nous…. Je n’ai donc pas fait de tubing sauf dans une grotte où je me suis retrouvée assise dans un pneu pour visiter la grotte, les fesses dans l’eau; j’avais prévu le coup et avait des habits de rechange. Donc ce matin, je pars en moto, à 14 Km au nord de la ville, vers la grotte éléphant où est érigé un grand bouddha et éléphant car on devine dans les roches cette forme. Un peu plus loin Tham Hoy, tham Loup et la water cave. Ce fut un délice. Mais heureusement que mon petit guide m’a épaulé et encore, un moment donné dans la cave du loup, je me suis demandée s’il connaissait vraiment le chemin; nous tournions et retournions à l’intérieur de cette grotte que je n’aurais jamais su retrouver la sortie. Nous étions munis d’une lampe de poche frontale. C’est incroyablement beau. Aucun regret. Contente d’avoir vécu ça… Nos grottes de la montagne St. Pierre pourrait prendre l’exemple pour les aménager. Il a fait très chaud et même dans les grottes, je transpirais toute la sueur de mon corps mais était-ce de chaud ou de peur???? Je me suis quand même prise une stalactite sur la tronche mais légèrement. Au retour, j’ai réservé mon billet de mini-van pour partir demain matin vers la capitale Vientiane. Je me suis régalée ce soir avec une salade de papaye et une salade laotienne (promis j’en fais une à mon retour. Dois-je encore signaler que j’ai fait un massage!!!!
Samedi 23 Je démarre avec un triporteur à 9H20 pour le Bouddha Parc (Vat Xieng Khouane). Il faut une heure pour faire le trajet (24 km). Je pense que j’aurais été vite à vélo. Les 6 derniers kilomètres se font sur une route avec des trous d’autruches… Au point que j’ai failli voler hors du véhicule et dire si c’était harde, une baleine de mon soutien-gorge a sauté hors de son étui… J’aurais sûrement les fesses bleues demain comme en Tunisie sur un dromadaire… Mais le résultat était au rendez-vous; un parc à la DALI construit en 1958 par un moine qui a voulu réunir les philosophies Bouddhiste et Hindouisme. Et ce avec le don des fidèles. Il y a aussi une sorte de grosse citrouille en béton dont on rentre par une grande bouche; elle représente l’univers qui part de l’enfer au paradis. Ben moi, en arrivant au Paradis, j’ai bien crû m’être cassée Le petit doigt en sortant par le trou juste fait pour les tailles laotiennes. Bon, j’ai eu mal une heure, une pilule miracle et un peu d’huile essentielle (et oui, je me promène avec ma pharmacie). Pour redescendre rebelote, j’en ai transpiré des gouttes de labeur. En bas, je me suis dis, ho c’était chouette! Sur le chemin du retour, après 4-5 km, j’aperçois le pont de l’amitié qui relie le Laos à la Thaïlande. Je demande à voir le temple Vat Si Muang, le plus vénéré qui abrite le Bouddha d’Emeraude magnifique. Il s’y passait justement une cérémonie (les vœux d’un moine je crois car il était habillé tout blanc). Je vais ensuite au plus important temple du Laos, le Vat Pha That Luang, à 4 km de la ville. Il a une longue histoire qui remonte au 3ème siècle avant JC…. On doit y avoir trouvé des reliques car il date de 1566 et restauré par l’école française en 1900 mais la restauration est controversée et se refera en 1931 sur base d’esquisses de 1867. C’est dire qu’il a une histoire… je reçois un diner gratuit; j’ai chaud et je commence à avoir mal aux pieds et être fatiguée. J’irai quand même visiter le musée national qui relate surtout la lutte du pays pour revendiquer son identité. A savoir que le Laos était un royaume et devient une république en 1975. On y trouve aussi des vestiges historiques dont notamment une jarre de la plaine dont je ne comprends pas bien l’histoire; je pense qu’elle servait d’urnes mais je dois me renseigner. J’ai zappé cette étape du voyage bien que ça m’aurait plu mais on ne peut pas tout faire en si peu de temps. Je terminerais ma journée le long du Mékong pour y voir le coucher du soleil. Alors qui dit qu’il n’y a rien à faire à Vientiane? Demain, je m’envole pour Paksé dans le sud.
Dimanche 24
Je prends le vol de Vientiane - Paxhe et arrive vers 13 H. La journée étant bien entamée, je décide d’aller directement aux 4000 Iles tant qu’à faire…Je m’octrois le luxe de prendre un taxi pour 50 euros qui me conduira de l’aéroport à Nasakang (presque 3H de route) où là j’aurais une pirogue pour les Iles. J’avais décidé de me rendre à l’île Don Khone mais bêtement, en suivant les premiers passagers, je descends au premier arrêt qui était Don Det. Pour trouver ma guesthouse évidemment, personne ne connaissait; je me suis ainsi rendue compte que j’étais sur la mauvaise île. Décidément, ça m’apprendra à toujours suivre tout le monde. J’attends une autre pirogue qui m’y conduira. J’ai opté pour la GH Pa ka car j’ai su que le patron parle français; en fait, c’est la patronne. C’est clean pour 5 euros avec salle de bain et terrasse personnel au bord du Mékong; il y avait pour 8 euros la clim mais pas de vue Mékong mais franchement, la nuit ça n‘a pas été trop chaud; le jour, je ne suis pas là et j‘ai très chaud…
Lundi 25 J‘avais décidé de faire pédale douce ce matin et me suis donc bien relaxée. A 11H, je réserve à ma mamy le ticket pour les chutes de Phapheng pour 9 euros car je suis seule… Mais il s’occupe de tout! Aussitôt payé, aussitôt parti. Pirogue de la guesthouse jusque Nakasang et de là, side-car jusqu’aux chutes (ça je n’avais pas encore fait…) qu’Est-ce que je regrette le petit ventilateur à pile de mon petit Pierre…Il fait très très chaud, je dégouline. Bref, pour en revenir aux chutes, elles sont superbes. Le Mékong se transforme sur 13 km en puissants rapides entrecoupés de plusieurs chutes. Au retour, en sortant de la pirogue, je fais le grand écart, une jambe dans une pirogue et une dans l’autre, le problème c’est qu’elles s’éloignaient… A peine rentrée, à peine repartie louer un vélo pour aller aux chutes de LI PHI qui se trouvent au sud de l’ile; en passant, je vois la locomotive datant du temps des français. Les chutes sont impressionnantes pour leurs rapides et leur intensité. Selon les laotiens, elles renfermeraient des esprits, c’est pourquoi, les villageois n’y vont pas. Elles sont moins hautes que celles de Phapheng mais plus longues et plus intenses. J’ai adoré et y suis restée un bon bout de temps, poussant même jusqu’à la petite plage. Je viens de rentrer et inutile de vous dire que je rédige ces lignes devant une Beerlao….Demain départ pour Champassak, sais pas encore pas quel moyen de locomotion! Mardi 26 Je quitte ma douce guesthouse Pa Kha sur l‘Ile de Don Khone en pirogue jusque Nakasan. De là, parcours du combattant en allant chercher un peu tout le monde à des endroits différents. Remontée sur la berge avec les bagages lourds; je n’en peux plus; il faut marcher 15 minutes pour le bus de Champasak. J’arrive dans le bus en nage. On attend encore 20 minutes puis départ mais en s’arrêtant plusieurs fois. Galère. Enfin, arrivée à Champassak vers 15H. Ce n’est pas fini, il faut prendre une autre pirogue car nous sommes du mauvais côté du fleuve… Enfin, nous démarrons après plusieurs négociations car il y a des gens qui ne voulaient pas payer pour la traversée. Ils sont donc descendus attendre le ferry (2H30 d’attente). Ouf, nous partons. Mais de l’autre côté de la berge, escalier de meunier à grimper avec les bagages. Mon Dieu, dans quelle histoire je me suis encore fourrée. Je vais m’épuiser. Première guesthouse, ce serait trop beau pour qu’elle me convienne (Anouxa qui pourtant plait à tout le monde). Donc je vais à l’hôtel Amphone. Pas de tuc-tuc et il y a 2 km…. Une moto me charge avec mon gros sac et mon troller devant lui; il n’y avait que ses yeux qui dépassaient juste pour voir la route… et moi cramponnée derrière avec mon sac à dos. Les gens qui nous ont vu partir riaient aux éclats, moi moins…. Après mon installation, je loue une bicyclette; elle ne va pas, les pneus sont plats. Je la ramène et prends la 2ème de l’hôtel qui ne va pas, elle fait un drôle de bruit et n’avance pas. Je la ramène et en loue une ailleurs. Direction Champassak Spa pour un massage aux herbes bien mérité.
Mercredi 27 Comme prévu, je pars de bonne heure pour aller visiter le lieu magique qu‘il y a à visiter à Champasak: le Vat Phou. C‘est un temple montagne donc comme le mot le dit, il est construit dans la montagne… Ce qui signifie grimpette… Déjà à 8H, il faisait très chaud pour y grimper. J‘ai beaucoup apprécié la grotte dans la falaise où il y a l‘eau sacrée qui coule des fissures de la montagne. J‘y suis restée un bon moment, tranquille. Ce temple date de l‘époque préangkorienne soit 5-6ème siècle après JC; On y trouve un mélange de statues hindouistes et bouddhistes. Je finis ma visite à midi pile. Après-midi, spa bien-être chez Nathalie (Champasak Spa) qui s’est installée au Laos depuis 5 ans. Je rentre à vélo et vais manger le long du Mékong avec un monsieur un peu farfelu mais qui me parle d’Angkor qu’il connait bien. En fait, j’ai mangé mon premier plat d’une variété d’insectes vivants, sans le vouloir car il tombait dans la sauce de mon plat de nouilles au poulet…..
JEUDI 28 Je me laisse la matinée pour traîner et à midi, je pars en minibus à Paksé où je rencontre le couple avec qui j’ai fait les grottes de Pak Ou. Nous devons partir demain pour 2 jours faire le plateau des Bolovens. Alors aujourd’hui, pas de courage, fatiguée et tant mieux que ça tombe aujourd’hui (17ème jour comme d’habitude, jour à ne rien faire). Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller manger dans un resto indien juste devant l'hôtel et de demander au patron d'où il venait; en plus, vu la couleur de sa peau, j'aurais misé juste.... Chennay (Madras). Je vous laisse deviner où se déroulera mon prochain long voyage???????Ne me dites pas que vous avez trouvé.....😏
Le Cambodge Le pays est une monarchie de 14,5 millions d’habitants pour 181.000 km².
Dimanche 1er décembre: je m’envole pour SIEM REAP au Cambodge début d’après-midi. J’ai réservé chez une française pour ma facilité. Elle a un programme tout établi et a ses propres tuc-tucs. Quand je pense que je me suis cassée la tête des nuits entières à essayer de les mettre dans l’ordre chronologique, etc… A 16H30, je vais chercher mon pass de trois jours (40 dollars) ainsi demain, je n’aurais plus qu’à passer sans faire la file. Le driver me conduit déjà voir un temple: le BAYON qui est magnifique mais dont je tourne en rond sans trouver la sortie. Pas compliqué mais aucun sens de l’orientation et quand ça tourne. Demain , je prends la boussole.
Lundi 2 décembre: 6H du matin, départ pour la visite. 1er temple: Angkor Vat, je pense le plus grand site. 2H30 pour le visiter. Il est beau, bien conservé par rapport aux autres. J’apprécie l’entrée principale du roi, les deux entrées à côté pour les notables, les deux autres entrées encore plus à côté pour les éléphants et les serviteurs étant moins bien considérés rentreront par l’arrière. Il est tôt donc pas encore de cars de japonais, chinois ou thailandais…seulement des petits groupes de 2 à 5 personnes ou des solitaires comme moi. C’est un temple hindouïste du 12ème dédié à Shiva. On me dépose à l’entrée Est et on me reprend 2H30 plus tard entrée Ouest. 2ème temple: Prasat Kravan, le plus vieux temple découvert sur le site, du 10ème siècle. Il est hindouiste et dédié à Vishnou. Il a cinq tours et est fait en partie avec de belles briques fabriquées sur place ce qui est original. 3ème temple: Prasat Bantheay Kdei; magnifique monastère bouddhique du 12ème siècle. Il était équipé d’une salle de danse. 4ème temple: Sras Srang: juste en face. C’est un lac artificiel où les rois se baignaient. Il fut construit au 10ème siècle. 5ème temple: Pré Rup du 10ème siècle, temple hindouiste dédié à Shiva. Très abimé suite à l’érosion. 6ème temple: le Mébon oriental dont je ne me souviens plus du tout. 7me temple: Ta Som; tour à l’entrée ouest et fin du temple bloquer par un énorme banian. 8ème temple: Neak Pean ou les serpents enroulés: temple hindouiste du 10ème siècle. Il était construit sur une ile et on ne savait y aller qu’en bateau Au bout de la passerelle, tout et fermé. On ne peut aller plus loin depuis 3 ans. On soignait les malades avec l’eau sacrée. 9ème temple: j’ai dû faire le Prasad Tad Ney et le Tad Kéo mais j’ai oublié. 10 et 11èmes : je termine par la terrasse des Lépreux et des éléphants. De là, on aperçoit en face les tours où les familles jugeaient leurs voisins (en fait, on mettait au dessus des tours les deux personnes en litiges et le premier qui avait un malaise était le fautif; les familles opposées les surveillant). 12ème : je pénètre dans le palais royal mais sans grimper au-dessus cettre fois. J’ai juste le temps de rentrer, prendre une bière, me doucher avant d’aller au spectacle de danses populaires à Aspara. On mange bien mais spectacle court.
Mardi 3 décembre: Je pars en voiture cette fois vers le temple de Banteay Srey où je suis tranquille car il n’est que 7H du matin. On l’appelle aussi la citadelle de la femme car les motifs sont très fins et on dit qu’il n’y a que des dames pour faire un tel travail. Les tons sont ocres. Ensuite, le Banteay Samre du 12ème siècle; je n’arrive plus à me souvenir des détails tellement j’en ai vu; c’est malin je sais mais bon c’est ainsi. Là les choses vont commencés à se gâter: les deux prochains temples que le chauffeur me présente, je les ai fais hier avec un autre chauffeur de la guesthouse. Je demande à faire le 3ème, le Prasat Ta Prum mais celui là était au programme de demain. Je le fais quand même et le chauffeur m’attend à la sortie est alors que je suis rentrée par l’ouest; je demande à un autre driver de lui téléphoner (heureusement que j’avais pris son téléphone) mais là, il n’y avait pas de réseau. Enfin, quand le réseau réapparu, il vint ainsi me chercher. Je n’étais pas contente. Je n’avais plus envie de voir des temples. J’en ai encore vu deux toutefois mais des petits sans grande importance. A midi, je demande qu’il m’emmène faire un massage de pieds; j’en avais marre. Mais là où les choses se gâtent vraiment, c’est à la rentrée à la guesthouse. Je signale à Nancy et Marion, soit disant les patronnes…à ce que je croyais… qu’il y a eu un petit problème. Du coup, Marion et Nancy m’engueulent me disant que je n’arrête pas de changer le programme. Je réponds que ce n’est pas une raison pour ne pas me signaler qu’on m’attend à une autre porte que la porte où je suis rentrée. Elles se défendent disant que je n’ai qu’à suivre le programme qu’elles ont fait. Je dis qu’elles n’ont qu’à faire une photocopie du programme car on ne peut pas retenir tous les noms et ne pouvait donc pas ainsi savoir ce qui était au programme du lendemain. Bon, je vais en ville (affreuse cette ville)… et au retour, Nancy me lance des vannes devant les clients. Je dis que je m’en vais demain matin. Elle s’en fout et part. Les autres me disent qu’en fait, je ne dois pas faire attention, elle a des problèmes et n’est plus propriétaire de la Lovely GH. En fait, je décide donc de rester par sympathie pour le nouveau propriétaire laotien qui est sympa, qui parle aussi français et se débrouille du mieux qui peut pour tout organiser. Journée terminée. Demain départ avec le même chauffeur mais je crois qu’il fera attention de me dire à quelle porte il m’attendra.
jeudi 5: je m'offre une grasse matinée et part à 10H30 pour la visite d'une ferme de vers à soie. Sympa. Ensuite, je fais le village culturel où je me suis régalée avec les spectacles des différentes ethnies.
Ensuite, je suis allée dans le tunnel des bombardements du Vietnam. Je pensais que c’était des photos mais non c’était comme un train fantôme sauf qu’il n’y avait pas de train… Je n’étais pas du tout à l’aise mais alors pas du tout… il devait sûrement y avoir une vidéo car à la fin, le gardien est venu m’accompagner… L’horreur mais c’Est-ce qu’ils ont vécu malheureusement. Le soir, souper avec mes copains français rencontrés au Laos qui arrivaient.
Vendredi 6: départ ce matin pour 4 heures de bus; direction Battambang. Les routes sont en très mauvais état. A l’arrivée, j’ai été surprise de voir mon nom sur une pancarte avec l’hôtel où j’allais. Je n’avais prévenu que j’arrivais avec ce bus; j’aurais pu venir en taxi ou en bateau…. Enfin bien contente, pas de bagages à porter. Mais il va s’incruster pour me faire les excursions. Il n’a pas perdu et il n’a pas gagné car j’ai été au cabaret vert dirigé par des français voir s’il avait un tuc-tuc pour deux jours. Ils en ont un un jour. Donc je fais un jour avec celui qui est venu me chercher et ai choisi ce qui n’a pas besoin d’explications. Le reste se fera avec le français. Il m’a déjà demandé dix fois pour aller manger. Je lui ai dit que c’est mon problème si je mange ou pas. Il s’est calmé et m’a proposé de m’emmener au cirque. J’ai accepté car c’est pour une bonne cause ici au Cambodge (enfants orphelins ou pas les moyens de scolariser, etc.…). j’ai passé une excellente soirée, c’était de l’acrobatie avec le fil conducteur sur l’adventure… encore beaucoup d’humour!!! J’ai été mangé au white rose et ne sachant que prendre, j’ai pris deux plats… Je me suis régalée mais j’ai trop mangé…
Samedi 7: je prends un tuc-tuc pour la journée. Après le tunnel des bombardements, je me lance sur le train bambou. Alors ça, c’est une plateforme posée sur deux essieux, pas de freins, un conducteur active une manette à l’arrière et on défile à 30 à l’heure sur des rails ni parallèles ni entretenues depuis que les français sont partis. Je suis assise en première position. J’ai hurlé mais en ressentant un sentiment d’immense liberté. Si je devais mourir, ce serait comme ça que je le voudrais… Je pense que c’est le seul au monde. J’ai visité une briqueterie moins marrante. Je poursuis mon parcours par une visite viticole et j’ai 4 verres à déguster. Je pense que cette journée est cool mais nous allons ensuite au temple Banon et il y a 368 marches à gravir….On aurait pu faire la dégustation après!!!! Je veux aller aux caves à proximité mais après avoir marché un kilomètre dans la jungle, accompagné d’un gamin, au vu de l’entrée de la grotte, je rebrousse chemin. Alors maintenant, le Phnom Samphéou, un lieu que je voulais absolument aller. C’est du tout de cette montagne que les Khmers rouges jetaient les Cambodgiens, femmes et enfants compris. Je suis rentrée dans la grotte où ils atterrissaient et ai ressenti un malaise tellement le lieu est fort en tension négative. Ils restent un sanctuaire avec les ossements; Ces gens ont vécu l’horreur du temps des Khmers rouges; ce fut un génocide dont je parlerais plus longuement sur ma visite de Phnom Phen où le musée se trouve. Je termine ma journée par l’admiration d’un temple à Battambang. En rentrant, je fais ma maline en commandant une bière pour boire dans ma chambre; en l’ouvrant, je m’aperçois qu’un c’est un stout. Je revis mon enfance, il ne manque plus que le sucre et le jaune d’œuf dedans…….
Dimanche 8: je fais le tour des artisans, voir comment on fait les bâtons d’encens, comment on fait la pate pour les nems, comment ils font les nouilles avec du riz, comment ils font des tranches de bananes séchées, comment ils font le prahoc (poissons conservés des mois avec du sel), comment ils font des statuettes en bois, etc.… Je visite un temple qui n’en valait pas trop la peine, le wat Ek. Après-midi, je tue le temps en faisant un massage chez les aveugles puis en allant au marché central. Fin d’après-midi, je vais admirer l’envol de 5.000.000 de chauves-souris sortant d’une grotte chaque jour à la même heure pour revenir le lendemain matin. Extraordinaire. Une fois qu’elles sortent, il y en a pour 45 minutes….. Spectaculaire. Demain, départ pour une ville à mi-chemin entre ici et la capitale.
lundi 9: au dernier moment, je décide de ne pas aller à Pursat et de continuer pour la capitale afin de faire étape (du coup, une journée perdue en transport). Je vais à Sihanoukville: la plage.
Mardi 10: me voici après 6H de bus à Sihanoukville bord de mer. Je choisis OTRES, la plage la plus propre, la plus calme et la plus éloignée évidemment; Je suis dans paillotte (sans salle de bain) à 5 mètres des vagues, les pieds dans l’eau. Je n’ai pas profité aujourd’hui car arrivée trop tard. Première altercation avec un tuc-tuc. On m’avait dit que pour venir ici, il fallait payer 6 dollars. Il me demande 5, j’y vais mais à mi-chemin, il m’arrête dans un hôtel qui n’est pas celui que j’ai demandé… Quand je lui dis où je veux aller, il me redemande 5 dollars. Je refuse, je sors du tuc tuc avec mes bagages. Il attrape mes bagages et mon bras… Puis je gueule dessus et pars vers un bar, il attrape une grosse pierre. Les gens du bar appellent un cambogdien qui parle français. Il arrange les choses mais bon j’ai été arnaquée pour une fois… Enfin, je suis dans ma cahute. Demain, je compte bien profiter de la mer.
Mercredi 11: journée plage bien agréable.
Jeudi 12: malade toute la nuit.... Départ pour Kampot. Pas en forme. Fatiguée. Toutefois fin d'après-midi, je loue un vélo pour faire le tour de la petite ville; j'ai conduit comme une clinche tellement j'était fatiguée. Je me suis arrêtée faire un massage de pied et au final quand j'ai repris le vélo, je ne savais pas dévérouiller le cadenas.On a l'air malin dans ces cas là.... un attroupement riait autour de moi....s'agrandissant au fil des minutes... Tout le monde essayait, rien à faire: bloquer. Finalement un petit cambodgien l'a fait en une seconde; il y a un truc!!!
Vendredi 13: ce matin, je pars avec un petit groupe à la montagne de Bokor (1075 mètres). On visite la petite église, les maisons abandonnées, le casino en rénovation, la villa du roi à l’état de ruine. Puis le nouveau Complexe qui comprendra un grand casino et un hôtel de 600 chambres. Nous dinons au bord d’un petit rapide (ils appellent ça waterfall mais…). Après-midi, j’enfourche un vélo pour faire au moins 20 km à la recherche des marais salants mais j’étais dans le mauvais sens; moi et mon sens de l’orientation!!!! Enfin, j’ai trouvé au final ainsi qu’un superbe temple non connu des touristes qui ne s’aventurent pas si loin.
Samedi 14: j’arrive à Kep, petite ville côtière. J’y vais en tuc-tuc car ce n’est pas loin. En chemin, je visite un petit temple dans une grotte qui date du 7ème siècle. Après-midi: petit tour de ville à pied. Rien de spécial au programme.
Dimanche 15: journée moto à travers le parc national d’où l’on a une vue magnifique sur la vallée, la mer; on y trouve les arbres magiques où l’on peut grimper à l’intérieur jusqu’au-dessus (je ne l’ai pas fait!). J’ai traversé des rizières, retrouvant les gens travaillant comme à l’ancien temps chez nous avec les bœufs, etc… J’ai visité une plantation de poivre, explication en français très intéressantes; j’ai fait mes réserves pour le restant de ma vie!!!! Je pense que j’en ai vraiment acheté trop. On a traversé les marrais salants d’où j’ai compris le mécanisme…. En traversant ces villages, nous sommes dans le Cambodge profond!!! Nous irons aussi sur la seule plage naturelle de Kep mais il y a trop de bruit de la part des cambodgiens et je n’y reste pas (dommage). J’aurais voulu faire l’île du lapin, mais il me manque une journée Celle que je me suis trompée à cause de mon détour à Sihanoukville.
Lundi 16: me voici de retour dans la capitale. Le minivan que je devais prendre est tombé en panne donc j’ai repris le bus. J’arrive plus tard que prévu. Le reste de l’après-midi, je ne fais rien de spécial. Le soir, je mange avec le couple rencontré au Laos.
Mardi 17: je visite le musée du crime du génocide. C’était, au départ, un lycée qui est devenu la plus horrible prison du Cambodge dirigée par les Khmers rouges (Khmer: c’est la plus grande ethnie cambodgienne et rouge: parti communiste) dirigé par Pol Pot à son retour d’Europe. Ce fut donc une prison de 1975 à 1979. On y trouve des centaines de photos de victimes avant leur mort car ils aimaient garder des archives. Il y a les appareils de torture, les lits en fer où ils étaient enchaînés, les petites cellules faites dans les classes; au centre, dans la cour, la potence où on les pendait par les pieds et quand ils avaient perdu connaissance, on les plongeait dans une jarre d’eau toujours en place actuellement. On y a retrouvé 7 survivants dont un vit encore. Sur le coup, je visitais mais une fois dans le tuc-tuc, j’avais envie de sangloter. C’est une visite très dure qui doit toutefois se prolonger 15 km plus loin au camp d’extermination de Choeung Ek (ou Tuol Sieng). A l’aide d’un guide audio, je parcours les étapes. D’abord, où les camions amenaient les prisonniers par centaines. Puis, où on les questionnait et faisaient signer leur arrêt de mort. On y a retrouvé près de 40 fosses communes. Le mémorial érigé en leur mémoire ne peut pas contenir tous les ossements donc certaines fosses ont été laissées telle quelle notamment sous le lac. Mais tous les mois, la nature fait qu’il ressort toujours des os ou des habits hors de la terre. J’ai vu une poule manger un lambeau qui sortait de terre… Une très grande fosse où l’on a découvert que des femmes et des enfants; on a découvert qu’ils fracassaient le crâne des bébés contre l’arbre toujours présent. Un autre arbre qu’on appelle l’arbre magique mais qui ici n’a rien de magique servait à attacher les hauts parleurs pour diffuser de la musique fort pour assourdir la machine qui exterminait les prisonniers et leurs derniers cris… De l’herbicide était répandu sur eux pour que les paysans du coin ne sentent pas les odeurs. Je n’oublierai jamais cette journée…. Il a plu toute la journée…. La fin d’après-midi est plus agréable puisque je vais au marché russe.
Mercredi 18: pas dormi la nuit mais sur le matin donc réveil à 11H avec mauvaise humeur. Deux heures pour me mettre d’aplomb. Après, ça reprend: visite du musée national où je trouve un linga en cristal de roche du 12ème venant d’Angkor Thom, un beau Nandi du 13ème venant Angkor Vat, des figures en grès et en stuc plus anciennes du 6ème , etc.…Je ne peux pas tout citer. Le bouddhisme est né au 6ème siècle avec Gauthama. Avant les Khmers étaient hindouistes et encore avant ANIMISTE…. Cette « religion » croit aux phénomènes naturels et aux esprits dans les forêts, par exemple….Je n’avais jamais entendu parler de cette croyance animiste… Bref, le musée vaut la peine d’être visité. Le palais royal m’a été déconseillé car tout est quasiment fermé, de toute façon, je n’avais pas envie. J’ai été au marché central bien animé puis à un spectacle au musée national en soirée. Très bien mais cher. Je termine ainsi ma dernière journée par un resto français « la brasserie du port » où je n’ai pas été déçue même si un peu cher pour le coin…. Puis un dernier massage aux huiles et aux herbes. Demain départ à 14H.
MARIE
Paris-Saïgon (Ho Chi Minh-Ville)
Sous l'immense verrière de l'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, une énorme explosion retentit, faisant trembler sols et vitres... Un bagage abandonné vient d'être proprement pulvérisé par les services de sécurité. Incident ordinaire en ces lieux sensibles où le moindre sac oublié par son propriétaire n'a qu'une très courte durée de vie.
Nous meublons l'attente du vol Air-France pour Saïgon en allant déjeuner à la Brasserie Flo du terminal F. Agréable manière de passer les quelques heures en savourant une choucroute bien française, avant l'aventure indochinoise que nous avons choisie en cet automne de l'an 2000.
Déception lorsqu'on nous délivre nos cartes d'embarquement : rangée de sièges n° 43 ! Tout à l'arrière du gros Boeing 777-200... Les passagers sont comprimés dans l'énorme zinc comme sardines en boîte. Une jeune femme très enceinte est assise près de nous, sans égard particulier pour son état : c'est la zone de l'avion la plus exposée aux turbulences. Et turbulences il y a, tout au long de l'interminable vol sans escale jusqu'à Singapour. Nous traversons des tempêtes qui brassent le Jumbo-jet comme un fétu de paille. Le personnel de bord ne brille pas par sa courtoisie. Le steward daigne nous servir, du haut de sa grandeur, quelques plateaux-repas sans le moindre sourire. Il faut insister longuement pour obtenir un verre d'eau. "Vous devriez louer un avion privé" nous dit ce malappris à qui nous marquons notre mécontentement d'être si mal accueillis.
Courte escale à Singapour, dans l'aéroport éclaboussant de luxe, le plus beau d'Asie, où nous dégustons un succulent café dans la zone-transit. Au lever du soleil, voici la terre indochinoise noyée sous les flots du Mékong qui ont envahi la plaine qui miroite comme un lac immense. Comprimés pendant des heures dans l'espace étriqué de la classe Canigou, les passagers posent enfin le pied sur la terre ferme. Derrière le guichet d'accueil, les préposés à la vérification des passeports et visas ont tous une mine sévère et peu engageante... Ils scrutent attentivement chaque étranger et tamponnent comme à regret les documents dont il ne faudra se séparer à aucun prix : cette demande de visa qu'il a fallu remplir pour l'obtenir, et qu'il faudra présenter à nouveau au moment du retour en France...
Un taxi nous dépose à l'hôtel Saïgon-Prince, établissement touristique de belle allure sur le boulevard Nguyen-Hue, quartier des affaires de cette ville cosmopolite que tous les français continuent de nommer Saïgon, malgré le vilain nom "Ho-Chi-Minh-Ville" de la réunification... L'arrivée sur le sol vietnamien n'est pas dépaysant : il règne dans ce pays une atmosphère de France d'autrefois qui a laissé une profonde empreinte sur ses habitants. Dans le hall imposant du palace, on remarque surtout des clients japonais.
Confortable et silencieuse, la vaste chambre donne sur une cour intérieure, à l'écart des bruits de la circulation très dense sur le boulevard.
L'Agence Vietnam-Tourist nous a été fermement recommandée pour organiser notre séjour. C'est un organisme d'état (le pays est sous le régime "communiste-libéral") et son directeur francophone établit un plan de visites selon nos désirs, qui suivent de près ses conseils appuyés. Cette ville active, grouillante et surpeuplée est consacrée en premier lieu aux affaires et au commerce tout azimut. Malgré trente années de guerre meurtrière, le Vietnam se relève du cauchemar à une vitesse vertigineuse, grâce au courage et au dynamisme exceptionnel de la population. A maintes reprises, nous allons voir des preuves tangibles de la grande force de vie qui s'exprime à travers le pays.
Parfum de cuisine française, au "Bistro Augustin", le patron est vietnamien, mais il a séjourné en Bretagne de longues années. A nous le filet de porc à la moutarde, le bar grillé et la crème brûlée ! Tout est délicieux, servi par une mignonne jeune fille au fin minois de porcelaine. C'est sûr : on va revenir souvent chez Augustin pour d'autres agapes.
On marche avec plaisir sur les larges trottoirs des avenues dont certaines portent l'ancien nom colonial avec la nouvelle dénomination. L'ex-rue Catinat a été rebaptisée Dong Khol. Seules trois rues gardent encore leur nom d'origine: rue Pasteur, rue Calmette et rue Yersin. A noter que ce sont trois scientifiques-bienfaiteurs de l'humanité ayant inventé des vaccins contre des maladies redoutables.
Les monuments officiels de Saïgon sont des vestiges intacts construits par les français entre 1900 et 1908. L'Hôtel de Ville, pâtisserie de stuc rose et blanc, colonnettes et frises rococo, ferme la perspective de l'avenue Nguyen-Hue. Il faut braver le joyeux désordre des innombrables engins à deux roues qui sillonnent en rangs serrés les grandes artères. Le directeur de l'agence nous a donné ce conseil : "Vous traversez, sans courir ni vous arrêter, les conducteurs vous évitent et vous ne risquez rien !"... Facile à dire, mais il faut garder tout son sang-froid pour se lancer dans ce magma en mouvement perpétuel environné de vapeurs d'essence.
Nous pouvons témoigner de l'efficacité de la méthode, puisque nous reviendrons sains et saufs d'un audacieux périple de 30 jours. Autre recommandation : se méfier des nombreux pickpockets qui sévissent autour de l'hôtel. Et pas plus tard que ce premier soir, quand nous allons à pied au restaurant, de l'autre côté de l'avenue, mon compagnon est abordé et serré de près par deux gus, dans l'intention manifeste de lui piquer sa sacoche. Mais l'homme a déjà été piégé, à Istanbul, par de semblables individus, et il repousse l'assaut en gueulant si fort que les gars s'enfuient sans insister ! Que dit-on ? "Seul le fou tombe deux fois dans le même piège..."
Demain, destination : le delta du Mékong, le fleuve jaune dont nous avons aperçu de l'avion les méandres débordant sur la campagne inondée...
Sous l'immense verrière de l'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, une énorme explosion retentit, faisant trembler sols et vitres... Un bagage abandonné vient d'être proprement pulvérisé par les services de sécurité. Incident ordinaire en ces lieux sensibles où le moindre sac oublié par son propriétaire n'a qu'une très courte durée de vie.
Nous meublons l'attente du vol Air-France pour Saïgon en allant déjeuner à la Brasserie Flo du terminal F. Agréable manière de passer les quelques heures en savourant une choucroute bien française, avant l'aventure indochinoise que nous avons choisie en cet automne de l'an 2000.
Déception lorsqu'on nous délivre nos cartes d'embarquement : rangée de sièges n° 43 ! Tout à l'arrière du gros Boeing 777-200... Les passagers sont comprimés dans l'énorme zinc comme sardines en boîte. Une jeune femme très enceinte est assise près de nous, sans égard particulier pour son état : c'est la zone de l'avion la plus exposée aux turbulences. Et turbulences il y a, tout au long de l'interminable vol sans escale jusqu'à Singapour. Nous traversons des tempêtes qui brassent le Jumbo-jet comme un fétu de paille. Le personnel de bord ne brille pas par sa courtoisie. Le steward daigne nous servir, du haut de sa grandeur, quelques plateaux-repas sans le moindre sourire. Il faut insister longuement pour obtenir un verre d'eau. "Vous devriez louer un avion privé" nous dit ce malappris à qui nous marquons notre mécontentement d'être si mal accueillis.
Courte escale à Singapour, dans l'aéroport éclaboussant de luxe, le plus beau d'Asie, où nous dégustons un succulent café dans la zone-transit. Au lever du soleil, voici la terre indochinoise noyée sous les flots du Mékong qui ont envahi la plaine qui miroite comme un lac immense. Comprimés pendant des heures dans l'espace étriqué de la classe Canigou, les passagers posent enfin le pied sur la terre ferme. Derrière le guichet d'accueil, les préposés à la vérification des passeports et visas ont tous une mine sévère et peu engageante... Ils scrutent attentivement chaque étranger et tamponnent comme à regret les documents dont il ne faudra se séparer à aucun prix : cette demande de visa qu'il a fallu remplir pour l'obtenir, et qu'il faudra présenter à nouveau au moment du retour en France...
Un taxi nous dépose à l'hôtel Saïgon-Prince, établissement touristique de belle allure sur le boulevard Nguyen-Hue, quartier des affaires de cette ville cosmopolite que tous les français continuent de nommer Saïgon, malgré le vilain nom "Ho-Chi-Minh-Ville" de la réunification... L'arrivée sur le sol vietnamien n'est pas dépaysant : il règne dans ce pays une atmosphère de France d'autrefois qui a laissé une profonde empreinte sur ses habitants. Dans le hall imposant du palace, on remarque surtout des clients japonais.
Confortable et silencieuse, la vaste chambre donne sur une cour intérieure, à l'écart des bruits de la circulation très dense sur le boulevard.
L'Agence Vietnam-Tourist nous a été fermement recommandée pour organiser notre séjour. C'est un organisme d'état (le pays est sous le régime "communiste-libéral") et son directeur francophone établit un plan de visites selon nos désirs, qui suivent de près ses conseils appuyés. Cette ville active, grouillante et surpeuplée est consacrée en premier lieu aux affaires et au commerce tout azimut. Malgré trente années de guerre meurtrière, le Vietnam se relève du cauchemar à une vitesse vertigineuse, grâce au courage et au dynamisme exceptionnel de la population. A maintes reprises, nous allons voir des preuves tangibles de la grande force de vie qui s'exprime à travers le pays.
Parfum de cuisine française, au "Bistro Augustin", le patron est vietnamien, mais il a séjourné en Bretagne de longues années. A nous le filet de porc à la moutarde, le bar grillé et la crème brûlée ! Tout est délicieux, servi par une mignonne jeune fille au fin minois de porcelaine. C'est sûr : on va revenir souvent chez Augustin pour d'autres agapes.
On marche avec plaisir sur les larges trottoirs des avenues dont certaines portent l'ancien nom colonial avec la nouvelle dénomination. L'ex-rue Catinat a été rebaptisée Dong Khol. Seules trois rues gardent encore leur nom d'origine: rue Pasteur, rue Calmette et rue Yersin. A noter que ce sont trois scientifiques-bienfaiteurs de l'humanité ayant inventé des vaccins contre des maladies redoutables.
Les monuments officiels de Saïgon sont des vestiges intacts construits par les français entre 1900 et 1908. L'Hôtel de Ville, pâtisserie de stuc rose et blanc, colonnettes et frises rococo, ferme la perspective de l'avenue Nguyen-Hue. Il faut braver le joyeux désordre des innombrables engins à deux roues qui sillonnent en rangs serrés les grandes artères. Le directeur de l'agence nous a donné ce conseil : "Vous traversez, sans courir ni vous arrêter, les conducteurs vous évitent et vous ne risquez rien !"... Facile à dire, mais il faut garder tout son sang-froid pour se lancer dans ce magma en mouvement perpétuel environné de vapeurs d'essence.
Nous pouvons témoigner de l'efficacité de la méthode, puisque nous reviendrons sains et saufs d'un audacieux périple de 30 jours. Autre recommandation : se méfier des nombreux pickpockets qui sévissent autour de l'hôtel. Et pas plus tard que ce premier soir, quand nous allons à pied au restaurant, de l'autre côté de l'avenue, mon compagnon est abordé et serré de près par deux gus, dans l'intention manifeste de lui piquer sa sacoche. Mais l'homme a déjà été piégé, à Istanbul, par de semblables individus, et il repousse l'assaut en gueulant si fort que les gars s'enfuient sans insister ! Que dit-on ? "Seul le fou tombe deux fois dans le même piège..."
Demain, destination : le delta du Mékong, le fleuve jaune dont nous avons aperçu de l'avion les méandres débordant sur la campagne inondée...
Prologue
L'attente et la préparation ont maintenant fait place à l'excitation. Des mois à lire les guides, consulter les sites et les forums sur le net, des heures à collectionner des impressions, des informations des tuyaux et maintenant, dans quelques heures ce sera le départ pour l'aéroport. Avec son lot de petits pincements, les au-revoirs à nos trois enfants (bien qu'à bientôt 18 et 20 ans, peut-on encore parler d'enfants ? ), avec les doutes, les laisser pendant un mois, bien que nos propres parents seront bien présents. Tout va-t-il bien se passer ? Ici à Genève ou sur les chemins poussièreux du Laos ?
Mélange excitant qui ressurgit à chaque départ ...
Une fois n'est pas coutume, pas encore partis et déjà en train de prendre le clavier. Faire son voyage, dans sa tête en premier, le préparer, s'y préparer, commencer à le vivre, et partir. Cette année, j'innove. Non pas tant que l'idée vienne de moi, mais c'est vrai qu'au fur et à mesure des carnets de voyage, des amitiés, toutes virtuelles pour la plupart, bien concrètes pour d'autres, se sont formées. Des amitiés basées sur les mêmes passions, les mêmes envies de découvertes, et bien souvent les mêmes destinations !
Alors, les conseils ont fusé : "on aimerait suivre ton voyage, connaître vos impressions, mais là, en même temps que vous. Et puis le Laos, ça nous intéresse". L'idée du livre lao et ses chapitres a germé. Oui, pourquoi pas. Prendre le temps d'écrire, de retranscrire et de partager notre voyage au jour le jour, ou tout du moins dès que l'occasion se présente (merci le WiFi...) ?
Prologue, chapitre 1, chapitre 2, chapitres ... conclusion, remerciements ... Un livre. Que l'on prépare, que l'on peaufine, que l'on vit et que l'on range une fois terminé dans sa bibliothèque des souvenirs. Mais toujours à disposition pour y replonger. Comme un voyage en quelque sorte ...
Petit retour en arrière. Le Laos ... Coincé entre deux montres du tourisme, la Thaïlande et le Vietnam, ouvert depuis peu et pas encore atteint par le tourisme de masse, réputé pour la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages, comment ne pouvait-il pas nous attirer à lui, comme un aimant ? Comme toute cette si fascinante Asie finalement, mais certainement encore plus que d'autres contrées de l'Extrême-Orient. Est-ce son côté nature et beauté des paysages ? La réputation de son peuple accueillant et souriant ? Son ambiance de calme et de tranquillité ? Un condensé de tout cela, sans aucun doute, comme un besoin de souffler, de mettre une vie occidentale, où le temps rime avec rendement, entre parenthèse l'espace d'un périple.
Les sacs sont prêts, les esprits aussi.
Décollage avec SWISS vers 21h00 pour une courte étape vers Zurich, puis un long vol vers Bangkok. Demain, le chapitre 1 débute ... En route pour le livre lao.
L'attente et la préparation ont maintenant fait place à l'excitation. Des mois à lire les guides, consulter les sites et les forums sur le net, des heures à collectionner des impressions, des informations des tuyaux et maintenant, dans quelques heures ce sera le départ pour l'aéroport. Avec son lot de petits pincements, les au-revoirs à nos trois enfants (bien qu'à bientôt 18 et 20 ans, peut-on encore parler d'enfants ? ), avec les doutes, les laisser pendant un mois, bien que nos propres parents seront bien présents. Tout va-t-il bien se passer ? Ici à Genève ou sur les chemins poussièreux du Laos ?
Mélange excitant qui ressurgit à chaque départ ...
Une fois n'est pas coutume, pas encore partis et déjà en train de prendre le clavier. Faire son voyage, dans sa tête en premier, le préparer, s'y préparer, commencer à le vivre, et partir. Cette année, j'innove. Non pas tant que l'idée vienne de moi, mais c'est vrai qu'au fur et à mesure des carnets de voyage, des amitiés, toutes virtuelles pour la plupart, bien concrètes pour d'autres, se sont formées. Des amitiés basées sur les mêmes passions, les mêmes envies de découvertes, et bien souvent les mêmes destinations !
Alors, les conseils ont fusé : "on aimerait suivre ton voyage, connaître vos impressions, mais là, en même temps que vous. Et puis le Laos, ça nous intéresse". L'idée du livre lao et ses chapitres a germé. Oui, pourquoi pas. Prendre le temps d'écrire, de retranscrire et de partager notre voyage au jour le jour, ou tout du moins dès que l'occasion se présente (merci le WiFi...) ?
Prologue, chapitre 1, chapitre 2, chapitres ... conclusion, remerciements ... Un livre. Que l'on prépare, que l'on peaufine, que l'on vit et que l'on range une fois terminé dans sa bibliothèque des souvenirs. Mais toujours à disposition pour y replonger. Comme un voyage en quelque sorte ...
Petit retour en arrière. Le Laos ... Coincé entre deux montres du tourisme, la Thaïlande et le Vietnam, ouvert depuis peu et pas encore atteint par le tourisme de masse, réputé pour la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages, comment ne pouvait-il pas nous attirer à lui, comme un aimant ? Comme toute cette si fascinante Asie finalement, mais certainement encore plus que d'autres contrées de l'Extrême-Orient. Est-ce son côté nature et beauté des paysages ? La réputation de son peuple accueillant et souriant ? Son ambiance de calme et de tranquillité ? Un condensé de tout cela, sans aucun doute, comme un besoin de souffler, de mettre une vie occidentale, où le temps rime avec rendement, entre parenthèse l'espace d'un périple.
Les sacs sont prêts, les esprits aussi.
Décollage avec SWISS vers 21h00 pour une courte étape vers Zurich, puis un long vol vers Bangkok. Demain, le chapitre 1 débute ... En route pour le livre lao.
Bonjour,
Je m'excuse par avance car je sais qu'il y a des sujets similaires mais je n'en ai trouvé aucun de récent et les règles semblent changer très vite.
Je pars du 29 mai au 16 juillet en Asie du Sud Est. Mon vol est pour Bangkok mais je compte me rendre directement au Nord du Vietnam (Hanoi) en avion. Je compte y acheter une moto vietnamienne pour être le plus autonome possible et me rendre dans des endroits plus reculés. Je rejoindrai ensuite le Laos (visiblement, la seule frontière où l'on peut passer avec une moto est celle de Na Meo) que je compte redescendre pour me rendre au Cambodge. Je n'ai trouvé aucune information sur le passage de la frontière entre le Cambodge et le Laos avec une moto vietnamienne. Il me semble que la seule frontière entre ces deux pays est celle de Dom Kralor et je n'aurais donc qu'une seule "chance" pour passer avec la moto (contrairement au Vietnam où si ca ne fonctionne pas à un poste frontière, je pourrais toujours en trouver un autre). Est ce que certains d'entre vous ont déjà effectué ce passage? Je compte ensuite finir mon périple au Cambodge et y revendre la moto (ou ce qu'il en reste).
L'autre possibilité serait de repasser au Vietnam pour ensuite passer la frontière Vietnam Cambodge mais ca me fait prendre un visa à entrées multiples, ce qui ne m'arrange pas.
J'ai également entendu parler d'une touriste qui s'est vu confisquer sa moto vietnamienne au Cambodge car le policier lui aurait indiquer que même si les motos vietnamiennes peuvent traverser la frontière, il est interdit de rouler avec au Cambodge. Ca me parait assez étrange mais je préfère demander confirmation pour être sûr qu'il s'agit d'un cas isolé et qu'il est bien possible de rouler avec une moto vietnamienne au Cambodge sans être (trop) embêté.
Je précise que je n'ai pour le moment que mon billet d'avion vers Bangkok et que mon périple peut donc être modifié, je serais donc ravi d'avoir des suggestions qui rendront ce voyage le meilleur possible (mon but serait quand même de faire un minimum de moto et de visiter ces trois pays, mais le sens du parcours m'importe peu et peut être changé, même si finir par le Cambodge me permettrait de rallier directement Bangkok par bus et d'éviter un avion supplémentaire). Si vous avez des lieux ou activités à ne pas rater, je suis également preneur !
Je suis parfaitement au courant que l'assurance et le permis français n'ont aucune valeur dans ces pays, je suis averti des risques mais ca ne m'intéresse pas trop d'en débattre ici.
Merci d'avance et à bientôt.
Je m'excuse par avance car je sais qu'il y a des sujets similaires mais je n'en ai trouvé aucun de récent et les règles semblent changer très vite.
Je pars du 29 mai au 16 juillet en Asie du Sud Est. Mon vol est pour Bangkok mais je compte me rendre directement au Nord du Vietnam (Hanoi) en avion. Je compte y acheter une moto vietnamienne pour être le plus autonome possible et me rendre dans des endroits plus reculés. Je rejoindrai ensuite le Laos (visiblement, la seule frontière où l'on peut passer avec une moto est celle de Na Meo) que je compte redescendre pour me rendre au Cambodge. Je n'ai trouvé aucune information sur le passage de la frontière entre le Cambodge et le Laos avec une moto vietnamienne. Il me semble que la seule frontière entre ces deux pays est celle de Dom Kralor et je n'aurais donc qu'une seule "chance" pour passer avec la moto (contrairement au Vietnam où si ca ne fonctionne pas à un poste frontière, je pourrais toujours en trouver un autre). Est ce que certains d'entre vous ont déjà effectué ce passage? Je compte ensuite finir mon périple au Cambodge et y revendre la moto (ou ce qu'il en reste).
L'autre possibilité serait de repasser au Vietnam pour ensuite passer la frontière Vietnam Cambodge mais ca me fait prendre un visa à entrées multiples, ce qui ne m'arrange pas.
J'ai également entendu parler d'une touriste qui s'est vu confisquer sa moto vietnamienne au Cambodge car le policier lui aurait indiquer que même si les motos vietnamiennes peuvent traverser la frontière, il est interdit de rouler avec au Cambodge. Ca me parait assez étrange mais je préfère demander confirmation pour être sûr qu'il s'agit d'un cas isolé et qu'il est bien possible de rouler avec une moto vietnamienne au Cambodge sans être (trop) embêté.
Je précise que je n'ai pour le moment que mon billet d'avion vers Bangkok et que mon périple peut donc être modifié, je serais donc ravi d'avoir des suggestions qui rendront ce voyage le meilleur possible (mon but serait quand même de faire un minimum de moto et de visiter ces trois pays, mais le sens du parcours m'importe peu et peut être changé, même si finir par le Cambodge me permettrait de rallier directement Bangkok par bus et d'éviter un avion supplémentaire). Si vous avez des lieux ou activités à ne pas rater, je suis également preneur !
Je suis parfaitement au courant que l'assurance et le permis français n'ont aucune valeur dans ces pays, je suis averti des risques mais ca ne m'intéresse pas trop d'en débattre ici.
Merci d'avance et à bientôt.
Salut a tous!
Quelqu'un saurait-il s'il est possible d'entrer au Laos avec sa propre moto (j'ai les papiers vietnamiens de la moto), par Tay Trang en particulier? S'il y a des demarches etc.
Merci d'avance (je tente dans deux jours, je suis a Sappa en ce moment et j'aimerai anticiper un peu la galere que ca va etre).
Après son histoire chaotique et dramatique, le Cambodge ouvre maintenant ses bras au monde et nous avons très vite succombé à la magie de ce pays charmant et passionnant. Nous étions éblouis et saisis d’émotion par les temples majestueux, séduits par sa capitale fascinante et pleine de vie. Nous avons parcouru la campagne cambodgienne et ses paysages de rizières éblouissantes et nous avons pris le temps de flâner dans les provinces. Nous avons longé et navigué sur ses cours d’eau et ses lacs, rejoints les villages des minorités ethniques et admirés la beauté du Nord Est. Nous avons gouté et savouré la cuisine khmère à la fois subtile et épicée. Surtout, nous avons découvert un peuple chaleureux, souriant, serviable et heureux de nous recevoir : c’est la plus grande richesse de ce pays. Notre voyage dans le royaume Khmer nous a tout simplement ravis.
Nous avons pris notre temps. Trois semaines de liberté pour flâner, faire crochets et détours, nous attarder dans les temples et les contrées lointaines. Nous avons circulé en bus locaux sur les grands axes, en bateaux sur les fleuves et les lacs, en tuk-tuk autour des temples de Siem Reap, en moto dop et en moto à Battambang Kratie et Ban Lung, en taxis, en pick-up et en mini-van, et aussi à pied, bien sûr ! Que d’opportunités de faire des rencontres magnifiques, passionnantes, étonnantes et enrichissantes.
Ce voyage, je l’ai d’abord rêvé. Puis je l’ai préparé pendant des mois à force de documentation, de conseils et d’aides sur Voyage Forum, le rendez-vous des amoureux du voyage. J’ai changé souvent mon fusil d’épaule et finalement nous sommes partis, Daniel et moi avec nos sacs, nos dollars, notre guide Lonely Planet, quelques bonnes adresses, quelques réponses à nos attentes et pratiquement aucune réservation. Nous sommes revenus, le cœur emplis d’admiration et de sympathie pour ce peuple magnifique, et les yeux pleins d’images et de souvenirs inoubliables. Siem Reap : la cité des temples
Premier étonnement : notre arrivée à Siem Reap ! Nous avions quitté un village, il y a 10 ans, avec des routes en terre, d’anciennes maisons coloniales, quelques guesthouses et restaurants le long de la rivière. La visite et l’exploration des temples se faisaient alors à la façon des pèlerins d’antan. Aujourd’hui, Siem Reap est devenue une fierté nationale pour les Cambodgiens. C’est une ville dynamique avec ses grands hôtels avec spa, ses bars, ses nombreux restaurants, et, évidemment ses embouteillages de cars de touristes. Heureusement, nous avons retrouvé notre guesthouse qui s’est enrichi d’une piscine, bien agréable après les visites par 38°C à l’ombre, quand il y a de l’ombre !
Nous avons exploré pendant six jours les temples proches et les sites plus éloignés. Des styles et des époques d’une incroyable diversité. Il nous a fallu jongler avec le temps pour essayer d’éviter la foule et la cohue. Donc, départ à 6 heures tous les matins avec l’édition « Angkor, Cité khmère » sous le bras ! Fidèle au rendez-vous, Thor, notre tuk-tuk driver !
Notre programme de tous les jours : grimper les escaliers aux marches irrégulières, longer les sentiers qui mènent d’Angkor Vat à Angkor Thom, escalader les pierres et les racines de Ta Prohm. Nous nous sommes isolés au temple de Banteay Samré, magnifiquement conservé avec sa terrasse cruciforme. Nous avons flâné autour du Banteay Kdei, séduisant temple bouddhiste et petite version de Ta Prohm. Nous avons repris nos forces à Sray Srang, un lieu calme et reposant, pour terminer enfin par un très beau coucher de soleil au Pre Sup.
Puis nous avons parcouru à l’aube la campagne jusqu’à Banteay Srei, la citadelle des femmes avec sa délicatesse et la finesse de ses bas et hauts reliefs. Notre pénible montée par le joli sentier de 2 kms à travers la jungle de Kbal Spean a été récompensée par une baignade dans la rivière de lingas sculptés et dans les cascades qui l’entourent.
Par une route difficile nous avons rejoint Koh Ker, lieu qui semble abandonné dans les forêts du nord de Siem Reap. Là aussi se trouve, entre autre, le temple de Bang Mealea, envahi par une végétation luxuriante. C’est là que Jean Jacques Annaud a tourné le film « Deux Frères ». Plus loin, des temples du groupe de Roluos, avec l’élégant Preak Kô et le temple montagne de Bakong. Nous avons enfin terminé notre parcours Angkorien par Prasat Kravan, Ta Som, Preah Khan, Neak Pean.
On est sollicité sans cesse autour des temples. Mangues, bananes, ananas, boissons, livres, DVD et bracelets nous sont proposés partout par des enfants souriants et à qui il est très difficile de dire non ! Daniel, trempé par la chaleur, achète une belle collection de teeshirt d’Angkor à une vendeuse d’une dizaine d’année qui lui fait le reproche de retourner à son hôtel dans cet état ! Et comment ne pas craquer pour les bracelets de cette petite fille qui a débité en quelques secondes le nom de notre président, la capitale de la France et le nombre d’habitants, sans oublier Carla Bruni !!!
Il n’y a pas que des temples à voir à Siem Reap. Le nouveau musée National Angkor est fascinant et avec une technologie multimédia des plus sophistiquées : un voyage au travers de la gloire de l’histoire et de la civilisation khmère d’Angkor.
Les pagodes récentes de la ville contrastent avec les anciens temples et méritent aussi un peu de temps. Le Vat Dam Nak avec des jardins magnifiquement soignés et agencés et sa bibliothèque française en pleine effervescence. Dans le parc de la pagode, The Giant Puppet Project préparait la grande parade qui partant du Old Market a rejoint les jardins du Palais royal en longeant la rivière. Cette association permet aux enfants des écoles locales, des orphelinats et des enfants de la rue à s’exprimer à travers l’art. Tous ont défilé avec leur création de marionnettes immenses, papillons, chauves souris, singes etc. dans la joie et la bonne humeur. Un spectacle joyeux, spontané et plein de joie !
Et le soir se perdre dans Bar Street, particulièrement animé où tous se retrouve pour prendre un verre, savourer les cuisines du monde entier et se faire masser les pieds par pleins de petits poissons dans des grands aquariums.
Battambang, la petite ville au milieu de la campagne
La majeure partie de la population cambodgienne vit à la campagne et après une légère « overdose de temples », nous avons sillonné en moto, les chemins de terre des environs de Battambang pour découvrir les villages, les artisans, les champs et les vergers.
Le trajet en bateau au départ de Siem Reap traverse les villages flottants, des marécages, d’étroits chenaux et peut être un magnifique voyage. En saison sèche il peut devenir un véritable cauchemar ! On nous avait prévenu mais tant pis !
Un pick–up à 6h du matin fait la tournée des guesthouses et on s’entasse à 14 avec sacs à dos et nos valises. Le bateau semble très vieux et fragile. Des bancs en bois, durs et inconfortables servent de sièges passagers mais il y a plus de personnes sur le bateau que de places ! Un bruit d’enfer d’un moteur sans échappement et une chaleur insoutenable ! Et nous voilà partis pour un voyage de 9 heures !
A travers les villages flottants et les paysages magnifiques, le bateau s’arrête partout pour prendre les locaux, déposés par les barques qui nous accostent. Ils sont surchargés avec leur sacs à provisions, les poulets, la farine, les poissons, les fruits ! Au bout d’une heure le bateau était devenu le radeau de la Méduse ! Un vrai capharnaüm. Tout le long de la berge, des enfants s’amusent de nous voir et nous lancent de bruyants « hello » et s’empressent de nous montrer leurs prouesses dans l’eau. Nous croisons de nombreux longtails qui transportent de tout : la famille, les provisions, des matériaux de construction, etc…
A l’approche de Battambang, le niveau de la rivière est tellement bas que le bateau s’échoue plusieurs fois sur des bancs de sable.
Un trajet très éprouvant mais quel souvenir !!!
Les moyens de transports sont nombreux, variés et faciles au Cambodge. C’est certainement la meilleure façon de vivre avec la population, de partager et de participer à leur vie de tous les jours. Les voyages en bus sont assez folkloriques. Même si les déplacements deviennent plus faciles sur quelques rares routes goudronnées, les bus sont souvent près à rendre l’âme : compteurs kilométriques qui n’indiquent plus de chiffre (par peur ou par lassitude ?), la climatisation fièrement annoncée au moment de l’achat du billet ne fonctionne que si le moteur ne chauffe pas trop, et les pannes sont nombreuses. Nous avons vécu un éclatement spectaculaire d’un pneu en rase campagne ; tout le monde est descendu et a attendu au bord de la route, en plein soleil. Les pauses pipi se font en groupe, les hommes d’un coté de la route et les femmes de l’autre, sans gène ni pudeur !
Il n’y a pas d’arrêt de bus, il s’arrête n’importe où, les gens montent, d’autres descendent, et quand il n’y a plus de places, on en retrouve ! Assis sur les marches, dans les allées, ou à trois sur un même siège, rien n’est un problème. Les Cambodgiens s’adaptent à toutes les situations, grands et petits ont une patience et une nonchalance étonnantes. Les enfants mangent, dorment, sourient et passent des heures dans les transports sur les genoux des parents sans se plaindre.
Nos enfants ont là une leçon à apprendre quand ils se plaignent juste pour traverser Paris !!!
Autres moyens de sillonner les routes de province : les minibus. Ils sont bon marché et souvent bondés. On nous conseille d’acheter une place supplémentaire pour voyager confortablement pour le trajet de Kratie à Ban Lung, route longue et pénible. Excellent conseil car nous nous sommes retrouvés à 21 personnes avec le chauffeur dans un minibus de 9 places ! Nous étions avec un américain à trois sur une banquette de quatre place et nous étions quelque peu gênés de voir les Cambodgiens assis en quinconce les uns sur les autres qui sympathisaient avec nous en nous gratifiant de grands sourires.
Les longtails naviguent sur toutes les rivières, lacs et cours d’eau. Ils sont bruyants mais les emprunter reste pratique et agréable. Ils nous permettent de visiter des villages des minorités sur les rives du Tonlé San, le village flottante de Kompong Khleang sur le Tonlé Sap. Au-delà de son histoire sinistre Kampong Poy ou Barrage de la Mort qui servait aux khmers rouges à éliminer les ennemis de la révolution, est devenu un lieu de ballade pour les Cambodgiens avec son immense jardin de lotus et ses fermes de pêcheurs perchés sur pilotis. Encore des aventures : alors que nous étions arrêtés pour admirer un magnifique coucher du soleil le batelier a rompu le fil du démarreur. Alors qu’il commence à ramer pour rentrer, mais avec une seule rame la technologie nous sauve. Il appelle avec son portable un copain qui vient nous secourir avec son bateau. En arrivant près de notre embarcation, il casse son gouvernail et finalement tombe en panne d’essence ! Nous revenons finalement au bord du lac avec un bon fou rire quelque peu nerveux mais qui clôturera joyeusement cette journée tourmentée !
Un autre moyen de transport excitant : le moto-dop (guide-conducteur et moi en passager) et Daniel seul sur une autre moto. C’est ainsi que nous avons traversé la campagne sur des pistes avec les nids de poules énormes, des chemins en terre dans lesquels les roues de la moto s’enfonçaient, avec une poussière qui s’infiltre partout, dans les cheveux, les narines, les oreilles. Les masques chirurgicaux, tant prisées par les Asiatiques, feront dorénavant partie de nos accessoires indispensables.
Que de bons moments autour de Battambang, avec les paysans dans leur champs et les femmes qui viennent nous accueillir à l’entrée de leur village. Elles rient de bon cœur en étant impressionnées par le ventre de Daniel, mes rondeurs et la taille de mes seins !
Et au détour d’un chemin, ce merveilleux mariage Khmer sous un énorme chapiteau. Sans manières, nous sommes cordialement invités à y participer. Les gens insistent pour que nous prenions des photos et des films. Nous sentons très bien leur envie de partager avec nous leur joie et leur bonheur. Nous admirons les magnifiques costumes colorés des mariés avec leurs garçons et demoiselles d’honneur. On nous invite à nous asseoir avec eux et leur hospitalité et amitié, toutes simples nous fait si chaud au cœur.
A Battambang, nous avons passé trois jours chez Sam, jeune franco –khmer qui est retourné au pays où il a aménagé la maison familiale avec trois chambres pour ses hôtes. Il nous a fait découvrir sa ville et les alentours en évitant totalement les circuits touristiques classiques. Sam a su partager avec nous l’amour de son pays. Son enthousiasme et sa gentillesse nous a rendu ce séjour inoubliable. Nous avons vécu des moments d’intense émotion : la sortie par milliers des chauves souris de la montagne, le ballet des cormorans et des aigrettes au soleil couchant, des familles chinoises et vietnamiennes qui nous invitent pour le nouvel an et la fête de Têt. On brûle avec elles de faux billets de banques, des dollars, francs et euros pour se remémorer nos ancêtres disparus. Nous goûtons aussi des mets cambodgiens sur le bord des chemins: du rat et les blettes grillés, des œufs de canard avec, à l’intérieur, l’embryon, ses plumes et son bec, des gâteaux de bambous au lait de coco, de riz gluant et des haricots noirs, des galettes de riz et de l’alcool de palme. Je retrouve encore l’odeur inoubliable de la pâte à poisson fermentant dans les cuves géantes, difficile à supporter !
Un peu en dehors de la ville, nous empruntons le Bamboo train sur lequel nous avons placé nos motos. Nous nous sommes bien cramponnés pour filer à travers la campagne avec ce train original dans claquement métallique et infernal des rails à peine parallèles.
Ban Lung : le pays de la Terre Rouge
La province de Ratanakiri est réputée pour la beauté de ses sites naturels mais aussi pour ses routes en très mauvais état ! Pendant la saison sèche, les routes sont envahies par une poussière ocre d’où le surnom de la région : « Terre rouge». Nous étions très vite recouverts de cette couleur de la tête aux pieds. Seule une grosse brosse à chiendents peut nous aider à retrouver une apparence humaine normale !
J’ai grimpé sur la moto de Lena, notre guide et Daniel a emprunté la moto de sa femme. C’est ainsi que nous avons visité des villages où vivent plusieurs minorités. On a garé nos motos et on s’est baigné dans le lac volcanique de Yeak Lom malgré les mystérieuses créatures peuplant les eaux selon les légendes des ethnies locales. Nous nous sommes recueillis dans les cimetières noyés dans la jungle. Les morts sont enterrés et leurs tombes sont entourées de sculptures en bois les représentant dans leurs activités durant leur vie.
Les ethnies vénèrent les esprits de la Terre, du Ciel et de leurs ancêtres. Le village que notre guide visite d’habitude a eu trop de malédictions récemment et les habitants du village sont persuadés que les étrangers en passant dans leur cimetière ont dérangé ces esprits. Lena nous emmène dans un village qu’il n’a jamais visité. Nous payons l’entrée dans le village, nous payons pour prendre des photos, nous sommes étroitement surveillés et on nous accompagne partout. Nous sommes également priés d’acheter un paquet de biscuit dans une boutique du village pour honorer les esprits et mettre des offrandes sur les tombes des ancêtres. Finalement, c’est notre surveillant du village qui a mangé tout le paquet !!! Je n’apprécie pas trop cet accueil et Lena non plus et il décide de ne plus revenir avec ses touristes. L’avantage est que nous étions toujours seuls, pas de Coréens ou d’américains dans ces contrées si primitives ! Si ces visites sont toujours intéressantes, souvent j’éprouve une certaine gêne, un sentiment de voyeurisme qui me met mal à l’aise.
Nous n’y avons pas fait de trek mais nous avons pris une douche tonique dans les cascades de Chaa Ong Ka tieng et Kinchaan. Nous avons aussi cherché des améthystes et du zircon dans les mines de pierres précieuses qui sont exploitées sur les bords des routes.
A Ban Lung nous avons logé dans la villa en bois de l’ancien gouverneur de Ban Lung, devenu le « Lodge des Terres Rouges », une oasis de calme et de sérénité, dans un grand jardin luxuriant de belles plantes, fleurs et orchidées sauvages et décoré de totems Jaraï.
Les mariés de la région viennent pour des séances de photos dans ces jardins et autour de la magnifique piscine. Pour moi, massages tous les soirs dans le somptueux spa de l’auberge. Nous avons diné un soir avec Lena et sa femme, qui ne parle pas anglais, qui, une fois passée sa timidité du premier contact, s’est avérée être une jeune femme souriante et curieuse de notre mode de vie. Que des moments de grand bonheur.
Kratie : les dauphins d’eau douce
On aurait pu se passer de notre journée à Kratie sans grand intérêt mais qui nous a permit de faire une pause. Nous avons parcouru la campagne et visité quelques pagodes en moto. Nous avons navigué sur le Mékong pour voir les quelques rares dauphins de l’Irrawaddy et de très beaux paysages tout le long des berges.
Là encore quelques belles rencontres.
Les jeunes lycéens viennent sur les berges au moment du coucher du soleil. Ils engagent la conversation dans le but de pratiquer leur anglais. C’était le cas de ces deux jeunes garçons de 17 ans, en dernière année du lycée, qui habitent à 20 kms de Kratie et retournent chez eux pour le weekend. Ils ont déjà un très bon niveau d’anglais et souhaitent continuer leurs études en langues. Mais les frais de scolarité (300$ pour l’année) et la vie à Phnom Penh, où ils devraient poursuivre leurs études, représentent une somme trop importante pour leurs familles. Les bourses sont rares et souvent ne suffisent pas. Une autre jeune fille de 12 ans s’approche de nous pour discuter et nous invite à venir manger chez ses parents. Daniel et moi, fan de l’émission d’Antoine de Maximy « J’irai dormir chez vous » nous amusons de cette invitation. Elle parle très bien l’anglais et elle nous demande de l’aider à acheter un dictionnaire pour ses études en lui donnant un peu d’argent. Je lui propose d’aller l’acheter directement. Elle est très étonnée et semble si heureuse. Malheureusement il est déjà tard et la librairie est fermée. Elle n’était pas au rendez vous que nous avions fixé pour le lendemain. J’étais vraiment très triste de ne pas pouvoir l’aider.
Nous sommes monté sur le Phnom Sombok (300marches) où j’ai faillit avoir une insolation. Deux nonnes discutent et nous nous arrêtons pour nous reposer à côté d’elles. L’une, sans âge, fume sa cigarette comme si elle fumait un joint et l’autre prend soin de moi en me faisant de l’air avec son éventail. Notre conversation est très limitée car elles ne parlent que le khmer mais, comme d’habitude, nous échangeons sourires et signes de sympathie. Elles nous permettent de les photographier, des modèles hors du temps.
Phnom Penh : La renaissance d’une capitale
Phnom Penh est une ville fascinante où richesse et pauvreté se côtoient à chaque coin de rue. Les mendiants sont nombreux, adultes et enfants mutilés, souvent victimes des mines,
blessés pendant la guerre ou en travaillant et en jouant dans les champs. En haillons ils dorment directement sur le sol le long du Mekong. Triste spectacle.
La ville s’éveille dès 6 heures du matin avec les bruits intenses d’une vie quotidienne trépidantes. Le soir l’animation est entretenue par les cocktails des happy hours et un amok délicieux dans un bon restaurant khmer.
Les nombreux bâtiments du Palais Royal dominent la ville de leurs flèches étincelantes. Dans les jardins luxuriants du Palais, des pagodes couvertes de dorures et la pagode d’Argent qui brille de mille feux au soleil. Le musée national renferme une magnifique collection de sculptures khmères et les salles ouvertes sur un très joli patio qui permet de se reposer à l’ombre des frangipaniers et de faire de nouvelles rencontres.
Le Happy Hour au FCC (Foreign Correspondants Club) sur le quai est une étape incontournable. Fréquenté par les expatriés du monde entier, sa terrasse offre une vue imprenable sur le Tonlé Sap qui se jette lentement dans le Mekong. L’ambiance y est agréable, confortable, très « coloniale ».
Le somptueux Hôtel Le Royal (du groupe Raffles) est imprégné de son passé glorieux et cela se ressent aussi bien dans son style, sa décoration que dans le service. Y prendre un café ou un jus de fruit et se reposer après une longue promenade dans le centre ville est un moment de grand délice.
Le Vat Phnom, site de mille légendes, se dresse sur la seule colline de la ville et nous nous trouvons plongés parmi toutes les festivités du Nouvel An Chinois. Beaucoup sont venus pour prier et pour porter des offrandes : guirlandes de jasmins, fruits, morceaux de viande et os, dégoulinant de graisse que l’on offre aux lions qui gardent l’escalier, les nombreuses statues disséminées sur le chemin qui mène au sommet de la colline, les esprits gardiens aux allures terrifiantes, Vishnou et Nâga. Les vendeurs d’oiseaux sollicitent les visiteurs pour faire des offrandes et les libérer. Surprenant, si l’on observe ce manège, on se rend compte qu’ils sont dressés à revenir dans leur cage ! D’énormes tables sont dressées couvertes de nourriture, de boissons et de billets de banque. Il faut croire que les esprits sont particulièrement gourmands !!!
Le Psar Tuol Tom Pong ou le marché russe grouille de monde et se trouve être un des meilleurs endroits pour acheter des souvenirs et des vêtements. On trouve de tout : objets d’artisanat, des soieries, des bijoux, des instruments de musique, de la maroquinerie, des contrefaçons de tout genre plus une multitude de marchands allant du tailleur au vendeur de pneu, de quincailler aux esthéticiennes. Très amusant et un lieu incontournable !
Le S-21 ou le musée Tuol Sleng est un témoignage des atrocités commises par les Khmer rouges. Comme à Auschwitz la banalité de l’endroit rend la visite très éprouvante. Le film « Bophana » (1996), le documentaire du réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh est projeté tous les jours sur place, relatant l’histoire de la révolution Khmer Rouge et racontant le pays transformé en « une prison sans mur ». Ce régime priva les Cambodgiens de ce à quoi ils tenaient le plus : la famille, la nourriture, la terre et la foi. Le génocide a fait plus de deux millions de victimes.
Le Cambodge se reconstruit aujourd’hui mais il y a encore du chemin à faire. Les gens sont heureux et souriants mais vivent encore avec le souvenir de l’horreur des années du régime khmer rouge et évoquent souvent leurs tragédies personnelles, leurs familles décimées et les souffrances endurées. Générations anciennes et nouvelles vivent avec ce traumatisme. La vie est difficile pour les Cambodgiens et le pays reste l’un des plus pauvres d’Asie. Les revenus de nombreux Cambodgiens stagnent, les maigres salaires ne leur permettent pas de vivre décemment. Et malgré des années de massacres, de misère et d’instabilité politique ils on gardé le sourire. On ne peut quitter les splendeurs du Cambodge sans un sentiment d’affection et d’admiration pour son peuple. Et selon les différentes facettes que l’on découvre, le Cambodge a deux visages: un pays qui enchante et déconcerte à la fois, le yin et le yang du Cambodge.
Février/Mars 2010
Nous avons pris notre temps. Trois semaines de liberté pour flâner, faire crochets et détours, nous attarder dans les temples et les contrées lointaines. Nous avons circulé en bus locaux sur les grands axes, en bateaux sur les fleuves et les lacs, en tuk-tuk autour des temples de Siem Reap, en moto dop et en moto à Battambang Kratie et Ban Lung, en taxis, en pick-up et en mini-van, et aussi à pied, bien sûr ! Que d’opportunités de faire des rencontres magnifiques, passionnantes, étonnantes et enrichissantes.
Ce voyage, je l’ai d’abord rêvé. Puis je l’ai préparé pendant des mois à force de documentation, de conseils et d’aides sur Voyage Forum, le rendez-vous des amoureux du voyage. J’ai changé souvent mon fusil d’épaule et finalement nous sommes partis, Daniel et moi avec nos sacs, nos dollars, notre guide Lonely Planet, quelques bonnes adresses, quelques réponses à nos attentes et pratiquement aucune réservation. Nous sommes revenus, le cœur emplis d’admiration et de sympathie pour ce peuple magnifique, et les yeux pleins d’images et de souvenirs inoubliables. Siem Reap : la cité des temples
Premier étonnement : notre arrivée à Siem Reap ! Nous avions quitté un village, il y a 10 ans, avec des routes en terre, d’anciennes maisons coloniales, quelques guesthouses et restaurants le long de la rivière. La visite et l’exploration des temples se faisaient alors à la façon des pèlerins d’antan. Aujourd’hui, Siem Reap est devenue une fierté nationale pour les Cambodgiens. C’est une ville dynamique avec ses grands hôtels avec spa, ses bars, ses nombreux restaurants, et, évidemment ses embouteillages de cars de touristes. Heureusement, nous avons retrouvé notre guesthouse qui s’est enrichi d’une piscine, bien agréable après les visites par 38°C à l’ombre, quand il y a de l’ombre !
Nous avons exploré pendant six jours les temples proches et les sites plus éloignés. Des styles et des époques d’une incroyable diversité. Il nous a fallu jongler avec le temps pour essayer d’éviter la foule et la cohue. Donc, départ à 6 heures tous les matins avec l’édition « Angkor, Cité khmère » sous le bras ! Fidèle au rendez-vous, Thor, notre tuk-tuk driver !
Notre programme de tous les jours : grimper les escaliers aux marches irrégulières, longer les sentiers qui mènent d’Angkor Vat à Angkor Thom, escalader les pierres et les racines de Ta Prohm. Nous nous sommes isolés au temple de Banteay Samré, magnifiquement conservé avec sa terrasse cruciforme. Nous avons flâné autour du Banteay Kdei, séduisant temple bouddhiste et petite version de Ta Prohm. Nous avons repris nos forces à Sray Srang, un lieu calme et reposant, pour terminer enfin par un très beau coucher de soleil au Pre Sup.
Puis nous avons parcouru à l’aube la campagne jusqu’à Banteay Srei, la citadelle des femmes avec sa délicatesse et la finesse de ses bas et hauts reliefs. Notre pénible montée par le joli sentier de 2 kms à travers la jungle de Kbal Spean a été récompensée par une baignade dans la rivière de lingas sculptés et dans les cascades qui l’entourent.
Par une route difficile nous avons rejoint Koh Ker, lieu qui semble abandonné dans les forêts du nord de Siem Reap. Là aussi se trouve, entre autre, le temple de Bang Mealea, envahi par une végétation luxuriante. C’est là que Jean Jacques Annaud a tourné le film « Deux Frères ». Plus loin, des temples du groupe de Roluos, avec l’élégant Preak Kô et le temple montagne de Bakong. Nous avons enfin terminé notre parcours Angkorien par Prasat Kravan, Ta Som, Preah Khan, Neak Pean.
On est sollicité sans cesse autour des temples. Mangues, bananes, ananas, boissons, livres, DVD et bracelets nous sont proposés partout par des enfants souriants et à qui il est très difficile de dire non ! Daniel, trempé par la chaleur, achète une belle collection de teeshirt d’Angkor à une vendeuse d’une dizaine d’année qui lui fait le reproche de retourner à son hôtel dans cet état ! Et comment ne pas craquer pour les bracelets de cette petite fille qui a débité en quelques secondes le nom de notre président, la capitale de la France et le nombre d’habitants, sans oublier Carla Bruni !!!
Il n’y a pas que des temples à voir à Siem Reap. Le nouveau musée National Angkor est fascinant et avec une technologie multimédia des plus sophistiquées : un voyage au travers de la gloire de l’histoire et de la civilisation khmère d’Angkor.
Les pagodes récentes de la ville contrastent avec les anciens temples et méritent aussi un peu de temps. Le Vat Dam Nak avec des jardins magnifiquement soignés et agencés et sa bibliothèque française en pleine effervescence. Dans le parc de la pagode, The Giant Puppet Project préparait la grande parade qui partant du Old Market a rejoint les jardins du Palais royal en longeant la rivière. Cette association permet aux enfants des écoles locales, des orphelinats et des enfants de la rue à s’exprimer à travers l’art. Tous ont défilé avec leur création de marionnettes immenses, papillons, chauves souris, singes etc. dans la joie et la bonne humeur. Un spectacle joyeux, spontané et plein de joie !
Et le soir se perdre dans Bar Street, particulièrement animé où tous se retrouve pour prendre un verre, savourer les cuisines du monde entier et se faire masser les pieds par pleins de petits poissons dans des grands aquariums.
Battambang, la petite ville au milieu de la campagne
La majeure partie de la population cambodgienne vit à la campagne et après une légère « overdose de temples », nous avons sillonné en moto, les chemins de terre des environs de Battambang pour découvrir les villages, les artisans, les champs et les vergers.
Le trajet en bateau au départ de Siem Reap traverse les villages flottants, des marécages, d’étroits chenaux et peut être un magnifique voyage. En saison sèche il peut devenir un véritable cauchemar ! On nous avait prévenu mais tant pis !
Un pick–up à 6h du matin fait la tournée des guesthouses et on s’entasse à 14 avec sacs à dos et nos valises. Le bateau semble très vieux et fragile. Des bancs en bois, durs et inconfortables servent de sièges passagers mais il y a plus de personnes sur le bateau que de places ! Un bruit d’enfer d’un moteur sans échappement et une chaleur insoutenable ! Et nous voilà partis pour un voyage de 9 heures !
A travers les villages flottants et les paysages magnifiques, le bateau s’arrête partout pour prendre les locaux, déposés par les barques qui nous accostent. Ils sont surchargés avec leur sacs à provisions, les poulets, la farine, les poissons, les fruits ! Au bout d’une heure le bateau était devenu le radeau de la Méduse ! Un vrai capharnaüm. Tout le long de la berge, des enfants s’amusent de nous voir et nous lancent de bruyants « hello » et s’empressent de nous montrer leurs prouesses dans l’eau. Nous croisons de nombreux longtails qui transportent de tout : la famille, les provisions, des matériaux de construction, etc…
A l’approche de Battambang, le niveau de la rivière est tellement bas que le bateau s’échoue plusieurs fois sur des bancs de sable.
Un trajet très éprouvant mais quel souvenir !!!
Les moyens de transports sont nombreux, variés et faciles au Cambodge. C’est certainement la meilleure façon de vivre avec la population, de partager et de participer à leur vie de tous les jours. Les voyages en bus sont assez folkloriques. Même si les déplacements deviennent plus faciles sur quelques rares routes goudronnées, les bus sont souvent près à rendre l’âme : compteurs kilométriques qui n’indiquent plus de chiffre (par peur ou par lassitude ?), la climatisation fièrement annoncée au moment de l’achat du billet ne fonctionne que si le moteur ne chauffe pas trop, et les pannes sont nombreuses. Nous avons vécu un éclatement spectaculaire d’un pneu en rase campagne ; tout le monde est descendu et a attendu au bord de la route, en plein soleil. Les pauses pipi se font en groupe, les hommes d’un coté de la route et les femmes de l’autre, sans gène ni pudeur !
Il n’y a pas d’arrêt de bus, il s’arrête n’importe où, les gens montent, d’autres descendent, et quand il n’y a plus de places, on en retrouve ! Assis sur les marches, dans les allées, ou à trois sur un même siège, rien n’est un problème. Les Cambodgiens s’adaptent à toutes les situations, grands et petits ont une patience et une nonchalance étonnantes. Les enfants mangent, dorment, sourient et passent des heures dans les transports sur les genoux des parents sans se plaindre.
Nos enfants ont là une leçon à apprendre quand ils se plaignent juste pour traverser Paris !!!
Autres moyens de sillonner les routes de province : les minibus. Ils sont bon marché et souvent bondés. On nous conseille d’acheter une place supplémentaire pour voyager confortablement pour le trajet de Kratie à Ban Lung, route longue et pénible. Excellent conseil car nous nous sommes retrouvés à 21 personnes avec le chauffeur dans un minibus de 9 places ! Nous étions avec un américain à trois sur une banquette de quatre place et nous étions quelque peu gênés de voir les Cambodgiens assis en quinconce les uns sur les autres qui sympathisaient avec nous en nous gratifiant de grands sourires.
Les longtails naviguent sur toutes les rivières, lacs et cours d’eau. Ils sont bruyants mais les emprunter reste pratique et agréable. Ils nous permettent de visiter des villages des minorités sur les rives du Tonlé San, le village flottante de Kompong Khleang sur le Tonlé Sap. Au-delà de son histoire sinistre Kampong Poy ou Barrage de la Mort qui servait aux khmers rouges à éliminer les ennemis de la révolution, est devenu un lieu de ballade pour les Cambodgiens avec son immense jardin de lotus et ses fermes de pêcheurs perchés sur pilotis. Encore des aventures : alors que nous étions arrêtés pour admirer un magnifique coucher du soleil le batelier a rompu le fil du démarreur. Alors qu’il commence à ramer pour rentrer, mais avec une seule rame la technologie nous sauve. Il appelle avec son portable un copain qui vient nous secourir avec son bateau. En arrivant près de notre embarcation, il casse son gouvernail et finalement tombe en panne d’essence ! Nous revenons finalement au bord du lac avec un bon fou rire quelque peu nerveux mais qui clôturera joyeusement cette journée tourmentée !
Un autre moyen de transport excitant : le moto-dop (guide-conducteur et moi en passager) et Daniel seul sur une autre moto. C’est ainsi que nous avons traversé la campagne sur des pistes avec les nids de poules énormes, des chemins en terre dans lesquels les roues de la moto s’enfonçaient, avec une poussière qui s’infiltre partout, dans les cheveux, les narines, les oreilles. Les masques chirurgicaux, tant prisées par les Asiatiques, feront dorénavant partie de nos accessoires indispensables.
Que de bons moments autour de Battambang, avec les paysans dans leur champs et les femmes qui viennent nous accueillir à l’entrée de leur village. Elles rient de bon cœur en étant impressionnées par le ventre de Daniel, mes rondeurs et la taille de mes seins !
Et au détour d’un chemin, ce merveilleux mariage Khmer sous un énorme chapiteau. Sans manières, nous sommes cordialement invités à y participer. Les gens insistent pour que nous prenions des photos et des films. Nous sentons très bien leur envie de partager avec nous leur joie et leur bonheur. Nous admirons les magnifiques costumes colorés des mariés avec leurs garçons et demoiselles d’honneur. On nous invite à nous asseoir avec eux et leur hospitalité et amitié, toutes simples nous fait si chaud au cœur.
A Battambang, nous avons passé trois jours chez Sam, jeune franco –khmer qui est retourné au pays où il a aménagé la maison familiale avec trois chambres pour ses hôtes. Il nous a fait découvrir sa ville et les alentours en évitant totalement les circuits touristiques classiques. Sam a su partager avec nous l’amour de son pays. Son enthousiasme et sa gentillesse nous a rendu ce séjour inoubliable. Nous avons vécu des moments d’intense émotion : la sortie par milliers des chauves souris de la montagne, le ballet des cormorans et des aigrettes au soleil couchant, des familles chinoises et vietnamiennes qui nous invitent pour le nouvel an et la fête de Têt. On brûle avec elles de faux billets de banques, des dollars, francs et euros pour se remémorer nos ancêtres disparus. Nous goûtons aussi des mets cambodgiens sur le bord des chemins: du rat et les blettes grillés, des œufs de canard avec, à l’intérieur, l’embryon, ses plumes et son bec, des gâteaux de bambous au lait de coco, de riz gluant et des haricots noirs, des galettes de riz et de l’alcool de palme. Je retrouve encore l’odeur inoubliable de la pâte à poisson fermentant dans les cuves géantes, difficile à supporter !
Un peu en dehors de la ville, nous empruntons le Bamboo train sur lequel nous avons placé nos motos. Nous nous sommes bien cramponnés pour filer à travers la campagne avec ce train original dans claquement métallique et infernal des rails à peine parallèles.
Ban Lung : le pays de la Terre Rouge
La province de Ratanakiri est réputée pour la beauté de ses sites naturels mais aussi pour ses routes en très mauvais état ! Pendant la saison sèche, les routes sont envahies par une poussière ocre d’où le surnom de la région : « Terre rouge». Nous étions très vite recouverts de cette couleur de la tête aux pieds. Seule une grosse brosse à chiendents peut nous aider à retrouver une apparence humaine normale !
J’ai grimpé sur la moto de Lena, notre guide et Daniel a emprunté la moto de sa femme. C’est ainsi que nous avons visité des villages où vivent plusieurs minorités. On a garé nos motos et on s’est baigné dans le lac volcanique de Yeak Lom malgré les mystérieuses créatures peuplant les eaux selon les légendes des ethnies locales. Nous nous sommes recueillis dans les cimetières noyés dans la jungle. Les morts sont enterrés et leurs tombes sont entourées de sculptures en bois les représentant dans leurs activités durant leur vie.
Les ethnies vénèrent les esprits de la Terre, du Ciel et de leurs ancêtres. Le village que notre guide visite d’habitude a eu trop de malédictions récemment et les habitants du village sont persuadés que les étrangers en passant dans leur cimetière ont dérangé ces esprits. Lena nous emmène dans un village qu’il n’a jamais visité. Nous payons l’entrée dans le village, nous payons pour prendre des photos, nous sommes étroitement surveillés et on nous accompagne partout. Nous sommes également priés d’acheter un paquet de biscuit dans une boutique du village pour honorer les esprits et mettre des offrandes sur les tombes des ancêtres. Finalement, c’est notre surveillant du village qui a mangé tout le paquet !!! Je n’apprécie pas trop cet accueil et Lena non plus et il décide de ne plus revenir avec ses touristes. L’avantage est que nous étions toujours seuls, pas de Coréens ou d’américains dans ces contrées si primitives ! Si ces visites sont toujours intéressantes, souvent j’éprouve une certaine gêne, un sentiment de voyeurisme qui me met mal à l’aise.
Nous n’y avons pas fait de trek mais nous avons pris une douche tonique dans les cascades de Chaa Ong Ka tieng et Kinchaan. Nous avons aussi cherché des améthystes et du zircon dans les mines de pierres précieuses qui sont exploitées sur les bords des routes.
A Ban Lung nous avons logé dans la villa en bois de l’ancien gouverneur de Ban Lung, devenu le « Lodge des Terres Rouges », une oasis de calme et de sérénité, dans un grand jardin luxuriant de belles plantes, fleurs et orchidées sauvages et décoré de totems Jaraï.
Les mariés de la région viennent pour des séances de photos dans ces jardins et autour de la magnifique piscine. Pour moi, massages tous les soirs dans le somptueux spa de l’auberge. Nous avons diné un soir avec Lena et sa femme, qui ne parle pas anglais, qui, une fois passée sa timidité du premier contact, s’est avérée être une jeune femme souriante et curieuse de notre mode de vie. Que des moments de grand bonheur.
Kratie : les dauphins d’eau douce
On aurait pu se passer de notre journée à Kratie sans grand intérêt mais qui nous a permit de faire une pause. Nous avons parcouru la campagne et visité quelques pagodes en moto. Nous avons navigué sur le Mékong pour voir les quelques rares dauphins de l’Irrawaddy et de très beaux paysages tout le long des berges.
Là encore quelques belles rencontres.
Les jeunes lycéens viennent sur les berges au moment du coucher du soleil. Ils engagent la conversation dans le but de pratiquer leur anglais. C’était le cas de ces deux jeunes garçons de 17 ans, en dernière année du lycée, qui habitent à 20 kms de Kratie et retournent chez eux pour le weekend. Ils ont déjà un très bon niveau d’anglais et souhaitent continuer leurs études en langues. Mais les frais de scolarité (300$ pour l’année) et la vie à Phnom Penh, où ils devraient poursuivre leurs études, représentent une somme trop importante pour leurs familles. Les bourses sont rares et souvent ne suffisent pas. Une autre jeune fille de 12 ans s’approche de nous pour discuter et nous invite à venir manger chez ses parents. Daniel et moi, fan de l’émission d’Antoine de Maximy « J’irai dormir chez vous » nous amusons de cette invitation. Elle parle très bien l’anglais et elle nous demande de l’aider à acheter un dictionnaire pour ses études en lui donnant un peu d’argent. Je lui propose d’aller l’acheter directement. Elle est très étonnée et semble si heureuse. Malheureusement il est déjà tard et la librairie est fermée. Elle n’était pas au rendez vous que nous avions fixé pour le lendemain. J’étais vraiment très triste de ne pas pouvoir l’aider.
Nous sommes monté sur le Phnom Sombok (300marches) où j’ai faillit avoir une insolation. Deux nonnes discutent et nous nous arrêtons pour nous reposer à côté d’elles. L’une, sans âge, fume sa cigarette comme si elle fumait un joint et l’autre prend soin de moi en me faisant de l’air avec son éventail. Notre conversation est très limitée car elles ne parlent que le khmer mais, comme d’habitude, nous échangeons sourires et signes de sympathie. Elles nous permettent de les photographier, des modèles hors du temps.
Phnom Penh : La renaissance d’une capitale
Phnom Penh est une ville fascinante où richesse et pauvreté se côtoient à chaque coin de rue. Les mendiants sont nombreux, adultes et enfants mutilés, souvent victimes des mines,
blessés pendant la guerre ou en travaillant et en jouant dans les champs. En haillons ils dorment directement sur le sol le long du Mekong. Triste spectacle.
La ville s’éveille dès 6 heures du matin avec les bruits intenses d’une vie quotidienne trépidantes. Le soir l’animation est entretenue par les cocktails des happy hours et un amok délicieux dans un bon restaurant khmer.
Les nombreux bâtiments du Palais Royal dominent la ville de leurs flèches étincelantes. Dans les jardins luxuriants du Palais, des pagodes couvertes de dorures et la pagode d’Argent qui brille de mille feux au soleil. Le musée national renferme une magnifique collection de sculptures khmères et les salles ouvertes sur un très joli patio qui permet de se reposer à l’ombre des frangipaniers et de faire de nouvelles rencontres.
Le Happy Hour au FCC (Foreign Correspondants Club) sur le quai est une étape incontournable. Fréquenté par les expatriés du monde entier, sa terrasse offre une vue imprenable sur le Tonlé Sap qui se jette lentement dans le Mekong. L’ambiance y est agréable, confortable, très « coloniale ».
Le somptueux Hôtel Le Royal (du groupe Raffles) est imprégné de son passé glorieux et cela se ressent aussi bien dans son style, sa décoration que dans le service. Y prendre un café ou un jus de fruit et se reposer après une longue promenade dans le centre ville est un moment de grand délice.
Le Vat Phnom, site de mille légendes, se dresse sur la seule colline de la ville et nous nous trouvons plongés parmi toutes les festivités du Nouvel An Chinois. Beaucoup sont venus pour prier et pour porter des offrandes : guirlandes de jasmins, fruits, morceaux de viande et os, dégoulinant de graisse que l’on offre aux lions qui gardent l’escalier, les nombreuses statues disséminées sur le chemin qui mène au sommet de la colline, les esprits gardiens aux allures terrifiantes, Vishnou et Nâga. Les vendeurs d’oiseaux sollicitent les visiteurs pour faire des offrandes et les libérer. Surprenant, si l’on observe ce manège, on se rend compte qu’ils sont dressés à revenir dans leur cage ! D’énormes tables sont dressées couvertes de nourriture, de boissons et de billets de banque. Il faut croire que les esprits sont particulièrement gourmands !!!
Le Psar Tuol Tom Pong ou le marché russe grouille de monde et se trouve être un des meilleurs endroits pour acheter des souvenirs et des vêtements. On trouve de tout : objets d’artisanat, des soieries, des bijoux, des instruments de musique, de la maroquinerie, des contrefaçons de tout genre plus une multitude de marchands allant du tailleur au vendeur de pneu, de quincailler aux esthéticiennes. Très amusant et un lieu incontournable !
Le S-21 ou le musée Tuol Sleng est un témoignage des atrocités commises par les Khmer rouges. Comme à Auschwitz la banalité de l’endroit rend la visite très éprouvante. Le film « Bophana » (1996), le documentaire du réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh est projeté tous les jours sur place, relatant l’histoire de la révolution Khmer Rouge et racontant le pays transformé en « une prison sans mur ». Ce régime priva les Cambodgiens de ce à quoi ils tenaient le plus : la famille, la nourriture, la terre et la foi. Le génocide a fait plus de deux millions de victimes.
Le Cambodge se reconstruit aujourd’hui mais il y a encore du chemin à faire. Les gens sont heureux et souriants mais vivent encore avec le souvenir de l’horreur des années du régime khmer rouge et évoquent souvent leurs tragédies personnelles, leurs familles décimées et les souffrances endurées. Générations anciennes et nouvelles vivent avec ce traumatisme. La vie est difficile pour les Cambodgiens et le pays reste l’un des plus pauvres d’Asie. Les revenus de nombreux Cambodgiens stagnent, les maigres salaires ne leur permettent pas de vivre décemment. Et malgré des années de massacres, de misère et d’instabilité politique ils on gardé le sourire. On ne peut quitter les splendeurs du Cambodge sans un sentiment d’affection et d’admiration pour son peuple. Et selon les différentes facettes que l’on découvre, le Cambodge a deux visages: un pays qui enchante et déconcerte à la fois, le yin et le yang du Cambodge.
Février/Mars 2010
Je reviens d'un mois en Birmanie, sac à dos, ghest houses mini prix, à suivre ma routarde de fille. (elle voyage 1 an la veinarde !)
Trop bien ! Je ne parle pas de politique (nous avons eues qq aperçus désagréables), mais du peuple, des contacts, des aventures de transport (train incroyable, bus, mini bus bondés, trishaw, moto...), de notre guide pour le treck ...
Par contre, j'ai passé 10 jours au Cambodge (un peu court, mais c'est la faute de Bangkok !!!) . Bien sûr, Ankor est magnifique. Bien sûr, Phnom Penh est super interessant, mais j'ai moins aimé le contact avec la population, du moins la population avec laquelle nous devions avoir un rapport commercial.
J'aimerais avoir votre avis car je ne veux pas rester sur une mauvaise impression, n'étant pas restée suffisemment longtemps pour arrèter mon jugement. Merci de me répondre. Amitiés MF
Trop bien ! Je ne parle pas de politique (nous avons eues qq aperçus désagréables), mais du peuple, des contacts, des aventures de transport (train incroyable, bus, mini bus bondés, trishaw, moto...), de notre guide pour le treck ...
Par contre, j'ai passé 10 jours au Cambodge (un peu court, mais c'est la faute de Bangkok !!!) . Bien sûr, Ankor est magnifique. Bien sûr, Phnom Penh est super interessant, mais j'ai moins aimé le contact avec la population, du moins la population avec laquelle nous devions avoir un rapport commercial.
J'aimerais avoir votre avis car je ne veux pas rester sur une mauvaise impression, n'étant pas restée suffisemment longtemps pour arrèter mon jugement. Merci de me répondre. Amitiés MF
Bonjour,
Après un premier voyage réalisé au Cambodge en 2012 et qui m'avait bien plu, l'idée de retourner un jour dans ce pays était certes présente dans mon esprit mais rien de très concret ne se dessinait vraiment. Finalement, ce retour au Cambodge a eu lieu cette année, au mois de mars précisément.
Le fil de discussion que j'avais initié à l'issue de mon premier voyage a été retiré à ma demande pour éviter les doublons et je repars cette fois avec un nouveau fil qui tente une synthèse en images, un bien grand mot à vrai dire.
Par manque de courage et surtout de temps, je renonce à l'écriture d'un carnet. Les images présentées successivement dans ce fil, sont de deux sortes : noir et blanc argentique, puis couleur numérique. Cela va faire jaser les puristes ; je les vois déjà hors des gonds...🏴☠️
Les images sont associées à des légendes et/ou des commentaires sobres et factuels. Néanmoins, je serai un peu plus bavard tout à la fin pour mes impressions et mon ressenti sur ce voyage 2017.
Il est facile de voyager au Cambodge. En particulier, il est aisé de s'y déplacer et d'y trouver un logement à sa convenance. Aussi, je n'ai pas prévu de communiquer sur des détails pratiques en matière de logistique, de transport et d'hébergement. De nombreuses discussions existent déjà sur ces sujets sur VF, récentes, étayées, et qu'on peut retrouver par une brève recherche par mots-clés.
En 2012, venant du sud Laos par un poste frontière terrestre, j'ai débuté la visite du Cambodge par Stung Treng. L'itinéraire a été ensuite le suivant : Stung Treng (ville d'arrivée dans le pays), Ban Lung et environs, Kompong Cham et environs, Phnom Penh, Kep et Kampot, Retour à Phnom Penh, Kompong Chnnang et environs, Battambang et environs, Siem Reap et environs, Kompong Thom et environs, Retour à Phnom Penh.
Ce séjour a duré huit semaines.
En 2017, l'itinéraire a été le suivant : Phnom Penh (arrivée par l'aéroport), Kep et Kampot, Chi Pat et environs, Battambang et environs, Siem Reap et environs (départ par l'aéroport).
Ce séjour a duré trois semaines.
Au plan photographique, j'ai utilisé uniquement des objectifs courts, un pour le noir et blanc, un pour la couleur. Ce fut un choix qui limita forcément mais je finis par m'y habituer. Comme je l'ai évoqué précédemment, je suis revenu un peu au noir et blanc après l'avoir délaissé pendant plusieurs années. Un verre de visée japonais d'une grande clarté et une paire de lunettes pour vision de près sont les deux éléments déterminants qui m'ont donné envie de revenir au noir et blanc argentique.
Au cours de ce voyage et surtout au retour après l'examen des négatifs, je suis arrivé à la même conclusion pour le N&B que s'il se fut agi d'images numériques en couleur : on n'a jamais cessé d'en apprendre sur son appareil photo, même lorsque celui-ci paraît simple d'utilisation. Pour être plus exact, on n'a jamais fini d'en apprendre sur l'objectif qui est vissé dessus. D'où l'intérêt de bien (voire très bien) connaître le comportement de son objectif avant de se lancer dans la photo pour de bon, je veux dire pour des images auxquelles on tient.
Indépendamment de ce constat, je regrette que sur certains sites d'Angkor, il ne m'ait pas été autorisé l'usage du trépied. Mon objectif d'appareil chargé en N&B aurait alors pu donner le meilleur de lui-même. Cela n'a pas été le cas mais je comprends la position des gardiens des sites. Pour les images en couleur, le fait d'avoir été "empêché" d'utiliser le trépied a été moins perturbant qu'en N&B.
Il me semble avoir lu ici-même, venant de voyageurs photographes éclairés, qu'un voyage d'une durée normale (que je suppose de l'ordre de deux à trois semaines) doit déboucher sur un maximum de trente à quarante images à présenter après une sélection rigoureuse, ceci pour être raisonnable et pour épargner au lecteur, la médiocrité.
Je crois avoir procédé à une sélection rigoureuse de mes images, mais sans avoir pu respecter cette borne haute d'une quarantaine d'images. Il y en aura un peu plus. Il faut dire que les deux séjours cumulés totalisent onze semaines, avec , je le concède, des sites visités deux fois à cinq ans d'intervalle. Il n'empêche, à cet égard, je ne serai pas du tout raisonnable. Mais on s'éloigne déjà du sujet qui est le Cambodge. Place donc aux images et à quelques N&B, pour commencer. A suivre
Après un premier voyage réalisé au Cambodge en 2012 et qui m'avait bien plu, l'idée de retourner un jour dans ce pays était certes présente dans mon esprit mais rien de très concret ne se dessinait vraiment. Finalement, ce retour au Cambodge a eu lieu cette année, au mois de mars précisément.
Le fil de discussion que j'avais initié à l'issue de mon premier voyage a été retiré à ma demande pour éviter les doublons et je repars cette fois avec un nouveau fil qui tente une synthèse en images, un bien grand mot à vrai dire.
Par manque de courage et surtout de temps, je renonce à l'écriture d'un carnet. Les images présentées successivement dans ce fil, sont de deux sortes : noir et blanc argentique, puis couleur numérique. Cela va faire jaser les puristes ; je les vois déjà hors des gonds...🏴☠️
Les images sont associées à des légendes et/ou des commentaires sobres et factuels. Néanmoins, je serai un peu plus bavard tout à la fin pour mes impressions et mon ressenti sur ce voyage 2017.
Il est facile de voyager au Cambodge. En particulier, il est aisé de s'y déplacer et d'y trouver un logement à sa convenance. Aussi, je n'ai pas prévu de communiquer sur des détails pratiques en matière de logistique, de transport et d'hébergement. De nombreuses discussions existent déjà sur ces sujets sur VF, récentes, étayées, et qu'on peut retrouver par une brève recherche par mots-clés.
En 2012, venant du sud Laos par un poste frontière terrestre, j'ai débuté la visite du Cambodge par Stung Treng. L'itinéraire a été ensuite le suivant : Stung Treng (ville d'arrivée dans le pays), Ban Lung et environs, Kompong Cham et environs, Phnom Penh, Kep et Kampot, Retour à Phnom Penh, Kompong Chnnang et environs, Battambang et environs, Siem Reap et environs, Kompong Thom et environs, Retour à Phnom Penh.
Ce séjour a duré huit semaines.
En 2017, l'itinéraire a été le suivant : Phnom Penh (arrivée par l'aéroport), Kep et Kampot, Chi Pat et environs, Battambang et environs, Siem Reap et environs (départ par l'aéroport).
Ce séjour a duré trois semaines.
Au plan photographique, j'ai utilisé uniquement des objectifs courts, un pour le noir et blanc, un pour la couleur. Ce fut un choix qui limita forcément mais je finis par m'y habituer. Comme je l'ai évoqué précédemment, je suis revenu un peu au noir et blanc après l'avoir délaissé pendant plusieurs années. Un verre de visée japonais d'une grande clarté et une paire de lunettes pour vision de près sont les deux éléments déterminants qui m'ont donné envie de revenir au noir et blanc argentique.
Au cours de ce voyage et surtout au retour après l'examen des négatifs, je suis arrivé à la même conclusion pour le N&B que s'il se fut agi d'images numériques en couleur : on n'a jamais cessé d'en apprendre sur son appareil photo, même lorsque celui-ci paraît simple d'utilisation. Pour être plus exact, on n'a jamais fini d'en apprendre sur l'objectif qui est vissé dessus. D'où l'intérêt de bien (voire très bien) connaître le comportement de son objectif avant de se lancer dans la photo pour de bon, je veux dire pour des images auxquelles on tient.
Indépendamment de ce constat, je regrette que sur certains sites d'Angkor, il ne m'ait pas été autorisé l'usage du trépied. Mon objectif d'appareil chargé en N&B aurait alors pu donner le meilleur de lui-même. Cela n'a pas été le cas mais je comprends la position des gardiens des sites. Pour les images en couleur, le fait d'avoir été "empêché" d'utiliser le trépied a été moins perturbant qu'en N&B.
Il me semble avoir lu ici-même, venant de voyageurs photographes éclairés, qu'un voyage d'une durée normale (que je suppose de l'ordre de deux à trois semaines) doit déboucher sur un maximum de trente à quarante images à présenter après une sélection rigoureuse, ceci pour être raisonnable et pour épargner au lecteur, la médiocrité.
Je crois avoir procédé à une sélection rigoureuse de mes images, mais sans avoir pu respecter cette borne haute d'une quarantaine d'images. Il y en aura un peu plus. Il faut dire que les deux séjours cumulés totalisent onze semaines, avec , je le concède, des sites visités deux fois à cinq ans d'intervalle. Il n'empêche, à cet égard, je ne serai pas du tout raisonnable. Mais on s'éloigne déjà du sujet qui est le Cambodge. Place donc aux images et à quelques N&B, pour commencer. A suivre
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people. So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom. That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver. Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.

At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.

That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people. So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom. That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver. Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.

At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.

That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Laos, un bout du nord à pied, chroniques expresses, mais sauvages !
~
De l'opium pour le bébé ! (chez les Akha) De l'opium pour le défunt ! (chez les Hmong)
~
Cette année-là je parcourus durant un mois, comme à mon habitude uniquement à pied, une des régions les plus reculées et les plus méconnues du Nord-Laos, une région restée particulièrement sauvage et située aux marges de la fascinante province septentrionale de Phongsaly. La zone concernée est un territoire frontalier montagnard très peu peuplé, et dont les hauteurs sont occupées essentiellement par des groupes des ethnies Hmong et Akha Loma. C'est en la seule compagnie de ces deux groupes de populations, allant de l'un à l'autre au gré de mes pérégrinations, que je résidai durant cette trentaine de jours. Ces courtes chroniques relatent quelques petites scènes et évènements observés ou vécus à cette occasion sur les sentiers ou dans les villages. Ce séjour s'est déroulé au cours des mois de juillet et août, c'est-à-dire au plus fort de la saison des pluies.
~
De l'opium pour le bébé ! (chez les Akha) De l'opium pour le défunt ! (chez les Hmong)
~
Cette année-là je parcourus durant un mois, comme à mon habitude uniquement à pied, une des régions les plus reculées et les plus méconnues du Nord-Laos, une région restée particulièrement sauvage et située aux marges de la fascinante province septentrionale de Phongsaly. La zone concernée est un territoire frontalier montagnard très peu peuplé, et dont les hauteurs sont occupées essentiellement par des groupes des ethnies Hmong et Akha Loma. C'est en la seule compagnie de ces deux groupes de populations, allant de l'un à l'autre au gré de mes pérégrinations, que je résidai durant cette trentaine de jours. Ces courtes chroniques relatent quelques petites scènes et évènements observés ou vécus à cette occasion sur les sentiers ou dans les villages. Ce séjour s'est déroulé au cours des mois de juillet et août, c'est-à-dire au plus fort de la saison des pluies.
Bonjour,
Après la lecture de quelques guides, d'un certain nombre de blog et de ce site je souhaiterais avoir votre avis sur le planning suivant: https://1drv.ms/x/s!AhtQ0vHnySHHuXxLnfDY4eMvrbuA
Le planning est relativement détaillé jusqu'à Battambang, je dois encore travaillé sur la suite mais comme le temps passe je souhaiterai avoir vos avis sur l'agencement général du séjour afin de pouvoir déjà réserver les logements.
Pour le contexte, c'est un premier voyage en Asie et nous préférons prendre notre temps quitte à voir moins de chose.
Merci, Yannick
Après la lecture de quelques guides, d'un certain nombre de blog et de ce site je souhaiterais avoir votre avis sur le planning suivant: https://1drv.ms/x/s!AhtQ0vHnySHHuXxLnfDY4eMvrbuA
Le planning est relativement détaillé jusqu'à Battambang, je dois encore travaillé sur la suite mais comme le temps passe je souhaiterai avoir vos avis sur l'agencement général du séjour afin de pouvoir déjà réserver les logements.
Pour le contexte, c'est un premier voyage en Asie et nous préférons prendre notre temps quitte à voir moins de chose.
Merci, Yannick
bonjour , j ai entendu parlais qu il y aurait un bamboo train a phnom penh ??
comme a battambang... j aimerais trouver des infos sur cette endroit...
ou il se trouve a pe prés ?? si , il existe encore , vu qu il parlais de fermer le bamboo train pour relancer le rail au cambodge , ect..
je suis preneur de toutes infos sur le bamboo train au cambodge , merci d avance... a tous...🙂
Nous voilà au Cambodge:
Les formalités du visa on arrival ont été rondement menées et un panneau Villa Koh Dach tenu par notre chauffeur de tuk tuk nous rassure tout de suite, nous sommes bien attendus! Il nous faudra pas mal de temps pour rejoindre une île sur le Mékong où nous allons passer les premiers jours. À peine sortis de l'aéroport, nous voilà plongés dans la circulation de Phom Penh Nous sommes en pleine heure de pointe! Après 24 heures quasi de voyage nous sommes bien contents d'arriver dans notre Guest House, au calme dans cette île, si proche de la capitale.
L'île de la Soie est spécialisée dans le tissage, les familles ont un métier à tisser sous l'habitation. Ici, les maisons sont souvent sur pilotis. Ils tissent maintenant essentiellement des kramas en coton. Le krama est l'écharpe khmer traditionnelle. Un krama tissé main 2€!
Nous nous ferons directement copains avec un couple de français, il est sculpteur, elle peint, le courant passe immédiatement et nous passerons la journée du lendemain à nous promener à vélo avec eux.
Quelques vues de notre balade plus bas.
La plage au bout de l'île est paraît il très fréquenté le weekend par les habitants de la capitale. Là il fait trop froid 27°!, seules les vaches locales apprécient, nous nous plaisons à les regarder se faire étriller vigoureusement dans l'eau, un petit plongeon et elles ressortent toutes propres.
Le lendemain, nous visiterons à nouveau l'île à moto cette fois avec Roger qui nous donnera moultes explications sur son île mais aussi sur le Cambodge qu'il connaît très bien. C'est un bon professeur nous repartirons de chez lui avec plein d'informations. Nous serions bien restés une nuit de plus, on était bien dans cette GH et miam les petits plats mijotés maisons...
J'avais, déjà réservé notre hotel à Phnom Pen et donc une petite heure de tuk tuk et nous sommes dans la capitale.
Le bruit, la circulation, la capitale est très animée, on se plait à la découvrir. Nous serons déçus par notre visite au Palais Royal mais enchantés par le musée. Nous déambulerons dans les différents marchés toujours si colorés en Asie. On ira au S21 mais j'avoue avoir suivit la visite de loin.
A Phnom Pen, le Tonlé Sap se jette dans le Mékong. Le Tonlé Sap est un immense lac qui gonfle et dégonfle en fonction de la mousson, au point de renverser complètement son cours. Pour le moment, c'est la saison sèche et le lac se vide dans le Mékong.
Une belle promenade longe le Mékong où évoluent toutes sortes d'embarcations dont les bateaux de croisières. La vie le soir y est très locale, on y fait de la gym en musique, les gens s'y baladent et il n'y a pas que les touristes pour profiter de la douceur du soleil couchant.
Deux vues de Kohdach ou île de la Soie:


Dôme du central market de PP

De Phom Pen nous avons pris le bus pour aller dans une petite ville sur le Tonlé Sap (Kampong Chhnang), avec des villages flottants, et aussi sur les berges les maisons sur pilotis. Le niveau de l'eau monte et descend de 3 à 4m à chaque mousson. On s'est fait promener en barque dans un village flottant. Notre chouette chauffeur de tuk tuk nous attendra pendant notre petit tour en barque.

Aux alentours de cette ville il y a aussi une vieille tradition de poteries. Comme d'habitude chaque famille est spécialisée dans un modèle.
Le camion est presque chargé...

Déjà, une semaine d'écoulée. Les Cambodgiens sont super adorables, pas de mendicité ou si peu. Les enfants ne cessent de nous saluer de "hello". On mange bien et si eux ont un peu froid, l'hiver est dur... pour nous c'est l'idéal, la t° descend même sous les 20° la nuit! Cependant les clims dans les bus sont redoutables et nous ne nous sommes pas méfiés, mon mari va attrapper une bronchite fameuse et il arrivera à Battambang bien mal en point. Nous avions encore une hésitation pour prendre le bateau afin de rejoindre Siem Reap, les conditions de conforts étant, on le sait très mauvaise, nous renoncerons pour choisir le bus et cette fois le polar avec nous. À Siem Reap, nous dormirons à la Sérénité GH. Bien au calme. Nous achetons notre pass de 3 jours et le premier soir on va faire prendre contact avec le site pour le coucher du soleil. Le lendemain on visitera doucement nos 3 premiers temples mais Richard ne va pas bien, on rentrera début d'ap. Midi à la GH et demain repos. En fait ce sera 3 jours d'arrêt forcés, heureusement Iza et Patrick sont très attentifs et mon mari aura l'occasion de se retaper calmement. Nous finirons de visiter Angkhor bien calmement plus tard. il y a plein de messages sur VF sur le site, aussi je ne décrirais pas plus que ça les temples. Cependant, le dernier jour nous le ferons avec un chauffeur de Tuk Tuk exceptionnel et francophone, connaissant parfaitement les temples et poête en plus, une superbe rencontre. Nous quiterrons Siem Reap pour un long voyage en bus vers Kampon Cham sur le Mékong. Chouette ville alanguie et calme. Nous louerons une moto pour la journèe, afin de visiter les alentours. 5$ Plus l'essence, le trafic est calme et c'est bien agréable de se déplacer indépendamment. Nous irons bien sûr voir le pont en bambou, reconstruit chaque annèe après la mousson. Partout, on reçoit un plan de tout ce que l'on peut voir dans la région et les tuk tuk sont nombreux à vous proposer de vous emmener. Nous dormirons au Daly Hotel: impécable, même une vraie douche avec porte vitrèe... Il faut savoir qu'en général la douche est directe dans la salle de bain, si bien que toute la sdb est innondée et quand celle ci est petite ce n'est pas toujours très confortable. Nous continuons à remonter le Mékong vers Kratie, d'où j'écris ce petit carnet de voyage. Kratie c'est un peu Kampon Cham en plus petit et aussi un peu plus fréquenté par les touristes car d'ici on peut partir plus à l'est dans les montagnes, où nous n'irons pas mais des touristes que nous avons croisés semblaient satisfaits de leur crochet. À Kratie, il y a plusieurs balades à faire. Tout est bien documentées dans les GH, ici il est facile et agréable de se déplacer en vélo. Nous avons pris un petit ferry qui nous a emmené sur l'île en face où nous avons donc loué des vélos pour en faire trés tranquillement le tour. Petit village flottant aperçu depuis le bout de l'île:

Il y avait encore des belles promenades à vélo ou tuk à faire dans le coin mais nous décidons qu'il est temps de rejoindre le Laos. Nous réservons donc via notre GH le transfert en minivan jusqu'à Stung Treng puis bus jusqu'au Laos. La route jusqu'à Stung Treng est un enfer, une piste en mauvais état on est entassé à 20 dans un minivans pour 12 pers. Les bagages empillés à l'arrière ramassent toute la poussière. Bien entendu on va crever mais c'est presque un soulagement d'attendre sur le bord de la route la réparation du pneu

À Stubg Treng, donc changement pour un vrai bus. Dans le bus un type nous donne tous les documents pour le visa et nous nous laissons faire, alors que nous savons que c'est l'arnaque. Tout semble aller de soi et donc nous paierons la corruption des douaniers et le boulot du type. Donc si vous me lisez, soyez fermes si vous voulez épargner 6$ par passeport? les 2$ de sortie et 3$ d'entrès sont ceux là inévitable!
À bientôt donc pour nos péripéties au Laos.


Dôme du central market de PP

De Phom Pen nous avons pris le bus pour aller dans une petite ville sur le Tonlé Sap (Kampong Chhnang), avec des villages flottants, et aussi sur les berges les maisons sur pilotis. Le niveau de l'eau monte et descend de 3 à 4m à chaque mousson. On s'est fait promener en barque dans un village flottant. Notre chouette chauffeur de tuk tuk nous attendra pendant notre petit tour en barque.

Aux alentours de cette ville il y a aussi une vieille tradition de poteries. Comme d'habitude chaque famille est spécialisée dans un modèle.
Le camion est presque chargé...

Déjà, une semaine d'écoulée. Les Cambodgiens sont super adorables, pas de mendicité ou si peu. Les enfants ne cessent de nous saluer de "hello". On mange bien et si eux ont un peu froid, l'hiver est dur... pour nous c'est l'idéal, la t° descend même sous les 20° la nuit! Cependant les clims dans les bus sont redoutables et nous ne nous sommes pas méfiés, mon mari va attrapper une bronchite fameuse et il arrivera à Battambang bien mal en point. Nous avions encore une hésitation pour prendre le bateau afin de rejoindre Siem Reap, les conditions de conforts étant, on le sait très mauvaise, nous renoncerons pour choisir le bus et cette fois le polar avec nous. À Siem Reap, nous dormirons à la Sérénité GH. Bien au calme. Nous achetons notre pass de 3 jours et le premier soir on va faire prendre contact avec le site pour le coucher du soleil. Le lendemain on visitera doucement nos 3 premiers temples mais Richard ne va pas bien, on rentrera début d'ap. Midi à la GH et demain repos. En fait ce sera 3 jours d'arrêt forcés, heureusement Iza et Patrick sont très attentifs et mon mari aura l'occasion de se retaper calmement. Nous finirons de visiter Angkhor bien calmement plus tard. il y a plein de messages sur VF sur le site, aussi je ne décrirais pas plus que ça les temples. Cependant, le dernier jour nous le ferons avec un chauffeur de Tuk Tuk exceptionnel et francophone, connaissant parfaitement les temples et poête en plus, une superbe rencontre. Nous quiterrons Siem Reap pour un long voyage en bus vers Kampon Cham sur le Mékong. Chouette ville alanguie et calme. Nous louerons une moto pour la journèe, afin de visiter les alentours. 5$ Plus l'essence, le trafic est calme et c'est bien agréable de se déplacer indépendamment. Nous irons bien sûr voir le pont en bambou, reconstruit chaque annèe après la mousson. Partout, on reçoit un plan de tout ce que l'on peut voir dans la région et les tuk tuk sont nombreux à vous proposer de vous emmener. Nous dormirons au Daly Hotel: impécable, même une vraie douche avec porte vitrèe... Il faut savoir qu'en général la douche est directe dans la salle de bain, si bien que toute la sdb est innondée et quand celle ci est petite ce n'est pas toujours très confortable. Nous continuons à remonter le Mékong vers Kratie, d'où j'écris ce petit carnet de voyage. Kratie c'est un peu Kampon Cham en plus petit et aussi un peu plus fréquenté par les touristes car d'ici on peut partir plus à l'est dans les montagnes, où nous n'irons pas mais des touristes que nous avons croisés semblaient satisfaits de leur crochet. À Kratie, il y a plusieurs balades à faire. Tout est bien documentées dans les GH, ici il est facile et agréable de se déplacer en vélo. Nous avons pris un petit ferry qui nous a emmené sur l'île en face où nous avons donc loué des vélos pour en faire trés tranquillement le tour. Petit village flottant aperçu depuis le bout de l'île:

Il y avait encore des belles promenades à vélo ou tuk à faire dans le coin mais nous décidons qu'il est temps de rejoindre le Laos. Nous réservons donc via notre GH le transfert en minivan jusqu'à Stung Treng puis bus jusqu'au Laos. La route jusqu'à Stung Treng est un enfer, une piste en mauvais état on est entassé à 20 dans un minivans pour 12 pers. Les bagages empillés à l'arrière ramassent toute la poussière. Bien entendu on va crever mais c'est presque un soulagement d'attendre sur le bord de la route la réparation du pneu

À Stubg Treng, donc changement pour un vrai bus. Dans le bus un type nous donne tous les documents pour le visa et nous nous laissons faire, alors que nous savons que c'est l'arnaque. Tout semble aller de soi et donc nous paierons la corruption des douaniers et le boulot du type. Donc si vous me lisez, soyez fermes si vous voulez épargner 6$ par passeport? les 2$ de sortie et 3$ d'entrès sont ceux là inévitable!
À bientôt donc pour nos péripéties au Laos.
Laos, aux confins de la province de Phongsaly, quarante jours de lentes balades à pied
En compagnie des Akha, des Hô et des Lolo, des Hmong, des Yao, des Sila...
~
« Je constatai ici encore combien l'argument de l'intérêt commun mène plus vite à la confiance que les cadeaux, par exemple, qui ne font bien souvent que fortifier la méfiance. » H. A. Bernatzik
~
Un an plus tôt, à l'extrême nord du Laos, une première expédition de trente-quatre journées, effectuée seul, à pied et sans guide, au cœur des montagnes qui s'étendent sur la fascinante province de Phongsaly, me permettait d'y effectuer de nombreux repérages. Retour sur les lieux l'année suivante pour me diriger, à nouveau sans accompagnateur et uniquement à pied, vers les confins de la province, étonnantes enclaves isolées du monde, et même du reste du pays. Après cette fois au total quarante-huit journées sur place, dont quarante et autant de nuits passées exclusivement chez l'habitant, en compagnie des innombrables minorités ethniques montagnardes présentes dans la région, il en subsiste quelques anecdotes, que je propose de relater ici.
Parmi celles-ci, une étourdissante journée de navigation sur la portion la plus sauvage de la rivière Nam Ou, des offices chamaniques de guérison chez les Hô et chez les Hmong, le sacrifice rituel simultané d'une chèvre, cinq cochons, deux poules et douze poussins dans un village Akha, la récolte de l'opium puis "l'art" de le fumer, l'exténuante technique agraire dite de friche sur abattis-brûlis pratiquée sur les pentes par les montagnards, les pieds réduits d'une grand-mère "chinoisante", des huttes de l'ethnie Hmong abritant plus de cinquante personnes, le cœur de la très méconnue réserve naturelle de Phou Den Din, des marchands de cheveux itinérants chinois, une rencontre avec la très minoritaire et discrète ethnie Sila, un trafic transfrontalier de papillons, les délirants accoutrements des femmes Akha, des geysers d'étincelles lors d'une fête bouddhiste rurale, la première présence d'un falang, d'un Blanc occidental, dans certains villages depuis près de vingt ans, et fort probablement premier touriste depuis toujours.
~
« Je constatai ici encore combien l'argument de l'intérêt commun mène plus vite à la confiance que les cadeaux, par exemple, qui ne font bien souvent que fortifier la méfiance. » H. A. Bernatzik
~
Un an plus tôt, à l'extrême nord du Laos, une première expédition de trente-quatre journées, effectuée seul, à pied et sans guide, au cœur des montagnes qui s'étendent sur la fascinante province de Phongsaly, me permettait d'y effectuer de nombreux repérages. Retour sur les lieux l'année suivante pour me diriger, à nouveau sans accompagnateur et uniquement à pied, vers les confins de la province, étonnantes enclaves isolées du monde, et même du reste du pays. Après cette fois au total quarante-huit journées sur place, dont quarante et autant de nuits passées exclusivement chez l'habitant, en compagnie des innombrables minorités ethniques montagnardes présentes dans la région, il en subsiste quelques anecdotes, que je propose de relater ici.
Parmi celles-ci, une étourdissante journée de navigation sur la portion la plus sauvage de la rivière Nam Ou, des offices chamaniques de guérison chez les Hô et chez les Hmong, le sacrifice rituel simultané d'une chèvre, cinq cochons, deux poules et douze poussins dans un village Akha, la récolte de l'opium puis "l'art" de le fumer, l'exténuante technique agraire dite de friche sur abattis-brûlis pratiquée sur les pentes par les montagnards, les pieds réduits d'une grand-mère "chinoisante", des huttes de l'ethnie Hmong abritant plus de cinquante personnes, le cœur de la très méconnue réserve naturelle de Phou Den Din, des marchands de cheveux itinérants chinois, une rencontre avec la très minoritaire et discrète ethnie Sila, un trafic transfrontalier de papillons, les délirants accoutrements des femmes Akha, des geysers d'étincelles lors d'une fête bouddhiste rurale, la première présence d'un falang, d'un Blanc occidental, dans certains villages depuis près de vingt ans, et fort probablement premier touriste depuis toujours.
Bonjour,
Est ce que qq'un peut me dire d'où partent les bus pour Siem Reap à Bangkok?
Faut-il reserver a l'avance? car nous arrivons la veille à bangkok (de paris) et nous pensions nous rendre directement à Siem Reap des le lendemain matin.
Biensur si jamais vous avez une super adresse pour acheter les billets parmis les nombreuses agences de bangkok je suis prenneuse ! 😉
Merci d'avance de votre aide.
Est ce que qq'un peut me dire d'où partent les bus pour Siem Reap à Bangkok?
Faut-il reserver a l'avance? car nous arrivons la veille à bangkok (de paris) et nous pensions nous rendre directement à Siem Reap des le lendemain matin.
Biensur si jamais vous avez une super adresse pour acheter les billets parmis les nombreuses agences de bangkok je suis prenneuse ! 😉
Merci d'avance de votre aide.









