Coucou,
Ce qui suit est un résumé de mon cours de ce matin (si j'ai bien tout compris...)
Si nous pensons aux difficultés que les femmes maltraitées ont rencontrées et rencontrent encore en France malgré des lois qui sont censées les protéger, alors que nous sommes dans un système social relativement ouvert ; si nous transposons en Inde ce problème, y faire connaître ses droits en tant que femme, nous pouvons comprendre que pour beaucoup d'entre elles le meilleur moyen est de se défendre en utilisant la loi sur la dot. Sinon, comment prouver, où trouver les témoins qui attesteront que une des conditions énumérées justifiant un divorce (voir dans les lois de Manu par exemple) est respectée ?
Du coup, presque tous les "accidents" de violence domestique, justifiés donc par d'autres raisons que la dot* sont qualifiés de "dowry crime" (crime de la dot)... si la femme arrive à le faire passer comme tel.
Reste que les excès dans la pratique de la dot sont souvent plus qu'outranciers et endettent la famille de la femme pour longtemps, si ce n'est pour toute la vie.
Les chiffres, vieux au moins de dix ans, qui m'ont été donnés ce matin était pour une famille qui gagnait 1200 roupies, une dot de 35000 roupies; une autre qui gagnait 1500 roupies, de 64000 roupies. Cher.
Mais il semblerait que la dot n'a pas toujours été ce qu'elle devenue depuis les perversions nées lors et du fait de l'occupation britannique. Certains auteurs sont d'avis qu'à une époque le fait de donner une dot à la belle-famille était une assurance pour une vie aisée, pour conserver un certain standard, l'expression "planche de salut" étant utilisée.
Battons-nous contre les excès de la dot, certes, mais aussi et surtout contre la violence conjugale sous toutes ses formes. Aider les organisations qui se battent contre le système de la dot c'est aussi aider celles qui ont subi des violence effroyables pour d'autres raisons que la dot. Sûr de tomber juste dans tous les cas.
Mais difficile de rester de marbre en face de ces problèmes. Non ?
* un exemple auquel je pense, pris dans - Dowry murder, : the imperial origins of a cultural crime - de Tara Veena Oldenburg et exposé ce matin, est celui d'une jeune femme dont le sari aurait pris feu quand son époux lui aurait demandé d'allumer un ventilateur. Le médecin a conclu à l'accident après avoir remarqué la forte odeur de kérosène et, probablement, les roupies que le mari voulait lui donner en le faisant sortir rapidement de la chambre (le bidon avait été laissé dans un coin). La jeune femme avait surpris les infidélités de son mari et l'avait menacé du déshonneur pour sa famille... Cette famille n'avait aucun problème de dot et de richesse, un simple et terrible problème d'adultère.
Un livre qui semble intéressant sur le sujet, celui de Véronique Bénéï - La dot en Inde. Un fléau social ? Socio-anthropologie du mariage au Mahasrashtra -. Un apperçu donné par Gilles Tarabout à...
http://www.persee.fr/showPage.do;jsessionid=2B81AA63BB8213F197124DA9DBA40242.vesta?urn=hom_0439-4216_1998_num_38_146_370476