
Son visage reste concentré. Un geste rapide, et le nouveau venu rejoint les autres, absolument identiques, pour sécher de longues heures au soleil avant cuisson.
Pendant qu’elle travaille, la femme n’est nullement perturbée par ce qui se passe autour et par les enfants qui s’occupent tranquille. Il y a en a deux qui lisent dans leur hamac, une grande fille qui s’occupe d’un bébé, et deux autres gamines qui transportent de l’eau dans de grands seaux. On a presque l’impression d’être invisible. Personne ne semble gêné par notre présence, la vie semble s’écouler avec une grande douceur apparente.

On va ensuite chez la grande copine de Loran, une petite mamie de 80 ans. Dommage … elle est partie faire ses dévotions à la pagode. Mais le temps de regagner la voiture, elle arrive, toute courbée, toute frêle, visiblement heureuse de retrouver son ami. C’est étonnant de voir le lien qui existe entre cette femme Khmer et ce français qui pourrait être son petit fils : complicité, respect. Elle avait la tête rasée, comme beaucoup de femme de son âge au Cambodge. Son visage était marqué par ce qui avait fait sa vie. Buriné, presque sculpté. Ses yeux étaient d’une vivacité extraordinaires et plein de malice. On voyait que ce n’était pas la peine de lui raconter n’importe quoi.

Elle est aussi potière, mais elle ne travaille pas au tour. Elle met sa masse de terre sur un billot en bois, et c’est elle qui tourne autour avec une sorte de palette en bois pour donner la forme qu’elle désire. Est-ce là l’origine de l’expression « tourner autour du pot » ?
Elle semblait contente d’avoir de la visite et sortit quelques chaises pour qu’on fasse la papote. Loran parlant Khmer, les relations étaient facilitées, et elle discuta avec maman comme le font classiquement deux mamies quand elles se retrouvent. La vie de tous les jours. Instant magique. On était là, devant sa maison en feuille de cocotier et sur pilotis, regardant les quelques fleurs qu’elle faisait pousser. Ici, en France, c’est rien, de planter 3 fleurs au jardin. Chez elle, la motivation doit être un peu plus intense. L’eau ne coule pas au robinet. Il faut aller la chercher loin, et la saison sèche est longue quand on a 80 ans. Goût du beau, de l’esthétisme, de la nature ? il en résultait quelques branches vertes d’hibiscus avec une fleur en bouton, au milieu de la poussière.
Un colporteur passe pour lui vendre une machette. Longue discussion sur le prix …. On n’a pas compris toutes les finesses, mais quand le vendeur a vu que c’était Loran qui offrait la machette, tout d’un coup, le prix est monté. Finalement, le marché fut conclu, et les trois protagonistes semblaient contents.
A regret, il fallu partir. Si la bise avait été une coutume au Cambodge, on l’aurait embrassée, cette petite mamie.












On some paintings, the scenes become almost narrative: you can make out figures, everyday gestures, like a memory of the village inscribed in the walls. The decorative frames around the doors aren’t left to chance either—they symbolically protect the house, like a boundary between the inside and the outside world.





























It was 15°C, but it rained—and kept raining on and off all day. Belgian weather, basically.
We went for a walk in Shinjuku Gyoen Park. Not as pretty in the rain, but the big greenhouse was interesting.




A little sneak peek?
















Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...


I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, Nishiki Market:












