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Petits pantins
Une p’tite idée de conditionnement et un avant-goût du futur, cynique que je suis !
Nous bavardions dans la forêt et je demandais à ma petite fille de me raconter une journée dans son lycée.
Nous comparions avec l’époque de sa maman (pas la mienne, je suis un dinosaure)
« Ben, je pars le matin en métro et je mets mon pass sur le lecteur.
J’arrive au lycée, je passe mon badge et la porte coulissante s’ouvre et se referme derrière moi.
Je vais dans ma classe en passant dans les couloirs sous les caméras. On ne reste jamais sous les caméras, p’têtre qu’ils ont le son.
Il n’y a pas de surveillants (nous disions les pions!), ils sont derrière des écrans et ne viennent que si c’est chaud.
En classe, le prof fait l’appel et coche sur l’ordinateur, comme ça les parents savent si on est en cours et si on est absent, ils ont un mail tout de suite.
Nos devoirs, leçons et notes sont sur informatique et les parents peuvent tout regarder.
Si on a un DS on est seul à une table, les cartables et téléphones sont tous vers le bureau du prof.
On va à la cantine, je scanne ma main et un plateau arrive
et quand la journée est finie, ben c’est pareil.
Et, ma jolie petite-fille trouve tout normal.
C’est à cause du terrorisme.
C’est à cause des bagarres.
C’est mieux pour les parents.
C’est pour la sécurité.
J’en frémis...
Et je pensais aujourd’hui : le lycée semble fermé jusqu’en septembre, tu vas voir tes copines au parc mais assise loin des unes des autres dans l’herbe et avec ton masque. Impossible de glousser et chuchoter tes secrets tête contre tête et impossible de partager la paille de ton infâme coca-cola. Vous n’échangerez pas les couleurs de vos palettes de maquillage et n’essaierez pas le petit haut de la copine.
Et tu vas aussi trouver ça normal ?
J’en frémis...
Ficelés tous comme des saucissons dans l’illusion du confort et de la sécurité, programmés et surveillés si jeunes...
Un jour proche, la p’tite puce sous la peau, pour ton bien...et ce sera normal !
Enfin, maintenant que le mot covid est un mot féminin, ça change ma journée.