Dictionnaire français-beti (Cameroun)?
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AN
Bonjour, Je recherche un dictionnaire "français/beti -beti/français" ou livre sur la langue, où pourrais-je le trouver ? en France ? au Cameroun ? si oui quel éditeur ? Par avance merci pour votre réponse, cordialement
ME Mebem Regular ·
Bonsoir Christine,

Je pense que vous pouvez trouver ce que vous recherchez à la bibliothèque Georges Pompidou, à Paris... En fait, il y a déjà plusieurs années (j'étais encore au lycée dans les années 80) J'avais trouvé un dictionnaire bassa/français... mais j'avais un travail précis à faire et je ne m'en suis pas préoccupée à l'époque... Alors, je me dis que vous pourrez, sans doute en trouver là-bas... Si oui, tenez-moi au courant. Bonne chance
un arbre ne peut avoir de branches, s'il n'a pas de racines
ME Mebem Regular ·
Bon, je viens de vérifier, c'est Madame Marie-Rose Abomo Maurin, qui a écrit un dictionnaire boulou/français (si mes souvenirs sont bons) il faut vérifier sur les éditions l'Harmattan

Le boulou est une des langues béti. Il y a plusieurs langues béti : éwondo, éton, mvele, boulou, etc... bonne chance
un arbre ne peut avoir de branches, s'il n'a pas de racines
AN Anjuna84 ·
Bonsoir, Merci pour votre réponse aussi rapide, cordialement, Christine
TA Taamaden Veteran ·
Bonjour Mme,

pour autant que je sache, il n’y a pas de dictionnaire mais bien une grammaire boulou de cet auteur qu’a cité le forumiste Mebem. Possiblement que Mebem parle de ce livre ...

Abomo-Maurin, Marie-Rose 2006. Parlons boulou : langue bantou du Cameroun. Paris : L’Harmattan.

Ce livre fait partie de la série "Parlons ...", éditée par la maison L’Harmattan à Paris. Je ne connais certes pas ce livre-ci mais bien d’autres de cette série (bambara, kirundi, pulaar du Fouta Djalon, soninké), et tous ces livres terminent par une grande partie lexicale (x-français/français-x), donc je suis assez sûr que vous trouverez aussi un vocabulaire boulou-français/français-boulou dans le livre d’Abomo-Maurin ...

Pourtant, il y a un dictionnaire boulou-français (digitalisé en 2008). S'il est (encore) disponible en bouquin, je ne sais pas ...

Yanes et Eyinga Essam 1987. Dictionnaire boulou-français/français-boulou. Sangmelima. Editions P. Monti.

Mme, comme a déjà indiqué Mebem, le terme "boulou" comprend cinq groupes dialectaux (pour cela, on parle aussi de "Fang-boulou-beti") qui sont

eton ewondo bamvele bulu / bene fang

Et il y a en tout cas un dictionnaire fang, j'en suis sûr ...

Autre idée : pourquoi ne pas contacter Mme Abomo-Maurin ?! A mes connaissances, elle enseigne à un lycée en France et est chercheur associé au LLACAN/CNRS à Paris. Il faut rechercher un peu au net ...

Bonne chance !

Cordialement, Herbert
AN Anjuna84 ·
Bonjour, Merci pour votre réponse, entre temps j'ai trouvé un dico boulou/français sur le site culturevive.com. Maintenant je cherche effectivement un livre de grammaire et si cela existe un document sur la phonétique/graphèmes. cordialement, Christine
TA Taamaden Veteran ·
Bonjour Mme,

en ce qui est la grammaire, le livre de Mme Abomo-Maurin est en fait une grammaire ou, si vous voulez, une description de la langue boulou ...

Je viens de jeter un regard dans ce livre. Dedans, Abomo-Maurin décrit, au sens classique, cette langue évidemment très intéressante (langue de classes et langue à trois tons distincts à la fois) ...

Le livre consiste en trois parties : 1. langue et grammaire boulou, 2. vie et culture boulou, et 3. lexique boulou-français/français-boulou ...

En ce qui est la première partie, vous apprenez ...

- le système de notation (consonnes, voyelles, tons, structure syllabique) - la formation du nom - les classes de noms - les déterminants et détermination du nom - les pronoms et substituts du nom - autres formes de détermination du nom - le verbe et la conjugaison - la phrase (types de phrases, phrase dite simple, ...) - les éléments de la conversation courante

Vous voyez, très classique !

En ce qui est la deuxième partie, vous apprenez ...

- l'espace et le temps - famille et vie sociale - activités principales et vie matérielle - activités culturelle, sportives ... - croyances et rites - la santé et le corps humain

Voilà !

Je me réjouis beaucoup que vous vous intéressiez à une langue africaine. Chapeau !

Herbert
ME Mebem Regular ·
Bonjour Anjuna

En effet, Taadem a raison, Madame Abomo Maurin (qui enseigne à Orléans) a en effet écrit un bouquin sur la grammaire boulou/ Français. Pour ma part, je ne l'ai pas lu...

Vous avez raison également, de vous intéresser à la phonétique... La langue béti est très particulière au niveau phonétique et intonation. Un mot peut signifier plusieurs choses, selon l'intonation. Cela peut être amusant ou... gênant

Une petite anecdote. Un prêtre jésuite qui avait séjourné longtemps au Cameroun, parlait couramment boulou mais, ne maîtrisait pas bien toutes les intonations ou accent. Il avait été faire une longue tournée en pays bassa. A son retour chez les boulou, il voulait relater son voyage. Chez les boulou, on appelle les bassa : Mvele (le Mve monte dans l'intonation et le "le" descend légèrement) c'est difficile à écrire. Mvele est également une langue béti (intonation différente) ou un nom de famille chez les boulou-fang... le prêtre dit devant toute l'assemblée, le dimanche matin : "Me ga ke Mvele ete'e" Il voulait dire : "je suis allé dans le pays bassa, ou dans les profondeurs du pays bassa"... Or, sur le mot Mvele, il a inversé les intonations et le même mot donnait cette signification : "je suis allé dans les profondeurs du ... vagin.." Mot utilisé très rarement mais, bien compris par les anciens... Alors, imaginez l'effroi, la surprise et la gêne de l'assemblée... D'autant plus qu'il insistait... Mais, l'assemblée a souri, comprenant, acceptant et excusant l'erreur sur l'intonation, parce que le prêtre était un européen... Donc, les intonations peuvent occasionner des situations cocasses, si on ne maîtrise pas bien

Le mieux est d'étudier les mots avec un béti, pour mieux maîtriser les accents et les intonations. C'est une langue qui est très musicale à l'oreille... Bon courage
un arbre ne peut avoir de branches, s'il n'a pas de racines
AN Anjuna84 ·
Bonjour, Cette anecdote est amusante, effectivement on m'a dit l'importance de l'intonation, mes amis beti pourront sans aucun doute m'aider mais j'ai besoin de la transcription écrite de la phonétique pour mieux mémoriser... Cordialement, Christine
AT Atobanama ·
bonjour Christine je suis un beti du sous groupe BéNé résidant à Yaoundé je peux vous aider mais le mieux serait de vivre dans l'univers dans lequel cette langue est parlée ainsi on assimile aisément les nuances de langage et le sens des mots aussi dépend de l'effet qu'on veut produire devant un interlocuteur . nous avons tous étudié la langue française à l’école mais lorsqu'on s'exprime il y'a un accent de nos langues locales comme tel'a conseillé Mebem il faut apprendre cette belle langue avec un beti et je crois qu'autour de toi tu peux en trouver qui sont disposés à t'offrir cet aide , bonne continuation
heureux comme Ulysse, qui a fait un bon voyage
CA Caféolait ·
ça existe ça ?
Merci
TA Taamaden Veteran ·
Bonsoir,

vraiment amusante, cette anecdote. Et j'en connais beaucoup de ce genre (chez nous, c'est la coutume de se raconter ses expériences "au terrain". Cocasse !) ... Mon prof bambara a toujours dit "Je veux que vous prononciez bien en bambara car je ne veux pas qu’on vous vende un jour un cheval au lieu d’une maison". Pour comprendre : so (à ton haut) veut dire "maison", so (à ton bas) "cheval".

Une autre paire minimale en bambara est wulu (à ton haut) "sexe masculin, verge" et wulu (à ton bas) "chien". Un faux choix de tons peut aboutir à des malentendus gênants. D’ailleurs, il y a plusieurs proverbes qui touchent ces deux termes : p.ex. Muso kònòma bagabagalan tè wulu ye. "Ce n’est pas avec une verge qu’on fait peur à une femme enceinte." Avec wulu "chien", ce proverbe serait peu compréhensible, non ?! Mais, pas de panique, comme dans votre anecdote, les Bambara souriraient mais comprendraient très bien ... Cependant, dans un autre proverbe, les deux termes wulu "sexe masculin, verge" et wulu "chien" sont possibles : Wulu wulibali jòkundama tè dòn. "On ne peut connaître la taille d’une verge tant qu’elle n’est pas en érection" resp. "Tant que le chien n’est pas debout, on ne peut connaître sa taille."

A mon avis, ce dont vous parlez ici concerne le système tonal d’une langue (et pas du tout de l’intonation !!!). Le beti est – comme la majorité des langues africaines – une langue tonale ou langue à tons, c.a.d. elle utilise des différences de hauteur de manière distinctive, leurs tons (lexicaux ) sont une caractéristique distinctive ; si l’on modifie le ton d’un mot, on reçoit un autre mot dont le sens est par conséquence complètement différent. Le bambara comprend un grand nombre de paires minimales ne se distinguant que du ton. Cette langue connaît deux tonèmes : un ton haut et un ton bas. Exemples (à gauche, les mots à ton haut, à droite, les mots à ton bas) :

bin "herbe" <> bin "tomber" dan "compter" <> dan "semer" ko "action, affaire, chose" <> ko "laver" mugan "sucer, téter" <> mugan "20" nugu "ver de terre" <> nugu "intestin" san "ciel" <> san "vendre" ten "front" <> ten « ainsi" woro "cuisse" <> woro "noix de cola" ... (on trouve une centaine de tels exemples ou encore plus)

Les tons des langues tonales ont la même fonction que les phonèmes vocaliques et consonantiques des langues non-tonales :

beau <> peau mer <> mur tors <> tort

Un mot peut signifier plusieurs choses, selon l'intonation.

Je crois bien comprendre ce que vous voulez dire. Svp, ne confondez pas "système tonal" avec "intonation" ! Toutes les langues, tonales ou non, se servent de la prosodie mais pas toutes les langues ne sont des langues tonales (p.ex. plus ou moins toutes les langues indo-européennes sont des langues non-tonales). Et la totalité du vocabulaire d’une langue tonale est soumise à des schèmes tonals (à l’exception de quelques morphèmes grammaticaux, au moins en bambara).

Contrairement aux tons (lexicaux) d’une langue, l’intonation et autres paramètres prosodiques (mélodie, accent, tempo, rythme, quantité, pause) n’opposent pas des paires minimales mais comprennent l’ensemble d’un énoncé. En règle, elles ne se réfèrent pas à une unité discrète (syllabe, morphème) mais à une unité plus grande (énoncé, paragraphe). Et les fonctions de l’intonation, essentiellement deux, se différencient complètement de celle des tons lexicaux : d’abord, elle manifeste les émotions (colère, joie, satisfaction, etc.) du sujet, et secundo, elle contribue fondamentalement à la structuration du discours (exclamation, interrogation, impératif, etc.), à voire, elle organise la dépendance des groupes rythmiques entre eux dans la phrase et les phrases dans le paragraphe. Elle renforce souvent le sens d’un énoncé, en soulignant l’inversion syntaxique ou la marque lexicale interrogative, p.ex. Est-ce que vous venez ? / Où est-il ? (à une voix montante à la fin d’énoncé interrogatif. L’intonation a alors un rôle redondant, puisque la question est indiquée grammaticalement). Si la voix monte, c’est qu’on insiste.

Vous parlez beti, mvele ?!

Herbert
ME Mebem Regular ·
wouahou!!!!

Quelle leçon!!!

Bonsoir Herbert

Vous êtes linguiste? En tout cas, c'est très brillant, votre démonstration. Je vais le copier dans mes fichiers, pour lire calmement et mieux m'imprégner de ce que vous avez écrit.

C'est dommage que je ne sois plus jeune car, si vous m'avez donné un tel cour, j'avoue je me serais laissée tenter à étudier les langues africaines.

vous donnez vraiment envie d'aller débusquer ces belles petites perles cachées dans les langues africaines

Je parle encore boulou. Mal, maintenant car, je n'ai pas pratiqué pendant de longues années. Depuis 3 ans, j'ai rencontré une grande communauté camerounaise à Mulhouse et beaucoup de boulou, alors, je prends un plaisir à parler mais, je n'arrive plus à faire une longue phrase, sans qu'elle soit "entrecoupée" de français...

A ce propos, mon père était ewondo mais, il a grandi avec sa grand-mère ntoumou, dont il parlait ntoumou (ou fang) ma mère étant boulou, j'ai parlé boulou. Alors, dans la famille, les uns parlaient boulou, les autres ewondo, et autres ntoumou... tout cela du béti. Même si on se comprend, les prononciations sont différentes, tout en étant les mêmes... Je ne sais pas bien comment expliquer cela J'espère que certains forumistes vont mieux expliquer que moi, ce que je veux dire.

Pour en revenir à notre amie qui a posé la question : bon courage et surtout, bon voyage dans les richesses des langues béti!!!

tes anecdotes m'ont bien fait rire aussi... Merci Liliane
un arbre ne peut avoir de branches, s'il n'a pas de racines
AN Anjuna84 ·
Bonjour, Je vous remercie pour vos explications sur la phonétique (système tonal/intonation) que je trouve un peu complexe mais je vais essayer d'assimiler. Comment repérer la hauteur de ton à partir des transcriptions écrites des phrases, des mots ? Cordialement Christine
TA Taamaden Veteran ·
Bonjour Liliane,

rien de particulier, pas du tout … Vous êtes linguiste ? Oui.

C'est dommage que je ne sois plus jeune. A qui vous le dites ... !

C'est dommage que je ne sois plus jeune car, si vous m'avez donné un tel cour, j'avoue je me serais laissée tenter à étudier les langues africaines. Oui, c’est vraiment dommage.

vous donnez vraiment envie d'aller débusquer ces belles petites perles cachées dans les langues africaines « ... ces belles petites perles ... », oui, on ne peut le dire de manière meilleure. Vous savez, aucun continent n’a tant de langues que l’africain. Une richesse inestimable ! Des langues africaines sont fascinantes ...

Je parle encore boulou. Mal, maintenant car, je n'ai pas pratiqué pendant de longues années. Depuis 3 ans, j'ai rencontré une grande communauté camerounaise à Mulhouse et beaucoup de boulou ... C’est vraiment très bien. Donc, faites tout pour ne pas oublier le boulou !

A ce propos, mon père était ewondo mais, il a grandi avec sa grand-mère ntoumou, dont il parlait ntoumou (ou fang) ma mère étant boulou, j'ai parlé boulou. Alors, dans la famille, les uns parlaient boulou, les autres ewondo, et autres ntoumou... tout cela du béti. Même si on se comprend, les prononciations sont différentes, tout en étant les mêmes...

C’est vraiment pas rare, une telle situation langagière à l’intérieur d’une famille africaine même si je connais aussi des familles bambara et même bozo au Mali où l'on parle exclusivement le bambara resp. le bozo. Mais « ma » famille où j’ai logé souvent au Delta Central du fleuve Niger au Mali, c’est un peu pareil : le chef de famille (dutigi) est Dogon (mais parle peu le dogon par manque d’occasion), sa première femme, très jeune (voir la photo !), elle est Bambara, parle surtout le bambara mais aussi le fulfuldé (langue principale au Delta Central), sa deuxième femme est Peule et parle donc le fulfuldé, exclusivement, elle ne parle pas bambara. Et même les enfants, trois, 6 ans, 4 ans et 2 ans (voir la photo !), parlent (sauf la plus petite, Fatoumata) le fulfuldé et le bambara : le père parle plutôt fulfuldé avec eux, la mère parle bambara avec eux (les enfants sont tous de la première femme !). Dans l’école fondamentale au village, on enseigne le et en fulfuldé pas en bambara. Mon ami, le chef de famille, parle parfaitement le dogon, le sonraï, le bambara, le maninka, le français et surtout le fulfuldé (ce sont toutes des langues non-apparentées sauf le bambara avec le maninka) : il est vétérinaire et sa clientèle principale se compose de bergers peuls (vaccinations des vaches, moutons, chèvres, etc. ; voir la photo en bas !) ... Dans la cour, on parle surtout le fulfuldé !

Je suis toujours et encore fasciné par le talent linguistique des Africains (ou Maliens) ! J’ai rencontré beaucoup de personnes parlant 4, 5, 6 langues ou encore plus ... Phénoménal !

tes anecdotes m'ont bien fait rire aussi...

Merci. Oui, j’aime moi aussi ces proverbes et en général les proverbes bambara. J’ai eu encore un autre mais pour le présenter, je n’ai pas eu le courage ... Mais bon ...

Vous vivez en Alsace. C’est bon, j’aime l’Alsace (vous n'êtes pas trop loin de ma patrie (Bade-Wurtemberg) ...

J'espére qu'on se rencontre encore sur le forum ! C'est un plaisir ...

Bonne semaine à vous, Herbert
TA Taamaden Veteran ·
Bonjour,

j’espère ne pas avoir fait peur à vous ... Si oui, je peux vous calmer !

En fait, la tonologie est assez complexe et pas du tout facile à comprendre. Dans n’importe quelle langue, le système tonal est toujours délicat (au moins pour moi). Même si ça vous semble être un peu paradoxe, je vous recommande de ne pas vous pencher (d’abord) sur la tonologie ...

A mon avis, il suffit d’abord de prendre conscience du fait que le beti (boulou, fang) est une langue à tons, que vous avez une idée de ce qu’est une langue à tons, c.à.d. que le ton donne entre autre le sens aux mots et qu’il distingue les uns par rapport aux autres. Il suffit de savoir que l’unité porteuse du ton est la syllabe, plus précisément, le noyau vocalique de la syllabe (!!!) et de connaître le nombre des niveaux tonals du beti. Ce sont trois :

ton haut (´) : H ton moyen ( ) : M ton bas (`) : B

D’ailleurs, "haut" et "bas" ne sont pas des termes absolus mais relatifs : le ton haut n’est "haut" que par rapport au ton bas (et dans l’autre sens). Si vous commencez à vouloir apprendre le schème tonal de chaque mot du beti, vous n’arrivez jamais à vos fins. Imaginez apprendre les schèmes tonals des mots monosyllabiques, dissyllabiques, trisyllabiques, quadrisyllabiques ou cinq-syllabiques ...

fó "rat" (H) kùs "acheter" (B) kándé "séparer" (H-H) ètùn "morceau, bout" (B-B) díbì "obscurité" (H-B) bìdí "repas, nourriture" (B-H) òfùmbí "orange, oranger" (B-B-H) mèbátàn "salutation" (B-H-B) òwòndò "arachide" (B-B-B) sámélé "faire honte" (H-H-H) búlúbùlù "en désordre" (H-H-B-B) òdzèdzà‘á "impatient" (B-B-B-H) èbòmènsélèk "plage, banc de sable" (B-B-B-H-B)

Malheureusement, moi qui ne connais pas cette langue, je ne sais pas comment interpréter le "ton moyen" ; possiblement (juste une idée !), il s’agit d’un ton haut abaissé suivant un ton bas. Donc, dans ce cas, il s’agirait d’un effet d’assimilation tonale du ton haut après un ton bas qui pourrait dissimuler la réalité des tonèmes de cette langue. Mais je ne sais pas, désolé ... En tout cas, selon Abomo-Maurin 2006, ce sont trois niveaux tonals en boulou ! En tout cas, des mots avec un ton moyen sont assez rare (ce qui pourrait être une indication à mon idée).

Commencez à apprendre les quelques mots simples et courants pour former des phrases (sans verbes et verbales) et syntagmes nominaux simples ... même s’il ferait pas de mal de regarder le tableau des phonèmes consonantiques et vocaliques de cette langues (plus complexe que p.ex. le bambara). Exemple :

Vous avez 5 mots boulou qui se ressemblent beaucoup (mais qui ne sont pas du tout identiques). Ils se distinguent par quoi ?! Ce sont 3 traits voyants :

1. les tons, bien sûr ! Regardez les mots A, B et C : ils diffèrent l’un de l’autre de tons différents sur la deuxième syllabe (haut, moyen, bas). Autres exemples :

2. les nasales alvéolaire et vélaire en position finale ! Regardez les mots D et E ! Seul le point d’articulation de la nasale finale les diffère (alvéolaire ctr. vélaire). Donc, il n’ya pas de nasales /n/ (alvéolaire) et /m/ (labiale) seulement mais bien d’autres aussi dont les nasales vélaire (surtout en position finale) mais aussi palatale (jamais en position finale ; écrite "ny" en boulou, selon Abomo-Maurin 2006). Autres exemples :

3. le contraste des voyelles semi-ouverte et semi-fermée. Comparez A avec D ! Autres exemples :

Comment repérer la hauteur de ton ... ? En règle, dans les manuels et dictionnaires les tons sont marqués. C’est vraiment nécessaire (je ne connais aucun manuel bambara sans marquages tonals. Je ne sais pas comment c’est réglé en boulou, mais je suppose qu’on ne marque pas les tons dans des textes (c’est le cas en bambara) ... A comparer plus ou moins avec l’arabe où les voyelles ne sont pas écrites. Dans le livre de Mme Abomo-Maurin les tons sont marqués de manière constante, pourtant ce livre n’est pas, au sens strict du terme, un manuel (et donc peu recommandable pour un/e débutant/e), de plus, on explique peu.

Bon apprentissage !

(tous les exemples ont été tirés du livre : Marie-Rose Abomo-Maurin 2006. PARLONS BOULOU. Langue bantou du Cameroun. Paris : L’Harmattan)

Herbert

AN Anjuna84 ·
Bonjour, Mille fois merci pour vos explications qui me semblent claires grâce aux exemples, maintenant à moi de travailler pour commencer modestement à m'approprier cette langue... Non seulement vous avez des compétences de linguiste mais aussi de pédagogue... Cordialement, Christine

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