Tout d'abord, désolé pour la longueur du post. Mais le sujet est dense et je voulais raconter un peu en détail pour ceux que ça intéresse.
Voici la première partie de mon retour en mots et en images sur la traversée à vélo de la côte est du continent africain.
Commençons par le commencement, et pas des moindres l’Égypte.
Introduction :
J’atterris au Caire après être parti de Mascate. Là bas j'attends un pote qui doit me rejoindre pour la traversée, puis chez un merveilleux warmshower, je rencontre un cyclo Anglais qui est parti de Londres jusque Athènes. Il semblerait que le courant passe bien et que nos conceptions de ce voyage soient similaires. The more the merrier.
Nous avions décidé de descendre nord-sud, de mare a mare. Donc départ de Port Said, pour finir de l'autre côté, au Cap, dans une durée qui reste indéterminée.
Partons du Caire en train pour rejoindre Port Said. Nous sommes rapidement accostés par la police et avons de nouveaux copains à coté de qui s'assoir.
A l'arrivée, on sent l'escorte venir mais on nous laisse finalement libre de partir contre toute attente. Et ça démarre.
Le trajet :
Voici la carte du trajet et les villes grossières de nos passages.
Port Said - Damiata - Mansourah - Banha - Cairo
El Fayoum - Beni Suef - Al minya - Assiout - Sohag
Abydos - Qena - Louxor - Edfou - Assouan - Abu Simbel - Eshket
Ça représente un total de 36 jours et de 1600 km more or less.
Les premiers jours :
On prend le train au petit matin pour rejoindre la cote et après un dernier regard sur la mer, nous roulons plein sud.
Dans le train déjà nous sommes repérés rapidement et on nous fait assoir gentiment auprès de la police. On se dit que la liberté ne fût pas bien longue et que les fameuses histoires d'escortes deviennent une réalité plus rapidement que prévu.
Je pense que c'est plus pour la proximité avec le canal de Suez qu'autre chose. Arrivés en gare, la police nous observe plus amusé qu'autre chose, et on nous laisse partir, soit.
De là on mettra 3 jours pour rejoindre le Caire, que nous avion prévu de rattraper pour y passer noël. Cette première journée est bien raide à cause du vent sur la côte. On s'arrête pour manger au bord de la route, et on nous offre de dormir dans la mosquée.
Tout le monde est chouette avec nous. On reprend la route après les photos et l'accolade.
On rattrape donc la route agricole. La vie est belle dans les villages que nous traversons et les gens chaleureux. C'est un vrai plaisir que de rouler là malgré les dos d'ânes à outrance et les déchets perpétuels qui changent complément la couleur des rives du petit cours d'eau que nous longeons.
Au moment de dormir, on trouve un petit coin bétonné au milieu des champs qui s’avère être une mosquée. Ça ne semble gêné personne puisque ce sont des locaux qui nous mènent ici.
On s'installe heureux de notre petit coin de paradis loin de tout.
Puis deux policiers arrivent accompagnés du mec qui nous a offert à la police. Et là s'en suit un beau bazar.
Il en vient 10 autres pour voir un peu à quoi ressemble ce campement. Il semblerait que nous fûmes trop naïf quand au camping en Égypte. D'ailleurs le concept même semble les dépasser de loin.
Certains miment des lancers de grenades et des tirs pour nous faire comprendre que c'est dangereux. D'autres les arrêtent en nous disant que c'est safe. Bon.
On ne croit pas trop à la première version donc on insiste pour rester là et ne pas être transféré dans un hôtel. On nous accorde après une heure d'attente de rester dormir ici, mais les policiers dormiront avec nous. A peine le temps de se sentir gêné qu'ils s'installent et font un feu de camp.
On s'endort malgré le bruit des conversations dehors autour du feu. Pour qu'à 1h du matin 22 policiers arrivent dans plusieurs camions.
On secoue ma tente en criant "Marco, Marcoooo". Je suis nu, je me rhabille et sors en disant qu'il n'y a pas de Marco dans le coin.
Contrôle des passeports, Andrew, notre ami américain a le droit à un petit questionnaire téléphonique nocturne concernant son visa.
Au petit matin on se croit libre lorsqu'au bout du chemin des camions de police barre la route. On se salue avec le sourire et ainsi commence l'escorte.
On s'arrête manger quelque part, la police entoure le bâtiment, armé jusqu'aux dents. Ambiance.
Et le soir on nous réserve une nuit dans le stade de la ville. Nous comptons 8 voitures de police dont certaines avec tourelle pour bloquer le périphérique et nous faire rentrer dans le stade.
Sirènes, gyrophares. C'est un peu trop. On se sent honteux de tout ce défilé juste pour nous.
Assignés à résidence, nous commandons à boire et à manger. Des voitures resteront au pied du bâtiment toute la nuit pour nous accompagner dés le matin.
Ainsi nous arrivons au Caire. Détour de 20km car ils nous amenaient à l'aéroport. En banlieue du Caire on nous promet de nous laisser tranquille dans la ville après avoir demandé à être considéré comme des touristes lambda. Mais le grand renfort de "Incha'allah" ne nous rassure guère. Tant pis. Le trafic est évidemment trop intense à cette heure pour qu'une voiture de police puisse nous suivre jusque Tharir square. On se perd donc malencontreusement.
Noël :
Sans tambours ni trompettes. Entre amis nouvellement rencontrés on profite des shawarmas, des kosharis, du vin et de la bière.
On se fait aussi sévèrement critiqué. Nous sommes fous de vouloir traverser le pas à vélo en sachant que si quelqu' chose nous arrive, c'est le black out sur le tourisme pour quelques temps encore ici.
On use et abuse de subterfuges pour nous faire réaliser que notre ego de mâle blanc est ce qui nous fait tenir tête à la situation alors que nous devrions prendre un train pour rejoindre le sud.
Mais têtu nous sommes. Sans être idiots. Nous avons conscience de tout ça, c'est le fruit d'une décision murement réfléchi que de rouler ici.
Joyeux noël.
Cairo - Louxor :
Sans escorte nous sortons et roulons. On s'engage dans le désert blanc lorsqu'une bombe explose à Gizeh. Nous dormons dans une mosquée abandonnée au milieu de nul part. Que va t'il se passer maintenant pour nous ? Avons passé un checkpoint 10km plus loin hier, et décidons d'aller voir ce qu'ils en pensent. Ils n'en pensent rien du tout et la situation est bien plus décontracté qu'on ne pourrait le penser.
On décide malgré tout de changer de route et de prendre la route agricole.
C'est pas forcément beau et intéressant mais au moins on se sent un peu plus safe. Que ça soit basé sur des faits concrets ou non, c'est du feeling plus qu'autre chose, et on marche au feeling.
En fin d’après midi avant d'arriver à El Fayoum, un pickup avec trois kids dessus tentent de me faire les poches en roulant, je tombe, et remercie mon casque.
Je souffle, bois un soda et on repart. Il reste 40km. 40km où je ne ferais que regarder derrière moi pour voir qui arrive.
Je ne peux dormir dehors ce soir. Ainsi à l'hôtel, sous la couette, je me réfugie comme un gosse. Il faut affronter ses pensées et ne pas tomber dans la peur pour trois mecs qui ont surement plus besoin de ce que j'ai dans les poches que moi.
Mais c'était plutôt brutal et dangereux. Secoue toi Clo.
Une dernière journée sans la police. Tout se passe plutôt bien et à nouveau, les gens sont chouettes et accueillants.
De là jusqu'à Louxor, nous aurons une présence policière quasi permanente, 24h/24 quoi que l'on fasse. Si je vais pisser ou acheter une barre de chocolat, j'ai une AK47 qui m'accompagne.
C'est pesant. On se dit que l'on s'y fait, mais non. Y'a qu'à voir l'état de mes ongles.
La ballade tourne à la course puisqu'il s'agit de parcourir parfois 140km dans la journée pour rattraper un hôtel ou la police peut contrôler les alentours ainsi que l'entrée.
Sinon tout se passe plutôt bien avec eux. Quelques problèmes dus à la barrière du langage et des équipes qui veulent en finir rapidement avec nous et nous pousse à continuer lorsque nous voulons nous arrêter pour manger, boire, ou uriner.
Ça me rend fou. Moi qui aime pédaler parce que je me sens libre sur ma petite reine, c'est le comble.
Mais tu le savais Clotaire. Tu connaissais la situation. Tu l'as choisi, arrête de râler.
Plus on va vers le sud plus l'ambiance est décontractée. Mais j'ai surtout l'impression que ça dépend plus des équipes que du reste.
Le peu que l'on tombe sur un flic qui fait lui même du vélo, on est assuré qu'il remue ciel et terre pour nous trouver à boire et à manger. Bon, ce n'est arrivé qu'une fois.
Je reçois des messages me disant que je vais trop vite, que je ne visite pas autant que je le devrais. Je mets un peu de temps à leur répondre. Je ne peux leur en vouloir d'être si loin de ma réalité.
Ainsi nous arrivons à Louxor. Pas vraiment la ville idéale pour se reposer, mais on squatte le toit de l'hostel qui nous protège d'un monde que je ne veux plus voir ces prochains jours.
Louxor, que dire. Fidèle à sa réputation dirons nous.
Louxor - Aswan :
La sortie de la ville est un peu chaotique, devant gueuler sur les gamins qui sautent sur les vélos.
Je n'aime pas la personne que je suis devenu. Je suis moins patient, limite paranoïaque et sous tension permanente.
Il n'aura fallu jusqu'alors éviter qu'un ou deux cailloux. Mais je met ça sur le dos de la présence policière.
Car après Louxor, la présence policière est beaucoup plus disparate. On ne comprend pas leur organisation mais dés lors, on roule. On roule, et ils s'adaptent.
Et là la situation change et la tension monte d'un cran.
Les gamins sortent de partout, pas toujours bienveillant. Il faut rouler plus vite pour les semer, éviter ce qui se mettent en travers de la route, anticiper ce qui font semblant de nous sauter dessus au dernier moment.
C'est lourd, et là je n'en peux plus.
On tient tête au pays mais je suis sur les nerfs. On salue, on dit bonjour et merci. Mais le coeur n'y est plus. Je veux vite partir. Et je n'ai pas fait tout ce chemin pour arrêter là, ce n'est pas même envisageable.
Alors on roule. Priant pour croiser le moins de villages possible, le moins d'école possible. bénissant par ailleurs les vendredi où les rues sont un peu plus vide même si les hauts parleurs des minarets hurlent toute la journée.
Un peu de présence policière ci et là. Les gamins lâchent ce qu'ils tiennent dans la main droite et saluent de la gauche.
Ceux qui nous courent après ralentissent en voyant le camion de police.
Et dire que je râlais après cette présence policière.
Puis Louxor. Je n'ai ni le cœur à visiter ni à apprécier. Je regarde la carte. Le désert. Les hommes se font plus rares. Endroit béni.
Aswan - frontière Soudanaise :
On quitte Aswan et allons en direction du désert. Il est interdit de traverser le barrage à vélo, on nous arrête un pickup. De là, la température change et les perspectives aussi.
Passons un premier checkpoint puis c'est le désert. Une escorte se greffe à notre groupe.
A la première station d'ambulance, on demande à dormir là. Le jours diminuant et le premier point étant à 50km avec vent latéral, c'est un compromis qui nous va.
Pas du goût de tout le monde, il faut continuer. Je passe les détails de cette soirée rocambolesque où nous finissons à l'arrière d'un pick up pour éviter d'être en état d'arrestation. Puis après la police roule avec nos vélos. Puis tout le monde est dispersé dans la nuit noir du désert. Puis un flic plie un dérailleur arrière. Puis nous finissons tous entier au poste de police.
Nous campons devant, réparons le dérailleur à la masse et nous endormons au bord de la route.
Le lendemain on nous laisse partir. C'est la fin de l'escorte, pour de vrai.
Et 110km plus loin nous arrivons à un checkpoint où la police nous demande directement si nous voulons camer là, tout semble plus simple.
Je vous passe mes chants d'amour pour les étendues désertiques. C'est beau. C'est intense.
Ainsi 260km plus loin nous arrivons à Abu Simbel. Là nous pouvons dormir sur le parking. Il faudra se battre un peu pour ne pas payer ce que nous n'avons pas à payer.
Nous passons là nuit avec les chiens du parking, mais heureux d'être seuls et au calme. Jusqu'à l'arrivée des bus de touristes à l'aube.
On chope un bateau pour traverser le Nil. Il faudra là encore jouer des coudes pour ne pas payer ce que nous n'avons pas à payer.
Vive les échanges d'infos entre voyageurs..
De là, 36km jusqu'à la frontière. Ces kilomètres sont magnifiques. Le désert change de couleur, le relief reprend, l'horizon est brisé par les amas rocheux. Là encore je fond d'amour pour cet endroit.
Puis la frontière. A savoir qui de cette frontière ou de Kafka a inspirer l'autre. C'est fini, nous sommes au Soudan.
Visa :
Visa d'un mois que l'on a en quelques secondes à l'aéroport en échange de 25 dollars. Tolérance de dépassement de 14 jours, techniquement. J'ai dépassé d'une semaine et n'ai eu aucun soucis au moment de sortir.
Sinon extension possible des divers immigration office.
Quand à avoir le visa dans l'autre sens, aucune idée du fonctionnement. Mais je pense qu'il est aisé de l'avoir à la frontière Soudanaise.
La frontière :
Justement, pour éviter de tourner en rond.
Apparemment une taxe de 100EP à payer à la sortie. Difficile de vérifier la véracité. On essaie de refuser mais on nous dit qu'on va camper là. Ça nous fait bien rire tiens.
Mais surtout, il semble que tout le monde paie le même ticket pour passer la grille, donc bon, on se dit que pour une fois, on doit vraiment payer le bon prix pour le bon ticket.
Assurez vous bien de récupérer la fiche de sortie rose avec le timbre qui coute 2EP. Le bureau se trouve 2 portes sur la gauche.
Sans ça, pas de sortie.
Sans cette info, vous tournez en rond pendant 2h, littéralement, envoyé d'un bureau à un autre. Personne ne semblait savoir où nous pouvions trouver ce foutu papier.
Un coup de tampon, un passage de grille et le Soudan.
Généralités sur prix/négociations :
Pas sur d'avoir souvent payé le bon prix pour les bonnes choses. Le prix fluctuant tout le temps pour un même type de produit.
Les mecs se sont rendus compte à l'autre bout de l’Égypte qu'ils payaient 2EP systématiquement pour chaque paquet de clopes. Quand il a découvert ça au comptoir, j'ai cru qu'il allait l'embrasser. Il a regardait la monnaie, lui a serré la main avec un grand sourire.
Attention, je ne dis pas que les gens sont malhonnêtes, il y a juste le prix touriste. Lire un peu l'arabe, au moins les chiffres, et le bredouiller, c'est un vrai plus.
"5 pounds
- C'est écrit 3.
- Ah oui je n'avais pas vu."
Le mec vend le même paquet de gâteau depuis 20 ans. Mais bon, c'est comme ça, ça fait partie du jeu.
J'entends d'ici le "Tu vas pas chipoter pour 10 centimes".
Et bien selon les conditions, si. Je n'ai aucun mal à donner dans la rue un peu d'argent aux femmes, à offrir à manger.
Mais qu'on me prenne pour une bille ça me fatigue. Et de plus, je voyage sur une durée trop longue pour que je puisse me permettre de perdre chaque jour un peu d'argent.
Conclusion :
Que dire ? Un pays complexe. J'ai vraiment eu des écarts thymiques important selon qui j'avais en face.
C'était parfois beau et simple. Humain.
Et parfois c’était incongru et glauque.
Sinon le pays est chouette. J'y ai trouvé de la vie, des belles personnes, une identité.
La vallée du Nil est vraiment chouette. Les contrastes avec le désert et les petits sommets alentours sont cools.
Les temples sont évidemment chouettes pour le peu que j'en ai vu, et j'adore le Caire !
De manière globale, je ne me suis pas senti à l'aise. Dire le contraire serait mentir. Et comme je l'ai dit, c'était plus dans l'optique d'une traversée nord sud que d'une réelle envie de traverser l’Égypte à vélo.
Suis je inconscient ? Ais je bien fait ou non ?
Croyez moi, j'ai déjà toutes ces questions en tête, pas besoin de jouer la carte du jugement ou de l'introspection. Je ne fais que raconter ce que j'ai vécu et ressenti.
C'est dans une démarche plus globale d'un voyage au long cours, où l'on tombe dans des endroits un peu moins sympas, dans des situations moins cools que dans d'autre.
Ce n'est pas une recherche de la souffrance ou de la difficulté. C'était sur ma route, et je ne veux pas céder à la facilité.
Par ailleurs, je ne suis pas idiot, si la situation est vraiment mauvaise, je skip.
Mais se sentir mal à son aise ne veut pas dire se sentir en danger.
Voilà. A vous les studios.
Désolé pour le pavé. J'ai écris ça sincèrement et suis ouvert à toute critique.
Et pour pus de photos je vous envoi vers mon site internet : www.lepedalistan.com
Ou sur mon compte instagram où j'essaie de publier a word a day : @lepedalistan
Woops 🙂
J ai lu mais je relirais. Je ne suis pas cyclo mais c est passionnant ce recit.
J ai un peu en lisant (mais oui faudra que je relise) la meme impression que j ai eu em regardant la video d un gars qui avait je crois fait l inverse. A pied. Avec les escortes et emaillees des memes anecdotes de parcours.
En tout cas bravo.
Je recois chez moi en warmshowers et c est a chaque fois formidable. Le dernier cyclo de l ete dernier ralliait Londres a l Irak. (il etait irakien travaillant a Londres)
Ahah bien vu. Disons que j'ai ri en l'écrivant, et en te lisant.
Comme un goût de Loti derrière tout ça, "L'inde sans les Anglais".
Après, j'ai écrit ça avec des pincettes car j'aime bien l'ironie et l'humour noir, mais via internet, il peut rapidement y avoir quelques soucis d’interprétation.
Je pense que quelqu'un qui va en Égypte pour plonger va se régaler. Mais alors, y aller pour faire de la bicyclette..
Ravi d'entendre ça, tant mieux.
J'ai l'impression que les ressentis de ceux qui l'ont lentement traversé est similaire. Et même depuis pas mal d'année. Au moins il reste égal à lui même.. J'essaie de voir le côté plein.
Pour warmshower merveilleux, merci d'héberger des cyclistes. Dans bien des cas ça nous aide, et les échanges sont souvent très chouettes.
Donc en effet, le prochain pavé sera un pavé Soudanais. Sans mauvais jeu de mots avec les révoltes civiles actuelles.
Merci du commentaire, ça motive à continuer à écrire.
Et donc la suite logique, le Soudan. Que dire du Soudan ? Encore un pays qui est très connoté me semble il. Alors voici mon humble expérience de cyclo.
Introduction :
Passons avec succès la frontière. Je regarde le ciel et remercie n’importe qui pourrait y siéger pour m’avoir fait enfin passe cette frontière. L’Egypte est derrière. Et c’est devant que je regarde. Devant, derrière, sur les côtés. Du pareil au même, une belle étendue sableuse. Un de ces moments où on se sent loin de chez soi. On se sent vulnérable, mais aussi protégé par l’idée que j’ai des Soudanais. On se disait en rigolant : « Ca va être beaucoup plus cool. Enfin de toute façon il le faut. »
Le Soudan est le bastion des Hommes entre l’Egypte et l’Ethiopie. Le bastion de nos espoirs et de notre repos. Je suis fatigué de regarder derrière moi et d’éviter les tuks tuks qui nous foncent dessus.
Lorsque mes amis Egyptiens me demandent « Alors, comment c’était de traverser mon pays à vélo ? », j’ai un peu peur d’être brusque et frontal. Je fais la différence entre les cons et les égyptiens, mais le ratio que j’ai vu sur ma route connait un équilibre précaire.
Et ici, c’est un peu comme s’ils se devaient, par un mystique devoir moral, d’être bons et accueillants. Une soupape de quelques centaines de kilomètres avant de retourner dans un autre bourbier.
Nous passons la frontière en fin d’après midi.
Le trajet :
Wadi Alfa - Abri - Dongola - Old Dongola - Khartoum - Al Qadarif
Traversée du pays en environ 38 jours et 1700km.
La frontière :
En venant de l’egypte, on a vraiment eu le sentiment de rentrer en Afrique. Alors désolé, c’est un peu cliché, mais ne vous ne méprenez pas sur ma personne ni mes dires !
C’est simplement une atmosphère plus détendue, où un flic décontracté fait semblant d’entrouvrir nos sacoches tout en nous posant tout un tas de question sur notre voyage.
Puis ça grouille de partout, des cartons, des porteurs, des vieux des moins vieux.
« Mais c’était déjà pareil en Egypte Clo.
- Je sais mais je trouve que quelques mètres plus loin ça faisait plus Afrique c’est tout »
Voilà, je fais les questions et les réponses pour vous économiser du temps te de l’énergie. Afouan.
Les premiers jours :
Une fois la frontière passée, nous passons un première nuit à la frontière. Il est trop tard pour rejoindre Abri, nous préférons dormir ici. On demande pour dormir sous un abri de tôle qui sert de cantine le matin et le midi, ça ne semble poser de problème à personne.
On boit un thé assis face au soleil qui se couche, on sent la pression redescendre. Il n’aura fallu que quelques mètres pour que nous puissions poser notre tente sans problème, Tout parait si simple d’un seul coup.
Nous passons la soirée avec des routiers égyptiens, pour eux le passage est bien plus long, autant dire qu’ils n’ont pas même idée de quand il passeront la frontière. Ils sont armés de tas de papiers et de leurs plaques d’immatrciulation de transit.
Nous passons une agréable soirée à partager ce que nous avons à manger et à boire. A la fameuse question « Et l’Egypte, c’était comment alors ? », on essaie de ne pas trop se perdre en mensonges. Surtout que notre arabe est aussi mauvais que leur anglais, on explique gentiment que ce n’est pas la terre d’accueil des cyclistes. Mais eux encore ont la douceur de ces égyptiens que nous avons rencontrés sur la route et qui nous rendirent la route plus facile.
Et nous arrivons à Abri. L’ambiance est tellement plus détente que dans les villages égyptiens. Prenons le thé en prenant la température. Mais nous arrivons trop tard, il faut attendre quelques jours pour que le service d’immigration ouvre et que l’on puisse s’enregistrer.
La ville est calme, plus personne le soir venu. Pas même une lumière, on ne voit pas où on met les pieds. La vue depuis les petits sommets alentours est vraiment chouette. Et tout autour ce sont des cabanes de pêcheurs, des hommes sans âge qui brodent des filets de pêche et qui le font certainement depuis que décennies. Les gestes sont précis malgré leur cécité guettante.
Lorsque le bureau ouvre, on s’y précipite et les vélos attendent, prêts. Il m’aura fallu 10 minutes pour m’enregistrer, les mecs arrivent quelques minutes après moi et pour eux il faudra compter en heure. La magie de l’Afrique, tout roule à condition qu’on arrive au bon moment. Il semble que j’eu la chance qu’à mon passage, tout le monde fût assis à la bonne place.
Puis on reprend la route, on l’entame pour ainsi dire. On met cap sur Abri à travers le désert.
Abri - Dongola :
Premier contact avec le désert Soudanais, on reprend aussi possession de notre liberté. Passons la première nuit caché derrière de gros rochers. A la nuit tombée, le traffic diminue pour presque se réduire à néant. Les étoiles, le silence. Le bonheur.
Nous trouvons de l’eau le lendemain au bord de la route, il ne faut pas longtemps pour qu’un militaire arrive et nous apporte à manger sur un grand plateau couleur argent. Serait ce la fameuse hospitalité Soudanaise ? Nous arrivons deux jours plus tard à Abri. Une étape qui semble aller à tous les voyageurs de passages. Il n’y a pourtant pas grande chose. On profite du coucher de soleil sur le nil et allons explorer l’ile centrale. Une ile où s’étend d’un bout à l’autre des maisons relié par une inlassable piste sableuse.
Puis vient l’heure de partir. Partir des petites villes comme ça, c’est s’assurer quelques jours au beau milieu de nul part, au milieu d’un désert qui de jour en jour nous surprend par sa chaleur malgré la saison. De plus de ce coté du Nil, il est relativement montagneux, beaucoup plus que du côté ouest. On devine l’autre côté du fleuve avec son sable orangé. C’est fou comme la différence peut être si flagrante.
Nous rencontrons deux cycles irlandais sur la route avec lesquels nous étions en contact depuis quelques temps, al rencontre eut lieu au seul endroit où nous pouvions trouver de l’ombre.
Nous retrouvons dongola le lendemain. vu la taille de la ville sur la carte, nous nous attendions à quelque chose de conséquent. Un endroit où nous pourrions trouver un peu de variété dans les supermarchés et les restaurants.
Il se trouve que le menu collera aux classiques, encore et toujours.
Une tempête de sable nous surprend, bien content d’être à l’hôtel ce soir là. On ne voit plus rien du tout, tout le monde ferme boutique.
Old Dongola - Khartoum :
On repart de gondola en choisissant la route du Sud qui va vers Old Dongola. On sait qu’elle nous fait surement skipper Karima mais tant pis.
La route qui va ensuite de Karima à Khartoum par Meroe est la seule route qui va de Port Soudan à Khartoum. C’est un des axes principales du pays et les cyclistes n’y ont apparement pas leur place.
On s’est vu conseillé de l’éviter, c ‘est donc ce que nous ferons.
Et il y a Old Dongola que nous comptions visiter au sud.
N’étant pas un grand expert ni un grand sensible en archéologie, je ne peux pas prétendre avoir apprécier le lieu. J’ai surtout pousser mon vélo dans le sable sous le canard, tenté d’échapper à la police qui nous réclamait 15USD de droit d’entrée.
Et encore une fois là, on apprend qu’ici, il ne sert à rien de s’énerver mais qu’on arrive toujours à discuter, et en l’occurence à partir sans payer 15USD pour un site que j’ai trouvé fade.
C’est pas très malin, mais on ne savait vraiment pas qu’il fallait payer pour rentrer dans ce site sans réelle entrée.
On peut voir la partie qui tient encore debout depuis la route, et ça suffit largement. En revanche le village juste à coté, je le trouve vraiment chouette. Des routes où le sable fait pousser les vélos, où les palmiers donnent un peu d’ombre.
De là on file vers la porte du désert qui est la route la plus droite vers la capitale. 303km de désert plus 30km de zone urbaine avant d’arriver au centre de Khartoum.
L’organisation pour l’eau et la nourriture est somme toute assez classique. Il faut prévoir de quoi survivre pour les 50-60 prochains kilomètres et tout devrait bien se passer. Quelques baraques à thé et restaurant aux menus plutôt concis : omelette et foul. Pas de quoi passer trop de temps à hésiter en parcourant le menu du bout des doigts, un paradis pour les indécis.
Quand au désert, c’est assez classique. On passe par des étapes d’émerveillement jusqu’à l’ennui en passant par la discussion solo face à sa gopro. Les nuit sont chouettes, le ciel est brillant d’étoiles.
Quelques checkpoints de police où l’on peut planter la tente, sinon pour quelques centimes on peut trouver un lit en corde sous les baraques à thé. C’est un bel endroit pour prendre part à la vie locale. On mange par terre entre les gens qui prient et ceux qui attendent que l’horizon s’obscurcisse.
Très surpris par la quantité de déchets plastiques phénoménales autour de ces zones où l’homme y trouve de l’ombre et de l’eau. Ça remet les choses en place.
On en sort donc sous une chaleur pas possible. Le paysage fût assez rébarbatif mais on a du temps pour soi et soi même, qu’on le veuille ou non. On peut chanter faux sans déranger quiconque.
Puis arrivée par Ondurman dans Khartoum. Surpris de la courtoisie des chauffeurs, je fût habitué à bien pire ! La ville prend des airs un peu moderne vu de loin, avec quelques bâtiments qui trônent au dessus des autres avec leur allure moderne.
Cependant, on le Soudan reste le Soudan, même dans la capitale. Des hommes font attendre des troupeaux de chèvres au bord des routes en attendant d’en vendre quelques unes. Elle partent alors en râlant, tirée par l’oreille et installé brusquement dans le coffre d’une voiture.
De plus, il suffit de quitter les axes principaux pour retourner sur des routes cahoteuses et poussiéreuses. L’asphalte n’a pas encore coulé partout.
On trouve un peu de réconfort à Ozone, l’endroit branché de la ville. On y retrouve un peu le côté occidental. Côté que je recherche parfois et que j’assume.
Ca me rappelle cette fois où en Iran, une touriste Canadienne me disait qu’elle ne fréquentait pas les coffee shop un peu western style de Kashan car elle voulait de l’authentique, de l’Iranien. Sauf que oui c’est cool quand tu es là 10 jours. Mais quand tu es parti depuis longtemps, et que c’est même pas encore un tiers de ce qui est prévu, ben j’accepte volontiers couteau, fourchette, cappuccino et hamburger.
Le musée principal est plutôt chouette et peu cher. Ca ne vaut pas le coup de s’en passer. Ensuite ce sont des attractions secondaires à mon humble avis. Il y a si peu à voir qu’on se rabat vite sur les sightseeings de seconde zone.
Finalement donc nous y restons bien plus longtemps que prévu car au début on nous offrait un appart pour nous seul où nous pouvions nous étaler et bricoler les vélos. Puis ensuite car tout le monde tour à tour fût malade.
Avons aussi eu nos visa éthiopiens et j’ai eu le temps de perdre carte bleue, carte d’identité et un peu de dollars entre temps. Voilà pour Khartoum.
Khartoum - frontière Ethiopienne :
Nous roulons pendant quelques jours jusque Al Gadarif. De là la route se sépare entre deux solutions qui sont deux frontières avec l’Ethiopie. Metema, l’officiel, et Humera, la non officiel.
Les derniers retours sont plutôt inquiétants sur la région Metema, Gondar et Bahir Dar. On décide de passer par l’autre, plus au nord.
La route jusque Al Gadarif est plutôt dangereuse. Beaucoup de traffic sur une route en mauvais état et étroite qui plus est. Les jours sont longs et nous mettent sous tension, ça rend la dynamique de groupe beaucoup plus difficile à gérer.
Une sections de quelques dizaines de kilomètres nous donne l’immersion de mettre un pas de plus en Afrique. La végétation change, le relief apparait tout doucement. On croise de jolis oiseaux, des singes. Les villages se transforment, les huttes circulaires apparaissent. Il n’aura fallu que d’une demie journée de vélo pour changer de monde.
Checkpoint de police ci et là, où nous dormons souvent, accueillis avec la plus grande des bienveillance par la police.
Quand au reste, beaucoup de villages, pas de problèmes de ravitaillement.
Nous ne restons qu’une nuit en ville, le temps d’enlever la poussière des vêtements et de faire quelques provisions pour la dernière ligne droite avant la changement de pays.
On doit aussi se dépêcher car notre visa n’a plus que quelques jours de validité. Nous roulons donc 60km jusqu’à une intersection qui prend à l’est, de là, l’Ethiopie est plus ou moins tout droit.
Plus ou moins car il y a le Nil à passer, que les bacs ne tournent pas tous les jours et pas partout.
On perd un peu de temps à trouver notre chemin avec cartes et GPS qui sont dépassés et loin d’être à jour. Puis entre routes et pistes, nous arrivons lentement à la frontière. Il fait chaud, très chaud.
Aucun problème ici ou ailleurs pour dormir où que nous le souhaitions. C’est même déroutant de facilité parfois : « Bonjour, on peut dormir là ? - Bien sur, bienvenue ». Et hop. On s’habitue vite au confort qu’apporte la sécurité.
Le passage de frontière :
Classique avec ce genre de frontière, quelques shops qui vendent de tout et de rien. Histoire de dépenser l’argent soudanais qu’il reste. J’ai réussi à échanger un peu d’argent aussi au petit resto où nous avons mangé, la plupart des tenanciers de ces échoppes étant Ethiopiens.
Il y a donc un poste douanier côté Soudanais sur la route qui rejoins Humera. Il n’est pour aucune carte mais il existe. On nous fouille vaguement les sacs et en quelques minutes le passeport est tamponné. Les flics sont en tong, comme d’hab. L’ambiance est détendue. Un dernier regard sur le drapeau soudanais peint sur les tôles puis il faut maintenant passer un simple cordon qui est tendu au travers de la route. Nous sommes en Ethiopie.
Puis la section info, commençons par la sécurité :
Aucun problème de ce côté là. Mais alors pas du tout. Non seulement je ne me suis jamais retrouvé dans une situation où j’aurais pu me sentir en insécurité mais pas même non plus mal à l’aise. Je leur fait même plutôt confiance. Je n’ai pas de mal à laisser mon vélo pour aller acheter quelque chose ou aller boire un café. Bon tout en gardant un oeil et en minimisant les dégâts possibles, mais je ne me sens pas en panique comme devant un Lidl dans le nord de la Hongrie.
Concernant les émeutes qui ont cours au moment même où j’écris ça, les Soudanais sont suffisamment intelligent pour nous écarter des zones concernés en temps voulu. Nous avons vu quelques petits échauffourées tout en s’en écartant le plus possible. Quelques odeurs de gaz lacrymo qui nous font rentrer à la maison aussi.
Visa :
Nous avons eu le visa à Cairo, et pour ça avons payés 150 dollars. Non vous ne devez pas. Mais il y a tellement de merveilles du monde concentrées en un seul pays que..ah ben non en fait.
Le visa était de nouveau faisable à aswan à notre passage, au même prix.
Il est distribué dans la journée, ne nécessite pas de lettre d’invitation et le reste est simple comme bonjour.
D’ailleurs, l’ambassade permet, je trouve, d’avoir déjà une idée de la douceur du peuple Soudanais. D’ailleurs on m’a filé plein de « cadeaux » à cette ambassade, c’était vraiment rigolo.
On peut y manger et boire, entrer et sortir. Pas un soucis d’y passer la journée.
Sachant que, pour chaque personne que j’ai rencontré et qui a eu son visa en dehors de l’Egypte, le cout faut bien moindre. Il y eut même pour certains quelques dérogations de validité pour l’entrée. En gros, si vous comptez arrivez de chez vous au Caire et ensuite rouler jusqu’au Soudan, rapprochez vous du consulat en France, ça devrait couter moins cher, peut être.
Le change :
Car oui nos cartes bancaires ne fonctionnent pas sur le territoire soudanais.
Tout au marché noir, et il fluctue souvent. Il semblerait que le taux le plus intéressant soit sur Khartoum, sinon à Halfa c’est pas mauvais non plus. On viendra à vous, surtout à Halfa, pour la capitale il faut déjà être dans le bon secteur.
J’ai trouvé qu’il était plus difficile de contrôler le taux de change ici qu’en Iran. Mais encore, je les trouve très honnête.
Veillez à ce qu’on ne vous redonne pas le change en billet de 5 ou de 10 SD. Alors oui ça fait de la petite monnaie et ça fait « voyageur, de l’extreme » mais c’est aussi vite chiant si vous échangez 200 dollars..
D’ailleurs dollars, euros et egyptian pounds sont échangeables.
Ils viennent de sortir des billets de 100SD, j’en ai vu mais n’en ai pas eu entre les mains. Sachant que c’est rarement un problème de payer en billet de 50SD, ils ont toujours la monnaie ou en tout cas se débrouille pour.
Généralités sur prix et négociations :
Difficile de s’adapter aux prix locaux, surtout que le cout de la vie venait d’augmenter et que nous étions sur la défensive, mais alors comme il faut !
Au vu des prix on se disait mais c’est pas possible, ils ne peuvent pas payer 50 cents pour un paquet de 300g de pâte ?! Ben si. Ça avec tout le reste, on comprend un peu le climat de révolte.
Mais aussi et surtout, en venant d’Egypte, on avait peur de se faire encore prendre pour des vaches à traire.
Sauf qu’on s’est vite détendu. D’autant plus que les gens sont tous relativement trés agréable, ça change aussi la manière dont on considère ses centimes !
Donc on paie souvent un peu plus cher mais bon, là j’ai du travailler sur moi. J’me suis dit que si je voulais pas qu’on m’observe sans cesse dans la rue ou si je voulais toujours payer le bon prix, je n’étais probablement pas sur le bon continent.
L’eau :
Je fûs deux fois malade au Soudan, probablement les deux à cause de l’eau et des glaçons. Difficile à dire. c’était rapide mais brutal.
Il y a de l’eau à peu prés partout dans les fameuses jarres au bord de la route, là où l’on trouve aussi de l’ombre par la même occasion. Nous la filtrons systématiquement et parfois la consistance est même sacrément épaisse..
Il y a quelques sections sans eau mais là c’est du détail. Les locaux savent plus ou moins, demandez aux cyclistes sur le groupe whats app en cas de doute, ou à moi si il y a une chance que je m’en souvienne.
Mais jamais inquiets nous ne fûmes puisque beaucoup de passage et toujours possibilité d’arrêter camion ou voiture.
La nourriture :
C’est relativement rébarbatif. J’ai vraiment eu l’impression que les gens mangeaient pour manger. En tout cas surtout à la campagne. Il n’y a pas cette culture de la table et de la gastronomie. Ca peut parait évident pour certains, ça ne l’était pas pour moi avant que j’y mette les pieds.
Donc voila. Il faut aimer les œufs, le pain sans sel et les fèves concassées. Parfois du poisson et de la viande selon les endroits mais bien plus cher que le reste et pas toujours très appétissant..
Et pour les épiceries tout au long de la route, disons que la situation est plus ou moins la même. C’est toujours la même chose. Content d’avoir pris un peu de truc en Egypte, mais pas suffisamment pour dire d’être confort. La sauce soja a tout de même permis de faire semblant de donner du gout à mes pâtes croustillantes de sable. Mais prendre un pot de beurre de cacahuètes ou de confiture qui n’est pas que du sirop de glucose ça ne fiât pas de mal !
Par rapport à tout ça, j’en dirais plus dans la conclusion.
Réseau téléphone et internet :
Back to the VPN ! Globalement, tout est interdit sur le net. Donc il faut passer par un VPN qui renvoi la connexion sur un serveur d’un autre pays. Ce qui rend la connexion déjà lente encore plus lente.
En dehors des villes c’est un peu dur de trouver de la connexion, ou a proximité des antennes ça le fait, mais il ne faut pas être pressé. Je passais parfois une heure à publier un post sur instagram/facebook pris dans mon entêtement à poster chaque jour, ce qui avait le don particulier de me rendre fou. Encore une belle leçon, encore un truc que je ne maitrisais pas.
Sinon, plutôt facile de choper une carte sim chez Zain ou MTN. C’est vraiment cheap, même avec un forfait 10GB. Comptez environ 3 euros max avec le taux de change black market.
Il juste ne pas trop en demander, et tout se passera bien.
Et une petite conclusion ?
Nous avons donc traversé le Soudan du nord au Sud de la frontière Egyptienne jusqu’à la frontière Ethiopienne. Traversant par là l’ancien plus gros pays d’Afrique et le plus grand désert du monde.
Ce fût intense. Pas dans les émotions, mais dans la manière de s’en astreindre justement.
Je ne peux pas dire que ce soit un très beau pays, car ce n’est pas l’impression sincère que j’en ai eu. Quelques sections furent belles, mais dans sa globalité, je ne peux pas dire que le pays soit esthétiquement beau. On fait toujours semblant de « sortir des sentiers battus » et d’aller là où « les touristes ne vont pas ». Mais soyons sérieux, généralement si il y a des touristes c’est qu’il a y a quelque chose à voir !
C’est ça toute la finesse du Soudan. Ce n’est pas de spectaculaires sommets ou océans, chutes d’eaux ou monuments archéologiques. C’est la douceur dans les regards, l’invitation par les gestes, l’accueil par le sourire.
Et j’ai toujours gardé en tête ce que Tristan m’avait dit : « Il y a beaucoup de Soudanais dans la rue à Grenoble ». Ca donnerait presque une bonne excuse pour rentrer et donner un sens à la sédentarité. Aider, donner la main. Rendre ce que j’ai reçu sans que personne, jamais, n’ai entendu un merci.
Hier je partageais un verre avec des jeunes. L’un d’eux me dit : « Tu vois, on a un verre pour trois mais on boit chacun notre tour, on partage. Vous les Faranji (blancs), vous ne partagez pas. »
Ben non, chez nous, tu as un verre, tu le bois. L’autre va se servir, et s’il n’a pas les moyens de le remplir, il ne boira pas. »
( Je ne parle pas d’alcool, c’est pour pousser la métaphore.)
La méritocratie. Si tu n’as pas assez c’est que tu ne fais pas assez pour en avoir autant. Le cancer qui métastase tout un pays.
Ce fûrent de longues sections de routes avec le même décor, la même chose pour manger et le thé pour seul distraction.
Ce fût une plongée à l’intérieur de soi. Gérer ses envies, ses frustrations, ses désirs.
C’est accepter de n’être pas grand chose. En tout cas ni plus ni moins qu’un autre. Si on a faim, on mange ce que l’on nous donne, il n’y aura rien de plus. Alors tu fais taire cette voix en toi qui réclame quelque chose de particulier. La règle numéro un, on ne parle pas de ce que l’on ne peut avoir, même la pensée seule aboutirait à la souffrance.
On se lave les mains, on s’assoit au sol et on mange avec la main droite, comme tout le monde.
C’est l’humilité que l’on apprend. On oublie sa condition d’Homme lorsqu’on peut trouver un carrefour market chaque 200 mètres de son pas de porte. On est chasseur cueilleur rien qu’en tendant la main sur les étagères. La magie du 21éme siècle.
J’ai trouvé touchant notre profond changement et adaptation. L’émotion dans les mots et les yeux de quelqu’un qui a trouvé de la sauce tomate, un soda frais, ou une jarre d’eau où l’eau se rapproche de la transparence.
Une grosse leçon sans que personne n’ai écrit quelque chose au tableau. Sans professeur ni évaluation.
Je n’ai jamais était aussi sale et aussi longtemps. Je ne me suis que rarement senti humain de nouveau après une douche.
La météo est rude, la route est rude, la végétation est rude.
La fameuse zone de confort. Celle que certains cherchent à fuir en prenant un vol pour Bangkok pour aller faire la même chose mais plus loin. Moi le premier, jadis.
On roule sous presque sous 50 degrés. On ne sait plus ce que veux dire tendresse ou confort. On se bat avec les mouches, les moucherons. On essaie de protéger sa casserole pour ne pas manger des pâtes trop croquantes. On ne se regarde pas dans un miroir pour ne pas affronter sa propre image. L’image de ce que la route à fait de nous.
La raison pour laquelle je roule est bien au delà des mots. Je ne sais même plus pourquoi je fais tout ça. Je m’en fout. Trouver des raisons, c’est uniquement pour se justifier aux yeux des autres.
La vérité c’est que je ne me suis jamais senti aussi vivant. Même si je ne reconnais plus mon corps et même si je suis perdu dans une culture que j’essaie tant bien que mal d’assimiler et de comprendre. Jamais senti aussi vivant.
Et vous pouvez toujours si le coeur vous en dit, suivre ma page facebook ou instagram où les publications sont bien moins sporadiques qu'ici.
De plus, je reste ouvert à toute remarque ou question.
www.lepedalistan.com
FB : Le pedalistan, a bike journey
Insta : @lepedalistan
Merci de partager ton expérience ici. Justement, je me demandais comment réagiraient les soudanais à l'instauration de l'état d'urgence et quelles en seraient les conséquences sur le terrain, pour le voyageur...
Bien sûr nous allons te suivre et attendons déjà tes retours d'Ethiopie avec intérêt.
Bon vent à toi !
Tout d'abord parce que j'aime le vélo :
j'en fais toujours modestement en Bretagne, mais , plus jeune j'ai fais des longues distances dans le style "Paris/Brest/ Paris", un truc de taré avec souvent à la clef la recherche de la performance. Ce fût mon cas en parcourant la distance en 62 H, temps total qui inclue deux courtes siestes sur le parcours...J'étais plus jeune à l'époque!
Je reste admiratif de ces voyageurs rencontrés qui ont suffisamment de tripes pour se lancer dans des aventures comme la tienne! j'en ai vu en Afrique ( Rwanda, Zambie...) en Amérique latine aussi ( Bolivie dans le salar d'Uyuni, Pérou, Equateur)
Admiratif je le dis, car affronter le désert ou les montagnes andines ce n'est pas que du plaisir, mais comme tu le soulignes, c'est peut être une rencontre avec soi-même, une ballade au plus profond de son âme...
J'ai renoncé au vélo pour les voyages au long cours, nous voyageons en couple, sac à dos et transport locaux, mais c'est vrai que la rencontre de cyclistes dans nos pérégrinations nous laisse toujours rêveur!
Nous avons fais ton parcours en sens inverse: Ethiopie, Soudan et Egypte...mais sans enfourcher un vélo!
J'ai un regret pour toi, avis perso, mais je peux aussi comprendre qu'à vélo l'itinéraire ne permet pas une totale liberté:
c'est le fait qu'il me semble que tu as passé à côté de merveilles au Soudan. Les sites archéologiques sont remarquables et (très) peu fréquentés.
"je ne peux pas dire que le pays soit esthétiquement beau. On fait toujours semblant de « sortir des sentiers battus » et d’aller là où « les touristes ne vont pas ». Mais soyons sérieux, généralement si il y a des touristes c’est qu’il a y a quelque chose à voir !"
Il n'y a pas (ou peu) de touristes au Soudan, c'est clair, mais les sites de Karma, Karima, Bejrawia, Merowe sont de toute beauté...
Merci pour votre message !
Merveilleux ! Bravo en tout cas. Une toute autre manière de pédaler. Je ne sais pas si je suis fait pour ce genre de choses. Bien que j'ai tout de même dans l'idée de participer à la transcontinental race un jour..
Je ne pense pas avoir autant de tripes que ça. Je suis là parce que j'aime ça et que de toute façon je ne tient pas en place, il me faut bien être quelque part !Et oui c'est loin d'être facile. c'est le moins que l'on puisse dire. Mais il y a tout un tas de facteurs qui font que ça fait devenir le tout intéressant. On sait toujours que la lumière est au bout du tunnel. Je dis surtout ça car en ce moment en Éthiopie n'est pas une partie de plaisir.
Il n'y a pas une bonne manière de voyager, il n'importe seulement qu'elle nous convienne et qu'elle nous rende heureux. Le reste après.. Mais je reconnais que les cyclistes m'ont toujours fait rêver. J'ai toujours trouvé ça esthétique.
Concernant le Soudan, je suis tout à fait d'accord avec vous.
Mais toujours, plusieurs choses :
- Je ne suis pas un grand fan d'archéologie. Disons que ça ne me transcende pas.
- Le visa nous courait après.
- Tous malade à Khartoum, perte de temps, de patience, de motivation, d'argent.
- Je pourrais revenir et me concentrer sur les endroits touristiques.
- J'ai l'impression, et ne suis pas le seul, que nous avons l'esprit hors de tout ça à vélo. En Afrique il y a tout un tas de paramètres qui fait qu'on ne visite pas forcément les sites majeurs. On n'est pas venu pour ça concrètement à mon humble avis.
- C'est cher (pour moi).
- Parfois les endroits sont aussi si beaux que je me dis : je reviendrais avec la future femme qui me supportera.
Pour l’Éthiopie. Par où commencer ? entrer en terre d'Abyssinie à vélo c'est quelque chose en effet. Mais on est surtout concentré sur la sortie on va dire...
J'écrirais un loooooong compte rendu lorsque je serais ua Kenya.
En attendant vous avez mon post quotidien sur instagram, FB ou sur mon site internet : lepedalistan.
Ca vous donnera une idée de la situation en temps réel..
Pour ceux qui ont pu rouler en Afrique ou qui ont une idée du déroulement, vous devez savoir que ce pays à probablement la pire réputation pour les cyclos. Je ne pense pas avoir entendu autant de témoignages allant systématiquement dans le même sens pour un même pays.
Avant d'y entrer, déjà les copains devant moi rencontraient des problèmes. On espère que pour son passage les choses soient plus calmes. C'est mignon n'est ce pas ?
J’ai rarement eu si peu envie de passer une frontière.
C’est souvent sujet à l’excitation et l’impatience. Là, faut avouer que je voyais surtout le drapeau éthiopien qui flottait et qui me rappelait de mauvais souvenir.
Je regarde cette chaine qui fait la séparation sur la route. Il va bien falloir la passer, se décider à quitter la quiétude soudanaise.
Je dirais 2000km à vue de nez. Puis le dénivelé : beaucoup.
Visa :
Nous avons eu le visa à l’ambassade de Khartoum. Arriver tôt le matin pour être dans les premiers c’est être sur de déposer son dossier rapidos et aller boire des bons cafés chez Ozone.
Attention, je crois qu’il n’accepte que 70 personnes par jour, donc même si vous ne comptez pas être dans les premiers, il faut tout de même arriver avant le 70éme.
Simple entrée 1 mois : 40 USD
Simple entrée 3 mois : 60 USD
Multiples entrées 3 mois : 70 USD
(de tête).
Visa à récupérer en début d’après midi. Donc systématiquement dans la journée. Il commence le jours de l’émission.
Mais comme toujours avec les visas, vérifiez par vous même, ça change souvent.
Frontières :
Il y a 3 frontières que nous pouvons techniquement traverser depuis le Soudan. Celle vers Humera, celle de Metema et une plus au sud. Il vaut mieux apparemment éviter celle du sud.
Celle de Metema est souvent sujette à des conflits locaux, à vérifier avant d’essayer, ça évite certains désagréments. Des copains cycles sont passés au mauvais moment et apparemment c’était pas beau à voir.
Sachant que cette frontière elle mène souvent les cycles à passer par Gondar et Bahir Dar. C’est une section à problème, plus qu’ailleurs en tout cas.
Pas forcément pressé par le temps, désireux de rouler au maximum dans la mesure du possible, nous avons décider de passer par la frontière tout au nord.
Cette frontière n’existe pas vraiment. Il y a un poste côté Soudanais, mais il faut faire 60km pour rejoindre Humera et aller régulariser le passeport.
Ce qui en soit n’est non seulement pas un problème, mais en plus de ça la route traverse la région la plus sympa et safe du pays.
Possibilité d’échanger à la frontière, d’y dormir et d’y dépenser les derniers sous du coté Soudanais.
Si vous devez y dormir, je vous conseille le camp de militaires à quelques km.
Accolé à un bar/bordel, vous pourrez planter la tente au milieu du camp militaire sous l’oeil bienveillant des militaires.
Quand à l’autre, Moyale. Le genre d’endroit dans lequel on espère passer le moins de temps possible. Hormis les maisons brûlées et les impacts de balle sur les murs, ca reste le même bourbier qu’ailleurs. Pas mal d’hôtels aux allures crasseuses, des bars en pagaille et des restaurants. Disons qu’on y survivrait s’il fallait.
Le passage dans ce sens fût super rapide. Un coup de tampon au guichet vide et c’était parti. De là on pousse le vélo jusqu’à l’autre grille.
La frontière est on ne peut plus évidente, au bout de la rue principale de la ville, aucune chance de la manquer.
L’argent :
Je ne suis pas sur que le change au black market vaille tant le coup que ça. Surtout qu’il peut surtout être une belle source d’ennui.
Distributeur à peu prés partout donc aucun soucis. Mise à part que je n’avais toujours pas de carte de débit donc les ATM…
L’hébergement :
dLes premiers jours, dans le Tigray, nous avons campé chaque soir. Il suffit bien souvent de demander dans les écoles, aux fermiers ou aux églises. Le plus dur est simplement d’arriver à se faire comprendre, car même avec une photo, le concept leur échappe.
Je pense qu’il faut être extrêmement prudent avec le camping. Les hotels étant si peu chers et la perte potentielle si grande en cas de vols que bon.. M’enfin c’est mon humble avis. Ça fait pas très aventurier mais un aventurier qui finit en slip ça fait pas grand effet.
Ensuite la situation s’étant dégradé, nous avons de concert décidé de dormir dans des hôtels.
Alors évidemment nous cherchions les moins chers possible, et c’est là que le voyage est devenu exotique.
Nous payons environ entre 1,5 et 4 euros par personne pour une chambre plus ou moins correct.
Beaucoup de bordel, bruyants et crasseux. Ça a le mérite d’être le moins cher mais le confort est relatif. D’autant plus qu’il y a très rarement voir jamais l’eau et l’électricité qui fonctionne en même temps, ou qui fonctionne tout court.
La nourriture :
Bon alors là, moi j'suis pas aussi enjoué que ce que vous pourrez lire ailleurs, autant prévenir.
Déjà, j'ai développé une allergie à l'injeera, le plat de base de chaque repas. Donc de là, mon choix s'est un peu réduit à peau de chagrin, sachant que je ne suis pas un grand fan de leurs épices.
Ouh le difficile ! Oui, je sais.
On en rajoute une couche ? C'était la période du jeune d'avant pâques, donc techniquement aucun produit animal.
Autant dire que je me baladais avec mon kilo de nouilles chinoises dans les sacoches.
On entend beaucoup bien de leur gastronomie. Ça marche l'espace d'une semaine je pense. Après ça devient vite très répétitif.
Fan de leur foul cependant, au petit déjeuner c'est parfait.
La nourriture est bon marché dans les restos et si le menu vous convient, c'est parfois plus cher de s'embêter à cuisiner un mauvais plat de pâtes.
Mes potes mettaient de l'injeera dans une boite hermétique et ça faisait le diner.
L'alcool :
A mon sens un des problèmes majeur du pays. Rarement vu une telle densité de bar. c'est vraiment impressionnant. Je n'avais pas ce souvenir particulier de mon précédant séjour l bas mais je crois que la soif lié à la traversée du Soudan me l'a rendu plutôt évident.
Mais voilà, pour moi c'est aussi le problème du pays. La bière n'est pas cher, pas mauvaise, et le taux de personnes inemployées est assez élevé.
Donc du matin au soir j'ai eu l'impression de voir le pays vider des bières. Ce qui, avec la chaleur, ne rend pas les gens plus agréables et intelligents dans l'après midi.
Les règles de base :
Nous nous étions fixés des règles de base pour la traversée du pays :
- Se lever tôt pour éviter les gens et la chaleur
- S'arrêter en début d’après midi
- Connaitre à peu prés les attitudes de chacun de nous pour savoir qui serait susceptible de faire monter la température en cas de problèmes.
- 100% safe camp site or nothing
- S'attendre, rouler ensemble
Dans les fais, tout ça est bien complexe. Chaque point, un par un, fût bafoué à un moment ou un autre.
La sécurité :
Je ne me suis jamais senti en réelle insécurité. C'était parfois tendu mais ça ne me faisais pas peur pour autant.
Beaucoup de ce qui nous arrive sur la route, c'est un jeu pour eux. Nous voir effrayé les amusent encore plus.
Pourquoi donc ne me suis pas senti en insécurité ?
- Degré de violence et d’agressivité qui s'est petit à petit mis en place comme un moyen de défense
- Bâton, couteau et antivol à portée de main. Surtout le bâton, relativement dissuasif.
- Je crie facilement
- Attitude belliqueuse, déterminé à ne pas me laisser marcher sur les pieds.
- Effet de groupe
- Pas de réel groupe armé ou situation border line rencontrée.
(En lisant ça vous devez penser que je reviens du front. Y'a un peu de ça.)
Premier jour et choc culturel :
Nous avons campé au camp de militaire à 4km de la frontière. Et là, c’est le choc. De la musique, de la bière et des filles.
En quelques kilomètres, tout s’écroule. C’est à nouveau la débauche. Les filles me font signe, je rougis comme un enfant. Ca faisait si longtemps. Mais je reste concentré sur ma bière. Depuis tout ce temps, quelle merveille.
On se rend vite compte que c’est un espèce de bordel à ciel ouvert. Alors rien que ça ca change des mois précédents. On s’éloigne et les militaires nous font dormir par chez eux, où nous sommes parait il en sécurité.
Humera - Shire :
Tout d’abord, il faut abattre les 60km qui relie la frontière à Humera. La frontière n’est pas officiel du côté Éthiopien, elle ne permet pas de se faire tamponner le visa.
Mon esprit navigue entre deux idées. Je n’ai entendu que du bien de cette région, mais j’ai toujours une appréhension concernant le pays, et ma confiance est resté à la frontière, côté Soudanais.
On roule et je fais attention à tout ce qui se déroule autour de moi, comme si je devais évidemment recevoir un caillou sur le coin du nez ou un coup de bâton. En échange de ma paranoïa, je n’ai le droit qu’aux sourires et à la bienveillance.
Passage à Humera. Ville calme et plutôt jolie à la frontière avec l’Érythrée.
C’est ici que vous pouvez régler tout ce qui peut être fait au passage de frontière, cartes sim et bureau d’immigration.
Donc Carte sim, passeport en règle, chaleur à crever, bonne bouffe, bière.
On retrouve enfin un cours de vie à peu prés normal. Le tout pour quelques jours puis on repart.
La route est belle, vallonnée. Plus habitué au dénivelé, les premiers jours réveillent les jambes et secouent le moral. Mais le décor est superbe. Les montagnes arides ont des formes fabuleuses que l’on prend le temps d’essayer de décrypter.
La population est adorable. Nous roulons au calme et nous sentons les bienvenus.
Nous découvrons aussi la cérémonie du café, un des attraits de ma venue en Éthiopie.
Dans cette région, le Tigray, on a envie de prendre le temps de rouler et de nous arrêter boire une bière ou un café avec les locaux qui nous invitent d’un geste de la main.
Mais la route que nous prenons, elle nous rallonge aussi sévèrement le chemin jusqu’au Kenya. Sachant que le plus dur reste à faire, on a aussi envie d’avancer et d’en finir.
Arrivé à Shire, nous y prenons un jour de repos et nous apprêtons moralement à attaquer la suite. On nous a dit qu’après Shire, l’ambiance commençait lentement à changer et à devenir ce que l’on craignait qu’elle puisse être.
Mais jusqu’alors, ravi de la route. De plus nous avons réussi à camper tous les soirs. Écoles ou jardins nous ont accueillis, parfois dans l’incompréhension la plus totale de ce mode de vie en tente.
Shire - Mekele :
De là, l’objectif prochain était Mekele. C’est bon se mettre un point sur la carte pas trop loin pour avoir l’impression d’avancer à mesure que le nombre de km qui nous sépare de ce point diminue.
Et c’est impressionnant car ce que l’on nous avais prédit se réalisa. Une fois le panneau de sortie de Shire derrière nous, nous avons eu pour le première fois des enfants qui gentiment réclamaient de l’argent.
Le dénivelé a aussi commencé à sérieusement s’intensifier. A partir de là, et pendant un moment qui m’a paru long, j’eus l’impression de ne faire que monter et descendre, sans cesse, toute la journée, chaque jour. Encore que j’ai plus eu l’impression des monter que de descendre. Ce qui en soit n’était pas tronqué puisque nous partions des bas plateaux Soudanais pour monter sur les hauts plateaux d’Éthiopie.
Nous passerons un col à 3000m qui nous prendra une demi journée. L’Éthiopie et son dénivelé nous mettent face à la réalité : rien ne sert de se plaindre, il faut sortir d’ici, et c’est la seule route.
Mais jusque là, le paysage était si beau qui la lenteur et l’effort n’était pas un problème.
A chaque sommet, les perspectives changeaient. Nous découvrions un monde différent, des couleurs différents, une végétation différente. Facile d’oublier les petits tracas qui commençaient doucement à s’accumuler malgré tout.
Toujours le Tigray, mais la population semblait tout de même évoluait avec un niveau de vie inférieur. Moins de troupeaux, vêtements sale et déchirés, enfants moins propres et au regard désespéré.
La moyenne d’âge des emmerdeurs est entre 6 et 14 ans environ, que des petits mecs. Le dénivelé nous rend lent. Les gamins nous repèrent de loin et courent parfois des distances phénoménales pour nous voir passer. Mais de plus en plus ils ne font pas que nous regarder passer, ils nous suivent parfois pendant quelques kilomètres à réclamer sans se lasser de l’argent, des stylos ou des feuilles. Rarement seuls, ils s’amusent en bande à nous voir perdre patience, surtout moi d’ailleurs il faut bien avouer.
Lorsqu’ils abandonnent dans un tonnerre de rire et de cris, la scène se conclut par quelques jets de cailloux.
A chaque fois je stoppe le vélo et me retourne, ça les fait fuir dans la plupart des cas. Parfois il faut poser le vélo et sortir le bâton. Ça règle la question dans le reste des cas.
Loin de moi l’idée de vouloir faire mal à quelqu’un, mais j’espère leur faire comprendre que non, ce n’est pas normal de jeter des cailloux, bâtons où autres projectiles sur n’importe qui pour n’importe quelle raison, si tant est qu’on puisse en trouver une.
On se rend compte aussi à cet instant de l’inutilité des adultes. Malgré le fait que ce genre de scène ne se passe rarement en plein milieu des villages, on est bien content lorsque l’o croise un adulte au beau milieu de nul part alors que nous somme suivis par une bande de gamins.
Bien souvent les situations les font rire et d’un espèce de regard complice nous font comprendre que ce ne sont que des enfants après tout. Nous ne sommes pas du même avis, mais une fois de plus ici, la barrière de la langue rend le semblant de dialogue inutile.
Nous passons Mekele et dormons un peu plus loin. Chaque soir nous dormons dans des hotels qui s’avèrent être des bordels plus qu’autre chose. Au moins ils ne sont pas cher.
Mekele - Dessie :
A la sortie de Mekele nous devons prendre une décision pour rejoindre Alamata. Gauche ou droite ? La section de droite est apparemment un peu plus dodgy, celle de gauche un peu plus montagneuse. Beaucoup plus en fait. On espère donc en demandant leurs avis aux locaux qu’ils nous guident vers l’est.
On arrive au petit matin au pied de l’intersection et choisissons la moins montagneuse. Ca reste une sérieuse session de grimpe mais incomparable avec l’autre côté. Les gamins nous repèrent de loin, et nous appellent de tout aussi loin. Si aucune vallée ne nous sépare, il court vers nous et nous suivent pendant de longues minutes. Lassé d’entendre la même chose, de répéter la même chose.
Le soir arrivé, les kilomètres ont suffisamment défiler sous les roues, nous trouvons un hôtel. Le moment que je préfère en Éthiopie. Boire une bière, et m’enfermer dans la chambre pour me faire à manger.
Le lendemain nous arrivons à Alamata. C’était plus facile que ce que l’on nous avait annoncé et le décor valait le détour. La ville est détestable. Le peu de temps que l’on y passe nous sommes suivi dans la rue, harcelés et moqués. Tant pis pour les négociations, le premier hôtel sera le bon, à condition qu’il y ait un endroit où l’on puisse se poser tranquillement, à l’abri des regards.
Dés lors et pour les prochains jours, le paysage ne sera plus aussi grandiose qu’auparavant, quelques nuages apparaissent et minent le moral. Un dernier col pour arriver à Weldiya, de là nous retrouverons les copains.
Les cols sont un peu de répit pour nous dans le sens ou il y a bien souvent une moins grande densité de population, qu’importe ce qu’en pense les jambes. Elles tournent sans poser de question, le moral lui réclame les pauses.
Donc encore un col, 2 ou 3 heures et nous sommes en haut. Nous partons au petit matin, lorsque les rues sont à moitié désertes et que le soleil n’est pas trop agressif.
Je m’amuse à attraper quelques camions pour arriver plus vite en haut et mériter peu rapidement la pause bière.
A Weldiya nous retrouvons nos amis cycles rencontrés à Khartoum. Nous repartirons le lendemain à 6. Une sacrée équipe, et d’autant plus de motivation. Nous roulons donc avec le sourire et le nombre nous permet bien souvent d’être plus nombreux que les groupes d’enfants. On développe des techniques pour arriver à rire de tout, pour rester souriant et poli. C’est beaucoup plus facile tous ensemble mais la fatigue s’installe malgré tout.
Encore et toujours, on ne fait que monter et descendre. La route est safe mais pas forcément agréable. Nous arrivons et passons Dessie sous la pluie, ça faisait bien longtemps que je ne l’avais vu cette pluie !
De là il faut redescendre quelques centaines de mètres de dénivelés sous la pluie. Au mois lorsqu’il pleut il n’y a personne dehors, heureux sous les trombes d’eau donc.
Ewaut, notre camarade Belge monte dans un bus le lendemain matin. S’en fini pour lui, avec soulagement il arrête, monte dans ce bus pour Addis, et d’Addis à Bruxelles. On se dit au revoir chaleureusement. Je crois qu’à cet instant tout le monde l’envie, une certaine partie de nous aimerais avec le courage de prendre une telle décision, mais non, on continue. Nous nous reverrons dans quelques jours dans la capitale.
Dessie - Addis Abeba :
A partir de là s’engage le dernier bras de fer, la dernière ligne droite vers la capitale. On rêve de ces quelques jours de repos, on rêve aussi d’un bon hamburger. De manger autre chose que ce que la route quotidiennement. J’ai quotidiennement l’incompréhension de l’attrait des gens pour la cuisine Éthiopienne. Non pas qu’elle ne soit pas bonne. Mais qu’elle est répétitive. On rêve de ça à voix haute.
Il y eu des jours d’extrême énervement. Des jours où je pleurais à demi sur le vélo de ne plus me reconnaitre. D’avoir découvert une face de moi qu’on m’a forcé à adopter.
Je deviens agressif aussi, plus aucune envie de saluer ou de répondre.
On évite quelques grosses pierres de peu, quelques coups de bâton, on laisse couler les insultes et menaces. Même si le groupe semble gérer ça plutôt bien, je n’ai pas cette capacité d’acceptation ou cette patience.
Je pose volontiers mon vélo, attrapant rapidement mon vélo et prêt à bondir sur tout le monde. Chacun fuit, s’éparpille. Les adultes regardent ça amusés.
Ces quelques jours, je me sens perpétuellement agressés et sans peur aucune, j’avance, prêt à me battre.
J’attends même l’erreur venant d’autrui. J’attends que quelqu’un vise correctement ou fasse le mauvais geste de trop. J’attends patiemment pour me défouler.
Je ne me reconnais plus. Je suis triste d’en arriver là, triste de ne plus rouler par amour du vélo et le bonheur que ça me procure.
J’avance parce qu’il le faut.
Vivement Addis, que je puisse souffler et réfléchir au calme.
Le col tant attendu s’annonce pour bientôt. Nous n’avons pas pu le manquer sur le tracé GPS. Comme un mur qui s’annonce devant nous et qui va côtoyer les nuages à plus de 3200m.
Un peu d’appréhension et d’excitation, mais on sait que c’est la dernière difficulté, après le dénivelé tend plus vers le bas que l’inverse.
Nous dormons au pied, et l’attaquons tôt le matin. C’est le week end, ont attend que les derniers clients des bars soient rentrés et que les premiers levés déambulent dans la brume du matin.
On se prépare mentalement. On sait qu’on en a pour une bonne partie de la journée, pour quelques heures de verticalité sans répit. Puisque c’est ainsi, on démarre !
Entre deux villages préparons le café et attaquons le deuxième petit déjeuner. Entre deux villages nous sommes tranquilles. Entre deux villages, personnes qui trainent sur cette route.
L’ascension sera agrémentée de quelques pauses bières, la circulation n’est pas trop dense et les gens sont plutôt agréables.
La dernière section de 10km se passe dans une belle et grande forêt d’eucalyptus. Les odeurs, le bruits des branches que le vent fait briller, les oiseaux. On aimerais que ça soit comme ça plus souvent. Comme une envie de retourner pédaler en Europe où tout est bien plus simple.
Je reçois un caillou des 3 seuls personnes croisées dans cette section, sans grande surprise.
Je fais demi tour et demande explication, l’un s’excuse, un autre s’enfuit et le 3éme devient agressif, ça tombe bien, c’est quelque chose que je peux faire aussi. Il prétend faire ça car il a faim.
J’essaie donc en échange de lui expliquer que me jeter des cailloux ne lui remplira pas l’estomac et qu’en plus de ça, je n’ai aucune envie de partager ce que j’ai dans mes sacoches avec lui. On se quitte dans l’incompréhension mutuelle. Qu’importe.
Nous dormirons juste un eu en dessous du sommet. L’endroit ne prête pas vraiment au camping. Le terrain alentour est pentu et trop à découvert pour se cacher.
Nous trouvons deux chambres dans le seul hôtel de la ville. C’est bon marché et tout le monde est adorable avec nous. La cour intérieur me rappelle un peu le Népal, comme certains villages d’ailleurs.
Un endroit paisible qui nous fait le plus grand bien et qui marque le début de la descente vers Addis.
Tôt le lendemain nous partons pour les derniers mètres jusqu’au sommet. Il fait froid. Nous redécouvrons le froid. Et armés de gants, bonnets et vêtements en laine, nous montons à travers les nuages pour découvrir cette magnifique vue sur la vallée et sur cette fameuse brèche dans la montagne qui tombe à pic sur plusieurs centaines de mètres et dans laquelle s’engouffrent les nuages.
En l’espace de quelques secondes, la route est couverte de nuage. Nous ne voyons plus à dix mètres. C’est magique. Nous sommes seuls et heureux.
Puis nous redescendons petit à petit. Les gens sont adorables, nous saluent chaleureusement et nous sourient. Il y a cette connexion spécial avec les Hommes des hauts plateaux et des montagnes. Ils ne s’embrassent pas en questionnement, encore moins à savoir ce que nous faisons là. Ils le savent. L’endroit est si beau que la réponse est plutôt évidente.
Durant les 3 jours suivants nous descendrons de plus en plus depuis ce sommet pour arriver à Addis.
Ça sera 3 jours exceptionnellement calmes.
Le paysage devient de moins en moins intéressant à mesure que l’on descend et nous rapprochons de la capitale. Mais qu’importe, l’excitation de se rapprocher d’Addis, et surtout du Kenya, l’emporte haut la main.
Addis Ababa :
L’entrée dans la capitale n’est pas si catastrophique. A l’image du pays, il nous faudra successivement monter et descendre pour atteindre le centre de la ville.
A côté de l’hotel nous avons tout ce qu’il faut pour bouger le moins possible ! N’étant pas la ville la plus intéressante du monde, j’ai surtout prévu le repos.
Contrairement à mon vécu d’il y a deux ans, je me sens bien à Addis cette fois ça, peut être le contraste avec l’arrière pays qui rend la capitale calme et détente pour la personne de couleur blanche.
Je visite quelques églises cependant, les coffee shops et les restaurants pour refaire le plein de nourriture western style. Les gens sont plutôt sympas et accueillants, c’est presque des vacances d’être ici.
Nous sortons un soir dans un club de jazz réputé de la ville qui nous offrira un décevant concert d’un groupe local qui se produit chaque semaine et qui a perdu son âme en cours de route.
Nous espérions pouvoir faire les courses ici et trouver des choses intéressantes mais tout ce qui nous parait intéressant et aussi sévèrement cher.
Mais il faut aussi de décider à partir. Le sud attend, et ce que je pense être le pire du pays est encore devant nous. Pourtant le Kenya n’est plus si loin, il faut trouver la force de partir.
C’était si bon ce petit mocha chaque matin au super coffee shop du coin, ces fameux samosas à deux pas de l’hôtel, le petit déjeuner juste en face. Tout est simple. Trop simple ?
Alors après un dernier bon petit déjeuner on se décide à partir, il est déjà tard dans la matinée.
Addis - Dilla :
La route, pas grand chose à dire. Plutôt insignifiant. En redescendant des montagnes, on retourne dans ce paysage de savane propre au sud du Soudan et au nord ouest de l’Éthiopie.
On roule, on encaisse. On en rit le soir, surtout après quelques bières. On se convainc qu’il faut manger.
C’est vraiment chouette de rouler à 4. Et être avec deux filles ça change aussi complètement la dynamique.
Je suis d’ailleurs particulièrement respectueux de leur histoire et songeur face à leur calme. enfin, surtout celui d’Astrid. Jude étant plutôt comme moi. Lorsque ça chauffe on évite de nous laisser à deux. Comme deux mauvais élèves au fond de la classe qu’on essaie de séparer
Et en l’occurrence ça chauffe de manière régulière. La section entre Shashamene et Awassah est courte mais épuisante. Les gamins des deux côtés de la route nous repèrent de loin et je jeté sur nous. J’ai rarement roulé aussi vite. J’ai vraiment l’impression d’une scène d’hystérie collective.
Lorsque ça se calme enfin, on apprécie le calme tout en restant sur nos gardes et en étant très parano sur tout ce qui ressemble de prés ou de loin à un humain.
Avant de rentrer sur Awassah, ce paisible endroit trouvé par hasard au bord d’un lac qui abrite des hippopotames. On passe une super soirée, regardant une dizaine d’hippisme sortir au soir venu.
On y dors si prés d’eux que la nuit je me réveille sans cesse en les entendant, les croyant au pied de ma tente.
Le lendemain je me réveille avec cette caractéristique envie de ne pas bouger et de boire des bières jusqu’à plus soif. C’est ce que je ferais. Une journée de moins sur le compte de kilomètres à abattre pour atteindre le Kenya. Qu’importe, vive la paresse.
Paresse qui ne dure qu’un laps de temps très court chez moi, puisque le soir même je décide de reprendre la route le lendemain.
Ce fameux lendemain. Cette fameuse journée de vélo en Éthiopie.
Je me suis retrouvé face à l’évidence. Si je veux arriver au Kenya à temps, soit je laisse le vélo en Éthiopie et je reviens après, soit je prend un bus.
L’idée de revenir en Éthiopie paraissait très clairement saugrenue.
Mais l’idée de prendre un bus. Je me disais que non, ce n’était pas une solution non plus. Et pourtant il faut choisir.
Le dernier jour où j’ai roulé en Éthiopie fût une belle merde, ni plus ni moins. Un mélange de pluie, de boue, d’insultes, de moqueries, de harcèlement.
89km ce jour là. 89km hors de mon corps.
En 5 semaines là bas, j’ai connu tous les états d’esprit possible. L’amour, la haine, la violence, la douceur, la colère, la compassion. Mais jamais la peur. J’étais, à partir d’un certains moment, en tension permanente, prêt à en découdre. Je n’avais pas peur, j’étais excité par l’idée du conflit physique.
Et ça c’est terrible. Au bord des larmes de se sentir complètement transformé, de ne plus se reconnaitre. D’être étranger à soi.
Mais on m’a bien aidé. Et c’est la seule défense que j’ai trouvé. La violence s’excuse difficilement, mais je ne voyais pas d’autre réponse possible.
C’est surtout le résultat d’une capacité d’adoption. Après étude des gens qui m’entouraient, je me suis vite rendu compte que le seul échappatoire c’est de jouer le jeu. Celui du plus fort. Celui qui a le plus gros bâton, celui qui crie le plus fort.
Ça parait ridicule vu de chez vous, mais c’est comme ça. C’est un pays où les tueries dans les villages ne font même plus 3 lignes dans les journaux tant c’est banale. Un troupeau, une femme, un point d’eau. Voilà des raisons qui font que la vie ne vaut pas grand chose par là bas.
Je ne me suis pas senti en insécurité cependant. Jamais. Peut être parce que je n’étais pas seul, mais aussi parce que j’étais sous adrénaline et prêt à toutes les situations. Là j’ai mon bâton, là j’ai mon couteau, là j’ai mon antivol. C’est bon je suis prêt.
Ce qui m’a brisé le cœur, c’est d’avoir perdu les raisons qui font que je roule loin et longtemps. Je ne prenais plus plaisir à rouler, à me lever le matin. A la fin, je ne me lavais plus, ne mangeais presque plus. Trop épuisé pour ne pas aller dormir directement, mais aussi un manque d’envie de tout. J’avançais, c’est tout. Il fallait traverser ce bourbier.
Où sont les vertes prairies Européennes où l’on plante la tente sans avoir peur d’une visite la nuit. Où est la générosité Turque ou Iranienne. Où est cette énergie qui me poussait à me coucher rapidement pour me réveiller rapidement et entamer une nouvelle journée avec l’appétit d’un aventurier.
J’avais perdu tout ça. J’avançais parce que j’étais pris dans quelque chose de plus gros, la traversée de l’Afrique.
Mais si je monte dans un bus, que les gens vont ils bien pouvoir penser de moi ? Et moi dans tout ça ? Le soir dans les bars, pour impressionner les filles, pourrais je prétendre avoir traverser l’Afrique
à vélo ?
Tu es mauvais. Tu codes à la difficulté. Tu ne pousses pas les limites. Tu ne traverseras jamais le continent entier à vélo. Ton histoire est dés lors sans intérêt pour tout le reste du monde.
Puis la libération.
Je ne suis pas heureux ici, le pays ne me plait pas, j’ai envie d’être ailleurs ?
Tu peux bien te vanter d’être libre si tu est prisonnier de tes décisions. Si tu te rends prisonnier du jugement des autres. Ces autres qui d’ailleurs, ne veulent que ton bonheur.
Ne vas t’on pas me juger de n’avoir pas tout roulé ? En as tu quelque chose à foutre ?
Alors j’ai décidé de prendre un bus le lendemain. Et j’ai senti un sourire d’épanouir sur mon visage.
Sans regret et fier de ma décision.
A quoi bon sacrifier le maigre temps qui m’est imparti avec famille et ami pour rouler dans un merdier. Il faut sonder ses motivations. Les miennes sont clair : profiter, m’amuser et être heureux.
J’ai repris ma liberté. Libéré des choses dont je m’étais largement convaincu par moi même, en dépit de tout ce qui semblait être évident.
J’ai pris cette décision. Je suis monté dans ce bus. Ça y est. Je l’ai fait. Je n’aurais pas traverser entièrement l’Afrique à vélo. J’ai trahi mon malheur provisoire en rétablissant le bonheur. J’ai suivi mes convictions profondes et retrouvé le respect de moi même.
Moyale - La frontière :
Le bus me dépose à Moyale. Cette ville qui sonne à mon oreille comme le bruit que peut avoir la fin de quelque chose de déplaisant.
Avant même d’arriver dans le pays j’avais ce nom en tête. Moyale. Ce nom qui voulait tout dire, qui signifiait la fin de quelque chose et le début d’une autre. La fin d’un chapitre d’un mauvais bouquin.
Le bus donc me dépose, je remonte mon vélo et rattrape la route principale. Des bâtiments sont brûlés, d’autres ont les murs criblés d’impacts de balles. J’aimerais pas être dans le coin lorsque la frontière est fermée et que la zone est rouge…
Je m’arrête pour une dernière bière, dépenser mes derniers sous et être bien sur de bien vouloir quitter le pays ce soir.
L’Éthiopie est surement bien moins cher, j’hésitais à dormir ici.
Puis an bas de cette rue, la frontière est bien visible. Mais derrière ? L’inconnu. Comme si la maudite Éthiopie relevait tout de même de mes habitudes.
Je bois donc une dernière bière. En quelques secondes je me retrouve avec un tas de mec autour. Qui touchent plus ou moi au vélo. Qui sont plus ou moins ivres. Qui sont plus ou moins chiants.
Je souris poliment, paie, prends mon vélo, me fraie un chemin et je file. Je suis heureux, soulagé.
Je passe la grille, salue le panneau qui annonce la république du Kenya. Un mec m’a suivi et continu à me demander de l’argent à travers la grille. Pas sur d’avoir était très patient avec lui.
Puis je me retourne et demande au garde : “Je suis au Kenya ? - Oui. “
Conclusion :
Plus jamais à vélo. Et plus jamais tout court.
Beaucoup de pays sur cette planète. Beaucoup de ces pays sont beaux, agréables et remplies de belles personnes.
A la fois trop jeune et trop vieux pour accepter tout ça.
Plus jamais à vélo. Et plus jamais tout court.
Beaucoup de pays sur cette planète. Beaucoup de ces pays sont beaux, agréables et remplies de belles personnes.
A la fois trop jeune et trop vieux pour accepter tout ça.
Un peu de mal à comprendre la conclusion... mais un grand merci pour ce compte-rendu détaillé, surtout bravo pour l'effort (physique). Vivement le prochain épisode !
Je disais que je ne roulerais plus là bas, et n'y mettrais surement plus les pieds considérant le nombre d'endroits inconnus qu'il me reste à parcourir.
Ce n'était pas clair en effet ;)
"Je suis Kenya là ?". Ce à quoi il répond par la positive. Je ne cros pas en dieu, mais lui envoi un bon merci.
Un mec m'a suivi pour me demander de l'argent jusqu'au dernier métre, jusqu'au panneau. Il reste derrière les grilles, tente de passer mais se faire recaler devant le panneau annoncant la république du Kenya.
Rapide visa. C'est bon, j'y suis.
Le trajet :
Un poil chaotique comme vous allez le comprendre.
Moyale - Marsabit - Nairobi - Mombassa - Nairobi - Marsabit
Nanyuki - Nakuru - Kericho - Kisumu
De la frontière à la capitale :
Alors pour moi c’était un peu particulier car passé la frontière j’ai pris un bus jusque Marsabit. J’ai expliqué plus haut pourquoi.
Très facile d’obtenir le visa à la frontière. C’est bon je suis au Kenya.
Déjà il faut rouler à gauche, premier changement. Puis je me sens apaisé. C’est surement plus rapport à ce que je souhaite que ce que j’expérimente puisque ça ne fait que quelques secondes. J’arrive in extremis à prendre un bus. Déjà les prix semblent plus élevés qu’en Ethiopie, bien que personne ne semble rien prélever au passage. On monte le vélo sur le toit et nous voilà parti.
Alors moi je n’ai donc pas roulé la section jusque Marsabit. En revanche ce que je peux dire : faites attention à l’eau et la nourriture. Il n’y a vraiment pas grand chose dans le coin. Et c’est peu dire.
Toujours est il que c’est aussi le retour au bivouac sauvage. Quelques zèbres et gazelles aussi. Il y fait très chaud et un sérieux vent latéral à prendre en compte.
A Marsabit j’avais rendez vous avec mon père et mon ami. Personne lorsque j’arrive le soir. Je monte la tente dans l’euphorie et me couche. Je ne suis plus en Éthiopie.
Le lendemain je vais chercher du pain et des œufs. Je trouve un peu de wifi au camping auquel je m’intéresse vaguement. Jusqu’à cet appel qui me dit qu’il me faut aller au plus vite à Nairobi car mon pote perd la boule et a complètement perdu conscience.
Je vous passe les détails de mon esprit tourmenté par ce que je prenais pour du repos et qui en fait s’avère être pire que l’Éthiopie.
Je laisse mon vélo à Henry qui gère le camping de Marsabit et je prends un bus de nuit.
Nairobi :
Que dire ? J’y ai passé beaucoup trop de temps, mais il le fallait. Ça résume pas mal l’idée.
Une fois de plus je passe les détails mais concrètement je passe 2 semaines au chevet de mon pote qui se fait finalement rapatrier.
La ville remplit bien son rôle de capitale Africaine. C’est pratique lorsqu’on y travaille ou cherche quelque chose, c’est tout. Je ne lui trouve aucun charme, et niveau activité c’est limité.
quand à ce qui est faisable à Nairobi, tout coute de l’argent, et pas qu’un peu.
En revanche je suis ébahi par le choix dans les supermarchés. Les bars, les restaurants. Ça faisait si longtemps que je ne n’avais si bien mangé. J’avais pas mal perdu de poids avec l’Éthiopie.
Lorsque mon pote est rapatrié on prend la route la côte. Plus que deux semaines avant que mon père reparte.
Difficile à décrire Nairobi. Busy et noisy. Sinon, c’est un bon endroit où arriver avec un peu d’argent pour se faire plaisir. C’est aussi là où reprend la vie nocturne.
Nous allons sur la côte avec la tirant qui relie Nairobi à Mombassa. Quelques petites infos.
Le train part chaque jour, une fois par jour de chaque côté. Le paiement se fait par Mpesa, le paiement via téléphone.
Censé être un des plus beaux trajets en train du monde, il se pourrait bien en effet ! Par la fenêtre on voit éléphants, girafes, zèbres, gazelles… Bref, c’est pas le Saint Quentin - Amiens.
Il coute 10 euros en 2nd classe et 30 euros en 1ére classe. Faire bien attention au période de vacances. Boissons et nourritures disponibles à bord. Propre et efficace, bien mieux que le bus qui roule sur la route qui n’est autre que l’axe le plus dangereux du pays !
La côte :
Sans vélo mais quelques infos. J’ai trainé sur la côte entre Mombassa, Diani, Kilifi et Watamu.
Alors, c’est plutôt chouette. Il y fait chaud et humide, bien plus que dans le centre du pays et dans la capitale, un peu plus montagneux.
Touristique mais pas trop, d’autant plus que c’était la basse saison. Les hôtels de backpackers de la côte sont pour moine petite bouchée d’air frais. Je retrouve des liens sociaux, des gens de mon âge. Et surtout, on traine au bord de la piscine du matin au soir.
La plage que j’ai trouvé la plus charmante est celle de Watamu. Longer l’océan par les crêtes rocheuses est vraiment agréable. Il faut juste repousser les “beach boys”, qui ont tendance à coller un peu pour vendre de tout et de rien. Pour ma part, je crois que j’avais besoin d’espace.
Les hostels ne sont pas si cher que pour ce qu’ils proposent. Le reste des prix est aussi médian dans ce genre d’endroits. Mais ces petits coins de paradis sont surtout tous entourés de barbelés et de barrière, gardés 24/24. On craint son voisin, on criant l’autre. Et les vacanciers font semblant de ne voir que les palmiers mais ne rentre pas pour autant seul le soir.
Quitte à être dans le coin je conseille d’aller y faire un tour. Mais ce n’est pas les plages de Malaisie ou du Brésil..
Retour au vélo :
Un train climatisé et des sièges en première classe nous ramène à Nairobi. Le temps de bricoler les sacs et j’amène mon père à l’aéroport.
A Nairobi je suis hébergé par un Français rencontré sur la côte. S’en suivent quelques jours agréables dans un quartier sympa de Nairobi à faire la fête et trainer dans le canapé. Puis il faut repartir, se décider à reprendre un bus de nuit pour Marsabit. Quitter le confort pour se retrouver seul à nouveau, à l’autre bout du pays dans un coin pas très hospitalier. Puisqu’il le faut. J’essaie de trouver la force de mentir, de trouver une excuse pour rester, mais je sais que de toute façon il faudra bien bouger un moment ou à un autre. Qu’il en soit ainsi, je prends place dans ce bus surchargé.
Inutile de parler de la nuit.
Je retrouve le vélo, me fait un petit repas dans ce petit havre de paix et décide de reprendre la route le lendemain.
Jusqu’au mont Kenya :
La région est peu hospitalière, je le sais de réputation. Ainsi je démarre fièrement de bon matin. Vent de face et un peu de dénivelé. Je me prends pour un super héros mais ces 50km avant le repas de midi m’ont bien attaqués. Assis à l’ombre, je me rends compte que le vent m’a fait oublier le soleil brulant. J’ai les mains brûlés, le souffle court, les jambes fatigués.
Plus que 40km à faire.
Et même si le décor est répétitif, la section est plutôt sympa à rouler. Mais vite je fatigue. Je n’arrive pas à faire plus de 3km sans faire une pause. Je comprends vite que j’ai cru avoir gardé mes jambes d’antan alors que je viens de passer 1 mois à plus ou moins faire la fête, ou en tout cas à trainer au bord de l’océan ou de la piscine.
Le soleil tape dur, les kilomètres défilent lentement. Je suis incapable de dire si je me sens bien ou non. Ajoutons à ça des gamins qui sortent de nul part, des samburus en tenue traditionnelle qui me court gentiment après avec leur lance pour obtenir un peu d’eau. Dis comme ça c’est plutôt marrant, mais c’était sur le coup fort exaspérant. Un 4x4 arrive derrière moi, je lève le pouce. Tant pis, je ne me sens pas de continuer. Ils chargeront mon vélo car je n’ai plus de force. Je prends une sacré leçon et une petite claque à l’égo. J’ai fais plusieurs erreurs que j’ai compris peu après sur cette journée. Ne vraiment pas sous estimé cette section.
Ils me déposent donc un peu plus. Je plante ma tente dans un camping/restaurant comme il y a beaucoup au Kenya. On m’accueille chaleureusement et c’est dans un canapé sous mon abri et avec une bière fraiche et une assiette de frite que je souffle.
Le lendemain je repars, conscient de ma petite forme et que cette journée sera surtout et quasi essentiellement de la grimpette.
Pour parvenir au pied du mont Kenya et pouvoir le contourner jusque Nanyuki, il convient de grimper un col long et fastidieux. J’y vais lentement, m’arrêtant pour boire et manger. Je pousse un peu parfois. Puis à 15km de l’endroit où je comptais m’arrêter, la police me dit que c’est encore plus pendu après. Je m’arrête manger des pâtes sous les regards amusés des locaux puis je porte ma peine sous le soleil.
Mais le paysage est vraiment chouette, d’autant plus à mesure que je monte. Je suis plutôt heureux et compense mes jambes qui ne supportent pas une telle reprise. Au bout de 7 heures de route, j’arrive enfin à cette ferme que l’on m’avais conseillé, là ou je pourrais apparemment planter gratuitement ma tente et profiter de bons produits locaux.
Et c’est le cas. Je suis chaleureusement accueilli et je planterais ma tente dans le jardin. Bon repas et bon café. Puis me baladant autour, je tombe sur un troupeau de gazelles. La lueur des dernières heures vient se frotter au sommet du mont Kenya. Quelle merveille.
Le lendemain j’arrive à Nanyuki, là où un expat Francais m’attend, Etienne. Il m’hébergera plus longtemps que prévu car nous avons finalement rapidement décider de grimper au 3eme sommet du mont Kenya le week end qui suivit.
Donc quelques jours bien agréables à Nanyuki pour me remettre de tout ça. Et le vendredi soir on monte au premier refuge pour une première nuit d’acclimatation.
J’ai raconté cette partie du voyage plus en détail et probablement plus poétiquement que je ne le ferais ici, si ça vous intéresse je vous renvoi sur mon site internet, il faut fouiller un peu dans les anciens posts.
Mais globalement, je suis bien heureux d’y être allé. C’était très très chouette et m’a fait toucher de nouveau à la montagne, seule chose qui me ferait revenir en France pour de bon.
Le cout est assez élevé normalement, mais il faut bien avouer que j’ai triché. J’avais la carte de résident de quelqu’un d’autre, et donc je suis passé à prix raisonnable dans le parc, ajoutant à ça le guide qui était un ami de ce Français qui m’hébergeait.
Donc voilà, plus facile pour moi, mais vraiment très chouette expérience.
Jusqu’à la frontière Ougandaise :
Je repars de Nanyuki par la voie censée m’offrir un peu de vie sauvage. J’ai les jambes meurtris par l’ascension. C’était excitant de le faire en 2 jours, mais là les jambes paient.
Cependant, la route est superbe. 70 kilomètres de hors piste pour rejoindre l’asphalte. Entre les deux, rhino, zèbres, buffles, girafes, gazelles.. Je m’arrête sans cesse pour admirer ces petites merveilles. Bien que commune ici, elles restent pour moi exotique, puis les voir en liberté, pouvoir les approcher raisonnablement. L’un comme l’autre, on ne se quitte pas du regard. Un peu de crainte d’un côté, l’émerveillement de l’autre. Une section que je recommande hautement, qui mène à Rumuruti.
De là, la route va toujours être plus ou moins similaire. Les villages se succèdent et ont a peu prés le même aspect.
Par Nakuru et Kericho, j’arrive à Kisumu, au bord du lac Victoria.
Je me perds entre les deux dans une section de hors piste qui aura temporairement raison de ma motivation. La route qui devait être une route principal s’avère être une piste chaotique qui traverse la montagne pour rejoindre l’asphalte 70km plus loin. Le ciel est menaçant et le vélo vibre sous la caillasse.
Je vais plus vite en montant qu’en descendant, devant faire attention à l’endroit où je mets les roues. J’arrive dans un village, exténué. La police ne m’autorise pas à camper, la nuit vient, et m’envoie dans un hôtel à 2 euros qui fera très bien l’affaire.
Mais vite la pression redescend. C’est improbable d’être ici, dans ce village fait de terres et de baraques branlantes en bois. Le goudron m’aurait mené à la monotonie de ces routes qui font défiler des villages tous similaires.
Je repars ragaillardi le matin. Encore 17km de pierres à traverser. J’y arrive tant bien que mal, secoué de tous bords. Une sacoche rend provisoirement l’âme pour la 3éme fois en 4 jours. Ne jamais sous estimé le pouvoir des vibrations sur les sacoches Ortlieb..
Puis je longe les champs de thé. Un bel endroit fragmenté, une organisation stricte en y regardant de prés dans ce qui pour moi est l’éternel bordel Africain. Bien qu’ici tut soit beaucoup lus que ce que vu par le passé. Ainsi de hauts et de bas, j’arrive au bord du lac.
Juste à temps pour voir le soleil se coucher de l’autre côté, là où je serais d’ici peu, en Ouganda.
Soirée sympa à bien manger et bien boire dans un endroit cool. La tente au bord du lac, admirant les reflets teintés par les nuages sur un lac au calme occasionnellement perturbé par les barques de pécheurs.
Au réveil, je ne me sens pas de partir, qu’importe, je reste un jour de plus à lire et écrire. Puis le lendemain je décolle, puisqu’il le faut. J’ai aussi la motivation d’atteindre la prochaine frontière.
Le soleil est rude et certaines pentes ne font pas de cadeau. Et le lendemain je me retrouve à la frontière.
Le temps d’un dernier jus de fruits frais, puis je remercie cette femme pour ce jus, puis pour le reste de mon expérience au Kenya. Un coup de tampon et je passe la frontière qui ressemble à une passoire où les gens vont et viennent d’un côté comme de l’autre.
Quelques infos :
Visa :
Là c’est plutôt simple. Concernant mon cas, venant de l’Ethiopie, il n’aura fallu que quelques minutes, deux photos et un billet pour avoir le droit de continuer ma route.
Sachant qu’il y a deux possibilités selon votre route :
Visa Kenya : 50USD mais je ne sais pas réellement combien de temps il dure.
East African visa : 100USD, valable 3 mois avec entrée multiple, ceci pour Kenya, Ouganda et Rwanda. Sachant que l’entrée multiple concerne aussi les pays alentours ne faisant pas partie de ce visa. Vous pouvez donc retourner en Ethiopie et revenir sur l’east african zone.
Sécurité :
Là aussi, tout dépend de où vous roulez. Mais la constante c’est de toute façon le nord du pays qui peut vite être limite niveau sécurité.
En venant de Moyale, la zone désertique qui s’étend de la frontière jusqu’à Isiolo est à prendre en compte. Les comportements sont modifiés dû à la zone reculée et à la sécheresse ambiante. On se fait souvent courir après pour de l’eau. Mais aussi un compagnon de route Italien s’est fait braqué au beau milieu de nul part avec une kalashnikov pour quelques dollars.
A l’ouest, le lac Turkana vit à peu prés la même situation. La frontière est apparement non officielle et la sécheresse tend la population.
Une fois passé cette zone où quelques cailloux continuent de voler
L’argent :
Là aucun problème. Beaucoup d’ATM partout, en tout cas déjà à la frontière là où vous pourriez retirer. La monnaie est stable, pas de particularité à vue d’oeil.
Mais aussi, il est possible d’ouvrir un compte Mpesa. C’est un compte électronique via la carte sim qui permet de payer à peu prés tout et tout le temps, il est très utilisé par les Kenyans.
Je n’en ai jamais trouvé l’utilité mais probablement car n’étant que de passage. Le compte se recharge un peu partout auprès des agents Mpesa.
Le retour au possibilités :
Passer cette zone désertique, brûlante et venteuse du nord, c’est accéder de nouveau aux possibilités.
C’est à partir de là en effet que les supermarchés vont commencer à ressembler à quelque chose, que l’on trouve de la street food sympa, et du choix.
Alors tout est relatif mais c’était très clairement pour moi le moment où j’ai commencer à me dire “Ouah ils ont de la sauce soja et des yaourts !”
Et c’est surtout apparement ce point à passer à partir duquel on en retrouvera plus jamais la disette des temps passés, en tout cas plus sur des durées et distances aussi conséquentes.
Internet :
Là aussi on est sur du changement. Un peu comme débarqué à Dubai après avoir pris le bateau en Iran. Connexion rapide et efficace, WIFI qui fonctionne. Carte sim en quelques minutes dans les grandes villes.
Rien à redire là dessus ! Au moins on ne met pas 3 heures à publier un post instagram..
Le cout de la vie :
Alors en revanche, c’est aussi par là l’entrée dans l’Afrique couteuse.
Le cout de la vie est relativement élevé au Kenya. En tout cas, dés que vous voulez justement profiter du choix qu’il vous est offert et vous sentir un peu à la maison dans un endroit cosy avec un bon café et une bonne part de gâteau, c’est 2 jours de budget au Soudan qui partent en fumée.
L’avantage cependant, c’est qu’un choix est possible. Tu peux choisir de dépenser beaucoup, ou de continuer à vivre avec ce que l’on trouve pour pas cher dans les petits restos locales.
Mon humble avis, une fois de plus. Je me suis retrouvé vite lassé de cette nourriture pas cher et rébarbative et me suis vu donc profiter de chaque incartade dans des villes de tailles moyennes pour me payer quelque chose de plus sophistiqué.
Et puis je relierais le cout de la vie avec la situation du camping sauvage par ailleurs. J’en pare en dessous.
Le Camping :
Le pays est fait de barrières et de barbelés. Les étendues d’herbes où l’on se prélasserait bien sous un arbre avec un livre au pied de la tente, ça fait rêver en passant. Mais tout est gardé, protégé.
De plus, le camping est un concept répandu au Kenya au vu du tourisme et cela du type de touriste qui y passe. Donc bien souvent, dans les hôtels il est possible aussi de camper. Mais pour des prix allant rarement plus bas que 5USD et qui monte jusqu’à des sommes astronomiques selon l’endroit.
Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de faire du camping sauvage, loin de là.
Mais plusieurs choses :
- Ca ne plait pas forcément aux locaux, que je trouve vivant dans une espèce de peur du voisin et de paranoïa constante. Méchants, brigands, animaux, serpents, voleurs, tribus d’à côté. Toujours une bonne excuse pour nous pousser à ne pas camper ici.
- Il faut cependant se fier aux locaux rapport aux animaux. Certaines sont magiques, on roule avec éléphants, girafes, buffles, zèbres et j’en passe. En revanche selon l’endroit où l’on campe, il peut y avoir certains soucis de sécurité rapport à ça justement. Les hyènes apparement sont féroces sur certains secteurs.
Sans tomber dans la paranoïa, je pense qu’il ne faut pas jouer au plus fort et finir en première page du journal local.
- On peut toujours camper gratuitement et en toute sécurité dans certains postes de police, écoles, églises.. Ce qui représente je pense une bonne option.
Les hôtels :
En fouillant un peu, on trouve parfois des petits hôtels qui sont aussi chers, voir même moins, que les campings. Bien pratique en saison des pluies.
Mais coup classique, c’est endroits sont aussi bien souvent des endroits de passe. Boule quiés conseillées.
Sachant que : ce que vous voyez écrit Hotel un peu partout désigne des restaurants, et non pas ce que nous nous appelions hôtel.
Tout se paie :
J’ai vraiment eu l’impression de rentrer dans une aplatie du monde où tout se paie. Donc je trouvais ça plus cavalier de demander à dormir dans le jardin des particuliers car souvent on me disait : Mais tu fais quoi pour moi en échange ?
Bine que conscient des conditions de vie des locaux, je pense être suffisamment prés pour le réaliser, j’ai vraiment eu une profonde tristesse d’avoir perdu cette simplicité relationnel d’humain à humain.
Je ne dis pas que les Kenyans ne sont pas accueillants. Simplement il y a ce petite truc en plus qui fait qu’on attend quelque chose de moi..
La couleur de peau :
Et c’est biens sur la couleur de peau. Alors on passe ici du “Faranji” au “Muzungu”. Au moins ça change un peu de vocabulaire et de consonance.
Beaucoup moins présent cependant. Je pense que le Kenya est un pays qui joue fort sur l’éducation, et ça se voit. Tout le monde parle Anglais, et souvent quelques petits mots de Français.
Ils ont l’habitude des touristes et aussi des expatriés. Je crois que le plus grande base britannique en Afrique est à Nanyuki, donc les blancs sont un peu moins exotiques. Ce qui ne fait pas de mal..
En revanche, j’ai toujours cet espèce de traumatisme lié à l’Ethiopie qui me fait penser bizarrement. Blanc et noir. C’est bête mais c’est comme ça. Les prix, les regards, les relations. Je vois tout comme ça.
Ainsi donc je pense que cette idée du blanc, qui plus est soit riche touriste en safari soit expatrié qui gagner 50 fois le salaire moyen, nous colle à la peau. Même au cycliste crasseux et transpirant que je suis.
On attend quelque chose en échange de mes demandes. On attend quelque chose de moi tout court. En tout cas c’est l’impression que j’ai eu. Et c’est un peu pesant.
Alors qu’on soit bien clair, je ne me plains pas de ma condition de blanc en vacances permanentes, mais c’est juste que lorsque j’explique mon budget quotidien, ça remet un peu les choses à plat.
Conclusion :
C’était le premier pays du continent où je me suis vraiment relaxé, où les choses commençaient à être simple. Cette frontière entre le nord du continent et le sud. Les pays aux points noirs et ceux où la vie devrait être plus simple.
Rétrospectivement, c’était plutôt simple de voyager là bas. La vie n’est pas donné mais la nourriture et variée, les villes ressemblent à quelque chose d’agréable grâce à la culture Kenyane, le tourisme et les expats.
C’est un pays qui demande du temps tant il y a à voir. Et de l’argent aussi, étant loin d’être bon marché. La communication est icic facile car tout le monde parle Anglais et pour une fois les discussions ressemblent à quelque chose de constructif, à mon humble avis que mes collègues cyclistes partage.
La vie sauvage y est accessible en dehors des parcs nationaux.
C’était chouette. Je comprends pourquoi certains sautent le nord et commencent d’ici, où finissent ici. Mais ça c’est une autre question. Je le comprends mais ce n’est pas ma démarche.
Bien à vous !
www.lepedalistan.com
FB : Le pedalistan, a bike journey
Insta : @lepedalistan
Merci pour ton récit vivant et très intéressant.
Je suis toujours admirative des cyclistes au long cours: quel courage! 😮
Ton avis sur l'Ethiopie rejoint celui d'autres voyageurs et même si tout le monde n'a pas le même ressenti et que les paysages semblent magnifiques, je pense qu'effectivement le monde est vaste et que je n'y mettrai jamais les pieds (même sans vélo 😉).
J'attends avec impatience la suite sur l'Ouganda car c'est un pays que j'ai beaucoup aimé.
Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Avec grand plaisir !
Quand à l’Éthiopie, oui, ça rejoins en tout cas ce que mes amis pensent aussi. On en sort rarement sans casse physique, matériel ou moral !
Pour l'Ouganda, ça devrait arriver vite, je m'y atèle aujourd'hui.
Merci pour ton commentaire !
J'essaie de coller le plus à mon ressenti, quel qu'il soit, puisque de toute façon "il est", et que je ne me vois pas mentir.
Le 5éme chapitre, c’est parti, direction Ouganda !
Introduction :
Je quitte le Kenya avec un petit pincement au cœur. On sait ce que perd mais jamais ce que l’on gagne. On m’a un peu prévenu sur la densité de population et les difficultés pour camper que cela occasionne. Les gens semblent passer la frontière comme on traverse la route. Puisque c’est ainsi, en avant.
De la frontière à Kampala :
Le passage de frontière est si rapide que j’en oublie même de faire tamponner mon passeport du côté Ougandais.
La ville frontalière m’offre le premier contact avec le pays. Je traverse les ruelles ensablés pour trouver un endroit où manger mais aussi pour tenter d’y trouver une quelconque différence avec le Kenya.
Sur la route, déjà je m’y sens plus vulnérable. L’espace qui m’est réservé est plus étroit qu’auparavant et je ne sens pas de réelle compassion pour ma personne.
Le soir arrivant, je cherche vaguement de l’œil un endroit pour dormir mais on m’avait bien prévenu, c’est densément peuplé.
Je finis dans un hôtel pas cher, je dépose le vélo et vais faire un tour. J’aime faire ce test pour voir un peu comment les gens réagissent à ma présence.
Au restaurant, les options sont une fois encore sommes toutes classiques. On me fait payer un certains prix, puis après discussion dans la cuisine, la femme revient avec la monnaie exact.
En entrain, une douche dans une grande salle de bain où aucun pommeau ne pend au mur. Un sceau avec de l’eau clair, un autre, plus petit, qui sert mécaniquement à remplir puis vider sur mon corps assis sur le carrelage.
La nuit sera calme, et je suis motivé pour reprendre la route le lendemain vers Jinja, là où m’attend un hôtel où j’aurais peut être la chance de retrouver un peu de vie social, tout au moins, de tremper dans la piscine en buvant une bière.
Fidèle à sa réputation, la route forme une sorte de montagne russe, ainsi je grimpe instantanément tout ce que je descend. Tout est champ ou habitation. Arrivant à la fin de la saison des pluies, les paysages sont verts incandescents.
Le trafic s’intensifie à mesure que Jinja approche, les conducteurs étant constant dans leur irrespect.
La route est plutôt belle, bien qu’à l’appel du klaxon je me jette dans le bas côté. Ce qui est frustrant surtout rapport à mon caractère. Les locaux à vélo le font sans râler ni s’étonner. Moi j’explose. J’explose de ne pas exister. De n’être qu’un chien que l’on klaxonne.
Et c’est quelque chose qui m’a suivi tout au long de la traversée du continent. Cette culture avec laquelle j’ai grandi et que je n’ai pas réussi à quitter. Cette culture du respect de l’autre, qu’il ait deux ou quatre roues, blanc ou noir, une jambe ou trois jambes.
Enfin Jinja, je file direct à l’hostel et n’en sortirais que le lendemain. Je ne veux bouger ni ne voir personne.
Le menu est plutôt original pour le continent dans lequel j’évolue. Alors j’avoue que je force un peu sur la carte bleue. J’avoue que je peux restreindre sur tout mais la nourriture… Je me sens tellement privé de bonne nourriture de manière globale que lorsque j’y ai accès, je fond dessus.
ainsi passe la journée, tel Bacchus au bord de la piscine.
Mais déjà il faut repartir, et direction la capitale, que je devrais atteindre d’ici quelques heures. J’y retrouverais d’ailleurs Craig, avec qui j’ai commencé à rouler en Égypte.
Puis Kampala, c’est tout de même la ville a plus connue en Afrique pour faire la fête, alors une bonne grosse part de moi est assez impatient de vois ce que la ville donne.
La route est plutôt désagréable. Il fait chaud et humide, et la route ne cesse de rétrécir, à se demander comment elle va finir. En banlieue de la capitale, l’asphalte finit brutalement au ras des bandes jaunes et ensuite c’est le retour à la terre après un petit saut de l’ange avec un vélo bien trop chargé. Le trafic est infernal, mais tellement qu’il en devient suffisamment lent pour ne plus être dangereux.
Je m’arrête pour souffler, sécher un peu à l’ombre et boire quelque chose de frais. Il n’y a aucune place pour moi ici, et personne ne semble vouloir m’en faire.
J’arrive tant bien que mal à l’hôtel où un lit en dortoir m’attend. Les prix sont relativement élevés ici, j’ai donc le moins cher et le plus éloigné du centre. Un couple pas très bavard et un américain qui passe ici quelques mois par an pour se refaire une jeunesse auprès des jeunes filles. Il m’indique quelques endroits où aller que j’éviterais soigneusement.
Un message de Craig “RDV dans une heure à tel bar”. Une douche, le reste de mes spaghettis et je saute derrière une moto. Il fait déjà noir, c’est la découverte de la capitale.
J’ai déjà quelques bières aux compteur, le temps que les pâtes cuisent et que l’américain tente de me convaincre. La ville semble briller, et moi je suis le mouvement de la moto. Il semble savoir où aller, très bien. Les lumières vont de bas en haut. La ville s’étend, je ne fais que la deviner.
Je ne retrouverais mon lit que le lendemain vers 8h du matin. La journée fût compliqué. Et j’ai vite compris qu’il fallait que je quitte la ville si je ne voulais pas tomber dans la spirale de la nuit qui pourrait me retenir ici des jours et des jours durant, la fête ne cessant jamais.
Kampala à la séparation :
Ainsi je pars deux jours après être arrivé vers Ntbebbe. C’est pas bien loin mais ce n’est pas la route la plus agréable qui soit. Je suis accueilli là bas par Fred, un Français qui habite désormais là bas et qui a lui aussi traversé l’Afrique à vélo. Quelques jours de repos à quelques pas de la folie de la capitale.
C’est l’occasion de voir la vie locale sans le vélo, plus proche des gens, et des gens que Fred connait déjà. Il m’emmène dans les endroits qu’il faut voir, où il faut manger. La vie est plutôt douce. Je comprends que l’on vive ici plutôt que dans la capitale.
Puis vient l’heure de repartir, on nous conseille de prendre le ferry ici et d’aller rejoindre l’ile de Sese pour la traverser. Donc le ferry et en l’espace d’une heure nous voilà de l’autre côté. A l’approche de l’ile, on se croirait sur une autre planète. Je revois mes heures sur la côté Brésilienne. J’ai un peu l’impression d’avoir quitter le pays où j’étais encore une heure auparavant.
Une pente inamical nous amène au village où nous faisons quelques courses et profitons de la vue avec une bière fraiche.
Un mec rencontré dans le ferry s’avère être le manager d’un hôtel. A l’écoute de notre histoire il nous propose de camper gratuitement dans le jardin de l’hôtel. La pluie nous cueille en pleine nuit, nous décidons de rester une journée de plus à trainer au bord du lac. Des pécheurs pèchent au fil, mécontents de l’absence de prises.
Le lendemain nous repartons sous une pluie fine pour traverser l’ile et récupérer un autre ferry de l’autre côté qui nous ramènera sur la terre ferme. Nous traversons surtout une immense production de palmiers à huile, ne laissant que peu d’espaces à la végétation sauvage qui lorsqu’elle subsiste, donne un air de jungle et nous fait donc nous sentir plus aventurier que nous ne le sommes.
Nous dormons le soir au bord d’un autre lac qui parait une goutte d’eau comparé au lac Victoria. En effet, nous voyons le lac dans son entièreté. Seuls quelques pécheurs rompent le calme apparent de l’eau.
Ça faisait bien longtemps que je ne m’étais pas retrouvé dans un lieu où la densité de population était si faible qu’elle permettait de s’entendre penser.
LA route fût calme jusqu’à un accident en fin de journée. Les chauffeurs étant si pressés et ayant une notion de respect différent du notre, je me retrouve allongé au sol, bénissant mon casque. Je touche le vélo, rien n’est cassé. Ensuite je m’inspecte, rien de cassé. On arrive encore à me reprocher l’accident, avant de calmer le jeu devant mon énervement que je trouve assez justifié.
“God bless you”. Nan c’est bon, tu peux le garder ton copain imaginaire. Si je suis encore en vie c’est ni grâce à dieu mais si je fus en danger c’est bel et bien à cause de toi !
Nous trouvons un hôtel bon marché, n’ayant pas envie de continuer plus avant. Le village à un certains charme. Street food, arbres aux branchages s’approchant du sol, piste terreuse défoncée, agitation de toute part. Malgré tout je suis de bonne humeur. Content d’être entier ? Peut être.
Le lendemain, nous échappons de peu à un autre accident, un camion se rabattant juste devant ma roue à la dernière seconde. Un Ougandais à vélo finir dans le fosse quelques mètres plus bas. C’est apparemment la route la plus dangereuse du pays.
Craig demain part vers le nord, pour ma part je vais vers la frontière. Je suis fatigué du pays déjà. Je ne me sens surtout pas en sécurité sur la route. J’espère, un peu naïvement peut être, être plus en sécurité de l’autre côté de la frontière.
Le lendemain à Mbarara, nous trouvons un endroit cosy avec une merveilleuse bouffe, forcément rempli de blancs. A croire que la nourriture attire certains types de personnes, ou que les prix en éloignent d’autre. Ca nous fait sortir de notre quotidien composé d’œufs et de chapatis par la même occasion. A la sortie de la ville on se sépare. Le trafic se calme et la route es désormais plus douce.
Mbarara à la frontière :
De là la route sera beaucoup plus calme et beaucoup plus sympa. C’est par les montagnes que l’on chemine, et après la saison des pluies, tout est verdoyant. C’est vraiment un très bel endroit.
Rien de bien glorieux à raconter, à part que c’était surement la partie la plus chouette où j’ai roulé en Ouganda.
Moins de trafic et de monde alentour, c’était chouette, simplement. Même le col à passer avant d’arriver sur Kabale était vraiment chouette.
Au niveau logement c’est toujours le même casse tête pour camper. Là aussi je frappe à la porte du commissariat ou tombant sur eux sur la route, ils m’invitent à me présenter au commissariat le soir venu.
La route qui mène la la frontière est vraiment belle. Quelques vélos m’accompagnent pour un bout de route, eux allant d’un village à un autre.
“Et toi ?
- Kigali”
Dans le creux d’une vallée où pousse de manière très organisé le thé, je serpente sur l’asphalte qui suit les sommets alentours. C’est cette route qui mène à la frontière. J’aime ce genre de route qui mène aux postes frontières. Comme une manière d’offrir une route agréable avant le casse tête que peuvent être certaines frontières.
Passage classique. Des magasins de ci de là offrant de quoi dépenser ses derniers ronds, du monde qui essaie de me faire changer de l’argent que je répète ne plus avoir, ce qui es le cas.
Un rapide coup de tampon et je passe par delà la barrière.
Quelques infos :
Entrant depuis le Kenya, j’avais un visa East Africa qui permet d’entrer au Kenya, Rwanda et Ouganda. Autrement, il est facile d’obtenir un visa au poste frontière pour environ 50USD.
Passage de frontière relax, aucune fouille des sacoches. Par un bizarre tour du sort, j’ai eu le tampon de sortie de Kenya mais pas celui d’entrée en Ouganda. Ca n’a posé aucun problème par la suite.
Argent :
Rien de bien spécial non plus par ici. Traditionnel bureau de change aux frontières et dans les grandes villes. Sinon des distributeurs un peu partout.
Sécurité :
Aucun problème rapport à la délinquance. En tout cas me concernant. Kampala est une capitale connue comme étant le centre névralgique des nuits endiablés des pays alentours. Il vaut mieux rentrer en taxi moto le soir avec des chauffeurs ayant le dossard des taxis officiels. De nombreux cas de délinquances sont reportés le soir tard pour ceux qui sont montés sur une oto au hasard et qui ont eu de mauvaises surprises. Mais ça, ce n’est pa typique de l’Ouganda, ca pourrait arriver absolument partout.
En revanche, en ce qui concerne ce que l’on appelle la sécurité routière, c’est une toute autre chanson. Disons que les termes sont antinomiques par là bas.
C’est pour moi, de loin, le pays le plus dangereux qu’il m’est était donné de traverser à vélo.
Il n’y a pas de bas coté, et surtout, ils roulent vite et mal. Tout le monde se colle au train et double au dernier moment.
Je me suis fait faucher par une moto entre deux bus et ne sais pas trop pourquoi je suis encore en vie. Peu importe, puisque je suis bel et bien vivant. Mis à part une sacoche cassé aux attaches, toute est vite rentré dans l’ordre.
Mais alors vraiment, faites attention sur la route.
Nourriture et supermarchés :
Pas trop à se plaindre. Généralement, les cyclistes passent au nord du lac Victoria avant de descendre vers le Rwanda. Là, on est jamais bien loin d’une ville de taille conséquente. Pas grand besoin de stocker eau ou nourriture.
Les petites épiceries sont plutôt classiques mais l’avantage c’est la street food disponible partout. Ca tourne vite en rond cependant, le fameux rolex, contraction de “Rolled eggs”.
C’est une omelette entouré dans un chapatis. C’est souvent bon et parfois goûtu si ajout de tomates fraiches et d’oignons. C’est réellement disponible partout, même dans le plus petit village, il y a toujours cette cabane en bord de route pour se restaurer. Ça tourne autour des 70 centimes me semble t’il, de tête.
Coût de la vie :
La vie est un peu moins cher qu’au Kenya, mais de toute façon, plus on va vers le sud, plus les prix grimpent. Disons qu’on vit pour peu en vivant simplement, mais ca marche à peu prés partout. Rien d’exceptionnel ici non plus.
Densité de population :
Alors là par contre c’est rigolo. Ça ressemble un peu à la densité d’Éthiopie, hors zone désertique, sans les cailloux qui volent de droite et de gauche.
On comprend très rapidement. Il y a du monde partout, c’est plutôt simple. Beaucoup de gens à vélo et à pied, même au bord des routes entre deux villes et villages.
Les gens sont adorables, mais c’est difficile de trouver un peu de repos sous un arbre, seul et au calme.
Où dormir :
La densité de population fait que c’est moins facile de camper. C’est soit des cultures, soit des maisons ou des champs derrière des barrières. Alors, c’est loin d’être impossible, mais c’est un peu plus tricky et ça demande de planter la tente relativement tard pour être discret. Discret par principe car peu de chance qu’il arrive quoi que ce soit.
Il y a des campings un peu partout comme au Kenya, puis des hôtels pas trop cher. Pour 3 ou 4 dollars, on a une chambre propre avec douche au seau et toilettes, ou non.
Les églises et écoles font un bon endroit pour camper, ainsi que les commissariats de police. Même si ca ne marche pas, ça ne coûte rien d’essayer !
La couleur de peau :
Ca commence à se calmer un peu dans le coin. Quelques “Muzungu” par ci par là mais ca devient plus agréable et je me suis senti un peu moins différent ! C’est le début du mieux.
Les églises :
Là aussi des églises partout. Toutes de branches différentes pour lequel il faudra un bon moment avant de comprendre la différence.
Ce que je crois comprendre, c’est qu’elle sont dirigés par des prêtres indépendants qui gagnent tous de l’argent indépendamment avec leur église et leurs prêches.
Je ne suis déjà pas un grand fan des églises, mais alors là, le système est un peu tout much.
Elles se revendent aussi d’ailleurs. Dans l’annonce, il est annoncé combien d’argent est brassé chaque moi.
Internet et réseaux sociaux :
Le réseau est plutôt bon ! Ca prend 15 minutes à la frontière de faire une carte sim une fois qu’on a réussi à trouver le magasin. Les data deviennent de plus en plus chères et tout est érable avec des “vouchers” que l’on achète dans la rue.
C’est donc facile et efficace.
En revanche, les réseaux sociaux sont soumis à une taxe, ce que l’on a omis de me dire. Donc il a fallu passer par un VPN pour y accéder gratuitement.
Rouler seul :
C’est un doux rêve, mais ça arrive rarement ici. Beaucoup de gens se déplacent à vélo et ont tendance à se coller derrière la roue. C’est pas méchant du tout, mais un peu envahissant.
Lorsque le vent vient de face, on peut se retrouver avec une armée de cyclistes derrière profitant du trajet.
Mais c’est surtout difficile de rouler seul, ce que j’aime, même lorsque je roule avec des copains. Question de patience, mais je dois avouer que ce n’est pas mon fort. Alors je m’arrête souvent pour les laisser passer. Ca parait pas très sympa mais bon, lorsque l’on vit dehors, sans filtre avec les autres, il y a bien des moments où l’on veut être seul.
La vie nocturne à Kampala :
Assez réputé en Afrique, elle vaut en effet le détour. Pour une fois, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir le choix dans les possibilités d’amusement nocturne !
Alors ca ne marche que si vous aimez faire la fête jusqu’au petit matin.
Pour ça c’est pas bien compliqué. Il y a des endroits où les expatriés se retrouvent le soir, et tout le monde est très sociable. On se retrouve bien vite dans une parfaite soirée afrobeat.
Le prix de l’entrée dans ces soirées sont aussi couteuses qu’en France, mais les bières sont peu cher ! Mais surtout, c’est vraiment un super endroit pour s’amuser, et probablement l’un des seuls sur la route vers Cape Town où la fête est prise au sérieux.
Hello Clotaire
Je crois bien que tu as pris la route la plus fréquentée (et la plus dangereuse 🤪) du pays (Jinja-Kampala-Masaka).
Déjà en voiture, il faut faire très attention et avoir les yeux partout, alors à vélo....😕
Bonne continuation au Rwanda 😉
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Grands Merci et Bravo! pour votre carnet Est-Africain en cours, qui a cette qualité siiiii rare sur VF de "grandir" son lecteur, par son expérience d'abord (extra ordinaire) mais aussi l'humilité et la légèreté (humour..) de son récit, n'atténuant ni sa puissance ni sa pertinence voyageuse (infos ).
Pour moi, déjà un collector du Site.
Tous mes encouragements pour le châpitre 6/Rwanda.
J'aime toujours autant vous lire et suivre vos aventures par procuration.🙂
Même si j'avoue être un peu déçu par votre ressenti de l'Ouganda. Nous, nous avions beaucoup aimé et trouvé que les Ougandais étaient très avenants ... par rapports aux Botswanais, aux Zambiens ou aux Namibiens.
Tu ne me donnes toujours pas envie d'aller jeter mon propre oeil dans les pays traversés et encore moins de prendre mon vélo mais ta façon de raconter ton road trip bien différent des nôtres est très agréable. 🙂
Humble.
Merci pour votre commentaire qui me touche grandement !
J'essaie d'être plutôt franc et de coller le plus proche possible de mon ressenti. C'est pas toujoooooooours très positif mais c'est honnête !
Merci en tout cas !
La suite va pas tarder à suivre !
Les ougandais sont vraiment chouettes, sans aucun doutes.
Mais je pense qu'il faut toujours lire ce que j'écris avec ceci en tête : fatigue, chaleur, manque de patience pathologique de ma part, solitude, humeur naturellement fluctuante
Je suis un râleur de base. Mais la raison qui me pousse à prendre le temps d'écrire tout ça avec mes propres mots et mon expérience propre, c'est surtout que j'ai beaucoup lu des récits des autres plus jeunes, et même encore maintenant, mais beaucoup moins.
Et je me sens parfois, souvent, tellement loin de ce que je lis, entends et vois que je me dis qu'il faut que je mette mon petit grain à la pile de récits.
Et puis je ne me vois certainement pas dire que quelque chose m'a plus si pas, ou que j'ai trouvé un endroit grandiose parce que tout le monde autour s'extasie.
M'enfin, c'est un plaisir pour moi d'écrire tout ça et ne pas être d'accord et en discuter fait partie du jeu !
Le 6éme chapitre, en avant, express pour le Rwanda !
Introduction :
Ce chapitre sera relativement court, car en effet, le pays est relativement, puis il arrive pile au moment où je ne me retrouve plus dans l’environnement dans lequel j’évolue.
Je passe la frontière sans avoir trop d’idée en tête de ce que je vais pouvoir y trouver. On m’avais juste prévenu que c’était densément peuplé. Et que c’était très beau.
Ce qui est amusant c’est que en m’approchant du pays, certains s’inquiétaient de me voir aller au Rwanda. C’est peut être le dernier pays à craindre sur ma route, mais les nouvelles se sont arrêtés au génocide alors.
De la frontière à Kigali :
Je passe la frontière de bon matin. Simple et efficace. Enfin quoique, on me demande tout un tas d’infos et comme un idiot j’essaie de répondre oralement. D’habitude je fais une geste vers le vélo avec un grand sourire, et d’un air renfrogné le douanier marmonne un truc qui ressemble au “Mouai ok t’as pas d’adresse et tu sais pas où tu vas”.
Et là j’ai tenté de répondre que quelqu’un m’attendait. Ce qui est vrai étant donné que j’avais une couchsurfeuse qui m’attendait. Mais je ne connaissais pas son nom de famille, ni son adresse, ni son boulot. M’enfin, ça lui paraissait étrange que l’on puisse être attendu par quelqu’un de qui on ne connais rien.
Je passe, puis je file. Je ne cherche pas trop à trouver un distributeur bancaire, trop hypnotisé par ma concentration à rouler à nouveau à droite de la route. C’est un peu comme être à la maison de nouveau.
La vallée est belle, très belle. Je suis content de rester en son creux car les flancs sont quelque peu abruptes.
Mais il me faudra bien vite passer un col. Aucun problème, dans ce genre de conditions je peux monter des cols tous les jours, pourvus que la vue soit belle.
Les villages ont une petite place centrale où siègent la coopérative de thé. Ces villages n’ont rien d’une recherche de confort ou d’esthétique. C’est simplement là où vivent les cueilleurs de thé. JE les vois remonter la route à contre courant avec leur sacs remplis de feuilles. On se fait signe. L’ambiance est bonne.
Très peu de voitures, beaucoup de vélos. Plus par nécessité économique que par amour de la petite reine j’imagine.
Et en effet, c’est un flot incessant. C’est peu dire que le pays est densément peuplé.
Je me rends vite compte que je ne trouverais pas de distributeurs sur la route, pas avant Kigali, et que je n’ai plus un rond. Toutes ces publicités sur le bord de la route ventant la fraîcheur des bières blondes Rwandaise, s’en est trop. Je regarde la carte. Ca fais une belle journée mais rien de surmontable, cap sur la capitale. Ce qui en d’autres termes fait aussi traverser la moitié du pays en une journée.
Donc je roule, je prends grand plaisir à rouler vite, à sentir mes jambes exister.
Mais vite je me sens un peu oppressé par ce flot de vélos qui prend plaisir à se coller à ma roue. Il n’y a pas de vent de face, je ne comprends pas trop une telle proximité. C’est bon enfant, mais moi je suis comment dire, très moi même. Et j’aime mon espace.
Alors oui j’entends d’ici, encore, “Fallait pas aller en Afrique Clo.”
Ouai y’a de l’idée, même si ça reste un peu cliché.
Lors du passage du col, un mec me colle tellement que lorsque je me glisse sur le bas côté pour uriner, il me rentre dedans. Ca le fait rire, les gens autour aussi, moi pas vraiment.
Je pisse et j’accélère le pas. Si y’a bien un truc que je sais faire pas trop mal c’est grimper avec une bicyclette, alors je le laisse derrière. Le col est vraiment beau, les champs de thé deviennent de plus en plus petit, et j’ai envie d’être seul ici. Je me sens bien dans mon silence. Pas de traffic non plus. Ce silence c’est le mon bruit préféré.
Au sommet je prends une photo, vite entouré par des copains que je ne connais pas encore mais qui semblent curieux. J’aurais voulu rester plus longtemps assis là haut à regarder la vallée, mais j’aurais voulu le faire seul. Et ça ne semble pas être un concept partagé par tout le monde ici.
Alors je me dirige vers la descente, et ça déroule presque jusqu’aux abords de la capitale. Je salue tout le monde au passage, mais toujours ces foutues publicités de bière. Il fait chaud et j’ai soif, toujours soif de toute façon. Je roule vite, c’est bon d’être en montagne.
Puis la capitale apparait doucement. Je n’ai plus grand chose à manger non plus, il me faut arriver car l’hypoglycémie guette.
La route est verte et sauvage jusqu’à quelques kilomètres du centre ville. C’est assez impressionnant que les champs soient encore balayer par le vent si prés de la capitale. Tant mieux.
Kigali :
Puis Kigali. C’est l’exemple typique de ces capitales d’Afrique subsharienne que l’on s’est dépêché de mettre sur les collines les plus pendues. Lorsque tu arrives à destination et que tu pose le vélo, tu ne le ressors plus, chaque passage d’un quartier à un autre est un passage de col.
Je me jette sur le distributeur, puis l’assiette de frites et la bière fraiche. Je regarde la pente qui semble m’attendre pour aller là où je le veux. Je regarde ma bière vide. J’en recommande une.
J’observe donc cette ville, ces habitants, ce pays qui bat ici. C’est intriguant tout de même le Rwanda. J’ose à peine imagine cette rue 25 auparavant.
Mais ce qui me choque surtout, c’est que tout le monde sur motos et scooters portent un casque. Puis lorsqu’un piéton veut passer, il va au passage piéton, et tout le monde s’arrête systématiquement. C’est un peu l’hallucination.
La ville est propre, le déplacement facile et personne ne fait attention à moi. Les vacances. Je trouve même des croissants et du bon café, le paradis.
La ville est relativement safe, on peut donc monter sur un soda et aller boire quelques bières avec des copains à l’autre bout de la ville. Les conversations au bar sont en Français et l’ambiant est bonne enfant.
Le centre ville est tout ce qu’il a de plus classique en Afrique subsaharienne. Tout est sorti de terre il y a peu, sans charme ni recherche du beau. C’est plat, tant dans ce que les commerces ont à offrir que dans la ballade à pied pour essayer de trouver un semblant d’architecture intéressante.
Passage obligatoire au musée du génocide. C’était peut être pas le premier truc à faire dans la journée cependant. C’est assez poignant, brutal. Et en lisant l’histoire on essaie de cacher son accent français.
Je tente aussi un passage à l’ambassade du Burundi armé d’une bonne poignée de dollars pour faire ma demande de visa. Un énième jour férié, je repasserais demain ! Puis le soir venu, j’ai des nouvelles d’un autre cyclo qui est au Burundi, l’ambiance est apparemment moyenne moyenne. D’après ses dires, ça pourrait bien ressembler à un relent d’Éthiopie. Aucune envie de ça. Aucune. Alors j’abandonne l’idée, et ça me fait économiser pas mal d’argent et de dénivelé.
Puis il faut bien repartir. C’est surtout l’envie d’avancer qui me pousse vers la sortie. Je ne suis pas tombé amoureux de la ville, en tout cas pas suffisamment pour rester plus longtemps. J’ai envie d’atteindre la Tanzanie. De me sentir avancer.
Et un peu d’histoire au passage ?
J’ai d’abord voulu tenter de résumer ce que j’avais compris sur le génocide Rwandais. puis j’ai capitulé. Je pense que si ca intéresse quelqu’un, chacun peut se pencher sur le problème, c’est trop vague.
Mais le musée est plutôt clair, les Hommes sont capables du pire. Et le mécanisme et la rapidité d’exécution est fascinant.
Impossible de venir à Kigali sans visiter le musée. Il y a de bons livres sur le sujet aussi, et en Français.
De la capitale à la frontière :
Il me faudra deux nuits et à peine plus de jours pour parvenir à la frontière.
La sortie de ville est plutôt simple. En sortant comme en entrant, quelques kilomètres et je me retrouve dans le vert. Adieu le béton et bonjour le retour aux belles vallées verdoyantes.
Un col m'attend un peu plus loin. Long mais relativement faiblement pentu et me sentant en grande forme, je l'attaque en chantant. Puis j'arrive en haut. La vue d'un côté pour déboucher sur celle de l'autre côté de la vallée. C'est vraiment chouette. Un plaisir de grimper ici.
Au sommet je m'octroie une bière. Je trouve toujours une excuse sans chercher bien loin.
Puis classique, on vient s'assoir avec moi, on m'offre même la bière. Bon, je sais à quoi ca m'expose d'accepter mais de toute façon, il ne me lâchera pas. Alors je l'écoute en sirotant la bière tant qu'elle est fraiche. Il me parle de ses problèmes. Non pas que je n'ai pas envie de les entendre, mais parfois j'aimerais parler de tout et de rien avec les gens, mais de quelque chose positif. A défaut de pouvoir rester silencieux, au moins du positif.
Plus le temps passe plus j’accélère sur la bière, me voyant finir, il m'en propose une autre. "Non non c'est bon merci, tu sais je fais du sport je ne peux pas tant boire". La bonne blague, le nombre de fois où je roulais presque du mauvais côté de la route...
Je repars après avoir refuser gentiment de rencontrer sa maman, lui avoir donné mon numéro et avoir presque promis de repasser malgré lui avoir expliquer que je vais plein sud et que je ne repasserais surement jamais de la vie ici. Voilà là où j'en suis arrivé, donner aux autres ce qu'ils ont envie d'entendre.
Ce n'est peut être pas très cool, mais c'est une manière pour moi de me protéger.
Enfin, je reprend la route. Je passe Kayonza le soir et vais frotter mes capacités de négociateur auprès d'un camping. Ça échoue plutôt lamentablement et je me retrouve à payer bien trop. Ca ne semble pas être de ces pays où la négociation fait partie de la culture.
Je passe une nuit au calme et repars le lendemain sans savoir si je vais passer a frontière ou non. Qu'importe, c'est tout l’intérêt d'avoir le temps.
Mais la journée s'avérera plus longue et pentu que prévu, alors je m'arrête le soir quelques kilomètres avant la frontière. Je négocie tant bien que mal quelques œufs pour le petit déjeuner, mange un plat qu'on me fait payer trop cher et je m'écroule dans mon lit.
Le lendemain j'ai la bonne humeur des matins où l'on passe des frontières. Surtout celle ci. Pour moi la Tanzanie c'est la deuxième moitié de la traversée qui commence. Aucune réelle logique là dedans, c'est juste la frontière psychologique qui marque la moitié de mon périple en Afrique.
Alors voila, je roule gaiement vers la frontière. La pluie est déjà passé, je ne l'ai même pas vu. En revanche j'arrive à la frontière dans un bel état.
Un dernier petit déjeuner avec la petite monnaie restante et voila, je passe la grille.
Alors le Rwanda ?
Ben difficile à dire, étant donner le peu de temps que j’y suis resté. C’est vraiment dommage car c’est un beau pays pour ce que j’en ai vu, et qui je pense a des coins merveilleux.
Cependant, comme beaucoup de cyclistes, je n’ai fait que passer. Je n’ai fait que passer pour plusieurs raisons : je n’avais pas de profondes et intenses envies de visiter le Rwanda, je n’étais pas dans une période où je désirais être constamment entouré d’autant de personnes (si tant est qu’il y ai une période où j’en ai envie).
La raison pour laquelle tout les cyclistes passent au Rwanda, soyons honnête, c’est le visa. L’ouganda et le Kenya sont immanquables, mais pour le même prix, le Rwanda est compris dans le visa. Alors autant y aller !
Cependant, les gens sont adorables, le pays est beau et plein de ressources, c’est vraiment une bonne idée que d’aller y trainer les sandales, mais je ne pense pas que le vélo soit le meilleur moyen de l’explorer.
Enfin, en soit si, mais c’est vite étouffant et épuisant. Et je dis ça de manière plus général car les copains qui y sont passés ont vite fait de tracer une ligne droit et courte sur le GPS pour en sortir. C’est vraiment humainement intense. Court mais intense.
Quelques infos :
Le trajet :
Katuna - Kigali - Kayonza - Rusumo
Visa :
Je suis rentré avec le visa est africain, donc le même que pour le Kenya et l’Ouganda. En revanche il est disponible directement à la frontière pour environ 50USD je crois. En tout cas avec un passeport Français.
Il est valable pour un mois et une entrée. Pour 90USD, c’est 3 mois et entrée multiple.
Avec le visa east africa, vous pouvez entrer et sortir à volonté dans ces pays. C’est même possible de sortir de cette zone et d’y entrer de nouveau avec le même visa.
Argent :
Classique, distributeur ou bureau de change pour avoir le Franc Rwandais. Il doit y avoir un distributeur tout de suite à la frontière, sur lequel je ne me suis pas précipité, persuadé d’en trouver d’autres un peu plus loin. Ce ne fus pas le cas avant d’entrer dans Kigali.
Donc si vous venez à vélo par la même route, c’est bien de s’appliquer à trouver ce fameux distributeur ou d’échanger quelques ronds à la frontière. Car la route jusque Kigali peut être longue et pentue, selon la forme de chacun. Mais si vous avez nourriture et que vous les publicités de bières ne vous font aucun effet, ca devrait aller.
En dehors de ça, c’est facile de payer par carte. D’autant plus que le pays est en pointe en terme de technologie sur le continent.
Sécurité :
Mis à part ma santé mentale mis en péril par la constante présence humaine, aucun problème. Peu de traffic, donc peu de problème. De plus, comme chez les voisins, les gens sont adorables.
J’y suis peu resté et n’ai pas fait de camping sauvage donc difficile à dire, même si je ne m’inquiéterais pas outre mesure. C’est plus niveau tranquillité et espace vitale que ça coince.
Nourriture et supermarchés :
Pas trop la culture de la street food mais un peu comme partout où la route passe, quelques restaurants au bon endroit et au bon moment. En revanche je ne me souviens pas avoir mangé quelque choses de spécifiquement exceptionnel.
On peut trouver les fameux rolex aussi mais c’est un peu plus trendy au Rwanda et donc plus cher.
Je conseille cependant un petit arrêt par le coffee shop à quelques kilomètres de Kayonza si vous passez dans le coin. C’est bon, le staff est amical, nourriture pas trop cher et le café est vraiment cool.
Quand au supermarché/épiceries, rien d’extraordinaire, à nouveau somme toute classique pour les environs.
Coût de la vie :
Assez standard ma foi. Je dirais que c’est un peu plus cher qu’en Ouganda ou en Tanzanie mais ca reste plutôt standard pour le coin. D’autant plus que je n’ai payé qu’une fois l’hébergement et que c’était plutôt bon marché.
Densité de population :
Je crois qu’on peut difficilement faire plus sur le continent Africain, étant donner qu’il est classé 17éme mondiale et je crois le 1er sur le podium du continent en terme de densité au km2.
C’est assez dur de s’imaginer une telle densité de population. Disons qu’il y a du monde partout et tout le temps. Au bord de la route,
Où dormir :
La densité de population fait que c’est moins facile de camper. C’est soit des cultures, soit des maisons ou des champs derrière des barrières. Alors, c’est loin d’être impossible, mais c’est un peu plus tricky et ça demande de planter la tente relativement tard pour être discret. Discret par principe car peu de chance qu’il arrive quoi que ce soit.
Il y a des campings un peu partout comme au Kenya, puis des hôtels pas trop cher. Pour 3 ou 4 dollars, on a une chambre propre avec douche au seau et toilettes, ou non.
Les églises et écoles font un bon endroit pour camper, ainsi que les commissariats de police. Même si ça ne marche pas, ça ne coûte rien d’essayer !
La couleur de peau :
J’ai plus senti l’intérêt qui m’était porté en tant qu’étranger que la couleur de ma peau elle même. Il faut dire qu’à partir de là, j’ai de moins en moins entendu le mot muzungu. Mais ici comme en Ouganda, ceux qui se sont aventuré avec des vélos adaptés dans des zones plus reculés ont un discours un peu différent.
Internet et réseaux sociaux :
Bon réseau efficace et pas cher. D’autant plus facile que la fille parlait Français à la boutique. C’est le réseau MTN, et comme partout ailleurs avec ce réseau, c’est vraiment simple d’utilisation, on achète une carte sim et selon l’offre que l’on veut on achète du crédit dans la rue. Me semble que ça marchait comme ça chez nous il y a quelques années maintenant.
Rouler seul :
Des vélos partout, des gens tout le temps. Non je n’ai pas le souvenir d’avoir beaucoup roulé seul. Chose que j’aime par dessus tout.
Un pays où il faut être patient pour s’accommoder de ce constant groupement de cyclistes derrière sa roue.
Je faisais semblant de m’arrêter téléphoner ou uriner pour laisser passer tout le monde. Ils ralentissaient en regardant derrière, gardant à l’œil mon éventuel départ. Je ne suis pas patient, mais j’ai le temps. Alors j’attendais, grignotant un truc en râlant comme je sais si bien le faire.
Mais en terme de sécurité, c'est loin d'être un problème.
Sortir à Kigali :
J’ai vaguement fait l’expérience de la vie nocturne sur Kigali. C’est plutôt cool d’être dans un pays où on peut trainer le soir sans trop s’en faire. Bonne ambiance dans les bars, la bière n’est pas cher. Je me souviens avoir joué au billard un soir et il y avait un mec préposé au comptage des points, j’ai trouvé ça rigolo.
Musée :
Qui dit Rwanda dit génocide, qui dit Kigali dit musée du génocide.
Puis ca serait dommage d’être dans le coin et de ne pas le visiter. C’est sur donation, et ca commence avec une introduction vidéo plutôt brutale.
Puis ensuite, que dire, c’est l’histoire d’un génocide. C’est écrit en français et en anglais, c’est vraiment intéressant et fascinant.
Mais voilà, Y aller de bon matin c’est pas vraiment une merveilleuse idée.
Voila, c'était mon rapide passage au Rwanda !
Un peu difficile d'avoir un avis pertinent sur le pays en si peu de temps mais je ne vais pas me priver d'écrire sur mon passage pour autant.
Et si vous voulez entendre ma douce voix raconter ma traversée du Rwanda, c'est par ici :
www.lepedalistan.com/radio-bamako
En avant pour le 7éme chapitre, direction la Tanzanie !
Introduction :
Content de passer la frontière, content de quitter le Rwanda. On m’avais dit qu’à partir d’ici, on pourvoir espérer retrouver une vie à peu prés normal sans être entouré constamment. Alors évidemment, ca me rend curieux. J’en ai envie de cette vie là.
De la frontière à Sikonge :
Rapide passage à la frontière le temps de dégotter un visa et d’échanger le reste de mes francs rwandais. Puis je me lance après une brève analyse de la carte. Je savais que ca montait après, et en effet, j’ai bien fait de m’y attaquer pas trop tard.
Me voila donc en Tanzanie. Je retourne de l’autre côté de la route, roulant à gauche de nouveau. Pas de traffic, mais des premières côtes exigeantes. Il ne faudra qu’une poignée de kilomètres pour atteindre le premier bar et m’y assoir. Je ne ressens pas l’envie de rouler, je prévois donc d’atteindre un village pointé un peu au hasard sur la carte et de voir.
La route entre deux est sérieusement défoncé et il faut zigzaguer entre les blocs de béton restant qui constituent encore un semblant de route. Le ciel se pare d’un voile épais. Ca ne choque pas les seuls gens au bord de la route, puisque ca vient d’eux. Eux qui vendent du charbon au bord de la route et qui pour ça mettent le feu au forêt. Ainsi le ciel se couvre de la nécessité de l’Homme de se chauffer et d’offrir à la nuit un feu de joie.
Je prends plaisir à rouler ici, je revis même. Il n’y a presque personne au bord des routes. Je peux chanter à tue tête sans risquer une atteinte aux capacités auditives des gens qui m’entourent.
Puis un village le lendemain ou j’arrive avec mes 3 sous dans l’espoir de trouver un distributeur. Pas avant quelques centaines de kilomètres. Là je me dis deux choses : “Mince” et “C’est pour ça que j’aime l’Afrique”. Je change quelques dollars et en investis déjà une partie dans un repas copieux.
Ainsi des prochains jours sur l’asphalte. Je fréquente tantôt les espaces laissés à peu prés vide par les Hommes entre deux villages tantôt les hotels pas cher.
J’ai une réelle impression positive du pays. Et même cette omelette au frites, quel bande de génies.
Je passe par Jomu et le petit détour valait le coup. J’ai l’impression de retrouver un peu de certains décor en Inde ou au Maroc. Cette route qui commençait à devenir ennuyeuse m’a entendue.
Le soir même, impossible de trouver un endroit caché du reste du monde pour planter la tente, je continue jusqu’à ce que le soleil embrase l’horizon. Quelques cyclistes vont dans l’autre sens, comme d’habitude on se salue. Aucune trace d’inquiétude ne peut se lire chez moi, je sais que tout s’arrange toujours ici. Puis s’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème.
Il fait presque noir, je pose le pied au sol et regarde autour, ca va être difficile ce soir. Un homme vient vers moi, j’essaie tant bien que mal d’expliquer que je veux planter la tente sous un arbre où ca ne gêne personne. C’est surement le concept qu’il n’a pas compris de première abords, car une fois qu’il ait assimilé le fait que je voulais dormir par terre dans une maison pliable, je fût accompagné dans son jardin.
Jardin de sable. Jardin humain. Des gens partout. Ils s’étagent du plus jeune au plus âgé, assis à me regarder. Je me suis senti la télévision du village sans électricité. Ces moments sans mots, ceux là où l’on se comprend le plus simplement du monde.
Et le lendemain, à l’écoute de mon zip qui ouvre ma tente, tout le monde devine que je suis réveillé. Alors j’ai un tas de spectateur pour mon café matinal. Ca me rend heureux. Bien que je l’aime sans sucre et sans compagnie d’habitude.
Craig est juste derrière moi, on se donne rendez vous à Sikonge. De là devrait commencer une piste qui devrait durer deux jours, dont une longue section sauvage qu’il faudra essayer de traverser le même jour.
Ainsi j’arrive à Sikonge. La piste a déjà commencé depuis plus de 30km, ca s’annonce sympa. Craig arrive un peu plus tard, vidons quelques bières et quelques assiettes d’omelette aux frites avant de s’endormir dans un hôtel.
La piste, de Sikonge à Chunya :
Le lendemain, la matinée est dédié à une lessive, les courses pour la perspective des prochains jours dans la brousse. Peu d’infos sur ce qui nous attend devant, on avance un peu à l’aveugle sur la piste, et c’est plutôt excitant.
Quittons en début d’après midi Sikonge et nous nous arrêtons une quarantaine de kilomètres plus loin dans ce qui semble être le dernier village avant le bout du monde. On nous accueille à l’école et nous explique qu’il vaut mieux dormir ici car c’est après presque 150km de savane peuplée d’animaux sauvages. nous avons de notre côté oui dire que certains avaient entendu rugir, ca aide à pousser sur la pédale.
Mais on ne savait pas que ce serait bien pire que ça. Bien pire que d’éventuels lions. Enfin, ca reste à prouver.
Il fait chaud, très chaud. La piste est vraiment belle, silencieuse. On espère tout de même y voir un peu d’animaux sauvages, alors on reste attentif.
Après 40km on s’arrête grignoter. Les moucherons nous forcent à mettre les moustiquaires de tête. La piste orangette nous tend les bras. Il faut avancer puisque le prochain village est encore loin, et c’est là que quelques mouches tsetse se font connaitre, vite accompagné par beaucoup d’autres. S’engagent alors une course. Il reste une petite centaine de kilomètres avant le premier village, ca s’annonce être une longue journée. Plus le temps passe, plus il fait chaud, et plus on se couvre. Les mouches piquent à travers les vêtements alors on rajoute les couches pour éviter d’avoir à se frapper de gauche et de droite pour les chasser.
Ainsi on avance tant bien que mal. Sous la chaleur et l’effort, il faut bien boire, mais chaque fois que l’on soulève la moustiquaire, les mouches se fraient un chemin jusqu’à la bouche, les yeux, le nez, les oreilles.
Alors on pédale vite, pour en sortir vite. C’est moralement difficile mais qu’importe, aucune issue. Alors on pédale, pédale, pédale.
Tant bien que mal nous arrivons à une mine d’or à 15km du village que nous espérions atteindre. On ne veut plus aller plus loin. Un homme sur le bord de la route fait les frais des dernières mouches qui nous suivent. Il saute partout avec de grands gestes pour ne pas se faire piquer. Je le regarde avec compassion, c’était ce à quoi ressemblait notre journée.
Il nous indique un poste de police, alors on y va. Ce n’est pas la première fois que nous dormons dans une mine d’or et on sait où s’adresser.
Et là comme ailleurs, c’est ambiance far west. Les baraques de fortune, l’alcool et les odeurs de cannabis. Le chef de la police vient nous chercher et nous amène au bastion des policiers et nous offre un gros bidon d’eau pour nos besoins généraux. On s’écroule rapidement après un bref repas. Même pas la force d’aller chercher une bière, c’est dire.
Le lendemain on croit retrouver l’asphalte à une intersection qui à l’air plus grosse sur la carte. A l’intersection c’est la déception. Il va falloir continuer sur la piste pendant encore quelques jours et centaines de kilomètres. Nous décidons parallèlement de ralentir. Pas envie de se précipiter ici. Passons donc le reste de la journée à cette intersection à boire des bières et manger des omelettes aux frites. On regarde le monde passer en bus. Des bus blindés où chacun semble collé au siège de l’autre. Finalement on se dit que ca pourrait être pire, on pourrait être dans un de ces bus. Mêmes si la piste est plutôt rude, on a l’espace vitale nécessaire pour être heureux.
Les jours se suivent et se ressemblent. On se rend compte que l’on s’est engagé sans le vouloir dans la plus vaste forêt du pays. Nous ne voyons que quelques bus qui nous dépassent en nous laissant dans un nuage de poussières. Du reste, nous ne voyons pas grand chose, caché par la dense forêt. Parfois au sommet d’un petit quelque chose, on prend la mesure de là où l’on se trouve. Du vert à perte de vue. Une part de nous à envie d’en sortir, l’autre est heureux de voir un endroit encore si sauvage.
Quelques villages où s’approvisionner en eau et manger la même chose, quelques vélos surpris de nous voir ici. Quelques animaux et encore quelques foutues mouches tsétsé. puis de hauts et de bas, nous voyons l’asphalte arriver. Ouf.
De Chunya à Mbeya :
Pour fêter l’arrivée sur l’asphalte, nous faisons pleuvoir la bière puis décidons de dormir au même endroit après négociation. Nettoyage du vélo, lessive qui n’en finissent plus tant les vêtements sont chargés en poussière.
Dés le lendemain nous roulons vers Mbeya.
Nous montons progressivement et longeons une crête qui surplombe une vallée plate et s’étendant à perte de vue. C’est beau. C’est dans l’effort et c’est tout ce que nous voulions. Les montagnes auront toujours l’avantage sur le plat. De là nous redescendons sur Mbeya, ville tant attendue puisqu’elle est sur le papier la seule ville digne de ce nom sur notre route vers le sud. Nous en attendons beaucoup même.
Ville nichée dans les montagnes, la vue d’en bas y est belle lorsque la lumière vient raser les sommets.
Mais à la recherche de quelque chose à manger autre que l’omelette aux frites, d’un peu de vie nocturne ou social, c’est la déception. On reste quelques jours pour mettre à jour les réseaux sociaux, écrire, lire et se relaxer en dehors du vélo.
Puis l’éternel débat, Malawi ou non. C’est plus une question d’argent que de motivation.
Et le départ, puisque rien de spécial ne nous retient ici, direction le Malawi.
De Mbeya à la frontière :
La route jusqu’à la frontière est magnifique. Nous montons sans cesses jusqu’à peu avant la frontière. Traversant les chants de thé et montant au dessus des champs de thé par de belles routes. Les nuages et la lumière donne un côté Népalais à la vallée que nous survolons. Échappons à la pluie mais celle qui s’abat autour de nous rend le décore plus beau encore.
Puis la route descend vers le lac Malawi. Il est déjà tard et la lumière baisse. Elle devient pastel, mystérieuse.
Les derniers kilomètres se font à la frontale, collant au bord de la route pour éviter du plus loin possible le traffic.
Les petits villages de bord de route n’ont pas d’électricité. Il n’y a que le petit feu au milieu des huttes qui éclairent les visages de ceux qui se retrouvent autour. C’est poétique.
Et nous arrivons à la frontière, trouvons un petit hotel, une dernière omelette aux frites et une bière sans grand intérêt gustatif.
Demain on change de pays.
Visa à la frontière. 50USD pour 1 mois et visa transit de 15 jours pour 30 dollars. 15 jours c’est jouable pour la traversée mais toujours dans l’esprit de prendre son temps et de ne pas courir après les bureaux d’immigrations pour une extension, le mois était plus raisonnable.
Quelques minutes suffisent à la frontière, à peu prés toute il me semble.
Argent :
Distributeur et change. En revanche, venant du poste frontière par lequel je suis passé, il faut bien faire attention à avoir un peu de liquide car le premier distributeur est à 200-250km de la frontière.
Toujours possible d’échanger des dollars cependant, et ce dans à peu prés n’importe quel village de taille moyenne. Le dollar fait toujours son effet.
Sécurité :
Absolument aucun problème de mon côté. Et je me suis même senti bien entouré à chaque instant. J’ai trouvé les Tanzaniens bienveillant et n’ai pas hésité à laisser mon vélo devant les supermarchés, tout en gardant un œil dessus de temps à autre évidemment.
Cependant, je ne suis allé ni à Dar Es Salam ni à Zanzibar. Donc voila, ça aide. Sachant que les histoires d’arnaques, de kidnapping, violences et vols sont légions à Dar. Ce qui ne donne pas du tout envie d’aller rouler par là.
Nourriture et supermarchés :
Au début je prenais les Tanzaniens pour des génies. Pommes de terre et œufs, on en fait une omelette aux frites. Je criais donc au génie au début, puis après n’avoir eu à peu prés accès qu’à ça, on s’en lasse vite au point de la maudire cette omelette.
Les brochettes de viandes dans la rue sont bon marché et pas mauvaise, pour les non végétariens.
Quand au supermarché de gros villages ou petite ville, ça tourne vite en rond. Ne pas trop en espérer.
Du bon café à Mbeya avec un coffee shop bien cosy cependant, là où vous pourrez aussi trouver de bons grains à moudre pour le café du matin au sortir de la tente.
Coût de la vie :
Moins cher que les pays précédents. Les hôtels tournent autour des 3 ou 4 euros il me semble. Puis dans la rue pour 1 ou 2 euros je repartais vraiment plein.
Aucun souvenir du prix de la bière mais c’était vraiment raisonnable il me semble.
Puis ce sont mes seuls postes de dépenses finalement. Pour ce qui est des zones plus touristiques, du Kili ou du Serengeti, ça doit être une autre histoire.
Densité de population :
Là j’ai soufflé. Bien moindre et la route prise m’a permis d’avoir parfois seulement quelques têtes durant toute la journée. Les distances peuvent être longues entre les villages, ce qui permet de souffler et de s’écouter penser.
Où dormir :
Le retour du camping sauvage. Justement sur ces sections plus larges entre deux villages, c’est la brousse. Et là on peut aisément se cacher à seulement quelques mètres de la route. Toujours vérifier cependant s’il n’y a pas de traces de chemins pédestres autour. Il y a vraiment du monde qui sort de nul part dans le coin, et même si les gens sont agréables et que je me sens safe, je n’ai pas envie de me faire voir le soir pour autant.
Puis dans les écoles c’est aussi vraiment facile. J’ai même dormi dans une église. Les postes de police aussi, toujours garder ça dans un coin de la tête. Dans 90% des cas c’est rapide et sans bla-bla.
La couleur de peau :
Moins de monde donc moins de contact. Et vraiment je ne me suis pas réellement senti appelle par la couleur de ma peau comme par le passé.
Internet et carte sim :
Pas trop de wifi mis à part dans les petites villes.
Pour la carte sim, je passais par airtel il semble. La Tanzanie me couta plus cher qu’ailleurs puisque la recharge de crédit était souvent chaotique. Mais c’est de ma faute, la carte sim appartenait à quelqu’un d’autre, donc on m’envoyait de l’argent sur un compte auquel je n’avais pas accès. M’enfin, ça me fait rire maintenant…
Après hésitation et débat sur le prix du visa et l’intérêt d’aller au Malawi ou non, on se décide pour l’entrée dans le pays. Puis c’est aussi une manière de couper un bout de Zambie qui s’annonce être un peu rébarbatif.
De la frontière à Mzuzu :
Nous arrivons relativement tôt le matin pour passer rapidement et profiter de notre journée au Malawi au bord du lac. Mais l’administration en a décidé autrement, et c’est une bonne partie de la matinée que nous offrirons aux douaniers le temps de négocier un visa de transit. Nous avons pour projet secret de faire une extension quelque part part, plus loin, ce qui nous reviendrait moins cher.
Ainsi en laissant batailler mon collègue, nous obtenons le fameux sésame. N’ayant aucune patience, j’ai préféré le laisser faire plutôt que de commencer à monter sur le comptoir et à devoir rebrousser chemin.
L’administration ne nous aura pas cette fois ci.
Et ainsi nos premiers tours de roues au Malawi.
Déjà du monde partout au bord de la route. Quelques voitures qui s’arrêtent et ne repartent que chargés jusqu’au plafond.
Finalement le lac est bien loin de nous encore, donc il vaut mieux continuer. Nous décidons de rouler jusqu’à la prochaine petite ville pour manger et voir quel gout on les bières du Malawi.
C’est dimanche, donc un peu endormi, mais finalement la ville reste somme toute typiquement Africaine, ca ne dort jamais réellement.
Le temps de dégoter la carte sim, qui aura pris bien trop longtemps, un repas classique, une bière sans grand goût et on reprend la route après avoir regardé la carte. Il semblerait qu’il y ait un camping sympa tenu par des Hollandais juste au bord du lac Malawi.
Nous y arrivons avec les derniers rayons de soleil. Il est derrière ce coucher de soleil. Donc on s’arrête toutes les 5 minutes pour regarder attentivement les rayons percer au travers des arbres. Puis les vélos sont secoués alors qu’on dévie la piste. Le verre de vin au bord du lac. Le bruit de l’eau, l’obscurité. Puis le sommeil du juste.
Le lendemain la route rattrape le lac et le suit par intermittence. Chaque fois que l’on grimpe, nous gardons en tête qu’en haut, surement, une trouée dans la végétation nous offrira une vue correct. Et en effet, nous nous retrouvons bientôt à vue de la montagne qui accueille le village de Livingstonia un peu plus haut. Et nous sommes tout en bas.
Le contact avec la population nous rappelle parfois l’Éthiopie non sans amertume. Des mains tendues et des gamins un peu trop envahissants et insistant. Loin d’être la catastrophe, mais ca fait remonter en nous quelques souvenirs.
Passons à nouveau la nuit au bord du lac. Il a l’air d’une mer plutôt qu’un lac selon si la brume cache le côté Tanzanien. Et lorsqu’il se découvre, j’ai l’impression de voir les lacs du nord de l’Italie. Les enfants jouent au foot dans le sable, l’atmosphère est douce.
Le lendemain nous faisons quelques derniers kilomètres de plat avant de grimper cette montagne abrupte et atterri sur le plateau.
La montée est raide, ponctuée de vues sur le lac alors que de nombreux singes traversent la route. Puis en haut, c’est la fraicheur des vallées. Celle dans laquelle nous serpentons est presque vierge d’Homme, et heureusement, ça ile moindre arrêt dans un village suffis à se faire gentiment encerclé. C’est pour moi beaucoup trop. Beaucoup trop de monde et trop de discussions à mener de front pour répéter sans cesse les mêmes choses.
Nous n’arriverons pas à Mzuzu ce soir, alors nous avançons du mieux que nous pouvons en prévoyant d’atteindre la ville le lendemain midi. Car oui, nous n’avons qu’un visa de transit et il ferait bon se dépêcher de rattraper le bureau de l’immigration. Le simple fait d’employer le mot “dépêcher” me donne quelques frissons, ce que je passe ma vie à éviter se passe finalement.
Difficile de trouver un endroit où camper et n’ayant plus d’eau, nous poussons le soir jusqu’au prochain village. En arrivant dans les villages à la nuit tombé, on sait très bien ce qui nous attend. Et peu s’en faut, car très vite, les hommes les plus ivres du village nous tombent dessus. Ici comme partout, ils ont un détecteur à muzungu.
trouvons finalement à dormir dans un commissariat de police, la carte joker ultime sur le continent.
Et ainsi le lendemain, luttant contre le vent, nous arrivons à Mzuzu. Retour en ville, un peu épuisé.
Mzuzu :
Donc Mzuzu s’approche. Puis est vite là, avec le traffic qui va avec. Au premier rond point, nous tombons sur un grand supermarché. Il est toujours l’heure de manger, alors on y va, moi le premier, chacun attendent l’autre devant pour garder les vélos.
Et dedans c’est noël. Je crois n’avoir pas mis les pieds dans un tel supermarché depuis que j’ai foulé le sol Africain. Je sors les bras plein et en mange la moitié assis sur le paring en attendant Craig, frôlant la boulimie et l’hyperglycémie.
Nous allons le lendemain à l’immigration et finalement, le tampon déjà apposé sur le passeport est barré d’une annulation. On ne peut prolonger un visa de transit, la sentence semble irrévocable. Nous sortons donc un peu dépité mais pas trop, bien trop longtemps que nous roulons en Afrique pour nous en faire.
Discutons autour d’une bière le soir, il nous reste 3 jours à partir du lendemain pour atteindre la frontière.
Nous décidons de rester une journée de plus et de faire le trajet en deux jours. Et puis si pour une raison ou une autre, nous n’arrivons pas à temps, on bricolera à la frontière avec les douaniers. Il faut avoir le temps en Afrique, ca sauve de beaucoup de situations.
Nous profitons des canapés et d’une super cuisine coréenne à l’auberge pour lire et écrire. Demain il faudra repartir et il faudra en moins de 48 heures rattraper une frontière.
De Mzuzu à la frontière :
Nous repartons plein sud, et quittons vite la banlieue de Mzuzu pour grimper dans les montagnes. Le col est long et doucement pente. C’est un plaisir de rouler ici, lentement, en écoutant France culture et en faisant chaleureusement signe aux enfants du bord des routes.
Nous parvenons après un deuxième col à une espèce de forêt qui ne sert qu’au bois de chauffe. Elle se dresse cependant autour de nous, la vie humaine se fait plus rare. On se croirait dans les Vosges, ce genre d’endroit où l’on s’apaise à l’idée que bientôt on rentrerait chez soi et que des amis nous attendraient autour d’une bière. Mais non, nous passerons la nuit dans un poste de police isolé. Nous sommes traités avec beaucoup d’intérêt et de respect. Et le soleil vient vite à se coucher.
Nous filtrons une eau crasseuse et la partageons. Demain il faudra aller vite et parcourir une bonne dose de hors piste.
Ainsi nous faisons route jusqu’à la jonction qui mène à la piste. Les 10 premiers kilomètres prennent bonne heure, espérons secrètement que le reste ne soit pas de même sinon nous allons arriver trop tard à la frontière.
De haut et de bas, de cailloux et de sable. Il faut descendre et pousser sous le soleil. Sans râler, c’est bon d’être ici.
Pause repas dans un village du bout du monde, et de là la piste reprend finalement beaucoup plus plate et praticable, nous allons à toute vitesse à travers la savane en saluant de gauche et de droite. Embouteillages avec les troupeaux du coin, les coins les plus rudes pour rouler ont toujours une douceur caché.
Et ainsi, nous arrivons au poste frontière. Là il faut tirer les douaniers de leur jeu de carte à l’ombre d’un arbre et d’un poste radio qui laisse filer un air de reggae bien connu. En voyant le tableau, on se dit qu’on aurait aisément pu dépasser le visa !
Un coup de tampon, la direction indiquée du bout du bras. Et nous quittons le Malawi, 7 jours tout pile !
Nous vous réussi, et sommes plutôt excité de passer la frontière Zambienne. Cependant il y a comme un air de passage trop rapide, de coup de vent.
Bon, un endroit de plus qu’on quitte en se disant qu’on repassera, peut être.
Quelques infos :
Deux visas disponibles à la frontière, le visa transit de 7 jours à 50 dollars et celui d’un mois à 70 dollars.
Dans plusieurs postes d’immigration, il est possible de faire une extension de visa et qui ne coute que quelques euros.
Donc avec notre logique on s’est dit : on prend 7 jours et on le fait prolonger, ce fera toujours moins cher qu’un visa d’un mois à 70USD. Cependant, les visas de transit ne sont pas prolongeable, voilà ! La tuile.
Il est cependant possible de reprendre un visa d’un mois sur place pour 70USD. Mais n’ayant pas non plus l’envie de rester un mois de plus, ca ne valait en aucun cas le coup. Puis le challenge de sortir dans les temps était finalement excitant aussi.
Argent :
Distributeur et change disponible à peu prés partout. Les distances entre les villes ne sont pas énormes donc ça ne pose pas problème. Puis on peut aisément payer par cartes dans hotels et supermarchés, et certains campings.
Sécurité :
No problem sur ma route. Ca aurait pu, étant donné que certaines routes étaient bloqués à cause des élections en cours. J’arrive toujours au bon moment tiens..
Cependant sans problème. Toujours garder un œil grand ouvert le soir venu lorsque les gens sont ivres, mais là encore, classique, et ça vaut pour le reste de notre planète.
Nourriture et supermarchés :
Hum, grosse question. Pour moi, un des pays avec la pire bouffe du continent. Enfin, c’est assez touristique, donc si vous mettez le prix, vous trouverez toujours chaussure à votre pied. En revanche dans les petits villages, c’est vraiment basique et mauvais. J’ai même eu le droit au riz qui avait séché au bord de la route et qui arrive plein de cailloux dans l’assiette. Pas sur que ca m’ait fait tant rire que ça.
Supermarchés dans les petites villes avec le nécessaire de survie, surement tenu par indiens et chinois d’ailleurs.
Et dans les villes plus conséquentes, c’est noël. On trouve de tout, voilà. Même du bon chocolat et du bon yaourt youhou !
Coût de la vie :
Classique pour un pays d’Afrique. Pas donné, surtout si vous vous tournez vers les supermarchés bien achalandés et les restos tenus par des expats.
Densité de population :
Mi figue mi raisin. Une fois parvenu dans les montagnes, c’est vraiment cool, et un peu sauvage entre deux villages. En revanche au bord du lac, c’est une autre histoire. Du monde à peu prés partout et tout le temps. Et pour camper, sur les axes principaux c’est compliqué tout de même.
Où dormir :
Difficile de faire du camping sauvage sur la route que nous avons pris. Nous avons dormi deux nuits dans des postes de police, puis le reste du temps dans des campings un peu cosy, surement pour souffler après la Tanzanie.
Au bord du lac c’est faisable mais je pense qu’il faut être discret car ici comme ailleurs, des gens sortent de partout et tout le temps.
Les campings sont souvent tenus par des expats, et peuvent être vraiment vraiment cool ! Compter 6-7 euros par nuit, ce qui n’est pas donné !
La couleur de peau :
Presque comme un poisson dans l’eau !
Presque, car dans les gros villages et petites villes au bord des routes le long du lac, j’ai trouvé que les enfants mendient pas mal. Plus par principe à la vue du blanc qu’autre chose j’ai l’impression.
Internet et carte sim :
Wifi dans les campings, mais souvent payant.
La carte sim est cher mais les data sont vraiment vraiment cher. Je crois les plus cher que j’ai pu voir en Afrique.
Les données sont si cher que même dans les hotels/campings où ils sont gratuit, ils sont souvent disponible seulement après 17h.
Et toujours le Malawi en podcast par ici :
www.lepedalistan.com/radio-bamako
Bref... le pied quoi !
Impression d'y être. J'aime beaucoup ce voyage à vélo, surtout que je ne ressens aucune fatigue... ;)
PS Qui a la grande tente ?
Clotaire,
J'ai parcouru ton post car j'ai pu visiter qq pays que tu as traversés et je trouve que cela est très répétitif. Tes chapitres sont quasiment toujours les mêmes et correspondent à des problèmes de la vie courante que l'on peut avoir en France. Je ne sais d'ailleurs ce qui te permet de faire cette traversée car en plus du temps, il faut un minimum d'argent. Penses tu faire des conférences, des livres comme Stevenson et sa traversée des Cévennes avec un âne , des photos -hélas ton post n'en comporte pas ?
Je m'intéresse à ton récit pour découvrir ce que le vélo peut apporter à un voyageur. Il ne transparait pas à travers ton récit un réel plaisir à faire cette traversée. Le temps te semble bien long et une forme de train train quotidien s'est installée .
Ce sont mes impressions à partir de la lecture de ton post et cela n'engage que moi.
Tu continues jusqu'en Afrique du sud et l'Afrique australe où j'ai pas mal voyagé ne me semble pas le lieu idéal pour y faire du vélo ou sinon on passe à côté de sites et lieux somptueux que la petite reine ne permet pas d'atteindre. Cela a été le cas au Soudan, en Ethiopie où, tu l'as dit toi même, tu n'as pu visiter de merveilleux coins trop isolés et atteignables par ton moyen de transport.
Bonne continuation, et je continuerai à lire ton post sur la suite de ton périple africain.
Et bien et bien, je mentirais si je disais que je me suis amusé. Et je mentirais si je faisais transparaitre le perpétuel émerveillement.
J'ai déjà atteint le cap, je suis même déjà en train de traverser un autre continent.
J'aimerais avoir à offrir plus, mais je transmet ce que l'Afrique m'a donné, et là tu devances ma conclusion.
Ce n'est, à mon humble avis, pas un continent à traverser à vélo, enfin pas le plus idéal.
Concernant ce que j'écris, je le fais sur plusieurs endroits, et VF en est un. J'ai tout un tas de carnet, de pensées, d'aphorismes, de trucs et d'autres. Mais pourquoi devrais je dévoiler l'intérieur de mes tripes, de mes pensées profondes ici même ?
Si tu veux du personnel, je te renvoi plus vers mon poste quotidien via instagram ou facebook. Ici, c'est du pratico pratique. Ca n'a aucune visée poétique. C'est informatif pour quiconque se demanderais si c'est encore possible et si oui comment.
La poésie en Afrique ? Je ne l'ai pas trouvé ailleurs qu'au fond de moi, je l'ai trouvé dans ce que mon regard faisait du monde extérieur, dans la manière de digérer et de me comprendre moi même.
J'entends bien ce que tu dis, et c'est tout à fait exact ici. Ce pourquoi je te renvoi sur d'autres plateformes où je suis un peu plus personnel.
Pourquoi pas ici donc ? Car je trouve l'endroit très très impersonnel. Comme un grand hall de gare plein de voyageur où je resterais muet. Certains endroit m'offrent une intimité qui colle mieux à ce que j'écris quotidiennement.
Ne doute pas une seule seconde que tout ceci ne m'impacte pas et qu'il ne me fait tirer aucune profondeur, ou apparente profondeur.
Vraiment, je me dis tout les jours que j'ai changé, que je suis plus calme, plus détendu. J'ai développé mon identité personnel, que j'ai appris à dire les choses, à cerner et assumer ce qui me fait Homme. Je suis tombé amoureux aussi, et je roulerais bientôt avec quelqu'un. Voilà.
Je ne rentre pas, je n'ai pas envie. Aucune envie.
Mais pour ça, il faut être un peu patient, conclusion du chapitre Africain et introduction au reste viendront sous peu.
Quand aux livres, conférences et choses dans ce genre, je n'en ai jamais parlé. Je n'ai jamais prétendu être suffisamment intéressant pour ça.
Car après tout, en admettant même que je n'en tire rien, ça relève de mon individualité. On pourrait dire que c'est dommage. Mais si je commence à faire la liste de ceux que je trouve dommage dans la vie des autres, ça n'en finira jamais.
Tout ça pour dire, grand merci pour ton message. Ça me fait réfléchir à comment je vais aborder l'écriture de la suite, si tant est que je l'écrive. Plutôt la mort que l'ennui non ? Donc plutôt le silence que la platitude.
Bien à toi, et encore merci. Ça fait toujours du bien d'être secoué ! C'est ainsi que les fruits tombent des arbres n'est ce pas ?
Merci pour ton commentaire. Cela me fait plaisir de voir que j'ai bien absorbé la substantifique moelle de ton voyage.
Bonne continuation et au plaisir de te lire .
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"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
I hope this travel journal might interest some people, but since we were completely self-sufficient (tent, sleeping bag, pot, cooking over a wood fire…) almost every day, I don’t have many hotel addresses or great restaurant tips to share! Sorry!
We used the Maio map at 1:50,000 scale. It’s part of the Boa Vista/Sal/Maio map. Bought on Amazon, but currently unavailable as of the latest news.
The people of Maio are extremely welcoming and warm, and we were always more than well received in the villages where we pitched our tent!
We’re usually big hikers, but since Maio is a beach island (gorgeous ones, at that!), we alternated a few hours of walking in the morning with some relaxation in the afternoon: beach, reading, fishing, resting…
1 euro = 110 escudos
Day 1 (Friday) Transfers by plane: Fogo-Praia-Maio
We opted for the plane to save some time on transfers, as the boat connections between Fogo and Praia take a while, and those between Praia and Maio are almost nonexistent.
You should budget around 40-50 euros per flight per person.
There are 2 flights per week between Praia and Maio—on Tuesdays and Fridays when we were there (January 2016), but currently on Mondays and Fridays.
A bit of a delay leaving Praia, but we arrived on Maio without any problems around 4 PM.
We took an *aluguer* (shared transport, 200 escudos per person) to the center of Vila do Maio, but it’s totally doable on foot with a backpack.
Since it was already a bit late, for this first night, we dropped our bags at Big Game Maio. A standard European-style hotel run by a very nice Italian family. It’s a bit pricey for us (5500 escudos for 2 people with breakfast), but after our 2 weeks in a tent on Fogo, we were happy to find a little comfort. And the breakfast is ultra-generous, with fresh products (cured ham, fruit, cheese, bread) and top quality. The hotel restaurant offers dishes that are a clever mix of Italian and Cape Verdean cuisine. Excellent!
Little tip: We didn’t try it, but Big Game Maio offers big-game fishing trips, diving, and quad rentals.
The hotel is 2 minutes from Vila’s beautiful beach, and we went for a dip at sunset and took a stroll around town. They’re redeveloping the waterfront with pretty sidewalks and light stone walls.
Vila beach
Sunset behind Santiago
Day 2 (Saturday): rest day + fishing
After 2 weeks of hiking and since Vila is such a peaceful place where it’s nice to take your time, we decided to spend an extra day there. We took the path heading south along the coast to reach Ponta Preta beach in 20 minutes. The path isn’t very pretty because there’s quite a bit of construction going on, which prevents you from really walking along the shore. Lots of real estate agencies, especially Italian ones, have taken over the land. But Ponta Preta beach is a stunning black-sand beach where we had the whole place to ourselves. We decided to go fishing from the rocks.
At 1 PM, the sun was blazing, so we headed back to Vila and dried the fish for the following days.
At 6 PM, we went fishing again, but this time at night from the rocks at the end of Vila beach.
8:30 PM: back to shower and eat at the restaurant.
The rocks and sea at Ponta Preta
Day 3 (Sunday): from Vila do Maio to Calheta de Baixo, via Monte Batalha (path 101) Hiking time: 5h
Since there aren’t many “summits” on Maio, we decided to head to Calheta de Baixo but via Monte Batalha. We left at 8:20 AM and somehow made it to Monte Batalha by 11 AM (2h40 of hiking). But the path is really hard to find in the middle of the dry grass and acacia trees. We kind of cut through randomly, aiming for the summit. Even though it’s not very high (around 300 m), the view is amazing—you can see all of Maio at 360°!
Short 30-minute break. The descent through the “forest” of acacias is even worse for finding your way. We oriented ourselves a bit by the sun to find the road connecting Vila to Calheta. We arrived around 1:30 PM at Calheta de Baixo. A very pretty little seaside village with colorful houses. An idyllic beach, a newly renovated square, and super-friendly people. We pitched our tent facing the sea on the terrace of an abandoned house (after asking the locals for permission).
We cooked some of the dried fish we’d caught the day before, along with fresh beans we’d brought from Fogo (and were still carrying!).
At the summit of Monte Batalha
Calheta
Calheta de Baixo
Day 4 (Monday): From Calheta de Baixo to Morrinho on foot. Hiking time: 3h. Then hitching a bus to Cascabulho, and a car to Pedro Vaz.
We left around 9:30 AM heading north (path 201), following the coastline where the beaches just keep coming—each one wilder and more beautiful than the last: Praia de Soca, Calheta Braca, Ponta de Pau Seco, Calhetina. We reached the dunes of Baia de Santana. There’s no real path, so you have to follow the coast, then go around the dunes, and when you spot the 3 coconut trees, head east toward them to find the track leading to Morrinho. Again, we discovered a village with a Wild West vibe, with colorful houses lined up on either side of a paved road. Just enough time to accept a drink offered by a local before jumping onto the passing school bus that took us to Cascabulho. There, we waited for a ride. A political delegation of 10 cars drove right past us without stopping. Luckily, one of the cars had a flat tire and came by 30 minutes later—and that one, thankfully, gave us a lift! They were heading to the inauguration of a water pump in Pedro Vaz. So that’s where we stopped too. After getting permission from the school principal, we pitched our tent in front of the village school… and became the attraction for all the kids who kept us company until nightfall! A woman gave us 2 jugs of water, but with all that company, it was tough to take a peaceful shower!!
Dinner: pasta with beans.
We were woken up by rain during the night and had to rush to bring all our stuff inside the tent!
The beaches just keep coming...
The dunes
The 3 coconut trees, a landmark to find the track
Day 5 (Tuesday): Rest day and fishing at Boca da Ribeira beach
We packed up at 8 AM because the kids had school. We filled the 2 water jugs that the woman lent us and headed down to camp at Boca da Ribeira beach, which is a bit further east of Pedro Vaz. It took less than an hour to get there. This time, we really were alone in the world! We pitched the tent and spent the day fishing, reading, playing, and swimming regularly because the sun was beating down hard!!! We caught a nice fish that we grilled over the fire in the evening. With the crabs and shellfish we gathered, we made a seafood rice! Yum! What a feast!
That night, once the tent was zipped up, we felt something like rain on the tent fabric. I decided to go out and gather our things, and then—shock!!! It wasn’t raindrops we were feeling and hearing, but bugs attracted by the light!! Not just a few bugs—a huge swarm of them!!! Thousands of bugs covering the whole tent, the ropes, slipping into the seams and hems! Everywhere! The blue tent had turned green!!! After that, it was a real struggle to get back inside without letting any in! A real challenge, and there were always 3 or 4 that managed to sneak in anyway. Total war!!!
Boca da Ribeira beach
Day 6 (Wednesday): From Boca da Ribeira to Ribeira Dom João. Hiking time: 3h30
We woke up leisurely and waited for the sun to dry our things, damp from the dew. A man passed by, and we gave him the water jugs we’d borrowed, which saved us a trip back to Pedro Vaz to return them to the woman.
We left around 10 AM. We followed the sea to Alcatraz, then headed toward Pilão Cão. The path runs alongside the small hills on our right, and we passed above Lagoa Cimidor. The terrain is arid, and the path is hard to find among the many goat tracks.
After 3h30 of hiking, we reached Ribeira Dom João with 2 young people we’d met along the way.
Since it was a public holiday in Cape Verde, the kids didn’t have school, and with the principal’s permission, we pitched our tent in the kindergarten. She even kindly opened the school toilets for us. The neighbor gave us the water we needed to wash up and cook. We cooked beef steaks on charcoal. A nice change from fish!! Charcoal is a widespread artisanal product on the island. People almost never cook directly over wood but always with these big chunks of charcoal.
The hills on our right
Ribeira Dom João
Day 7 (Thursday): From Ribeira Dom João to Vila do Maio. Hiking time: 3h30
We woke up at 6:30 AM to clear out of the school by 8 AM. The neighbor made us coffee to save time. It took us 2 hours to reach Barreiro, another Wild West-style town! Since we didn’t want to walk on the road, we took the old track and reached Vila do Maio in 1h30.
Last night before taking the plane back to Praia the next day.
Barreiro
The old track
The church in Vila do Maio
That’s where this trip ends!
Maio is truly a magical island! A remote, isolated place with incredible, wild beaches and villages with a Wild West feel—colorful houses on either side of well-paved, well-maintained, and decorated streets. And the locals are so warm and welcoming.
Even for hikers like us, it was a great discovery, and we were able to alternate hiking and relaxation with great pleasure! Too bad the area around Vila do Maio is being overrun by real estate construction—ongoing, unfinished, abandoned…
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Alright, this year, we're heading back to South America!
The initial plan was to retrace the route we imagined in the summer of 2020: a trip to northern Argentina starting from Córdoba.
Unfortunately, the flight to Córdoba no longer exists, and airfares to Javier Milei’s country are both outrageously priced and involve multiple layovers.
So, I tweaked Google Flights every which way and finally found a flight within my budget—departing from Clermont-Ferrand!
Not to Argentina, though...
Our transatlantic flight will cross the snow-capped Andes, landing in Santiago, Chile, with a return from Lima!
In between, two domestic flights and a big road trip loop starting from the coastal city of Arica to explore the treasures of northern Chile.
Our mode of transport: a pseudo 4x4 that won’t take us through sand dunes or devilish tracks but will let us tackle the entire secondary network, including unpaved main roads, while still being insured.
Is the suitcase packed with all-season clothes?
Are the driver’s license and passport ready?
Bank cards and a few euros too?
Off we go for just over 3 weeks of southern wanderings!
--/--
To keep all my esteemed readers on track, here are a few maps outlining the Arica-Arica loop!
1- From Arica to San Pedro de Atacama via Pica and the Salar de Huasco
2- Around San Pedro
3- From San Pedro to Cariquima
4- From Cariquima to Putre
5 - From Putre to Arica
Gas stations in this part of Chile are located in Arica, Iquique, Pozo Almonte, Pica, Calama, and San Pedro de Atacama.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market: