Des villages autour d'Hazaribagh à West Bengal
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Mercredi 1er avril

Hazaribagh J’ai rendez-vous avec Adam Iman, guide et artiste peintre. Il vient me chercher à l’hôtel à 10h. Un autre voyageur, originaire de Bangalore, doit se joindre à nous, mais en attendant son arrivée, Adam m’emmène découvrir les peintures réalisées par sa mère et sa sœur dans la gare de Hazaribagh. La ville est devenue célèbre grâce à ces fresques que l’on retrouve également dans plusieurs villages alentour. Cet art a obtenu un label de reconnaissance et bénéficie aujourd’hui d’une protection, signe de son importance culturelle. Une fois la visite terminée, nous partons récupérer l’autre touriste puis prenons la route vers notre premier village : Belwara, où l’on pratique l’art Sohrai. À l’entrée, une affiche annonce fièrement que nous pénétrons dans un village d’artistes, où cet art est réalisé par des femmes organisées en micro-entreprises. Certaines proposent même des stages pour celles et ceux qui souhaiteraient s’initier à cette tradition.



L’art Sohrai est lié à la saison des moissons, d’octobre à mi-novembre. Les motifs, aux couleurs naturelles, célèbrent la fertilité et l’abondance. Les artistes utilisent des pigments issus de la terre : oxydes rouges, ocre, kaolin blanc et manganèse noir. Sur les murs apparaissent des animaux, des poissons, des oiseaux, autant de symboles de vie et de prospérité. En observant les fresques de plus près, je comprends peu à peu que chaque motif raconte quelque chose. Les grands animaux, vaches ou taureaux, occupent souvent l’espace principal. Leurs corps sont remplis de motifs minutieux, presque hypnotiques. Ils symbolisent la richesse et la prospérité du foyer, mais aussi le respect profond porté au bétail, indispensable à la vie quotidienne. Sur certaines façades, des éléphants se détachent, massifs et décorés avec la même précision : ils évoquent la force tranquille et une forme de protection. Mais c’est en m’arrêtant devant l’une des maisons que je prends vraiment le temps de regarder. Le mur, d’un ocre doux, est entièrement recouvert de fresques. Deux grands animaux s’y déploient de part et d’autre de la porte, leurs corps allongés épousant la longueur du mur. Leurs silhouettes sont remplies de motifs géométriques et de lignes courbes d’une finesse incroyable, comme si chaque espace avait été patiemment habité. Autour d’eux, des plantes stylisées, des fleurs et de petits éléments décoratifs viennent combler le moindre vide. La porte, sombre et usée, devient presque le centre silencieux de la composition, encadrée par ces formes vivantes et protectrices. À droite, un motif plus coloré attire l’œil — une fleur ou une lampe stylisée — comme une touche de lumière posée sur la terre. L’ensemble dégage une impression d’équilibre parfait, entre rigueur des motifs et liberté du geste.



Ailleurs, les oiseaux et les formes plus libres apportent du mouvement. Les paons, reconnaissables à leurs silhouettes stylisées, incarnent la beauté et la vitalité, tandis que les poissons rappellent l’eau, la fertilité et la continuité de la vie.

Sur certaines peintures, les scènes deviennent presque narratives : on devine des personnages, des gestes du quotidien, comme une mémoire du village inscrite dans les murs. Les encadrements décoratifs autour des portes ne sont pas laissés au hasard non plus : ils protègent symboliquement la maison, comme une frontière entre l’intérieur et le monde extérieur.







Lors de la fête de Sohrai, le bétail est conduit dès le matin dans la jungle. Pendant ce temps, les femmes finalisent les aripans — ces peintures au sol — et poursuivent les fresques murales. Vers midi, les animaux reviennent au village ; on enduit alors les cornes des taureaux d’huile et de vermillon, dans un geste de gratitude, au milieu des couleurs chatoyantes qui habillent les maisons. Nous rendons visite à plusieurs artistes, dont Parvat Devi, une femme reconnue qui a reçu de nombreux prix. Ses bras sont ornés de tatouages intrigants, dont je prendrai le temps de parler plus en détail plus tard.



Sur un autre mur, le style change complètement. Ici, plus de grands animaux massifs : ce sont des oiseaux qui occupent l’espace, légers et élancés, comme saisis en plein mouvement. Deux silhouettes se font face, leurs longs cous arqués presque en miroir, tandis que leurs ailes déployées semblent vibrer au rythme des motifs qui les composent.



Le dessin est plus graphique, presque aérien. Les lignes sont plus souples, plus fluides, comme tracées d’un seul geste sûr. Les corps des oiseaux ne sont pas pleins : ils sont traversés de motifs répétitifs — écailles, plumes stylisées, spirales — qui donnent une impression de mouvement continu. Autour d’eux, tout s’anime : des fleurs éclatent, des arabesques s’enroulent, et même les formes les plus simples semblent vivantes. Ce qui me frappe ici, c’est la sensation de légèreté. Là où les grands animaux évoquaient la stabilité et l’ancrage, ces oiseaux apportent quelque chose de plus libre, presque joyeux. Ils semblent incarner le mouvement, la circulation de la vie, comme un souffle qui traverse le village.



Les couleurs restent les mêmes — ces rouges profonds, ces noirs intenses et ce blanc crayeux — mais le rythme est différent. Plus rapide, plus spontané. Comme si chaque mur avait sa propre personnalité, tout en parlant le même langage. Sur un autre mur, le style change complètement. Ici, plus de grands animaux massifs : ce sont des oiseaux qui occupent l’espace, légers et élancés, comme saisis en plein mouvement. Deux silhouettes se font face, leurs longs cous arqués presque en miroir, tandis que leurs ailes déployées semblent vibrer au rythme des motifs qui les composent. Le dessin est plus graphique, presque aérien. Les lignes sont souples, fluides, comme tracées d’un seul geste. Les corps des oiseaux sont traversés de motifs répétitifs — écailles, plumes stylisées, spirales — qui donnent une impression de mouvement continu. Autour d’eux, tout s’anime : des fleurs éclatent, des arabesques s’enroulent, et même les formes les plus simples semblent vivantes. Ce qui me frappe ici, c’est la sensation de légèreté. Là où les grands animaux évoquaient la stabilité et l’ancrage, ces oiseaux apportent quelque chose de plus libre, presque joyeux. Ils incarnent le mouvement, la circulation de la vie, comme un souffle qui traverse le village. Les couleurs restent les mêmes — ces rouges profonds, ces noirs intenses et ce blanc crayeux — mais le rythme est différent. Plus rapide, plus spontané. Comme si chaque mur avait sa propre personnalité, tout en parlant le même langage. C’est peut-être aussi pour cela que je suis touchée. J’avais entendu parler de ces peintures par mon ami Raja, et l’an dernier, j’avais découvert une exposition dans un village près de chez moi. C’est ce premier contact qui m’a donné envie de venir jusqu’ici. Mais les voir sur place est une tout autre expérience. Ces peintures sont uniques. Cet art, très ancien, se transmet de mère en fille, ou de belle-mère à belle-fille, dans une continuité silencieuse et profondément vivante. Il peut sembler presque enfantin au premier regard, par sa simplicité et ses formes épurées. Et pourtant, tout est pensé, équilibré, maîtrisé. Rien n’est laissé au hasard.



Cette simplicité apparente, alliée à une telle richesse symbolique, me touche profondément. Il y a dans ces murs quelque chose de sincère, d’essentiel — et c’est sans doute cela qui m’émeut.
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
AL Aleph240758 Veteran ·
Nous rentrons à Hazaribagh, et Adam nous conduit chez lui. À peine arrivés, nous sommes accueillis par une bonne vingtaine de femmes qui, avec des sourires chaleureux, se mettent immédiatement à danser pour nous souhaiter la bienvenue.



Avant même d’entrer, mon regard est attiré par les bâtiments extérieurs de la maison. Leurs murs sont entièrement recouverts de peintures Sohrai. Sur les façades, des animaux stylisés — buffles, oiseaux, félins — côtoient des silhouettes humaines et des motifs végétaux. Les formes sont à la fois simples et puissantes, les couleurs naturelles — ocres, noirs et blancs — donnent à l’ensemble une harmonie saisissante. Ces peintures semblent raconter la vie, la nature et les croyances dans un langage ancestral.



Dans une autre pièce ouverte, les murs sont également décorés, mais avec des motifs plus géométriques et floraux. L’espace, avec ses bancs en terre et son foyer central, dégage une atmosphère à la fois sobre et profondément artistique. Même les lieux du quotidien deviennent ici des supports d’expression.





Elles ont passé toute la matinée à préparer un véritable festin composé de spécialités du Jharkhand. Un grand buffet est installé avec une multitude de plats aux couleurs et aux saveurs différentes. Nous sommes invités à tout goûter, et chaque découverte est une belle surprise.





Après cette première dégustation, Adam nous fait découvrir le musée familial attenant à la maison. Nous entrons dans une pièce immense, presque surprenante par ses dimensions. Les murs sont couverts de peintures et de documents, et l’espace est rempli d’objets, de souvenirs et de témoignages. On y découvre l’héritage de son grand-père, qui a découvert les grottes rupestres de la région, mais aussi celui de son père, qui a consacré sa vie à la préservation de cet art. Ce lieu raconte bien plus qu’une histoire familiale : il incarne un engagement profond pour la transmission et la sauvegarde d’un patrimoine fragile.





Puis le repas continue avec le déjeuner. Les femmes nous présentent fièrement les grandes marmites dans lesquelles elles ont cuisiné, et une nouvelle fois nous sommes invités à tout goûter. Les plats sont nombreux, savoureux et incroyablement généreux. C’est un véritable régal, même s’il devient difficile de faire honneur à toutes ces préparations.



Pendant que nous mangeons, les cuisinières s’installent un peu à l’écart pour prendre leur propre repas, dans une ambiance simple et paisible. Après ce repas presque gargantuesque, vient le moment de découvrir leurs peintures. Elles nous présentent leurs œuvres, toutes magnifiques, avec leurs motifs traditionnels et leur grande richesse artistique. La plupart sont cependant de très grandes dimensions, ce qui les rend difficiles à transporter et à encadrer une fois de retour en France.



Avant notre départ, les femmes reprennent leurs danses. Cette fois, je me joins à elles. Le moment est joyeux, spontané et rempli d’émotion. J’aurais aimé que cette parenthèse de partage dure encore longtemps. En regagnant l’hôtel, je pars ensuite découvrir le quartier, encore portée par cette rencontre et par la beauté de ces peintures qui semblent prolonger la vie jusque sur les murs.
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
PA Partirester ·
namaste !!

merci pour ce beau témoignage, ces images, ces mots, que je reviendrai regarder, relire, plus lentement , ces femmes, ces fresques, cette invitation au voyage, à la rencontre, au partage..!!! ça donne envie d'y être, aussi, et d'en prendre plein le coeur, et cela me rappelle les peintures murales réalisées par les femmes de Oualata en Mauritanie.

j ai décidé de ne plus prendre d'avion, difficile pourtant de résister à l'envie que vous engendrez
AL Aleph240758 Veteran ·
(j ai décidé de ne plus prendre d'avion, difficile pourtant de résister à l'envie que vous engendrez) Bonjour Christine J'espère que ce carnet vous donnera l'envie de repartir et d'aller dans ce coin. Je ne sais pas si vous avez lu la 1ère partie mais je suis passée dans deux villages auparavant , ceux de Amtoudi et Chirudih . Merci de me suivre
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
PA Partirester ·
Bonjour Marie Jo qui sait, je reviendrai peut être en Inde un jour, j'ai passé 4 mois , bénévolat à JAIPUR, JAISALMER, et voyagé jusqu'à Rishikesh et Manali. . C'est vrai, vous me donnez cette envie de repartir. . Vous citez le village Amtoudi, j'en connais un au MAROC! je vais continuer de vous lire. . Belle journée à vous christine
AL Aleph240758 Veteran ·
Vous citez le village Amtoudi, j'en connais un au MAROC! Je le connais aussi avec ses beaux greniiers. Je me suis trompée ici c'est Amadubi.🙂
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
PA Partirester ·
🙂 je découvre Amadubi ici et c'est beau aussi !!! https://www.youtube.com/watch?v=ANc-qD1pU2Y
AL Aleph240758 Veteran ·
Jeudi 2 avril Aujourd’hui, nous partons à la découverte de l’art Khovar, un art monochrome profondément enraciné dans les traditions anciennes. Ces peintures sont étroitement liées aux peintures rupestres des chaînes d’Isko et de Satpahar et symbolisent la fertilité, la prospérité et les bénédictions divines. Le Khovar marque le début de la saison des mariages, qui s’étend de janvier jusqu’à l’arrivée de la mousson en juin. Le mot lui-même est évocateur : « kho » signifie localement chambre ou grotte, et « var » désigne un couple marié. Ces peintures ornaient autrefois les chambres nuptiales. Les sources historiques sur l’origine du Khovar restent rares, mais les historiens établissent un lien fort avec l’art rupestre de la région d’Hazaribagh, notamment sur les sites d’Isko et de Satpahar, dans la vallée de New Karanpura. Découverts dans les années 1990, ces abris sous roche renferment des peintures datant du Mésochalcolithique (environ 7000 à 4000 avant notre ère). Les similitudes entre les motifs — formes géométriques, figures animales — et les peintures murales actuelles témoignent d’une continuité saisissante. Ces abris, eux aussi appelés khovar, sont considérés comme d’anciennes chambres nuptiales. La technique utilisée est fascinante. Une argile riche en manganèse, presque noire, est d’abord appliquée sur un mur préparé. Une fois sèche, une couche d’argile plus claire — kaolin blanc (charak maati), terre crème (dhudhi maati) ou ocre jaune (pila maati) — est déposée par-dessus. Tant que cette couche est encore humide, les femmes la grattent à l’aide de peignes ou de leurs doigts pour faire apparaître les motifs. Si cette technique existe aussi dans l’art Sohrai, le Khovar se distingue par sa palette plus restreinte et ses thèmes : forêts, formes abstraites, faune locale et motifs géométriques. Chez les Kurmi, on trouve également des représentations d’animaux femelles portant leurs petits ainsi que des scènes de confrontation entre l’homme et l’animal. Mais cet art est aujourd’hui menacé. Avec la disparition progressive des maisons en terre au profit du ciment, le support même du Khovar disparaît. Les communautés font aussi face aux pressions des grands projets industriels. Pour préserver cet héritage, certains artistes adaptent leur technique au papier et à la toile. En 2019, les peintures Khovar et Sohrai ont obtenu le label d’indication géographique du gouvernement indien, une reconnaissance importante.



En chemin, nous longeons une immense exploitation de charbon. À perte de vue, des installations transportent la matière noire vers une entreprise gigantesque. Des montagnes de charbon s’élèvent devant nous : une vision impressionnante qui laisse peu de doute sur l’avenir énergétique du pays.





Nous poursuivons vers les grottes d’Isko. Le site est entouré de forêts de sal, et à l’entrée, des femmes font sécher des fleurs de mahua sur les rochers. Elles serviront à fabriquer un alcool vendu sur les marchés, mais aussi à la cuisine et aux cosmétiques.



Le site d’Isko, identifié dans les années 1980, n’a réellement attiré l’attention des chercheurs qu’à partir des années 1990. Le père jésuite Tony Herbert fut l’un des premiers à en révéler l’importance, suivi par des études de l’Archaeological Survey of India. En 1991, l’écologiste Bulu Imam, le grand-père d’Adam, a contribué à faire connaître ces abris à un public plus large. Les analyses montrent plusieurs phases d’occupation humaine. Les peintures les plus anciennes, attribuées au Mésolithique (8000-4000 av. J.-C.), représentent des formes géométriques simples et des animaux, témoins du mode de vie des chasseurs-cueilleurs. Les découvertes d’outils en pierre et en cuivre confirment une présence humaine continue. Pourtant, le site n’est pas protégé et les peintures s’effacent peu à peu.



Nous rejoignons ensuite un village aux maisons peintes, puis retournons chez Malo Devi, qui nous attend pour le déjeuner. J’observe de nouveau ses bras tatoués, couverts de symboles. Certains motifs me rappellent immédiatement ceux aperçus dans les grottes. Cette correspondance me frappe.



Adam m’explique alors leur signification. Dans les roches d’Isko, ces motifs — zigzags, cercles, triangles, formes solaires — ne sont pas décoratifs. Ils traduisent une compréhension du monde fondée sur les éléments : eau, terre, feu et éther. C’est une véritable cosmologie visuelle, une manière de cartographier la vie, la fertilité et l’équilibre du monde. Ce qui est remarquable ici, c’est la continuité de ce langage. On le retrouve dans les peintures Sohrai et Khovar, transmises de mère en fille. Cette mémoire ne passe pas par l’écriture mais par le geste et la répétition. Elle s’inscrit aussi dans le corps. Le godna, l’art du tatouage, reprend ces mêmes motifs. Le corps devient alors une mémoire vivante. Ces tatouages marquent des étapes importantes de la vie, comme la puberté ou le mariage. Ils accompagnent l’individu jusque dans l’au-delà, selon certaines croyances. Ainsi, des roches aux murs, puis à la peau, un même vocabulaire persiste. Les femmes en sont les gardiennes, les artistes et les passeuses de cette tradition. À la sortie de l’école, des enfants viennent à notre rencontre dans une joyeuse agitation.



La petite fille de Malo Devi joue avec son frère, le promenant dans une brouette. Son sourire contraste avec une certaine gravité dans son regard. Elle apprend déjà à peindre auprès de sa grand-mère.



Le déjeuner, composé de spécialités locales, est délicieux. Certains plats me rappellent ceux de la veille. Avant de les quitter, Adam leur demande de signer leurs dessins pour en garantir l’authenticité. Elles ne savent ni lire ni écrire ; à la place, chacune appose l’empreinte de son index sur la feuille, comme une signature silencieuse mais profondément personnelle. Le geste est simple, presque solennel, et se répète sur chaque œuvre. Adam veille à ce que toutes les femmes que nous rencontrerons aujourd’hui laissent ainsi leur marque, trace tangible de leur travail et de leur identité.

Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
AL Aleph240758 Veteran ·
Avant de partir, Malo Devi et sa belle-fille nous offrent une démonstration. Sur un mur, elles mouillent la surface, appliquent une nouvelle couche d’argile, puis, sans attendre qu’elle sèche, commencent à dessiner avec un peigne. Elles travaillent côte à côte, sans se concerter, et pourtant le motif prend forme avec une harmonie naturelle. Peu à peu apparaît un paon : tête, corps, queue. Leurs gestes se croisent sans jamais se gêner. Malo en trace un second, d’une précision étonnante. Je mesure à nouveau la chance d’assister à ces instants.





Nous visitons ensuite un autre village.



Une artiste nous montre ses œuvres sur papier ; j’en choisis une, facile à glisser dans mon sac.





Une autre présente ses broderies, reprenant les mêmes motifs.





De retour à Hazaribagh, je me promène dans le quartier de l’hôtel. Les cuisiniers des dhabas s’activent déjà : parathas, samosas, pakoras… tout semble délicieux, mais il est encore trop tôt pour céder à la tentation. Je reviendrai demain matin acheter des puris pour mon petit déjeuner.

Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho

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