L'archipel des Tuamotu

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ANA'A , L'ÎLE FABULEUSE

INTRODUCTION AUX TUAMOTU

Anciennement nommé archipel des Îles Basses, Îles du Grand Océan, Îles Archipélagiennes ou encore Archipel de la Mer Mauvaise, les Pomautu , mot qui signifiait " Îles Soumises " et fut utilisé par la Royauté Tahitienne après la conquête, devinrent définitivement et officiellement les Îles Tuamotu en 1854. L' expression ' Archipel Dangereux ' ne concerne que Ana'a et les atolls environnants sur lesquels Ana'a étendait jadis sa domination. L' archipel est composé de 80 îles environ qui s'étirent sur une longue traînée de 1500 kms de long sur 600 kms de large, du Nord-Ouest au Sud-Est. Dans leur prolongement méridional se trouve le groupe des Gambier ou Mangareva. Au nord, se trouvent 8 îles, au Centre 52, au sud 16. Plusieurs îles sont inhabitées, soit parce qu'elles présentent peu d'interêt ou sont difficiles et dangereuses d'accès, soit parce que les missionnaires les ont vidées de leurs habitants, rapatriés vers des îles plus importantes, afin qu 'il ne reste pas de " poches païennes "- c'était l' expression utilisée - dans cet immense ensemble. Les principales sont Hao, découverte par Bougainville, Hikuera connue pour sa nacre, Takaroa, Ana'a découverte par Cook en 1773, Kaukura, Ahe et Takapoto fameuses pour leurs perles, Fakarava, Rangiroa, le plus vaste atoll de l' archipel. Certains atolls n' ont pas de passe et ne sont alimentés en eau océanique que par les ' hoa ' , des chenaux de faible profondeur qui, en cas de houle importante, font rapidement monter le niveau des lagons. C' est le cas de Ana'a. L' eau potable est souvent un problème récurrent auquel on remédie en consommant l' eau de pluie précieusement récupéré dans des citernes ou de l' eau distillée, l' eau naturelle étant saumâtre. Le climat est chaud et plutôt agréable, avec une saison des pluies irrégulière qui va de novembre à janvier. Les cyclones sont rares. Le dernier, en date de 1983, a ravagé Ana'a. Le précédent datait de 1906. La flore est pauvre, mais moins qu' elle ne l' était jadis. Le cocotier, l' hibiscus, le miro ( ou bois de rose ), et puis un tubercule comme le taro, l' arbre à pain - ou ' uru ', le bananier, le papayer, ont été progressivement introduits, alors que les populations avaient appris à creuser des fosses à culture, rapprochant les plantes de l' humidité latente de la lentille des eaux de précipitations retenues dans le socle corallien, après filtrage naturel de l' eau saumâtre entre pierres plates de corail superposées, l'une servant de bouchon. C 'est à Ana'a que des fosses de grande taille ( 18 à 28 mètres de long ), chacune dédiée à une plante, un tubercule ou un arbre fruitier bien défini - bananier ou papayer ou taro ou hibiscus ont été creusées et entretenues par les esclaves, des captifs saisis sur d' autres îles. Ceux qui ont eu la chance - une fois un accord de paix trouvé entre Tahiti et Ana'a - de rentrer enfin chez eux ont aussi rapporté cette façon de cultiver la terre arable en optimisant les rendements, là où c'était possible bien sur, certains atolls étant très plats et peu fertiles. La faune marine est riche, la faune terrestre est limitée par destruction des habitats originels, en raison de la chasse ( Ex : le Lori de Kühl à Rimatara pour les deux plumes rouges qui surmontent sa queue ) et aussi de l'introduction fatale d' espèces allogènes nocives. Beaucoup d' espèces d'oiseaux très fragiles du genre perruches ou pigeons, endémiques à parfois une seule île, ont été décimées par le rat noir, une véritable plaie.

DE L'USAGE DU COCOTIER

Ana'a est à l' origine de la diffusion du cocotier, ' l'arbre aux cent usages ', dans tout l' archipel. Jadis l'implantation du cocotier était limitée aux alentours de la maison d'habitation pour ensuite, très rapidement, devenir l' arbre de vie, planté à l'infini dans des cocoteraies intensives. Le cocotier est l'un des facteurs ayant contribué à l' influence grandissante de l' île dans la Grande Région aux 17ème et 18ème siècles. Les guerriers de l' atoll avaient l' habitude de planter des cocotiers sur les atolls conquis avant de rentrer chez eux avec leurs captifs, une forme d'expansionnisme et d'impérialisme économique avant la lettre. En 1860, Ana'a exportait déjà 200 tonnes de coprah par an vers Tahiti, alors que, par exemple, Fakarava n' en exportait que 20 tonnes, et Rangiroa 30. A la fin du 19ème siècle, le protectorat français choisit Ana'a pour devenir l'une des toutes premières îles exportatrices de coprah vers Tahiti. On notera que dans l' atoll voisin de Niau, a été bâtie une structure ultra-moderne qui produit directement sur place une huile de coco de qualité supérieure exceptionnelle, vendue à prix élevé sur place, à Tahiti bien sur, et qui commence à s'exporter en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. La fabrication du coprah - ou séchage de la noix de coco - reste l'unique activité économique de l'île de Ana'a, permettant à ses habitants de vivre décemment. Toutes les deux semaines, le coprah stocké dans de petits entrepôts modernes, est transporté par bateau puis raffiné et transformé en huile à Tahiti même. La légende raconte que les guerriers Parata s' entraînaient régulièrement au lancer de javelot - ou ' patia fa ' - mais, à l' époque, ce n' étaient pas des noix de coco que l'on plantait au bout d' un mât, mais les têtes coupées de prisonniers vaincus au combat et ramenés captifs à Ana'a. C 'est sans doute plus qu' une légende car les écrits anciens corroborent cette version des choses. Ils suggèrent même que les Parata se réjouissaient d'entendre chanter le vent dans les crânes desséchés fichés sur de longs mâts... De nos jours, le lancer de javelot est toujours pratiqué à Ana'a, et est l'un des sports pratiqués aussi aux Fêtes de Juillet - ou Heiva I Tahiti - à Papeete, Tahiti. La hauteur du mât est fixée officiellement à 7 mètres à Tahiti. Les Ana'a excellent à ce jeu et remportent généralement les premières places. A Ana'a même, la hauteur des mâts peut atteindre 9 mètres et plus, voire 11 mètres. D' après les écrits anciens, du temps des Parata, la hauteur du mât pouvait atteindre 13 à 15 mètres.

Les Tuamotu furent, semble-t-il, conquises par des immigrants venus des Marquises au 16ème siècle, alors que l' on y introduisait déjà le cocotier. Rapidement placés sous influence des Tahitiens, ils furent soumis par ces derniers avant l' arrivée des Européens. A partir du 17ème siècle, quelques-uns de ces atolls furent découverts par des navigateurs tels Quiros, Lemaire, Schouten - en 1616 - Bougainville en 1768 et Cook en 1769 et 1773. Les rois de Tahiti conquirent Makatea et en firent un lieu de déportation pour des éléments rebelles de leur société; les rois Oton et Pomaré Ier finirent par dominer tout l' archipel. Sous présence française de plus en plus prégnante, les Tuamotu passèrent sous protectorat en 1842 en même temps que Tahiti, la puissance suzeraine, et devinrent dans la foulée colonie française en 1880, au même titre que le reste du territoire.

INTRODUCTION A ANA'A

UN PEU DE GEOGRAPHIE

L' atoll d' Ana'a est situé à 377 kms à l' est de Tahiti, et à 66 kms de Faaite, l' atoll le plus proche. C 'est une île de forme ovale de 28 kms de long et 7 kms de large pour une superficie de 38 km2 environ, ce qui la place comme le second plus grand atoll après Rangiroa. Les terres émergées sont constituées de 11 ' motu ' bordant un lagon de 90 km2. Géologiquement parlant, l' atoll est la crête corallienne d'une énorme montagne volcanique sous-marine de 3500 m de haut environ qui s'est formée il y a environ 60 millions d'années. Cette formation volcanique colossale, c'est l'île de Tahiti / Moorea, soulevée par des éruptions violentes successives qui ont fini par déformer le plancher océanique. Ce phénomène dit de bombement a aussi soulevé les îles avoisinantes de Mataiva et surtout Makatea - surélevée de 110 mètres - et puis Ana'a et Niau ( de 8 à 12 mètres ). L' atoll d' Ana'a fait donc partie de ce petit groupe des îles dites soulevées, car soumises à un certain moment de leur vie géologique à des forces telluriques puissantes. Cette particularité explique la présence de formations de corail fossilisé, de puits profonds et même de grottes, qui, au fil de l' eau et en bateau lors d'excursions, offrent un paysage exceptionnel entre lagon, récif et motu.

A NOTER Selon les traditions anciennes, les puits et cavités étaient des lieux d'accès au Pô, le monde des abysses, le monde des profondeurs ténébreuses et maléfiques, habité par certains dieux, par des créatures fabuleuses et par les morts, les ancêtres disparus. Face à ce monde du dessous, il y avait le monde de la lumière qui lui aussi avait ses dieux. Révérés ou craints, les dieux des deux mondes étaient ceux de la religion ancienne.

Le lagon compte de larges zones ensablées d'un blanc éblouissant et des piscines naturelles aux eaux peu profondes d'une clarté et d'une limpidité exceptionnelles. Vu du ciel, alors que l' avion se rapproche, l'atoll laisse apparaître les couleurs stupéfiantes de son lagon, des dégradés sans fin de bleu, de turquoise et d' un vert clair rappelant le jade. Ce camaïeu de couleurs est du à la faible profondeur du lagon, 5 à 8 mètres au lieu des 15 à 25 mètres - et plus parfois - habituels. Cette particularité naturelle est à l' origine d'un effet de réfraction lumineuse qui a surpris les premiers explorateurs et surprend toujours de nos jours si on vient à Ana'a en bateau. Le lagon vert clair se reflète dans les nuages de basse altitude. ' Te nuku taeroto ' est le nom donné à ce reflet couleur jade permettant de repérer Ana'a à distance uniquement quand il y a un plafond de nuages bas. Ce nuage serait visible par moments à partir de Tautira à Tahiti où on l' appelle " la montagne de Ana'a ". Ce phénomène unique n' existe que pour les atolls de Ana'a et de Niau.

Sur les rivages des ' motu ', au milieu des étendues d'eau, on verra des ' feo ', ces enrochements faits de corail fossilisé, alors que des méga-blocs de ce même corail se retrouvent posés sur le récif même, projetés là lors de convulsions volcaniques passées. Moins soumis que d'autres atolls à la submersion des océans en raison de son altitude plus élevée ( 8 à 12 mètres ), Ana'a a conservé une flore terrestre diversifiée. On y a recensé 55 espèces indigènes et 4 endémiques, dont un arbuste emblématique aux fleurs rouges appelé le ' kôfaiou 'ofai '. Cet atout naturel ainsi que sa superficie supérieure ont été mis à profit pour le développement de formes d'agriculture adaptées - dont les fameuses fosses à culture ou ' maite ' - qui expliquent la puissance et l' influence acquises par l' atoll aux temps pré-chrétiens.

LES GUERRIERS PARATA La société se divisait en plusieurs groupes : celui des esclaves, celui de la population ordinaire qui comptait le plus grand nombre et vivait une vie simple et tranquille, celui des grands prêtres qui formaient une caste supérieure à part et gouvernaient le peuple, celui des chefs- guerriers - ou ' ariki ' - en Pomautu, un groupe singulier qui au départ s'était constitué sous forme de milice pour se retrouver, au fil du temps, telle une armée, sous contrôle étroit des grands prêtres et à leur service. Dès le 17ème siècle, Ana'a imposait sa domination économique mais aussi guerrière et politique sur une grande partie de l' archipel. Les guerriers Parata - du nom donné au requin longimane, dit océanique à ailerons blancs, massif, belliqueux et dangereux - étaient redoutés pour la violence sanguinaire de leurs raids et razzias , en quête permanente d'esclaves sur les rivages d'autres atolls. La légende et la tradition sont ambivalentes en ce qui concerne les Parata : des chants célèbrent leurs exploits, leur témérité, leur courage, leur force physique, mais s'ils étaient audacieux, c'étaient surtout des combattants implacables, cruels et formatés pour la guerre, au sommet de leur forme physique, expérimentés, tacticiens hors pair, capables de construire des pirogues rapides et maniables. Mettant en pratique une expertise militaire exceptionnelle, ils tétanisaient littéralement leurs ennemis lorsque leurs pirogues abordaient les rivages. Ils combattaient toujours deux par deux, dos à dos pour éviter de prendre des coups de lance par derrière, et utilisaient des lances à double pointe d'une terrible efficacité. Naviguant uniquement de nuit et se repérant aux seules étoiles avec l' aide d'un grand prêtre présent à bord de la pirogue principale, ils attaquaient toujours par surprise, à l' aube. Vivant entre eux, ils avaient interdiction de se marier et de procréer, et leurs femmes ou compagnes étaient sacrifiées si elles se retrouvaient enceintes. Et puis surtout, ils étaient cannibales par obligation coutumière, contrairement au reste de la population, ce qui permettait aux grands prêtres de les garder sous influence et au service de leurs ambitions. On peut se demander légitimement pourquoi ils acceptaient aussi facilement un contrôle aussi étroit des grands prêtres : en fait, leurs ancêtres sur Ana'a avaient enfreint un tabou majeur, amenant le maléfice permanent sur leurs têtes et celles de leurs successeurs s'ils osaient un jour contester l' autorité supérieure. C' étaient des mercenaires au service d'une politique belliqueuse initiée par la caste religieuse. Ne pouvant fonder une famille et étant sans descendance, ils recrutaient certains captifs lors de leurs raids- c' était cela ou la mort - pour grossir leurs rangs.

La dernière guerre inter-insulaire eut lieu entre 1800 - peut-être avant dans les années 1790 - et 1820, entre Ana'a d'une part et Rangiroa plus Mataiva, Makatea, Fakarava, Arutua, Kaukura et Makemo. Elle fut terrible et sanglante, incitant une grande partie de la population de tous ces atolls à se cacher ou fuir par la mer et chercher protection auprès du roi Pomaré Ier de Tahiti, agacé par l' expansionnisme militaire de Ana'a. A noter que l' ancêtre originel de la lignée Pomaré des rois de Tahiti venait de Ana'a, ce qui créait un lien de sang compliquant les discussions. Des délégations de guerriers Parata très agressives se succédèrent à Tahiti ( les rencontres formelles se faisant à Tautira dans la presqu'île de Tahiti, , mais aussi à Moorea) , réclamant qu'on leur livre leurs captifs. Le roi Pomaré Ier qui avait accordé sa protection aux habitants de Rangiroa et des autres atolls et l' avait fait savoir, les faisait lanterner et boudait volontiers ces rencontres. Ce fut son successeur Pomaré II à qui revint le privilège de devoir trouver un terrain d'entente pour un accord qui permettait à Ana'a de garder une forme de suzeraineté sur un certain groupe d'atolls des Tuamotu nord, à Tahiti de contrôler un autre groupe d''îles et aux îles précédemment soumises et martyrisées par les Parata de retrouver leurs habitants et de vivre enfin en paix.

Une guerre intestine meurtrière entre guerriers Parata brisa l' équilibre de la société de l' île au moment de choisir entre religion mormone et religion catholique dans les années 1850. Tout s' écroula comme un château de cartes, et l' ancienne société disparut en un rien de temps. Ana'a était prête pour une autre histoire religieuse - avec l' abandon de l' ancienne religion - et politique, cette fois-ci sous protectorat français puis au sein de l' Etablissement des Pays d'Océanie Française.

Beaucoup plus tard, sous l' impulsion de l' administration coloniale, Ana'a devint un centre pour la culture du coprah, ce que l' île est toujours de nos jours. Le prix du coprah - fixé à environ 60 FCP au cours mondial - est subventionné par le Territoire et indirectement par la France, et fixé à 145 FCP le kilo pour la qualité supérieure, 55 FCP pour une qualité moindre, assez haut pour donner envie aux habitants de rester dans leur île ou d'y revenir après un séjour malheureux à Tahiti. En pleine saison, on peut collecter 30 sacs de 25 kgs par jour. On peut facilement calculer un revenu moyen pour un agriculteur actif et dynamique travaillant dans une belle cocoteraie qui reste tout à fait honorable : autour de 150.000 FCP par mois. La coprahculture se pratique toute l' année.

La pêche également est un atout de Ana'a. Près de l' ancien village de Putuahara, sur l'un des plus grands motu de l' atoll, se trouve une vaste zone de mares peu profondes, ancien domaine maritime royal, où l'on pêche le ' pati ' ou poisson-lait aux brillantes écailles ainsi que le ' kiokio ' ou " bone fish " en anglais, espèce communément consommée sur l' atoll. Un ' rahui ' - à savoir une interdiction temporaire de pêche - est imposé tous les ans du moi de mars au mois de mai sur la pêche au ' kiokio ' mais cette interdiction ne concerne pas la pêche à la mouche. La pêche au ' kiokio ' attire de plus en plus de visiteurs du monde entier qui viennent s'essayer à la pêche à la mouche - ou ' fly-fishing ' -, pratiquée depuis l' an 2000 environ, au départ par des visiteurs américains, éblouis par les paysages naturels marins de l' atoll et ses étendues uniques d' eau claire et peu profonde, très poissonneuses. Ana'a, au niveau international, concurrence la sublime île d' Aitutaki aux Cook ou le cap York en Australie, la Jordanie, la Slovénie, l' Alaska et tant d'autres destinations. On pêche aussi à Ana'a le tétrodon, ou ' fugu ' en japonais, pour le manger. Ce poisson se gonfle quand il se sent en danger. Mais surtout, sa consommation est toxique et mortelle si la poche de fiel proche de la région caudale vient à se déchirer. Le poisson devient alors inconsommable. Au Japon, les chefs découpent le poisson devant les clients des restaurants. La découpe à la polynésienne est différente mais les dangers sont les mêmes. Il y a des parcs à poisson privés un peu partout dans île, mais aussi un parc communal, accessible à tous, et où l'on peut venir collecter du poisson pour sa consommation personnelle. Cette mise en commun des ressources d' une île n 'est pas spécifique à Ana'a. Elle existe un peu partout en Polynésie.

L' avifaune de l' atoll est riche et variée, certains oiseaux étant endémiques à toutes les îles, d'autres ayant disparu de certains atolls : rousserolle des Tuamotu - ou ' kotiotio ' -, une sorte de grosse grive au ramage aussi mélodieux que celui du rossignol, fauvette des Tuamotu, chevalier errant ou ' uriri ', un oiseau ressemblant au vanneau européen qui fréquente les plages de sable, de corail et de cailloux ainsi que les récifs et qui, tout menu et passe-partout qu'il soit, ne se reproduit que dans l' hémisphère nord, en Sibérie, en Alaska et dans le Nord du Canada pour venir ensuite, à tire-d'aile, passer l' été austral dans les atolls des Tuamotu. Les jeunes ou premières nichées resteront toute une année sur place après ce long voyage entre les deux hémisphères. Côté lagon, ' hoa ' ou récif, on rencontre le héron blanc et le héron gris, le fou brun, le fou à pieds rouges - les fous nichent souvent dans les anfractuosités des énormes ' feo ' entourés d'eau et proches du récif -, le noddi noir et le noddi brun, la sterne blanche et la sterne huppée, la gygis blanche ou ' kotake '. Il y en a sans doute d'autres encore, Ana'a est une île à l' avifaune riche et diversifiée.

Le principal village d' Ana'a est Tukuhora, peuplé d'environ 500 âmes. Il existe des villages anciens, désormais inhabités depuis le cyclone ravageur de 1983 sur les motu Temarie au nord, Otepipi à l' ouest, Putuahara au sud-ouest, Tematahoa au sud-est, Tekahora au sud. Ces villages ne sont pas complètement désertés car habités pendant de longues semaines à la suite par les coprahculteurs qui y ont construit des cabanons. Par ailleurs, à l' occasion de processions et fêtes religieuses, les habitants de l' atoll se retrouvent dans les églises qui ont résisté au temps et aux cataclysmes naturels au milieu des maisons abandonnées et ont donc été préservées et plus ou moins rénovées. Selon l' Annuaire des Etablissements d'Océanie publié en 1863, l' atoll comptait alors environ 1300 habitants. En 1825, la population avait été estimée à 2500 habitants environ, dont un millier de captifs des deux sexes enlevés dans les atolls voisins et qui retournèrent dans leurs îles d'origine quand le roi Pomaré II signa un traité de paix définitif avec les guerriers d'Ana'a. On tourne donc bon an mal an autour de 1200 habitants originaires de l' atoll jusqu' à la fin du 19ème siècle. Le cyclone ravageur de 1906 fit de tels dégâts sur l' atoll, submergé par des vagues de 15 à 19 mètres, que celui-ci resta exsangue pendant des années sans compter la centaine d'habitants disparus pendant le cyclone. Et puis il y eut les maladies dont la grippe espagnole qui vont décimer une population affaiblie et appauvrie et faire tomber Ana'a dans l' oubli. Le nombre d'habitants qui était tombé à 400 en 1900 est remonté depuis aux alentours de 600 personnes. La population est très majoritairement catholique après avoir été très peu de temps mormone. Les mormons, sentant une partie de la population leur résister et leur échapper, en vinrent même à menacer physiquement des prêtres catholiques et à tuer, dans l'un des districts, un gendarme qui se portait au secours d'un prêtre avec un fusil. Le prêtre blessé à la tête survécut à ses blessures. On chercha longtemps les assassins sans les trouver ; ils s'étaient réfugiés dans une grotte de la pointe sud de l' atoll, et l' affaire remonta jusqu'à Tahiti qui envoya des militaires pour débusquer les coupables. On les trouva enfin et ils furent pendus sans délai sur place. Ce fut la fin de l' évangélisation mormone, d' anciens fidèles décidant de se convertir en masse au catholicisme tandis que d'autres décidèrent de fuir définitivement vers Tahiti. Cet épisode marqua aussi la fin de l' ancienne société pré-chrétienne.

On parle le ' Parata ' ou ' Putahi ' à Anaa. Et aussi le tahitien et le français, langue unitaire.

L' aérodrome - lien essentiel avec l' extérieur et Tahiti- existe depuis 1976.

UN PEU D HISTOIRE

Dans les temps anciens pré-chrétiens, Ana'a s'appelait autrement. Nganaia est l'un de ces anciens noms que l' on a trouvé dans un manuscrit de l' atoll de Manihi. Mais aussi Ngana ou Gana, mot altéré ensuite en Ana'a. Un autre nom, Hae-rangi a aussi pu être utilisé. On passe ensuite à la période européenne.

L' atoll aurait été aperçu pour la première fois par Pedro Fernandes de Queiros en février 1606. Pourtant, c'est Bougainville qui découvre et recense l' atoll en 1768. Cook abordera l' atoll en 1769, en le nommant Chain Island, puis c'est au tour du navigateur espagnol Domingo de Boenechea de visiter l' île en novembre 1772, puis une seconde fois en novembre 1774, en le nommant " Todos Los Santos ". Un autre navigateur espagnol, Jose de Andia y Varela abordera Ana'a également en novembre 1774, mais c'est le capitaine britannique Frederick William Beechey qui note dans son journal de bord le nom d' Ana'a le 1er avril 1837. Les recherches ethno-historiques et archéologiques menées depuis un siècle, ainsi que la tradition révèlent que l' île a connu des heures glorieuses. Au 17ème et au 18ème siècles, son influence sur le reste des Tuamotu fut prédominante. L' état de protection naturelle de l' île - qui ne compte aucune passe en raison du soulèvement géologique et est donc quasiment impossible à envahir - lié à à d' impressionnantes possibilités de production alimentaire, a permis le développement social et culturel d'un groupe cohérent, organisé et dynamique, et très structuré qui s'est imposé sur la grande région avec autorité et audace, mais aussi avec une violence aveugle terrifiante inconnue dans les atolls avoisinants. Aucune chefferie adverse n' était capable de faire face aux féroces guerriers Parata venus pour conquérir, mettre en esclavage et tuer. Au moment du basculement dans l' ère chrétienne et de l' évangélisation, une majorité de grands prêtres et de membres éminents des chefferies décide de fuir Ana'a plutôt que de se convertir. Ils emportent à Hawaii les objets de l' ancien culte, sculptures en bois et pierres sacrées, et aussi leur précieuse connaissance des rites et de l' histoire glorieuse de l'île. A partir de là, on perd leur trace.

C 'est pourquoi l' atoll d' Ana'a doit beaucoup à un ethnologue français, Frédéric Torrente, qui a redécouvert un manuscrit ignoré et qui dormait dans les archives du Bishop Museum de Hawaii et du Peabody Museum de Salem aux Etats-Unis. Ce manuscrit fut écrit par un sage paumotu, Paea-a-Avehe, né à Ana'a en 1889, et descendant d'une longue lignée de chefs et de grands prêtres. Paea consigna par écrit dans la langue natale ancienne l' ensemble des connaissances acquises ou transmises ( en particulier par son oncle, sage et prêtre traditionnel ), un millier de pages - hélas dans le désordre le plus complet - qui furent dument recopiées par le linguiste américain Franck Stimson, auteur du fameux dictionnaire paumotu dans les années 30. Torrente s' est rendu maintes fois à Ana'a pour rencontrer ses habitants. Ils ont ensemble, et avec l' aide des anciens encore en vie et celle, précieuse, de l' Académie Paumotu, redécouvert et traduit les récits mythiques de l' atoll, la religion ancienne, les chants, les odes aux guerriers valeureux, les histoires et traditions d'antan, les techniques d'utilisation des ressources, la cosmogonie. La thèse de doctorat de Torrente intitulée " Buveurs de mers, mangeurs de terres, histoire des guerriers d' Ana'a aux îles Tuamotu ' s'est construite au contact d'érudits locaux de l' association culturelle de l' atoll, Pu Tati Haga no Ganaa. Torrente note que l' île possédait " des sols plus riches et plus variés, de nombreux points d'eau douce et des ressources végétales plus abondantes. Son récif lui ouvrait aussi des potentialités de pêche et de collecte de coquillages plus vastes ". Ce qui " fournit un ensemble d'éclairage inédit sur la cosmogonie, les fondements mythiques de l' organisation sociale, la religion ancienne, les techniques d'exploitation des ressources, les récits mythiques sur les pérégrinations des grands guerriers, des chants louant les prouesses guerrières ou les chefs principaux de l' île et leurs généalogies rattachées à leurs principes cosmogoniques ". Cette thèse de doctorat - en date de 2010 - a permis aux Paumotu, souvent raillés pour leur histoire banale et de second ordre comparée à celle de Tahiti ou des Marquises - et en particulier aux habitants de Ana'a de retrouver la fierté de leurs origines et d'un passé prestigieux d' agriculteurs et de sculpteurs hors pair, de guerriers redoutables et redoutés.

ANA'A AUJOURD'HUI

L' atoll relève le défi de son développement en s'ouvrant à un éco-tourisme durable, adapté au rythme de vie des habitants, en proposant des micro-niches touristiques susceptibles d'attirer des visiteurs passionnés de nature et de culture, hors des sentiers battus. Ana'a a rejoint à titre de projet-pilote le cercle des destinations mondiales convoitées par les amateurs de ' fly-fishing '. Il s'agit de promouvoir l' autonomie de l' île en favorisant la gestion et la valorisation durable des ressources. Un projet original et ambitieux qui implique les élèves de l' école de Tukuhora, sous l' impulsion du directeur Jean-Pierre Beaury.





Il est proposé également, via un financement de l' Union Européenne ( programme BEST ) des formations qualifiantes aux métiers du tourisme au profit de jeunes résidents de l' île.

DETAILS PRATIQUES Le paiement de la pension se fait généralement par virement inter-bancaire avant l' arrivée sur le Territoire et dans l' île. Pas de carte de crédit. Les excursions se règlent cash. il faut donc prévoir de se munir d'argent liquide avant le départ de Tahiti. Dans un distributeur, à l' aéroport, ou en ville à Tahiti. Bureau de change à l' aéroport. Le FCP étant aligné sur l' euro ( 120 FCP pour 1 euro ), aucun problème. Taxe de change, quelle que soit la somme, de 500 FCP, en ce qui concerne l' euro uniquement. Une excursion à la journée est facturée 14000 FCP pour deux personnes ( déjeuner sur un motu inclus ). Pour les îles, prévoir de l' anti-moustiques ainsi qu 'un petit nécessaire de pharmacie contre les coupures sur corail. Egalement des chaussures pour marcher sur le corail, sur les platiers, sur la barrière, chaussures fermées ou sandales en plastique à porter avec de grosses chaussettes. Prévoir aussi de petites chaussettes à mettre dans les palmes. On se retrouve vite avec des ampoules. NB : Pour calmer les démangeaisons dues à des coupures sur corail, on utilise ici du jus de citron vert. A appliquer rapidement après l'incident. L' urine est également très efficace...

NOTRE SEJOUR Du 17 au 24 octobre. Un seul vol Air Tahiti par semaine, le jeudi. Au départ de Tahiti-Faa'a. Un second vol le dimanche est proposé au moment des vacances scolaires de Tahiti, qui permet de raccourcir le séjour à 4 nuitées, du dimanche au jeudi ou 3 nuitées du jeudi au dimanche. Intéressant quand on vient de France et que l'on veut découvrir plusieurs facettes de la Polynésie. Billet acheté sur le site Internet de la compagnie. Compter environ 22 à 25000 FCP pour un billet AR. ( environ 200 euros ). Il y a deux pensions : l'une se trouve dans la partie reconstruite du village principal, entre nouvelle mairie, école primaire et magasin principal. Elle est un peu coincée, et n' a aucune vue sur la mer. Il y fait chaud, le vent du soir n' arrive pas jusque là. A déconseiller donc. Il reste la pension Toku Taiga : Paiement par virement bancaire. Quatre bungalows confortables, propres, calmes en bord de mer, bien ventilés par le petit vent du soir et de la nuit. Peu ou pas de moustiques. Certains bungalows sont équipés de moustiquaires sur lit. Literie et oreillers très propres. Lits confortables et serviettes de douche de qualité. On peut dormir tout ouvert sur le lagon et la plage. Sécurité totale. Excellents petits déjeuners et dîners. On déguste le matin le miel récolté par Joël autour de sa propriété mais aussi sur les motu. Les abeilles prospèrent dans un milieu exceptionnel, butinant uniquement les fleurs indigènes, celle de cocotier, celle de kahaia - ou tafano -, celle de pandanus - ou 'fera ' en tahitien, l' arbre qui donne le tapa - , celle de tamanu - ou ati -, l' arbre tabou que l'on plantait uniquement dans les ' marae ' royaux et qui servait à fabriquer les tiki - et puis celle du miki-miki, un arbuste au bois rouge sombre, résistant à la salinité, que l'on trouve en première ligne le long des atolls et qui a la particularité de fleurir toute l' année. Joël vend son miel à Tahiti et à ses hôtes qui, parait-il, en rapportent jusqu'en France.

Pension chère ( effet d'aubaine réel dans une île comme Ana'a, hors sentiers battus ). Compter entre 25 et 30000 FCP la nuit en demi-pension. ( environ 250 euros ). C' est pourquoi les semaines où il y a deux vols au départ de Tahiti sont intéressantes financièrement: 3 ou 4 nuits maximum. Et en 3 nuits / 4 jours, on a largement le temps de faire la principale excursion et celles que propose Joël à la demi-journée. Connection internet correcte quand il s'agit de rentrer son courrier, un peu lente si on veut télécharger ou envoyer des photos. En fait, cela dépend du moment. Pour la petite histoire, le maire a ' oublié ' de se rendre à une réunion importante - il n' aime pas aller à Tahiti - où il fallait demander à être relié au nouveau câble sous-marin reliant Hawaii à Tahiti via les Marquises et les Tuamotu Nord et Centre. Du coup, Faaite, petit atoll voisin bénéficie d'une connexion Internet rapide, et Ana'a a raté le coche pour un moment ... La population est furieuse, mais le mal est fait !

17 octobre 1er jour. Vol de 4 heures un quart, avec deux escales, la première à Raroia, et l' autre à Makemo. Survol d'une multitude d'atolls, grands, petits, minuscules, beaucoup inhabités. Il fait un temps magnifique, les couleurs sont magnifiées.

















Arrivée vers 13h 30 et réception par notre hôte, Joël Dexter, propriétaire de la pension Anaa Toku Kaiga où nous allons résider une semaine entière. Installation en bungalow face au lagon magnifique, et longue baignade dans une eau claire, plus chaude qu'à Tahiti en ce moment. Beau temps chaud.







Pas de moustiques dans un bungalow confortable, mais il peut y faire chaud les nuits sans vent , au coeur de la saison chaude. Il faut donc ouvrir en grand les portes-fenêtres donnant sur le bord de lagon. Cela implique aussi d' accepter de se réveiller tôt, entre aboiements de chiens dans le lointain, cocoricos avant l' aube, chants de rousserolles dans les arbres entourant le bungalow à l'aube qui pointe, cloches de l' église qui sonnent dès 5 heures du matin, mer qui murmure en permanence sur le sable tout proche, bruits divers d'une île qui s'éveille tôt de toute façon... Il ne faut pas compter faire de grasse matinée dans les îles ! Balade à pied dans le village.



Excellent dîner à 3 + le propriétaire. Un autre visiteur est écossais d'origine, passionné de pêche à la mouche et qui a réservé 6 jours de suite pour s'adonner à son passe-temps favori. Il réside à Singapour et a fait ce long voyage via Auckland et Tahiti uniquement pour assouvir sa passion. Son dernier pays visité est la Papouasie Nouvelle Guinée où l'on pratique aussi cette pêche dans les îles éloignées.

18 octobre

Petit déjeuner et entraînement d' endurance dans le lagon. Nous y sommes seuls. Pas de concentration touristique à craindre à Ana'a... Ensuite nous allons retourner faire une longue balade à pied vers le village nouveau et reconstruit avec mairie surélevée en cas de cyclone, école primaire flambant neuve et magasin. Les gens sont souriants et accueillants, et l' on s'arrête souvent pour échanger. C' est, pour notre plaisir et typiquement la vie des îles et aussi la manière de recevoir les étrangers. Retour au bungalow pour le déjeuner. Début de rédaction de mon carnet de voyage et séjour à Ana'a. Demain est prévue une longue excursion à la journée vers le sud de l' atoll et ses merveilles naturelles. En compagnie justement du directeur de l' école primaire, issu d'une grande famille de l'île, parlant la langue ancienne, ayant travaillé longuement sur l' histoire glorieuse d' Ana'a , ancien ministre aussi du gouvernement territorial, et qui est l'un des initiateurs du programme de valorisation éco-touristique de l'île.

19 octobre Excursion à la journée. Départ à 8 heures et retour vers 17 heures. Nous sommes plusieurs à participer à cette excursion, et deux bateaux sont nécessaires pour transporter tout le monde. Des enseignants de l' atoll voisin de Makemo sont venus voir leurs collègues de l' école primaire d'Ana'a , suite à la mise en place cette rentrée d'une 6ème de transition entre le primaire et le collège ( Les enfants de Ana'a entreront en 5ème au collège de Makemo l' année prochaine ). Nous partons d'abord en direction du motu O' Terekia qui se distingue tout d'abord par son immense platier de corail, partie intégrante d'un ' hoa ' de grande largeur. Il est au sec en général, et il faut une houle puissante en extérieur pour que les chenaux se remplissent et fassent la jonction avec le lagon.









La cocoteraie est également immense. Cette immensité, c'est ce qui surprend au premier abord dans cet atoll ; tout semble hors normes. Dans la cocoteraie, des vestiges archéologiques nombreux, sous forme de petits ' marae ' formés de pierres dressées en cercle ou en rectangle ( comme aux Australes ), la plus haute pierre étant le dossier d'un siège de chef ou de grand prêtre.



Sur le platier se dressent à 3 mètres de hauteur des ' feo ' faits de corail fossilisé et tranchant , dont trois ont la particularité de sonner quand on les frappe avec une pierre. Selon la légende, ce seraient des entités malveillantes échappées du monde ténébreux du Pô qui, après avoir semé la terreur chez les habitants du village tout proche, auraient fini par être maîtrisées, forcées de rentrer dans des trous du sol à l' aube naissante, annonciatrice du pouvoir supérieur de la lumière sur les ténèbres, et enfin changées en pierres pour l' éternité.

Nous retournons ensuite aux bateaux et devons modifier l'itinéraire prévu pour la balade sur le lagon en raison d'un orage qui menace au sud de l' atoll où nous devons aller. Cap donc par le travers vers le motu Temarie et passage dans ce que l'on appelle ici le second lagon. Il se met à pleuvoir un peu au moment où nous arrivons au ' motu ', mais ce n' est rien à côté de ce qui tombe un peu plus loin...! Nous prenons trois gouttes sur la tête, et puis c'est fini. Nous rentrons à l' intérieur du motu pour visiter une église, l' Eglise St Michel, datant de 1880, bâtie par la Congrégation de Jésus, originaire de Plöermel en Bretagne et dont les membres ont aussi construit la cathédrale, et les multiples églises, séminaires et couvents que l' on peut toujours voir aux Gambier. La marque de la congrégation est un coeur rouge surmonté d'une croix, ou un coeur rouge transpercé d'une flèche. Ici, c' est le coeur à la croix qui est sculpté sur le fronton de l' église. L' endroit est infesté de moustiques comme rarement dans les îles, surtout l' entrée de l' église. On est cerné !





On s'enfonce un peu plus vers l' intérieur du motu pour trouver le cimetière qui, pour une fois, ne jouxte pas l' édifice religieux. S' y trouvent deux tombeaux imposants, plus un troisième dont la partie supérieure hors terre a été détruite il y a longtemps suite à une tentative avortée de violation de sépulture, les ossements se trouvant dans la partie souterraine. Il s'agissait sans doute pour le ou les voleur(s), de récupérer la ceinture, le collier de plumes précieux et la parure de tête qui accompagnaient le défunt d'un haut niveau social, chef ou grands prêtre, dans sa tombe. Quelques autres tombes plus récentes dans un coin.

Retour aux bateaux. Le temps s'améliore, il y a du bleu dans le ciel. Nous continuons du même côté, le long d'une longue plage de sable blanc de plusieurs kilomètres vers le motu Ogogo où se trouve ce que l' on appelle ici le tourbillon, ou le ' pito ' ( = nombril ) d' Ana'a, un trou bleu dans le platier où l'eau tourbillonne dans un sens pendant que le courant supérieur venant de l' océan provoque un tourbillon contraire. On peut s'y baigner dans les remous, c'est ce que nous faisons avec masque et tuba. On ne voit pas clairement le fond, mais on devine un tunnel qui relie ce trou à l' océan. Une particularité géologique, peut-être un ancien conduit de lave dont les habitants d'Ana'a pensaient qu'il reliait leur atoll à Fakarava.



Fin de la baignade et retour aux bateaux. Nous filons vers le sud du lagon vers le motu Tematahoa où l'on devine de loin dans le vert des cocotiers, la structure d'une superbe petite église, l' Eglise St Etienne bâtie en 1856, consacrée en 1858 et qui sert de temps en temps pour des offices, lors de fêtes religieuses. C 'est le seul édifice qui demeure du village initial qui existait alors sur cet îlot. Abîmée par le cyclone de 1906, elle a été rénovée dans les années 70. Les collecteurs de coprah et leurs familles viennent s'y mettre à l' ombre et au frais, au calme aussi, et y prier. Son intérieur est plus sophistiqué que celui de l' église St Michel. Pas de moustiques sur ce motu...



Petite histoire : La supervision de la construction originale avait été confiée à un grand prêtre de l' ancienne religion, converti... mais pas totalement convaincu ! A l' insu des missionnaires, peu au fait des anciens rites et coutumes, le grand prêtre s' est permis quelques fantaisies dans la décoration en bois qui orne le mur derrière l' autel et rappelle les lances que maniaient les Parata tandis que les statues de bois - dont la Vierge - tiennent des pierres dans la main, sans parler d'autres détails foncièrement païens dans la sculpture du bois. Bref, une façon de faire le lien entre l' ancien dieu et le nouveau mais sans renier ce qui était et rattachait au passé. Rappelons que la pierre tient une place prépondérante dans les rites anciens; elle est sacrée et chargée de ' mana ' (= puissance ). Elle sert à construire les ' marae ', à faire des outils et des armes. Une fois la visite de l' église terminée, nous nous enfonçons à l' intérieur du motu. Tout de suite, on tombe sur les fameuses fosses à culture, désormais en déshérence, qui permettaient aux habitants de l'île de vivre en autarcie alimentaire, mais étaient creusées et entretenues par des esclaves travaillant sous contrôle des Parata, et, de toute façon, condamnés à être tués et mangés le moment venu. On continue le long d'un sentier vers le récif, côté océan donc, un endroit sauvage et magnifique. Toujours beaucoup de ' feo ', une eau cristalline, des bancs de poissons dont un banc de perroquets constitué d'une centaine d'individus dont un - de couleur orangée vive - qui mène la troupe dans tous les sens, et de gros coquillages - du genre bulot -collés sur le récif au contact de la vague, dont certains d'entre nous vont ramasser une brassée pour le déjeuner à venir. La marée est basse, les bancs de poissons qui tournent dans tous les sens attendent le moment où ils pourront franchir le récif vers l' océan.

Retour par le même chemin et vers le bord de lagon. Et en quelques minutes nous sommes sur le motu Ovana où nous allons déjeuner. Il est 14 heures déjà. Une partie du groupe est venue directement pour préparer le repas, faire griller les poissons, et faire cuire un ' uru '. Repas typique et local : poissons grillé, uru, pain fait à base de germe de coco, corned beef américain - on en trouve absolument partout dans le Pacifique Sud. Eau et bière. Après le repas, repos dans l' eau tiède ou natation dans le chenal. La vie des îles, le week-end, quand il fait beau, . On est au ' district ' ou au ' secteur ', comme l' on dit ici. Les copraculteurs y passent la semaine et sont rejoints par leurs femmes et leurs enfants en fin de semaine. De petites cabanes simples voire sommaires ont été construites en lisière de la cocoteraie et donnant sur la plage et le lagon pour ces séjours en pleine nature. Bien sur, il y a les moustiques, mais certains ' motu ' en sont exempts, alors que d'autres ( peu en fait ) sont infestés. Difficile à comprendre... Quand il y a du vent le soir et la nuit, les moustiques se cachent et n' attaquent pas.

Il est 16 H 30 et donc temps de rentrer. Le lagon est navigable mais dangereux car parsemé de patates de corail entre lesquelles il faut serpenter en permanence. Notre pilote est un expert car il mène son bateau à vive allure. il faut être né sur l' atoll pour en connaître le lagon aussi parfaitement, d'autant qu'il n' y a pas de balises. L' expertise est particulièrement nécessaire quand on se retrouve pris dans un grain violent au milieu du lagon, et sans visibilité.

20 octobre ( dimanche )

Matinée plage et lagon. Nous sommes ici aussi pour nous relaxer. Le plan d'eau devant la pension est superbe. Pas de coraux, aucun danger. L' eau est claire. Et il n' y a personne. Notre ami écossais est parti à la pêche comme tous les matins dès 7 H 30.

On nous a dit que dans l' après-midi, il y aurait une compétition amicale entre jeunes de l' île de lancer de javelot traditionnel. Mais quelqu'un est décédé brutalement ce dimanche matin et la compétition a été annulée au dernier moment. Quand nous passons le long de l' aire derrière l' église dédiée au lancer de javelot, nous y rencontrons seulement un jeune couple. Le mât est dressé et le jeune homme s'entraîne, avec beaucoup de talent. Nous allons apprendre qu' il est le fils du champion reconnu de Ana'a lors de toutes les compétitions passées. Tel père, tel fils donc. Ensuite, nous allons assister aux répétitions du groupe de danse féminin à la salle omnisports flambant neuve construite auprès de l' école primaire. Demain lundi, en soirée , il y a spectacle de danse en costume traditionnel. Nous sommes conviés.

Suivez moi en page 2...
VM
MU Muriel18 Globetrotter ·
Bonjour Moana

Le récit donne vraiment envie d'y aller (même si ce n'est que le début).

Les photos viendront à mon retour à Tahiti.

je les attend avec impatience... Muriel
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
MA Margouillat4 Globetrotter ·
[:)] Merci de nous "ramener" avec vous à Anaa où nous avons séjourné en 2010. Je vois que depuis notre passage, l'église de Tukuhora a été repeinte. Nous avions beaucoup aimé la luminosité de son intérieur et la simplicité de sa décoration toute polynésienne.

faire le coprah au ' district ', comme l'on dit ici

Plutôt "au secteur", non ? [;)]

Bonne continuation, le début de votre compte-rendu nous enchante.
Nos albums/carnets et vidéos de voyages dans mon profil, ainsi que: http://pagesperso-orange.fr/miguel.angulo/
VA Vaikeaiti Regular ·
Bonjour Thérèse,

Secteur et district sont les deux mots utilisés en fait, indifféremment, partout aux Tuamotu.

Encore deux belles excursions normalement et nous aurons visité les coins et recoins de l' atoll.

Moana
VM
VA Vaikeaiti Regular ·
SUITE DE MON CARNET

ANA'A, L'ÎLE FABULEUSE

Petit retour en arrière en photos pour illustrer la fin de notre journée-excursion dans le lagon de Ana'a et en particulier au motu Tematahoa.









Les pierres dans la main de la statue : un symbole païen puissant ignoré des missionnaires.

Une fosse à culture à l' abandon, envahie par les cocotiers.

Le fameux reflet vert dans le nuage

21 octobre / lundi

Joël, le propriétaire de la pension nous a invités à l' accompagner au motu Otepipi, à 10 mn de bateau de la pension, tout en face, pour y visiter le village abandonné de Vaiama suite au cyclone de 1983, et pour profiter du lagon côté récif où il veut aller pêcher. Départ à 9 heures. Nous allons rentrer vers 14 H 30. La marée est basse en ce moment et le récif largement découvert. La pêche se fait du récif vers un océan calme à la canne à pêche traditionnelle. On y ferre surtout des carangues ( ' jackfish ' en anglais ) en cette saison, des bonites à d'autres moments de l' année. L' endroit s' appelle Tavaita Nui ( c' est à dire grande passe ). Pourtant il n' y a pas vraiment de passe, même si une partie du récif plus basse permet le passage de petites embarcations vers l' océan. C 'est de cette plage que partent les pirogues de pêcheurs à la bonite locaux à la bonne saison. Le nom donné à l' endroit peut donc s'expliquer... Joël possède des parcelles de cocoteraies - bornées par des pierres indiquant le nom du propriétaire ou des familles propriétaires en raison de l' indivision des terres en Polynésie Française - sur le motu Otepipi et les motu avoisinants jusqu'au sud de l' île. Cet endroit, c'est son jardin secret, sa terre ancestrale. Sa cocoteraie est entretenue. Arrivée sur place. Il y a une maison, avec sa citerne pour eau de pluie, son séchoir à coprah, et, semble-t-il, un seul habitant permanent, avec chiens, chats et cochons, qui entretient et exploite - avec des coprahculteurs séjournant ponctuellement - l' immense cocoteraie avoisinante. Personne d'autre. Le village est en ruine, envahi par la brousse et les racines, sauf l' Eglise du Sacré Coeur érigée en 1857, construite de belle pierre, toujours consacrée, réhabilitée en 2010 et qui sert lors de fêtes religieuses ou quand un habitant de l' île décède et vient se faire enterrer dans le cimetière local. Proches de l' église, les ruines de l'un des deux pensionnats du village ancien, un bâtiment très bien construit en pierres de corail taillées et scellées à la chaux corallienne, qui a résisté au cyclone, sauf le toit. Il est envahi de végétation et de racines, mais pourrait facilement être restauré et recouvert. Paradoxalement des constructions plus récentes ont beaucoup plus souffert des éléments et du temps. Sur l'un des côtés du motu, un ' hoa ' d'une largeur impressionnante, comme on en voit nulle part ailleurs aux Tuamotu. Tout est vraiment hors gabarit ici.















Nous allons ensuite traverser le motu dans sa largeur pour rejoindre le côté récif. Il y faudra un bon quart d'heure. Tout est sur-dimensionné dans cet atoll, surtout les ' motu '. Arrivée au bout de la cocoteraie. Plage en contrebas, formations de corail fossilisé, un lagon étroit où l'on peut nager doucement, car il y a quand même beaucoup de coraux multicolores, jaunes, verts, violets. Et puis il y a le récif très découvert sur lequel on peut facilement marcher. Pas de requins à l' intérieur, et peu à l' extérieur, car Joël aurait facilement pu perdre ses prises, en particulier une grosse carangue. Les requins remontent des profondeurs comme l' éclair et croquent le poisson par la queue. On a de la chance quand il reste la tête....

















Joël se met à pêcher et ramène dans les 10 minutes une énorme carangue bleue ( voir photo ). Quatre autres plus petites suivront dans la demi-heure, et qui seront cuites au feu à l'ombre d'un grand arbre pour notre déjeuner. Nous sommes quatre, le coprahculteur rencontré à l' arrivée nous a rejoints. La grosse carangue servira à faire un carpaccio succulent comme sait les faire Romana, l' épouse de Joël. Nous avons eu le privilège de manger ce même carpaccio hier soir ( Joël était allé à la pêche en fin d'après-midi ), un délice... quand on aime le poisson cru ! Notre compère écossais qui, lui, pêche le kiokio mais libère toujours les poissons attrapés, n' est pas fanatique du poisson cru, pourtant mariné et pré-cuit au jus de citron vert.

Un bain après le repas, et nous rebroussons chemin vers le rivage côté lagon.

Retour au bungalow vers 15 heures. nous décidons d'aller nager un moment, mais l' eau est laiteuse et moins claire et un peu trop chaude après une journée sous le soleil.

Joël est un homme charmant. La balade est gratuite pour nous; il s'agissait seulement de nous faire plaisir. A mentionner car les prestations des pensions de famille sont rarement gratuites.

Une dernière sortie est prévue mercredi avec Joël aux commandes de son bateau personnel.

22 octobre / mardi Journée détente à la pension. Un tour en vélo sur la partie cimentée de la route de ( demi-) ceinture qui fait environ 12 kms. On franchit deux ponts sur des ' hoa ' étroits remplis d'eau et en liaison directe avec l' océan. Retour à la plage devant le bungalow, natation un peu active comme nous avons l' habitude de faire tous les matins. Lecture et courrier électronique. Appréciable, surtout à Ana'a, de pouvoir rester en lien avec le monde extérieur. Internet tout comme les multiples aérodromes construits avec l' aide de la Légion ont révolutionné la vie dans les îles. ll fait un temps magnifique avec un peu de vent. Idéal.

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VM
BL Blancond Regular ·
Bonjour Moana Un grand merci pour ce récit qui me rappelle grandement les séjours ( 1 mois en tout ) que j’ai passé il y a plus de 25 ans à Tikehau où le tourisme était encore très peu présent : les balades le long de la plage, l’île aux oiseaux, l’office religieux du dimanche, la pêche à la langouste au secteur et la nuit sur la plage, la chasse sous marine avec une faune incroyable.... J’ai l’impression qu’Anaa, c’est encore un peu ça... Bonne continuation Jacques
VA Vaikeaiti Regular ·
SUITE DE MON CARNET

ANA'A, L'ÎLE FABULEUSE

23 Octobre, mercredi

Départ à 8 heures, pour un retour en milieu d'après-midi.

Cap sur le motu Tupuahara où se trouve un autre village abandonné - il y en avait 5 disséminés sur les motu les plus grands - où la seule construction encore debout - et à peine rénovée depuis le cyclone de 1983 - est l' Eglise des Sept Douleurs, bâtie en 1858.



Nous faisons un tour du village rapide, en nous arrêtant à l 'ancienne Mairie - au bout de la rue principale - et devant un ancien four à pain qui servait non seulement à faire le pain mais aussi à cuire les cochons entiers. Des coprahculteurs sont là, sur l' ancienne place du village et font sécher la pulpe de coco au soleil. En 3 ou 4 jours, le coprah est prêt à être emballé dans des sacs de jute, transporté au village principal et confié à un intermédiaire qui se charge de préparer les chargements pour le bateau qui passe une fois tous les 15 jours. Joël Dexter est l'un des trois intermédiaires de l' atoll, peut-être parce qu'il est l'un des gros propriétaires de cocoteraies aussi, non seulement sur le motu familial Otepipi mais sur d'autres motu du pourtour de l' île.









Ensuite nous reprenons le bateau pour rejoindre un coin de pêche connu de Joël. L'un des coprahculteurs du secteur sud nous accompagne depuis le village principal. Nous allons vite comprendre pourquoi : il est pêcheur expérimenté et va poser un filet dans l' étendue d'eau entre le récif et le lagon, mais au plus près du récif où des ouvertures permettent le passage de poissons tels les carangues, les balistes ou les perroquets ).



























Gros oursin dans le courant















Il ne reste plus qu' à attendre accroupi sur un 'feo ' et, le moment venu, rabattre les bancs de poissons vers l' intérieur du filet tout en leur interdisant le retour vers l' océan. La pêche va être excellente mais trois requins de lagon - dits pointes noires - viennent gâcher la fête et croquer quelques poissons qui se débattent dans les mailles du filet. Eux-mêmes se retrouvent pris au piège, et les extirper du filet n' est pas une mince affaire. Pour éviter de se faire mordre à la main ou au bras, il faut les étourdir sans les assommer, désengager les ailerons du filet, puis, en les tenant d'une main par la queue et de l' autre sous le ventre, les aider à retrouver équilibre, oxygène et mobilité. Nous les relâchons donc hors filet en quelques minutes, et sans les avoir blessés. L' endroit est sauvage, intact; l' eau est claire et courante et les formations de coraux de toutes couleurs avec une dominante violette, absolument exceptionnelles, comme on n' en trouve plus que dans des atolls préservés comme Ana'a. Le repas lui aussi est traditionnel : pas de fourchettes ni d'assiettes, juste des feuilles de cocotiers en creux pour déguster le ' uru ' qui a cuit sur le feu de palmes sèches et de bourre de coco, et 4 poissons ( un pour chacun d'entre nous ) cuits de la même façon. C' est typiquement la sortie sur lagon aux Tuamotu comme elle se faisait - mais ne se fait plus, hélas - à Rangiroa par exemple. Si l'on veut connaître la vraie vie polynésienne un peu à l' ancienne, il faut oublier Rangiroa - sauf si l'on est plongeur bien sur - et regarder du côté d' îles comme Ana'a et quelques autres. A signaler que Joël peut reçevoir et s'occuper des pêcheurs à la canne traditionnelle qui seraient tentés par Ana'a. On aura compris que la mer et le lagon sont très poissonneux et que l'on peut faire de belles prises. Poissons à relâcher si c'est ce que l'on désire, ou à déguster à la pension. Romana peut garder les poissons pêchés dans l'un de ses congélateurs et les sortir avant le vol du retour vers Papeete. Pour cela, il faut venir avec une glacière.

Petite digression requin



Le fameux requin parata dit requin océanique, le plus dangereux pour l'homme selon Cousteau. Il est connu pour remonter des profondeurs en bande et attaquer et se repaître des naufragés blessés par exemple. Des rapports de la marine américaine pendant la Guerre du Pacifique font état de telles attaques. La férocité du parata dépasse celle du grand requin blanc.

Retour à petite vitesse ( le lagon côté récif est peu profond et encombré de corail ) en longeant le récif pour aller voir, un peu plus loin, un groupe de formations de corail fossilisé ainsi que l' entrée de la grotte où s' étaient cachés les quatre mormons locaux ayant assassiné un gendarme et blessé un prêtre. Elle est au ras de l' eau et difficile à trouver. C' est le fils de l'un des coupables qui dénonça le groupe en signalant où lui et son père venaient souvent pêcher.

Un peu plus loin, on s'arrêtera sur un banc de sable pour un bain dans l' eau tiède avant de retourner au village principal.

24 octobre, jeudi : départ avancé pour Tahiti avec des escales supplémentaires de l' avion à l' aller au départ de Tahiti car ce sont les vacances scolaires de Toussaint et les collégiens originaires des atolls de Ana'a et de Raroia sont rapatriés chez eux en avion au départ de Makemo où se trouve le collège. L' avion a donc fait deux AR supplémentaires. Rappelons qu'il y a trois collèges aux Tuamotu : Rangiroa, Makemo et Hao.

Le séjour s'achève.



Je ne peux que recommander un séjour hors sentiers battus à Ana'a ( mais aussi Ahe, Takapoto, Mataiva ou Takaroa ) Rien à voir avec les Îles du ou sous le Vent bien sur, mais Ana'a fait concurrence sévère à des atolls comme Tikehau ou Manihi , beaucoup plus touristiques et qui sont dans le Pass Air Tahiti et accessibles via Séjours Dans Les Îles. Si on ne plonge pas, on peut aussi hésiter entre Ana'a et Fakarava ou Rangiroa par exemple. A chacun de voir selon ses désirs et ses attentes.

Fin du carnet

UNE LEGENDE DE ANA'A

Les femmes Parata n' avaient rien à envier à leurs compagnons-guerriers en termes de cruauté et de brutale violence.

Tout se passe sur le ' marae ' Onekura qui se trouve en bord de lagon sur le motu Tehakahakari au sud de l' atoll. Lorsque les guerriers Parata avaient déserté les rivages de Ana'a pour aller se battre avec leurs voisins insulaires et ramener des captifs, leurs femmes n' étaient plus sous protection et craignaient toujours que des ennemis profitent de l' absence de leurs compagnons pour venir se venger et semer la mort à Ana'a. Si des combattants étrangers se montraient, il fallait donc qu'elles rusent pour survivre. Elles les invitaient donc aimablement à partager leur repas en servant du ' hue ', le fameux tétrodon au fiel mortel s'il est ingéré même en infimes quantités. Les premiers poissons offerts étaient bien préparés et délicieux; les invités qui étaient sur leurs garde en début de repas relâchaient alors leur vigilance et profitaient de l' aubaine. C' est à ce moment que le tétrodon était servi... et que la fête commençait pour les femmes Parata ! Elles coupaient les têtes et les attributs virils des guerriers ennemis et les calaient ou suspendaient aux creux et branches des arbres du motu.

MYTHES ET MERVEILLES DE NGANAIA

Le fameux manuscrit de Paea l' Ancien retrouvé au Musée Bishop de Hawaii recèle des trésors : récits mythiques et fabuleux, chants et odes aux valeureux guerriers lancés dans des équipées épiques sur l' océan déchaîné. Les textes fournissent un éclairage unique sur l' organisation religieuse et politique de l' atoll aux temps anciens, sur son ethnologie et sur la relation étroite qu'entretenaient les chefs-guerriers ou ' ariki ' en paumotu et ' arii ' - en tahitien avec leurs ' marae ' et terrains de réunion où se prenaient les grandes décisions. Quant aux chants, ils offrent de superbes images et sont empreints d' une délicate poésie alors que, paradoxalement, l' image que projettent les guerriers est celle de cannibales d'une férocité et d'une sauvagerie inouïes. Les textes et chants ont été traduits de la langue ancienne en anglais par l' ethnologue américain Stimson, puis retraduits de l' anglais en français, avec peut-être une perte de densité et de poésie. Le résultat est tout de même fascinant.

A MYTHE DE LA NAISSANCE DE NGANAIA Nganaia apparut après une prière ou invocation envers les sept vagues par Te-ipo-'i-te-Marama, littéralement ' l' être aimé qui se trouve dans la lune ' . Celui-ci venait sur la mer, accompagnant le fameux navigateur Mapu-Teretere et une autre personne, une femme venant d'un monde surhumain, appelée Te-Kura, mère de Tangihia, lui-même ancêtre du premier ' ngati ' ou groupement de descendance de Ana'a.

Telle était la prière de Manava :

Déferlants de la mer majestueuse amassez-vous Vagues du large, vagues du rivage, Vagues qui encerclent ma terre Nganaia Donnez une terre à Nganaia.

Les voyageurs transportaient avec eux la tête coupée de Puna, la murène mythique, et la mirent en terre immédiatement à leur arrivée. De cette tête sortit le premier cocotier. Sur la terre nouvellement née de Ana'a vivait déjà un guerrier, Te-Manava qui demanda à Mapu le navigateur ce qu' était cette embarcation. Ce dernier dit alors : " C'est l' embarcation de Mapu qui a traversé les sept vagues de Ana'a " . La réponse devait convenir car les trois voyageurs furent accueillis cordialement en raison de leur ' appartenance ' à Ana'a.

B / CHANT CELEBRANT LE FAMEUX NAVIGATEUR TARIAHEA

Ma pirogue déchire la mer sifflante Les vagues bondissent sous la tempête Ma pirogue glisse sur elles Les vagues claquent sur ses flancs.

C CHANTS CELEBRANT LES HAUTS FAITS DE TEVAHINE-TAUTARA-TUA

Celle-ci était une cheffesse respectée et révérée qui vivait avec ses guerriers dans le district de Te-matahoa. Comme les autres chefs de l' île, elle disposait d'un terrain de réunion, d'un ' marae ', d'un promontoire d'observation et d'un bain particulier. Des chants la concernant, elle et ses guerriers, ont été consignés par Paea l' Ancien.

Ce premier chant concerne le terrain de réunion du groupe, Te-papa-vahie-roa

Papa-vahie-roa de Te-vahine-tautara-tua-ki-hiva Le ciel bleu se déploie Phosphorescentes comme le feu, brillantes D'éclairs rougeâtres, embrasées, incandescentes Sont les paroles anciennes inscrites dans le ciel Notre terre Te-keri est le siège du Chef au marae

D / Enfin un chant laudatif du grand guerrier Tane-Tamatahi

Le Chef sur cette terre est Tane-nui-atea ( le grand Tane descendant du dieu Atea ) Rejeton du monde de la nuit Arc-en-ciel du monde de la lumière Que la paix descende après les combats de Atea Réuni en assemblée aussi innombrable que les feuilles De tamanu est ton peuple Bruissant comme les feuilles des cocotiers C'étaient ( les cheffesses ) Ma ( immaculée ) et Vai-ire-ariki ( eau résonnante ) Qui assuraient la paix Je chante les louanges de Nuku-tere-nui ( grande armée rapide ) Et de mon peuple ( armée déchirée ) Terre renommée comme la senteur de tes pandanus en fleurs Une profonde affection m' oppresse O Maire-fano ( fougère odorante ), coeur de ma terre d'origine Mon marae est Vahau ( paix déployée dans la demeure des dieux ).

Voilà, il y a tant d'autres chants et odes magnifiques. J' espère que ceux-là vous auront plu...

Et voilà ce qu' est Ana'a, grand atoll des Tuamotu-Centre. Plus qu'un atoll, une histoire étonnante et fabuleuse, et ignorée du plus grand nombre.
VM
NI Nimou74 Veteran ·
Merci Moana pour tous ces beaux carnets ! [:)]
MA Max68 Globetrotter ·
Hello Moana,

A peine revenu d'Afrique Australe me voilà à nouveau plongé dans l'ambiance magique des îles.

Merci pour le partage et ton beau carnet [:)] ... quoique ! ... tu te montres là bien tentateur !. C'est un coup à ce que je veuille revenir [;)] ... du coup j'ai commencé à regarder les vols pour octobre de l'année prochaine. Mais je dois avouer que pour le moment la "banquière" fait de la résistance

Encore bravo et à bientôt

Jef
https://apprentisvoyageurs.com
NI Nimou74 Veteran ·
Hello Jean-François,

Et le Kamtchatka alors ? !![;)] Message en MP
VA Vaikeaiti Regular ·
CECI EST UN NOUVEAU CARNET

ESCAPADE À TIKEHAU, L' ÎLE ÉLÉGANTE

INTRO

Je continue ma présentation des atolls des Tuamotu. Après Ahe, Anaa et Mataiva, ce sera cette fois Tikehau, atoll des Tuamotu -Nord. Au début des années 90, cette île était sauvage et peu fréquentée par les touristes, connue aussi pour ses moustiques, ses nonos, et ses pensions un peu rustiques. Tout semble différent désormais, surtout depuis la construction d' hôtels haut de gamme sur des motu magnifiques. En fait, comme vous le verrez, l' atoll reste une destination tranquille et où les habitudes d' antan ont perduré... la construction d' hôtels n' a rien changé, au fond, à la manière dont on vit à Tikehau. Contrairement à Ana'a par exemple, Tikehau est une île que l'on peut visiter grâce au Pass Air Tahiti, et dans le cadre des packages offerts par ' Séjours dans les îles " de cette même compagnie aérienne locale, en même temps que Rangiroa, Fakarava et Manihi. L' atoll est immense et la ligne de motu étire indéfiniment ses plages, enserrant un lagon aux couleurs contrastées et à la beauté stupéfiante. On appelle Tikehau aussi l'île au sable rose. Une particularité de cet atoll et de quelques autres, en particulier Fakarava du côté de l' ancien village de Tetamanu : il s' agit d' un sable très fin, parfois blanc, parfois ocre avec des reflets roses sous le soleil.

UN PEU DE GEOGRAPHIE

Géologiquement parlant, Tikehau est comme les atolls voisins l'une des très nombreuses excroissances coralliennes, d'une hauteur de 10 mètres seulement, du sommet du mont volcanique McDonald qui a jailli du plancher océanique il y a environ 65 millions d'années, créé Tahiti (et son île- soeur Moorea ) dans une succession de séismes d'une violence inouïe dont les vagues et ondulations ont fait sentir leurs effets dans ce qui est actuellement l' archipel des Tuamotu. L' atoll de Tikehau ou Tikahau ou Tiehau ou Oropaa ( appellation ancienne ) ou encore Porutu-Kai - qui, en paumotu signifie ' la maison d'un monde tranquille ' - est très proche de Rangiroa dont il dépend administrativement ( à seulement quinze kilomètres ) et à environ 350 kms au nord de Tahiti. Il est de forme ovale , long de 27 kms et large de 19 kms pour une superficie de terres émergées de 20 km2 réparties sur une succession de motu aux plages parfaites de sable fin blanc et rose. Le lagon s' ouvre vers l' océan via une passe unique, celle de Tuheiava. Il existe un ancien village appelé Maiai, situé au nord-est de l' atoll, plus ou moins abandonné depuis les années 1940 et le passage de cyclones ravageurs, en particulier Veena en 1983.

Le principal village de l' île se nomme Tuherahera situé au sud et tout proche de l' aérodrome, à la piste unique longue de 1200 mètres, inauguré en 1977. L' atoll est peuplé d' un peu moins de 600 personnes qui se consacrent en particulier à la pêche, à la perliculture et à la coprahculture.



Mais c' est le tourisme qui demeure l' activité principale de l' atoll avec environ 30.000 visiteurs à l' année environ. Le succès touristique de Tikehau est indéniable et déborde des frontières du Territoire. On notera le Ninamou Resort, 3 étoiles, situé sur le motu Tavararo et facturant 3 nuits avec demi-pension à environ 1000 euros pour deux personnes. Egalement le Tikehau Pearl Beach Resort, 4 étoiles, sur le motu Tianoa et facturant 3 nuits en demi-pension à environ 1500 euros pour deux personnes. Bien sur, il y a d'autres pensions ou Lodges moins onéreux, soit au village soit répartis sur des motu privés tout autour de l' atoll.

UN PEU D'HISTOIRE

C' est en avril 1816 qu' il est fait mention pour la première fois de Tikehau dans le journal de bord d'un navigateur germano-balte Otto von Kotzebue, croisant dans cette partie du monde sur son navire le Rurik. Il nomme l' atoll Kruzenstern en souvenir de l' explorateur russe Adam Johann von Kruzenstern.

Représentation par Louis Choris ( 1795 - 1828 ), dessinateur, peintre et explorateur germano-russe, de la découverte de Tikehau en 1816.

L' expédition américaine Wilkes - déjà mentionnée dans d'autres carnets - passe également par l' atoll et y débarque en septembre 1839. Plus récemment , en 1987, Jacques Cousteau effectue à Tikehau l' une de ses plus mémorables expéditions. Il était tombé sous le charme particulier de cet atoll et de son lagon à la diversité remarquable, " le plus poissonneux du monde " disait-il, et fréquenté par des raies manta, des requins de toutes sortes, des tortues, des dauphins, des barracudas...

Pas de ' marae ' à Tikehau, du moins visible en 2020. Bien sur ils ont existé dans le passé mais ont été détruits ou oubliés sous la brousse. Et puis parfois, il y a certains marae que la population ne veut plus voir, qui portent malheur si on vient remuer les pierres. Donc officiellement, on ne trouvera rien ici. Même chose pour l' ancien village de Maiai, retourné à la brousse sur un motu du nord de l' atoll. Il a été dévasté par un ou deux cyclones, l' église elle-même a été emportée, sans doute des gens sont-ils morts pendant ces évènements climatiques extrêmes, et on préfère oublier qu'un village a existé à l' origine. Celui-ci, personne ne veut vous y emmener. Serait-il maudit et hanté par quelques tupaupau ??? Eh bien, on ne le saura pas non plus !

FAUNE ET FLORE

Comme je viens de le dire, la faune est tout à fait remarquable, à l' aune de ce que l' on peut voir ou rechercher dans un lagon polynésien. Bien sur, les amateurs de plongée choisissent souvent Tikehau avant même Rangiroa pour un séjour-découverte d'exception aux Tuamotu. La faune est aussi très variée, avec des colonies d'oiseaux de mer regroupées sur un motu au centre du lagon ( comme à Mataiva ), et aussi, sur la partie terrestre de l' île, de nombreux spécimens de la Rousserolle à long bec, sorte de grosse grive, du Ptilope des Tuamotu et du rarissime Lori nonnette.

DETAILS PRATIQUES Il n' y a pas de distributeur d'espèces sur l' atoll, et il vaut mieux retirer de l' argent à Papeete en ville ou à l' aéroport de Faa'a. On peut payer la pension par virement bancaire préalable ( 1 nuitée d'avance ) ou par chèque bancaire local. mais, de toute évidence, on préfère les espèces ici à Tikehau, en particulier les prestataires qui gèrent les excursions. A ce propos, ils sont très exigeants, en particulier si l'on se trouve sur un motu privé éloigné du village. En effet ils ne se déplacent que pour 4 ou 6 personnes au même endroit. C' est un peu du jamais vu, surtout pour nous qui avons beaucoup circulé dans les îles. Mais c'est ainsi et assez peu professionnel pour tout dire. Nous étions les seuls visiteurs dans notre pension et c'est grâce à l' entregent du cuisinier que nous avons pu sortir en excursion. Il a appelé un pêcheur de ses connaissances qui a accepté de nous piloter, de façon très sympathique. En ce qui concerne la connexion wifi, elle est correcte sans plus. Il ne faut pas s'attendre à des miracles, on peut généralement faire rentrer son courrier sans problème mais pas plus... et puis il peut y avoir une coupure générale du réseau Vini, téléphone et Internet, ce qui vient de nous arriver hier pendant 24 heures ! Rien à faire, sinon attendre.. Et c'est encore plus problématique dans les pensions installées sur des motu éloignés du village. C 'est ainsi, on n' y peut rien. C 'est le prix à payer pour profiter par ailleurs des beautés d'un atoll, que ce soit Tikehau ou un autre tout proche !

NOTRE SEJOUR

Du mardi 25 au vendredi 28 février 2020. Billets Air Tahiti achetés directement sur le site pour un total de 51500 FCP comprenant une réduction de 30 %. Nous avons réservé 3 nuitées en demi-pension au Hakamanu Lodge, situé sur un motu privé à 30 mn de bateau de l' aéroport.



Au départ, nous avions une grande chambre facturée 24200 FCP (ou 200 euros donc ), mais notre hôtesse nous a surclassés en bungalow sur lagon, sans frais supplémentaires. ( j' avais proposé de payer une nuitée d'avance ). Ce bungalow, dit Crusoe, est normalement facturé 32000 FCP + la nuitée. Des excursions sont à réserver sur place à la demande et 24 heures à l' avance. A ce niveau, la prestation est vraiment perfectible, les prestataires n' étant pas professionnels. Qu'aurions-nous fait si nous n' avions pas trouvé Bruno, pêcheur au village principal et qui, lui, a envie de travailler et de faire découvrir son atoll aux visiteurs de l' extérieur ? Je vous donnerai plus loin ses coordonnées. Il mérite qu'on le récompense pour son sérieux. Attention ! il a un bateau de pêcheur qu'il a construit lui-même et non un speed-boat rutilant...

Départ mardi 25 à 10h 30. Une heure de vol direct. Arrivée à 11 h 30 et transfert vers la marina. nous sommes réceptionnés par Manu, l' homme de confiance de la pension. Les propriétaires sont actuellement absents. Nous serons donc tous les deux aux bons soins de Manu et de Fau le cuisinier que nous rencontrons au snack de la marina où nous allons commander un poisson cru à emporter avec nous. Il y a 35 mn de bateau jusqu'au motu. Nous prenons aussi un quart d'heure pour faire un petit tour à pied du village, entre lieux de culte inévitables et " fare " individuels ou entrées de snacks fleuris.

Eglise principale au village

Nous prenons possession de notre bungalow côté mer et allons passer l' après-midi à découvrir les environs du motu, traversant les chenaux ou " hoa " entre motus alimentés par une houle extérieure assez conséquente.











Au plus près du récif, on peut admirer des trains de vagues impressionnants qui viennent s'écraser sur le récif, inondent les bords du chenal et nous forcent à rebrousser chemin vers la pension. Tous ces chenaux se déversent dans le lagon en créant des courants assez violents. Résultat de cet apport d' eau océanique : une eau claire et limpide où il fait bon se baigner. Le lagon est à 30°, un peu plus frais dans les courants venus de l' océan.







Courlis d' Alaska ( Comme beaucoup d'oiseaux de récif, de bord de motu et de bord de ' hoa ' rencontrés en Polynésie Française, le courlis d'Alaska est un grand migrateur qui se reproduit dans l' hémisphère nord et donc migre entre le Pacifique Sud et l' Amérique du Nord chaque année. A titre d'exception, les oiseaux nouvellement nés, incapables de voler sur de très longues distances, passent l' hiver en Alaska et ne commencent leur migration qu' à partir de la seconde année )



Grâce aux efforts de Fau, notre cuisinier, Bruno le pêcheur a accepté de venir nous chercher demain mercredi ( nous serons accompagnés d' un autre couple ) pour une excursion de quelques heures comportant un arrêt à l' île d'Eden, motu habité par les membres d'une secte très discrète. Ensuite ce sera l' île aux oiseaux, un motu situé au milieu du lagon et non sur le pourtour récital comme la plupart du temps. Et puis il est prévu un arrêt-plage et baignade sur le motu familial de Bruno avant un retour à la pension. Dîner en tête à tête à base de poisson. Puis retour au bungalow où il fait chaud car le vent est tombé en début de soirée. Il va falloir utiliser le ventilateur sur pied et la moustiquaire... On visionne un film anglais en VO et au lit.

Mercredi 26 février

Bruno est à l' heure et nous démarrons pour notre excursion à 8 h 30, en remontant la côte est de l' atoll vers l' île dite d'Eden, un grand motu qui autrefois abritait les dépendances d'une ferme perlière ( bâtiments sur pilotis rénovés ) où vivent quelques familles dépendant de l' officielle Eglise de Tahiti, église qui a essaimé dans le monde entier en se parant de nouveaux noms et titres. Nous allons être pilotés par l' un des membres d'origine malaise.



Il s'agit manifestement d'une secte. Le guru, âgé de 93 ans, vit à Taïwan. L ' Eglise a réussi à recruter des fidèles en Polynésie également. Ils vivent reclus et en autarcie presque complète. Les enfants ne vont pas à l' école au village mais reçoivent un enseignement dédié sur place, de la part des membres adultes. Ils font aussi des affaires, en vendant des produits bio ( légumes, poulets, porcs ) localement au village et à Tahiti, et en vantant les mérites d'une alimentation saine. Rien d'extraordinaire à tout cela, me direz-vous ... Non sans doute, mais une vie discrète dans un coin un peu perdu d'un atoll du Pacifique Sud permet de se faire oublier plus facilement et finalement de gagner de l' argent. Question ? Comment ont-ils fait pour obtenir du Territoire un permis de séjour permanent ? Mystère ! On voit les membres importants de la communauté pris en photo en 2008 avec un ancien président du Territoire, lui-même très religieux malgré son indépendantisme. On a sans doute là la réponse à la question posée. Achat possible de T-shirts, de vanille, de perles ( avec défauts uniquement ), d'huile vierge de coco. Tout est produit localement sur le motu. Ci-après une photo de lianes de vanille de 3 ans + et en âge de se reproduire.









Du motu d'Eden, nous allons repartir pour l' île aux oiseaux distante de quelques kilomètres et que l' on aperçoit distinctement du motu d'Eden.



J' ai atteint le total de 20 photos. Suivez moi en page 2.....
VM
GE Genedavid ·
Superbes explications !!!!! Merci. Vivement la suite, on va justement à Tikehau !!!

David
VA Vaikeaiti Regular ·
Bonjour David,

Vous êtes décidément très réactif... ! j' essaierai de vous donner les infos les plus précises et les plus pertinentes pour votre séjour à venir à Tikehau, en particulier en ce qui concerne le choix de la pension. Ce choix est très important et ce serait peut-être plus judicieux de trouver une pension sur le motu où se trouve le village principal et l' aéroport. Nous avons trouvé une pension confortable mais éloignée de tout, et dont les propriétaires délèguent à des prestataires l' organisation des excursions sur lagon. Et ces derniers semblent très exigeants : au moins 4 ou 6 personnes, pas de balade prévue vers l' ancien village abandonné. etc... Je confirmerai ou j' infirmerai le moment venu.... Vous comprenez pourquoi je préfère les îles un peu moins visitées, on y trouve des gens plus disponibles et qui ne coupent pas les cheveux en quatre ! C 'est exactement cela l' authenticité polynésienne.

Moana
VM
GE Genedavid ·
Ia Orana Moana

C'est cette association d'histoire de l'île et de votre vécu dessus qui d'autant plus intéressant et passionnant à lire. De notre côté, nous ne serons que peu de temps sur cet atoll, et la pension est déjà réservée (Pension Hotu) justement sur le motu où se trouve le village principal. Peu de temps certe, mais on ne pouvais pas faire ce voyage sans passer par une île à la physionomie différentes des îles hautes... Et toujours preneur des infos les plus précises et les plus pertinentes pour notre séjour à venir [;)][;)]!!

Merci encore

David
VA Vaikeaiti Regular ·
Suite ESCAPADE A TIKEHAU

Nous arrivons en 10 mn à l' île aux oiseaux en plein milieu du lagon, une île à la végétation haute et luxuriante qui laisse penser d'entrée que le motu est planté d'arbres aux troncs et aux racines bien plantés dans le sol. Ce petit îlot a préservé - par miracle - une végétation de type forêt primaire tropicale semi-sèche comme on en trouve dans d'autres atolls. Je vous renvoie en particulier à mon carnet sur Tubuai aux Australes et sur Ahe, le plus septentrional des atolls des Tuamotu - Nord. Beaucoup d' oiseaux bien sur, en particulier des noddis bruns, des noddis noirs, des sternes blanches et des fous de Bassan aux pattes rouges. Les nids sont à hauteur d'homme, très rudimentaires, parfois troués, et les jeunes attendent patiemment le retour de pêche des parents. Très bel endroit rare. Les oiseaux n'ont aucun prédateur létal du genre rat noir et ils ne craignent pas l' homme non plus.



























Nous quittons l' île aux oiseaux pour un motu qui appartient à la famille de Bruno et où tout le monde se réunit pendant les vacances scolaires en particulier, quand les jeunes rentrent du collège ou du lycée. Une maison en matériaux légers a été construite donnant sur le lagon et le bord du hoa. il y a un abri couvert pour déposer ses affaires et pique-niquer. Surtout l' endroit est naturellement magique et beau. Comme si rien ne changeait jamais à part la place des bancs de sable blancs et ocre. il fait un temps radieux.













Suivez moi en page 3 pour la fin de carnet...
VM
VA Vaikeaiti Regular ·
Suite ESCAPADE A TIKEHAU Page 3

Avant de rentrer à la pension, Bruno décide de faire un dernier arrêt sur un motu où travaillent des coprahculteurs, membres de sa famille dont son oncle et sa mère biologique. Nous sommes très gentiment reçus, on nous montre le coprah qui sèche sous une bâche tandis que l' oncle de Bruno s'active à évider les coques de la noix qui s' y trouve. Il manie aussi la hache avec une dextérité et une vitesse incroyable, ouvrant douze ou quinze noix de coco à la minute. Comme je l' ai écrit ailleurs, le cours mondial du coprah est à 60FCP, mais il est payé 140 FCP aux coprahculteurs polynésiens, la différence étant prise en charge par l' Etat. Pourquoi cet avantage ? Tout simplement pour permettre aux habitants des îles éloignées d'y vivre et de s'y réinstaller au lieu de chercher indéfiniment un travail à Papeete. C 'est donc une mesure tout à fait judicieuse et qui finalement ne coûte pas cher si l'on considère les sommes à débloquer au titre du chômage, qui, je le souligne, ne donne pas ici en Polynésie à autant qu' en métropole. Le coprah se compte par sacs de 20 ou 30 kilos. Un travailleur peut traiter suffisamment de sacs au mois pour gagner entre 100 et 150.000 FCP ( 800 à 1200 euros ), suffisamment pour vivre simplement sur un atoll. En tout cas, nous avons rencontré un homme heureux et souriant de 37 ans, l' oncle de Bruno qui adore son travail. Un travail de force dans la touffeur d' une journée tropicale et sous le soleil ardent.











Jeudi 27 février

Nous nous sommes arrangés directement avec Bruno pour qu'il revienne nous chercher ce jeudi matin pour une excursion d'une demi-journée, qui démarre à 8 heures. Il a plu pendant la nuit qui a aussi été très venteuse, le lagon clapotait au petit matin, mais finalement le mauvais temps qui s'annonçait pour la matinée s'est évanoui miraculeusement et nous partons sur un lagon calme. Notre premier arrêt se fera auprès d'un minuscule motu sur lequel poussent trois arbres et qui conserve les ruines d'une petite ferme perlière que l' on doit , parait-il, démolir prochainement pour redonner à l' endroit son côté sauvage d'origine. Les alentours de ce petit motu, en particulier le long du tombant, sont fréquentés par des raies manta. il faut avoir un peu de chance pour les voir au bon moment. Nous aurons cette chance d'en voir deux dont une très grosse, mais sans avoir le temps, hélas, de nous mettre à l' eau pour les voir au plus près. Nous allons rester sur place une heure environ. Retour ensuite vers la côte est où Bruno nous fait la surprise de nous arrêter pour nager sur un motu. on dira un de plus, mais celui-ci est vraiment de toute beauté. Un des préférés de Bruno qui est heureux de nous le faire découvrir. Sur le trajet, on croise une énorme tortue qui nage en surface. Elle est tellement vieille qu' elle est recouverte de concrétions, et sa carapace est énorme. Elle doit avoir entre 50 et 100 ans ! Le temps de saisir l' appareil-photo, elle a hélas sondé... Dommage ! Nous terminons donc la journée dans une vraie carte postale de Tikehau avec la plage de sable rose que l' on rêve de voir. Ce sera fait.



















Vendredi 28 février La nuit a été ventée et il a plu par rafales violentes. Le temps a changé brutalement comme cela arrive fréquemment aux Tuamotu et nous sommes de toute évidence entrés dans une période de quelques jours où le soleil va se faire rare.



Le lagon frise et les vaguelettes claquent sur le bord du motu sans répit. Nuages noirs à l' horizon qui est bouché, il est 6 heures du matin et nous partons à midi pour le village de Tuherahera, d'abord pour déjeuner au snack de la marina, puis pour rejoindre l' aéroport en début d'après-midi. La traversée de 30 minutes et plus risque d'être agitée et mouillée... La pension ferme après nous pour une quinzaine et le cuisinier prend aussi l' avion en même temps que nous. Il ne reste que l' homme de confiance des propriétaires de la pension qui va continuer de monter un bar en rotin que l' on vient de leur livrer.

Nous allons attendre l' avion qui a une demi-heure de retard, venant originellement de Bora-Bora via Rangiroa. et nous allons partir avec un peu de retard à cause de la présence sur l' atoll du Haut Commissaire de la République et dont l' avion décollera avant le nôtre, personnalité transportée oblige ! Vol de 55 mn sans histoire, couvert cependant jusqu'à Tahiti où il ne pleut pas encore. Ce sera prévu pour la nuit prochaine. Nous sommes donc rentrés à temps...

Pension HOKAMANU LODGE Je me dois de vous laisser un commentaire sur cette pension qui fut une grosse déception. Le motu sur laquelle elle a été construite est superbe, le terrain est parfaitement nettoyé, le bungalow qui nous avait été alloué était assez confortable ( bon lit ) mais un peu exigu et sommaire pour le prix demandé. Les propriétaires étant fréquemment absents, la pension est gérée avec des dysfonctionnements qui finissent par lasser puis agacer. Nous étions pris en charge par l' homme de confiance et à tout faire et le cuisinier, mais ce dernier était invisible toute la journée et fermait systématiquement les accès au salon-salle à manger et aux réfrigérateurs, eux-mêmes fermés à clé... Impossible donc de se connecter correctement à Internet avant 19 heures le soir. Il a bien voulu nous chercher un pêcheur de ses connaissances pour les excursions que nous avions prévues. Ce dernier, très sympathique, nous a permis de passer des moments agréables et d' effectuer les visites recommandées. Repas du soir très décevants pour les Tuamotu car nous avons mangé du poisson sorti du congélateur, probablement trop vieux et / ou mal décongelé et qui avait mauvais goût. Pas étonnant car les réfrigérateurs n' étaient pas propres. Selon mes propres principes d'hygiène, tout est à jeter. Risque de salmonelle élevé ! Du jamais vu dans les atolls où l'on se fait un devoir et un plaisir de vous servir du poisson frais grillé, voire de la langouste. Et vous allez même parfois pêcher le poisson vous -même...! Rien de tel en ce qui nous concerne, et vous comprendrez que je ne recommande absolument pas à ceux qui liront ce carnet et se préparent à partir à Tikehau de choisir cette pension. Il faut impérativement loger au village sur le motu Tuherahera. A vous de faire le bon choix.

Ci-après les coordonnées de notre pêcheur, à contacter 24 ou 48 heures à l' avance pour les excursions. Il est précieux comparé aux fainéants qui refusent de se déplacer et ne pensent qu' à l' argent. Très désagréable ! Bruno TAUTU : Tel : 87321897



Pour info, nous avons inclus le premier jour dans l' excursion la visite à l' île d'Eden, puis à l' île aux oiseaux, puis arrêt baignade et snorkeling sur le motu familial, puis enfin arrêt sur un autre motu au contact de coprahculteurs. Tarif : 12000 FCP à deux, à savoir 100 euros pile.

PLONGEE Tikehau est un paradis pour les plongeurs. Vous trouverez ci-après les coordonnées de deux autres centres de plongée locaux que vous pouvez contacter à l' avance et avec qui vous prendrez les rendez-vous nécessaires ( surtout si vous êtes sur l' atoll pour un séjour court de 2 nuits seulement ) en fonction de votre niveau d'expertise aussi.





Je termine toujours mes carnets polynésiens par une ou deux légendes. Voici la légende de la Cloche de Hina.

La légende a pour théâtre le motu Tuherahera, pas bien loin du village du même nom, bien avant l' évangélisation européenne. Sur ce motu, côté récif, se trouvent des ' feo ' dont j' ai déjà parlé ailleurs ( en particulier dans mon carnet sur Anaa où l' on trouve aussi des roches sonnantes ), ces blocs et rocs basaltiques déchiquetés et coupants, sombres fragments d 'un ancien récif soulevé par des convulsions volcaniques sous-marines lors d'un passage sur un deuxième point chaud de l' île de Tahiti, distante de 350 kms seulement il y a un million d'années Ces masses rocheuses étaient censées protéger l' atoll et ses habitants des puissantes houles submergeantes du sud et, à ce titre, laissaient libre cours à des croyances plus fabuleuses les unes que les autres.

L' une de ces légendes a pour nom Te Oe A Hina, ou la Cloche de Hina.

Aux temps anciens, Tikehau n' avait pas de roi ni de reine, mais la population aimait et respectait comme sa reine Hina, une belle jeune fille, amoureuse de la nature dont elle connaissait tous les secrets. Hina vivait à l' écart du village tout près du récif, à la pointe ouest de l' atoll, et on lui prêtait des pouvoirs inaccessibles à d'autres humains. Lorsqu'elle voulait prendre un bain rafraîchissant dans la vasque située au pied des ' feo ' en bord du récif, elle avertissait son père Tefauroa qui se saisissait alors du pédoncule d'une palme de cocotier et venait frapper un coup puissant sur l' un des blocs de corail en forme de cloche. La cloche produisait un son grave et continu qui était perçu de tous les habitants du village qui savaient alors qu'il ne fallait sous aucun prétexte venir déranger leur jeune protégée. Tefauroa frappait alors de nouveau deux fois sur la cloche, demandant à la mer de venir remplir la vasque qui servait de baignoire naturelle à la jeune fille : en tahitien Te Vahi Hopuhopuraa O Hina ou Le Bain de Hina. Enfin, il frappait trois fois sur la cloche, signalant par là à tous que Hina avait fini de se baigner et que chacun pouvait vaquer à ses occupations, y compris du côté de la pointe de l' atoll où résidait Hina.

L' appendice corallien qui résonnait aussi puissamment s'est brisé sous l' assaut de la mer en 1989, mais la légende demeure sous diverses versions.

Fin du carnet
VM
NI Nimou74 Veteran ·
C'est superbe. Merci !
MA Max68 Globetrotter ·
Hello Moana,

C'est bon n'en rajoute plus ... je signe où [:P] [:)] .

Oui mais ça va être compliqué de choisir, Tikehau ou Ana'a ou Fakarava ...

Après, comme tu l'as écrit la qualité de la pension est un ingrédient essentiel d'un beau séjour. Parfois on décide de ne pas aller sur une île parce qu'on n'y trouve pas l'endroit qui nous fait rêver.

Personnellement j'ai du mal à mettre Fakarava de côté, pour un éventuel futur voyage, tellement nous avions aimé la pensionViaiama [:)]

En tout cas un grand merci pour ton carnet qui nous permet de découvrir bon nombre des ces belles îles qui nous font tant rêver [:)]
https://apprentisvoyageurs.com
VA Vaikeaiti Regular ·
Bonjour Jean-François,

On va enfin pouvoir recommencer à échanger via le site sur nos prochains voyages. De retour en Polynésie, nous ne perdons pas de temps. Nous avions initialement prévu de retourner en mai aux Marquises, mais notre billet a été annulé en raison de la crise sanitaire et repoussé aux calendes. Les îles lointaines, longtemps confinées et inaccessibles, ont rouvert au tourisme local et international ( depuis le 15 juillet ). Nous allons aux Marquises du 16 au 23 août. Cette fois, nous nous concentrons sur les îles les plus inaccessibles, car sans aéroport, à savoir Tahuata, petite soeur de Hiva Oa, et seule île marquisienne dotée d'un lagon, et Fatu Iva, la mythique et la plus méridionale, que nous allons rejoindre en bateau ( navette municipale de Atuona, à HO ). 4 nuitées sur place et 4 nuitées à HO, Tahuata se visitant à la journée. La saison est parfaite pour les Marquises.

Moana
VM
NI Nimou74 Veteran ·
Bonjour Moana,

C'est la lecture de ton carnet qui m'a fait choisir Tikehau... Nous passerons donc quelques jours sur cette île en juillet 2021 dans le cadre d'un voyage en PF de 4 semaines. Notre choix s'est porté sur le "Royal Tikehau". Tu connais ? Après de multiples tergiversations, nous avons finalisé cet itinéraire: Maupiti / Raiatea / Huahine/ Bora/ Rangiroa/ Tikehau/ Moorea/ Tahiti Malheureusement, je n'ai pas réussi à intégrer les îles Marquises dans ce périple...
MA Max68 Globetrotter ·
Bonjour Moana,

Content d'avoir de tes nouvelles, cela signifie que vous avez bien pu rentrer en Polynésie après un séjour forcé en métropole.

Tu sais que nous aimons particulièrement les Marquises, ton programme me fait très envie, je vais suivre avec grand intérêt ton retour [:P].

Bon voyage et à bientôt [:)]

Jean-François
https://apprentisvoyageurs.com
SA Sawadeebaht Regular ·
toujours un rêve et plein d infos. merci
Toujours une fois. Au moins.
BE Bernie89 ·
Bonjour, Je viens de relire votre passionnant récit concernant votre voyage, en particulier Tikehau. Nous partons le 26/8, notre circuit inclut Tikehau et aussi les Marquises. Merci pour ces descriptions détaillées et ces superbes photos qui font rêver. Très cordialement.

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