Lors d'un voyage en
Inde j'avais rencontré un couple de sud Af qui m'avaient tenu sans aucun complexe des propos pas très amicaux envers les noirs.
En
Afrique du Sud, j'ai rencontré un français en vadrouille qui m'a tenu des propos très Tintin au Congo sur les noirs...
A la télé, j'ai bien ri en réécoutant le sketch de Muriel Robin.
Noir, noir ???
En
Namibie, j'ai croisé une française noire noire qui accusait une namibienne noire de la voler avec une morgue que je qualifierais de raciste. Dans sa tête, namibien = pauvre= voleur...
Les townships (noirs) s'enflamment sporadiquement et de grandes chasses aux sorcières (d'autres noirs mais pas du même pays) sont ouvertes. Le zimbabwéen, le congolais, le mozambicain ose voler le pain du sud africain...
Il n'y a pas d'un côté le gentil noir et le méchant blanc.
Pas plus que le méchant noir ou le gentil blanc.
Ou encore le gentil pauvre et le méchant riche...
C'est vraiment le degré zéro de la pensée.

Sur place en
Afrique du sud j'ai vu peu de noirs au volant d'une voiture
Tu as vu le résultat de l'histoire.
Un résultat qui ne peut s'effacer en un coup de baguette magique surtout quand cette baguette magique a été tenue par des politiques (noirs puisque tu adores qu'on précise les couleurs) qui ont préféré leur enrichissement personnel et le clientélisme au développement de leur pays.
Il est évident que les noirs sont proportionnellement plus pauvres que les blancs.
Il faut être bien naïf pour penser qu'en 25 ans, le niveau de vie de tous aurait rejoint celui des blancs durant l'apartheid.
Mais tous les noirs ne sont plus pauvres et tous les blancs ne sont plus riches.
Les uns accèdent à la société de consommation, les autres les remplacent dans les bidonvilles.
10 % des blancs vivent avec moins de mille euros par an...
Ça change doucement mais ça change.
Pas toujours en bien d'ailleurs. (Zuma, les EFF, la discrimination positive envers et contre tout qui fait qu'une personne n'est pas engagée en fonction de ses compétences mais en fonction de sa couleur, Imagine un contrôleur aérien n'ayant aucune qualification...)
Les discours simplistes ne règlent aucun problème.
Ils auraient plutôt tendance à les compliquer.
Redonner de la terre aux noirs, par exemple.
Tu fais comment ?
Tu expropries sans compensation ?
La richesse fuit du pays...
Tu expropries avec compensation ?
L'état n'a plus un rond pour tout le reste...
Tu donnes à qui ?
Tes copains ?
Aux arrières arrières petits enfants de ceux qui vivaient sur ladite terre autrefois et qui ne savent pas plus cultiver que moi ?
Et qui n'ont pas un rond pour investir dans l'outil de production ?
Mugabe l'a fait, on voit le résultat...
Tu regardes le verre à moitié vide avec ta culpabilité de blanc qui n'a pourtant normalement aucune raison de se sentir coupable.
Regarde le plutôt se remplir.
Des noirs dans les restaurants, ça existe.
Des Porsche conduites par des noirs aussi.
Des maisons en dur poussent comme des champignons à travers le pays, les centres commerciaux aussi.
A la sortie des lycées, des universités, tu ne croises pas que des blancs.
Dans toute la vie quotidienne aussi.
Des quartiers s'arc en cielisent, des mariages mixtes se nouent, choses impensables autrefois.
Tu as fait un voyage, tu es allé dans les coins à touristes et tu reviens avec la même courte vue qu' un étranger qui serait allé à
Paris et qui n'en aurait retenu que les crottes de chien, le RER B et les restaurants attrape nigaud du quartier Latin...
Et surtout, tu adores mettre en lumière la paille sud africaine en occultant les poutres qui fleurissent dans d'autres pays dont le notre...
Le
brésil, par exemple.
Pas d'apartheid certes mais
un racisme confit dans un carcan social qui fait rideau de respectabilité...
En
Inde, l'apartheid local a été aboli en 1950 et pourtant 70 ans après, le système des castes perdure...
Et pas qu'un petit peu...
Je n'ai jamais constaté de faits similaires aussi tranchés dans un autre pays.
Tu n'as donc voyagé qu'en
Afrique du Sud et nulle part ailleurs...
Pas même en
France puisque tu n'y remarques pas que les immigrés d'hier et d'aujourd'hui sont surreprésentés dans les métiers physiques et/ou peu qualifiés.