Bonjour Madame,
le bambara et le khassonké (
xasonga) appartiennent tous les deux au
manding,
un continuum dialectal plutôt qu’un groupe de langue apparentées. Même entre les parlers les plus éloignés, les pourcentages de lexique commun restent très élevés (bien au-dessus de 90%), et l’intercompréhension peut seulement se trouver perturbée par des
évolutions phonétiques, parfois très divergentes, qui de prime abord peuvent gêner la reconnaissance des variantes locales d’un même terme.
Voilà... en fait, on constate des différences, parfois minimales, parfois énormes, sur le plan phonétique et phonologique entre le bambara et le khassonké ; et au fond, les inventaires vocalique et consonantique du khassonké ne sont pas identiques à ceux du bambara.
Pour l‘illustration, les quelques exemples : en bambara on dit „
baasi tè" (D’accord !), ce qu’est en khassonké „
baasi nte" (la voyelle
è n’existe pas en khassonké) ; en bambara on dit „
An ka dumuni kè" (Mangeons !), ce qu’est en khassonké „
Alan xa domolo xe" ; en bambara on dit „
n bè ji fè" (je veux avoir de l’eau), ce qu’est en khassonké „
n be jiyo fe" (le suffixe
-yo est le marqueur du défini en khassonké, un tel n’existe pas en bambara) ; en bambara les nombres cardinaux 1 à 10 sont „
kelen – fila – saba – naani – duuru – wòòrò – wolonwula – segin – kònòntòn – tan", ce qu’est en khassonké „
kilin – fula – saba – naani – luulu – wooro – woorowula – sagi – xononto – tan" (la voyelle
ò du bambara n’existe pas en khassonké, par contre, la consonne
x du khassonké n’existe pas en bambara)...
Donc, dans ce sens, le khassonké est bel et bien « similaire au bambara » ! Mais n‘oubliez que la similarité de deux langues (ou de deux variétés dialectales) ne garantit pas encore une intercompréhension facile...
Bonne journée, hgb
Image attachée:
Photo postée par le membre
Hery.