21h30, enfin la touffeur n'est plus qu'un souvenir, il fait bon lire dehors.
Les hirondelles trissent et volent haut dans le ciel, les bruants poussent un dernier "tzii" avant de se coucher, les tourterelles roucoulent perchées sur l'antenne de télévision.
Les bourdons "vésinent" sur le cotonéaster.
Les alouettes grisollent, les fauvettes et les mésanges zinzinulent, les merles babillent comme si c'était leur dernier jour.
Les "demoiselles de la mare" ne sont toujours pas fatiguées de coasser.
Là-haut, très haut dans le ciel, un avion laisse un sillon blanc dans l'azur.
Le chat profite de la fraîcheur pour piquer un petit roupillon avant d'aller dormir sur notre lit. Erreur, il ne dormait que d'un œil ; en deux bonds, il traverse la cour et chope le pauvre lézard qui rentrait dans son trou pour la nuit.
Il m'apporte son trophée pour les félicitations d'usage et le lézard, profitant d'une seconde d'inattention se sauve, laissant un bout de queue à son ennemi.
Il en est quitte pour une belle frayeur.
Au loin, les moissonneuses empoussiérées ronronnent.
Le soleil se prépare au coucher, le ciel pâlit et se nimbe de voiles vanilles et orangés.
Soudain, c'est l'embrasement, le soleil plonge derrière le mur du jardin, le rougeoiement s'amenuise, le ciel s'obscurcit.
C'est le silence, les dernières hirondelles regagnent leur gîte et le ballet des chauves-souris commence.
Les tourterelles, bruants et bourdons ont disparu.
Les grenouilles se sont enfin tues.
Les moissonneuses ont allumé leur phare.
Loin, très loin sur la départementale, les juilletistes croisent les aoûtiens.
Un escargot entreprend l'ascension d'une vasque pour aller cisailler un œillet d'
Inde; dès que j'aurai le courage de me lever, j'irai stopper ses velléités destructrices.
Le chèvrefeuille exhale sa fragrance sucrée.
Un petit bruit attire mon attention, les feuilles de bergénia ondulent. Qui habite la plate-bande? C'est le crapaud qui sort des épilobes, il grimpe sur le rebord et me regarde. Nous nous observons, puis il vaque à ses occupations.
Encore du bruit dans la plate-bande, celui-ci, reconnaissable entre tous. C'est le hérisson qui marche avec la grâce et la légèreté de l'éléphant, fouissant, à la recherche de petits vers.
J'appelle mon mari afin qu'il lui apporte une assiette de pâtée à chat. Il s'en régale (le hérisson, pas le mari...) dès qu'il met le nez dessus. J'en profite pour l'attraper, il se met en boule mais s'apaise et se détend aussitôt que je caresse son petit ventre doux. Je le repose à terre et il continue à se goinfrer bruyamment.
Il fait nuit, la Petite Ourse et la Grande Ourse (amputée de la queue de la casserole) ainsi que tout le bestiaire environnant (Petit Lion, Chien de Chasse, Dragon, Girafe, Lion, Lynx...) brillent dans le ciel obscur. C'est l'avantage de la campagne, pas d'éclairage polluant !!!
La lune en decours (comme on dit dans le "jardin de la
France") point au coin d'un nuage.
Le hibou bouboule, je range mon livre et rentre à la maison, escortée de Monsieur Chat qui croque une dernière croquette avant d'aller rêver à une autre chasse au lézard.
C'était une belle soirée d'été.