LE GRAMME D'AIR LE PLUS CHERPlok...plok...plok...plok...plok...
Mon dieu ! On va se noyer !
Plok...plok...plok...plok...plok...
Ah ben non...c'était encore un rêve à la noix...ouf...
Plok...plok...plok..plok...plok...
Mais ? Qu'est ce que c'est ce bruit ?
Plok...plok..plok...plok...plok...
Mais ? Il pleut VRAIMENT?!?!?!
Plok...plok...plok...plok...plok...
Je sors pour voir, redoutant par avance de tomber à nouveau sur le ruisseau naissant.
Plok.............plok..............plok...
Tiens? C'est tout sec ?
Je tâte et retâte le sol : le sable est sec comme s'il n'était pas tombé une goutte.
Plok...................................plok...
Je regarde vers le ciel, les étoiles réapparaissent peu à peu.
Plok..........................................
Voilà, il a plu à Riemvasmaak, mais trop peu, les villageois vont être déçus.
Je retourne me coucher.
Au matin, le ciel est d'azur, les nuages on emmené avec eux les derniers espoirs de pluie.
Les villageois seront déçus.
Nous petit déjeunons sous le regard inquisiteur des damians avant de piquer une dernière tête dans la piscine chaude et de remballer.
Le programme du jour : continuer sur la même piste vers Blauputs, où nous traverserons l'Orange River pour reprendre la direction de Kakamas, sur la route nous faisons un stop aux
Augrabies falls (nous avons boudé les
chutes Victoria, au moins, celles là, on y aura jeté un coup d'œil...) Et puis nous filons vers Springbock. Les fleurs seront-elles au rendez vous ? le fait qu'il ait un peu plu même ici laisse entrevoir de belles perspectives.
Mais avant tout ça, il faut regonfler ces fichues roues avant qui se dégonflent de plus en plus vite les bougresses !
Immédiatement, le bruit du compresseur m' inquiète, il est totalement inhabituel, dix minutes plus tard, la pression du pneu n'a pas augmenté d'un iota, il faut me rendre à l'évidence, le compresseur est mort et j'ai deux pneus percés...
Il faut trouver un moyen de regonfler ça pour rejoindre Kakamas, et si ça tient, vu qu' il n'y a que 300 km de bonnes routes à faire pour rallier
Springbok, nous réparerons là bas.
Nous faisons halte au tourist center pour nous renseigner.
"Bonjour, nos pneus se dégonflent, vous savez où nous pourrions les regonfler ?"
"Hihihi ! Oui, il y a Mr Wilson en ville Hihihi !"
"Euh...et où est -il Mr Wilson ?"
"Hihihi ! Il faut rejoindre la route asphaltée, prendre à droite et vous verrez sur la gauche, c'est facile : il y a plein de voitures déglinguées hihihi !"
(Mais qu'est-ce qu'il a à se marrer comme ça ?)
"Bon, hem, euh : merci beaucoup et euh...au revoir !"
"Au revoir...Hé ! Attendez !"
"Oui ?"
"Hihihi ! Comment vous vous appelez déjà ?"
"Pardon ?"
"Votre nom ? C'est quoi déjà votre nom ?"
Je lui redis mon nom.
Il éclate de rire, nous le saluons et le quittons...pas fâchés pour autant.
Riemvasmaak n'est pas une mégalopole, loin s'en faut. C'est plutôt bien rangé en plus, les rues se recoupent à angle droit. Par contre, tout se ressemble un peu. Nous suivons les indications en surveillant à gauche...
Il y a bien des voitures déglinguées, mais en fait, il y en a partout des voitures déglinguées.
Nous demandons à deux dames qui préparent une tambouille devant chez elles.
"Elijah Wilson ?"
"ben oui, je pense que c'est lui oui..."
"faites demi tour et après le portail en fer vert, vous prenez l'allée à droite et vous verrez plein de voitures déglinguées...c'est là..."
"Merci mesdames !"
Nous partons bien décidés à trouver le portail vert vu que la notion locale de "voiture déglinguée" nous échappe visiblement.
"C'est vert ça ?"
"Non, c'est bleu plutôt non, "
"Et ça? Il y a du vert là..."
"Oui, mais c'est surtout orange"
Nous nous perdons. Nous abordons donc à nouveau trois dames sur le bord de l'allée où nous nous trouvons.
"Elijah Wilson or Jonas Wilson ?"
Ah...là, je dois dire que je sèche un peu, je tente de les orienter en leur expliquant qu'il répare les pneus. Mais il semble que les 2 le fassent !
Je tente ma chance en précisant que c'est celui où il y a plein de voitures déglinguées.
Le visage des dames s'éclaire, elle m'indique de retourner sur la route asphaltée et de prendre à gauche. Cette fois ci, je prends la précaution de lui demander si c'est le premier, 2e, 3e ou 4e chemin à gauche.
Nous rallions le domicile de Mr Wilson.
Effectivement, il y a plein de voitures déglinguées, des épaves, mais elles étaient cachées pour la plupart par les maisons et cabanes situées au bord de la route.
J'entre dans la cour assez encombrée, il y a comme un vague chemin entre les carcasses rouillées. Je préfère arrêter là et continuer à pied, un bruit de moteur parvient de derrière la maison en rez de chaussée. Comme la plupart des habitations ici, les murs sont en pierres peintes, une espèce de rouge et puis du vert aussi...les toits sont en tôle, des essieux, des morceaux de carrosserie s'accumulent le long des murs jusqu'à les dissimuler par endroit jusqu'au toit. Quelques chiens maigres errent dans ce capharnaüm. Je suis l'allée et me rapproche du bruit.
Sous un auvent de tôles, cinq hommes encerclent un moteur qui tourne, posé sur un établis. Ils devisent, tentant manifestement d'établir un diagnostic, certains avec une conviction affirmée, d'autres manifestement juste pour rappeler qu'ils sont là. L'un d'eux finit par me remarquer et lève la tête, provoquant le décrochage de tout le groupe qui me dévisage.
Le moteur en cale de stupeur.
"Bonjour, vous allez bien ?"
"Oui, et vous ?" Me répond le plus âgé.
"très bien, je cherche Mr Wilson que le gardien du tourist center m'a recommandé : j'ai un problème de pneus qui se dégonflent et mon compresseur est mort. Il faudrait juste me regonfler mes pneus, vous pouvez faire ça ?"
Trapu et chauve, il a la peau claire des populations bushmen comme beaucoup d'habitants de Riemvasmaak, ses paupières sont gonflées de fatigue, l'âge a gonflé et noirci les poches sous ses yeux. Ses vêtements de travail sont des vêtements de ville usagés reconvertis et maculés de cambouis, ses employés sont plus jeunes, deux d'entre eux arborent des bleus de chauffe, les deux plus jeunes sont manifestement des apprentis.
Mr Wilson me dit que bien sûr, pas de problème, il va me faire ça, si je pouvais juste approcher la voiture.
Je reprends le volant et conduit la voiture au plus près, alors que je finis de contourner la maison, je constate stupéfait que les 4 employés de Mr Wilson transportent avec difficultés un compresseur énorme avec tampon monté sur un chariot très lourd, le tout doit bien peser dans les 200 kg.
Sauf que le chariot étant situé de l'autre côté de "l'atelier" qui a manifestement une autre entrée, et qu'il n'y a pas de passage dégagé pour ce chariot, ils ont entrepris de déplacer le monstre jusqu'ici pour m'éviter d'avoir à faire tout le tour !
Les 4 gars sont à bout de souffle, Mr Wilson se charge lui même du gonflage, même pas besoin d'allumer le compresseur, le tampon est plein, il me regonfle les roues à bloc en 30 secondes.
Comme je lui demande combien je lui dois, il se fend d'un large sourire.
"It's for free !"
Mais non...là, non, ce n'est pas possible, je ne peux pas accepter, je lui explique qu'avec les calories que ses employés ont dépensé rien que pour gonfler mes roues, il aurait pu déposer un moteur ! Je lui demande donc d'accepter les 100 rd que je lui tends.
Mes explications le font rire et il accepte finalement.
Oui, je sais, 100 Rd c'est très cher pour gonfler des roues, c'est un truc qu'on fait habituellement gratuitement un peu partout, mais franchement, là...
Nous quittons le sympathique village de Riemvasmaak, les passants nous saluent, les enfants sont à l'école.
Nous reprenons la piste des hot springs mais poursuivons tout droit vers Blauputs. Piste incomparablement plus belle que celle qui mène à Riemvasmaak.
Nous traversons l'Orange à Blauputs et prenons à gauche vers les Augrabies.
Nous avons décidé de consacrer la fin de matinée aux Augrabies, de manger sur place si possible et de filer vers Springbock faire réparer les pneus par un réparateur agréé.
Les Augrabies sont des chutes d'eau donc, de jolies chutes d'eau, je ne suis pas un fanatique des chutes d'eau vous l'avez compris, surtout pas quand des passerelles sont aménagées un peu partout, le côté nature en prend un sérieux coup, mais c'est assez beau, il y a pas mal de monde, les passerelles très bien aménagées permettent au moins sportifs de venir assister au spectacle.
De jolis lézard agrémentent la visite et les damians vous distraient pendant le repas.
J'attribue un bon point au restaurant du parc, il est agréable, peu onéreux et on y mange bien.
C'est donc le ventre bien tendu que nous partons vers
Springbok, 300 km de ligne droite, des paysages absolument plats et désertiques sur la plus grande partie du trajet,
Les oiseaux républicains savent distraire le voyageur que ces longs rubans asphaltés ennuient.
mais au fur et à mesure que nous approchons de
Springbok, les montagnes sortent de terre,
l'une après l'autre pour finalement constituer l'essentiel du paysage.
Les bords de route sont parsemés de petites fleurs de très bon augure pour la suite.
Et en arrivant près de
Springbok, les premiers patchs de fleurs oranges.
A
Springbok, nous commençons par laisser la voiture chez un réparateur de pneus,
en attendant qu'il officie, nous nous rendons au supermarché.
Les courses faites, nous retournons chez le réparateur. Il n'a pas pu régler notre problème n'étant pas agréé pour réparer les pneus percés sur le "shoulder" (j'ignorais alors qu'un pneu eût une épaule !). Constatant ma mine déconfite et perplexe quoique surprise (je vous laisse imaginer le tableau : ça peut faire peur), il m'indique fort gentiment un concurrent agréé pour les blessures d'épaule de pneu.
Je me dirige donc vers ce réparateur d'épaule de pneu, le spécialiste ne paie pas de mine et et perdu dans une ruelle parallèle, il n'a pour ainsi dire pas pignon sur rue et les clients ne se bousculent pas.
Je lui explique le problème, les blessures ayant été marquées à la craie par le précédent, il a vite fait de trouver et tout aussi vite fait de réparer, en 15 mn c'est plié !
Dieu bénisse ce réparateur agréé d'épaule de pneu, il nous sauve la mise, nous ne perdrons plus un gramme d'air entre
Springbok et
Joburg.
Et au prix de l'air par ici...
Il est donc temps de rejoindre notre lodge, Narie's Namakwa retreat.
L'accueil y est impeccable, tout est très bien léché, soigné, presque trop.
Nous gagnons notre chalet, Diamina et Jean François sont déjà là nous dis t-on, mais ils sont partis faire un tour manifestement, leur chalet, voisin du nôtre est vide.
Les chalets sont grands, agréables.
Ils nous rejoindront plus tard : nous avons décidé de manger au lodge et avons réservé une table pour ce soir. C'est donc autour d'une excellente assiette que nous ferons connaissance et apprendrons à connaître le couple.
Ile en ressort que :
1- marie Dominique parle BEAUCOUP.
2-Du coup Jean François ne parle JAMAIS pour ne rien dire.

Demain, nous prenons le petit déjeuner ensemble et ils se joignent à nous pour une balade dans le Skilpad Nature reserve.
les pauvres...
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