Jour 16 -
Baie d'Halong et retour à
HanoïDormir dans une jonque, certes confortable, est une expérience spéciale. Vapeurs de gazole, les moteurs ont tourné toute la nuit, et nous étions juste à côté. Mais le spectacle au matin, depuis le balcon privé de notre cabine, vaut bien une nuit courte et peu reposante. Les montagnes de la baie se réveillent elles aussi, sous la brume émise des mini jungles qui transpirent. Le lever du soleil illumine l'eau de reflets dorés, les roches se colorent de teintes jaunes et oranges. Nous sommes stationnés à proximité de la grotte surprise, rendue accessible aux touristes depuis une vingtaine d'années, bien que connue depuis une centaine d'années. découverte par une expédition française, elle a été aménagée par décision des autorités vietnamiennes. On accède à un réseau de trois grottes par un escalier de quelques centaines de marchés qui montent dans la jungle jusqu'à l'entrée de la première grotte. Le chemin est balisé, il faut suivre un escalier bétonné sur lequel les touristes se suivent par centaines à la queue leu leu. La troisième grotte est impressionnante, avec ces deux hectares de superficie, et la hauteur de sa voûte à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. On pourrait abriter ici une petite ville. Une heure de visite au total, y compris les passages aux stands touristiques, et c'est le retour sur la jonque pour le lunch buffet, pendant que nous rentrons vers le port touristique d'
Halong. À 10h30, nous sommes mettons pied à terre, puis patientons plus d'une heure dans le minibus qui doit nous ramener à
Hanoï. Mauvaise pioche, nous sommes accompagnés par une petit groupe de suisses et d'anglo saxons très bruyants qui nous ferons regretter le calme des passagers vietnamiens sur les lignes régulières Phuong Trang. Le trajet est le même qu'à l'aller, mais le temps est meilleur, propice aux prises de vues. Nous entrons dans
Hanoï, passons devant une immense frise de mosaïque à la gloire de l'histoire vietnamienne, puis le chauffeur file à gauche en direction du centre ville. nous nous arrêtons peu après le célèbre opéra de
Hanoï pour déposer nos bruyants compagnons de route. L'opéra, visible dans plusieurs films, est plus petit que je ne l'imaginais. Nous sommes les derniers à être déposés à l'hôtel. Enfin au calme, nous nous reposons un peu avant de retrouver Jacques (le célèbre LARSAY, membre de voyage forum) qui habite à
Hanoï, pour dîner. Rendez vous à coté de la cathédrale à 19 heures. Présentations faites, nous le suivons dans le dédale Hanoïen, à la recherche d'une table qui sera finalement un petit restaurant de la rue des routards où nous mangerons très bien. Nous échangeons sur le destin de la
France et du
Vietnam, Jacques nous raconte sa vie au travers du monde. Puis nous partons à la découverte du
Hanoï by night. Nous suivons Jacques comme des poissons à contre courant dans une marée de cyclos, sous les lumières du vieux
Hanoï et des décorations du Têt. Nous nous arrêterons au bord du
lac Hoan Kiem pour manger une glace, avant de filer chez Jacques en fin de soirée pour boire un coup et récupérer quelques unes de ses infos sur la
Laos. Puis Nous rentrons à l'hôtel pour notre dernière nuit à
Hanoï.
Jour 17 -
Hanoï et trajet vers
Luang Prabang au
LaosFinalement notre avion part cette après midi, ce qui nous laisse une dernière journée à passer à
Hanoï. Nous allons profiter de ces quelques heures pour une dernière ballade dans les rues, dans des endroits que nous avons déjà vu. Nous allons tout de même visiter l'îlot de jade sur le
lac Hoan Kiem, accessible par un pittoresque pont de bois rouge laqué. L'accès, payant, n'est ouvert que jusqu'au début de l'après midi, et c'est bien entendu un lieu de rendez-vous touristique largement agrémenté de vendeurs de souvenirs. L'île est occupée par la Pagode Ngoc son, un temple taoïste, et abrite la tortue géante naturalisée, qui était l'une des dernières représentantes de son espèce. L'émergence d'une conscience écologiste au
Vietnam ? Sous la chaleur, exceptionnelle en ce début février à
Hanoï, nous nous fatiguons vite à errer dans les rues bruyantes et encombrées. Nous décidons d'aller manger un morceau au city view café, qui permet de bénéficier d'une belle vue en terrasse. Nous attendrons une heure notre commande, et après une énième promesse de nous servir dans les cinq minutes qui suivent, nous quittons l'endroit pour aller nous régaler de bo bun dans une gargote à proximité de l'hôtel. Il est temps de se préparer pour rejoindre l'aéroport. La route est encombrée aux alentours du marché aux fleurs en ces préparatifs du têt. Beaucoup de particuliers sont venus chercher avec leurs mobylettes des agrumes en motte et des arbustes fleuris, il y a ceux qui viennent les acheter, et ceux qui repartent avec leur chargement aux dimensions parfois spectaculaires. Nous arrivons à l'aéroport avec une confortable avance, enregistrons nos bagages et patientons au frais dans l'air conditionné du bien peu confortable aéroport d'
Hanoï. Notre vol, acheté sur
Vietnam Airlines, est exploité par Lao Airlines, à notre grande surprise, car les vols Lao étaient affichés complets depuis une semaine. La stratégie de
Vietnam Airlines consiste donc à acheter à l'avance un grand stock de places à Lao pour les revendre plus chères. Ces pratiques sont probablement prohibés en Europe, mais visiblement, ici, c'est autorisé... Nous embarquons à l'heure à bord d'un petit avion atr à hélices pour un rapide vol de nuit, et atterrissons au
Laos en début de soirée. Le visa on arrival, annoncé à 25 dollars US est affiché à 30 dollars + 1 dollar de frais pour les ressortissants de l'espace Schengen, à l'exception notable des espagnols qui doivent payer 36 euros. Subtilités diplomatiques, alors qu'il s'agit des mêmes frontières?Toujours est il qu'un de nos sacs manque à l'appel, apparemment resté à
Hanoï. Nous remplissons des papiers avec l'agent de liaison de la compagnie aérienne avant de prendre la direction de notre hôtel en ville. Ce soir, nous ne verrons presque rien de
Luang Prabang, sinon un petit bout du marché de nuit. il nous faut acheter des produits de première nécessité qui nous manquent avant d'effectuer de recherches sur le web pour étudier de plus près le sujet des bagages perdus par les compagnies aériennes, sujet fort bien documenté au demeurant. Bienvenue au
Laos...
Jour 18 -
Luang PrabangLa journée débute par un petit déjeuner léger, bien malgré nous, ce n'est visiblement pas le point fort de notre hôtel, puis nous demandons à l'accueil s'il y a eu des nouvelles de notre bagage perdu. Réponse négative, mais avec le sourire et le traditionnel "savadee". Nous prenons exemple et restons zens malgré un réel désappointement. L'ambiance de
Luang Prabang nous invite à prendre la chose avec un mélange de philosophie, d'apathie, et de fatalisme. La mentalité et l'état d'esprit Lao, des gens étranges et bien difficiles à cerner. L'objectif de la journée est établi, il va falloir trouver des vêtements de rechange... Mais avant de faire nos courses, nous allons saluer le
Mékong, à quelques pas de l'Hôtel. La météo prévoyait une température douce, mais la journée avançant, elle augmente pour dépasser très largement les 30 degrés. Sa majesté le fleuve coule, avec puissance et lenteur. À le regarder occuper une grande partie du panorama, nous sommes hypnotisés par sa présence, et nous avons le sentiment de tanguer comme sur un bateau. Le niveau de l'eau est bas, des îles se sont formées. Difficile d'imaginer que ce fleuve monte, en période de crue, jusqu'au quai ou nous sommes assis, quinze mètres plus haut. Nos repères occidentaux sont mis à mal, avec ce fleuve aux berges naturelles en pleine ville. Nous qui sommes habitués aux quais de pierres et de béton, ici, les berges sont des arbres, des herbes, de la terre, avec de ci de la des escaliers qui descendent jusqu'aux étroits long boats en bois, collés les uns aux autres, et amarrés à des bâtons de bois plantés dans la vase des berges du
Mékong. En arrière plan, de l'autre côté du fleuve, c'est des montagnes de jungle épaisse, qu'on imagine s'étendant sur des dizaines de kilomètres. J'ai l'étrange sensation que
Luang Prabang est une ville perdue dans un océan vert, et que ce fleuve est son autoroute qui la rend accessible au reste du monde. étrangement, je pense au film Fitzcarraldo, qui se déroule sur l'Amazone. Regarder le
Mékong à
Luang Prabang est une expérience qui a elle seule justifie le déplacement depuis la
France, qui ne m'a rarement semblé aussi lointaine. Il est déjà 13 heures, et nous n'avons pas parcouru plus de 300 mètres depuis l'hôtel. Nous allons manger un morceau sur une gargotte qui borde le
mékong et qui deviendra notre cantine. Sous la chaleur, nous allons vers le centre ville tenir notre objectif de la journée. Nous faisons connaissance avec le fameux "Fruit Shake" de
Luang Prabang, qui s'achète entre 10000 et 15000 kips le verre. La recette de cette mixture est composée de fruit et de glace, avec pour certaines recettes du yaourt, le tout est ensuite passé au mixeur et servi des gobelets en plastique avec une paille. Pour environ un euro, ce breuvage vitaminé et désaltérant fera notre bonheur pendant la durée de notre séjour. On achète ça sur des stands du marché de la rue principale ou dans les restaurants au bord du
Mékong. Repus, nous allons visiter quelques vats, temples qui ont permis à la ville de toucher le gros lot avec la classification Unesco. Nous croisons nos premiers moines en habits couleur orange safrané, très proche de la celle portée par les moines d'
Angkor, qui de mémoire était plus nettement orange. Ces hommes, souvent jeunes, voire enfants, sont emprunts d'une attitude sur laquelle nous nous interrogeons. S'agit il de solennité? Toujours est il que je ne vois pas d'humilité dans leur attitude. quant à leur regard, il est fuyant, sauf pour certains rares d'entres eux, qui semblent se prendre un peu moins au sérieux que leurs congénères, et recherchent des contacts fugaces en échangeant une ou deux paroles et un rire. Le marché de nuit s'installe sur la rue principale, avec ses ampoules à incandescence et ses tentures basses. L'ambiance est apaisée, ce qui appréciable sur un marché de nuit d'
Asie du sud est. Beaucoup de textiles à vendre, des babioles de bois, des bijoux en argent, des dessins. beaucoup d'articles fabriqués en
Chine, mais l'ensemble a un réel charme et donne envie d'acheter. Nous rentrerons à l'hôtel et dans notre chambre sans nouvelle du sac. L'espoir de le retrouver s'amenuise, et Demain, il faudra se décider à acheter de quoi continuer notre voyage.
Jour 19 -
Luang PrabangAprès prise de renseignements au sujet des lieux de vente de matériel photo et accessoires ipad auprès de l'accueil de l'hôtel nous partons faire nos courses. Mais tout d'abord, nous allons récupérer dans les bureaux de Lao Airlines les 20 euros prévus par la convention aérienne de
Montréal en cas de retard de livraison des bagages supérieur à 24 heures. Les locaux de la compagnie de trouvent bien entendu en dehors du centre historique, mais avec les indications de l'hôtel, nous le trouvons sans grande difficulté. Le remboursement s'effectue en cash contre justificatif, c'est toujours ça de prix. Nous nous rendons ensuite au marché couvert acheter deux câbles compatibles pour la marque à la pomme, dont l'un grillera après une heure d'utilisation. Je trouve aussi un chargeur pour la batterie de mon appareil photo, très cher, mais visiblement de la marque constructeur. Quelques vêtements complètent le panier, et nous voilà déchargés de quelques dizaines de dollars. La journée est déjà bien entamée, et nous nous aurions bien préféré faire autre chose. tout ça à cause d'un sac disparu. Après déjeuner, nous allons déposer ces affaires à l'hôtel, puis partons pour une exploration de la ville. Nous allons entamer l'ascension du That Chomsi qui domine
Luang Prabang. 300 marches à gravir pour atteindre ce site, sous une chaleur assommante. Avant l'ascension, nous allons regarder un petit stuppa un peu décrépi et pour cela devons passer sous la toile d'une araignée arboricole entre deux arbres. La bête fait entre 15 et 20 d'envergure, très impressionnante. La montée est éprouvante, mais le panorama est spectaculaire. Nous dominons toute la ville sur 360 degrés, et le
Mékong brille comme un immense serpent argenté filant au travers d'une mer de collines vertes. Nous redescendrons par le coté opposé au
Mékong et passerons devant plusieurs pagodes noyées dans les arbres, un bouddha couché doré de quelques mètres de longueur, quelques temples, quelques moines. La descente s'achève à proximité de la confluence entre le fleuve et l'un de ses petits affluents qui marque la limite nord de la ville. Cette petite rivière est enjambée lors de la saison sèche par des passerelles en bambou qui seront emportées lors des premières crues, puis reconstruites à l'identique, année après année. Nous observons un moment ce spectacle, puis nous reprenons la direction de l'hôtel par les berges du fleuve, ou nous nous ferons aborder par un batelier qui nous proposera une heure de bateau pour 15 dollars, que nous négocierons à 5 dollars, afin d'observer le coucher de soleil. Magnifique spectacle, avec des couleurs qui changent chaque minute. Nous laisserons l'équivalent de 7 dollars au gars qui nous a baladé et qui nous sans doute pris pour des fous pour lui avoir donné plus que ce qui a été âprement négocié au départ. Il est temps de rentrer, Nous ferons un détour par le marché de nuit, et auront la bonne surprise de tomber sur le couple de cousins que nous devions retrouver lors de notre arrivée à
Saïgon. Ce rendez vous avait été raté à cause des retard causés par la tempête de neige sur l'Europe occidentale. Mais nous nous sommes enfin trouvés et finissons cette soirée autour d'un pot et d'un repas, avant de regagner nos quartiers respectifs pour la nuit. Rendez vous est pris pour le surlendemain ou nous passerons la journée ensemble. De retour dans notre chambre, Nous prenons la décision stratégique de rester une semaine en tout à
Luang Prabang. L'endroit est propice à la détente et il y a beaucoup à voir. Aussi, nous avons besoin de repos et nous voulons nous laisser une chance de pouvoir récupérer notre bagage perdu en l'attendant ici. Nous réservons donc 4 nuits dans un nouvel établissement, celui dans lequel nous logeons s'avérant complet pour les nuits prochaines.
Jour 20 -
Luang PrabangNotre nouvel hôtel se trouve de l'autre coté du
Mékong, mais nous ne savons pas exactement où, et notre mission du jour consistera à le trouver. Après le Check out, nous nous dirigeons vers le quai d'embarquement pour traverser le
Mékong. Des navettes sont organisées par des petits long boats sur lesquels embarquent dix à quinze passagers assis les uns derrière les autres. Le tarif, 2000 kips pour les Laotiens, et 5000 kips pour les autres, n'est pas très élevé. C'est un peu l'aventure, avec nos sacs à dos. Je suis presque aussi large que le bateau. Arrivés de l'autre côté, ça grimpe dur le long de la berge du fleuve. Les locaux nous regardent comme des bêtes étranges. Que faisons nous ici? il n'y a aucune indication. Nous prenons à droite en direction d'un village, puis avançons sur un chemin de terre pendant un bon kilomètre, puis sortons du village. Ce n'est visiblement pas ici. Nous faisons demi tour et demandons à plusieurs habitants ou se trouve l'hôtel, et tous nous répondent qu'il n'y a pas d'hôtel à proximité du village. Nous ne sommes pas au bon endroit, et comprenons que nous devons retraverser le
Mékong pour nous renseigner sur l'emplacement exact de l'établissement. De retour en ville, la chaleur de la mi journée nous invite à nous arrêter pour boire un coup dans un bar du bord du
Mékong avec accès wifi. Pas moyen de trouver d'info précise sur internet. Nous demandons au patron du bar qui semble vaguement connaître l'endroit, et qui nous informe que l'hôtel possède un bureau en ville. Nous suivons la direction indiquée, sans rien trouver, puis demandons à la réception d'un autre hôtel s'il peut nous renseigner. Il nous indique sur un plan l'emplacement de l'hôtel de l'autre côté de la ville. Nous allons prendre un tuk tuk pour nous y rendre, puis après 4 ou 5 kilomètres, nous voyons enfin un panneau indiquant l'hôtel. L'hôtel est sur l'autre rive, et il nous reste à traverser le
Mékong. Au bout d'un moment, une femme sort d'une maison et appelle avec son téléphone portable, et en face, un long boat blanc se met en marche pour venir nous chercher. Il s'agit d'un long boat privé appartenant à l'hôtel et qui fait la navette entre les deux rives. Nous arrivons enfin à destination après 4 bonnes heures d'aventure, et expliquons notre façon de penser au lobby de l'hôtel, qui nous raconte que nous sommes passés à côté d'un restaurant qui leur sert de relais en ville et de point de rendez vous pour leurs minibus qui assurent la liaison entre le centre ville et leur embarcadère. Tout cela est bien compliqué et n'est pas expliqué sur leur site web. Avec cette après midi bien entamée, nous allons prendre un peu de repos. La bonne nouvelle du jour arrive enfin. En début de soirée, l'accueil de l'hôtel nous informe que le sac perdu a peut être été retrouvé et qu'il est en transit vers
Luang Prabang. Nous devons aller l'identifier à l'aéroport... c'est bien notre sac. Nous sommes de retour à l'hôtel à 21 heures et cette journée bien fatigante s'achève par un repas au restaurant de l'hôtel. Demain, nous retrouvons les cousins pour une nouvelle journée à
Luang Prabang.