Je mets en ligne le jour 24 et les suivants pour que tu te fasses une idée de la route en LP et
Phonsavan. Je mettrais plus tard en ligne les jours 21 à 23, pas encore rédigés pour les raisons évoquées il y a quelques temps...
Jour 24 - Trajet vers
PhonsavanNous quittons ce matin
Luang Prabang pour une longue journée de route vers
Phonsavan. Après le Check out à 7h45, nous prenons un très léger petit déjeuner pour éviter d'avoir à trop subir la réputée redoutable route vers la
plaine des jarres. Nous traversons le
Mékong pour la dernière fois, puis attendons quelques minutes le minibus de l'hôtel. Bien entendu, Le conducteur qui aurait du être informé qu'il devait nous déposer à la gare routière ne l'a pas été. Nous partons finalement vers le centre ville rejoindre les bureaux du tour opérator qui nous a vendu les billets. Nous présentons nos tickets de minibus, et on nous demande d'attendre. Un quart d'heure plus tard, un tuktuk passe nous récupérer, puis nous partons vers la gare, non sans s'arrêter devant plusieurs hôtels pour récupérer des touristes. Nous arrivons enfin à la gare routière, rien ne s'est passé comme prévu, mais nous y sommes. Notre véhicule de marque coréenne comporte 10 places assises plus le conducteur. Tous les sacs sont chargés sur la galerie sur laquelle est tendue une bâche plastique. normalement, il doit pas pleuvoir, et c'est heureux, car je suis certain que cette installation n'est pas étanche. Enfin, nous démarrons en convoi, avec 1H30 de retard sur l'horaire prévu. normal, nous sommes au
Laos... Nous sortons rapidement de la ville, après un passage à la pompe à essence. Un litre d'essence vaut ici environ un dollar. Nous nous retrouvons sur une route comparable à une petite route départementale française. Sauf qu'ici, il s'agit d'un axe majeur du pays. La route devient sinueuse, et le restera jusqu'à notre arrivée à
Phonsavan. Une route de montagne, sans ligne droite, pendant six longues heures nous attend. Notre vitesse moyenne est de 40 kilomètres par heure, et pourtant, nous allons assez vite, compte tenu de la mauvaise qualité de la chaussée. Les montagnes vertes nous entourent, la densité végétale est vraiment surprenante, parfois limitée par un cours d'eau sinueux. Nous traversons un succession de petits villages poussiéreux, avec leurs habitants, hommes, femmes, nombreux jeunes enfants, poules et cochons. Les maisons s'apparentent plus à des cabanes de bois et semblent bien peu confortables à nos yeux occidentaux. Nous traversons des endroits qui respirent la pauvreté, mais la misère semble absente. Les liens sociaux semblent très forts, les gens parlent et vivent entre eux, les enfants s'amusent ensemble d'un rien. Notre minibus continue de grimper, la route passe sur une ligne de crête habitée ou l'horizon se dégage, avec ses forêts montagneuses à perte de vue. Après deux heures, une pause bienvenue pour déjeuner est organisée, nous nous arrêtons avec trois autres minibus. Les toilettes, sales et accessibles pour 2000 kips, soit 20 centimes d'euros, ont une chasse d'eau originale qui consiste à remplir manuellement un petit seau qui trempe dans un grand bidon rempli d'eau. Nous nous partageons un fried Rice pour 20000 kips, pendant que d'autres achètent des paquets de chips vendus au même prix. Après 20 minutes, nous repartons pour vers
Phonsavan. Les kilomètres passent lentement, et la route ne s'améliore pas. Pendant un long moment, nous ne croisons pas âme qui vive, avant de retrouver des petits villages. Nous arrivons dans une sorte de gros bourg, avec des maisons en dur et beaucoup d'activité. Il s'agit de Phou khoun, qui marque l'embranchement vers trois directions,
Luang Prabang d'ou nous venons,
Vientiane au sud, et
Phonsavan vers l'Est. Nous ne faisons que passer, et rapidement, les arbres reprennent leur place. La route est maintenant moins mauvaise, il y a même, par moments, quelques courtes lignes droites. Pendant des kilomètres, des ouvriers sur le bord de la route sont en train de creuser une tranchée pour y installer un mince tuyau qui pourrait être de la fibre optique. Après un long moment, Le paysage commence à changer, les reliefs sont moins prononcés, et des rizières apparaissent. Nous sommes sur un plateau, et approchons de
Phonsavan. Les rizières en escaliers sont sèches et la terre est sombre, avec des chaumes gris. Il est environ 16 heures lorsque nous arrivons à la gare routière de
Phonsavan. Nous sommes immédiatement abordés par des taxis qui nous proposent leurs services pour transfert en ville, et nous faisons affaire avec un jeune homme pour 10000 kips. Avec ce prix bas, il veut en fait se placer pour nous vendre une excursion vers la
plaine des jarres. Le feeling passe bien, alors pourquoi pas? Nous partons en ville, et le gars nous dépose à notre hôtel ou nous négocions notre excursion pour demain à la
plaine des jarres. Nous nous décidons pour une visite privée avec un site de la
plaine des jarres et la visite de l'ancienne capitale de la province, avec guide, voiture privée, entrées sur les sites, et repas du midi inclus pour 78 dollars US pour deux. Rendez-vous demain à 8H30, en attendant, nous partons visiter la ville de
Phonsavan.
Phonsavan, un vrai décor du far west américain. Les 4x4 et les mobilettes ont remplacé les chevaux, mais le reste y est : une rue poussiéreuse et droite, des constructions sur deux niveaux, des bars et des hôtels. Nous buvons un coup au saloon du coin, servis par une merveilleuse serveuse qui manque un peu de distinction, et c'est bien le moins qu'on puisse dire. Puis nous rentrons à l'hôtel en passant par le marché ou se vendent essentiellement des denrées alimentaires. L'aventure du soir sera l'explosion des conduits du chauffe eau qui alimente notre chambre, heureusement à l'extérieur. Pas d'eau dans la chambre, la tenancière de l'établissement nous ouvre une autre chambre pour que nous ayons un accès à l'eau. Ce soir, nous sommes les seuls clients de l'hôtel.
Jour 25 -
Phonsavan,
plaine des jarres,
Départ ce matin pour une découverte de la
plaine des jarres. Notre guide vient nous chercher ce matin comme convenu à 8H30 précises, il est accompagné d'un chauffeur d'une cinquantaine d'années. Nous montons dans un minibus identique à celui que nous avions emprunté depuis
Luang Prabang. Nous commençons le programme par la visite d'un office du tourisme pendant que le chauffeur s'occupe de formalités administratives. Nous découvrons avec stupeur l'histoire de la guerre secrète menée par les
USA sur le sol laotien dans le cadre de la doctrine d'endiguement. Cette guerre a aussi permis de perfectionner la stratégie du carpet bombing, et d'expérimenter les armes à sous munitions, qui seront utilisés lors des guerres récentes menées par l'armée américaine. Pendant 8 ans, le territoire laotien aura reçu plus de bombes que toutes celles utilisées lors de la seconde guerre mondiale. Parmi ces bombes, un tiers n'a pas explosé, et a miné une très grande partie du territoire laotien. Cette situation explique en partie le retard économique Du
Laos, Et la
plaine des jarres a été particulièrement touchée par ces opérations. des villages entiers décimés, des terres rendues incultivables, des populations déplacées. aujourd'hui, on estime que seulement 10% des bombes n'ayant pas explosé ont été déminées. Parmi les dizaine de sites archéologiques, seuls 7 sont en partie déminés, 3 rendus accessibles au public. Nous partons à présent pour le site numéro 1, ou nous arriverons après un quart d'heure de route. Nous sommes parmi les premiers visiteurs, et une brume matinale accentue le caractère mystérieux des lieux. Après une courte marche, Nous voyons enfin nos premières jarres. Sur ce site de quelques hectares, un peu plus de 300 jarres, de tailles variables, sont disséminées. La plus grande mesure environ 2,50 mètres, les plus petites ne dépassent pas un mètre. Globalement, on peut dire que l'ensemble est plus curieux qu'impressionnant. La fonction de ces jarres et la façon dont elles été transportées demeurent des énigmes, et c'est bien pour ces questions sans réponses que les visiteurs se déplacent. Sur le site, de nombreux cratères sont visibles, ici, les bombes US ont explosé en bon nombre, et détérioré une grande partie des jarres. Après une heure et demi sur site, nous partons pour Xieng Khouang, l'ancienne capitale de la province, à quarante minutes de route. Nous nous arrêtons en cours de route pour prendre des photos de rizières en balcons en ce moment à sec. Ces paysages qui doivent être magnifiques en saison humide, sont déjà intéressants à regarder à cette époque de l'année. L'ancienne capitale de province est aujourd'hui complètement reconstruite en dur après avoir été presque totalement rasée par les bombardements américains. Un stuppa a cependant été miraculeusement épargné, et trône fièrement sur une petite butte. Construit en briques, il mesure une bonne quinzaine de mètres de hauteur. Sur ses flancs, de nombreux petits arbustes ont poussés, ce lui qui confère un côté bucolique et romantique. À proximité, nous allons découvrir un second stuppa, en grande partie détruit. Le site, est littéralement truffé de nombreux trous qui s'avèrent avoir été creusés lors d'une très récente opération de déminage. Une bombe à sous munitions aura fait ici son œuvre, un instant pour la lancer, des dizaines d'années pour réparer les dégâts. Juste à côté, un monument aux morts flambant neuf, avec des dizaines de noms en alphabet Lao en hommage aux victimes du bombardement. Nous allons ensuite découvrir les restes de l'hôpital français lui aussi détruit, qui est conservé comme une relique. Juste à côté, un bouddha assis de quelques mètres qui était abrité par un temple lui aussi détruit a été redressé et restauré. Le guide nous explique sa version de l'histoire qui tient en une phrase. Les français ont construit le pays, les viet congs l'ont pris, les américains l'ont détruit, et les laotiens ont subi. Pas si simple, il ne faut pas oublier non plus la guerre civile et le génocide des Mnongs. C'est l'heure de déjeuner, nous allons prendre une soupe de nouilles à la viande dans une gargote du coin, pas terrible. Puis nous partons visiter un village thaï noir, situé à proximité immédiate de la ville. Il faut traverser une petit cours d'eau par une grande passerelle en bois, ou nous pouvons observer des champs de rizières, beaucoup de fleurs très colorées, et quelques buffles d'eau, dont un a décidé de prendre la pause pour se faire photographier dans sa rivière. Au village, nous sommes tout de suite abordés par une dizaine de femmes qui cherchent à nous vendre leurs broderies. C'est le péage du village, pour visiter, il faut acheter. Après quelques milliers de kips dépensés, Nous les surprenons en les remerciant dans la langue thaï, puis partons à la découverte du village. Toutes les maisons sont en bois sur pilotis, ici vivent une centaine de personnes. Chacun est à sa place, Des enfants partent à l'école dans la joie, pendant que les femmes tissent et que les hommes nous regardent ou jouent à la pétanque. Probablement un héritage laissé par un coopérant marseillais. Sous une grosse chaleur sèche, nous quittons les thaïs noirs pour retourner vers
Phonsavan en début d'après midi. Nous ferons un petit tour en ville pour boire un coup, puis retournerons dîner à l'hôtel.
Jour 26 - de
Phonsavan à
VientianeRendez-vous était pris à 12H45 avec notre guide d'hier pour qu'il nous conduise jusqu'à l'aéroport. À 13H, pas de nouvelles. La gérante de l'hôtel me dit que notre guide est un Lao, et que pour les
Laos, la ponctualité n'est pas importante. Il faut dire que la gérante de l'hôtel n'est pas Lao, mais appartient à une minorité locale. A 13H10, je lui demande d'appeler un taxi, mais elle tente d'obtenir le numéro de téléphone du guide en appelant un de ses contacts. Il n'y a pas de numéro d'appel de taxi à
Phonsavan. Elle nous suggère de prendre un tuk tuk, mais en 10 minutes, deux passent devant nous, le premier ne nous voit pas, le second est chargé de denrées et se rend au marché. À 13H30, nous arrêtons un minibus, qui s'avère être celui d'un autre guide qui accepte de nous conduire à l'aéroport pour 30000 kips. Affaire conclue.
Nous arrivons à l'aéroport, qui est en fait un aérodrome avec des scanners à bagages et un service d'immigration. Un fonctionnaire tape la liste des passagers sur une machine à écrire, un douanier note nos noms, numéros de passeports, et nationalités sur un grand cahier... Nous sommes loins de la technologie occidentale et du passeport biométrique... Nos sacs sont scannés, puis embarqués par un bagagiste, nous passons sous le portique de sécurité, avec un litre d'eau sur nous, puis passons dans la salle d'attente. Sur le tarmac, un vieux coucou de transport aux couleurs de l'armée laotienne stationne. Un groupe d'une quinzaine de militaires, qui ressemblent plus à des gardes chasses pleins de décorations, attendent, pendant que d'autres passagers en civil embarquent. Puis un gros 4x4 blanc arrive, d'où sort un militaire visiblement haut gradé, d'un bien mauvais genre. La quinzaine de militaire se met en rang face à lui, comme le ferait un groupe d'enfants. Le haut gradé de ne leur adresse pas même un regard, et monte dans le tupolev (ou antonov?). Puis l'avion démarre. Les militaires changent de position, et se placent face à l'avion, et font agitent leurs mains pour dire au revoir à leur chef. L'avion roule vers la piste, puis décolle péniblement, sous les coucous des militaires, qui font ensuite demi tour et rentrent vers leur base. Quel Fascinant spectacle auquel nous venons d'assister qui a fait rigoler la plupart des touristes qui attendent comme nous leur avion qui arrive quelques minutes plus tard. Au décollage, je remarque un alignement de cinq ou six migs 21 complètement rouillés qui visiblement n'ont pas volé depuis de nombreuses années. L'aéroport de
Phonsavan est donc aussi une base aérienne de l'armée laotienne. Le vol vers
Vientiane est court, une trentaine de minutes, mais agité à bord de l'ATR qui nous transporte. Nous arrivons à
Vientiane à 15H20, et retrouvons avec soulagement nos deux sacs à dos. Nous achetons un taxi prépaid à 57000 kips pour rejoindre notre hôtel dans le quartier touristique de
Vientiane au bord du
Mékong. Surprenante capitale d'un pays d'
Asie du Sud Est, sans Klaxons, sans embouteillages. C'est très agréable. Après avoir donné notre linge à laver dans une laverie à coté de notre Hôtel, Nous allons manger un excellent repas dans un restaurant de rue. Au cours de notre ballade, nous remarquons beaucoup de vats en pleine ville, beaucoup de petits restaurants agréables. Le bord du
Mékong est dédié aux piétons et accueille un marché de nuit ou les habitants de
Vientiane et les touristes viennent se mélanger. Nous finirons la soirée en mangeant une glace dans un café restaurant inspiré des cafés "étoile de buck", mais en mieux, avant de rejoindre notre hôtel pour notre première nuit à
Vientiane, la tranquille...