Bonjour à tous, ci après, comme promis, le carnet du route suite à notre parcours dans le
Delta Du Mékong. Toute réflexion ou question sera la bienvenue.
Par avance, excusez les fautes et redondances, il s'agit de notes prises à chaud sur iPad, qui n'est pas forcément très adapté pour la rédaction...
Tout d'abord, voici quelques informations utiles.
Nos appréciations sur les hôtels ou nous avons dormi :
Mai guest house à
Saïgon :
16 USD pour 1 nuit. Petite chambre aveugle dans le district 1. Établissement "budget", propre, mais bruyant. Patron sympa qui donne des infos fiables.
Hotel 31B à
Can THo :
10 USD pour 1 nuit. Chambre avec vue sur le fleuve. Un peu miteux, mais propre et bien placé. Bon rapport qualité prix. Le personnel se charge de réserver les bus sans prendre de com.
Trunghotel NGuyen hôtel à Chau Doc :
54 USD pour 3 nuits, petit déjeuner (frugal) inclus. Bien placé en face du marché couvert, mais très bruyant. Établissement convenable et confortable, déco un peu recherchée, petit balcon dans la chambre. MAIS : le second jour, nous nous sommes aperçus que nos affaires de toilette dans la salle de bains avaient disparues. À l'accueil, ils ont fait semblant de ne pas comprendre le problème. J'ai alors rédigé une note en vietnamien grâce au très utile "noodle" traduction, leur expliquant la situation et leur demandant de trouver une solution. Le lendemain matin, nos affaires nous attendaient à l'accueil, avec plates excuses de tout le monde. Par ailleurs, le gars qui faisait la chambre a jugé bon de vérifier qu'il ne fallait entrer dans une chambre avec le pannonceau "please do not disturb".
Les trajets effectués en bus:
Nous avons utilisé la compagnie orange Phuong Trang. Les hôtels nous ont systématiquement orientés vers eux, malgré mes demandes relatives à la compagnie verte Mai Linh. Les prix des trajets équivalent à quelques euros. Il y a toujours un Stewart qui accompagne le chauffeur, et qui distribue à chaque départ une petite bouteille d'eau et une lingette à chaque passager. Pas de soucis pour les bagages en soute, ils sont sous bonne garde jusqu'au départ. Les bus sont très fréquents, il n'est pas nécessaire de réserver ses places à l'avance en condition normales. Les hôtels peuvent se charger d'effectuer les réservations à votre place, moyennant parfois une petite commission. En cas de réservation préalable dans le delta, un minibus viendra vous chercher devant l'hôtel et vous conduira à la gare routière. Les choses semblent se passer différemment à
Saïgon, ou il semble qu'il faille prendre un taxi jusqu'à des gares urbaines de minibus, qui ensuite conduisent les voyageurs vers les cars intercités. Comptez 50000 à 70000 dôngs la course, et empruntez les taxis mai linh ou vinasun pour éviter les arnaques ou les embrouilles.
Manger:
On peut manger à toute heure, comptez quelques dizaines de milliers de dôngs pour un plat et 10000 dôngs pour une grande bouteille d'eau. La qualité varie, et visiblement on ne mange pas forcément mieux là ou c'est plus cher. À ce sujet, les appréciations du lonely planet ne sont pas fiables, fiez vous à votre flair, dans les deux sens du terme.
Organisation et réflexions générales:
Nous avons fait le choix de voyager sans filets, sans guide, sans tour organisé, sans groupe. Ce n'est probablement pas l'option la plus judicieuse pour ceux qui veulent en voir un maximum, mais en revanche, cela permet une immersion totale dans le pays, et permet d'aller à la rencontre des gens, ce que nous recherchons. Il ne faut pas négliger la barrière de la langue, mais avec de la patience, un papier et un stylo, on finira toujours par s'en sortir. Pour ceux qui voyagent de cette façon, je pense que le
Delta du Mékong s'apprécie d'autant plus lorsque l'on est un voyageur expérimenté. Et notre avis, la vraie particularité du Delta, c'est qu'il se mérite. Il faut parfois se lever très tôt, faire des heures de car, et se forcer d'aller voir "l'envers du décor". Les gens sont curieux, ouverts et gentils pour la grande majorité d'entre eux, en particulier les enfants. C'est d'autant plus vrai lorsque que l'on s'éloigne des lieux très fréquentés par les touristes, en gros, ceux qui sont indiqués dans les guides. Le delta est très dense, et il y a beaucoup à voir un peu partout. Mon conseil, et ce sera le seul : choisissez un site lors de votre parcours, et restez y plusieurs jours. Pour nous, ce fut Chau Doc.
Et maintenant, le carnet de voyage...
Jour 1 - trajet
Paris -
Moscou -
Ho Chi Minh-Ville
Nous sommes arrivés à
HCM ! Il est 11h30 heures locales. Deux heures de retard sur l'horaire initial, notre avion en correspondance à
Moscou a attendu les voyageurs venus de
Paris et des autres capitales d'
Europe de l'ouest retardés par la neige. Aeroflot, pas mal : confortable, de la place pour les jambes, équipage poli sans être obséquieux, bouffe correcte. Mais absence d'écran video pour les films et avions un peu usés. En même temps, avec la différence de prix par rapport au billet air France, tu te payes un iPad et tu as ton écran individuel. A l'escale, on a réservé un hôtel de façon scabreuse, depuis l'aéroport de
Moscou, afin d'avoir un point de chute au cas ou les bagages se soient perdus en route, étant donné les conditions au départ. Hotel à 12 euros, avec clim et SdB dans le quartier des routards. Arrivés à
HCM-Ville, on prend nos visas on arrival, 95 usd, pour trois mois multi entrées. Un peu la foire d'empoigne avec les ruskis et les autres. Les américains et les canadiens en plein stress, limite violents... Puis ensuite, c'est la cérémonie du taxi. Fatigués, on a oublié de négocier avant de démarrer, donc nous avons été eus (15 usd la course, le cochon. J espère qu'avec ça il paiera un bon resto à sa femme). Mais bon, il faut s échauffer un peu, la prochaine fois nous serons plus alertes et moins fatigués. L'hôtel est une bonne surprise vu les circonstances de réservation. bon accueil de la famille, propre, tout en hauteur. On se déchausse avant d'entrer, comme au
Japon.
Et maintenant, On se repose un peu quelques heures avant de sortir manger dans le quartier des routards du district 1 de
Saïgon. L'ambiance tranche vraiment avec ce que nous avons quitté. Chaleur, bruit, flots de population, rues étroites et venelles sombres. Les gens de
Saïgon aiment vivre dehors. Devant le boulevard qui marque l'une des limites du quartier des routards, un grand parc, avec des vietnamiens qui s'amusent en groupe à faire des imitations de célébrités inconnues pour nous. D'autres jouent à une sorte de badminton sans raquette, avec les pieds. Certains sont très forts à ce jeu là, ils affrontent deux adversaires sans difficulté et exécutent des figures spectaculaires. Mais le trajet nous a fatigué, nous retournons à l'hôtel pour la nuit. Demain, on file vers
Can Tho, la grande ville du
delta du Mékong.
Jour 2 - trajet
HCM-Ville vers
Can ThoCe matin, lever à 8 heures après une nuit hachée par plusieurs éveils. Les effets du décalage horaire. Après un excellent petit déjeuner de fried rice à proximité de l'hôtel, nous partons pour
Can Tho, capitale du
delta du Mékong. Nous allons suivre le trajet Indiqué par le patron De l'hôtel Ou nous avons passé la nuit. Pour commencer nous prenons un taxi jusqu'à une station de bus. De là, un minibus nous emmène à la station de bus régional et nous prendrons un grand car qui vous emmènera à
Can Tho après 3h30 de trajet. En chemin, nous faisons une pause dans une gare routière immense, avec un hall de plusieurs hectares qui accueille les voyageurs. On y trouve un restaurant, un vendeur de fruits, des chiottes, une buvette, et plein de vietnamiens en transit. Il y a aussi quelques blancs qui comme nous voyagent à la vietnamienne. Le voyage se passe bien, ponctué par les paysages de rizières, qui s'alternent avec des villes et des canaux, le tout agrémenté par le dvd d'un comique local sur la télévision du bus. On ne comprend rien, mais ça nous fait sourire quand même. Nous sommes au fond bus, à côté d'un gars qui pue et qui tousse tout le temps. Il descendra aux deux tiers du parcours, à vinh long.
Arrivés à destination, nous sommes accueillis par une dizaine de chauffeurs de taxis, mais malheureusement pour eux, nous prenons la navette gratuite pour le centre ville. Nous ne savons pas trop ou nous atterrissons, mais nous sommes en plein centre de
Can Tho, au bord du
Mékong. Très vite repérés avec notre lonely planet, nous sommes abordés par une rabatteuse d'hôtel. "ten dollars the room with clim, it´s my uncle ´s hotel", qu elle dit. Nous la suivons, et nous arrivons à un hôtel qui semble correct. Nous demandons à visiter une chambre, et là, c'est une bonne surprise. C'est propre, avec en prime une vue sur le
Mékong. Vendu pour dix USD.
On pose nos affaires, puis on s attarde un peu dans la chambre, avant de sortir faire un tour sur les rives du
Mékong. Là, nous sommes abordés encore une fois par une fille qui nous propose de nous prendre en photo. Il s'agit en fait de la patronne d'un bateau qui fait visiter le marché flottant aux touristes. Son prix est intéressant, 20 dollars pour deux, payables d'avance, et conforme aux indications du lp. Méfiants que nous sommes, elle nous propose de vérifier l'authenticité de ses dires auprès de l'hôtel, chose que nous faisons. Tout semble ok, nous payons. Rdv demain à 5h30 pour 3 bonnes heures de ballade en barque dans le fameux marché flottant du delta. Nous finissons la journée par des nouilles frites, autrement appelées ici misâo. Une dernière ballade sur les berges, le soleil se couche, on fait le tour du pâtés de maison achetons une bouteille d'eau 10000 dôngs, attendons la nuit, puis retournons à notre chambre. Il est 18 heures, demain on se lève à l'aube.
Jour 3 :
Can ThoAujourd'hui lever à 4h50. Nous descendons à la réception de l'hôtel à 5h25, et trouvons deux réceptionnistes endormis sur leurs lits de camp dans le hall. La porte est fermée par une grille, nous ne pouvons pas sortir. Nous commençons à essayer de les réveiller, mais c'est assez compliqué. Le chef des deux refuse carrément de se lever, quant à son adjoint qui se lève finalement au bout de deux minutes, il finira par comprendre qu'il doit nous laisser sortir. Une fois dehors, Notre pilote, une femme fluette, mais énergique, d'une cinquantaine d'années, nous rejoint au bout de quelques minutes, puis nous conduit vers sa barque en bois amarrée à quelques pas. Il fait nuit noire, mais beaucoup de gens s'activent. Il y a ceux qui font de la gym, d'autres qui sont déjà en train de faire leur marché dans la rue, ou mangent leurs soupes. La descente dans la barque fut un peu acrobatique, notre guide s'est un peu moquée de nous mais bon, tout va bien, nous sommes maintenant installés sur une banquette dure et assez inconfortable. Nous voilà partis pour Cai Rang, après un plein d'essence à la station du coin. Il s'agit d'une autre barque avec un grand jerrican d'essence, propriété d'une très vieille femme. l'essence se vend ici dans des bouteilles d'eau minérales... Cai Rang, c'est le plus grand marché flottant du delta. En chemin, le jour se lève, nous apprécions la tranquillité de ce moment. Un peu après 6 heures, nous arrivons. Notre pilote stoppe son moteur, et commence à entrer dans le marché. Il y a énormément de bateaux, tous en bois, de toutes tailles. Beaucoup d'entre eux servent d'habitation, il y a des enfants avec leurs grands mères, des jeunes qui se lavent les dents, des gens sans âge qui négocient le prix d'ananas ou de racines qui ressemblent à des navets, et pleins autres choses. Il y a aussi des pirogues cuisines, des maisons flottantes, des bars flottants qui essayent de nous vendre une tasse de café. Tout ce monde cohabite sans se bousculer, les petits bateaux circulant entre les gros en passant à quelques centimètres les uns des autres, dans une ambiance assez calme. Nous restons ici une bonne heure à naviguer et à prendre des photos. Il y a beaucoup de chiens et quelques coqs qui vivent sur ces bateaux, c'est assez incongru. Tout ici est tellement étrange...
Nous partons ensuite visiter une usine de pâtes de riz sur une petite ile, ou nous découvrons les opérations complexes qui permettent de les fabriquer. Puis nous prenons un café avant de regagner notre barque. Notre guide nous conduit alors dans un petit canal rempli de jacinthes, qui semblent devenir un vrai problème dans le delta. Nous croisons quelques pêcheurs, les rives accueillent des maisons d'habitation plus ou moins rustiques qui disposent toutes d'un accès au canal.
Il est maintenant 8h40, nous prenons le chemin du retour. Arrivés à
Can Tho, notre guide nous dépose sur la rive, nous lui disons au revoir avec un petit pourboire de deux dollars. Elle semble satisfaite, mais je n'en suis pas certain.
Nous partons en quête d'un petit déjeuner. Çà sera des nouilles au porc et aux légumes et une crêpe à la banane. Ensuite, nous nous mettons en quête d'un éventuel speed boat pour Chau Doc, notre prochaine destination. Visiblement, ça n'existe pas. Ceci semble confirmé par le demi patron de l'hôtel, mais j'ai quand même un doute.
Nous faisons nos recherches sur le web depuis notre chambre, et on ne trouve pas d'info précise et vérifiable à ce sujet.
Nous quittons notre chambre après ces recherches peu fructueuses, en direction du marché de
Can Tho. Nous changeons radicalement d'ambiance. Presque plus de peaux blanches, énormément de mobylettes, des longues rues Bien droites, et des trottoirs bien peu larges, mais néanmoins encombrés par... Des mobylettes, qui stationnent un peu n'importe comment. Nous sommes dans un secteur mixte, les rues sont bordées de commerces assez mal inspirés de ce que l'on peut trouver en occident, et d'immeubles administratifs, en même temps grandiloquents et d'un parfait mauvais goût, le tout avec des drapeaux rouge avec l'étoile jaune. Malgré tout, il se dégage de l'ensemble une certaine atmosphère. On ressent bien la grande ville de plus d'un million d'habitants qu'est
Can Tho. Nous arrivons ensuite à ce qui semble être le marché. nous en faisons le tour sans y entrer. Sans doute nous sentons peu à notre place, l'atmosphère est un peu lugubre. Au détour d'une rue nous retrouvons une grande artère avec encore plus de mobylettes. Visiblement, c'est l'heure de pointe. Un Concert de Klaxons et de bruits de moteurs deux temps assourdissant. Nous faisons demi tour, traversons un pont, et quittons cette ambiance bruyante pour une petite rue qui borde un canal. Nous croisons un groupe d'hommes qui jouent à ce qui ressemble à un jeu de dames, un coiffeur de rue, des marchants de charbon, des jeunes qui discutent sur des bancs publics. Arrivés à un embranchement, nous prenons à gauche. C'est l'heure de la sortie des écoles. Embouteillage de mobylettes, des parents qui attendent leurs enfants qui sortent des écoles en uniformes blancs. Beaucoup de "Hello!" Nous sont adressés par ces enfants ! Deux hommes dans un gros 4x4 qui stationne au milieu de la rue en toute ostentation. On dirait un mafieux qui attend que son gamin sorte avec son garde du corps. Peut-être un cadre du parti?
Nous nous arrêtons peu après pour manger un pho très aromatique, à 35000 dôngs. Nous sommes observés par des convives incrédules. J'ai l'impression d'être une star, ou un délinquant recherché... Non, car il n'y a pas d'hostilité dans leur regard, mais de la curiosité.
Il fait nuit. Nous rentrons à l'hôtel. Nous passons devant un hôtel neuf, très moche, plein de néons de toutes couleurs. Peu de distinction pour un lieu visiblement prestigieux. Mais avec cette nuit, nous faisons quelques belles photos. Encore quelques centaines de mètres, et nous voici de retour dans le quartier des touristes. C'est encore une fois un rassemblement de mob, qui tournent doucement autour du marché de nuit. On y trouve des cactus, des bonsaïs, des vêtements. Sur le fleuve, un grand bateau à plusieurs ponts scintille de néons et envoie de la musique à l'eau de rose locale à tue tête... Nous retournons vers l'hôtel, réservons deux places de bus pour Chau Doc... Et retournons à notre chambre pour notre seconde et dernière nuit à
Can Tho.
Jour 4 : trajet
Can Tho - Chau Doc.
Ce matin, nous avons rendez-vous à 8h30 dans le hall de l'hôtel pour notre transfert vers une gare de cars de
Can Tho. Un minibus doit venir nous chercher directement devant l'hôtel. Tout d'abord, nous faisons le Check out, qui consiste au
Vietnam à payer sa chambre contre la remise de son passeport retenu en gage. Nous attendons quelques minutes, puis le minibus se présente avec un léger retard. Nous avons de la marge pour rejoindre la gare. Nous prenons le chemin emprunté hier à pieds, puis nous nous arrêtons peu après à la gare routière. Il y a tout type de bus et d'autocar qui attend, du plus pourri au plus récent, selon le niveau de standing de la compagnie. Bien entendu, la notre fait partie celle empruntée par les touristes et la bourgeoisie vietnamienne. Notre car arrive avec une bonne dizaine de minutes de retard sur l'horaire prévu. Nous aidons le Stewart à déposer nos sacs dans la soute, puis montons à bord. C'est un bus de la même compagnie que celui que nous avons emprunté entre
Saigon et
Can Tho, quoique celui ci soit plus petit. Notre Stewart distribue à chaque passager une petite bouteille d'eau et une serviette rafraîchissante, comme ce fut le cas lors de notre précédent trajet. Nous en avons pour 6 heures de route jusqu'a Chau Doc, et nous allons découvrir un autre visage du
delta du Mékong, plus reculé. Progressivement, notre chauffeur, qui chausse des lunettes de soleil d'aviateur accélère la cadence puis finira par rouler à tombeau ouvert. Je suis persuadé qu'il roule par moments à plus de cent kilomètres heures, sur des petites routes comparables à une départementale française en mauvais état, très fréquentée, et par endroits largement urbanisée. Ce monsieur s'ouvre la route en klaxonnant à tout va, probablement persuadé que le poids de son car lui donne la priorité sur les autres véhicules.
Le paysage est grandiose. C'est une succession de canaux, de rizières, de berges construites par des maisons en bois sur pilotis, des petits ponts, qui s'alternent avec des zones urbanisées. L'eau est omniprésente y compris en ville. Après deux heures de trajet, nous faisons une pause de 20 minutes dans une sorte de restaurant routier. Nous en profitons pour faire notre premier repas de la journée, quelque chose de simple avec du riz, de l'omelette et de la viande pour 25000 dongs l'assiette. il est à peu près 11 heures 30 lorsque nous reprenons la route. La même succession de paysages continue, pendant un moins de deux heures. Nous arrivons à Chau Doc avec plus de deux heures d'avance sur l'horaire prévu. Le chauffeur semble particulièrement fier de sa performance... Nous montons dans un minibus afin d'être déposés directement à notre hotel, que nous avons choisi en plein centre ville, juste en face du marché couvert. Nouveau cérémonial au Check in : la clé de la chambre contre nos passeports. Nous montons et découvrons une chambre assez confortable, avec une belle vue sur le marché couvert, un petit balcon... C'est quand même un peu bruyant. Après un repos léger, nous partons visiter La ville. D'abord le marché couvert, puis nous nous dirigeons vers le fleuve. Le marché est animé, les différentes spécialités, bananes, poissons vivants, fleurs, herbes, viande... Sont vaguement regroupées. Les petits enfants des marchants semblent ravis de nous voir, ils nous lancent tous des coucous de la main. Tous apprécient de se faire photographier et de se regarder ensuite sur l'écran de l'appareil photo. Nous entrons dans une venelle qui mène à un quai en bois. Cet étroit passage est bordé de cabanes en bois rudimentaires qui sont les maisons des habitants du
Mékong. Les gens sont surpris de nous voir et nous saluent avec un grand sourire. Il y a même un groupe de jeunes qui nous propose de partager leur repas. Nous refusons poliment, un peu gênés...
Nous finissions notre promenade en mangeant une brioche vapeur payée 12000 dôngs sur un belvédère qui donne sur un point de confluence de deux branches du delta. Nous Apprécions la vue sur un village flottant, une véritable image d'Epinal. Il est temps de rentrer de notre promenade, nous repartons en direction de l'hôtel, et faisons un petit détour par la place principale de la ville. Nous achetons des coconuts frais à boire, que nous sirotons sur la place. Ensuite, Retour à l'hôtel, d'où nous ressortirons uniquement pour dîner frugalement.
Demain, nous irons visiter le village flottant.
Jour 5 - Chau Doc.
Ce matin, nous prenons un petit déjeuner à l'hôtel, puis nous partons directement vers le fleuve en passant par le marché, avec pour objectif d'aller visiter le village flottant. Nous traversons le marché par la droite, et passons devant les échoppes de poissons séchés et macérés. L'odeur est très forte, un peu trop pour nous de bon matin. Nous arrivons sur le petit parc qui donne sur le fleuve. Il faut savoir que Chau Doc est situé sur un point de confluence de la Bassac, l'une des branches du
Mékong. C'est une ville frontière avec le
Cambodge,
Phnom Penh est à 5 heures de bateau. Immédiatement, nous sommes abordés par un gars qui veut nous vendre un tour de barque. Comme c'est ce que nous sommes venus chercher, nous commençons à discuter. Il propose le prix de 150000 dongs pour une heure, nous lui proposons la même somme pour deux heures. Cela fait un peu plus de 5 euros. il accepte notre offre au bout de 2 minutes de discussion, puis une fois le marché conclu, il nous invite à le suivre vers sa barque. Elle est amarrée à l'extrémité d'une passerelle très étroite en bois glissant d'environ 15 centimètres de largeur, sans main courante, qui trône un bon mètre au dessus de la vase. Aidés par notre guide, nous montons tant bien que mal dans sa barque, puis commençons la ballade. Sa barque est assez semblable à celle que nous avons empruntée à
Can Tho, mais plus étroite, sans moteur et sans bords en métal. Nous longeons la rive de Chau Doc pendant quelques centaines de mètres, puis entamons la traversée de la rivière pour atteindre l'autre rive. C'est un peu agité, mais notre guide maîtrise parfaitement son engin. Il arrive à utiliser les courants formés par les petites vagues pour stabiliser la barque, ce qui atténue le tangage. Nous sommes à présent sur l'autre rive du
Mékong. Nous passons devant les bacs qui assurent la traversée du fleuve, avec leurs stocks de mobylettes. Deux bacs sont amarrés au moment ou nous passons, l'un se vide, l'autre se remplit. tout cela est orchestré par des types en uniforme. Nous continuons vers le village flottant, et progressivement, nous entrons dans l'univers des gens de l'eau. Ces maisons flottantes sont très soignées pour la plupart. Elles sont décorées de fleurs et colorées. nous constatons que beaucoup possèdent une télévision et un important mobilier. Un majorité des habitants présents nous saluent avec sympathie, quant aux enfants, c'est un festival de "hello !". L'ambiance est très douce. Nous faisons un stop pour aller visiter une ferme d'élevage de poissons, la grande spécialité de ce village flottant. Ils possèdent des bateaux spécialement conçus pour aller vendre des poissons vivants sur les marchés flottants de
Can Tho, avec un compartiment grillagé immergé dans lequel sont transportés les poissons vivants. Ils possèdent des séchoirs sur lesquels ils stockent et font sécher différents types de poissons. Il semble qu'il existe différentes recettes. De même que sur les bateaux du marché flottant de
Can Tho, nous voyons beaucoup de chiens. Notre guide nous conduit ensuite vers le village de la minorité musulmane
Cham de Chau Doc. Nous remarquons sur l'édifice principal des marques qui indiquent les crues du
Mékong avec l'indication de chaque année. Nous remarquons les hauteurs des crues variété fortement. Celle de l'an 2000 fut visiblement spectaculaire, elle est monté plus haut que les planchers de l'édifice qui nous accueille, pourtant relativement élevé. Nous visitons ensuite la mosquée, puis retournons vers la barque de notre guide, qui nous ramène vers Chau Doc. Il nous dépose directement sur une rive sans repasser par la passerelle étroite empruntée à notre départ, à notre grand soulagement. Notre parcours aura duré deux bonnes heures, et nous laissons 10 dollars de pourboire à notre guide qui semble ravi de ce geste.
Retour à l'hôtel, après un déjeuner avec vue sur le fleuve. Nous partons ensuite pour une promenade dans l'envers de Chau Doc. Nous tournons le dos au fleuve pour nous diriger vers le mont Sam, dont nous distinguons la silhouette. Les gens semblent un peu surpris de nous voir marcher à pied à cet endroit. Beaucoup nous saluent, en particulier les plus jeunes. Nous croisons une famille qui fait sa vaisselle au plein milieu du trottoir. L'un d'entre eux nous invite à l'aider, et nous acceptons, à sa grande surprise. Pendant deux minutes, tout le monde rigole bien. Nous reprenons notre route, revenons vers Chau Doc, et bifurquons à la première rue que nous rencontrons. C'est une rue qui semble être le quartier bourgeois de Chau Doc, même si ce terme est à relativiser au
Vietnam. Nous y croisons même une BMW neuve, avec au volant un trentenaire qui nous dévisage comme des intrus. À nos yeux, sa présence à cet endroit est largement aussi incongrue que la notre. Nous continuons notre chemin, et rencontrons beaucoup d'enfants, qui apprécient de se faire prendre en photo. Au détour d'une rue, nous remarquons du linge qui sèche... Et il s'agit du notre que nous avions confié à notre hôtel pour le faire laver... Chau Doc est une petite ville. Un peu plus loin, nous trouvons un passage qui nous conduit vers une rizière. Nous y descendons prendre quelques photos, mais renonçons à nous y attarder trop longtemps en raison de la présence de nombreux moustiques, malgré le calme des lieux et sa belle couleur verte. Nous commençons à fatiguer sous cette chaleur, mais il faut trouver un passage pour revenir à l'hôtel. Les passages transversaux sont peu nombreux, car les rues sont comme des digues bordées de maisons. Ces maisons sont sur pilotis, plusieurs mètres au dessus du sol. Ce qui explique le peu de passages transversaux et la très forte densité des maisons. En marchant encore quelques centaines de mètres, nous trouvons une rue transversale qui nous ramène vers le bord de l'eau. Il nous reste donc à longer le fleuve vers le centre ville pour revenir à l'hôtel. La clim est bienvenue après cette longue ballade. Nous ne ressortirons qu'après huit heures ce soir pour manger un mauvais riz cantonnais. Demain, rendez-vous au Mont Sam.
Jour 6 - Chau Doc - Mont Sam - Tra Su
Ce matin petit déjeuner à huit heures à l'hôtel, puis direction notre objectif de la journée : Le Mont Sam. À quelques kilomètres de Chau Doc, il domine les rizières de quelques centaines de mètres. C'est un lieu sacré, et une attraction touristique intéressante qui permet de bénéficier d'une vue en hauteur sur les rizières du Delta. Nous nous sommes décidés pour y aller en xe om, la fameuse moto taxi vietnamienne. C'est en ce qui me concerne un baptême du feu en deux roues motorisées. Il m'aura donc fallu venir au
Vietnam pour cela. Dès notre sortie de l'hôtel, nous sommes comme d'habitude assaillis par les cyclos pousses et les motos taxis qui nous proposent leurs services. Nous discutons avec les premiers qui se présentent à nous, et demandons leurs prix. Ils nous proposent 5 dollars pour l'aller retour vers le Mont Sam, incluant l'ascension. Ce prix est à peu près conforme à ce qui est annoncé dans le lonely planet. Nous voilà donc partis, chacun sa moto, chacun son pilote. Nous devons porter un casque non intégral et en bien mauvais état. Il est évident qu'il ne servira pas à grand chose en cas de chute. Nous prenons la même route que lors de notre début de promenade hier, puis les gars accélèrent jusqu'à 40 - 45 km/h. Nous sommes relativement rapides dans le flux de motocyclettes, et nos pilotes jouent constamment du Klaxon. Nous ne sommes pas particulièrement rassurés. Progressivement, la densité du front bâti sur la route s'éclaircit, et nous pouvons bénéficier d'ouvertures visuelles sur les rizières. Mais nous arrivons rapidement au pied du Mont Sam, et la densité bâtie revient. Nous prenons une rue sur la gauche, puis entamons l'ascension du Mont. Les pilotes accélèrent encore dans la montée, une route étroite et sinueuse, avec des nids de poules. Au fur et à mesure de la montée, des portions de parcours se font plus raides et plus cahoteuses. Mais nous sommes vite au sommet. Nous abandonnons nos casques, et allons considérer le panorama. La vue est spectaculaire, quoique bouchée au loin par une brume de chaleur. Il doit y avoir une dizaine de kilomètres de visibilité tout au plus. Nous décidons d'effectuer la descente à pieds et nous donnons rendez-vous à nos motos taxis en bas du chemin piétonnier qui serpente le long du mont face à Chau Doc. Ce chemin est parsemé d'habitations précaires, de pagodes, d'escaliers plus ou moins raides, de petits commerces et de restaurants. Tout est très kitch, et le béton omniprésent. La descente est assez longue et nous réserve quelques vues intéressantes. Les enfants que nous croisons sont toujours aussi curieux et jamais avares de "hello!". Nous retrouvons nos motos taxis après une bonne demi heure de marche. Pour le retour, nous leur demandons de modérer leur allure, et nous repartons vers Chau Doc à un train plus rassurant. Nous sommes de retour à l'hôtel avant midi, cette excursion aura été plus rapide que prévue. Nous n'avions rien prévu pour le reste de la journée. Nous nous décidons rapidement pour une visite improvisée de Tra Su, une forêt humide qui abrite une réserve ornithologique. Nous demandons à la réception de nous trouver une voiture pour nous y rendre, car nous souhaitons éviter de faire ce trajet d'une heure en moto. L'hôtel nous trouve une voiture pour 14 heures, et pour 35 euros la demi journée. Nous profitons de 30 minutes de battement avant ce rendez vous pour déjeuner. À notre retour, la voiture est déjà là en avance. il s'agit d'une petite voiture jaune, neuve et climatisée, un modèle inconnu en Europe. Nous partons immédiatement. Le chauffeur ne parle pas un mot d'anglais, il est donc impossible de communiquer avec lui autrement que par des gestes. Une nouvelle fois, Nous reprenons la route du mont Sam, que cette fois nous doublons. Le trajet s'avère vraiment agréable. Nous bénéficions de vues dégagées sur les rizières, et la route est parsemée d'habitations typiques. Il y a beaucoup de fleurs, les habitants du coin semblent accorder une grande importance à la décoration de leurs maisons. Nous finissons par distinguer des collines au loin, signe que nous approchons de notre destination. Pour accéder à Tra Su, notre chauffeur quitte la route principale puis s'engage sur un chemin gravillonné. Au bout d'un moment, il s'arrête, et nous fait comprendre que nous sommes arrivés. Nous sommes en plein no mans land, des rizière autour de nous, un canal devant nous. Le chauffeur nous indique la direction à suivre, il faut prendre à gauche et longer le canal. Rendez vous dans trois heures. Nous nous engageons dans un chemin poussiéreux, et de temps en temps croisons quelques mobylettes qui foncent en jetant un regard intrigué. Nous marchons encore sous la chaleur, puis au bout d'un moment, voyons une pancarte indiquant Tra Su. Nous devons prendre un pont, nous continuons encore un peu, et nous arrivons devant une embarcadère avec de longues barques en plastique bleues équipées d'un moteur, et une maison en dur. À l'intérieur, des gars en uniforme autour d'une table qui discutent, et une femme qui nous invite à entrer. Nous sommes arrivés. La femme, visiblement la chef des lieux, nous conduit à un bureau, demande mon nom, nos nationalités, puis nous indique les tarifs. C'est 150000 dôngs pour deux. Nous payons, elle appelle l'un des types en uniforme qui lève, puis nous conduit à l'embarcadère. Nous montons à bord d'un bateau, puis nous partons explorer la réserve. Tout de suite, l'ambiance évoque les Everglades. L'eau est cachée par une couche végétale verte sur laquelle le bateau glisse et les oiseaux marchent. Les arbres émergent de l'eau. Il y a de nombreux insectes volant, en particulier des moustiques. Heureusement, notre protection chimique semble efficace. Après un tour rapide, nous changeons de monture pour un petit bateau à rames. Nous entrons alors discrètement dans la forêt engloutie. Les bruits se font impressionnants, ce sont des bruits de jungle. Avec ce silence, nous pouvons approcher de très près les oiseaux. Nous observons à plusieurs reprises de superbes martin-pêcheurs. Après une bonne demi heure de promenade à flotter au milieu des arbres, nous retournons au bateau à moteur, faisons une petite escale à une plate forme d'observation, et retournons à l'embarcadère. Le tour aura duré deux heures. Nous sirotons une sorte d'ice tea local à la buvette, en attendant 17 heures pour reprendre le chemin qui nous ramènera au point de rendez vous avec notre chauffeur. Le soleil très bas ici à 17 heures, donne une belle lumière rasante qui rend les rizières très photogéniques. Au bout du chemin, notre chauffeur nous attend. Nous rentrons à Chau Doc par le chemin des écoliers, notre chauffeur quitte la route principale pour nous montrer des localités inaccessibles autrement qu'en voiture. Nous apprécions particulièrement ce moment, et constatons que ce pays regorge vraiment de richesses cachées Nous croisons plusieurs temples, un grand réservoir d'eau rectangulaire rempli de nénuphar et richement décoré, très coloré dans des tons à dominante rouge, et plein d'autre choses.
Nous rentrons rapidement à Chau Doc, juste avant la tombée de la nuit. Le temps de prendre une douche, nous ressortons pour aller dîner d'une soupe à l'un des nombreux stands de restauration de rue présents sur la place principale de Chau Doc. Il fait une chaleur moite, les moustiques pullulent autour des sources de lumière. Après ce repas, nous sommes une dernière abordés par un cyclo pousse qui nous aura sollicité pendant toute la durée de notre séjour à Chau Doc. Nous cédons cette fois ci, sans regrets, puisque qu'il nous conduit pendant une heure au travers des quartiers peu touristiques de la ville. Nous avons une meilleure idée de la vie des gens, qui semblent apprécier la vie nocturne et les rassemblements extérieurs. Nous traversons un marché de nuit, une rue remplie de bars et de jeux pour les enfants qui scintillent de leurs néons colorés. Après une heure de ballade, notre cycliste nous dépose à l'hôtel, il a bien mérité son gros billet. Un passage à la réception de l'hôtel pour régler notre note et commander nos billets de bus pour
Saigon, puis nous retournons à notre chambre pour passer notre dernière nuit dans le
Delta du Mékong.
Jour 7 - trajet Chau Doc vers
Ho Chi Minh-Ville.
Hier soir, le premier bus disponible pour
Saïgon partait à 10h45. Nous nous levons ce matin à 8h30, un peu plus tard que d'habitude. Comme à
Can Tho, un minibus vient nous chercher pour nous conduire à la gare centrale des bus. Nous montons dans notre car et quittons la très photogénique région de Chau Doc, pour Retrouver
Saïgon, à 6 heures de route. Notre chauffeur du jour se révèle largement plus prudent que le cowboy qui nous avait conduit depuis
Can Tho. A notre grand soulagement, notre route sera plus sûre aujourd'hui. Nous retrouvons dans un premier temps le même chemin qu'à l'aller, puis bifurquons vers Sa Dec, ville de la jeunesse de Marguerite Duras. Le paysage change progressivement, et devient plus bucolique, vert et fleuri. Nous pouvons apprécier de nombreuses scènes de vies vietnamiennes au travers de la fenêtre du car. Lieux de restauration avec des tables et des tabourets en plastique colorés qui passeraient pour du mobilier destiné aux enfants en Occident, épiceries qui vendent tout, magasins de vêtements kitchs, blanchisseries qui font sécher leur linge directement au bord de la route, quincailleries poussiéreuses... Ces gens vivent et travaillent au bord de la route. En arrière plan, ce sont les rizières qui occupent encore et toujours la population agricole. Au pied de leurs maisons au bord de la route, il font sécher leur production de riz, et stockent leur production dans des empilement de sacs devant leurs maisons.
Soudain, nous stoppons. Autour de nous, les mobylettes commencent à s'entasser. Nous comprenons que nous attendons pour emprunter un ferry et traverser un bras du delta. le ferry est une aubaine pour des vendeurs qui proposent des gâteaux et ce qui semble être des billets de loto. Le bac est plein à craquer, occupé par plusieurs bus, un nombre important de mobylettes, quelques piétons, et aucune voiture. Nous quittons le ferry après une petite dizaine de minutes de traversée. Plus loin, Aux environs de Sa Dec, apparaissent les pépinières de plantes ornementales. C'est une succession de plantes en pots qui exploitent tout l'espace utile, parfaitement alignés entre la route et les maisons. On observe beaucoup de fleurs, de bougainvilliers, d'arbustes de tailles et de formes variées. C'est un rêve de jardinier sur des kilomètres et des kilomètres. Ensuite, nous récupérons la route que nous avions empruntés entre
Saïgon et
Can Tho, et nous nous arrêtons encore une fois, comme lors de notre trajet depuis
Saigon, devant l'immense boîte de conserve appartenant à la compagnie de bus que nous empruntons. une bonne vingtaine de bus oranges venus de toutes directions stationnent ici, devant ce grand bâtiment lui aussi orange. Ces bus oranges se ressemblent tous, mais chacun est identifié par le trajet qu'il effectue et un numéro peint en blanc. Le notre est le
Saïgon - Chau Doc 8.Trente minute de pause, nous en profitons pour nous restaurer avec des brioches vapeur qui nous resteront sur l'estomac. Une petite frayeur nous attend quand on voit notre bus partir... Nous courrons pour le rattraper, mais ce bus n'est pas le notre, c'est le
Saïgon -
Can Tho 8. Fausse alerte, et nous remontons les premiers dans notre bus qui se présente à l'aire de départ 10 minutes plus tard. Nous avons fait les deux tiers du chemin. Nous roulons maintenant sur une route à deux fois deux voies, et le paysage a changé. La forte densité bâtie du delta s'est estompée, et les vues sur les rizières s'élargissent. Certaines parcelles sont jaunes, où visiblement la récolte a été effectuée, les autres sont de différentes teintes de vert, du plus tendre au plus soutenu. Par endroits, des parcelles noires témoignent de récents brulis. Et Petit à petit,
Ho Chi Minh-Ville se rapproche. Des zones d'activités, puis des bâtiments et des maisons réapparaissent, et se font de plus en plus présents. On retrouve les façades étroites à plusieurs étages, caractéristiques de
Saïgon, avec leurs couleurs pastels et leurs formes parallélépipèdes rectangles. Les faubourgs apparaissent, avec leurs feux de signalisation, les trottoirs en dur. Le flux de mobylette s'accentue, les Klaxons plus présents. Puis c'est la pleine ville. Notre car bifurque vers une gare routière, puis s'arrête. Assaillis par les traditionnels taxis et xe om, Il nous faut à présent trouver le bon minibus qui nous conduira dans le bon district de
Saïgon. Nous ne savons pas ou nous sommes, et où aller. La barrière de la langue est un véritable obstacle, puisque personne ne parle un mot d'anglais, et nous pas un mot de vietnamien, bien évidemment. Nous finissions par être aiguillés vers un minibus indiqué par un membre du personnel de la compagnie à qui j'ai montré "district 1" écrit sur mon carnet. Le minibus se remplira très rapidement. À nos côtés, un jeune homme à qui je montre l'adresse de l'hôtel sur mon carnet (sait on jamais), et là, bonne surprise, il me répond dans un anglais approximatif. Nous voilà sauvés. Nous discutons un peu, et je comprends que nous allons dans le district 5, et que de là, nous serons proches de notre destination et pourrons prendre un taxi. Ce jeune homme s'avère très sympa et nous causons tout le long du trajet. Il est curieux de notre périple, je lui explique ce que nous nous avons déjà fait, d'où nous venons, je lui parle des marchés flottants qu'il connait mais n'a jamais vu. Pour l'anecdote, nous avons vu sur une chaîne de télé locale l'interview d'un touriste vietnamien venu de
Saïgon et visitant un marché flottant de
Can Tho... Chaque vietnamien n'a pas forcément tout vu de son pays... Arrivés, nous nous disons au revoir, et prenons un taxi pour le district 1. Le temps de trouver l'hôtel, où nous nous installons pour deux nuits. Nous ressortons ensuite pour dîner dans l'un des restaurants routards du coin, puis retournons à notre chambre. Demain, visite de
Saïgon, avant
DaLat et ses environs, que nous découvrirons guidés par le cousin Tin.